Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

FIGB recrute




Recherche

2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 22:42

En relisant un peu mon blog (en fait non, en essayant de me remémorer ce que j'y avais fichu), je me suis rendu compte que si je donnais des conseils de lecture au moins deux fois, la seule fiche de lecture dont je me sois fendu concernait Marc Levy. Du coup, j'ai un peu honte, et je me suis dit "pourquoi ne pas parler d'un truc qui m'a plu en recyclant ce que j'ai écrit pour un autre site, hein ?", et je me suis dit "ha ouais, pas con", du coup, voilà.

 

S'il est une chose indubitable dans ce monde de machos, c'est que les gens rigolos sont généralement des messieurs. De braves messieurs, que j'imagine respectables le plus souvent, à l'anglicitude irréprochable jusqu'à la moustache cirée et au chapeau melon, et surtout qui sont immanquablement dotés d'un pénis et de la sempiternelle paire de coucougnettes qui l'accompagnent.

Des mecs, quoi.

Même en cherchant bien, on trouve peu de femmes ayant l'humour pour sacerdoce. On ne voit pas (enfin, je ne vois pas) au premier abord d'équivalent féminin aux Monty Pythons ou à Douglas Adams. Y'a qu'à regarder les H2G2, hein.

Je ne sais pas à quoi c'est dû. Peut-être au fait que les femmes sont là pour qu'on les fasse rire, afin de les coucher à moitié dans nos lits, mais qu'une femme drôle est vulgaire. Un bon exemple est Geneviève de Fontenay, la grande humoriste française, dont les traits d'esprits sont aussi dégoûtants que ceux de Bigard, que nul ne voudrait dans son pieu.

 

Mais il ne faut pas s'arrêter aux premiers abords, car au second, on peut trouver des perles, en fouillant les huîtres malodorantes de la littérature fantasy.

C'est le cas de Catherine Dufour (1).

Catherine Dufour est une écrivain française, qui longtemps refusa de publier ses textes, pour la bonne raison qu'elle les jugeait « très mauvais ». Beaucoup de gens n'ont pas cette pudeur (Marc, Guillaume, si vous me lisez, spécheule kassdédi).

Puis, dit-elle, elle découvrit Terry Pratchett, et décida que faire rire était une raison valable d'écrire.

En une semaine, elle avait fini Blanche-Neige = SS, titre explicitement pompé à Vuillemin (encore de la référence qui donne envie), qui allait se transformer en « Une cloche à fromage pour réception de huit cent personnes », jugé un peu long par son éditrice qui allait lui imposer « Blanche-Neige et les Lance-Missiles », premier tome du cycle Quand les dieux buvaient.

 

Autant le dire tout de suite, Blanche-Neige..., c'est un sacré bordel. Assez compliqué à résumer pour qui l'a abandonné (bon, perdu) au bout de la moitié, pour le finir deux mois plus tard.

Mais ce fouillis foutraque a quelque chose de jouissif.

Hommage appuyé et revendiqué à Pratchett, aux Monty Pythons et à Douglas Adams (on peut trouver pire comme maîtres), elle retrace l'histoire du monde depuis qu'il était plat (2), dans une uchronie foisonnante (c'est rigolo, c'est le mot utilisé en quatrième de couverture aussi, mais je l'avais trouvé en premier) de clins d'oeils (3), de références, et d'une invention langagière qui n'appartient qu'à elle.

Bon, ça vous dit pas vraiment de quoi ça parle...

A la base, mettons que c'est du conte de fées. On retrouve des personnages connus, Blanche-Neige, Aurore de Bois Dormant, Peau d'Âne, Dieu, Vareuse-Tagueule (enfin, le petit Chaperon Rouge), et ça commence par la fin du monde, parce que Dieu et ses anges sont devenus ivrognes par la faute de Bille Guette, qui voudra par la suite se débarasser des spectres qui auront envahi internet, en les convertissant de .spectr en .3d et en les faisant poursuivre par des meutes de PacMan, heureusement pour eux qu'Evariste Galois et les fées du Bois de Boulogne veillent...

Je saute des épisodes, pardon.

 

Alors, Blanche-Neige, après être devenue une abominable dictatrice...

Non, j'en dis trop.

Bon, alors, le couple formé par Peau-d'Âne et Cendrillon qui en avaient marre d'attendre le prince charmant battant de l'aile...

Non, ça va pas.

Alors, au tout commencement, il y avait un village gai et industrieux, peuplé d'êtres généreux et aimables, pourvu que vous soyez pas une saloperie d'étranger. Aïe, fils de Baffe, petit-fils de Ronfle, neveu de Bibron, Soluble et Perclus, cousin de Demi, Craspette, Liquette, Aufraise, Bedon, Arnica et Lampion, fait fortune dans la bière de saucisson des marais et...

Nan, ça explique pas vraiment.

 

Bon, je crois que je vais abandonner l'idée de raconter l'histoire, je ne parlerai donc pas de la fille du père Noël, des gragons ou de Mismas l'écrivaine fantasy auteur de Le Dit de l'Epée du Démon Blanc. C'est trop bordélique.

Mais on s' y retrouve quand même, c'est ça qui est fort.

En plus, c'est tellement savoureux qu'on peut se relire des passages trente six fois en continuant à se bidonner comme un pot de pétunias.

 

« Alors, j'y ai dit, à ma mère, que j'avais pas envie d'y aller, cause que ma grand', elle pique du menton et elle me fait faire sa vaisselle. 'lors a m'a dit :

-Et mon sabot dans ton cul, ça va t'y piquer ?

 et a m'a donné ce panier, là, avec du pain sec pour l'âne à ma grand', pis j'y ai dit :

-Pis si je rencontre un loup ou un linsk, hein ?

 alors a m'a dit :

-T'y fous un peu de ce poivre dans la truffe, ça ira bien.

 et a m'a donné ce sachet de poivre, alors j'y ai dit :

-Pis si je rencontre le monsieur tout velu qui me dit des cochonceries ?

Alors a m'a dit :

-Ca te fera l'occasion de t'instruire, pour une fois.

 et a m'a donné ce petit pot de beurre, alors j'y ai dit :

-Pis si je rencontre un korrigan ou un elfe noir ?

 alors a m'a dit :

-Tu t'démerdes.

 alors j'y ai dit :

-Pis si je croise un ours, hein ?

 alors a m'a dit :

-Ben là, tu l'as dans l'fondement

 alors j'y ai dit :

-Pis si je...

 alors a m'a dit :

-Ta gueule !

Et a m'a foutue dehors, dites donc ! »

 

Et je passe le don qu'elle a pour les petites phrases définitives suintantes d'un cynisme de bon aloi, et les myriades d'expressions plus inventives les unes que les autres.

Non, décidément, Catherine Dufour, c'est du bon. Et elle doit être inspirée par de la bonne.

 

  1. Mais pas que : en réfléchissant un peu, j'ai trouvé aussi Nathalie Dau, qui dans un recueil de nouvelles intitulé [Pro]Créations, a été la seule à me faire rigoler avec une histoire de paternité chez des elfes de Wow, alors que les mecs me déprimaient plutôt, même Yoze.

  2. jusqu'à ce qu'il devienne rond, tout à fait rond, rond du dessus et du dessous en plus de rond dans les coins

  3. Putaing, quelqu'un qui a lu le Pays des 36000 volontés, ça se respecte, ça.

  4. Ha, et sinon, les infos que je donne imprudemment sont intégralement issues du bouquin.
Repost 0
27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 21:42

S'il y a bien une chose dont j'aurais du mal à me passer, c'est de marcher. Ca me prend comme ça. Généralement, sans élément déclencheur, y'a pas de préparatifs compliqués, si j'ai des chaussures et que l'envie s'en fait sentir, j'attrape mon blouson et je sors. Parfois avec une destination vague, rarement la même, aller à la Vache Noire ce soir, le mois dernier à la Tour Eiffel, quand j'étais à Rennes aller au centre-ville ou à la gare, le long du Léguer pendant un stage, le long de la mer pendant un autre... Et je marche. J'avale le bitume, je piétine les galets qui roulent sous mes pieds, j'écrase l'herbe rase, avec parfois un oeil pour le paysage, le plus souvent le regard braqué sur mes pieds. Des fois jusqu'au but fixé, des fois moins loin, des fois plus.

 

Une fois arrivé, souvent, je fais demi-tour et je rentre de suite, parfois je m'allonge, je sors un bouquin, je pose mes lunettes, je tente de dormir malgré les insectes. Globalement, mes randonnées ne servent à rien. Juste à marcher. Aucune pensée d'exercice physique là-derrière, si je veux faire du sport, je m'achète une Wii. Et je m'y refuse.

 

En fait, je ne sais pas trop pourquoi je marche. Souvent, c'est pour ne pas avoir à supporter les récriminations culinaires de mes colocs, mais pas forcément. Juste j'aime bien. Surtout le soir. Je pars tard, et je rentre au crépuscule, parfois plus tard. Des fois, je pars alors qu'il fait déjà nuit. Ca donne le temps de respirer (oui, même à Paris), de ne pas penser, et d'être moi-même, sans avoir à jouer le copain, le cousin, le frère, le con du net, n'être rien qu'un marcheur, vide. Personne. Perdu, et retrouvé (c'est beau comme du Marc Lévy, j'ai des pulsions comme ça des fois, un petit paragraphe de cliché pour midinette, pardonnez-moi). Perdu au sens propre, des fois.

 

J'aime bien quand je ne rencontre personne. Ce qui arrive souvent, vu que je pars tard, et parfois dans des coins paumés (oui, du côté du Sillon de Talbert, à 21 heures, y'a personne même en été, et encore moins dans la campagne lozérienne à minuit). Ca m'évite de lancer la boîte à fantasmes dans laquelle je fais preuve de super connaissances en krav-maga parce que tout passant est un agresseur potentiel quasi-ninja. C'est agréable sur le moment, les fantasmes de super-héros, mais après, j'ai honte d'avoir un cerveau formaté TF1. Je préfère donc avoir juste le vent, les nuages, les vagues (oui, là, tout de suite, la Bretagne me manque un peu. Un peu grave).

 

Avancer sans réfléchir, c'est bien, mais c'est pas facile. Au bout de quelques minutes, on se rend compte qu'on a fait le vide, et paf, les idées s'enclenchent, en général une idée, toute seule, qui tourne en rond en se répétant sur plusieurs tons. Pas très productif, pas même de quoi faire une note de blog, souvent. En fait, en règle générale. Sauf si je pars pour ça (ce qui est très rare, ouf. C'est arrivé il y a quelques jours, en rentrant de Paris à pied pour contrer la grève de RER, et en me disant que ça servirait à quelque chose de marcher, mais c'est rare rare rare).

 

Je ne fais pas du tout ça comme exercice physique, et pourtant, j'aime bien quand je le ressens comme ça. Quand mon t-shirt est collé à mon dos par la sueur, quand mes pieds râlent, quand mes genoux se mettent à ne plus vouloir se plier, et que je continue, moins vite, mais régulièrement. En lâchant entre mes dents serrées des petits râles de douleur, pour la forme, ça fait cow-boy blessé, j'aime bien.

 

Puis je rentre, et la magie disparaît, le monde réapparaît, Michael Jackson est mort, internet est passionnant, il faut penser à l'avenir et toutes ces sortes de choses.

 

Zut.

 

Bon, au moins, cette note de blog m'aura fait réaliser quelque chose : c'est quand même tout seul que je me sens le mieux.

 

Par moments.

Repost 0
24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 22:42

Ce blog étant lu par une tripotée de mères de famille dotées de progénitures plus ou moins insupportables (d'autant plus que certaines me battent à Mario Kart), la recette d'aujourd'hui sera parfaitement adaptées à une punition de môme momentanément pénible : j'ai nommé la soupe d'orties.

Ca convient aussi aux lecteurs nostalgiques de Valentine fait de la soupe aux orties, comme moi.

 

Prenez donc un môme pénible, et lancez lui un ultimatum : faire le ménage dans la maison ou récolter un tas d'orties pour la soupe.

Il en faut une bonne grosse brassée d'enfant.

 

 

Assurez-vous d'aller les lui faire chercher dans un endroit inaccessible aux chiens incontinents, par exemple un bosquet de ronces. Même si on lave les orties par la suite, il est plus agréable de se dire qu'on n'a pas fait une soupe d'orties au pipi de chien.

 

Installez votre môme sur un mur couvert d'aoûtats et faites lui couper les feuilles, et conservez les tiges dans votre table de chevet pour de futurs jeux érotiques avec votre régulier(e).

 

 

Consultez votre livre de recettes familiales pour la soupe d'orties et décidez de n'en faire qu'à votre tête et d'ajouter ce que vous voudrez aux 500 g de patates indiqués.

 

Si vous avez des radis qui traînent dans le coin, prenez-en les fanes, et lavez les.

 

 

Faites laver les orties par votre gamin, et faites les lui hacher assez fin. Vous pouvez vous occuper vous même de hacher finement les fanes de radis, et une tripotée d'oignons si vous connaissez un truc pour pas pleurer, sinon, il faut bien apprendre aux gamins un jour, et celui-ci est parfait (et s'ils râlent, menacez les de confisquer leur console).

 

Épluchez soigneusement quelques patates, genre une livre, ou alors une dizaine de pas trop grosses si vous préférez. Lavez-les, coupez les en morceaux, et mettez les dans une casserole d'eau (allez, mettons un litre cinq (1,5 L). Enfin, à peu près, quoi).

 

 

Faites revenir à la poêle les oignons, puis quand ils sont translucides, rehaussez le feu et ajoutez les fanes de radis et les orties hachées avec 50 grammes de beurre manié, si vous ne savez pas faire de beurre manié, demandez à Ginette Mathiot (si vous ne connaissez pas Ginette Mathiot, honte à vous, et faites fondre du beurre et ajoutez de la farine, de toute façon vu les quantités, ça peut pas faire foirer la recette).

 

 

Une fois que le beurre manié n'a pas cuit, car il ne doit pas cuire, et que les oignons et le feuillage sont bien revenus (je vous laisse le soin de trouver un jeu de mots foireux à adresser à votre enfant sur les plantes qui se sont pas enfuies, tout ça, il vous méprisera un peu, mais chérira le souvenir de la blague foireuse de papa/maman, on chérit tous les blagues foireuses de papa/maman secrètement). versez le contenu de la poêle dans la casserole avec l'eau et les patates.

 

 

 

Puis mettez à cuire cette mixture peu appétissante, en ayant rajouté du sel, du poivre et encore du poivre (parce qu'une soupe d'orties, il faut que ça pique).

 

 

Quand les patates sont cuites, c'est cuit.

 

Empoignez votre moulin à légumes préféré, et passez tout à la moulinette (prenez soin de mettre votre moulin au-dessus d'un récipient plutôt que, mettons, de l'évier). Rectifier l'assaisonnement, ajoutez de la crème fraîche.

 

 

Ne reste plus qu'à déguster.

 

 

Au cas où vous trouveriez ça vraiment dégueulasse, prévoyez de préparer quelque chose de bon à côté, comme par exemple deux jattes de moules à la crème ou au vin blanc accompagnées de poulets rôtis et de riz sauvage (si vous disposez d'un oncle qui ne peut concevoir un repas sans riz, comme le mien).

 

 

Repost 0
14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 20:42
En ce moment, j'aime bien mes rêves. Hier, j'allais chercher Michèle Alliot-Marie au Carrefour pour lui signaler qu'un serial-killer de huit ans décapitait des gens avec un couteau à beurre sur la plage.
Ce matin, pendant que mon petit frère nageait le 10000m dans un maillot une pièce à motifs vache trop grand, j'essayais de faire mûrir un oeuf de corrube dans un tas de réveils-matins au bord de la piscine.

Je me demande ce qu'en dirait Freud.

En fait, je m'en fiche un peu, je viens de faire sept heures de train, quatre de plus demain, plus du car avec de la chance, plus une heure de marche, ou trois si pas de chance, et je remets ça jeudi prochain, puis vendredi des heures de voiture coincé entre un ours et un psychopathe.
Finalement, j'aurais peut-être fait plus de kilomètres cet été que si j'étais allé en Chine.

Et je m'en fous si cette note est courte !
Repost 0
8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 20:42

Mes amis, si je vous ai négligés ces quelques temps, ce n'est pas uniquement parce que j'étais dans un pays reculé et hors du temps, à savoir la Lozère, où l'on peut encore trouver des rouleaux de linoleum commémoratif des congés payés mais plus difficilement une borne wifi. Non, si je vous ai laissés, c'est parce que j'ai vu la lumière.

 

La lumière du professeur Nicolas Capo, dévouvert au hasard de recherches d'images cochonnes dans les stands des brocanteurs de Langogne. Et donc, attiré par sa couverture prometteuse, j'ai acheté (enfin, me suis laissé offrir) « La Pratique Naturiste pour Vivre dans un Monde sans Maladie », dudit professeur.

 

 

Si je m'étais cantonné à la recherche d'images friponnes, j'aurais été bien déçu. Mais j'ai su voir par-delà ce manque, et ai plongé dans les profondeurs insondables de la sagesse du professeur, qui professe une saine haine de la maladie, qui, nous dit-il, est un délit qui salit la Morale Biologique, mais qui peut être facilement évité par l'expédient simple de la conformation à ses principes.

Et il en a beaucoup, pour notre plus grande édification. Des principes, je veux dire.

 

Et en particulier, la citrothérapie, car trop de gens ont peur du citron. Il le dit bien, le professeur. « Il y a beaucoup de personnes qui, rien qu'en entendant parler du citron ou seulement en le voyant, tremblent de peur ou s'énervent, il n'y a cependant pas de raison à cela et ce ne sont que de fausses appréhensions ». C'est une chose qui est trop ignorée, mais le citron est l'unique sauveur de l'humanité arthritique. Et pour celui qui ne craint pas le jus de ce grand ami de l'homme, « les fièvres s'en vont, la toux et l'asthme s'éteingnent, le rhumatisme, le lumbago, la néphrite, la sciatique et le diabète disparaissent, la syphilis, la sclérose du sang et l'insuffisance mitrale guérissent ! ». En bref, le citron détruit toutes les manifestations morbides de la malpropreté du sang. Les boutons sur la figure, le pus dans la naissance des dents, l'acidité gastrique, tout ça vient du manque abondant (oui, manque abondant) de jus de citron dans le sang. Par ailleurs, un bon massage oculaire au jus de citron vous libérera de tout souci de vue.

L'orange n'est pas mal non plus, vu que le professeur Capo liste 85 propriétés médicinales reconnues de ce fruit, depuis les propriétés sialologues et alexipharmaque jusqu'aux carminatives et anticuivrique (bientôt, grâce à l'orange, je serai débarassé de toutes ces disgracieuses taches de rousseur !)

 

Ensuite, l'héliothérapie. Il faut s'exposer environ sept heures par jour au soleil. Il ne faut pas avoir peur du soleil, c'est un grand ami de l'homme, mais il faut savoir le prendre. Un peu comme Dago, le chien de Claude dans le Club des 5, si j'ai bien compris.

Sans oublier qu'il faut se soucier d'absorber une grande quantité de vitamines radioactives dans des produits non-cadavériques.

 

Mais ce n'est pas tout. Les connaissances du professeur Capo sont immenses et couvrent un champ quasi-infini. Grâce au professeur, j'ai appris :

  1. -à faire des tisanes magnétiques et électriques.

  2. -que l'ail possède 89% (en kg) de propriétés chimico-acides et radioactives.

  3. -qu'il existait 27 formes de vomissements dûs au tabac.

  4. -l'usage de la quintuple négation (Voici ce qu'il ne faut pas faire pour détruire les causes qui empêchent de dormir : ne pas prendre de drogues dans aucun cas)

  5. -que la femme est un sujet intéressant d'actualité (dans le chapitre sur l'éducation biophysique féminine)

  6. -Et j'ai vu mes faibles notions de systématique être toutes bouleversées, en particulier j'ai découvert que les homards, les langoustes, les crabes, les écrevisses, les crevettes ou les coquillages étaient des reptiles. Enfin, à peu près, parce que les reptiles « proprement dit » sont les anguilles et les murènes.

 

 

Bref.

J'ai vu la Lumière, la Lumière de la Nature, ou Mère Hygée la Déesse de la Santé et de l'équilibre si vous préférez.

Et je ne peux que vous inciter, lecteurs maintenant éclairés, qu'à rejoindre notre combat !

 

Ainsi, nous autres intellectuels pourrons-nous aider à libérer l'humain vulgaire (99% de la population) du joug de la maladie ! Nous devons « créer une littérature nouvelle qui donne de la Grandeur et de la Noblesse à la Science Sublime, juste et parfaite de Darwin, Haeckel, Dalton, etc... La Science qui traite de la Sélection naturelle de l'espèce et qui travaille à rendre celle-ci plus saine. C'est pourquoi j'aime cette science. Car elle proclame que celui qui n'est pas sain n'a pas le droit de vivre, parce que le malade contamine les autres, il les salit et répugne à ceux qui sont sains. A cause de ses pestilences, de ses microbes, et de la pourriture de son sang et de ses tissus. Ce qui est sain, c'est ce qui convient à la Race. »

 

Et c'est grave important, une Race humaine saine.

 

Je vous laisse, je vais me faire une tartine de pain hélas non-dextriné et de pâté de cadavre non-radioactif d'animal répugnant (on a beau savoir que c'est mal, on ne peut pas toujours aller du côté de la Nature contre la sienne...). Avec un ti punch, parce que je n'ai plus peur du citron.

 

 

Repost 0
27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 19:42

De toutes les régions françaises, la Bretagne est sans nul doute celle que l'on pourrait qualifier de « favorite du ciel ». La preuve, il lui jouit dessus plusieurs fois par jour (1).

En effet, depuis pas loin de trois semaines que je suis là, je ne crois pas qu'il ait fait beau deux jours d'affilée. Et il y en a, des paires de jours d'affilée en trois semaines. C'est dire, donc.

Le temps étant à l'indécis fixe, il nous a été impossible de nous adonner à toutes ces joyeusetés normalement associées à l'été en Bretagne : pas de chasse au farouche bigorneau sauvage, pas de bains  de mer ponctué de petits cris efféminés « hi, hi, hi, elle est froide », pas de longue promenade sur les remparts de Saint-Jacut-du-Méné, pas de traque de crevettes entre les trous d'eau.

Du coup, les deux tantes acariâtres et staliniennes (2) chez qui je loge ont décidé de m'exploiter jusqu'au trognon.

Ca fait que mes après-midis, au lieu d'être dévolus à de douces séances de bronzette sur la pelouse avec un bon bouquin (3), se déroulent dans les maisons qu'elles ont achetées afin de les retaper.

Pas que j'y retrouve à redire, en fait. Retaper des maisons en Bretagne, c'est plus gratifiant que de bâtir des châteaux en Espagne (4).

Me voilà donc contraint à transporter des plaques de plâtre de trente kilos (c'est chiant à faire passer par les escaliers), tailler des plaques de plâtre au cutter, raboter des plaques de plâtre, poncer des plaques de plâtre, couper des montants métalliques et des fourrures à la grignoteuse, enlever des mèches de perceuse, aller chercher des machins dans la maison d'à côté par laquelle on accède par le placard au fond des chiottes, visser des vis dans tout ce qui peut se voir percé par des vis, poser des tapis de laine de verre urticante partout où il faut isoler (là, on devrait pas entendre dans les chambres les gens qui font caca, même si les murs sont mitoyens avec les gogues), le tout en écoutant les dix mêmes chansons qui passent en boucle sur MFM depuis trois semaines parce que c'est la seule station qu'on reçoit correctement.

 

Mais, malgré tout, à mes moments perdus, car il se trouve que je perds des moments, des fois, quand on en est à l'électricité et que j'ai rien à faire parce qu'on peut pas être à trente-six sur un escabeau avec des tournevis et des dénudeuses à fil, je peux prendre le temps de faire de l'art.

Et donc, je laisse parler mon tempérament d'artiste, que mes parents ont cherché à brimer en moi depuis ma plus tendre enfance, et que j'ai longtemps dû refouler par peur des sarcasmes maternels qui accompagnèrent chacune de mes tentatives de cadeau de fête des mères (5).

 

C'est bien malheureux quand même, parce que j'ai découvert qu'à l'aide d'un simple cutter, d'un bout de tuyau à eau potable et d'un peu de talent, je pouvais faire un magnifique ressort à boudin (6), fixable au bout du doigt pour faire comme si on avait des doigts de déesse comme dans Yakitate Ja-Pan.

Mais mon grand-oeuvre est plus audacieux formellement.

Réalisé avec des rejets de montants métalliques, de rails et de fourrures, à l'aide d'une grignoteuse, d'un machin à faire des trous et d'un peu de simple force brute, voici le clou de ma future exposition au Grand Palais :

 

Machin n=°1

 

 

 

Vous pouvez faire vos offres d'achats.

 

  1. 1. Hop, voilà de quoi faire remonter mes stats

  2. 2. Bon, en fait, l'une est anarchiste mais reçoit des tracts trotskystes, et l'autre préfère regarder le tour de France et reçoit Tennis Magazine

  3. 3. Pour être tout à fait honnête, j'ai essayé une fois, et je me suis retrouvé des fourmis plein le T-shirt. Et elles mordaient, les salopes. Du coup, je suis rentré, et dix minutes plus tard, il pleuvait.

  4. 4. C'est pas beau comme du Marc Lévy, ça ?

  5. 5. Je dis ça parce qu'il paraît que ma maman me lit. Coucou maman !

  6. 6. A vrai dire, je ne sais pas ce qu'est un ressort à boudin, mais ça sonne bien.

Repost 0
24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 11:42

Comme réclamé à corps et à cris par au moins une personne qui ne fréquente pas (que je sache) ce blog, voici une liste de lectures de vacances.

 

C'est quoi, des lectures de vacances ? Pour commencer, ce n'est pas chiant. C'est des bouquins qui une fois commencés ne vous lâchent pas, et tant pis pour la baignade. Parce que les vacances, c'est fait pour remettre à plus tard les baignades, puisqu'on a le temps. Puis qu'en plus, il pleut. (ha si, là où je vais en vacances, en tous cas, il pleut).

 

Ensuite, c'est des lectures qui font voyager. Comme la plupart le devraient, certes, mais plus. Parce que les vacances, c'est fait pour voyager, et la Bretagne ou la côte d'Azur, c'est bien (enfin, surtout la Bretagne), mais les vacances, idéalement, c'est fait pour aller très très loin. Bien plus loin. Et que pour ça, les bouquins, c'est moins cher que l'avion ou la MST (Machine Spatio-Temporelle).

 

Enfin, c'est des livres qui se relisent facilement, à chaque nouvel épisode de vacances, qu'on a plaisir à retrouver, parce que c'est fait pour ça, les vacances : relire éternellement les bouquins qu'on connaît déjà par coeur.

 

Allons-y donc pour une liste absolument subjective de bouquins qu'on peut qualifier de putains de chef-d'oeuvres de leur mère dans leurs genres, avec toujours de l'aventure parce que l'aventure est essentielle aux vacances (aux miennes en tous cas, et c'est ma liste), et que du bien écrit tant qu'à faire.

 

On commence par les lectures de grands, parce que c'est une grande qui m'a demandé, ensuite on passera à celles des plus jeunes, parce que je pense aux trois mères de famille qui passent par ici, et qu'il faut qu'elles donnent une éducation à leur progéniture, quand même.

 

Capitaine Hornblower de CS Forester (l'auteur d'African Queen, gars !) parce que ça, c'est LE bouquin que j'emporterais sur une île déserte. Pas forcément parce qu'il se relit bien (et il le fait, en tous cas je l'ai relu plein de fois), mais parce qu'il est consistant. L'intégrale en deux volumes doit approcher les trois mille pages, trois mille pages d'aventures nautiques passionnantes au sein de la marine royale anglaise du tout début du XIXème siècle, où l'on suit la carrière d'un anti-héros anglais (un apprenti officier qui a le mal de mer à l'ancre, un capitaine qui se marie par pitié avec la fille de sa concierge), ses exploits maritimes essentiellement contre la marine de Napoléon (sans que ça donne envie de grincer des dents comme le Mouron Rouge), ses missions diplomatiques... On ne s'ennuie jamais et les aventures sont variées comme tout, ce que j'ai lu de meilleur dans le genre.

 

Motel Blues de Bill Bryson parce que j'ai déjà dit pourquoi. C'est drôle, nostalgique, plein d'autodérision, et en plus on découvre les vrais USA qu'on voit pas dans les séries de TF1.

 

Rue des Maléfices de Jacques Yonnet, parce que c'est un voyage en immersion dans le Paris des bas-fonds des années 40, fantastique à de nombreux points de vue (les anecdotes et l'écriture).

.

Danse du Léopard de Lieve Joris parce que c'est ma tata du Sénégal qui m'a conseillé ça et que je lui fais confiance, même si ça lui a été conseillé par son libraire, je lui fais confiance. Un récit du retour de l'auteur au Congo, à la chute de Mobutu en 1997, qui vous embarque ; on n'arrive pas à décrocher, malgré le côté parfois effrayant ou complètement délirant de la description du nouveau régime. En même temps, on sent l'attachement de Lieve Joris au pays et à ses habitants. Et c'est écrit sans aucun paternalisme ni aucune volonté d'épargner qui que ce soit, ce qui est très agréable quand la dernière chose qu'on a lu sur l'Afrique, c'est Sambo le petit Noir au CE2 (je vous ai déjà parlé de mon instituteur pétainiste ?).

 

Les nouvelles de Saki, parce que c'est le meilleur de l'humour anglais, parfois absurde, parfois grinçant, parfois cruel (haaa, Sredni Vashtar le grand furet...), avec des personnages au flegme tout britannique, qui ont un talent pour remettre les gens à leur place, qu'ils le méritent ou non (Haaaa, Clovis faisant faire une cure d'agitation à un pasteur, lui faisant croire que l'évêque prépare un massacre de juifs dans sa propriété...), et des enfants tout ce qu'il y a de plus abominables et crédibles. Pour vous faire une idée, si vous comprenez un peu l'anglais, hop ! (essayez Sredni Vashtar)

 

Les nouvelles de Robert Sheckley parce que même si vous n'aimez pas la SF, Sheckley est un auteur incontournable, et ses nouvelles des modèles d'humour, de critique grinçante de la société, d'imagination, et d'humour (oui, il y en a beaucoup beaucoup). Les aspirateurs tombent amoureux des femmes, l'agence AAA Ace de décontamination planétaire fait face à ses terreurs enfantines, et l'Utopie n'est plus ce qu'elle était.

 

Le Vagabond des Etoiles de Jack London. Un homme, condamné à mort injustement, profite de ses séances de torture par le personnel pénitentiaire pour explorer ses vies antérieures, grâce aux conseils d'un de ses voisins de cachot, avec qui il communique par code tapé sur des tuyaux. Du grand London, loin des grands espaces de l'Appel de la Forêt, un pamphlet contre les pratiques carcérales qui fera changer les choses pour de vrai de vrai.

 

Europeana, une brève histoire du XXème siècle, de Patrik Ourednik, pour ceux qui manquent de temps, parce que c'est un tout petit livre, mais une mine d'informations un peu décousues (volontairement, hein) sur ben, le vingtième siècle. J'en parle plus là.

 

Des Fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes, parce qu'il faut bien citer aussi ce que je lis en ce moment (enfin, que j'ai lu). Un classique de la SF, où Charly, un gentil attardé (QI de 68) devient un génie grâce à une opération. Ecrit comme le journal de Charly, c'est très émouvant dans un sens non-mièvre. Mais c'est pas très gai (forcément, voir comment le pauvre crétin est traité par les gens normaux, et comment il le découvre petit à petit, et comment il est traité par les mêmes gens quand c'est un génie, c'est pas très joyeux).

 

Neverwhere, de Neil Gaiman. Parce que Neil Gaiman est essentiel, et que ce roman de fantasy urbaine est plus léger qu'American Gods, et puis parce que c'est mon premier Gaiman. L'histoire d'un type normal qui un jour, à Londres, sauve la vie d'une jeune fille, Porte, qui traîne dans la rue, pleine de sang, et qui a le pouvoir d'ouvrir des passages partout. Du jour au lendemain, la vie de Richard est bouleversée : plus personne ne le voit, il n'existe plus pour notre monde, son appartement est mis en vente, sa carte bleue ne marche plus... Il va partir à la recherche de Porte, dans le Londres d'En Bas, un monde féodal peuplé de mendiants et de créatures plus ou moins étranges et magiques, et va aider la jeune fille à retrouver les assassins de sa famille. C'est palpitant, magnifiquement écrit, les méchants sont ce qu'il se fait de mieux dans le genre, à ne pas rater.

 

Les contes de l'Oriel de James P. Blaylock. Parce que c'est de l'aventure fantasy plus style goguette que saga infernale, un rythme tranquille, un héros fromager, mais une histoire prenante quand même.

 

Naufragé Volontaire du docteur Bombard, parce que c'est non seulement passionnant mais utile, parce qu'on ne sait jamais quand on va se retrouver seul sur un canot au milieu de l'océan sans nourriture ni boisson.

 

Moonfleet de Falkner parce que les histoires de contrebandiers envoyés aux galères et qui partent chercher un trésor, on a rien fait de mieux pour passer des heures dans son lit la nuit avec une chandelle (préférez une lampe de poche) sous la couette, complètement oublieux que demain il faut se lever tôt pour aller à trois kilomètres chercher le pain pour toute la maisonnée.

 

Princess Bride de S. Morgenstern, abrégée par William Goldman. Parce que William Goldman a le don de nous emberlificoter dans son histoire qu'il aurait tiré d'un ancien roman, abrégé pour son fils, et qu'on s'attache presque autant aux péripéties qu'il aurait vécues en le lisant et en le réécrivant qu'à cette histoire qui comporte tout ce qu'il faut à une aventure de capes et d'épées et d'amour vrai : une jeune fille la plus belle du monde (malgré la concurrence), un amour disparu, des épousailles sans amour avec un prince cruel mais grand chasseur de tout ce qui bouge, un maître à l'épée espagnol alcoolique recherchant le meurtrier de son père, un homme à six doigts, un turc très très fort, un sicilien diabolique, des miracles au chocolat, une cape d'invisibilité et une brouette.

 

Voilà pour les plus grands. Y'en a pour tous les bons goûts (ha, si).

 

Passons aux lectures pour enfants mais pas que. Parce que la plupart de ces bouquins sont savoureux même pour les grands, mais que les lire quand on est petit, c'est encore plus magique. Mais il faut pas que ça vous empêche. En même temps, c'est comme le cinéma : on dit qu'on va voir Pokemon le film pour faire plaisir aux gosses, mais en fait c'est pour savoir jusqu'où ira Pikachu. Au pire, ça vous servira à faire des cadeaux aux neveux, nièces, fillots etc.

Allons-y :

 

Fantastique Maître Renard de Roald Dahl parce que c'est un des bouquins que je me suis le moins lassé de lire dans ma jeunesse, les aventures d'un renard, de sa famille et de ses amis pour échapper à d'affreux méchants qui veulent les tuer, et le récit d'un cambriolage de caves plus passionnant que Oceans Eleven et surtout plus appétissant. A proscrire entre les repas.

 

Le Cheval Sans Tête, de Paul Berna. Parce que c'est le bouquin de mes vacances, que je retrouvais chaque année en revenant à Bréhat avec toujours le même plaisir. Les aventures de gosses de prolos, après guerre, à qui on fauche leur jouet préféré, un canasson à roulettes sur lequel ils descendent en trombe les rues en pente. Entre le roman policier et le roman de société, un classique qui ne perd rien de vacances en vacances.

 

Le Club des Cinq en Vacances d'Enid Blyton parce que si Moonfleet c'est trop compliqué, faut pas passer à côté de cette aventure loin de Kernach, avec des phares, des passages secrets derrière des panneaux coulissants, des labyrinthes et encore des contrebandiers, et en plus un Dagobert clandestin.

 

Ma soeur est une sorcière de Diana Wynne-Jones. Parce que c'est une des meilleures romancières anglaises pour enfants de notre époque, et qu'en plus, ça se lit aussi bien adulte, les histoires de magiciens et d'univers parallèles et de soeurs abominables (je crois qu'on me l'avait offert pour son titre).

 

Moi, Boy de Roald Dahl. Parce que l'autobiographie du plus essentiel des auteurs anglais est essentielle, et qu'en plus y'a des histoires d'amputés, de nez coupés, de pension anglaise, donc des différentes races de distributeurs de coups de canne, et des rats morts déposés dans les bocaux de bonbons des affreuses vendeuses de bonbons et est-ce qu'elle est morte ? Du tout bon.

 

La pourpre du guerrier de Rosemary Sutcliff. Parce que les aventures d'ados handicapés (mais pas trop, hein) qui doivent s'intégrer, c'est mieux quand ça se passe durant la Préhistoire. Dans le même genre, parce que la Préhistoire c'est bien et que les vacances, c'est (si c'est bien fait) un retour à cette période (ben ouais, on passe son temps dans la nature quand on lit pas, on fabrique des machins avec du bois et on se lave pas), on rajoutera Le Silex Noir de Louis Mirman, parce que se battre contre les préjugés et tout ça c'est bien aussi et encore mieux en dressant des aigles et en découvrant des charlatans.

 

Voilà. Avec ça, vous devriez avoir de quoi faire. Puis sinon, vous avez qu'à demander. J'aime bien pousser les gens au vice.

Repost 0
20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 18:42

Après la cruelle constatation que ce blog devenait vachement axé sur la bouffe, jeme suis résolu, la mort dans l'âme, à me demander pourquoi diable, et si j'étais gay parce que bon quand même, c'est un truc de gonzesse les blogs de cuisine. Et j'ai une quéquette donc je ne suis pas une gonzesse. Et on m'a toujours bien dit "c'est les homosexuels qui font ces trucs de gonzesse", au moins jusqu'au CM2. Alors comme déjà je tricote et je tiens un blog, je me pose des questions, parce que bon, si j'étais gay, aurais-je le droit de continuer à mater les filles dans le métro ? Je ne connais pas les règles.

 

Donc. Auto-analyse, comme indiqué dans le titre, de pourquoi et d'où vient mon amour de la cuisine (catégorie arpette et dégustateur, mais bon).

 

J'ai passé une bonne partie de mon enfance au Maroc, avec une nounou marocaine qui nous a par la suite accompagnés en Tunisie et en France, et qui est la meilleure cuisinière que je connaisse. Ce n'est pas qu'un jugement personnel, une de mes tantes également excellente cuisinière reconnaît son talent supérieur, elle faisait d'une simple salade de tomates un mets de roi.

Et je suis un amateur de bonne bouffe.

 

Longtemps, j'y ai vu une simple conséquence de mon élevage, gavé que je fus de tagines de petits pois, de couscous et de harira.

Mais, aussi dur que ce soit à accepter, et sans lui retirer quoi que ce soit, je crois que mon amour de la bonne cuisine n'est pas à chercher par là.

 

Parce qu'en fin de compte, j'étais petit et con, j'appréciais autant les Frosties secs qu'un bon couscous, et je ne supportais pas la plupart de ses tagines (ça a changé depuis, hein).

 

Non, je pense que si j'aime la bonne bouffe, c'est grâce aux bouquins. Tous ces livres pour gamins dont j'ai été également gavé, et où la bouffe me paraissait d'une importance capitale.

 

Parce que c'est étonnant le nombre de livres jeunesse qui ne me restent en mémoire que par le traitement de la bouffe, aussi bien littéraire que visuel, qui me faisait saliver dans mon lit, sous mon lit, ou la tête en bas sur le canapé (oui, j'avais des habitudes de lecture un peu étranges quand j'étais petit).

 

Dès mon tout premier livre, le premier camping de Nahotchan, où la petite héroïne faisait cuire un plat de riz, j'ai été accroché.

 

L'île d'Adam (prononcez Adame, hein), un bouquin sans grandes ambitions littéraires (c'était dans la collection les Belles Histoires, je crois), est chéri dans mes souvenirs pour la seule raison qu'il y avait des petits fours à un moment de l'histoire, et qu'ils avaient l'air super bons, ces petits cubes avec un rond dessus (oui, même ça, ça me donnait envie).

 

Dans les histoires de la famille Souris, qui sont quand même relativement nombreuses, je ne me souviens sans effort que de celle où la famille va déterrer une grosse racine, avec laquelle ils vont faire de la purée, des frites, et plein d'autres trucs dont ils vont se bâffrer dans une double page somptueuse.

Des Turlutins d'Anne-Marie Chapouton, je ne me souviens que de la préparation de l'élixir de soleil.

Pareil, les monsieur-madame, je ne me souviens que de Monsieur Costaud qui mange plein d'oeufs pour être super costaud.

 

Je ne saurais plus trop vous dire le pitch d'aucun Club des 5, mais je me souviens de la soupe à la tomate de la tante Cécile.

Comme je ne me souviens d'une encyclopédie grosse comme ça que par la définition du plat le plus gros du monde : le chameau farci au mouton farci au poulet farci à la carpe.

 

Je ne parlerai même pas des livres de recettes de l'Unicef, dont je pouvais contempler les illustrations des heures durant.

 

Un de mes bouquins favoris entre tous est Fantastique Maître Renard, de Roald Dahl, qui est basiquement une description d'une chasse aux victuailles par des animaux traqués, qui vont piller les réserves de leurs chasseurs, les paysans Bean, Bunce et Boggis, le grand Bean qui ne se nourrit que de cidre (il est maigre et se cure le nez), Bunce le nabot de beignets de foie d'oie (ça lui donne des maux d'estomac et un caractère horrible), et l'obèse Boggis de trois poulets entiers rôtis à point à chaque repas, trois paysans dont les caves regorgeaient d'oies entières, de cruches de cidre, de poulets, et de légumes (parce que comme le disait le petit renardeau, il ne fallait pas oublier de nourrir la famille Lapin), que Renard et Blaireau ramènent au terrier collectif pour un festin de tous les diables. Qu'est-ce que j'ai pu le relire, celui-là. Avec toujours autant l'écume à la bouche.

 

Et je passe sous silence Valentine fait de la soupe aux orties (ça finit sur une orgie de crêpes Suzette), la Potion Magique de Georges Bouillon (quelle recette !) et tous les autres.

 

Ouf.
Mon amour des petits plats ne semble venir que d'une enfance sans amis. Me voilà rassuré.
Repost 0
18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 18:42

Ha, combien doux est le souvenir de la bonne confiture rustique de mamie, dégustée sur des tartines de pain épaisses comme une planche !

 

Afin de recréer ce souvenir proustien, tentons de faire une bonne confiture d'abricots à la mamie.

Les conditions extérieures ne sont pas à négliger : il faut de préférence commencer tard, alors qu'un crachin breton postillonne sa haine du genre humain sur les vitres de la chaumière encrassées par la poussière des temps et les chiures de mouches millénaires. Par exemple, prenons la maison de ma tata bretonne.

 

 

Si ça c'est pas du rustique, je sais pas ce qu'il vous faut.

 

Prenez des abricots fraîchement cueillis au Leclerc du coin. A la lueur vacillante d'une chandelle de suif, dénoyautez vos abricots (saisissez les fermement dans le sens vertical, poser les pouce joints sur la raie, et écartez violemment, puis arrachez le noyau d'un coup de doigt).

 

(pas d'image, ce site est respectable, nom d'une pipe)

 

Découpez chaque moitié d'abricot en quatre parties plus ou moins égales selon votre dextérité au couteau, et entassez-les dans un tupperware vintage. Vous pouvez chanter des chansons traditionnelles pendant cette phase, comme la digue du cul, ou Fanchon.

 

 

 

Si vous vous sentez des velléités d'expérimentateur culinaire, cassez une poignée de noyaux au casse-noix et mettez les amandes de côté pour les ajouter à vos abricots. Elles ajouteront une note d'amertume que certains apprécient (mon papy, par exemple)(non, mon papy n'est pas Marie Besnard, l'amande d'abricot n'est pas pleine de cyanure)(enfin, pas PLEINE PLEINE, mais y'en a quand même un peu, évitez d'en mettre plusieurs dizaines, quelques unes suffisent).

 

 

Pesez vos abricots. Notez soigneusement combien il y en a, et rajoutez les trois-quarts de sucre cristallisé. Trois-quarts de sucre par rapport à la masse d'abricots. Soit la masse d'abricots fois trois divisé par quatre. Pas compliqué. Mais il est d'usage de faire cinq fois le calcul, puis d'y aller vaguement au pif.

 

Ajoutez donc aux abricots la masse de sucre décidée (profitez-en pour être beau comme un Vermeer), et touillez avec une cuillère en bois.

 

 

Puis laissez reposer jusqu'au lendemain.

 

Prenez un bon bol de Chocapic, et allez constater que vos abricots ont rendu plein de jus, et que du coup, vous avez une soupe de morceaux d'abricots au sucre. Mélangez bien avec une cuillère en bois pour faire fondre le sucre au fond du pot, puis armez-vous d'un mixer à soupe et faites un velouté de vos gros morceaux d'abricots. Ca réveille encore plus que le petit déjeûner si votre mixer est du genre marteau-piqueur miniature.

 

 

 

Transvasez votre velouté d'abricots dans une bassine en cuivre, et mettez à chauffer à feu moyen. Une fois que ça bouillonne, baissez le feu et laissez cuire une heure à une heure et demie.

 

 

Arrêtez la cuisson quand elle est suffisante (il faut que la confiture fige quand vous en mettez un peu sur une assiette froide).

 

Ecumez la mousse superficielle avec une écumoire. La mousse, c'est sale. Il ne faut pas la lécher, car elle est toxique. Jetez-la loin.

 

 

 

Prenez une grosse louche et transvasez la confiote de la gamelle dans les pots de confiture, de préférence avec un entonnoir à confiture (outil ingénieux s'il en est), jusqu'à pas tout à fait en haut, et attendez que ça refroidisse. Genre jusqu'au soir. Que ce soit bien sûr que la confiture soit pas assez chaude pour faire fondre la paraffine. Parce que vous n'avez pas oublié de vous procurer de la bonne paraffine à confiture, quand même ! Puis en plus, comme ça, vous ratez pas le Tour de France.

 

 

Puis faites cuire ladite paraffine, qu'elle soit bien liquide. Et versez-la un peu partout autour des pots, en essayant d'en mettre un maximum dedans, en une couche de 5mm, histoire d'éviter les moisissures et les fourmis.

 

 

 

 

 

Ne reste qu'à coller des étiquettes proclamant fièrement la composition de la confiture et sa date de conception.

 

 

Et à passer le reste de l'année à trouver des gens à qui offrir une partie de votre stock.

 

 

 

Repost 0
15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 18:42

Quelques instants durant, internet m'a offert le moment le plus émouvant de ma vie.

Quelques instants durant, j'ai cru avoir trouvé l'âme soeur.

Une personne qui pensait comme moi, avec qui je partageais des expériences. Une personne qui, comme moi, testait les limites de facebook, respectait le saucisson, avait un frère de carte téléphonique, répondait aux mails de récents orphelins de banquiers ivoiriens. Une personne qui avait des amis dans le Maine et Loire, connaissait la Lozère et...

Merde, qui me ressemblait en plus vachement quand j'avais sept ans ?

 

Hum.

 

Bon, tout compte fait, pas d'âme soeur, juste un gros plagiaire.

C'est assez flatteur, quelque part, d'être plagié. Parce que bon, OK, ça m'est arrivé une ou deux fois d'avoir quelqu'un qui me demande « on peut publier quelques uns de tes articles sur notre site, silteuplé ? On mettra ton nom et un lien vers ton site et tout », à quoi j'ai répondu quelque chose comme « Ha bé. Heu. Pourquoi pas », un peu étonné et content que ça intéresse un tant soit peu quelqu'un.

 

Mais là, sans déconner, quoi. Quelqu'un s'est dit que c'était suffisamment bon pour valoir le coup de le faire passer pour sien.

 

Puis être plagié en étant lu, c'est encore plus mieux. Parce que bon, même si mon plagiaire laisse des photos de moi, il (elle ?) a quand même pris soin de changer mon nom dans mes textes. Parfois même (pas souvent, hein), de changer les titres (Y'a des yakuzas dans mon jacuzzi se retrouve mystérieusement transformé en King banana chocolate and crizpiz country), de mettre des morceaux d'autres musiciens quand j'en cite, et de rajouter à ma liste de cadeaux de Noël les siens. Voire d'améliorer l'article avec des petits jeux de mots.

 

C'est le début de la gloire, les enfants !

 

Surtout que hein, je suis quand même vachement bien entouré.

Parce que outre 34 (si j'ai bien compté) de mes articles, on en trouve pas mal de cubik (enfin, il me semble, j'ai pas tout vérifié), ainsi que Ak (que j'aime beaucoup ce qu'il fait) et Boulet, les deux derniers sans les dessins (que dire... Putain, on me met au même niveau que Boulet, quoi ! La classe internationale les cocos !).

 

Bon.

 

Je fais quoi maintenant que j'ai la gloire ?

Repost 0