Vendredi 6 novembre 2009

Depuis plus d'années que la mémoire humaine ne peut se souvenir, mon régime alimentaire a été basé sur trois mets essentiels : les céréales, les Prince de Lu et le saucisson.

C'est pourquoi il me paraît essentiel de revoir certains tabous concernant ces aliments, qui trop souvent se voient profanés par des blasphémateurs.

 

Venons-en donc aux basiques :

Comme les Miel Pops, les Frosties se mangent secs. Jamais, au grand jamais, on ne leur ajoutera du lait, même sous prétexte de calcium et de mais tu es en pleine croissance mon chéri.

Le lait, ça se rajoute aux Chocapic. Du lait froid. D'ailleurs, jamais on ne rajoutera de lait chaud aux céréales, quelles qu'elles soient. Le plus froid possible, le lait. Même pas du lait tiédasse conservé à l'extérieur. Non, du lait du frigo. Sans que ça dépasse le niveau des céréales.

La cuillère doit s'orthographier cuillère et pas cuiller, doit être tout en métal (pas de bout de manche en plastique, ça gâche le goût), et doit être une cuillère à café de taille moyenne (ce sont les anglais qui utilisent des cuillères à soupe, didju).

Les cornflakes ne se mangent pas dans un bol, mais directement dans la boîte, devant la télé.

Le bol doit être relativement profond, mais pas trop grand non plus.

Et un point très important : on ne mélange JAMAIS JAMAIS le fond d'un vieux paquet de Chocapic avec un nouveau. Le fond des vieux paquets est constitué de miettes et de céréales mollasses et fades absolument abominables. Et les cousines qui se permettent ce genre de comportement sous prétexte d'économies devraient être crucifiées.

 

Voilà pour les céréales.

 

Les Prince de Lu, maintenant. Ils sont ronds, donc on ne commence pas par ronger les coins comme les petit Lu (qu'on ne croque jamais par le milieu non plus, mais c'est une autre question). Ce ne sont pas des BN non plus, on ne sépare pas les deux moitiés pour lécher le chocolat.

Non, à jeun le matin, le prince de Lu se consomme tout sec, si la boîte est neuve et juste ouverte à l'instant.

La boîte une fois entamée, le Prince perd son croustillant, il faut donc le tremper dans du thé, de préférence Earl Grey, sans sucre, après un peu d'attente parce que sinon le Prince se décompose en fragments irrécupérables.

 

Venons-en au point le plus important : le saucisson. Le saucisson est un mets digne des dieux, du moment qu'il est bien sec et sent un peu le pipi. Il convient donc de le traiter avec les honneurs qu'il mérite, et de lui associer une bonne baguette.

Le saucisson se coupe en tranches fines, avec un couteau lisse bien aiguisé mais pas trop.

En aucun cas on n'utilisera de couteau à bout rond et à dents, ça le met en charpie, ça oblige à faire des tranches épaisses, et c'est une marque d'irrespect innommable. Les ex-colocs qui se rendent coupables de ça devraient être étranglées avec la peau de saucisson qu'elles se permettent sans doute d'arracher à leur propriétaire comme le faisaient les docteurs nazis dans les camps de concentration.

 

Si en plus elles entament le saucisson par les deux bouts (par les deux bouts ! Ça a beau dater d'il y a deux ans, ça me hérisse encore rien que d'y penser), je ne vois pas de sanction assez sévère.

 

Bref. La nourriture se respecte, il faut la manger dans les règles de l'art, sinon, c'est MAL. Et ce qui est mal doit être annihilé. Purement et simplement. Pas de demi-mesures, sinon, les femelles incultes continueront à arracher la peau du saucisson (ce qui traduit sans doute quelque part une sexualité déviante mal assumée), à mélanger les fonds de boîtes de céréales au mépris total de leurs colocs au nom de convictions politiques qui ont prouvé leur néfastitude en faisant des millions de morts, et à nous gâcher la vie.

 

Oui, en fait, c'était juste contre mes colocs passées, présentes et à venir.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Mardi 3 novembre 2009

Je suis quelqu'un de très casanier. Je n'aime pas modifier ma petite routine Par exemple, même après que je n'en sente plus le goût, je continue de manger des Prince de Lu à mon goûter. Parce que je ne conçois plus de faire autrement. Mais tout change. Même la haine du changement. (une haine tenace et profonde comme l'océan mangeur d'hommes).

 

Et donc, il y a peu, j'ai pris une putain de grande décision. Parce que pendant 25 ans, j'ai j'ai été une larve. Un faible. Pendant 25 ans, j'ai passé mon temps à esquiver les gens dans la rue, ces gens qui marchent vers vous sans vous voir, sans vous prêter la moindre attention, et qui vous rentrent dedans si vous ne faites pas l'effort de leur laisser le passage. Pendant 25 ans, j'ai peaufiné une série de techniques d'évitement des gros boeufs par effacement des épaules, déhanchement de côté en levant les bras et faisant olé, bref, pendant 25 ans, je me suis laissé faire, j'ai laissé la main aux emmerdeurs du trottoir. Je leur ai laissé leur territoire.

 

Ca a assez duré. Je n'éviterai plus les gens dans la rue. Qu'ils y viennent sans regarder devant eux, je rentrerai le cou, carrerai les épaules et BLAM ! s'il le faut. Il le faut. Les gens sont cons. Ils s'en foutent de me bousculer ? Tant pis pour eux, ce sera réciproque.

 

Ca ne sera pas facile. Il faudra oublier toute une éducation, anéantir une vie de réflexes conditionnés. Mais bordel de merde, ça commence à bien faire. Je ne suis pourtant pas quelqu'un de violent ni même de particulièrement misanthrope. Mais dans les rues de Paris, c'est plus possible. Je radote.

Pas grave.

 

C'est rendu encore moins facile par le fait que je suis quand même un gros lâche. C'est pourquoi je m'entraîne depuis un moment dans le métro. Le gros avantage du métro, c'est que les gens ne vont pas aller te chercher, ils doivent prendre leur métro. D'autant plus si tu arrives à être crédible en type qui fait pas attention à ce qu'il fait parce qu'il a des écouteurs dans les oreilles. Aucune représaille à craindre, au pire un regard noir.

 

Ca fait donc déjà un moment que j'hésite plus à balancer des coups d'épaules dans les gens qui m'empêchent de descendre du métro. Surtout dans les filles, qui sont moins du genre à se sentir atteintes dans leur virilité quand on leur fait faire trois tours sur elles-mêmes et trébucher entre la rame et le quai (haha).

 

Et maintenant, hop, je passe à la grandeur nature. La rue. La grande. Celle avec les vrais boeufs qui peuvent rétaliationner. M'en fous. Je prends le risque.

J'ai déjà commencé, en fait. Ou essayé. Mais comme je l'ai dit, je suis complètement conditionné. J'esquive sans y penser.

Et quand j'y pense et que je n'esquive pas, je fais quelque chose de mal. Je me rends compte après coup que ce sont des touristes. Je bouscule des pauvres étrangers qui sont déjà bien assez punis de ne pas être parisiens comme tout le monde le souhaiterait.

 

Mais bon. Il faut savoir faire des sacrifices pour rentrer dans la catégorie des gros boeufs. J'y arriverai. Je saurai avoir la persistance requise. Après tout, j'ai bien réussi à rester dans la catégorie des larves pendant des années, c'est une marque de force d'esprit, quelque part, non ? C'est plus difficile que de s'énerver et de résister, non ?

Non, sans doute.

 

Mais même.

 

Gros boeufs, préparez-vous, je vous rejoins !

 

 

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Samedi 31 octobre 2009
Décidément, j'aime mon job. Je parle de celui pas payé sur un site fermé, où j'ai le bonheur d'être responsable du département chargé de la publication des fascinants articles que proposent les milliers d'inscrits.
Je ne dis pas ça parce que ça me permet de glander et de récolter le fruit du travail de mes sous-fifres, hein ! Quoique ça en fasse partie.
Non, le plus beau, c'est de pouvoir éditer les articles des gens.
Des fois, c'est juste pour corriger et mettre en forme des trucs illisibles autrement (on a un spécialiste, qui écrit très bien, mais très mal)(très bien sur le fond, mais c'est abominable à voir avant correction).

Mais d'autres fois, on se lâche, et quand on nous propose un truc vraiment nul qui n'est manifestement là que pour nous faire perdre notre temps (ou qu'on est de mauvaise humeur), ben on se permet de transformer un truc nul impubliable en appel à la flagellation. C'est complètement immoral, mais c'est dans le principe du site (c'est pour ça que je l'aime).

Voilà donc ce que ça peut donner, donc (les PROs, c'est mes sous-fifres et moi : responsables de la propagande, je ne dévoile rien):

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[culture] J'ai testé pour vous : agacer les PROs

Proposé par XXXXXXX le 23/10/2009 ,Validé par 83849
dernière édition par 32401 le 28/10/2009


Vous savez, des fois, je fais des choses qui ne sont pas bien. Par exemple, je gâche le temps du département PRO en postant n'importe quoi.
J'aurais pu être juste reformaté, hein ! J'aurais pu ne juste pas être publié.
Le problème, c'est que je suis tombé sur un jour où l'UV PRO [ça, c'est moi] avait ses ragnagnas, et qu'il était donc de fort méchante humeur (en fait, il est TOUJOURS de méchante humeur). Du coup, au lieu de me punir de manière sobre et classe, il a décidé de me soumettre à l'opprobre publique, comme ça, par pure méchanceté.
Ce qu'il ne savait pas, c'est que j'aime ça. J'aime quand on me dit des mots sales à l'oreille. Ca me fait des frissons tout partout, comme quand je croque un cornichon, et j'ai les poils des fesses qui se hérissent, et je passe la main dedans, on dirait du duvet de bébé canard tout doux tout minou.

Parce que oui, en fait, j'aime bien les canards, parce qu'ils ont un bec rigolo, et que leurs bébés sont tout doux tout minous. Comme des petits chats, alors que ça a rien à voir, parce que les petits chats, ça a pas de poils, en fait. Comme moi.

Mais je m'égare un peu, je dis des sottises et c'est pas très bien, parce que du coup, je vous fais perdre votre temps à vous aussi.

Pfiou, j'aurais presque honte de moi, du coup.
Maintenant, vous pouvez me lapider avec des figues molles.

Et je danserais au milieu, je danserai comme un cheval fougueux, et tant pis si je glisse sur les pépins, et tant pis si ça colle dans mes cheveux, je lècherai ma peau gluante, et je chanterai mon amour pour la DMZ, mon amour pour mes PROs, qui passent des heures à se crever les yeux sur des textes mal fichus mais avec un peu de fond donc qu'ils veulent pas jeter, mais qu'il faut essayer de rendre lisible, des textes sans mise en forme, avec trop de mise en forme et des balises qu'on se demande d'où ils les sortent, des textes avec des photos à redimensionner, des copier-coller à vérifier, des journées à thème à organiser, le tout sous la menace permanente d'un dictateur qui ne laisse rien passer, ou alors contre des faveurs sexuelles dégradantes.

Allons, citoyen indigné ! J'attends de pied ferme tes quolibets vengeurs, car je sais les mériter, et cela seul soulagera ma conscience. Foulala oui. Elle en a bien besoin.

 

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Après réflexion, c'est sans doute moins drôle que sur le coup, mais foulala, ça défoule, et ça c'est bien. Et y'a des blogs où j'aimerais bien pouvoir faire pareil.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Mardi 27 octobre 2009

Comme la recette de poisson braisé de mon beau-frère Christian est ce qui m'apporte le plus de visiteurs sur ce blog, j'ai décidé de jouer la carte TF1 et de vous donner ce qui vous plaît, c'est à dire une nouvelle recette camerounaise. J'espère que vous êtes contents. Moi, oui, en tous cas.

Voici donc le déroulement de la recette, heure par heure, parce que là, j'ai la flemme de faire dans la littérature de haut vol, parce que bon, des fois, y'a des limites aux bornes, nom d'une pipe.

 

13h57. On va être nombreux à table, ma grande soeur m'enjoint donc de commencer à faire la bouffe pour ce soir, pendant qu'elle va à Paris visiter la Tour Eiffel et faire du shopping en famille.

Pour faire original, cette fois-ci, elle ne me demande pas d'éplucher et de couper des oignons, mais d'éplucher et de couper PLEIN d'oignons (8 oignons parce qu'ils sont petits). Pas en lamelles, mais pas finfinfin non plus.

 

 

14h30 : oignons finis, plus de zoeils, ils ont coulé dans les oignons.

 

14h35 : ma soeur m'appelle pour me dire qu'on ne sera pas nombreux, on sera TRES nombreux, et m'enjoint donc (elle aime m'enjoindre) d'aller chercher plus de viande à Casino.

 

15h00 : revenu d'aller acheter 2 kg de barbaque supplémentaires. On a trois kilos de rouelle de porc (jambon et épaule).

 

 

15h30 : une botte de persil coupé finfinfin, puis coupé encore plus fin, puis encore un peu plus, que ça fasse presque de la pâte. Christian (coucou Christian) coupe la viande en morceaux comme on veut.

 

 

16h00 : je rereviens du Casino, parce qu'il fallait acheter plus de persil pour le braisage, pis des cahouètes, des cajous et du boire. Christian a mis à revenir les oignons dans la marmite avec un peu d'huile, rajouté les morceaux de viande avec quelques feuilles de basilic, et salé. Puis on rajoute le persil.

 

 

On rajoute un peu d'eau au fond pour éviter que ça brûle (pas trop, parce que la viande en rendra), puis du poivre, et un petit peu de piment en poudre. (on, c'est toujours Christian), et qu'ça y va à feu moyen.

 

 

16h17 : je me remets à hacher le persil finfinfin, et encore un peu plus, pour plus tard.

 

17h00 : on arrête la cuisson du porc après une heure, il est bien cuit. Un petit thé pour le goûter s'impose, parce que c'est bien beau de couper du persil, et d'écouter gargouiller le cochon dans sa marmite, mais bon, ça remplit pas l'estomac, hein, quand même. On laisse la viande dans son jus et on se consacre à autre chose.

 

17h45 : Bon, on se met à préparer le barbeuque.

 

17h55 : troisième voyage à Casino, pour chercher des bières (c'est beau l'organisation). Je parviens à esquiver la corvée. En échange, j'épluche 1,5 kg de patates pour la purée maison du soir.

 

19h00 : on prépare le badigeon du porc : la botte de persil hachée finfinfin et encore un peu plus, un cube de bouillon, et de la huile toute bête jusqu'au dessus du persil. Les autres convives annoncent leur arrivée dans une heure avec trois kilos de viande en plus, le gigot de secours risque de ne pas servir.

 

 

19h20 : les aptitudes d'un mitron sont multiples. Nouvelle mission : décoller une étiquette de Pinot Blanc d'Alsace pour faire un rouleau à pâtisserie pour la tarte du soir.

 

? : tout le monde est là, on est 21, on picole, on discute, on tient compagnie au cuistot qui barbequioute, c'est pas compliqué, on peint la viande au pinceau avec la mixture de persil, huile et kub (et piment si vous aimez), et on retourne, et on repeint, jusqu'à ce que ce soit cuit, entretemps, on discute, on picole, on finit de faire la purée, on picole, on bouffe les cahouètes et les cajous, on picole, on retourne, ça finit par être cuit, burp.

 

 

Et on sert avec à côté la sauce dans laquelle a précuit la viande, et ça met du bonheur dans les yeux des enfants, et c'est bien l'essentiel.

 

 

Et putaing, c'était bon. Même ma tata qui mange presque jamais de viande et ne se ressert jamais de rien en a pris trois fois. Alors, hein.

Par Francis - Publié dans : Les cuisineries de pas trop moi
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Mercredi 21 octobre 2009

Vous en êtes bien conscients, amis écologistes, ce blog est un blog responsable qui s'ingénie à recycler toute ce qui est possible. Dans cette optique, je me permets donc de vous présenter un article de commande, ou plus exactement un discours de commande. Je n'ai aucun scrupule à le mettre, parce qu'il n'a sans doute pas été lu, c'est une honte.

Pour ceux que ça intéresse, la commande était "on a besoin d'un discours pour présenter un concert avec deux musiciens, une pianiste et un flûtiste, ils jouent du Bach, Pergolesi, Glück, Mozart, Fievet, Classens, Fauré et Kriesler, faut que ce soit présenté avec humour et raffinement, tu nous fais ça pour bientôt, l'ambassadeur en a besoin". Et je ne suis pas homme à laisser les ambassadeurs dans l'embarras.

Quoique.

Enfin, le problème était que j'étais en train d'essayer de faire un article pour une semaine thématique sur un site où vous pouvez peut-être encore vous inscrire deux notes plus bas, semaine consacrée à l'érotisme absurde (j'ai pas réussi). Du coup, ça a influencé mon discours qui se voulait sérieux et sophistiqué. Tant pis, je vous l'inflige quand même.

 

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Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chers amis,

 

Je voudrais tout d'abord vous remercier d'être venus en si grand nombre assister à ce concert organisé avec enthousiasme par [insérez ici le nom du responsable], que je remercie par la même occasion. (pause applaudissements)

 

La musique, comme un philosophe l'a sans doute dit quelque part à un moment ou à un autre, est ce qui distingue l'homme de l'animal. Certains argueront que ce n'est pas toujours pour le meilleur, rappelant Woody Allen et son célèbre « Quand j'entends du Wagner, ça me donne des envies d'envahir la Pologne », mais nous ne sommes pas ici pour faire du mauvais esprit. Nous dirons donc, comme le pensait cet hypothétique et fervent mélomane, que la musique est ce qui sépare l'homme de l'animal dans le bon sens, vers un esprit de partage qui ne saurait que le grandir.

 

Car oui, la musique, plus que tout autre art, est un art de partage. Partage entre les artistes que sont le compositeur, l'arrangeur, l'interprète, et bien sûr le public averti que vous êtes, vous, auditeurs à l'oeil brillant, à l'oreille attentive et au téléphone portable soigneusement configuré en mode veille.

 

Ce partage, nous allons le célébrer sous peu dans la joie. Comment pourrait-il en être autrement, quand tout récital est la célébration d'une union tout aussi profonde qu'un mariage consentant, et qu'en plus le couple d'aujourd'hui s'allie sous les auspices d'aussi dévoués et talentueux entremetteurs que sont Mozart, Glück, Fauré ou Bach (je passe les autres sous silence, non pour leur manquer de respect, mais bien pour vous laisser la surprise, d'autant que si vous êtes comme moi, leurs noms vous évoqueront plus des marques de voiture de luxe que les géniaux artistes qu'ils furent) ?

 

Ce soir, en effet, est consacrée l'union parfaite entre le piano, guidé par les mains sûres aux doigts agiles de [censurée] et la flûte animée par le souffle ardent de  [censuré], un duo admirable qui donnera à cette nuit de noces musicale le caractère impérissable que seul permet un long et charmant entraînement.

 

Loin de moi l'idée de décrier les charmes rudes des concerts philarmoniques, mais ils m'ont toujours paru trop proches de l'orgiaque pour me mettre tout à fait à l'aise, bousculé que je me sens par la frénésie qui emporte toujours une meute de plusieurs dizaines d'instruments, fussent-ils contrôlés par l'agile baguette d'un chef qui m'apparaît toujours trop petit et trop loin pour maîtriser quoi que ce soit. Je ressors toujours de ces démonstrations brutales avec la tête qui tourne et la démarche un peu flageolante, épuisé et quelque peu déboussolé, me demandant ce que j'étais venu faire là.

 

C'est pourquoi je préfère et préfererai toujours la délicate alchimie entre deux instruments maniés avec tendresse, et parmi tous les duos possibles, je préfererai toujours celui entre la profonde majesté tellurique du piano, avec ou sans queue, pondéré par l'agilité féline des trilles flottantes d'une flûte phallique, légère et aérienne. Les écouter se parler, se répondre, entremêler leurs voix pures m'emplit régulièrement d'un ravissement que je ne trouve nulle part ailleurs.

 

Mais je parle, je parle, je m'enflamme, je m'excite, et j'en oublie d'en venir aux faits. Mesdames et messieurs, veuillez accueillir chaleureusement les deux artistes qui ont accepté de s'exhiber devant vous ce soir malgré leur modestie.

 

Applaudissez donc [censurée] et [censuré], venus nous prouver que la musique assouplit les moeurs !

 

Hmmm ? Ha, on me signale dans l'oreillette qu'elle est censée les adoucir. Je... Je suis confus. Veuillez oublier ce que je viens de dire et brûler les éventuels enregistrements. Et place à la musique !

 

Gageons que nos deux virtuoses sauront nous donner un plaisir intense avec leurs instruments !

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Samedi 17 octobre 2009

Cher papa, cher maman.

 

Ne vous inquiétez pas, tout va bien. On a eu quelques petits soucis avec le bouchon de purge du radiateur de la cuisine, celui qui est à deux mètres de haut, quand on a essayé de mettre de l'eau dans le circuit depuis la cave on a entendu un grand cri, parce que ça jaillissait du radiateur comme les grandes eaux à Versailles. Mais comme la cuisine est au rez-de-chaussée, on a pu tout sortir dehors facilement, même si on s'est un peu tout mouillés avec Christian qui était sur la table de la cuisine à essayer de boucher le purgeur et moi dessous à essayer de fermer le robinet d'arrivée d'eau.

Mais même si j'ai pas réussi, ça s'est arrangé dans la cuisine parce qu'on a pris un bouchon de purge dans la petite chambre en haut au deuxième étage pour le mettre dans le radiateur de la cuisine. Par contre, à ce moment, malgré le peu de pression, ça a commencé à couler du radiateur tout en haut. Du coup, on a mis un seau sous ce radiateur, et on a essayé de faire diminuer la pression que déjà il devait plus y en avoir beaucoup vu qu'on avait éteint la chaudière (enfin, mis en position été) en purgeant un radiateur du salon, mais comme le bouchon de purge était près du mur ça a coulé un peu par terre, mais comme le parquet est vitrifié on a pas eu trop de problème à serpiller tout bien sous le canapé (on a réussi à éviter de trop tremper le pouf) puis à aller se coucher parce qu'il était deux heures du matin.

 

Enfin, à presque aller se coucher, parce qu'on s'est rendu compte juste avant que le radiateur du deuxième coulait encore en voyant que le plancher du deuxième était tout mouillé et que ça coulait du plafond, du coup on a mis un autre seau au premier et un torchon dans le trou de purge du radiateur en haut pour canaliser la fuite vers le seau (sous le radiateur, pas sous le plafond). Pour que ça fasse pas trop de ploc-ploc bruyant dans le fond du seau, j'y ai mis une chaussette (une vieille et trouée), ça atténue bien le bruit.

 

En tous cas, ça a eu du bon, ça m'a donné un prétexte pour éviter d'aller au cours de chinois du vendredi matin. Parce que bon, non seulement j'avais pas fait mes devoirs, mais en plus, j'avais plus rien à me mettre parce que j'attendais le week-end pour faire ma lessive.

 

C'était pas forcément une mauvaise idée d'attendre, parce que sinon, généralement, j'oublie mes fringues dans la machine, et après elles sentent mauvais et c'est encore pire que quand elles sont sales. Mais finalement, c'était un peu une mauvaise idée quand même, parce que la machine à laver ne marche plus et que tout ce que j'ai de propre, ce sont quelques caleçons. Et j'ai même pas pu faire des courses de fringues propres parce que d'une je suis allé voir un copaing belge qui descendait sur Paris, de deux je sais pas acheter des frigues, et de trois de toute façon j'avais plus de sous (enfin, il me restait 22 euros sur mon compte, moins 10 de BD pour une dédicace de Frederik Peeters (hiiii) moins six de manger, et je veux pas dépenser ma pièce de cinq euros toute belle que j'ai eue à la Poste). Et le bouton de mon dernier pantalon propre vient de sauter. Enfin, propre. Je le porte depuis quelques jours, quand même. Je vais fouiller le bac à linge sale demain matin, tiens.

 

Bref.

 

Tout va bien. Je ne stresse pas du tout pour quoi que ce soit.

 

D'ailleurs, je ne stresse jamais.

Je sais en plus tout à fait positiver : la chaudière marche, on a de l'eau chaude, je dois avoir du parfum reçu il y a trois ou quatre Noël dans un coin, j'ai une dédicace sur Pilules Bleues, je viens de manger des crevettes, et quand je me mets dans mon lit, il chauffe super vite.

 

Ca pourrait être bien pire.

 

 

 

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Vendredi 16 octobre 2009
Oyez, oyez.
Il est possible que vous traîniez sur ce blog sans être paranoïaque. Je ne vous en veux pas. Je ne suis pas comme ça.
Ceci dit, il entre dans mes responsabilités de vous proposer de le devenir.

Je ne peux pas promettre que ça se fera sans douleur. Je ne peux pas promettre que tout ira bien.
Je peux vous promettre des sanctions démontrant une imagination et une cruauté qu'on n'a pas vues depuis les légistes chinois. Si vous ne vous adaptez pas aux règles.
C'est bien, les règles.
La première, c'est "papa et maman, ne vous inscrivez pas".

La deuxième c'est : [censuré pour votre sécurité].

Bon, sinon, ça implique quoi ?
Aller sur www.parano.be

Chercher un peu où on peut s'inscrire.
Entrer le code : PDGO42

Bon, vous y êtes ?
Vous pouvez maintenant vous effacer.
Ou tenter de vous faire une fiche de présentation, et de vous faire des zamis en naviguant un peu partout.
Parce qu'on trouve des gens bien, en cherchant un peu. Moi, j'en ai trouvé.

Maintenant, vous faites ce que vous voulez, vous êtes grands.
Attention, ce code n'est valable que quelques heures.

Et soyez heureux si vous venez : c'est obligatoire.
Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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Mardi 13 octobre 2009

... Ou titrologie de l'enfer.

 

Ante-scriptum : Je m'explique : sur un site communautaire belge, je me suis engagé sans trop réfléchir à écrire un article sur un thème imposé, couillon que je suis. Du coup, je me suis retrouvé bien dépourvu quand mon thême me fut envoyu, à savoir, donc : « avec le chandelier dans la salle de bains : la véritable histoire de Claude François ». Voici donc le résultat obtenu un dimanche matin, après un anniversaire arrosé, en 32 minutes parce qu'au delà, mon ordinateur chauffe et me brûle les testicules.

 

Le jeu de la propa imposée est un art délicat, semblable en cela à la préparation du veau Marengo par un manchot anosmique (1) ou au démoulage d'un bronze sans que rien ne reste accroché aux poils. La difficulté s'élève encore d'un cran quand vous tombez sur un titre accrocheur et rythmé comme une prestation de Rocco Siffredi.

 

En ce qui me concerne, je n'aurais pas pu imaginer pire sort que de tomber sur « avec le chandelier dans la salle de bains : la véritable histoire de Claude François » : les attentes sont élevées, et mon imagination est pauvre. J'aurais pu expliquer qu'en fait, Claude François était bougre et sodomite, et tel Mélanie la bonne au curé, aimait à s'enfoncer des cierges sacrés du côté de chez Swann, et qu'un beau jour (beau pour la chanson française, un peu triste pour Cloclo quand même), un beau jour donc, tentant l'expérience dans sa salle de bain alors qu'il était fiévreux, la cire fondit, et il périt d'obturation rectale, ce qui me permet d'expliquer l'origine du groupe de metal Rektäl Obturatiøn (2), hommage direct à cette mort tragique.

 

Nous aurions un peu ri de ce pauvre misérable, et je me serais senti un peu mal de jeter à bas une réputation à peu près sans tache du point de vue des moeurs (ou alors je ne suis pas au courant des turpitudes sexuelles de monsieur François, ce qui n'est pas impossible vu mon désintérêt total pour la chose. Par la chose, j'entends les turpitudes sexuelles de monsieur François). Et surtout, je l'aurais un peu mauvaise de faire à ce point dans la facilité. Je me serais vu dans l'obligation de changer mon pseudo en « BigardRulz » ou quelque chose d'approchant, pour mon karma.

 

En fait, le problème que me pose la propa imposée est que je ne fonctionne jamais comme ça. Partir d'un titre, je veux dire. Je sais, vous allez me dire que vous non plus, mais cessez de geindre un peu, je suis encore plus mal en point que vous, en plus, hier j'ai bu trois mojitos gratuits (3) et écouté de mon plein gré quarante-cinq pleines secondes de Alexandrie Alexandra (4). Et je crois bien que j'ai la courante.

Et donc, malgré ça, je m'attelle à la tâche qui m'a été donnée, alors un peu de respect, quoi, merde, on est en démocratie, non (5) ?

 

Bref, je disais que j'avais souvent des idées plus ou moins ineptes, que j'écrivais un article d'une page, et qu'après je trouvais un titre, sauf dans le cas unique de « Sale temps pour les ravioles », que je m'étais néanmoins imposé moi-même.

Je dis « et après, je trouve un titre ». Et encore. Des fois, même pas, alors je mets n'importe quoi, ce qui rend assez difficile de retrouver un article dans ma base de données (à savoir, mon blog). Prenons un article sur la tentative d'intimidation des gens dans le métro et autres jeux souterrains : le seul titre que j'ai réussi à sortir à l'époque est « Y'a des yakuzas dans mon jacuzzi », ce qui certes est accrocheur et rythmé comme une pipe à dix euros administrée par une pute piercée (6), mais ne dit foutre rien sur le contenu (je m'agace un peu, désolé pour le langage de matelot).

Pour vous dire à quel point c'est ridicule si vous ne l'aviez pas saisi par vous-mêmes, le zozo (et je pèse mes mots) qui m'avait plagié une bonne partie de mon blog, s'il n'avait pas jugé nécessaire de virer les photos de moi marmot jouant du uilleann pipe (7), avait modifié ce titre pour le transformer en King banana chocolate and crizpiz country, qui n'est pas tellement moins évocateur mais bon, quand même, quoi.

 

Je suis donc nul en titres. Nul à déféquer, comme diraient les jeunes d'aujourd'hui, toujours prompts à vous balancer de la scatologie partout. Mais bon, j'essaye de me soigner. J'essaye de compenser mon inadaptitude à jouer avec les titres en développant au possible mon talent à trouver une chute à

 

  1. 1) le manchot anosmique est une denrée rare de nos jours

  2. 2) Ou Rëktal Øbturation, je ne sais plus

  3. 3) En plus, Alex avait dû oublier de mettre le Perrier.

  4. 4) RhAAAAaaaaa !

  5. 5) Officiellement, si. Je précise au cas où.

  6. 6) Piercée, pour que ça accroche. J'ai du mal avec les métaphores, des fois, et en plus (3)

  7. 7) Sur un blog, on se doit de mettre des photos de soi marmot jouant du uilleann pipe, sinon on est qu'un gros loser.

 

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Samedi 10 octobre 2009

On a toujours des amis dont on aimerait se passer, mais qui ont une trop grande utilité pour les rejeter complètement : des avocats, des garagistes, toutes ces sortes de professions dont il est utile de connaître un membre au cas où une tuile nous tomberait dessus, mais qu'on aimerait bien ne pas voir trop souvent. Une fois de temps en temps au bistrot, c'est bien, voire chez eux pour avoir un repas gratuit, mais quand même, les inviter chez soi, ça nous les brise menu.

 

Nous avons donc affaire à une question épineuse : comment conserver ces amis, tout en les faisant passer l'envie de venir vous voir ?

 

J'ai trouvé aujourd'hui la réponse, grâce à mon beau-frère Christian, que je remercie au passage : il suffit de leur préparer un plat qui demande visiblement du mal, prouvant la peine que vous vous donnez pour les recevoir, mais qui leur fera passer l'envie de revenir.

 

Par exemple, proposez-leur des oreilles et des pieds de cochon. Ce plat a l'avantage d'offenser autant l'odorat et la vue que le goût. En fait, il offense tellement les deux premiers que je ne me suis pas risqué à goûter.

 

Ceci dit, il est essentiel de faire ça bien, je vais donc vous proposer la recette idéale.

 

Prenez un tas d'oreilles de cochon, et décongelez-les si besoin.

Lavez les bien, et coupez-les en morceaux de taille comme vous voulez.

 

 

 

Prenez cinq oignons, émincez-les, et faites les revenir dans une grande casserole (la même que pour les tomates farcies).

Ajoutez vos oreilles avec un verre d'eau standard. Laissez mijoter 15-20 minutes à feu moyen. Un fumet qui rappelle étrangement les pieds de Yohann Diniz après une compétition émanera alors de vos oreilles.

 

Rajoutez deux tomates coupées en tout petits petits morceaux, trois cubes de bouillon cub, un peu de basilic, un peu de poivre noir et de sel, et des piments forts forts coupés en morceaux.

 

 

Continuez la cuisson à feu moyen pendant vingt minutes à une demi-heure, jusqu'à ce que le cartilage soit bien mou.

 

Vous pouvez aussi passer l'étape des tomates et tout et mettre les oreilles à griller au barbecue, mais le risque existe que ce soit un peu trop meilleur et que vos amis apprécient.

 

 

Servez à vos amis qui prendront un air surpris, feront « hooo, c'est heu original, c'est vraiment des oreilles ? Ha oui, on sent bien le cerumen... ».

A ce moment, l'idéal est d'avoir quelqu'un comme mon beau-frère, qui engloutira tout avec délectation (je l'envie. Si vous saviez comme je l'envie. Enfin, pour ça seulement).

 

(oui, ma soeur a préféré l'anonymat)

 

Et le tour est joué. Sans les offenser, vous avez dissuadés vos amis de jamais revenir chez vous !

Ne me remerciez pas, ça m'a fait plaisir.

 

PS : en fait, je plaisante, hein. Si on aime les oreilles de porc, cette recette est sans doute très bonne. En tous cas, il faut être plus courageux que moi et essayer pour vous faire une idée.

Par Francis - Publié dans : Les cuisineries de pas trop moi
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Mardi 6 octobre 2009

S'il est un mystère qui passionne les foules depuis bien longtemps, c'est la question de savoir pourquoi, là où les barbus sont l'élite des intellectuels, formant l'essentiel de la communauté scientifique, les moustachus, quant à eux, prédominent dans la population des très méchants. Rares en effet sont les personnes qui auront manqué de remarquer que les points communs entre Adolf Hitler, Staline, Saddam Hussein, Pinochet, Franco et Einstein sont un certain mépris de la vie humaine (qu'on associe souvent à la méchanceté), et le port de la moustache, même par gros temps. 

Mais pourquoi les moustachus sont-ils aussi méchants ?

Afin d'élucider ce mystère, revenons-en aux basiques.

Nous le savons tous, dès son apparition sur terre, la survie de l'homme a été tributaire de la relation privilégiée qu'il entretenait avec son symbiote : la barbe.

Rappelons tout de même en quelques lignes ce que tout élève de sixième apprend en cours de biologie, c'est à dire comment la barbe est le facteur qui a permis l'émergence de l'intelligence humaine. 

La barbe, pour une raison encore inconnue des paléo-biologistes, s'attacha au visage de nos ancêtres, il y a deux millions d'années, au moment où la branche Homo ne s'était pas encore séparée de celle qui allait donner les grands singes. Dès ce moment, l'Homme commença son irrésistible ascension vers la découverte du feu, de la roue, de la physique quantique et du fast-food.

La théorie qui a longtemps prédominé chez les scientifiques est la suivante : si les animaux dépourvus de barbe (c'est à dire tous) doivent passer leur temps à errer dans la nature, l'esprit fixé sur une seule idée fixe, la recherche de nourriture, ce n'était pas le cas de nos ancêtres barbus. Retenant une grande partie des miettes imperceptibles de leurs repas, la barbe permettait à nos ancêtres de ne perdre aucune calorie, limitant ainsi le temps consacré à la collecte de leur pitance, temps qu'ils pouvaient consacrer à la réflexion scientifique et philosophique, hissant ainsi notre espèce au sommet de l'évolution. 

Cette théorie est bien sûr simpliste, et ne tient compte que des données existant à l'époque où elle fut formulée par le grand Charles Darwin, un des hommes les plus dotés en poils que la terre ait porté.
Depuis, de nombreux progrès ont été faites dans le domaine de la barbologie.

Une percée décisive a été faite il y a quelques années par une équipe internationale financée par l'ONU, qui a découvert le mécanisme du developpement cognitif que permet la symbiose barbe-humain : le poil facial se comporte en fait en organe adventice du cerveau, venant en soutien des cellules gliales.

Chaque poil de barbe est relié par un canal dit pilo-tracteur à un groupe de neurones, lui apportant des nutriments supplémentaires issus de la décomposition des lambeaux microscopiques de matières organiques (les micro-miettes issus du repas, invisibles à l'oeil nu mais qui représentent souvent une quantité de matière supérieure au gros morceaux) qui s'y sont accrochées. Tout porteur de barbe se sera d'ailleurs aperçu que même en ne se lavant pas la barbe pendant des jours d'affilée, elle ne devient pas grasse et ne prend aucune odeur particulière.

C'est cet apport nutritionnel suppplémentaire fourni au cerveau qui explique la capacité intellectuelle supérieure de l'homme barbu sur l'enfant, l'homme glabre et la femme, sans parler de l'animal. 

Cependant, un élément n'avait pas été découvert, qui permet, comme on le verra, de répondre à plusieurs questions qui taraudent le monde depuis longtemps.
Cette avancée exceptionnelle dans la connaissance de la physiologie de la barbe est dûe au Laboratoire International de Recherche en Physiologie Barbaire de Vesoul, qui a découvert que chaque zone du cerveau est irriguée par un réseau pileux bien précis. En particulier, le cortex est approvisionné par les poils zygomatiques et maxillaires, tandis que les poils sub-nasaux sont connectés au cervelet, siège des émotions.

Et c'est ceci qui explique pourquoi les moustachus sont si méchants. Aristote (encore un célèbre barbu) le disait déjà au quatrième siècle avant J-C : « la vertu est au milieu des extrêmes », tout excès est mauvais. Or, si la barbe permet un équilibre d'alimentation entre siège de l'intellect et de l'émotion, et donc une personnalité équilibrée (tout comme un visage complètement glabre, même si l'intelligence est forcément limitée), le port de la moustache entraîne une alimentation excessive du cervelet par rapport au cortex. Ceci, inévitablement, se traduit par un désordre émotionnel manifesté dans la plupart des cas par une agressivité effrénée et un désir de faire souffrir les autres. 

On remarquera d'ailleurs que le cas inverse n'est pas plus souhaitable : le port du collier de barbe, très à la mode chez les professeurs de géographie, définit une faiblesse de caractère peu enviable. Ces personnes sont bien connues de tous pour être les jouets de leurs élèves, qu'ils sont trop timides pour punir. 

Soyons donc raisonnables, gardons une belle barbe bien fournie, comme le Céleste Moutonneux du Menton nous l'a donnée, brûlons Gillette et légiférons pour éliminer la moustache. 
En plus, c'est moche.



Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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