Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 16:51

S'il y a une chose importante dans la vie, c'est la famille. Ha si. Et comme c'est dans le Nord que l'on sait, paraît-il, le mieux aimer sa famille (souvent une famille de chômeurs)(à vrai dire, je tiens mes connaissances sociologiques sur le Nord d'un camarade supporter du PSG), je suis allé dans le Nord, traîné par ma petite sœur et son copain, pour prouver mon amour fraternel à mon néo-lillois de petit frère en le virant de sa chambre pour le faire dormir dans son salon regorgeant de blattes (de belles grosses blattes. Au passage, j'adresse toutes mon admiration à sa dulcinée, parce que c'est pas toutes les gonzesses que je connais qui accepteraient un élevage de blattes siffleuses dans leur appartement, fût-ce dans un tupperware bien fermé, ni même de céder leur chambre à la belle-famille).

 

Hélas, trois fois zélas, nous ne pûmes passer autant de temps que nous l'eûmes souhaité en la compagnie dudit petit frère, car ce petit coyon avait des partiels à réviser, du coup on l'a souvent laissé tout seul pour aller admirer le cap Gris-Nez (c'est venteux et plein de touffes d'herbe semées de ci de là de crânes blanchis par les embruns, riant des morsures de la bise de leurs petites dents pointues)(bon, en fait, on n'a trouvé qu'un seul crâne), les oiseaux morts de Calais (Calais est truffée d'au moins deux oiseaux morts, que nous avons dûment pris en photo), ou les friteries de Lille ou de Bruxelles (frites tous les midis, et tartiflette deux soirs sur trois, le Nord m'aura pesé sur l'estomac).

 

C'était rien chouette.

 

J'ai également pu, lors de mon court séjour, constater que la tendance à discuter de caca n'était pas mon seul apanage dans la famille (hourra !). Je m'estime d'ailleurs, dans ce domaine, beaucoup plus délicat que d'autres, étant donné que j'ai, en ce qui me concerne, le bon goût de généralement réserver mes anecdotes à mon blog, que je ne vous force pas à lire pendant le repas. En tout cas, ces discussions autour d'une tartiflette (très bonne quoi que tu en dises, Céline) sur la forme idéale des cabinets ou la meilleure technique pour chier dans un pot de laboratoire m'auront édifié (on en apprend tous les jours sur les gens qu'on connaît depuis leur naissance) et rassuré. Par ailleurs, je commence à songer à scénariser une série télé autour de nos aventures intestinales familiales. Ce serait une grande époopée (ou épopet ?), pleine de diarrhées aiguës survenant sur un lit durant des révisions du bac, d'engueulades avec les laboratoires d'analyses médicales (« on vous avait demandé un échantillon de selles, pas d'urines ! » « mais ce sont des selles ! J'ai dû boire l'eau du fleuve parce que la pirogue ne pouvait pas supporter le poids de bouteilles !»), et, de temps en temps, des épisodes hémorroïdes. Je suis sûr que ça ferait un carton.

 

D'ailleurs, je ferais bien de m'y mettre de suite, sinon je vais me faire piquer l'idée. Cette note touche donc à sa fin. Over.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 12:42

Bon, je m'étais promis de ne pas rediffuser de vieux articles, mais je ne me suis jamais promis de tenir mes promesses. Et pour aujourd'hui, ça s'impose.Puis ça doit dater de 2007, ce machin.

 

 

 

 

Je le sens mal.
Il est avec une d’Elles. Je l’entends, de ma tanière, j’entends son timbre, plus aigu que le Sien. Elle rit. Généralement, c’est mauvais signe. Ca veut dire que ça va recommencer. Comme régulièrement. Je ne sais pas pourquoi Il m’en veut, je ne sais pas ce que je Lui ai fait. Mais je sais que je n’y échapperai pas. Une fois de plus.

Il a quitté son siège. Il marche. Elle est à côté. Je le sais, je le sens. Ca va recommencer.

On est arrivés à destination. Ca continue à discuter, puis les sons se font plus étouffés. Des bruits de succion. Ho non…

J’attends le bruit de fermeture à glissière. Zzzzip. Je me crispe. Réflexe conditionné. Combien de fois ai-je entendu ce son honni ? Une lumière m’aveugle soudain. A quoi vais-je avoir droit cette fois-ci ?

Mon Dieu, elle veut me dévorer ! Une bouche avide, aux dents blanches et luisantes de salive s’approche de moi ! Je me contracte de terreur, mon corps est tendu comme un arc, je tremble de tout mon être.
Elle s’approche, je sens son haleine chaude de prédateur, chargée de vapeurs d’alcool, elle se referme sur moi !
Je crois ma dernière heure arrivée.

Mais non. De sa lourde langue, Elle s’est contentée de m’enduire longuement d’une salive visqueuse. Je suis parcouru de hoquets de dégoût. Evidemment. On commence par une humiliation. Ils savent y faire…

Elle arrête. Serait-ce fini ? Déjà ? Je n'ose y croire...

Ho non ! Je Le vois venir !

Pas la cagoule ! Pas la cagoule de plastique !

Sourd à mes injonctions désespérées, d’un geste sec, Il m’enferme dans cette camisole odieuse, qui me compresse, m’empêche de respirer, et me fait subir le supplice de la caverne infernale : Il me plonge dans cette sombre fosse, chaude, moite, sanguine, m’en extrait, m’y replonge, violemment, recommence, encore et encore, jusqu’à la nausée, une nausée implacable et glacée qui me saisit au bout d’une minute de ce traitement inhumain.


La torture est tellement intense que, secoué de convulsions irrépressibles, je vomis d’un jet une substance visqueuse qui me brûle de l’intérieur. Je me recroqueville, comme un enfant, espérant que ça cesse, je suis vidé, je n’en peux plus, faites que ça stoppe, faites qu’il en ait assez…

Je crois qu’il a entendu mes suppliques…

Il bafouille quelques excuses. Comme d’habitude. Je ne Le comprendrai décidément jamais. S’Il regrette, pourquoi me fait-Il subir cela ?

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 12:42

Autant vous le dire tout de suite, j'ai longtemps été convaincu qu'il n'y avait pas de rock en France. Après tout, on n'a pas Liverpool ou Manchester, du coup, c'était pas étonnant qu'on n'ait pas les musicos qui en sont sortis.

J'avais oublié quelque chose. Si on n'a pas Liverpool, on a le Havre. Il fallait bien un cinéaste chelou finlandais pour me rappeler ça. Je parle bien sûr d'Aki Kaurismaki (j'ai oublié où il était accentué) et de son film Le Havre. C'est un bon film. Depuis deux jours qu'on l'a vu, avec mon popa, on n'arrive plus à ne plus se parler comme les acteurs qui jouent dedans (c'est à dire avec force politesse, une grammaire irréprochable et une diction élégante, qui nous font regarder de travers au rayon légumes du Cora)(oui, je vais au cinéma avec mon popa, quand il faut le remercier pour l'achat d'une demi-douzaine de bouquins au Gibert un vendredi après-midi. Depuis que je suis au chômage à la maison, j'ai l'impression d'avoir retrouvé mes douze ans, c'est merveilleux).

Mais je papote, je papote, et j'en oublie le sujet de mon article, à savoir qu'Aki nous a fait découvrir un vrai groupe de rock français des années 70, Little Bob, et en particulier son meneur, Little Bob, nom de scène de Roberto Piazza (on n'est jamais si bien français aux yeux des français que quand on est un fils d'émigré qui a réussi).

Je m'en veux de ne pas avoir connu Little Bob plus tôt, tiens. Mais bon, je n'ai pas le sentiment qu'il ait été particulièrement connu en France, même à sa grande (haha) époque. Apparemment, en revanche, il marchait bien chez les angliches, à l'époque où on idolâtrait Michel Sardou, C. Jérôme ou Abba. Je n'aime pas les anglais, ils n'ont pas de goût en matière culinaire et des mauvaises dents, mais faut reconnaître que musicalement, ils sont quand même un gros poil au dessus (ou l'étaient, du moins. Je le saurai quand j'écouterai ce qui se fait maintenant là-bas, c'est à dire dans une dizaine d'années au moins).

Mais trêve de blabla, écoutons du wock'n'woll ! Du bien gras, bluesy comme il faut. Yeah. Les Stones sont plus les seuls vieux ridés du rock.

 

(ça, c'est dans le film)

 

 

(ça, c'est dans les années 80)

 

 


 
 

 

Par Francis - Publié dans : L'antre de la Flagorne
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 11:42

 

Je vous le dis tout de suite, je ne suis pas du genre à m'enthousiasmer pour une série télé. Enfin, à part Community, Sherlock, the Office, Doctor Who, Arrested Development, Downton Abbey, Death Valley, Black Books, Misfits, the Wire, Firefly, Spaced ou encore Treme, parce qu'il faut reconnaître qu'elles poutrent un peu leurs mères, mais sinon, honnêtement, je méprise assez tout ce qui est diffusé dans la boîte à sotteries, et j'évite le plus possible d'en regarder pour pas avoir la cervelle qui fond (enfin, à part Castle, Life on Mars, Fais pas ci, fais pas ça, Battlestar Galactica, Breaking Bad, Carnivale, Chuck, Dollhouse, Eureka, Father Ted, Flight of the Conchords, Game of Thrones, Homeland, How I met your Mother, Jeeves and Wooster, Kaamelott, Louie, Lucky Louie, Mad Men, Modern Family, Once upon a time, Pushing Daisies, Scrubs, Six feet Under, HeroCorp, That 70s Show, the IT Crowd, Torchwood, Malcolm ou encore Better off Ted mais hé, je suis au chômage, hein, faut bien s'occuper, quoi, merde, y'a pas que le boulot dans la vie).

Donc, je n'aime pas trop les séries télé, et je serais moi j'éviterais au maximum d'en parler pour pas vous rendre plus bêtes que vous ne l'êtes déjà (ce qui, pour certains, est beaucoup), mais bon, en toute honnêteté, là, cette nouvelle série australienne, je ne pouvais pas passer à côté, car voyez-vous, mon background familial a nourri en moi un profond amour pour l'espionnage (mon papa est espion. Je vous l'ai déjà dit, non ? Enfin, je crois qu'il est espion. Il ne m'a jamais dit qu'il l'était, c'est bien ce que font les espions, non ?), et par ailleurs, la seconde guerre mondiale m'a toujours paru résonner en moi comme les trompettes de Jéricho. Cette dernière phrase ne veut rien dire, mais c'est parce qu'il me fallait un deuxième élément explicatif de mon intérêt pour cette série, qui se passe donc dans le milieu de l'espionnage durant la seconde guerre mondiale (et puis j'ai toujours eu envie d'avoir quelque chose qui résonnait en moi, ça fait quand même classe un peu).

Danger 5 (c'est le titre de la série) suit donc les aventures de 5 (ce sont les 5 dans Danger 5) espions alliés (les alliés, c'était bien les gentils, c'est ça ? Enfin, ceux qui tuaient les méchants à la mitraillette ? Je suis nul en histoire) qui déjouent les plans machiavéliques de l'hydre nazie, avec des mitraillettes. Il y en a un de chaque pays de gentils important : une anglaise, un américain, un australien, une russe et un européen, et ils vont mettre des bâtons dans les roues de l'hydre nazie avec toute la classe des espions, en buvant des martinis et en fumant des cigarettes et en tirant à la mitraillette, sauf que des fois, ça marche pas parce que Hitler a fait concevoir dans ses laboratoires nazis des femmes avec une peau en diamant noir qui résiste aux tirs de mitraillette. Ils ont trop la classe tous, surtout Ilsa qui peut dompter les babouins nazis mais pas que, Jackson qui fait des tours de magie avec ses cartes Stallion, et Pierre qui porte une moustache.

Enfin bon, là j'ai vu qu'un seul épisode, le seul qui soit déjà sorti parce que c'est diffusé à partir de février seulement, un épisode donc, qu'on trouve sur youtube en 5 morceaux, mais j'ai appris plein de choses sur les nazis et leurs expériences de nazis (ils ont même fait des babouins nazis), et c'est bien chouette déjà, et Hitler, c'est un salaud.

Bon, les effets spéciaux sont pas toujours super bien faits, mais pour une série australienne, c'est pas mal déjà, en tous cas les explosions sont mieux que dans Hartley, cœurs à vif.

Enfin, je vous en laisse seuls juges, avec le trailer suivant, qui est en anglais, mais ça va, on comprend quand même si on se donne un peu la peine.

 

 

 

Pour ceux qui n'en peuvent déjà plus, le premier épisode est là (bon, je vous mets seulement la première partie, après, vous vous démerdez)

 

 


 
 

 

Par Francis - Publié dans : L'antre de la Flagorne
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 09:42

Les chanteuses de musique populaires sont souvent des méchantes filles. Elles se maquillent comme des catins de Babylone, elles se font des tatouages de papillons comme de vulgaires bikers velus, elles portent des bottes comme des cowboys qui chiquent, elles disent des gros mots dans leurs chansons, et traitent les garçons comme des objets qui ne sont plus bienvenus anymore, qui servent rien qu'à kiffer la vaïbe, qui pleuvent alleluia, j'en passe et des meilleures.

Et nous les garçons, on aime ça, parce qu'on en a soupé de la princesse charmante qu'on attend en soupirant à nos balcons, on veut des bad girls qui viennent nous chercher à dos de dragon qui crache des flammes, ou, à défaut, à dos de moto avec un dragon qui crache des flammes peint dessus, avec de l'orange fluo, et qui fait ratatatatat avec le pot d'échappement qui crache des flammes et ça réveille nos parents quand on démarre avec leurs cheveux dans le nez qui sentent le shampooing avec adoucissant 3 en 1 et qu'on dit zut à la société en crachant sur le goudron chaud de l'après-midi, ouais.

Du coup, moi, une que j'aime bien dans les chanteuses, c'est la plus méchante d'entre elles, c'est April Smith. Déjà, parce qu'elle a le même prénom que la copine des tortues ninja sauf qu'elle s'habille pas dans un sac jaune, et ça, c'est trop la classe, parce que quand même quoi, la copine des tortues ninja !

Ensuite, j'aime bien aussi parce qu'elle est tellement méchante qu'elle fait des chansons avec des gens morts dedans, et que les gens morts dedans, c'est la classe aussi, comme les zombies, sauf qu'eux ils sont vivants en même temps et ceux-là, non, ils servent juste de vases et de mannequins pour essayer des habits et puis aussi ho non je peux pas le dire c'est trop beurk. Enfin voilà voilà, quoi.

Puis j'aime bien comme elle chante, aussi.

 

 


 

 

Et la plus méchante de ses chansons :

 

 


 
Par Francis - Publié dans : L'antre de la Flagorne
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 10:42

Je suis rentré du Sénégal il y a un peu plus d'un mois. Ça passe très vite. Et si on me forçait (je ne sais pas pourquoi on le ferait, mais on a parfois des idées bizarres, c'est connu) à tirer une remarque de tout ce que j'ai pu remarquer sur la France depuis que je suis rentré, c'est que bon sang, les gens, vous êtes quand même d'une tristesse assez effarante.
Vestimentairement parlant, j'entends. Les gens peuvent être tristes au Sénégal aussi, hein, il y a sans doute même plus de raisons de l'être là-bas, mais extérieurement, au moins, ils savent s'habiller un peu joyeux, alors que vous...

Je viens de faire un voyage en train, là. J'ai passé un moment sur le quai, à attendre avec la patience et la bonne humeur qui me caractérisent la venue de mon TGV, en regardant les gens. Hé bien, sur le bon gros paquet de gens que j'ai croisés à 21h à Lyon Part-Dieu, 90% portaient un manteau noir, marron, ou gris, 5% arboraient un blanc crème crasseux, et le reste était vêtu en tons variés de verts fadasses et de bleus passés. Il y avait peut-être une fille avec un manteau rouge, qui faisait un peu cochonne, mais à part ça, que du triste, du sombre, du morbide. Tu m'étonnes qu'on soit le plus gros consommateurs d'antidépresseurs, tu sors dehors, t'as l'impression d'être dans un cortège funèbre permanent.

Bon, quelque part, ça m'a un peu rassuré, ce spectacle lyonnais, parce que je craignais un peu que ce ne soit particulier à chez moi, vu que j'avais fait la même constatation quelques jours plus tôt en allant à la mairie refaire ma carte d'identité (parce qu'elle était toute périmée depuis un an, et ça me faisait un peu paniquer). Au bout de dix minutes à ne croiser que des gens en noir ou gris, j'ai failli embrasser un ouvrier qui retournait à son chantier et qui portait un gilet jaune fluo. Je ne l'ai pas fait, parce que le tartiner de la morve liquide qui collait les poils de ma moustache ne me paraissait pas une récompense très adéquate au remontage de moral qu'il m'avait offert à cet instant.

Je ne comprends pas ce qui peut bien pousser tout un peuple à une telle morosité vestimentaire collective. Parce que ça va chercher très loin, quand même, cette histoire : en septembre dernier, je me suis fait engueuler parce que j'avais commis l'impudence de mettre une belle chemise, cousue sur mesure et tout, mais qui avait le tort d'être verte, tenez, la voici :



(la cravate orange qui s'accorde si bien a été gracieusement fournie par un camarade que je remercie au passage. Et je ne suis pas gros, je suis juste un peu enveloppé. Et je préfère me flouter parce que là-dessus, on dirait que je suis chauve, alors que je ne souffre que d'une légère décadence capillaire frontale côté droit)



Et pour quelle occasion je me fais enguirlander comme ça, pour avoir refusé de souscrire au diktat de la tenue de deuil apparemment réglementaire ? Je vous le donne en mille : à un mariage. Je me suis fait engueuler par la mariée alors que j'avais fait mon possible pour égayer un peu son mariage tristoune (si tu lis ça, Laetitia : et pan ! Faut pas critiquer ma belle chemise au tissu choisi par mon ami Gauthier)

Le plus triste dans l'histoire, c'est quand même que c'est contagieux, tout ça : il y a quelques jours encore, je me parais d'un beau pull informe entre le rose et le violet (couleur de foie sain, si vous préférez), mais depuis, je me suis aperçu que je porte un manteau marron, un pull marron par dessus un t-shirt gris, des chaussures marrons, des chaussettes noires et grises, et un caleçon noir.

Allez, je me prends un Prozac.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 22:42

Chers amis,

c'est la fesse droite douloureusement lancinée par une sciatique issue d'une tentative d'excaliburage d'un sapin de Noël de son support que je reviens vous écrire aujourd'hui.

Mais si ma fesse me fait souffrir, ce n'est rien par rapport aux affres dans lesquels est plongé mon pauvre petit cœur, arraché depuis maintenant trois semaines à son confort africain.

 

Parce que oui. Je suis rentré. Pour de bon. Pour le moment, en tous cas.

 

La parenthèse sénégalaise s'est refermée, et déjà le sentiment est là que tout ça est arrivé à quelqu'un d'autre. Le salaire, le grand appartement, les pélicans, les vautours, le tieboudienne, tout ça n'est plus. C'est désagréable. Râlant, même. Foutrecul de pine à foutre, ça fait chier la bite, dirais-je si j'étais enclin à la vulgarité (mais je ne voudrais pas choquer ma manman).

 

Je n'ai plus comme souvenirs que quelques bouts de tissus, un vieux accroupi avec une pipe, un tableau de kung-fu, une tendance à ajouter Inch'allah à toutes mes phrases et des intestins déglingués. Je porte trois couches de vêtements, je retourne trois fois à la mairie pour rapporter les pièces manquantes à mon dossier de carte d'identité (à pied, avec une sciatique dans les fesses, dans le froid et tout).

 

Bon, un avantage d'être ici, c'est que je peux acheter des bouquins et des bédés. Faut bien qu'il y ait des avantages, hein ? Hein ?

 

Bon sang de bordel de putasse de foutre à cul, merde alors. J'étais pas si mal, là-bas. Plaignez-moi.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 15:42

Non mais franchement, il y a des gens, je vous jure. Aujourd'hui même, je me suis fait traiter, par la même greluche et sur le même statut facebook, de pauvre mytho et de feignasse, rien de moins.

Tout ça pour avoir usé du droit imprescriptible et inaliénable de tout citoyen de romancer sa vie pour la rendre intéressante au commun des mortels, qui a déjà son mur facebook saturé de nouvelles passionnantes, du genre « le chat de ma tante est resté trois semaines sur un arbre et il est pas mort, lol » ou « mon voisin fait du bruit, grrrr ».

Ainsi, j'avais informé mon public (qui me suit avec autant d'assiduité et d'amour sur facebook que vous ici) qu'un type voulait acheter les fringues que je portais sur une vidéo yourube, ce qui avait provoqué des réactions qui, si elles ne débordaient pas d'enthousiasme, n'en étaient pas moins intéressées (et inquiètes pour moi). C'était plus intéressant que si j'avais dit toute la vérité, qui était que un type voulait acheter les fringues que je portais sur une vidéo youtube, à savoir ma belle cotte Guy Cotten, jaune et luisante (que j'ai mystérieusement paumée depuis), non ?

 

Mais malgré ça, malgré mon inextinguible soif de vous apporter chaque jour sur facebook un peu de déridement de bon aloi, je me fais rembarrer par cette gonzesse. Qui me sort, en plus « t'aurais dû en faire une note de blog plutôt, XD »

 

Chiche.

 

Vous voulez de la note non romancée de ma vie quotidienne ? En voilà :

 

Aujourd'hui, j'ai acheté une malle. Parce que celle avec laquelle je suis venu, les douaniers l'ont pétée pour voir ce qu'il y avait dedans quand je suis arrivé, du coup pour repartir j'en ai besoin d'un nouvelle, alors je suis parti en acheter avec mon zami Gauthier. Mais d'abord on est allés à la gendarmerie, parce qu'il devait aller chercher une attestation de quelque chose, parce qu'il s'est fait cambrioler y'a pas longtemps, et une dame est venue quand on était garés devant la gendarmerie et elle avait des nougats sur la tête, et elle connaissait Gauthier depuis qu'il était petit, et elle m'a dit « il est très gentil, Gauthier, je le connais depuis qu'il est tout petit, il est trèèès gentil » alors je lui ai acheté pour 2000 francs de nougat, parce que j'étais bien d'accord, c'est pas tous les jours qu'on a des amis qui vous emmènent acheter des malles. Ensuite, c'est un gendarme qui est venu, et Gauthier m'a dit qu'il le connaissait depuis longtemps aussi, et qu'il était gentil, et le gendarme a dit « mais moins gentil que Gauthier », et j'ai dit que j'étais pas sûr qu'il était plus gentil, mais qu'en tous cas gentil c'était sûr, mais je ne lui ai pas acheté de nougat parce qu'il n'en avait pas sur la tête, il avait une casquette.

 

Après on est allés chez les parents de Gauthier parce qu'ils gardent ses moutons, qui n'ont pas grossi depuis la Tabaski, c'est pas bien, et j'ai discuté avec son papa, qui est très gentil aussi, on a parlé de réunions familiales et tout, c'était chouette, et après on est allés dans une rue où ils vendaient des malles. On avait mis au point un scénario et tout, enfin Gauthier l'avait fait, parce qu'il connait le truc, hein, on la lui fait pas, quand tu débarques avec un toubab dans une boutique, ils te parlent en wolof pour te proposer de l'arnaquer à deux, et si tu veux pas ils t'engueulent, alors on allait faire comme si j'accompagnais Gauthier pour autre chose, et lui il allait regarder les malles pour son ami Modou, et il me demanderait ce que je penserais qu'en penserait son ami Modou, et moi quand il m'a expliqué, j'ai dit mais je sais pas ce qu'il voudrait je connais pas ton ami Modou, c'était rigolo parce que je faisais le mec qui comprenait pas alors qu'en fait j'avais compris, parce qu'il avait déjà fait le même truc avec mon tonton, sauf que c'était pour du tissu pour ma tata, alors il disait pas qu'il venait pour son copain Modou, mais pour sa sœur, parce que son copain Modou doit s'en ficher un peu des tissus pour gonzesses, j'imagine.

 

Du coup on est allés dans cette rue et on s'est garés, et on est allés dans une boutique on a fait Salamalikoum au patron libanais, il nous a fait Malikoumsalam, et Gauthier m'a dit d'aller voir ce qui m'intéressait dans la boutique pendant qu'il regardait les malles, du coup j'ai fait semblant de m'intéresser à des frigos américains, y'en avait c'étaient des frigos de ouf comme dans les films américains et tout, mais je faisais le mec qui a pas besoin d'aussi beaux frigos et qui regarde les écrans plats de 212cm alors qu'il a pas plus les moyens de les acheter que les frigos qui font des glaçons au kilomètre.

Puis Gauthier m'a rappelé en me demandant si j'avais trouvé ce que je cherchais, et pour pas griller ma couverture j'ai fait non en haussant un peu les épaules, et puis on est sortis et les malles qu'il y avait étaient trop petites, alors on est allés dans une autre boutique et c'était pareil sauf que les frigos étaient moins gros, du coup on est allés dans une troisième et là y'avait pas de frigos mais des meubles en bois-plastique et j'ai traîné un peu en les regardant en faisant la moue un peu, et puis au bout d'un moment, je me suis rapproché de Gauthier et des malles et du type qui expliquait les malles à Gauthier et là il y en avait une pas trop mal, et là j'ai été un peu perdu parce que Gauthier avait dû oublier Modou et il m'a demandé si je pensais que ça irait à Luis la malle qu'il regardait qui était la plus grande qu'il y avait, alors moi j'ai pris mon meilleur air du gars qui s'en fout et qui veut juste se tirer, et j'ai fait « Pfouuu, mouais, sans doute. Elle est pas mal. » et puis il a négocié un peu pendant que je regardais des tricycles derrière et finalement le vendeur a dit qu'il pouvait pas aller en dessous de 40.000 et moi j'avais donné 30.000 à Gauthier alors il m'a demandé si j'avais des sous à lui prêter et j'ai fait ouais, pourquoi pas, et je lui ai prêté 10.000 de plus et là Gauthier il m'a impressionné et tout, il a demandé une facture au cas où Luis trouverait une malle plus grande et que je sais plus trop quoi, ça a trop bien brouillé les pistes, et il a expliqué que je venais d'arriver et que sans doute je devrais revenir pour me meubler et tout et tout, et il a dit qu'il faudrait pas que j'oublie que je lui avais prêté 10.000, et là j'ai fait « pas de risque que j'oublie, haha » alors qu'en fait Gauthier, normalement je lui dis « t'inquiètes, je te fais confiance, y'a pas de problème » et puis on a pris la malle avec le vendeur de malle qui était marocain en fait, et on l'a ramenée à la maison.

 

Et là, j'ai essayé de mettre dedans le tabouret en bois que j'ai acheté au mec qui vend des trucs en bois au porte à porte, et les tas de calebasses que mes parents ont acheté avec mes sous quand ils sont venus sauf une parce qu'il y avait des bananes dedans et que je savais pas où les mettre sinon, et du coup je me suis dit qu'avec les deux valises que j'ai et ce que je pourrai convaincre mon tonton et ma tata de prendre ça devrait à peu près le faire sauf peut-être pour les bibelots.

 

malle  

 

Là, c'est ma malle avec dedans le tabouret en bois et les calebasses que mes parents ont achetées avec mes sous. À côté, c'est la malle que les douaniers ont pété comme des salauds, et dessus y'a le ciré qui va avec la cotte Guy Cotten qui a tout provoqué.

 

Voilà. J'aurais pu parler de comment après on est allés acheter des bières pour quand mon tonton et ma tata viendront, et puis comment on est repassés chez les parents de Gauthier chercher la housse de sa voiture et puis comment après on est allés chez Joe, qui est le premier restaurant sénégalais à avoir fait des chawarmas ou peut-être le deuxième et comment j'ai pris un hamburger double mais c'était un peu trop et comment j'ai regardé dans le miroir et je me suis dit « tiens, je devrais me faire couper les cheveux », mais je crois que j'ai prouvé mon point : la vie non romancée, c'est quand même un peu chiant.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 15:42

 

Vous pensez que je vous délaisse ?

Ne dites pas le contraire, vous vous dites « pfiou, en ce moment, Francis, il nous délaisse. » Ce n'est pas complètement faux. J'en ai un peu honte, comme à chaque fois que je me dis que je vous délaisse, et que vous mériteriez un tenancier de blog plus méticuleux et probe. (Je dis ça parce que j'aimerais bien être probe, ça fait classe sur un CV.)

 

Mais rassurez-vous, vous n'êtes pas les seuls que je néglige comme mes vieux caleçons troués. Ca fait des lustres que je n'ai pas écrit à mes ex-camarades de classe, comme je m'étais promis de le faire avec la passion des siècles. Et à eux non plus, je n'ai plus envie d'écrire. Mais ce n'est pas pour la même raison. Je n'écris plus pour le blog parce que ma verve est molle, et que je n'ai pas envie de vous décevoir avec de la sous-note pourrite (désolé si c'est le cas ici). Et eux, mes amis, la couazi-chair de ma chair tellement qu'on a vécu ensemble de cours de science du sol et d'hormonologie de la truie, ben, ils n'écrivent plus non plus. Je crois qu'on n'a plus rien à se dire.

 

J'ai donc décidé de leur dire adieu, et de faire de vous, amis lecteurs, les témoins de ce renoncement. En plus, ça me faisait une note pour pas cher. Voici donc le mail que j'ai envoyé à mes amis les plus chers, en espérant qu'ils ne se perdent pas trop par ici (bon, doit y en avoir une qui passe de temps en temps, et encore, chuis pas sûr).

 

***

 

Mes amis. Mes chers, merveilleux, malheureux amis.

 

Regardons-nous.

 

Sur nos fronts encore purs, nos cheveux reculent, toujours plus loin, toujours plus haut sur nos crânes au sommet desquels, pour certains d'entre nous, une plaque rose commence à apparaître, chaque matin un peu plus large.

 

Nos seins, qui étaient si fermes, si exquis, de parfaits fruits défendus, que seules deux décennies de bonne éducation dans une culture de culpabilité judéo-chrétienne et de timidité maladive me prévenaient de leur faire pouet-pouet avec le doigt, nos seins magnifiques tombent, comme deux sacs de ciment, tombent et se flétrissent et se couvrent de vergetures.

 

Nos conversations emplies de passion sur des choses qui, je n'en doute pas même si je les ai oubliées, étaient passionnantes, et importantes, et belles, nos conversations ne portent plus que sur des commérages, des anecdotes amères sur le travail qui bouffe tout notre temps, ou, plus terrifiant encore, le petit dernier qui fait ses dents.

 

Aux coins de nos yeux se creusent, sous l'action inexorable des marteaux-piqueurs de la vie de bureau, de profondes pattes d'oies, sillons qu'empruntent nos larmes salées, qui coulent pour notre jeunesse perdue.

 

Aussi, mes amis, je crois qu'il vaut mieux que l'on ne se voie plus jamais-jamais. Afin que jamais ne périsse le souvenir de ce que nous étions, qui ne peut être que supérieur à ce que nous devenons.

 

Adieu, mes amis. Je vous ai tant aimés. Je chérirai toujours ce que vous avez été.

 

***

 

Et là, normalement, ils se jettent à mes genoux tout en pleurs pour me supplier de ne pas les abandonner. Je vous tiens au courant mais normalement, ça loupe pas.

 

Par Francis
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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 21:42

J'ai eu la joie, il y a quelque temps, de pouvoir vous décrire avec lyrisme les joies du pipi fluvial nocturne, à l'occasion d'une des missions de pêche scientifique dans la mangrove sénégalaise auxquelles je prends part trois fois par an depuis deux ans. Bien loin de moi l'idée que j'allais un jour connaître les affres de la courante en comité restreint.

 

Jusqu'ici, ces quatre dernières missions, j'avais tenu. Après une première tentative qui m'avait convaincu que le caca mangrovier n'était pas pour moi, je m'étais blindé les tripes à l'Imodium, et, hormis quelques épisodes gazeux à suspense – foireux ? Pas foireux? - ça avait tenu. Cette fois-ci, ça n'a pas pu.

 

J'aurais dû me douter que cette mission allait être pénible. Outre les trois tornades qui ont bousculé le bateau la première nuit, j'avais été personnellement victime d'une attaque culinaire en la personne d'une saloperie de sauterelle dans mon assiette. Bien cuite. Et comme on mangeait dans le noir, j'ai pas été loin de ne pas la louper avec ma fourchette. Et le lendemain matin, rebelote : je prends ma baguette, m'ouvre une tartine et crac, une bestiole chitineuse noyée dans la mie. Deux plaies d'Egypte en une nuit, ça commençait fort.

 

Et donc, c'est gastriquement que ça allait continuer. Et psychologiquement, bien sûr. J'avais emporté de l'Imodium, bien sûr, mais cette fois, il ne pourrait rien contre l'implacable fermentation intestinale qui devait être la mienne, fermentation décuplée sans doute par l'effet de la chaleur absorbée au niveau de mon bob, transmise par conduction jusqu'à mes tripes innocentes, qui ont bouilli comme un chaudron de sorcière et produit une mixture jaune et molle excessivement encline à quitter cet environnement infernal.

 

J'ai tenu cependant, envers et contre tout, et réussi, en trois jours loin de toute gogue civilisée, à ne descendre à terre que trois fois. Trois épisodes d'intense embarras. La première fois, au moment de débarquer, je ne vis que trop tard la bouillasse infâme qui formait la grève, au lieu de l'habituel tapis de coquillages. J'ai failli perdre mes tongs, en ai pété une, me suis précautionneusement éloigné de mes compagnons (des hommes deux fois plus âgés que moi et qui ont manifestement su, au fil des ans, dompter leurs boyaux et leur imposer leur loi. J'espère un jour être comme eux), et, me camouflant derrière un buisson, me suis accroupi pour faire ma petite affaire. C'est là que je me suis rendu compte que non seulement mon bermuda ne tenait pas à mes genoux, mais que j'avais oublié qu'en extrayant mes tongs de leur gangue vaseuse, je m'étais salopé les bras jusqu'aux coudes, ce qui est inconvenant quand on tente d'utiliser du papier toilette. J'ai passé ma colère sur de malheureux crabes, qui se virent interdire la sortie de leurs tanières par des bouchons de papier sales, avant de revenir vers la pirogue, le bas de mon bermuda crasseux, en bafouillant « non mais c'est pas ce que vous croyez, hein ».

 

Ce fut le plus facile de mes étronnages de la semaine.

 

Le second fut sur l'ilot habituel. Mes compagnons ayant décidé avant moi de partir l'un à gauche, l'autre à droite, je dus prendre le chemin du milieu. Et plus j'avançais, plus je réalisai que c'était un chemin touristique, et qu'il n'y avait aucune issue à droite ou à gauche, et que j'allais soit faire le tour de l'île et tomber sur un de mes vénérables collègues, soit devoir me résoudre à m'exécuter dans un coin peu abrité. Ce que je fis, avec les coups d'oeil furtifs et inquiets d'un petit animal traqué. Personne n'est venu. J'ai quitté le baobab de mon forfait comme un voleur, et trouvai des graines épineuses accrochées dans mes poils jusque deux jours plus tard.

 

Le dernier de mes étrons terrestres fut déposé au bord de l'eau, après une course épique contre la marée incluant un passage rampé sous un arbre et un à moitié dans la flotte. J'arrivai enfin dans un espace hors de vue de tous, entre deux Rhizophora, constatai une fois de plus qu'on fait toujours caca plus loin qu'on ne le croit, me fit racler le popotin puis le dos en me relevant par une branche malicieuse, paniquai à l'idée que je puisse m'être étalé ma propre substance sur mon beau t-shirt, l'enlevai pour vérifier (il était tout propre) fuis, puis le lancement de mes boyaux me fit faire demi-tour pour remettre une couche sur les coquillages, avant de rentrer pour de bon.

 

Ce dernier doublé sur la plage ne devait être que le prélude d'une longue, longue soirée. Parce que je n'osais pas demander à retourner à terre, j'ai dû, des heures durant, serrer les fesses contre les flèches qui me déchiraient le bas-dos, debout, serrant les dents, répondant à peine aux conversations auxquelles on tentait de me convier, parce que là-bas, au fond du bateau, là où se trouvent les toilettes (rappel : on parle de ça), il y avait en permanence trois personnes, le cuistot, avec une vue imprenable sur les lieux, le pilote (presque aussi bien placé) et un autre collègue assis sur la glacière derrière laquelle se trouve le paravent derrière lequel se trouve le harnais. Bon sang, que ces heures furent pénibles.

Puis, enfin, quand tout le monde se mit à table (cinq mètres plus loin), je pus enfiler ma lampe frontale (il faisait nuit), m'armer de mon rouleau de pécu, et me caler la corde derrière le dos. Imaginez-vous le pauvre Francis, fléchi sur ses petits genoux fragiles, suant pour ne pas perdre l'équilibre et passer à la baille, sa lourde panse inconfortablement pressée contre les cuisses, le t-shirt coincé derrière le harnais pour éviter tout accident, la tête au niveau des genoux, les fesses blanches au-dessus des eaux noires, lâchant de sonores, misérables et interminables crépitages avant de se vider de quelques grammes de matière organique, à peine de quoi fournir le dîner d'une petite famille de tilapias.

Je me relevai stoïquement sur des jambes flageolantes, me dirigeai vers la table en attendant des commentaires entendus qui ne vinrent heureusement jamais, et, après avoir avalé une demi-douzaine de raviolis, repartis dare-dare à l'arrière pour expulser le placenta. (haha, non. C'était encore du caca.)

 

Je passerai sous silence la nuit et le voyage de retour sur des routes cabossées. Qu'il me suffise de dire que les deux furent longs et douloureux.

 

A l'heure qu'il est, je suis chez moi, j'ai mal aux fesses, et je suis allé me vider plus de fois que je ne saurais compter. Et je n'ai que du sopalin.

 

Je suis un putain de martyre.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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