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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 21:27

 

Bon, une nouvelle mission de finie, nomdedjeu. Hé bien, je suis claqué, mais ça fera du bien au porte-monnaie.

Puis pas que, parce que quand même, les missions sur le terrain, quand le terrain est la mangrove sénégalaise, c'est rien chouette, comme dirait plus personne.

Pourquoi c'est chouette ? Ben comme d'hab : déjà, on est au milieu des palétuviers, sans voir plus de trois péquins par jour, à part l'équipage, quand on bosse pas, on peut écouter Zazie dans le métro les pieds dans l'eau, ou prendre des photos pour se la péter, ou se la péter en chopant des Pseudotolithus elongatus à la ligne, et pas qu'un, en plus, mais pas loin d'une bonne demi-douzaine.

 

Puis y'a l'équipage, les histoires qu'on entend pour la quatrième fois en quatre missions, mais qui sont toujours marrantes (le coup du collègue qui rentre en France avec une valise de mangues, qui se rend compte arrivé chez lui qu'il s'est trompé de valise à l'aéroport, qui appelle et qui entend une dame soulagée dire « haaaa bé vous nous rassurez, on a un monsieur malien qui réclame qu'on lui paye un billet de retour, il dit qu'il a été marabouté et qu'on lui a transformé tous ses habits en mangues et qu'il doit rentrer se faire démarabouter », ou son récit de comment il s'est fait cracher dans l'oeil par un cobra qu'il essayait d'assommer (enfin, à côté de l'oeil), ou encore plein d'autres histoires entre la Côte d'Ivoire et le bois de Boulogne), les petits compliments du matin « nomdedjeu t'es un vrai breton, toi ! Comment tu fais pour être en ticheurte ? -Ben on est au Sénégal, quoi, il fait chaud... », les expressions dont on se dit qu'elles font classe et qu'il faudrait penser à les placer dans les prochaines conversations pour faire vrai mec (genre « toui de toui », que j'aime beaucoup), les constatations « ha, le soleil s'est couché, c'est l'heure de l'apéro », les exclamations de respect « ho putain, un pet de sept secondes, ça doit être un record, je comprends pas comment tu fais pour pas faire dans ton froc »...

 

Puis y'a la bouffe, parce que le barracuda fraîchement pêché version thiboudien c'est pas dégueulasse, faut dire.

 

Puis y'a le boulot : trier des bassines pleines de poissons gluants, voir apparaître sous un tas d'ethmaloses le rostre d'un Tylosurus crocodilus, ou les écailles colotées d'un tilapia, c'est chouette, un peu comme une chasse au trésor dans une bassine de poissons gluants. Expliquer au nouveau que c'est à LUI de compter les poissons quand y'en a des centaines, ou de prendre des notes quand vous êtes fatigué ou que c'est juste un gros tas de sardinelles et de Gerres, c'est bien aussi.

Puis regarder dans la bouche d'un Hemiramphus brasiliensis (je crois), par hasard, parce que j'aime bien regarder la bouche des poissons (c'est rigolo, quand on tire sur la mâchoire inférieure, on sait jamais à quoi ça va ressembler une bouche de poisson), et trouver que la langue a une drôle de tête, parce qu'elle a une tête, et disséquer la tête du poisson pour en extraire le parasite le plus classe du monde, c'est la classe.

 

Alors oui, c'est un parasite qui bouffe la langue du poisson et prend sa place dans la bouche du poisson. C'est tout bonnement génial la nature, on penserait jamais à inventer un truc aussi crade, pour tout dire, ça a illuminé ma journée et le reste de la mission.

 

 

parasite1.jpg

 

On voit pas bien ?

 

parasite2.jpg

C'est pas tellement mieux, ok.

http://img825.imageshack.us/img825/2050/parasite3.jpg

La classe, quand même.

 

 

Allez, on remet ça en mai.

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 20:42

En vérité, je vous le dis mes amis, l’électricité est quelque chose de bien merveilleux, et je suis sûr que la plupart d’entre vous ne se rend pas compte à quel point. Personnellement, il m’aura fallu un long séjour au Sénégal pour m’en rendre compte, mais là, ça y est, c’est bien assimilé. L’électricité, c’est vraiment chouette, c’est pas juste son absence qui est chiante.
Depuis quelques temps, au Sénégal, la situation électrique commence à être pénible. La semaine dernière, par exemple, dans mon quartier qui est pourtant relativement privilégié, on a eu une coupure de 6h du matin jusqu’à 23h30 le jeudi, et une deuxième coupure de 7h à 20h le vendredi. C’est très long. C’est très chiant.

Et encore, j’ai de la chance : depuis quelques semaines, mon boulot me permet de profiter du courant plusieurs heures par jour, même en cas de coupure, grâce à un onduleur et des batteries qui tiennent longtemps. Le côté frustrant, c’est que les collègues des bureaux d’à côté n’en ont pas, et qu’on se retrouve seuls du bâtiment à bosser quand il y a (souvent, donc) coupure.

Des amis sont moins chanceux : ils n’ont chez eux que 3-4 heures de courant par jour, ou plutôt par nuit , d’ailleurs. Ce qui est utile en saison chaude, quand on a du mal à dormir sans clim ou ventilo, mais là ne sert qu’aux frigos (c’est déjà ça). En plus, ils habitent dans des maisons situées au-dessus des réserves d’eau (ce qui est sans doute illégal, mais bon, ça c’est pas de leur faute), du coup, sans électricité, pas de surpresseur, et donc pas d’eau. Bon, dans leur malheur, ils sont malgré tout mieux lotis que d’autres : ils ont les moyens de payer les 50.000 francs (75€) de diesel par semaine que leur coûte leur groupe électrogène, simplement pour pouvoir prendre une douche et éviter que le contenu de leur frigo ne soit gâté (et tirer la chasse, aussi). Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Tout cela a un avantage : fournir un sujet de conversation absolument inépuisable. Chacun se plaint de sa situation, explique en quoi elle est pire que celle des autres, compare ses factures, constate que bien qu’on ait moins de courant, et moins de consommation, elle a augmenté de 50%, on râle sur l’ancien ministre de l’énergie (qui s’est barré avec, je crois, 40 milliards) et le nouveau (le fils du président), on y va de sa rumeur (le mois de mars va être abominable, y’a un tanker qui attend d’être payé pour livrer son fuel aux centrales), on se demande comment ça se fait qu’il n’y ait pas encore eu de révolution de tous les gens qui ne peuvent pas travailler, on pronostique comment ça va tourner (mal), on raconte aux nouveaux les aventures avec la Sénélec, (le distributeur d’électricité), comme par exemple cet ami qui, lors d’une fête interrompue par une coupure de courant, a téléphoné à la Sénélec et expliqué que l’évêque de Dakar était venu bénir la baie de Hann et que c’était un scandale de couper à ce moment-là, et a obtenu un retour instantané de l’électricité…

Avec tout ça, récemment, la réalisation m’est tombé dessus : j’en suis arrivé à ne plus me dire « ho merde, encore une coupure » quand, à peine rentré chez moi, j’appuie sur l’interrupteur et que la fiat ne luxe pas, mais à la place, je me dis « chouette, du courant » quand ça le fait, et ça me rend gai comme un pinson pour le temps que ça dure.

Enfin, c'était vrai quand j'ai écrit cet article. Aujourd'hui dimanche, le courant n'a été coupé qu'une heure depuis vendredi matin. Et ça, c'est flippant.

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 23:42

Il était là, assis dans la paille, soufflant par les naseaux, me fixant du regard. Dans ses yeux noirs brillaient la haine ancestrale de son espèce pour la nôtre, une haine ressassée tout au long de sa vie, une haine farouche tétée au pis de sa mère. Et en face de lui, en face de ce produit parfait de millénaires d'évolution, en face de ce dernier rejeton en date d'une lignée ininterrompue de bêtes musculeuses, de survivantes, une espèce que même les tigres à dents de sabre n'avaient su éteindre avant qu'il ne soit trop tard, qu'étais-je ? Un malheureux stagiaire, transi, hagard, et même pas armé.

 

Tout avait commencé d'une manière si anodine. Au petit-déjeûner, Laurent, mon maître de stage, m'avait lancé entre deux bouchées de boudin noir « T'iras vouere dans la grande stabule, eul' Noiraude a mis bas c'te nuit, tu m'foutras l'viau à la niche. (1)».

 

Ces quelques paroles, prononcées du ton bourru du paysan haut-marnais, ne laissaient pas entendre que j'allais avoir affaire à un psychopathe homicide.

 

Je mis mes bottes, enfilai mon manteau, et sortis de la ferme. Le soleil ne s'était pas encore levé, et l'air glacé me piquait le visage. Arrachant chaque pas à une boue dont la froidure saisissante transperçait mes bottes, je m'avançai vers l'étable, et, dans un grincement sinistre, j'en ouvris la grille.

 

Je restai un moment debout à l'entrée, sur la paille souillée, le temps que mes yeux s'accoutument à l'obscurité.

 

Mon adversaire m'attendait, couché près du mur. A mon premier pas sur son territoire, il se leva, lentement, faisant craquer ses articulations, et fixa sur moi ses yeux noirs. Je n'eus qu'à peine le temps de songer au premier paragraphe  de cet article avant que son instinct de tueur ne prenne le dessus sur une éventuelle crainte qu'il aurait pu ressentir devant un être qui le dépassait de la tête, des épaules, du torse, des hanches et des cuisses.

 

Il se jeta sur moi, tête en avant, pour me cogner au niveau des genoux, me faisant trébucher, et, profitant de mon déséquilibre, m'en remit un un peu plus haut. Je sifflai « petit salaud ! » entre mes dents, essuyai d'un revers de main le sang qui me couvrait le visage (2), et me relevai lentement.

 

Nous nous toisâmes du regard pendant quelques instants. Puis je poussai un hurlement inarticulé, la caméra sauta sur la gueule écumante du veau dont le beuglement fit trembler les murs, et nous nous jetâmes l'un sur l'autre, au son d'une musique hard-rock. La lutte dura de longues minutes, jusqu'à ce qu'enfin, je réussisse à le saisir par le milieu en grognant, et à le soulever à bras-le-corps pour tituber jusqu'à la niche où je le posai avec plus d'égards qu'il ne méritait. J'eus d'ailleurs à peine le temps de le mettre par terre qu'il se reprécipitait sur moi pour me pousser dehors à coups de tête et tenter de s'échapper. Heureusement, je réussis, à mon corps défendant, à refermer la niche en bloquant l'entrée avec des planches.

 

Je n'aurais jamais cru qu'un veau né cinq heures plus tôt puisse être aussi vicieux et costaud. Meme un croisé limousin.

 

Ce ne devait pas être la dernière fois que j'allais devoir lui faire face. Un peu plus tard, j'ai été chargé de lui apprendre à téter au biberon, puis chargé tout court, dans la niche, une fois de plus. Hé ben quand on est courbé en deux dans une boite fermé derrière soi par des planches, c'est impressionnant. Quelques jours plus tard, il réussissait à s'enfuir de la niche, on a jamais compris comment.

 

Honnêtement, ces animaux sont dangereux. Ils représentent une menace sérieuse pour l'humanité. Ils nous haïssent. Faites un geste pour notre survie. Mangez du boeuf.

 

  1. je l'appelle la Noiraude par licence poétique. En fait, son vrai nom devait être 21367, ou quelque chose comme ça. Et par ailleurs, Laurent, mon maître de stage, était tristement dépourvu du moindre accent péquenot.

  2. Une partie de cette séquence est un poil romancée. Pour ne pas nuire à l'action et au caractère dramatique de l'épisode qui se déroule dans ces lignes, j'ai omis de préciser que cette saloperie de bestiole était couverte de restes de placentas, et surtout de bouse. J'ai gardé mon manteau tel quel pendant quelques mois, comme trophée.

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 00:42

Mesdames, messieurs, cher public immérité,

j'ai reçu, ces derniers jours, une quantité impressionnante de mails de certains d'entre vous, abasourdis par mes aveux, désorientés, mais cependant concordant sur un point : ils me demandaient « y'a-t-il moyen de revenir en arrière ? Ne pouvez-vous pas ressusciter Francis ? On fait comme si tout ça ne s'était pas passé ? On dit que c'était une blague premier degré pourrie pour célébrer la journée du premier degré, et vous revenez à des nouvelles passionnantes du Sénégal, parce que là, ça fait un moment que vous n'en parlez pas ? »

 

J'en ai pris acte. J'ai bien réfléchi, et je me suis dit que je ne pouvais pas abandonner ainsi des lecteurs en détresse. C'est pourquoi je vais revenir sous mon nom de plume*, bien que je ne puisse promettre des mises à jour régulières. En effet, j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai eu une longue discussion avec Jeanine, et que nous avons décidé de tenter de sauver notre couple par des sorties plus régulières au théâtre de Vierzon, et que nous nous sommes inscrits à un cours de claquettes.

C'est pourquoi, bien que j'aimerais pouvoir vous donner des nouvelles du Sénégal, cela risque de m'être difficile. Cependant, pour aujourd'hui, je vous transmets la dernière nouvelle de Dakar telle que me l'a envoyée mon informateur, qui aurait souhaité couvrir plutôt le Forum Social Mondial, mais a été refoulé par le service d'ordre et s'est rabattu sur une nouvelle ignominieusement ignorée des grands médias malgré les dégâts psychologiques qu'elle ne manquera d'occasionner.

 

Merci de votre compréhension.

 

Votre dévoué,

 

Antoine-Louis. (Jeanine vous transmet ses amitiés).

 

Voici maintenant l'article de notre reporter, comiquement et par une coincidence inouïe, prénommé Francis (et barbu).

 

C'est à une crise jamais vue que doit aujourd'hui faire face la petite communauté brassicophage dakaroise, qui se voit confrontée à une pénurie de choucroute sans précédent dans l'histoire récente.

Ce sont pas moins de deux restaurants et plusieurs dizaines d'amateurs qui voient aujourd'hui leur soirée-choucroute tant attendue se transformer en triste soirée-chou braisé en raison de ce dramatique événement.

Selon Mme L., charcutière de son état, et à ce titre parmi les premières victimes collatérales (car qui dit pas de choucroute, dit pas de vente de saucisse), cette situation serait due à des containers retenus en douane, pour une raison encore inconnue de nos services.

 

Cette pénurie est la manifestation la plus récente des difficultés que rencontrent les amateurs de choucroute : en effet, toujours selon Mme L., les premières tentatives d'import de chou fermenté frais se sont heurtées à la muraille de la date de péremption, toujours dépassée lors du transport par bateau. Les choucrouteux, cependant, ne se laissèrent pas abattre, et firent venir de la choucroute mi-cuite, aux qualités de conservation supérieures. Aujourd'hui, un nouvel obstacle se dresse entre eux et leur délicieux dîner. Gageons qu'ils sauront répondre à ce nouveau défi avec l'ingéniosité et l'enthousiasme dont ils ont su faire preuve jusqu'ici.

 

*en français dans le texte

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 00:00

Chers lecteurs, je ne puis vous mentir plus longtemps. Les remords, depuis quelques temps, me rongent le coeur, emplissent ma bouche d'une bile âcre et me font trembler les doigts chaque fois que je me surprends à vous mentir encore. Voici donc ma confession.

 

Je ne m'appelle pas plus Francis que vous.

Et rien de ce que vous avez pu croire apprendre de moi dans ce blog n'est vrai.

Depuis le début, je vous mens. Pourquoi, je ne sais. Pour échapper quelques instants à la morosité étouffante de ma morne vie de notaire.

 

Car oui, je suis notaire. Je possède plusieurs complets-vestons, l'intégrale de l'oeuvre de Balzac à la Pléiade et une montre-gousset sur laquelle les initiales de mon épouse Jeanine sont gravées. Mon dos est voûté par l'examen routinier de dossiers plus ennuyeux les uns que les autres, quoiqu'en puissent penser les intéressés. Je n'habite pas Dakar, mais Vierzon, qui est bien moins exotique. Il n'y a pas de vautours, mais bien de banals pigeons. Tout cela me pèse, à un point que je ne saurais décrire. Francis fut le seul moyen que j'ai trouvé pour y échapper.

 

Car oui, je m'ennuie. Presque autant que Francis a voulu vous le faire croire. Il n'y a plus que les soirées libertines que nous nous offrons un samedi par mois qui donnent un peu de piment à mon existence.

 

Mais ce blog et ces mensonges n'étaient pas là que comme exutoire à la morosité. J'ai, hélas, un travers fatal chez ceux de ma profession : je veux être aimé. Désespérément. Mon mariage de raison avec Jeanine, fille de conseiller régional, ne m'a malheureusement pas vraiment comblé sur ce plan, et mon office n'incite pas les gens à me regarder avec complaisance. Je suis notaire, de ceux que l'on ne voit essentiellement qu'aux instants tragiques, lors du décès d'un proche, ou d'une séparation. De plus, je gagne bien ma vie : autant de traits qui suffisent à être haïs du commun des mortels.

 

Francis, quant à lui, était jeune, charismatique (ne le niez pas, voyons), avait une vie trépidante et aventureuse, et j'ai dû me retenir pour ne pas lui créer la compagne qu'il méritait, afin de laisser un peu d'espoir aux lectrices et les inciter, une fois de plus, à m'aimer à travers lui.

 

En le disant, j'ai conscience que tout cela est navrant. Je m'en excuse, encore, bien que je ne puisse le regretter. Il était tout ce que je ne suis pas. Je vous ai trompés. Pardon.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 20:42

Ha bé tiens, il y a quelques jours, j'ai fait un truc dont je suis plutôt fier, une fois n'est pas coutume.

Bon, c'est pas quelque chose qui va changer le monde, ni même ma vie, mais bon, je suis content de moi, et c'est assez rare pour que je vienne me la péter ici, youpi.

 

J'ai fait des études, il y a de cela maintenant des temps immémoriaux. A Rennes. J'y avais bu des bières, transporté des enceintes, surveillé une bédéthèque, appris des choses sur les vaches et rencontré un tas de chouettes gens.

 

Puis on s'est quittés. Et pendant des années, j'ai attendu que cette bande de crevards reprennent le contact. Je leur ai laissé leur chance, hein ! Je me connectais en visible sur MSN, même. Mais non. Rien. Ou presque. Y'avait bien quelques parisiens dans le lot, que je voyais de temps en temps, qui valaient mieux que les autres. Mais dans l'ensemble, j'avais laissé tomber cette bande de rats. Je m'étais fait des encore plus chouettes copains sur internet, des que j'avais choisis, pas qu'on m'avait imposés comme voisins pendant trois ans, et qui allaient jusqu'à m'inviter à aller boire des bières à Paris.

 

Mais bon.

Je me suis rendu compte qu'en fait, les gens qu'on nous impose comme ça, c'est un peu comme la famille : on les choisit pas, mais bon, en fin de compte, ben ils sont là, et on peut pas trop faire comme si non. (j'ai une vision assez idyllique de la famille, je sais.)

 

Du coup, j'ai pris sur moi (si, putain, si je vous jure) et j'ai envoyé à tous ceux dont je me disais que peut-être éventuellement ils se souviendraient de moi un grand long mail verbeux pour leur reprocher de pas m'avoir écrit donné de nouvelles depuis tout ce temps, bande de salopard(e)s.

 

Ben bizarrement, ça a marché. J'ai reçu des nouvelles. Pas encore de tout le monde, hein, pour le moment c'est juste ceux qui valaient le coup qui ont répondu. Mais je ne désespère pas encore des crevards qui restent. J'ai une technique : le harcèlement par mail de nouvelles verbeux.

 

Bon, du coup, à écrire tous ces mails, j'ai moins de temps pour le blog, c'est triste hein ?

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 21:42

De toute l'immense palette des sentiments humains, le plus vain et le plus méprisable est sans doute le patriotisme. D'aussi loin que je me souvienne, les imbéciles heureux qui sont nés quelque part et puisent dans ce seul fait, dont ils ne sont nullement responsables, une fierté malsaine, m'insupportent quand ils ne me font pas simplement peur. C'est ma fierté à moi, que je dois à une excellente éducation, ainsi sans doute qu'au fait d'avoir grandi au sein d'une famille de métèques.

Le patriotisme est aveugle, insensé, irrationnel. Ridicule, en somme. Et depuis un bon quart de siècle, je me garde bien d'y toucher.

 

Enfin, jusqu'à ce que la France gagne, hein.

 

Parce que là, fichtre, si je puis me permettre. La monumentale branlée (ha si, hein, même si on va jusqu'aux prolongations) assénée aux différentes et malheureuses équipes d'adversaires de l'équipe de France de handball depuis quatre ans me fait, à mon corps défendant, sentir un sacré zenfant de la Patrie. Je ne sais pas à quoi c'est dû. Mais bon sang de bon soir, ça fait du bien, de temps en temps, de se sentir tout chose à cause de gens qui jouent bien à un jeu. Et sont COMME MOI (en un peu moins gras, mais bon).

 

La France est donc championne du monde, d'Europe, olympique et re-du monde depuis cet après-midi. Et j'en suis bien content, et je n'en ai pas la moindre honte, pire, j'en revendique ma part, en tant que supporter et Francé. Oué.

 

Cet après-midi, j'ai vibré, j'ai tremblé, j'ai flippé ma race par moments, en descendant deux malheureuses binouzes, tandis que les Bleus ne menaient que de quelques buts, puis se faisaient remonter à la dernière minute du temps réglementaire, puis dépasser dans les prolongations, avant d'être sauvée successivement par son gardien et son capitaine.

 

Je suis bien content. J'ai donné mille balles de pourliche à mon taxi, qui était d'accord avec moi sur le fait qu'on est les meilleurs.

 

Mais je ne crains pas que ce patriotisme soudain et conditionnel me joue un jour un plus mauvais tour, m'incitant à faire des bêtises genre m'enrôler dans l'armée ou un truc du genre (il y a quoi d'autre, pour faire bon patriote ?). Non, parce que le patriotisme, chez moi, vient avec un effet secondaire redoutable : un boost effréné du système rénal. En gros, je vais pisser toutes les dix minutes, au bas mot. En tous cas, c'est ce qui s'est passé une fois de plus cet après-m', où j'ai dû aller une douzaine de fois aux chiottes durant la finale. Pour abreuver les sillons, y'a quand même plus glamour. Et sur un champ de bataille, c'est pas bien pratique non plus.

Et ça, en fait, c'est très bien.

 

Tout ça manque un peu de construction, mais bon, finalement, pour une fois, je m'en fiche. On est les champions !

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 22:42

A l'heure d'entamer ma 500ème note de blog, les deux mots qui me viennent spontanément à l'esprit sont foutrecul et barbepine.

 

Car oui, bordel de foutre, j'en ai ras l'oignon de vous glavioter depuis pas loin de trois piges ma purée de verbiage pédante en vous caressant les mirettes d'une délicatesse langagière de petite putasse de première littéraire au cul serré.

 

C'est ma 500ème note, j'en ai plus rin à carrer. Rin de rin.

 

Je sais même pas comment j'ai tenu. Enfin si. Comme un con. Parce qu'en fin de compte, il me rapporte quoi ce blog ? Rien. Cette foutue saloperie de blog m'a bouffé trois ans de ma vie pour peau d'zob. Trois ans à me dire « ho tiens, ça, ça ferait une bonne note de blog », « ho, il faut que je note ça », « ho, vite, il faut que je prenne des photos pour le blog », « ho, ça fait super trop longtemps que j'ai rien mis sur le blog qu'est-ce qu'ils vont penser qu'est-ce qu'ils vont dire est-ce qu'ils vont s'en aller est-ce qu'ils vont arrêter de m'aimer bon sang vite une idée une idéeuneidéeuneidée... »

 

Ben merde. Quel con. Quel foutu gros connard plein de merde imbu de lui-même.

 

C'est con à faire pleurer les dauphins pétrifiés.

 

dauphlip.jpg

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 10:30

Nombre de geeks, dont, me dit-on, je ferais partie, ont fait leur le motto de Winston Churchill : « no sport ». Personnellement, à cela j’ai ajouté un régime saucisson-Princes de Lu® (qui remplacent avantageusement le whisky-cigare, du moins du point de vue pécunier), et j’ai ainsi pu développer cette panse confortable et légèrement bloblotante, du genre qui rassure les filles (si du moins j’en rencontrais), et les genoux en verre qui l’accompagnent.

Cependant, depuis quelques temps, deux choses se combinent pour me forcer à sporter : la radinerie et la flemme. Oui, c’est un peu paradoxal, surtout pour la flemme, mais c’est comme ça. Permettez que je vous explique.

 

Le matin, je suis fatigué. J’ai les paupières qui collent, les épaules voûtée, l’haleine canine et la langue molle. Et donc, un des trucs qui m’insupporte le plus, le matin, c’est de devoir parler à un taxi. (en relevant la tête, en plus. Et salamalikoum, alikoumsalam, ça va bien, bien merci, je vais là-bas, sur la route de Front de Terre, pas loin de la SDE, c’est juste à côté, 500 francs ça va ? quoiiii ? 500 francs c’est trop petit ! bon 800 800 c’est trop petit, il y a des embouteillages on dit 1000, 1000 c’est bien quoiiiii c’est trop cher deh, quand je vais à Belair, c’est trois fois plus loin et la route est pourrie, je paye 1500, allez on dit 1000 y’a les embouteillages, à cette heure-ci y’a plus d’embouteillages, les embouteillages c’est entre 7h30 et 8h, là ça va y’en a plus, non 1000 ça va bon OK on dit 1000 mais y’a pas d’embouteillages tu vas voir, d’ailleurs tu le sais aussi bien que moi.

 

Epuisant.

 

Rien que d’y penser, ça me soude la mâchoire et me fait tomber la tête sur la poitrine. Alors, pour éviter ça, la seule solution que j’ai trouvée, c’est de marcher jusqu’au bureau.

Et donc, je marche. 40 minutes. Dont une bonne partie sur le sable. C’est crevant, de marcher sur le sable, mais le sable essaye pas de te détrousser, du coup, en ce moment, je le fais presque tous les jours. Parce que quand c’est pas la flemme, quand j’ai tout le jus d’une pomme cajou bien mûre, c’est ma pingrerie qui prend le relais. Je me fixe un plafond de 800 francs pour le taxi, et je refuse de descendre en dessous, parce que bon, faut pas déconner, Belair trois fois plus loin route pourrie, 1500 balles, quoi. Alors là, 800, c’est bien payé. Surtout pour des mecs souvent chiants qui mettent la radio en wolof. Du coup, la conversation donne « salamalikoum, alikoumsalam, ça va bien, bien merci, je vais là-bas, sur la route de Front de Terre, pas loin de la SDE, c’est juste à côté, 500 francs ça va ? quoiiii ? 500 francs c’est trop petit ! bon 800 800 c’est trop petit, il y a des embouteillages on dit 1000, 1000 c’est bien quoiiiii c’est trop cher deh, quand je vais à Belair, c’est trois fois plus loin et la route est pourrie, je paye 1500, allez on dit 1000 y’a les embouteillages, à cette heure-ci y’a plus d’embouteillages, les embouteillages c’est entre 7h30 et 8h, là ça va y’en a plus, non 1000 ça va bah tant pis, je prendrai un autre taxi, va-t-en VROUM.

Arrive un autre taxi, qui passe la tête par la fenêtre avec un geste interrogatif, je vais vers lui, salamalikoum alikoumsalam bien merci ça va ça va bien bien merci je vais sur front de terre, à côté SDE, 500 francs ça va hiiiii c’est trop petit deh, 1500 ça va 1500 c’est trop cher allez on dit 800 800 c’est trop petit deh bon ben tant pis VROUM.

Un troisième se gare derrière celui qui est encore en train de partir : salamalikoum Front de terre pas loin avant la SDE 600 ça va VROUM. Connard.

 

Du coup, je décide que merde, je vais pas me laisser avoir et perdre mon temps, j’y vais à pied. Je vais pas leur lâcher 200 balles, quoi, merde. (ne croyez pas que je ne me rends pas compte de la mesquinerie qu’il y a à négocier pour 30 centimes d’euro, c’est une question de principe)(quoi qu’en fait non, je ne me rends compte de la différence de valeur qu’après m’être énervé et les avoir envoyés chier).

 

Et me revoilà à transpirer sous le cagnat tropical pendant trois quarts d’heure, avant de rejoindre, gluant de partout, mon bureau climatisé. Sauf que des fois, comme hier matin, y’a coupure. Et au lieu de bosser, je me retrouve à griffonner des notes de blog sur le bloc-notes de l’équipe (il faut vraiment qu’on aille faire des courses).

N’empêche, hein, 1h20 de marche sous le soleil et sur le sable, cinq fois par semaine, ben mine de rien, ça m’a pas fait perdre un gramme.

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 20:42

Tout d'abord, veuillez croire à l'expression de ma plus profonde compréhension de l'indignation que vous pouvez ressentir face à l'attente dont vous avez dû faire preuve avant d'être récompensé d'un article de ma blanche main.

 

(ceci sera dorénavant le préambule de chacune de mes notes de blog, je crois).

 

Je suis confus, mais j'ai une excuse. Comme je vous l'ai peut-être déjà dit, je suis rentré de France avec une vingtaine de bouquins.

 

Je crois que c'était une erreur.

 

Permettez-moi de m'expliquer. Chaque soir, de retour d'une épuisante journée passée devant mon ordinateur (et un bouquin de php qui semble avoir des pages qui refusent de se tourner), j'arrive dans mon petit appartement, et là, ma pile de bouquins m'attend.

Drame.

Je ne sais pas lequel choisir. Le bestial serviteur de pasteur Huuskonen, d'Arto Paasilinna ? Pourquoi pas, j'ai bien aimé le lièvre de Vatanen (lu dans l'avion), mais ne devrais-je pas attendre d'avoir la nostalgie du froid pour lire un roman finlandais ? La même question se pose pour la maison de mes pères, de Jorn Riel, offert par ma tata quand j'avais fait part de mon intérêt pour cet auteur, à cause d'une copine sur internet (à qui j'ai conseillé Rue des Maléfices. Quand je conseille des bouquins à des gens et qu'ils acceptent, ça me donne confiance en leurs goûts). Et je me dois de lire ce bouquin, pour cette copine.

Mais c'est sans doute encore plus le cas pour the City & the City de China Miéville, qu'une copine m'a offert dédicacé, alors ! Tout comme Léviathan, de Scott Westerfeld, gagné au concours d'Imaginelf. Mais lui, j'ai peur de le lire un peu vite, comme il est en français. Et ne devrais-je pas plutôt lire les cadeaux familiaux, le recueil des romans maritimes et exotiques de Jack London, ou le faiseur d'histoires, de Stephen Fry ou les nouvelles de Philip K. Dick ? Les amis, ça va ça vient, ils vous oublient, mais la famille, non. On leur doit toujours quelque chose. Au moins de lire leurs bouquins, quoi. Après tout, ils m'ont nourri (et bien, encore) pendant ces vacances.

Je devrais.

Mais quid de la Volonté du Dragon ? Après tout, c'est écrit par un copain, le père Yoze. Ecrit par un copain, ça vient avant offert par un copain, non ? Mais par rapport aux bouquins offerts par la famille ? Et si j'étais déçu et perdait toute considération pour Yoze, et donc toute amitié ? Dois-je vraiment le lire ? Toutes les critiques dithyrambiques qui trainent sur le net sont-elles suffisamment fiables ?

Je pourrais plutôt lire Pluto, d'Urasawa. Mais j'ai commis l'erreur de ne prendre que les deux premiers tomes, donc si je commence, je vais être frustré. Mieux vaut sans doute attendre.

J'ai encore deux Pratchett dans ma pile, aussi. Unseen Academicals et I shall wear midnight. Je les attendais depuis un moment, ceux-là. Mais si je les lis de suite, je n'en profiterai plus plus tard. Parce que je sais que je les aimerai. Enfin, je l'espère. J'ai toujours beaucoup d'espoir et je suis rarement déçu avec Pratchett. Pareil pour Diana Wynne-Jones. Je n'ai pas envie d'ouvrir tout de suite Enchanted Glass. Je veux en profiter.

Je pourrais me lancer dans le dernier Scott Card, Ender in exile, ou bien Mistborn, de Brandon Sanderson.

Mais si je les lis avant ceux que j'attends avec impatience, saurais-je les apprécier à leur juste valeur, alors que j'aurai en tête les autres ? Je vais me presser, lire sans faire attention, et me gâcher le plaisir !

 

C'est horrible.

 

Du coup, j'ai commencé la Conjuration des Imbéciles de John Kennedy Toole, Moi, Boy de Roald Dahl (en vo) et African Queen de CS Forester, le meilleur des auteurs maritimes. Mais lequel finir en premier ?

 

Toutes ces questions se bousculent dans ma tête, dès mon retour à la maison. Et le temps que j'ai pris une décision, il est l'heure de me coucher, alors je relis au lit le 12ème tome de la Roue du Temps. Mais quelque part, je ne suis pas satisfait.

 

C'est dur. Je n'aurais pas dû.

 

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Bon sang, il me manque la Bible dévoilée. Soit elle est restée en France, soit on me l'a fauchée. Merde.

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