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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 23:36

Une fois de plus, je reprends la plume pour ressusciter temporairement ce vieux blog qui traîne sur les internets depuis maintenant dix ans. Putain, dix ans. Ça en fait, des mois. On pourrait même les compter, si on voulait s'en donner la peine, mais le temps passe si vite, est-ce bien raisonnable de le dépenser à chercher à compter ce genre de choses ?

 

Je ne sais plus ce qui est raisonnable. Je sais ce qui serait raisonnable (chercher un emploi rémunéré des millions, afin d'avoir des millions d'argent à dépenser), mais entre ce qui serait raisonnable et ce qui est raisonnable, c'est à dire raisonnablement atteignable dans l'état de décrépitude intellectuelle et morale dans laquelle je me trouve, il y a un monde. Du coup, je donne dans le déraisonnable et j'écris une note de blog, au lieu de traduire un livre qui ferait un tabac dans le monde des amateurs de livres mal traduits (enfin, médiocrement traduits. J'en fais toujours trop dans l'autodépréciation, je le sais, c'est un travers qui m'a été insufflé par ma maman, qui m'a raté. C'est elle qui le dit. Mais en fait, je crois qu'elle était juste énervée à ce moment-là, et j'étais assez vieux pour comprendre ce qu'elle voulait dire et ne pas mal le prendre, mais je suis encore assez jeune pour essayer de la faire culpabiliser avec ça, elle est forte pour culpabiliser, c'est un autre travers qu'elle m'a refourgué, alors que mon papa, lui m'a fourgué un gros nez. Je ne sais pas à qui je dois en vouloir le plus. Fin de la parenthèse.)

 

Je ne sais plus où je voulais en venir, et j'ajoute donc cette phrase, qui n'a pour autre but que d'essayer de me donner une contenance en cherchant si je voulais vraiment dire quelque chose, ou si je voulais juste essayer de voir si j'arrivais encore à faire une note de blog parce que je ne me décide pas à laisser ce blog se périmer comme ça. Ne serait-ce qu'en souvenir du copain qui m'a encouragé à faire ce blog et qui n'est plus là pour le lire. Ça n'a pas beaucoup de sens, je m'en rends compte maintenant, mais bon. C'est comme ça.

 

Je ne sais plus quoi dire. C'est frustrant. Je n'ai même pas de bonne histoire de caca à vous raconter, on a racheté du pécu avant-hier avant de tomber en rade, c'était très bien organisé. Enfin, on, je veux dire mon coloc temporaire, un brave garçon malgré ses défauts, en premier lieu, celui d'être lactose-intolérant, ce qui m'empêche de faire mes bons veloutés poireaux-pomme de terre, parce que je mets du lait dedans. Mais il m'offre des distractions bienvenues, qui font d'excellentes anecdotes facebook, comme celle que je racontai il y a quelques jours, quand je lui ai appris qu'il y avait du beurre dans le lait. Hahaha, on a bien rigolé. (mais c'est un mec intelligent, à part ça, hein. Plus que moi. Le genre d'enfoiré qui reçoit des coups de fil pour lui offrir un job pendant qu'il est en entretien d'embauche au CNRS. 'foiré.)

 

Hélas, il repart tout bientôt, et ne suffira donc pas à fournir une note de blog en entier. Mondre de merdre. Où va-t-on. Je vous le demande. On peut plus faire confiance à personne.

 

Halala. Encore une note de blog qui n'aura eu ni queue ni tête ni sujet ni complément ni rien. Je crois que c'est tout ce que je sais faire. Et ça n'est même pas valorisable dans un CV. Si c'est pas malheureux. Si le monde n'est pas mal fait. Halala. J'en radote, encore et encore. Je me demande si je ferais pas mieux de ne pas publier cet article, vu que celui d'en dessous est meilleur, tiens. Ça gâche. J'aime pas gâcher. Mais bon, je le fais quand même, parce que je m'ennuie.

 

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 13:05

Francísz Barbapúsz

28 rue V**** C******

94*** A*****

06 ** ** ** **

francisz.barbapusz@gmail.com

 

 

A******, le **/02/2016

 

 

Objet : Offre d'emploi pour le CDD de ma vie

Référence : bliblup blobloup

 

 

Madame, monsieur,

 

c'est le coeur empli d'une joie indicible et battant comme les tam-tams des cannibales dans les profondeurs inscrutables des forêts de Nouvelle-Guinée que j'ai pris, bien tard il est vrai, connaissance de votre offre de CDD.

Croyez-vous en la destinée ? Car votre annonce est tombée dans ma boîte mail comme un cheveu d'ange dans la soupe aux vermicelles sans vermicelles qu'est ma vie. Je ne vous le cacherai pas, madame, monsieur, j'étais, jusqu'ici, dans une bien triste posture : je vis seul, dans la grande maison vide et poussiéreuse où habitaient mes parents, avec Noix de Coco, la peluche léopard qui m'accompagne fidèlement depuis mes six ans. Il y a quelques semaines encore, Mademoiselle Trotte-Menu, la petite souris qui grattait sous mon lit, me tenait également compagnie, mais, dans un moment de cruauté qui ne me ressemble pas et que j'impute au manque de sommeil, j'ai mis une tapette sous mon sommier, avec un petit bout de tome de Savoie. J'aime à croire que sa fin fut rapide (et heureuse, c'était une excellente tome de Savoie de Monoprix qui m'avait coûté un bras), mais je n'en ai pas moins des remords, car il faut se rendre à l'évidence : Mademoiselle Trotte-Menu avait confiance en moi, et j'ai trahi sa confiance. Mais, grâce à elle, j'ai grandi, et j'ai appris : je ne trahirai pas la vôtre. Ensemble, nous pouvons changer ma vie, en combler le vide, tout en comblant vos attentes.

 

Car j'en suis sûr, madame, monsieur, je suis l'homme qu'il vous faut. Les compétences que vous demandez, je les ai. Ça, pour les avoir, je les ai. Maîtrise de l'anglais, bim, boum, je suis traducteur à mes heures perdues, j'ai trois livres anglophones de traduits à mon actif, deux ouvrages pornographiques, et un sataniste. Capacité à travailler en équipe, pif, pouf, je n'ai jamais supprimé un seul des mes deux cent contacts facebook, c'est dire si j'ai la diplomatie qu'il faut pour travailler en équipe. Prise d'initiative ? Bon, je vais pas vous mentir, de ce côté-là, c'est moyen. Mais je vous ai contacté sans que l'on m'y force, non ? N'est-ce pas là la preuve que je sais prendre sur moi quand il le faut ? Et pour ce qui est du reste, ça va. Faites-moi confiance. Je ne vous mentirais pas là-dessus.

 

Et l'expérience. Ne me lancez pas sur l'expérience. J'en ai des paquets, d'expérience, des paquets, que dis-je, des tombereaux ! Mon existence est un charnier d'expériences qui ne demandent qu'à être rappelées à la vie par les missions que demandent le poste. Elles sont toutes sur mon CV, à l'exception de ce stage avec un de vos collègues dont j'ai un peu honte, mais il faut dire qu'on n'était pas partis du bon pied : je pensais être là pour le café et les photocopies, et j'ai dû faire de la déco et de la recherche sérieuse. Je mets ça sur le dos d'une communication bancale, due sans doute à son accent québécois auquel je ne parvenais pas à me faire, j'étais jeune et ignorant. Vous n'êtes pas québécois, dites-moi ?

 

Enfin, je cause, je cause, je ne voudrais pas vous donner l'impression que mes bavardages risquent de poser un souci au bon déroulement de mon travail : en face à face, s'il n'y a pas de sangria sur la table, j'ai tendance à ne causer à personne, et ainsi à ne causer de distraction à personne. Ne craignez rien, mon attention sera entièrement consacrée à mon écran d'ordinateur.

 

Je suis à votre disposition où vous voulez, quand vous voulez, pour un entretien. N'oubliez pas la sangria.

 

Bien cordialement,

 

 

Francísz Barbapúsz

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 20:42

Une récente discussion sur facebook m'ayant rappelé la misère (soigneusement entretenue) de ma vie sociale, j'en profite pour tirer un instant ce blog de sa torpeur béate.

Car en effet, je n'ai vu personne d'autre que des membres de ma famille (et associés) depuis bien quatre mois, à l'exception de collègues de bureau (que je n'ai pas vus depuis un mois et demi et la fin de mon contrat). Je suis bien parti pour battre mon record d'asociabilité (en fait, il est possible que je l'aie déjà battu, mais je tiens quand même à le faire aller le plus loin possible).

Car cette asociabilité me permet de cacher un grave défaut de ma personnalité : je radote. Je me suis découvert (ou plus exactement, on m'a gentiment signalé, à de nombreuses reprises) ce travers il y a quelques temps maintenant, et je ne peux rien y faire : les trente premières minutes de notre rencontre, je serai le plus charmant des convives, jusqu'à ce que j'aie épuisé la totalité de mes anecdotes et que je commence à tourner en rond, ce qui est pénible non seulement pour mon interlocuteur mais aussi pour mon ego. Je me verrai alors forcé de quitter brusquement notre conversation, avec mes cliques et mes claques, et de rentrer chez moi pour pleurer sous la douche en me reprochant le manque d'initiative qui fait que mon stock d'anecdotes est constitué pour la majeure partie depuis avant ma naissance, tandis que je n'ai su l'enrichir que par une ou deux touristas qui sont mon entrée en matière favorite dans les conversations.

Afin de m'éviter ces moments douloureux (ainsi que d'économiser sur la facture d'eau), j'ai décidé de prendre les devants et de tout vous révéler ici, ce qui me permettra, si jamais nous nous rencontrons, de me défaire de toute contrainte conversationnelle, et ainsi de me bourrer tranquillement la gueule et de vous écouter en hochant la tête de temps en temps. (ceci est non contractuel, je me réserve le droit de vous pointer du goulot de ma bouteille en disant « ha mais carrément ! » et en hochant la tête un peu plus vigoureusement si l'envie m'en prend).

Prenons les choses dans l'ordre :

1) D'après les recherches généalogiques de mon papy, je suis le descendant (sans doute un poil indirect) de Saint-Pierre. Ça claque, hein ? Bon, pas LE Saint-Pierre qui m'assurerait une place au Paradis, mais Saint-Pierre Fourier, 9 décembre, qui m'assure (ou à ma descendance, je présume) une place au couvent des Marguerites (ou des Oiseaux, je me souviens plus. L'un ou l'autre), ce qui est pas si mal. C'est un peu la classe, parce que c'était pas le dernier des salauds, apparemement, impliqué dans la promotion de l'enseignement des filles et des trucs comme ça. Ça impressionne, hein ?

2) Moins impressionnant, pour compenser les gentils, on a des méchants dans la famille : mon papy (encore lui) a retrouvé des protestants qui s'étaient exilés en Allemagne durant les guerres de religion, dont les descendants se sont vus anoblis, puis officiers dans la Wehrmacht. Pas glop. Pas glop non plus, les émigrés de la famille partis en Afrique du Sud, possiblement des tortionnaires de l'apartheid.

3) Une de mes préférées : si je suis né, c'est grâce aux maîtresses de Paul Claudel. Plus exactement, c'est parce que mon arrière-grand-père a pu divorcer en faisant chanter Paul Claudel. Plus exactement, il a dû embaucher un détective privé pour faire suivre Paul Claudel parce qu'il refusait de le divorcer d'avec la femme qu'il avait épousée et qui couchait avec un médecin de l'armée et qui en était tombée enceinte. Et c'était Paul Claudel qui devait prononcer le divorce parce qu'il était consul en Indochine et il refusait de le faire parce que sa religion lui interdisait mais finalement quand le grand-papy l'a menacé de révéler toutes ses maîtresses locales il a bien voulu le divorcer et du coup grand-papy a rencontré grand-mamy et paf, ça a fait des chocapic. Heureusement que la chair est faible.

Pour être honnête, celle-là, la tante qui me l'a raconté prétend ne pas s'en souvenir. Mais peut-être que ce sont les descendants de Paul Claudel qui cherchent à la faire taire.

4) En plus du couvent des Marguerites (ou des oiseaux), normalement, on a aussi droit à l'entrée gratuite à la tour Eiffel, parce que c'est nous qui avons fourni les câbles des ascenseurs. J'espère quand même qu'ils ont été changés depuis. Comme nous sommes des gens simples, on est jamais allés réclamer.

5) Mon grand-oncle était poursuivi par Al-Qaeda. Qui introduisait des rats chez lui. Par hélicoptère. (Alzheimer peut être drôle, des fois (mais bon, c'est rare quand même)).

6) J'ai été mordu au genou par un poney, une fois. Du coup, j'ai eu droit à un tour gratuit. Ce fut un des plus beaux jours de ma vie, loin devant

7) Mon premier (et jusqu'ici, unique) strip-tease en public sur la place de Cayenne. À cause des fourmis. Parce que je m'étais endormi sur une fourmilière. Et qu'elles me sont toutes grimpé dessus, avant de mordre toutes en même temps. Du coup, hop, strip-tease. Sans réfléchir. Mais bon, c'était moins pire que ma tata qui a eu une fourmilière qui lui est tombée sur la tête depuis un arbre pendant qu'elle aidait à trimballer une pirogue et qui a dû se désaper et se jeter à l'eau devant ses collègues ravis (j'en ai parlé avec un d'entre eux, il s'en souvenait encore après vingt ans).

8) En parlant de mes tatas, il y a une malédiction dans ma famille qui fait que toutes les filles perdent un bout de doigt : ma première tante dans un transat agressif, ma deuxième dans une manoeuvre sur un voilier, ma troisième en nettoyant un couteau, ma quatrième je sais pas comment mais ça lui est sans doute arrivé (elle a réussi à se couper la jambe en trébuchant sur sa charrue dans son salon, au grand désarroi de son assureur), une cousine dans une porte, sa soeur aussi (je crois), ma soeur aussi (je sais) et mon autre soeur dans le mixer, en poussant les poireaux. Le destin est foufou.

9) J'ai déjà eu des voeux qui se sont réalisés pour de vrai, une fois en lançant une pièce dans une fontaine à voeux (j'ai demandé un frère et une soeur et j'ai eu les deux d'un coup)(et normalement, ma mère était pas enceinte à l'époque)(ou en tous cas, j'en savais rien), et une autre fois en voyant une étoile filante, j'ai fait le voeu de trouver des coquillages fermés parce qu'il y en avait marre des coquilles vides, et la nuit même il y a eu une tempête qui a fait échouer des milliers de palourdes sur la plage, pour enchanter mon réveil (et empuantir la plage pendant des jours).

10) Je n'ai pas vraiment vécu de moment que je pourrais qualifier d'"intenses", mais ce qui s'en rapprocherait le plus, outre le coup de la tempête de coquillages, c'est cette occasion où, lors d'une mission de pêche scientifique dans la mangrove sénégalaise, j'ai été pris, durant le repas, d'une crise de tourista que des prises régulières et prophylactiques d'imodium n'ont pas suffi à réfréner. Et bien, se retrouver aggripé à la rambarde d'un bateau de huit mètres, les reins ceints d'un bout de corde, les fesses au ras de l'eau, et se vider bruyamment d'un liquide pâle et abondant à quelques mètres des collègues en train de bouffer, c'est une expérience qu'il faut vivre une fois.

Le problème est qu'étant donné la nature de la tourista, je l'ai vécue trois fois en vingt minutes. Heureusement qu'il faisait nuit et que la circulation autour du bateau était limitée.

(quand le pilote est à un mètre cinquante de vous, c'est également un peu crispant. Mais se crisper ne sert à rien contre la tourista. Ça régule un peu la pression du jet, c'est tout.)

11) Enfin, j'ai fait du chinois et du tricot. Mais je ne saurais pas dire "je fais du tricot" en chinois.

Voilà, vous savez tout de moi. Oui, c'est un peu triste. Nous pouvons donc continuer à ne pas nous voir. Nous nous en porterons tous mieux, j'en suis sûr.

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 10:42

J'ai fait la malheureuse expérience, il y a un couple de semaines de cela, de faire l'achat (dans une grande surface culturelle, évidemment. Préférez vos librairies de proximité, sauf celles tenues par des dames effrayantes entre deux âges) d'un livre auquel il manquait des pages, nommément l'Expédition du Kon-Tiki, de Thor Heyerdahl, publié chez Libretto. Si je me permets de citer des noms, c'est bien parce que cette triste affaire a connu un heureux dénouement, et que la suite contient de tels passages de lèche-bottage que je ne voudrais pas que vous vous méprisassiez sur l'objet de ces abjectes professions d'amour : c'est bien Libretto, et pas Harlequin. Mais j'anticipe.

Devant ce coup du sort*, je pris l'option la plus évidente, à savoir demander l'avis de mes amis facebook sur la marche à suivre. Il me fut répondu « mais bon sang, pourquoi que t'appelles pas l'éditeur, tête de nœud ? » Ce que je fis. Pas par le téléphone, bien sûr, étant toujours aussi téléphobique, mais par mail.

Mail que je vous cite texto ci-dessous, au cas où vous vous trouveriez dans la même situation que moi, et que ça puisse vous servir. N'hésitez pas, c'est gratuit, c'est modèle, et surtout, ça marche, j'ai reçu dans les jours qui suivirent une charmante lettre d'un éditeur de Libretto, suivie, quelques jours plus tard, d'un nouvel exemplaire de mon bouquin.



Voici donc (attention, mots-clés pour google) une « lettre-type de réclamation à un éditeur pour un livre présentant des défauts d'impression rédhibitoires »

 

 

Cher (chère ?) Libretto,

 

c'est le cœur plein d'amertume que je prends la plume pour t'écrire aujourd'hui. Je te suis depuis longtemps, te laisse me guider par monts et par flots, fidèlement, parce qu'il faut dire les choses comme elles sont, je t'aime. J'irais même jusqu'à dire que je te kiffe grave, Libretto, parce que tes livres sont beaux.

 

Tu peux donc imaginer la détresse qui m'envahit lorsque hier, dans mon lit, seul avec mon célibat, je saisis ma dernière acquisition, à savoir l'Expédition du « Kon-Tiki », de Thor Heyerdahl, et réalisai, arrivé à la page 192, alors que Thor et ses copains commençaient à s'ennuyer et à discuter de l'île de Pâques (aussi appelée Te-Pito-te-Henua, ou encore Rapa-Nui, ou encore encore Mata-Kito-Rani, mais je me doute bien que tu le sais déjà), qu'il me manquait la page 193.

 

Sapristi ! Me dis-je – je suis une des rares personnes à encore dire Sapristi, parce que je considère qu'il faut préserver ce patrimoine vocabulesque - Sapristi (j'aurais aussi pu me dire Palsambleu, mais je me suis dit Sapristi), voilà qui est bien fâcheux !

 

Attention, je ne voudrais pas que tu croies que je me contrarie pour si peu, hein ! J'ai juste froncé un peu les sourcils, comme ça. Mais je me suis rendu compte, très vite, que la page 193 n'était pas la seule à manquer à l'appel ! Il manque également la page 194, la 195, la 196, la 197, la 198, la 199, la 200 – alors que je n'aime rien tant que voir deux zéros en haut de ma page ! - la 201, la 202, la 203 (alors que je me suis laissé dire qu'elle était peut-être la meilleure du livre !), la 204, la 205, la 206, la 207, la 208, la 209, la 210, la 211, la 212, la 213, la 214, la 215, la 216, la 217, la 218, la 219, la 220, la 221, la 222, la 223 et la 224. Là, j'ai froncé un peu plus, et ça m'a fait éternuer.

 

Tu reconnaîtras que c'est un peu frustrant, alors qu'ils commençaient à s'embêter, et que sans doute il y allait avoir des scènes de promiscuité dans la cabine en bananier entre ces beaux messieurs blonds et barbus aux corps d'athlètes !

 

Du coup, au lieu de ça, j'ai dû refermer mon livre, et je me suis retrouvé des violons sanglotant monotonement dans mon cœur, ce qui ne l'a pas du tout bercé, parce que je n'arrêtais pas de me demander ce qui se passait entre ces fichues pages 193 et 224.

 

Mais ce matin, au petit-déjeûner, j'ai pris de grandes tartines d'espoir, et, sur les conseils avisés d'un tas d'amis facebook, je suis venu te voir. Te voir pour savoir. Te serait-il possible, ô beau Libretto, de faire quelque chose pour un fidèle entre les fidèles ? Je sais, je sais. Il n'est pas agréable de voir un inconnu s'amener devant vous et pointer qu'il manque des boutons à votre braguette. Je comprendrais que tu m'envoies paître.

 

Mais si l'on pointe ta braguette, c'est aussi pour que tu ne sortes pas la quéquette à l'air sans t'en rendre compte, Librettino mio !

 

Enfin. Si tu ne peux m'aider, je saurai prendre les mesures qui s'imposent. Je retournerai à ma librairie, dont j'ai malheureusement perdu le ticket de caisse, et je tenterai de lire furtivement les pages 193, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 200, 201, 202, 203, 204, 205, 206, 207, 208, 209, 210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, 219, 220, 221, 222, 223 et 224, à croupetons entre deux rayons, dans l'espoir d'éviter les patrouilles de la libraire. Sachant qu'elle porte un chignon serré et des lunettes à monture métallique, je ne sais quel sera mon sort si elle me surprend, et je préfère ne pas le savoir.

 

Je t'en supplie, Libretto. Ne me pousse pas à cette extrémité.

 

Grosses bises,

 

Francis B.

 

 

 

* en français dans le texte

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 00:42

-Ha, monsieur B., bonjour !

-Bonjour, docteur Blog.

-Vous êtes là pour votre bilan annuel, je suppose ?

-C'est cela même, docteur. Vous êtes perspicace.

-Je l'avais noté sur mon petit carnet. Alors, si je me souviens bien, la dernière fois que nous nous sommes vus, vous étiez rentré du Sénégal depuis cinq mois, vous étiez gras, célibataire, au chômage sans indemnité, et vous habitiez chez vos parents, c'est bien ça ?

-je n'aurais pu mieux résumer la situation, docteur.

-et depuis, racontez-moi ?

-beeeen... d'abord, je suis resté au chômage, hein. Puis j'ai pris des vacances avec la famille, vu un peu les petits cousins, tout ça, puis j'ai trouvé un boulot fin septembre.

-ha, bien ! Il vous plait ?

-Ça va, il est à ma portée, quoi. Je corrigeais des traductions de guides techniques en anglais, lisais des rapports, en copiais-collais des bouts dans une base, grosso-modo. Puis j'allais à des réunions avec mon petit cahier à spirales.

-Vous en parlez au passé, vous l'avez perdu ?

-Nan, pas encore, mais c'était un boulot de neuf mois, fin juin, je rentre chez papa maman. Et comme j'ai fini la mission principale pour laquelle j'ai été pris, je commence à y penser sérieusement.

-Ha, vous aviez quitté le domicile de vos parents, ça s'est bien passé ?

-Plutôt, oui. C'était à Nantes. J'ai un appart de 28m², que je quitte donc fin juin. Mais bon, j'y passais pas non plus tous mes week-ends, comme je n'avais rien à fiche à Nantes, je rentrais souvent faire ma lessive à la maison. J'avais bien une laverie automatique au pied de mon immeuble, mais je n'ai pas compris comment elle marchait, et l'éclairage était flippant.

-Vous n'aviez pas d'amis à voir à Nantes ?

-Si, si. J'en avais un que j'ai eu le temps de voir trois fois (dont une pour son déménagement) avant qu'il parte à l'autre bout de la France, et un autre est descendu une fois de Rennes, et on est allés voir des bateaux et des appâts de pêche japonais, c'était plutôt chouette.

-Ha, ça fait pas beaucoup, sur sept mois. Vous n'avez rencontré personne ?

-À part les collègues ? J'ai discuté sur le pas de la porte avec un représentant de France Loisirs, mais je crois que c'est tout.

-Mmmh. Ça fait pas gras, en effet. Et sinon, côté filles, ça se passe comment ?

-Ho bah comme d'habitude, quoi.

-Aïe. A ce point ?

-Ben... oui. Y'avait bien cette fille, une amie d'amis, qui était mignonne, intelligente, qui riait à mes blagues...

-Et ?

-En fait, on avait plus de points communs que je ne croyais.

-Ha ?

-Oui, elle aussi préférait les filles.

-PFFFRT. Excusez-moi, c'était nerveux, et totalement hors de propos. Je suis confus.

-Bah, vous en faites pas, à votre place, j'aurais sans doute la même réaction. Mais bon, comme on dit, [biiip] derrière l'oreille assure un bon sommeil.

-On dit ça ?

-Je sais pas. En tous cas, je dors très bien.

-Bien. Puisque vous évoquez la question de la santé physique... je note que comme madame votre maman me l'a signalé, vous êtes toujours d'aspect aussi flasque, voire peut-être plus, non ?

-Voui. Mais je me suis coupé les cheveux, du coup j'ai considéré que j'en avais fait assez pour mon apparence cette année.

-D'aaaaaaccord. Mais du coup, il y a des points positifs, dans cette année ?

-Ben, là, y'en a un dont je n'ai pas le droit de parler. Et sinon, j'ai acheté et lu des tas de bouquins et de Bds, c'est plutôt chouette.

-Bon, je crois qu'on a fait le tour. Ça vous a fait du bien ?

-Bah, ça a meublé un dimanche soir, quoi.

-Très bien. On se revoit dans 10 kilos... Pardon, dans un an ?

-Ha ha.

-Allez, au revoir, et bon anniversaire !

-Oh, ta gueule.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 22:42

Il fallait bien que ça arrive un jour : j'ai été tagué dans une chaîne par cubik. C'est flatteur, quelque part, ça veut dire que quelque part, fut-ce en Belgique, on se souvient de moi. Mais aussi c'est chiant, parce que c'est une responsabilité à laquelle je ne saurais me soustraire. Parce qu'internet, c'est un pacte : quand tu es tagué dans une chaîne, tu réponds. Sinon, bientôt, ça va être l'anarchie sur le web. Et qui voudrait de ça ?

Or donc, voici les règles de la chaîne :

 

Les règles du jeu :
- Poster les règles du jeu
- Répondre aux 11 questions
- Inventer 11 nouvelles questions
- Taguer 11 blogueurs et leur annoncer la nouvelle.

 

Allons-y donc gaiement pour les questions.

 

  1. 1. Quelle est selon toi la meilleure façon d'accommoder le chat ?

 

Je ne suis pas très cuisinier, hélas. Ce n'est pas faute d'avoir des exemples, voire des role-models tout plein ma famille, pourtant ! Ou alors si. J'ai tellement de personnes dans ma famille qui sont fichues de prendre des trucs pas bons de cantine (genre des courgettes, ou des petits pois, ou des steaks pour chiens) et d'en faire des trucs bons (sauf le steak pour chiens, parce que c'est dur d'enlever les petits os) que jamais je ne me suis donné la peine de tenter de faire la cuisine. La dernière fois que j'ai essayé, j'ai raté mes œufs au plat. C'est pas facile de gérer la cuisson, hein ! Le seul truc que j'arrive à faire, c'est la soupe. Je gère carrément la soupe. Soupe à l'oignon, soupe à la tomate, même harira, la tête de ma mère, alors que c'est plus compliqué, parce qu'il faut mettre la poudre dans l'eau et pas l'eau dans la poudre. Du coup, je pense que la soupe au chat serait la meilleure façon pour moi d'accommoder le chat. En plus, ça sonne bien, la soupe au chat.

Donc, pour faire une soupe au chat : prenez un chat de taille moyenne, de préférence celui de la voisine qui fait chier à miauler toute la journée, et cognez-derrière la tête avec un bâton. Si vous n'avez pas de bâton, attrapez-le par la queue, faites tournoyer et BING sur un coin de table. Epluchez-le et videz-le. Faites bouillir de l'eau dans une cocotte, mettez-y le chat, salez, poivrez, ajoutez un peu de bouquet garni, faites mijoter longtemps, c'est prêt. Mangez avec des patates.

 

 

  1. 2. Quel est ton pouvoir de mutant ?

 

Mon pouvoir de mutant ? Le pouvoir de mutant que j'ai, pas un truc que je voudrais pour espionner Scarlett Johansson nue sous la douche (fais pas attention, c'est pour faire remonter mes stats) ?

Alors là, tu me crois si tu veux, hein, mais j'en ai un top de chez top : je sens pas de dessous les bras. Du coup, je peux me laver une fois par semaine, personne remarque rien, sauf les cheveux gras. Et re-du coup, j'économise de l'eau et je sauve les ours polaires.

Et je trouve que c'est un peu la classe.

 

  1. 3.Tu as écrit une chanson pour Didier Barbelivien, quel est son titre et pourquoi ?

 

Ça ressemble plus à une affirmation qu'à une question. Alors maman, papa, non, c'est faux, je n'ai pas écrit pour Didier Barbelivien, je n'ai pas craché sur les valeurs que vous m'avez inculquées de longues années durant, je n'ai pas foulé aux pieds ces années d'éducation à grands coups d'Albert Collins, de Cesaria Evora et de Henri Des pour la vaine gloire de voir mes mots chantés par l'idole du petit Nicolas. Mais si je devais écrire une chanson pour Didier Barbelivien, ce serait sans doute une ballade romantique sur fonds d'ocarina qui s'intitulerait « Mon amour est une terre brûlée ». Et je l'aurais écrite pour l'argent et pour crier ma détresse à la face du monde.

 

  1. 4. Pour quel blogueur/blogueuse changerais tu d'orientation sexuelle ?

 

Alors spontanément, je dirais Libon, comme ça. Parce que c'est un peu le mec qui a la classe ultime, qui sait aussi bien raconter les aventures de la mamie d'un lézard géant que réparer un lave-linge dont le posistop ne fonctionne plus. Mais en même temps, je m'en voudrais de briser un couple et de priver sa blonde d'un mec qui fait des tas de machins avec des trucs, surtout qu'elle aussi je l'aime bien et elle fait des chouettes trucs.

Du coup, je me rabattrais sur cubik, parce qu'il a quand même une putain de bibliothèque, et qu'il n'aurait pas de complexe pour appeler le livreur de sushis pour moi (je n'aime pas appeler les livreurs).

 

  1. 5. Quel est ton fromage préféré ?

 

Le Saint-Nectaire. Déjà, il a le plus beau nom des fromages, je trouve. Puis sous sa croûte noire et duveteuse, on trouve une pâte molle et parfumée que c'en est sûrement un péché que de mordre dedans mais c'est pas grave. Chaque fois que je vais chez papa-maman, je passe une bonne partie de mon temps à la cuisine, en laissant la porte du frigo ouverte pour me planquer, pendant que je me taille des tranches de Saint-Nectaire, pas trop fines sinon on sent pas le goût et pas trop épaisses sinon c'est trop vite fini. Purée, je me fais du mal, je vais me faire une tartine, je reviens.

 

  1. 6. D'où vient le vent ?

 

Réponse longue : alors il me semble que si je ne dis pas de bêtises, tu as par exemple le soleil, là, qui chauffe de l'air, au-dessus de la mer, mettons. Bon, ça te fait de l'air chaud qui monte. Puis là, il rencontre de l'air plus froid qui vient d'un peu plus loin, et genre, y'a baston, et puis t'as la force de Coriolis qui fait tourner tout ça comme une toupie d'air à cause de la terre qui tourne, et tout, puis y'a encore plein d'autres machins avec le relief et des trucs.

Réponse courte : des arbres qui éternuent (of course).

Réponse super courte : de mon cul. (lol)(en plus, y'a un jeu de mots, vous avez vu ?)

 

  1. 7. Johnny, Eddy ou Dick et pourquoi ?

Dick. Non pas parce que j'ai menti sur mon orientation sexuelle à la question 4, bande de coquinous, mais à cause de Mireille. (Connaissant cubik, il pensait à un autre Dick, mais je préfère le hollandais à cheveux au pseudo-rocker français d'où qu'il sort. Je vous ai déjà parlé de mon excellente éducation musicale?)

 

  1. 8. Tu proposes une série à HBO, quel est son titre, son sujet et son casting ?

Alors en fait, ce serait un truc un peu conceptuel, je ne sais pas si j'arriverais à le leur vendre, parce qu'il n'y aurait pas d'histoires de fesses dedans. Ce serait une adaptation de Jacques le Petit Lézard Géant, de Libon, parce que j'aime bien être cohérent, et aussi que ça me permet de pas avoir un casting énorme à gérer.

Ça s'appellerait Jacques the Little Giant Lizard, pour la touche frenchy. Mamie serait évidemment jouée par Maggie Smith. Jacques serait doublé par Bryan Cranston, mais juste doublé parce que sinon en fait ça sera une marionnette fabriquée par Jim Henson. Et Sam Lloyd, qui joue Ted l'avocat dépressif dans Scrubs, serait le scientifique dont j'ai oublié le nom qui recueille Jacques.

Y'aurait aussi John Goodman qui ferait un général, et Steve Buscemi sans doute un sous-fifre.

 

  1. 9. Quel est ton fantasme honteux (on le répétera pas) ?

Je... Je sais pas si je peux le dire.

J'aimerais bien faire l'amour avec une femme.

Mais chut.

 

  1. 10. Quel est le meilleur Expendable ?

 

C'est une question piège ? Parce que si un Expendable est meilleur que les autres, on peut plus s'en passer et du coup c'est plus un Expendable ? Non ?

Alors j'ai un peu honte, mais j'en ai vu aucun, parce que j'ai eu, en plus d'une excellente et louable éducation musicale, une toute aussi excellente éducation cinématographique. Je suis confus. Pfioulala.

Tu m'aurais demandé « c'est quoi le meilleur Kubrick », là j'aurais pu répondre (Shining, c'est le seul que j'ai pu voir en entier)(bon, à cause de ma voisine de stalle à la bibliothèque de l'Université Laval à Québec, mais ça compte quand même). Mais là, non.

  1.  

  2. 11. Tu m'aimes ? Pourquoi ?

Ho, ben ch't'aime ben, ouais. Parce que tu as pensé à moi pour ce truc, déjà, ça fait plaisir. Ha si, hein, c'est chiant de répondre, mais en même temps, on est là roooh, il a pensé à moi c'est trop chou je peux pas ne pas répondre quand même, et tout.

Puis tu m'as fait ouvrir un blog, et ça m'occupe bien depuis quelques années, aussi, et je t'aime pour ça.

Puis aussi tu m'as fait découvrir Detroit Metal City, et ça c'est bien chouette, aussi.

Du coup, avec tout ça, oui. Je t'aime.

 

(ma maman va faire une crise cardiaque. JE MENS sur ce blog, maman, je passe mon temps à mentir)

 

(et va pas t'imaginer des choses, cubik)

 

Bon, passons aux onze questions. Pour faire simple, je vais pomper sur celles que j'ai au-dessus, je suis nul en questions :

 

1 : On t'annonce que ton métabolisme ne peut plus supporter la combinaison saucisson/Prince de Lu. Auquel renonces-tu jusqu'à la fin de ta vie ?

 

2 : Tu es le nègre de Marc Levy. Quel est le titre de votre prochain roman, et de quoi parle-t-il ?

 

3 : Quelle est ta soupe préférée, culinairement parlant ?

 

4 : Quelle est ta soupe préférée, musicalement parlant (et dont tu ne voudrais pas que le monde sache que tu l'écoutes, parce que quand même, c'est la honte) ?

 

5 : Ça ne te gêne pas que je te tutoie ? Pourquoi ?

 

6 : C'est qui le plus fort, Dinophysis ou Myrionecta ?

 

7 : Tu préfères qui, ton papa ou ta maman ?

 

8 : Tu t'es rendu compte que j'avais pas d'idée pour plus de quatre questions ?

 

9 : Pourquoi regrettes-tu ton orientation sexuelle ?

 

10 : Si tu devais me résumer ta vie en douze mots, lesquels seraient-ce ?

 

11 : Si tu devais choisir entre Marc Levy et Guillaume Musso, qui épouserais-tu ? Pourquoi ?

 

Et maintenant, c'est le moment où je regarde dans mes contacts facebook si je connais des gens qui ont encore un blog. Ça va pas être de la tarte.

 

 

Du coup, je tague Cochon, la Polonaise, Yoze, et euh. Je connais pas beaucoup de blogueurs, en fait. CSS Panda, Le Chinois et Scarlett ont dit qu'ils allaient le faire, on va bien voir si c'est pas des foies jaunes. Pis bien sûr wawaa, que j'avais oublié dans les gens que je connais dont je savais qu'ils ont un blog.

 

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 14:42

J’aime bien la Saint-Valentin.


Mon célibat, rigoureux et prolongé, y est peut-être pour quelque chose. J’aime bien la saint-Valentin, parce que c’est un jour où je n’ai pas la moindre obligation de ne pas oublier de me souvenir qu’il faut absolument que je fasse quelque chose de gentil, contrairement à la fête des Mères, par exemple (où au jour de la coloscopie de mon petit frère).

 

C’est donc l’esprit libre que je peux me livrer à mes fantasmes de Saint-Valentin, car je suis, au fond, un grand sensible. Un romantique. Un Rodrigue. Ou peut-être pas, je ne sais si Rodrigue était romantique. Mais s’il l’était, alors j’en suis un. Je rêve de tendresse, d’amour pur et doux comme de la Soupline. J’en ai tout plein à donner, de la tendresse et de la romance et de la douce pureté. Mais personne pour la recevoir.


Personne d’autre que toi, lecteur, lectrice.


C’est donc le cœur battant comme un tam-tam dans ma poitrine que je m’adresse à toi, que je viens à toi t’offrir sur un plateau non pas mon cœur, qui est, comme dit plus haut, dans ma poitrine, mais mon âme.


Et comment mieux offrir son âme sur les internets que par un montage vidéo ?


Ainsi donc, voilà, pour toi lecteur, pour toi lectrice, mon cadeau de la Saint-Valentin.

 


 
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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 19:42

S'il est bien quelque chose de triste en ce bas monde, c'est de rentrer chez soi après une journée de travail, parce qu'on arrivait plus à réfléchir, et de se rendre compte qu'on n'a rien envie de faire en arrivant à la maison (en particulier le ménage qui attend depuis l'année d'avant).

 

Mais rien de rien, hein. T'es chez toi, tu regardes ton appart tout crade, la table qu'il faut essuyer, la vaisselle qu'il faut faire, la chambre qu'il faut ranger, la poussière qu'il faut balayer, et pffrrt. Tu te couches tout habillé sous ta couette, sans même éteindre la lumière (que tu as allumée parce que tu n'as pas ouvert les volets depuis des semaines, parce que quand tu rentres chez toi il fait nuit de toute façon).

 

Qu'est-ce qui peut te remonter le moral dans cette situation ? Un peu de statistiques descriptives, bien sûr !

 

Voici donc mes lectures de 2012 en chiffres :

 

(Je n'ai pas pris en compte les bandes dessinées, parce que je ne les ai pas recensées, j'ai un peu honte, mais c'est comme ça, ma bonne dame, que voulez-vous.)

 

J'ai donc lu en tout (à quelques bouquins près que j'ai pu oublier) 141 livres, ce qui fait 0.3852 livres par jour, ou un livre tous les 2.59 jours (tous les deux jours, quatorze heures, dix-sept minutes cinquante deux secondes), ou 2.71 livres par semaine. Je ferais bien les calculs sur le temps réellement disponible pour lire chaque livre en fonction de mes heures de sommeil et de mes heures de travail, mais ayant été au chômage une bonne partie de l'année, ça devient très compliqué.

 

Ces 141 livres sont répartis sur 74 auteurs (ou parfois, doublette d'auteurs), dont 48 ne sont représentés que par un seul bouquin.

Les auteurs les plus représentés sont Terry Pratchett, avec 14 livres (dont deux one-shot hors Disque-Monde), Alexander McCall-Smith, avec 12 livres (sur trois séries), et Jorn Riel, avec 11 livres (trois séries et un one-shot). Suivent ce trio de tête Nigel Barley, Bill Bryson et Orson Scott Card avec quatre livres chacun.

 

Sur ces 141 ouvrages, 99 étaient en français et 42 en anglais, ce qui nous fait du 70 % de français contre 30 % d'anglais. C'est un score honorable.

 

La répartition des genres se fait ainsi :

  • 30 romans réalistes (21%)

  • 22 livres de science-fiction dont 6 recueils de nouvelles (15.5%)

  • 21 polars (15%)

  • 18 ouvrages de fantasy (13%)

  • 15 essais (enfin, non-fiction non-scientifique) (10.5%)

  • 11 ouvrages autobiographiques (8%)

  • 11 livres pour enfants/ados (8%)

  • 7 ouvrages « scientifiques » (5%)

  • 5 romans de voyage (4%),

  • un recueil de mails.

 

En version camembert LibreOffice, ça donne ça :

 

graphe1

 

Et en colonnes, ça donne ça :

 

graphe2.jpg

 

Et on va s'arrêter là pour les graphes moches, en fait j'aime pas.

 

La question que je me posais principalement avant de faire cette étude portait sur mon taux de relecture. Comiquement, le score de relecture est exactement égal à celui de la lecture en anglais : 42 de mes lectures sont des relectures (donc, une fois de plus, 30%), pour 70 % de primo-lectures.

Parmi ces relectures, 11 sont de Pratchett (il en a sorti trois nouveaux cette année), pour au total 19 relectures de livres en anglais, soit 45 %.

 

Etant donné le score de Pratchett, le genre le plus relu aurait par conséquent dû être la fantasy, avec 15 relectures au total, soit un taux de relecture de 83 %, mais c'est en fait les livres pour enfants, avec 90 % de relectures (nostalgie, quand tu nous tiens) qui est en tête.

A l'inverse, je n'ai relu qu'une seule autobiographie, soit moins de 10 % de mes lectures. Ensuite viennent les essais, avec 13.3 % de relectures. Le roman réaliste s'en tire bien, avec 16 % de relectures seulement. Pour la SF, c'est moyen, avec 23 % de relectures, quand même.

 

Voilà voilà, c'est tout pour cette année. Pour la prochaine, j'essaierai de voir combien j'ai acheté de livres sur ceux que j'ai lus.

 

Pour ceux qui veulent des précisions sur les titres, vous n'avez qu'à être mes amis facebook. D'ailleurs, vous l'êtes sans doute déjà.

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 22:42

Vous n'êtes sans doute pas sans le savoir, les Jeux Olympiques (dits JO) s'approchent à grands pas. Et qui dit JO dit sport, et qui dit sport, dit triche, et qui dit triche, dit femmes. On se souvient du cas de cette coureuse sud-africaine, à qui on a ou n'a pas retiré sa médaille lors des derniers JO, je ne me souviens plus, parce que son taux de testostérone n'était pas très féminin, ou quelque chose comme ça. Si ça se trouve, c'était bien une femme. Mais peut-être pas. Toujours est-il qu'on l'a gaulée, ce qui est plutôt ironique si c'était bien une gonzesse.

Ce n'a pas toujours été le cas. On se souvient tous des nageuses est-allemandes, qui n'avaient manifestement de Frau que le titre. Mais il y eut des cas bien plus scandaleux. Je pense en particulier à cette gymnaste américaine des années 80, qui a réussi longtemps à tromper le public, qui ne savait plus très bien où il en était à l'époque, je ne sais pas si on peut lui en vouloir, le pauvre.

Mais aujourd'hui, il faut se rendre à l'évidence : Paulette Huntinova était un mec. Je vous jure. Jugez-en par vous-mêmes, avec la distance que permettent les années qui ont passé : sa grâce et sa tenue ne trompent pas : elle porte même une ombre de moustache. Et je dis ça sans sexisme aucun.

Un premier exemple à la poutre :

 

 


 

 

Au sol :
 


 



Et si vous avez encore besoin d'être convaincus, aux barres asymétriques :

 


 

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 20:42

À chaque fois que je me fais interviewer par un de ces innombrables magazines people, il est une question que la reportrice (c'est toujours une femme. Il n'y a pas de frontières au besoin de fouiner des femmes) ne peut s'empêcher de poser : « Mais enfin, Francis, vous avez tout pour vous : l'intelligence, la beauté, le talent, la barbe, comment se fait-il que vous soyez encore célibataire ? ».

Et derrière leur question, je lis celle qui ne dépasse pas leurs lèvres, mais qu'un coup d'oeil dans leur regard enfiévré rend évidente : « Hooo Francis, pourquoi pas MOI ? »

 

Pourquoi pas elles, c'est évident. Elles sont reportrices pour magazines people.

Mais pourquoi pas les autres ? Hein ? Hein ?

 

Aujourd'hui, en exclusivité, je vous explique le processus mental qui s'opère quand je croise une gonzesse potentiellement draguable (i.e., une gonzesse) J'aurais pu faire une flow-chart pour avoir l'air jeune et funky, mais j'ai la flemme.

Ce n'est bien sûr qu'un des nombreux flux possibles, mais il est assez représentatif.

 

 

1) Elle est jolie ?

-Oui : Étape mentale 2

-Non. Laisse tomber.

 

2) Elle a de jolies mains ?

-Ho non, elle a des ongles d'actrice porno / je sais pas, cette conne porte des moufles / des moches mains. Laisse tomber

-Ça va, ouf. Étape mentale 3

 

3) Oui, mais elle doit être bête. C'est sûr, à tous les coups, elle est bête, sinon pourquoi elle serait mignonne ?

-En effet, elle lit un Marc Lévy. Étape mentale 4

-Naaaan, elle a pas l'air bête, elle a des lunettes sérieuses et tout. Mais si elle était plus intelligente que moi ? Si elle lisait du Nabokov ou du Nietzsche ? Elle doit être insupportable dans la vie, en fait. Puis à tous les coups elle méprise la SF et la fantasy, et je supporte pas les gens qui méprisent alors qu'ils connaissent même pas. Connasse. Laisse tomber.

 

4) Oui, mais elle lit, et elle est mignonne, et c'est peut-être pour se moquer

Mais elle est habillée comme une nana de droite ! Étape mentale 5

Mais elle est habillée comme une nana de gauche ! Étape mentale 6

Non mais en fait, elle est assez canon pour que je ne puisse l'imaginer que sans vêtements. Étape mentale 7

 

5) Ho merde, à tous les coups elle doit jeter la croûte de son fromage et voter Sarkozy. Laisse tomber.

 

6) Ho non, si ça se trouve, c'est une militante insupportable genre ancienne de l'UNEF comme celles décrites par ma petite sœur, une qui se croit meilleure que tout le monde et se sent obligée de parler aux SDF dans le métro et de faire la leçon sur tout. Laisse tomber.

 

7) Si ça se trouve, c'est une fille bien.

- Ho putain, elle parle mal à la serveuse. Laisse tomber.

- Hé, elle a souri ! Elle a de belles dents ! Étape mentale 8

 

8) Oui mais si je l'aborde et qu'on discute et qu'on se trouve des points communs et qu'on se donne un rendez-vous et qu'on va ensemble manger des glaces et qu'une belle histoire commence avec du sexe dedans je devrais la présenter à la famille et si ils l'aiment pas ?

- Ho bon sang elle leur plaira pas ça sert à rien. Une gonzesse ne vaut pas qu'on se moque de toi dans ton dos comme tu le fais pour d'autres personnes de la famille. Laisse tomber.

- Mais si ça se trouve ils l'aimeront bien. Étape mentale 9

 

9) Oui mais du coup je dois la présenter à mes amis.

-Ho bon sang, ils vont faire des remarques comme sur les nanas que je convoitais à l'école et je vais me rendre compte qu'ils ont raison et je ne vais plus voir que ses tares et je pourrais plus la supporter et ça va finir dans le sang et les larmes. Laisse tomber.

-Haaa mais non, je ne suis pas si influençable ! Étape mentale 10

-Non mais peut-être qu'ils vont l'apprécier, hein, on sait jamais. Étape mentale 11

 

10) Ha ha. Laisse tomber.

 

11) Oui mais bon, cette fille, elle doit avoir des amis et une famille elle aussi.

-Ho bon sang, jamais j'aurais le temps de m'intéresser à SA famille et SES boulets, j'en ai trop chez moi. Laisse tomber.

-Non mais regarde-la, regarde-la ! À tous les coups, ses amis sont snobs et vont te juger comme les gros connards qu'ils sont. Et ses parents sont vieux, statistiquement ils votent Sarkozy, tu vas t'engueuler avec eux, ça va pas marcher. Laisse tomber

-Non mais si ça se trouve, ses amis et sa famille sont bien, après tout elle n'a pas l'air con elle-même. Étape mentale 12.

 

12) Oui mais du coup dans ses amis, il risque d'y avoir une fille plus sympa et mignonne.

-Raaah non mais c'est SÛR, elle aura une copine plus sympa et mignonne qu'elle, je ne vais plus voir que ses défauts, je ne pourrai plus la supporter mais au point où on en est j'ai trop investi dans la relation du coup je peux pas arrêter tout de suite je vais juste être chiant et ça va finir dans les larmes et c'est moi qui passerai pour un salaud alors qu'elle avait juste qu'à pas avoir des copines qui en valent douze comme elle et en plus sont à coup sûr meilleures au pieu. Laisse tomber.

-Je prends le risque. Étape 13.

 

13) Ha ha ! Nan, c'est carrément sûr qu'elle aura une copine plus mignonne. Laisse tomber, tu tomberas peut-être sur cette copine par hasard, et tu te seras évité d'avoir à lâcher la première.

 

 

 

 

Voilà. Et laissez-moi vous dire que si tout le monde faisait comme moi, on aurait pas tous ces problèmes de surpopulation.

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