Jeudi 19 novembre 2009

Il y a des gens cons, sur cette terre.

Les supporters de foot en font partie. Ces cliques qui se déplacent en meutes colorées en beuglant des insultes à quiconque a pas la même couleur de maillot, alors qu'ils sont infoutus de situer le pays d'où vient ledit maillot. Des gros boeufs bornés, pour beaucoup.

 

Mais des fois, je croise des gens encore plus bornés et intolérants que les supporters : les gens qui n'aiment pas le foot. Qui râlent parce que des gens sont contents et font du bruit, qui va les priver d'une ou deux heures de leur précieux sommeil. Quels rabat-joies. Quels peigne-culs. Quels bande-mous (j'ai quelques doutes sur l'orthographe de bande-mou au pluriel)(et pour les autres aussi, d'ailleurs).

Il me font un peu penser à ces pénibles de sobres qui s'emmerdent en soirée et passent leur temps à tirer la tronche, tout en critiquant les gens qui ne savent pas s'amuser sans boire. En un peu pire, je crois.

 

Parce que bon, ces pète-burnes là, ils ont un argument : l'alcool tue. Mais une victoire au foot, ça fait une bonne poussée d'hormones qui n'incite à tuer que beaucoup moins de monde, et pas si souvent que ça (statistiquement), et puis y'a pas de gueule de bois après. Alors pourquoi vouloir à tout prix en priver les gens, nom de dieu ?

 

Et tout ça ressort les mêmes arguments : «c'est con de courir après un ballon, qu'on leur en donne un à chacun », « à quoi ça sert de regarder, de toute façon ils vont perdre », « mais pourquoi t'es content, c'est même pas toi qui joue »...

Autant de moments de profonde incompréhension entre les gens me désole. Le pire, c'est que les anti-foot sont souvent des gens très bien. Des gens comme vous et moi, qui rigolent devant south park, qui n'aiment pas les hommes politiques, qui ne prennent pas une mine inspirée devant un tableau d'art moderne, avec qui on peut échanger des vues sur des séries télé, des gens que j'aime bien en général.

Mais qu'un match de foot arrive, et ils retirent leur masque pour devenir des sales gros racistes nazis intolérants qui peuvent pas comprendre qu'on prenne du plaisir à quelque chose qu'ils n'aiment pas.

Qui se foutent de gens qui se rassemblent autour d'un sport, qui partagent des émotions brutes. C'est pourtant pas désagréable. A se demander si ces gens-là, les anti-footeux, ont déjà pris leur pied autrement qu'avec leur paluche. Les gars (et les filles, parce que faut pas se voiler la face, le foot rend conne encore plus qu'il ne rend con), partager, c'est bien. Quoi que ce soit. Se rapprocher des autres, fût-ce pour quelque chose de con, c'est agréable. Fourrez-vous ça dans le crâne, nom de dieu, avant de jouer les vierges effarouchées par le fait que des gens chantent un hymne national. Parce que y'a cet argument là aussi, les supporters de foot sont tous des fachos. C'est mimi.

 

Ca m'énerve. Non, vous n'êtes pas supérieurs aux autres parce que vous n'aimez pas le foot. Non, il n'y a pas quelque chose que vous avez compris et les autres pas. Laissez les gens s'amuser, bordel.. Faites de la batterie dans vos caves. Trouvez quelque chose d'intelligent à faire, cultivez-vous, regardez une rediff' de X-Files, profitez qu'ils soient dans les stades ou au bar ou devant la télé chez des potes pour sauter leurs gonzesses, mais par pitié, taisez-vous. Vous êtes encore pires que ceux que vous traînez dans la merde. Même si on est heureux pour des raisons cons, au moins, on est heureux, et on dirait que c'est ça qui vous défrise ? Connards.

 

Tout ça pour dire que je suis content que la France se soit qualifiée pour la coupe du Monde, malgré que ce soit complètement volé à ces pauvres Irlandais qu'ont pas fini de râler (en tous cas, on aurait été à leur place, on en entendrait parler encore quelques années), et malgré les commentaires de ma grande soeur que je remercie de m'avoir laissé regarder la télé ce soir, et que j'espère qu'on va battre les Samoa au rugby samedi, parce que le rugby, c'est quand même vachement moins un sport de lopettes que le foot.

 

(et si je suis un peu vulgaire, c'est qu'il est tard et que l'heure relâche les inhibitions dues à une excellente éducation. L'heure, pas le foot)

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Dimanche 15 novembre 2009

S'il y a quelque chose que j'aime bien dans ma famille, outre de certaines aptitudes à faire de la bonne bouffe, c'est sa capacité à prendre des décisions complètement crétines sans réfléchir.

Enfin, sans réfléchir, j'exagère.

Mettons que ceux qui réfléchissent subissent rapidement la pression des autres, qui l'incitent à faire n'importe quoi malgré les inconvénients évidents.

 

Prenez mon petit frère, par exemple : hier, on traînait sur les quais de la Mégisserie (l'endroit de Paris où on met les chiens et les lapins dans des aquariums pour que les enfants puissent leur crier dessus), et on est rentrés dans une boutique, et on s'est dit hou purée, c'est classe les axolotl. Puis en plus, il se disait depuis un moment qu'il aimerait bien avoir un protée qui est comme un axolotl sans branchies qu'il appellerait Falcor et regarderait être capable de ne rien faire dans son aquarium. Et que quand même, c'était classe, un Falcor en aquarium. Ce à quoi je ne savais que dire « ouais, vas-y, c'est classe comme bestiole, elle est toute mimi avec ses branchies et tout ! » mais bon, ça coûtait 38 € et il se disait que bon même s'il s'était dit qu'il l'achèterait si c'était à moins de 40€ fallait pas déconner quand même et que ça servait à rien.

Bon, du coup, on est rentrés à la maison sans axolotl mais avec des regrets mais avec la sensation d'avoir su être raisonnable qui faisait chaud au ventre et c'était tant mieux parce que mes chaussettes étaient mouillées.

 

Mais aujourd'hui, ma soeur était rentrée de Lozère, et du coup, elle l'a convaincu que c'était quand même super d'avoir une bestiole qui bouge vaguement plus qu'un protée et mange des vers de terre et des vers de vase ou du coeur ou du foie coupée en tout tout petits morceaux.

 

Ca fait qu'on est retournés ce dimanche en famille à la boutique et qu'on a maintenant sur la table basse un sac avec un axolotl qui part à Lyon dans une heure. Pauvre bête. Et ça vit quinze ans. Quinze ans à supporter l'intimité de mon petit frère. Pov' bête.

 

Je crois qu'on s'est plus posé de questions sur le nom qu'on allait donner à cette bestiole que sur si cétait une bonne idée de l'acheter et de qu'est-ce qu'il en ferait pendant les vacances (au moins, si ç'avait été un protée, il pouvait jeûner pendant un an).

Parce que bon, c'est bien beau d'avoir un axolotl, s'il a pas un joli nom comme Falcor pour un protée, ça sert à rien, sauf à lui donner des vers de vase et des petits bouts de coeur ou de foie. Et à faire wouuuuuh c'est trop classe il a des mignonnes petite branchiiiiies agad' on dirait un bébé ! Ce dont on se lasse assez rapidement, à mon avis.

Il fallait donc trouver un nom joli, et c'est pas facile de satisfaire mon petit frère. Parce que Tezcatlipoca ou Tlaloc c'est trop facile hein, comme Quetzalcoatl, même si ça a l'avantage de s'abréger en Quéquette et que Phiphi ressemble un peu à une quéquette, d'après mon petit frère, qui a donc fini par l'appeler Phiphi, sur le conseil de ma soeur qui aime bien Philémon, et après être passé par Grégory (parce qu'il est tout blanc et tout gonflé, oui c'est d'assez mauvais goût), Blanche-Neige parce que son corps est blanc comme la neige et ses branchies rouges comme le sang, Elric ou Voldemort pour sensiblement les mêmes raisons.

 

Sinon, un des avantages des axolotl, comme dit bien ma soeur, c'est qu'on pourra bientôt utiliser ses super-pouvoirs pour se téléporter. Ou faire autre chose, parce que c'est pas possible autrement, il a forcément des super-pouvoirs autre que celui de se reproduire au stade larvaire, se faire repousser des membres, respirer par la peau (c'est déjà pas mal) ou avoir l'air tout mort alors qu'il est vivant. Sinon, il aurait pas l'air aussi ridicule. Mais encore faut-il les découvrir, ces pouvoirs. Ca va venir.

 

Bref. On a un petit nouveau dans la famille, espérons qu'il vivra plus longtemps que le rat hémiplégique qui s'est jeté de la table, ou que la souris égorgée par ses camarades de jeu lors de sa garde par un ami.

 

Courage, Phiphi.

 

 

(bon, là c'est pas lui, mais il lui ressemble vachement, quand même, sans mycose sur les branchies ni rien)

 

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Jeudi 12 novembre 2009

Dans quelques jours, quelques heures même, la France rencontre l'Irlande pour savoir qui ira en Afrique du Sud se faire battre par les Allemands. C'est un peu triste, je trouve. Parce que bon, autant j'aimerais pas qu'on se fasse battre par des planteurs de patates, autant je trouve ça dommage qu'on doive battre l'Irlande.

 

Parce qu'en fait, j'aime bien l'Irlande. Enfin, j'aime bien le souvenir que j'en ai, quand on est allés y'a loooongtemps chercher la cornemuse que mon papa avait achetée cheeeeer et qui depuis prend la poussière sous mon lit. C'était vert et plein de cailloux, et de tourbe. Et la tourbe, c'était rigolo, ça faisait splitch-splotch quand on marchait dedans.

C'est aussi l'endroit où on a acheté nos peluches de leprechauns, qui se sont magnifiquement intégrées dans les histoires que je racontais à mon petit frère et ma petite soeur dans la voiture, parce qu'on avait rien à fiche des paysages. C'était des histoires de la ville des poissons, Poissonimo. Y'avait des méchants brochets, des gentils autres poissons, et des docteurs leprechauns qui soignaient les blessés par brochets et ressuscitaient les poissons morts. Oui, je leur avais aussi expliqué que la maman de Bambi avait été attrapée par des gens d'un zoo avec des fléchettes endormissantes. J'ai toujours eu un problème pour accepter que les personnages puissent mourir dans un livre ou un film, sauf les tantes de James écrabouillées par la grosse pêche.

 

Bref. Je disais donc, j'aime bien l'Irlande parce que c'est joli et plein de leprechauns resusciteurs de poiscaille, puis aussi de plages où on pouvait se cacher sous les rochers pour faire peur aux parents.

 

Puis , ils ont le whiskey, c'est vrai. Et la Guinness. Et les pubs où boire la Guinness, et où discuter pendant dix minutes avec un type avant de s'exclamer But alors you are french ! Et de continuer la discussion en français. C'est bien, ça, les pubs.

 

Mais ce qu'il y a de surtout bien dans les pubs, c'est quand il y a de la musique irlandaise. De la vraie, de la bonne, de celle qui vous fait oublier le climat, poser le cul sur une chaise sous le plafond couvert de suie, et écouter les gonzes au uilleann pipe et au violon, accompagnés par un mec aux cuillères.

 

Haaaa, la musique irlandaise. J'en ai frôlé l'overdose. Mais maintenant, c'est con, l'accoutumance est là. Aux types qui sont foutus de jouer des reels à la flûte que tu te dis merde, il a combien de doigts, comme Matt Molloy, par exemple.

 

 

 

 

L'accoutumance aux groupes, aussi. Parce qu'à plusieurs, c'est un foutoir bien foutu.

Qui donne envie d'empoigner la serveuse et de se lancer dans des pas de danse qu'on ignore complètement, sur les reels, les jigs ou les polkas, au son de l'uilleann pipe, du tin whistle et du violon, voire du banjo.

 

 

 

 

 

 

 

Ajoutez à ça une langue d'un érotisme tropical, et vous aurez envie de faire autre chose avec la serveuse.

 


 

Décidément, faut que je retourne en Irlande, moi.

Mais c'est pas trop le chemin que je prends, tant pis.

 

Je continuerai d'écouter les Pogues, quand même.

 

 

 

(et même si je veux, je remets des vidéos que j'avais déjà passées, c'est fou la vie)

Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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Lundi 9 novembre 2009

Je me suis souvent demandé, depuis hier, pourquoi j'écrivais. Et l'illumination m'est venue avec l'appétit : mon envie d'écrire est comme mon envie de kebab. Elle va et vient, sans qu'il y ait de connotation sexuelle. Entre deux envies passent de longues périodes d'abstinence (sans connotation sexuelle) pendant lesquelles l'idée même de kebab (ou d'écrire, donc) me donne la nausée. Mais quand j'en ai envie, c'est maintenant tout de suite, sans connotation sexuelle, et pas moyen de s'arrêter avant d'avoir fini, sans connotation sexuelle. Et une fois que j'ai fini, c'est bon, j'ai plus envie. Je suis vidé, dans le cas de l'écriture, rempli dans le cas du kebab. Décidément, je me rends compte que tout est sexuellement connoté, dans ce paragraphe.

Mais ce n'était pas le but. L'envie d'écrire comme l'envie de kebab, disais-je, sont là par intermittences.

 

Mais là ne s'arrête pas la ressemblance entre l'écriture et le kebab !

Bon, certes, je n'écris pas pour me nourrir (et ça ne risque pas d'arriver). Mais mon envie d'écrire n'est pas une méthode cathartique d'exorcisation de mes démons intérieurs, tout comme mon mangeage de kebab. Sauf si on considère une envie tenace de viande grasse dégoulinante de harissa comme un démon intérieur, ce que le mangeage de kebab pourrait alors exorciser, mais il me semble que quand on parle de démon intérieur, c'est un peu plus métaphorique que ça. Et je ne vois pas ce qu'exorciserait le fait d'écrire des études comparatives de la yourte et du yaourt ou des manuels techniques de combat contre les souris à mains nues.

 

De même, je n'écris que trèèès rarement pour faire de l'introspection. Cette note en est un des rares exemples. Et encore une fois, c'est pareil pour le kebab : je ne le mange pas pour en savoir plus sur moi-même. Sauf quand même des fois où je tente de remplacer la sauce blanche par de la sauce marocaine, pour savoir si j'aime autant. Et il faut reconnaître que la sauce marocaine du Prospère, en face de Cora, elle est pas dégueu. Ceci dit, je m'en tiens généralement au Chicken Chika avec sauce blanche, harissa, saladetomatoignon.

 

Ecrire ne m'est pas non plus un acte politique. J'ai la conviction politique d'une huître. Une huître ermite, vivant sur un rocher loin de la compagnie d'autres huîtres. Du coup, ça fait encore un rapprochement avec le kebab. Je ne mange pas de kebabs pour promouvoir l'entrée de la Turquie dans l'UE, par exemple (d'autant que mes vendeurs sont tunisiens).

 

Je n'écris pas non plus pour raconter une histoire. Je ne sais pas faire. Quand j'essaye, j'abandonne généralement au bout de trois pages. Plus, c'est trop. En plus, c'est mauvais. L'indigestion est là qui me guette, comme si je mangeais plus d'un kebab.

 

Il faut se rendre à l'évidence : je ne sais pas pourquoi j'écris. C'est même pas forcément pour être lu (je crois que mes lecteurs doivent être à peu près aussi nombreux que mes fournisseurs de kebab).

Et je ne sais pas plus pourquoi je mange du kebab. Je veux dire, c'est gras, ça pique, je m'en fous plein la barbe, ça fait grossir... autant de raisons qui me pousseraient à ne pas en manger. Comme j'ai plein de raisons de ne pas écrire (ça ne mène à rien, j'ai rien à dire, je pourrais employer mon temps de manière constructive...)

 

C'est fou, quand même, quand on y pense, tout ça. Le kebab et l'écriture. L'écriture et le kebab. Main dans la main vers le lointain. Unis dans une vie. Dans ma vie. Un jour, j'écrirai sur un kebab. Je tracerai les lettres à la sauce blanche, de la pointe d'une frite, sur le pain chaud et gras. La boucle sera bouclée, la messe sera dite. Je prendrai une photo, et je la mettrai sur mon blog. Puis j'irai manger.

 

 

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Vendredi 6 novembre 2009

Depuis plus d'années que la mémoire humaine ne peut se souvenir, mon régime alimentaire a été basé sur trois mets essentiels : les céréales, les Prince de Lu et le saucisson.

C'est pourquoi il me paraît essentiel de revoir certains tabous concernant ces aliments, qui trop souvent se voient profanés par des blasphémateurs.

 

Venons-en donc aux basiques :

Comme les Miel Pops, les Frosties se mangent secs. Jamais, au grand jamais, on ne leur ajoutera du lait, même sous prétexte de calcium et de mais tu es en pleine croissance mon chéri.

Le lait, ça se rajoute aux Chocapic. Du lait froid. D'ailleurs, jamais on ne rajoutera de lait chaud aux céréales, quelles qu'elles soient. Le plus froid possible, le lait. Même pas du lait tiédasse conservé à l'extérieur. Non, du lait du frigo. Sans que ça dépasse le niveau des céréales.

La cuillère doit s'orthographier cuillère et pas cuiller, doit être tout en métal (pas de bout de manche en plastique, ça gâche le goût), et doit être une cuillère à café de taille moyenne (ce sont les anglais qui utilisent des cuillères à soupe, didju).

Les cornflakes ne se mangent pas dans un bol, mais directement dans la boîte, devant la télé.

Le bol doit être relativement profond, mais pas trop grand non plus.

Et un point très important : on ne mélange JAMAIS JAMAIS le fond d'un vieux paquet de Chocapic avec un nouveau. Le fond des vieux paquets est constitué de miettes et de céréales mollasses et fades absolument abominables. Et les cousines qui se permettent ce genre de comportement sous prétexte d'économies devraient être crucifiées.

 

Voilà pour les céréales.

 

Les Prince de Lu, maintenant. Ils sont ronds, donc on ne commence pas par ronger les coins comme les petit Lu (qu'on ne croque jamais par le milieu non plus, mais c'est une autre question). Ce ne sont pas des BN non plus, on ne sépare pas les deux moitiés pour lécher le chocolat.

Non, à jeun le matin, le prince de Lu se consomme tout sec, si la boîte est neuve et juste ouverte à l'instant.

La boîte une fois entamée, le Prince perd son croustillant, il faut donc le tremper dans du thé, de préférence Earl Grey, sans sucre, après un peu d'attente parce que sinon le Prince se décompose en fragments irrécupérables.

 

Venons-en au point le plus important : le saucisson. Le saucisson est un mets digne des dieux, du moment qu'il est bien sec et sent un peu le pipi. Il convient donc de le traiter avec les honneurs qu'il mérite, et de lui associer une bonne baguette.

Le saucisson se coupe en tranches fines, avec un couteau lisse bien aiguisé mais pas trop.

En aucun cas on n'utilisera de couteau à bout rond et à dents, ça le met en charpie, ça oblige à faire des tranches épaisses, et c'est une marque d'irrespect innommable. Les ex-colocs qui se rendent coupables de ça devraient être étranglées avec la peau de saucisson qu'elles se permettent sans doute d'arracher à leur propriétaire comme le faisaient les docteurs nazis dans les camps de concentration.

 

Si en plus elles entament le saucisson par les deux bouts (par les deux bouts ! Ça a beau dater d'il y a deux ans, ça me hérisse encore rien que d'y penser), je ne vois pas de sanction assez sévère.

 

Bref. La nourriture se respecte, il faut la manger dans les règles de l'art, sinon, c'est MAL. Et ce qui est mal doit être annihilé. Purement et simplement. Pas de demi-mesures, sinon, les femelles incultes continueront à arracher la peau du saucisson (ce qui traduit sans doute quelque part une sexualité déviante mal assumée), à mélanger les fonds de boîtes de céréales au mépris total de leurs colocs au nom de convictions politiques qui ont prouvé leur néfastitude en faisant des millions de morts, et à nous gâcher la vie.

 

Oui, en fait, c'était juste contre mes colocs passées, présentes et à venir.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Mardi 3 novembre 2009

Je suis quelqu'un de très casanier. Je n'aime pas modifier ma petite routine Par exemple, même après que je n'en sente plus le goût, je continue de manger des Prince de Lu à mon goûter. Parce que je ne conçois plus de faire autrement. Mais tout change. Même la haine du changement. (une haine tenace et profonde comme l'océan mangeur d'hommes).

 

Et donc, il y a peu, j'ai pris une putain de grande décision. Parce que pendant 25 ans, j'ai j'ai été une larve. Un faible. Pendant 25 ans, j'ai passé mon temps à esquiver les gens dans la rue, ces gens qui marchent vers vous sans vous voir, sans vous prêter la moindre attention, et qui vous rentrent dedans si vous ne faites pas l'effort de leur laisser le passage. Pendant 25 ans, j'ai peaufiné une série de techniques d'évitement des gros boeufs par effacement des épaules, déhanchement de côté en levant les bras et faisant olé, bref, pendant 25 ans, je me suis laissé faire, j'ai laissé la main aux emmerdeurs du trottoir. Je leur ai laissé leur territoire.

 

Ca a assez duré. Je n'éviterai plus les gens dans la rue. Qu'ils y viennent sans regarder devant eux, je rentrerai le cou, carrerai les épaules et BLAM ! s'il le faut. Il le faut. Les gens sont cons. Ils s'en foutent de me bousculer ? Tant pis pour eux, ce sera réciproque.

 

Ca ne sera pas facile. Il faudra oublier toute une éducation, anéantir une vie de réflexes conditionnés. Mais bordel de merde, ça commence à bien faire. Je ne suis pourtant pas quelqu'un de violent ni même de particulièrement misanthrope. Mais dans les rues de Paris, c'est plus possible. Je radote.

Pas grave.

 

C'est rendu encore moins facile par le fait que je suis quand même un gros lâche. C'est pourquoi je m'entraîne depuis un moment dans le métro. Le gros avantage du métro, c'est que les gens ne vont pas aller te chercher, ils doivent prendre leur métro. D'autant plus si tu arrives à être crédible en type qui fait pas attention à ce qu'il fait parce qu'il a des écouteurs dans les oreilles. Aucune représaille à craindre, au pire un regard noir.

 

Ca fait donc déjà un moment que j'hésite plus à balancer des coups d'épaules dans les gens qui m'empêchent de descendre du métro. Surtout dans les filles, qui sont moins du genre à se sentir atteintes dans leur virilité quand on leur fait faire trois tours sur elles-mêmes et trébucher entre la rame et le quai (haha).

 

Et maintenant, hop, je passe à la grandeur nature. La rue. La grande. Celle avec les vrais boeufs qui peuvent rétaliationner. M'en fous. Je prends le risque.

J'ai déjà commencé, en fait. Ou essayé. Mais comme je l'ai dit, je suis complètement conditionné. J'esquive sans y penser.

Et quand j'y pense et que je n'esquive pas, je fais quelque chose de mal. Je me rends compte après coup que ce sont des touristes. Je bouscule des pauvres étrangers qui sont déjà bien assez punis de ne pas être parisiens comme tout le monde le souhaiterait.

 

Mais bon. Il faut savoir faire des sacrifices pour rentrer dans la catégorie des gros boeufs. J'y arriverai. Je saurai avoir la persistance requise. Après tout, j'ai bien réussi à rester dans la catégorie des larves pendant des années, c'est une marque de force d'esprit, quelque part, non ? C'est plus difficile que de s'énerver et de résister, non ?

Non, sans doute.

 

Mais même.

 

Gros boeufs, préparez-vous, je vous rejoins !

 

 

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Samedi 31 octobre 2009
Décidément, j'aime mon job. Je parle de celui pas payé sur un site fermé, où j'ai le bonheur d'être responsable du département chargé de la publication des fascinants articles que proposent les milliers d'inscrits.
Je ne dis pas ça parce que ça me permet de glander et de récolter le fruit du travail de mes sous-fifres, hein ! Quoique ça en fasse partie.
Non, le plus beau, c'est de pouvoir éditer les articles des gens.
Des fois, c'est juste pour corriger et mettre en forme des trucs illisibles autrement (on a un spécialiste, qui écrit très bien, mais très mal)(très bien sur le fond, mais c'est abominable à voir avant correction).

Mais d'autres fois, on se lâche, et quand on nous propose un truc vraiment nul qui n'est manifestement là que pour nous faire perdre notre temps (ou qu'on est de mauvaise humeur), ben on se permet de transformer un truc nul impubliable en appel à la flagellation. C'est complètement immoral, mais c'est dans le principe du site (c'est pour ça que je l'aime).

Voilà donc ce que ça peut donner, donc (les PROs, c'est mes sous-fifres et moi : responsables de la propagande, je ne dévoile rien):

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[culture] J'ai testé pour vous : agacer les PROs

Proposé par XXXXXXX le 23/10/2009 ,Validé par 83849
dernière édition par 32401 le 28/10/2009


Vous savez, des fois, je fais des choses qui ne sont pas bien. Par exemple, je gâche le temps du département PRO en postant n'importe quoi.
J'aurais pu être juste reformaté, hein ! J'aurais pu ne juste pas être publié.
Le problème, c'est que je suis tombé sur un jour où l'UV PRO [ça, c'est moi] avait ses ragnagnas, et qu'il était donc de fort méchante humeur (en fait, il est TOUJOURS de méchante humeur). Du coup, au lieu de me punir de manière sobre et classe, il a décidé de me soumettre à l'opprobre publique, comme ça, par pure méchanceté.
Ce qu'il ne savait pas, c'est que j'aime ça. J'aime quand on me dit des mots sales à l'oreille. Ca me fait des frissons tout partout, comme quand je croque un cornichon, et j'ai les poils des fesses qui se hérissent, et je passe la main dedans, on dirait du duvet de bébé canard tout doux tout minou.

Parce que oui, en fait, j'aime bien les canards, parce qu'ils ont un bec rigolo, et que leurs bébés sont tout doux tout minous. Comme des petits chats, alors que ça a rien à voir, parce que les petits chats, ça a pas de poils, en fait. Comme moi.

Mais je m'égare un peu, je dis des sottises et c'est pas très bien, parce que du coup, je vous fais perdre votre temps à vous aussi.

Pfiou, j'aurais presque honte de moi, du coup.
Maintenant, vous pouvez me lapider avec des figues molles.

Et je danserais au milieu, je danserai comme un cheval fougueux, et tant pis si je glisse sur les pépins, et tant pis si ça colle dans mes cheveux, je lècherai ma peau gluante, et je chanterai mon amour pour la DMZ, mon amour pour mes PROs, qui passent des heures à se crever les yeux sur des textes mal fichus mais avec un peu de fond donc qu'ils veulent pas jeter, mais qu'il faut essayer de rendre lisible, des textes sans mise en forme, avec trop de mise en forme et des balises qu'on se demande d'où ils les sortent, des textes avec des photos à redimensionner, des copier-coller à vérifier, des journées à thème à organiser, le tout sous la menace permanente d'un dictateur qui ne laisse rien passer, ou alors contre des faveurs sexuelles dégradantes.

Allons, citoyen indigné ! J'attends de pied ferme tes quolibets vengeurs, car je sais les mériter, et cela seul soulagera ma conscience. Foulala oui. Elle en a bien besoin.

 

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Après réflexion, c'est sans doute moins drôle que sur le coup, mais foulala, ça défoule, et ça c'est bien. Et y'a des blogs où j'aimerais bien pouvoir faire pareil.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Mardi 27 octobre 2009

Comme la recette de poisson braisé de mon beau-frère Christian est ce qui m'apporte le plus de visiteurs sur ce blog, j'ai décidé de jouer la carte TF1 et de vous donner ce qui vous plaît, c'est à dire une nouvelle recette camerounaise. J'espère que vous êtes contents. Moi, oui, en tous cas.

Voici donc le déroulement de la recette, heure par heure, parce que là, j'ai la flemme de faire dans la littérature de haut vol, parce que bon, des fois, y'a des limites aux bornes, nom d'une pipe.

 

13h57. On va être nombreux à table, ma grande soeur m'enjoint donc de commencer à faire la bouffe pour ce soir, pendant qu'elle va à Paris visiter la Tour Eiffel et faire du shopping en famille.

Pour faire original, cette fois-ci, elle ne me demande pas d'éplucher et de couper des oignons, mais d'éplucher et de couper PLEIN d'oignons (8 oignons parce qu'ils sont petits). Pas en lamelles, mais pas finfinfin non plus.

 

 

14h30 : oignons finis, plus de zoeils, ils ont coulé dans les oignons.

 

14h35 : ma soeur m'appelle pour me dire qu'on ne sera pas nombreux, on sera TRES nombreux, et m'enjoint donc (elle aime m'enjoindre) d'aller chercher plus de viande à Casino.

 

15h00 : revenu d'aller acheter 2 kg de barbaque supplémentaires. On a trois kilos de rouelle de porc (jambon et épaule).

 

 

15h30 : une botte de persil coupé finfinfin, puis coupé encore plus fin, puis encore un peu plus, que ça fasse presque de la pâte. Christian (coucou Christian) coupe la viande en morceaux comme on veut.

 

 

16h00 : je rereviens du Casino, parce qu'il fallait acheter plus de persil pour le braisage, pis des cahouètes, des cajous et du boire. Christian a mis à revenir les oignons dans la marmite avec un peu d'huile, rajouté les morceaux de viande avec quelques feuilles de basilic, et salé. Puis on rajoute le persil.

 

 

On rajoute un peu d'eau au fond pour éviter que ça brûle (pas trop, parce que la viande en rendra), puis du poivre, et un petit peu de piment en poudre. (on, c'est toujours Christian), et qu'ça y va à feu moyen.

 

 

16h17 : je me remets à hacher le persil finfinfin, et encore un peu plus, pour plus tard.

 

17h00 : on arrête la cuisson du porc après une heure, il est bien cuit. Un petit thé pour le goûter s'impose, parce que c'est bien beau de couper du persil, et d'écouter gargouiller le cochon dans sa marmite, mais bon, ça remplit pas l'estomac, hein, quand même. On laisse la viande dans son jus et on se consacre à autre chose.

 

17h45 : Bon, on se met à préparer le barbeuque.

 

17h55 : troisième voyage à Casino, pour chercher des bières (c'est beau l'organisation). Je parviens à esquiver la corvée. En échange, j'épluche 1,5 kg de patates pour la purée maison du soir.

 

19h00 : on prépare le badigeon du porc : la botte de persil hachée finfinfin et encore un peu plus, un cube de bouillon, et de la huile toute bête jusqu'au dessus du persil. Les autres convives annoncent leur arrivée dans une heure avec trois kilos de viande en plus, le gigot de secours risque de ne pas servir.

 

 

19h20 : les aptitudes d'un mitron sont multiples. Nouvelle mission : décoller une étiquette de Pinot Blanc d'Alsace pour faire un rouleau à pâtisserie pour la tarte du soir.

 

? : tout le monde est là, on est 21, on picole, on discute, on tient compagnie au cuistot qui barbequioute, c'est pas compliqué, on peint la viande au pinceau avec la mixture de persil, huile et kub (et piment si vous aimez), et on retourne, et on repeint, jusqu'à ce que ce soit cuit, entretemps, on discute, on picole, on finit de faire la purée, on picole, on bouffe les cahouètes et les cajous, on picole, on retourne, ça finit par être cuit, burp.

 

 

Et on sert avec à côté la sauce dans laquelle a précuit la viande, et ça met du bonheur dans les yeux des enfants, et c'est bien l'essentiel.

 

 

Et putaing, c'était bon. Même ma tata qui mange presque jamais de viande et ne se ressert jamais de rien en a pris trois fois. Alors, hein.

Par Francis - Publié dans : Les cuisineries de pas trop moi
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Mercredi 21 octobre 2009

Vous en êtes bien conscients, amis écologistes, ce blog est un blog responsable qui s'ingénie à recycler toute ce qui est possible. Dans cette optique, je me permets donc de vous présenter un article de commande, ou plus exactement un discours de commande. Je n'ai aucun scrupule à le mettre, parce qu'il n'a sans doute pas été lu, c'est une honte.

Pour ceux que ça intéresse, la commande était "on a besoin d'un discours pour présenter un concert avec deux musiciens, une pianiste et un flûtiste, ils jouent du Bach, Pergolesi, Glück, Mozart, Fievet, Classens, Fauré et Kriesler, faut que ce soit présenté avec humour et raffinement, tu nous fais ça pour bientôt, l'ambassadeur en a besoin". Et je ne suis pas homme à laisser les ambassadeurs dans l'embarras.

Quoique.

Enfin, le problème était que j'étais en train d'essayer de faire un article pour une semaine thématique sur un site où vous pouvez peut-être encore vous inscrire deux notes plus bas, semaine consacrée à l'érotisme absurde (j'ai pas réussi). Du coup, ça a influencé mon discours qui se voulait sérieux et sophistiqué. Tant pis, je vous l'inflige quand même.

 

**********************

 

 

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chers amis,

 

Je voudrais tout d'abord vous remercier d'être venus en si grand nombre assister à ce concert organisé avec enthousiasme par [insérez ici le nom du responsable], que je remercie par la même occasion. (pause applaudissements)

 

La musique, comme un philosophe l'a sans doute dit quelque part à un moment ou à un autre, est ce qui distingue l'homme de l'animal. Certains argueront que ce n'est pas toujours pour le meilleur, rappelant Woody Allen et son célèbre « Quand j'entends du Wagner, ça me donne des envies d'envahir la Pologne », mais nous ne sommes pas ici pour faire du mauvais esprit. Nous dirons donc, comme le pensait cet hypothétique et fervent mélomane, que la musique est ce qui sépare l'homme de l'animal dans le bon sens, vers un esprit de partage qui ne saurait que le grandir.

 

Car oui, la musique, plus que tout autre art, est un art de partage. Partage entre les artistes que sont le compositeur, l'arrangeur, l'interprète, et bien sûr le public averti que vous êtes, vous, auditeurs à l'oeil brillant, à l'oreille attentive et au téléphone portable soigneusement configuré en mode veille.

 

Ce partage, nous allons le célébrer sous peu dans la joie. Comment pourrait-il en être autrement, quand tout récital est la célébration d'une union tout aussi profonde qu'un mariage consentant, et qu'en plus le couple d'aujourd'hui s'allie sous les auspices d'aussi dévoués et talentueux entremetteurs que sont Mozart, Glück, Fauré ou Bach (je passe les autres sous silence, non pour leur manquer de respect, mais bien pour vous laisser la surprise, d'autant que si vous êtes comme moi, leurs noms vous évoqueront plus des marques de voiture de luxe que les géniaux artistes qu'ils furent) ?

 

Ce soir, en effet, est consacrée l'union parfaite entre le piano, guidé par les mains sûres aux doigts agiles de [censurée] et la flûte animée par le souffle ardent de  [censuré], un duo admirable qui donnera à cette nuit de noces musicale le caractère impérissable que seul permet un long et charmant entraînement.

 

Loin de moi l'idée de décrier les charmes rudes des concerts philarmoniques, mais ils m'ont toujours paru trop proches de l'orgiaque pour me mettre tout à fait à l'aise, bousculé que je me sens par la frénésie qui emporte toujours une meute de plusieurs dizaines d'instruments, fussent-ils contrôlés par l'agile baguette d'un chef qui m'apparaît toujours trop petit et trop loin pour maîtriser quoi que ce soit. Je ressors toujours de ces démonstrations brutales avec la tête qui tourne et la démarche un peu flageolante, épuisé et quelque peu déboussolé, me demandant ce que j'étais venu faire là.

 

C'est pourquoi je préfère et préfererai toujours la délicate alchimie entre deux instruments maniés avec tendresse, et parmi tous les duos possibles, je préfererai toujours celui entre la profonde majesté tellurique du piano, avec ou sans queue, pondéré par l'agilité féline des trilles flottantes d'une flûte phallique, légère et aérienne. Les écouter se parler, se répondre, entremêler leurs voix pures m'emplit régulièrement d'un ravissement que je ne trouve nulle part ailleurs.

 

Mais je parle, je parle, je m'enflamme, je m'excite, et j'en oublie d'en venir aux faits. Mesdames et messieurs, veuillez accueillir chaleureusement les deux artistes qui ont accepté de s'exhiber devant vous ce soir malgré leur modestie.

 

Applaudissez donc [censurée] et [censuré], venus nous prouver que la musique assouplit les moeurs !

 

Hmmm ? Ha, on me signale dans l'oreillette qu'elle est censée les adoucir. Je... Je suis confus. Veuillez oublier ce que je viens de dire et brûler les éventuels enregistrements. Et place à la musique !

 

Gageons que nos deux virtuoses sauront nous donner un plaisir intense avec leurs instruments !

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Samedi 17 octobre 2009

Cher papa, cher maman.

 

Ne vous inquiétez pas, tout va bien. On a eu quelques petits soucis avec le bouchon de purge du radiateur de la cuisine, celui qui est à deux mètres de haut, quand on a essayé de mettre de l'eau dans le circuit depuis la cave on a entendu un grand cri, parce que ça jaillissait du radiateur comme les grandes eaux à Versailles. Mais comme la cuisine est au rez-de-chaussée, on a pu tout sortir dehors facilement, même si on s'est un peu tout mouillés avec Christian qui était sur la table de la cuisine à essayer de boucher le purgeur et moi dessous à essayer de fermer le robinet d'arrivée d'eau.

Mais même si j'ai pas réussi, ça s'est arrangé dans la cuisine parce qu'on a pris un bouchon de purge dans la petite chambre en haut au deuxième étage pour le mettre dans le radiateur de la cuisine. Par contre, à ce moment, malgré le peu de pression, ça a commencé à couler du radiateur tout en haut. Du coup, on a mis un seau sous ce radiateur, et on a essayé de faire diminuer la pression que déjà il devait plus y en avoir beaucoup vu qu'on avait éteint la chaudière (enfin, mis en position été) en purgeant un radiateur du salon, mais comme le bouchon de purge était près du mur ça a coulé un peu par terre, mais comme le parquet est vitrifié on a pas eu trop de problème à serpiller tout bien sous le canapé (on a réussi à éviter de trop tremper le pouf) puis à aller se coucher parce qu'il était deux heures du matin.

 

Enfin, à presque aller se coucher, parce qu'on s'est rendu compte juste avant que le radiateur du deuxième coulait encore en voyant que le plancher du deuxième était tout mouillé et que ça coulait du plafond, du coup on a mis un autre seau au premier et un torchon dans le trou de purge du radiateur en haut pour canaliser la fuite vers le seau (sous le radiateur, pas sous le plafond). Pour que ça fasse pas trop de ploc-ploc bruyant dans le fond du seau, j'y ai mis une chaussette (une vieille et trouée), ça atténue bien le bruit.

 

En tous cas, ça a eu du bon, ça m'a donné un prétexte pour éviter d'aller au cours de chinois du vendredi matin. Parce que bon, non seulement j'avais pas fait mes devoirs, mais en plus, j'avais plus rien à me mettre parce que j'attendais le week-end pour faire ma lessive.

 

C'était pas forcément une mauvaise idée d'attendre, parce que sinon, généralement, j'oublie mes fringues dans la machine, et après elles sentent mauvais et c'est encore pire que quand elles sont sales. Mais finalement, c'était un peu une mauvaise idée quand même, parce que la machine à laver ne marche plus et que tout ce que j'ai de propre, ce sont quelques caleçons. Et j'ai même pas pu faire des courses de fringues propres parce que d'une je suis allé voir un copaing belge qui descendait sur Paris, de deux je sais pas acheter des frigues, et de trois de toute façon j'avais plus de sous (enfin, il me restait 22 euros sur mon compte, moins 10 de BD pour une dédicace de Frederik Peeters (hiiii) moins six de manger, et je veux pas dépenser ma pièce de cinq euros toute belle que j'ai eue à la Poste). Et le bouton de mon dernier pantalon propre vient de sauter. Enfin, propre. Je le porte depuis quelques jours, quand même. Je vais fouiller le bac à linge sale demain matin, tiens.

 

Bref.

 

Tout va bien. Je ne stresse pas du tout pour quoi que ce soit.

 

D'ailleurs, je ne stresse jamais.

Je sais en plus tout à fait positiver : la chaudière marche, on a de l'eau chaude, je dois avoir du parfum reçu il y a trois ou quatre Noël dans un coin, j'ai une dédicace sur Pilules Bleues, je viens de manger des crevettes, et quand je me mets dans mon lit, il chauffe super vite.

 

Ca pourrait être bien pire.

 

 

 

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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