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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 20:42

Eeeet voilà. J'en suis arrivé à ce stade de désespoir où je me retrouve seul, sur mon canapé, un samedi soir, sans savoir quoi regarder ni que faire à manger, et que la seule alternative à m'enfoncer la tête sous un tas de coussins est de faire une note de blog. Halala, si c'est pas malheureux. Moi qui avais presque oublié que j'avais un blog, alors qu'il faisait la fierté de mes parents et tout. Que je pouvais y parler de couilles de mouton et de trucs. J'ai cherché ce que j'avais fait d'autres que des notes sur des couilles de mouton, et rien ne m'est revenu sinon le caca. C'est bien triste.

 

Tout ça pour dire, je viens tenir ma promesse à Radegonde, qui réclame que je mette par écrit mes recettes secrètes de soupe, car une fois de plus, on est en hiver, et je me fais de la soupe, qui donne l'impression de faire la cuisine alors qu'en fait, c'est juste de l'épluchage et du foutage dans une cocotte puis bvvvvv un coup de girafe et hop.

 

Mais comme je ne peux pas m'en tenir là pour une note de blog, vu que ma ligné éditoriale est « dis n'importe quoi, mais fais-le en au moins une page, que le lecteur en ait pour son argent, même s'il paye pas et que ce truc ne te rapporte rien », je vais détailler, en ce jour, la recette éternelle de la bissara, ou de quelque chose qui ressemble vaguement à la bissara, qui était la soupe de mon enfance marocaine. (en fait, c'était la harira, la soupe de mon enfance marocaine, mais c'est vachement plus compliqué à faire, alors je l'achète en sachets au rayon halal de mon Casino).

 

Ordoncques, j'annonce : LA BISSARA (ou un truc du genre)

 

Qu'est-ce donc, me demanderez-vous, ignorants lecteurs de souche, que la bissara ? Eh bien, en gros, c'est une soupe de fèves. Avec du cumin. Un truc qui te tient au corps genre bienbien, que tu peux utiliser pour réparer les trous dans le mur si d'aventure tu aurais un trou dans ton mur (pas un trop gros trou, parce que là, c'est une recette pour trois-quatre personnes, ce qui fait un trou d'une brique. Une grosse brique.

 

Que vous faut-il, pour cette bissara ? Comme je suis honnête, je vais vous signaler ici que je n'ai pas fait la bissara aux fèves (houuuu !), parce que mon Casino du coin ne vendait pas de fèves, mais aux pois cassés. C'est pas plus mauvais. En fait, c'est peut-être même un peu moins amer ; ça doit dépendre des fèves.

 

Prenez donc un sachet de pois cassés. Ça doit faire dans les 500g. Il me semble.

Prenez aussi un nognon. Un gros nognon.

Pis si comme moi vous avez une carotte qui traîne dans le bac à légumes, prenez-la aussi, ça n'a jamais tué personne (pas dans une bissara, en tout cas) et ça évite de la laisser dépérir avec un paquet de mâche périmée pour seule compagnie.

Prenez aussi encore de l'ail rose des Causses du Pays de Maubeuge, genre trois gousses, parce que l'ail, c'est bon.

Pis n'oubliez pas d'avoir du cumin en poudre à profusion et à proximité, parce que c'est l'ingrédient essentiel.

 

Voici maintenant la marche à suivre une fois que les ingrédients sont réunis, épluchés (sauf les pois cassés et le cumin) et disposés harmonieusement sur le plan de travail :

 

- Coupez le nognon avec un grand couteau, celui que vous utilisez pour égorger les petits enfants qui s'égarent dans votre coin de forêt. Idéalement, coupez-le en lamelles, mais en fait, c'est comme vous voulez, laissez parler votre fantaisie, mais quand même, en morceaux approximativement pas trop gros.

 

- Coupez la carotte en petits dés, de préférence avec le même grand couteau, ça fera moins de vaisselle.

 

- Foutez le nognon dans une cocotte avec de l'huile d'olive vierge (ou du moins pas mariée) (haha). Laissez-le revenir jusqu'à ce qu'il ait pris une belle teinte de nognon bien revenu.

 

- Balancez dans la cocotte les pois cassés, la carotte en dés, et ajoutez en douce l'ail en gousse (c'est pour la rime. Vous pouvez l'ajouter aussi peu discrètement que vous voulez, en fait.

 

- Ajoutez un bon litre d'eau, au moins. Un grand litre. Parce que moi, avec un litre, c'était presque plus de la purée que de la soupe, mais bon, c'est un peu censé être comme ça quand même.

 

- Avec une grande cuillère en bois, animez le contenu de la cocotte d'un mouvement de rotation antihoraire. Regardez comme c'est beau, ces pois qui tourbillonnent avec les petits morceaux de carottes ! On dirait du Picasso, s'il avait eu une période « soupe en rotation antihoraire ».

 

- Ajoutez aussi du sel et une bonne quantité de cumin.

 

- Laissez cuire à la cocotte pendant une bonne demi-heure, le temps de voir un épisode de The Good Place, par exemple (ça devient vachement bien au bout de quelques épisodes, surtout quand Trevor débarque).

 

- La demi-heure écoulée, prenez un instant de réflexion pour méditer sur votre jeunesse qui s'est enfuie encore un peu plus, puis empoignez votre girafe (ou mixer plongeant, on m'a déjà reproché l'usage du terme girafe en me disant « Wolaut' hé, il fait genre il connaît des mots »), et mixez avec ardeur le contenu de la cocotte. Ça devrait faire une espèce de pâte verte assez peu ragoûtante, à la consistance de ciment frais, et à la bonne odeur de cumin. Si ça ne sent pas assez le cumin, rajoutez du cumin. En fait, rajoutez du cumin. Il n'y a jamais assez de cumin.

 

Servez dans des bols. Si vous êtes d'humeur artistique, vous pouvez ajouter une feuille de coriandre ou de persil pour la déco, ça fait tout de suite plat de luxe. Vous pouvez aussi vous amuser à ajouter un peu de jus de citron, ça fait une réaction chimique amusante, et c'est pas mauvais.

 

Il ne vous reste plus qu'à déguster. Vous verrez, c'est bon.

Ça devrait ressembler à ça, mais dans un bol.

(photo honteusement piquée sur http://gainthekitchen.canalblog.com pour faire plaisir à tous ceux qui ne supportent pas des recettes sans photo)

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 22:42

Chers amis apprentis marmitons, j'ai pour vous un secret. Un secret que les professionnels se passent de génération en génération de bouche de chef à oreille de chef.

La cuisine, c'est la sauce. Il n'y a que la sauce. Tout le reste, c'est de la chair morte et des organes végétaux. La sauce, voilà ce qui importe. Que serait la tête de veau sauce gribiche sans sauce gribiche ? Le coq au vin sans sauce au vin ? Le bœuf miroton sans miroton ? Le kebab sans sauce blanche ? De biens tristes choses en vérité, et bien pathétiques.

C'est pourquoi notre leçon d'aujourd'hui portera sur une sauce. Et pas n'importe quelle sauce ! Car c'est bien le secret de la sauce qui m'a valu partout où je vais le surnom de Saucemaster : la vinaigrette. Car la vinaigrette est l'âme d'innombrables plats, depuis la salade jusqu'au poireau-vinaigrette, sans oublier la salade.

Accrochez-vous bien, nous allons commencer. Vous êtes prêts ? Vous avez mis votre petit tablier, vos chaussures de sécurité et vos lunettes de protection ? Allons-y.

Premièrement, munissez-vous d'un bol. Quel genre de bol ? Allons, faites preuve d'initiative. Adaptez-le à la quantité de vinaigrette que vous avez l'intention de faire dedans (car c'est bien à cela qu'il vous servira). Evitez de prendre un bol trop plat, parce qu'après, quand il faut mélanger (il faudra mélanger, désolé de vous spoiler les paragraphes suivants, mais il faut le savoir avant de vous lancer)

Une fois que vous avez un bol de la bonne taille, attrapez dans votre placard votre bouteille de vinaigre, car qui dit vinaigrette dit vinaigre. De vin. Puisque ça s'appelle vinaigre. Posez-la sur le plan de travail, je me suis trompé. En fait, il vous faut d'abord prendre le pot de moutarde qui est dans le frigo. S'il est dans un placard, inutile de le mettre au frigo avant de le prendre. C'est juste que chez moi, la moutarde est au frigo, pour la protéger des mites à moutarde. Pour une efficacité optimale, optez pour de la moutarde forte moderne, pas cette saleté de moutarde à l'ancienne inventée par les marketeurs de chez Amora. Une bonne moutade forte, dans un pot en forme de verre, qui pourra ensuite vous servir de verre. S'il y a des dessins d'Astérix dessus, c'est encore mieux, même si ça ne présage pas de la qualité de la moutarde, ça fera des chouettes verres à eau pour vos petits (si vous avez des petits ou espérez en avoir un jour).

Attrapez une cuillère à soupe. Ce sont les grosses cuillères, à côté des couteaux dans le tiroir à couverts. Attention ! Vérifiez bien qu'elle soit propre. Si elle ne l'est pas, vérifiez le bon fonctionnement de votre lave-vaisselle. Quand avez-vous fait le dernier contrôle technique ? Avez-vous remis de l'huile ? Si vous n'avez pas de lave-vaisselle, le moment est venu de s'expliquer un coup avec votre moitié qui a encore fait n'importe quoi, c'est pourtant pas compliqué d'utiliser une éponge, merde, ET REGARDE MOI QUAND JE TE PARLE JE SUIS PAS TA BONNICHE BON SANG C'EST TOUJOURS PAREIL AVEC TOI MERDE À LA FIN ALLEZ FOUS-MOI LA PAIX J'AI UNE VINAIGRETTE À FINIR MOI PENDANT QUE TU TRAINES SUR FACEBOOK.

Bref. Si la cuillère est sale, nettoyez-la. Plongez la avec délicatesse dans le pot de moutarde (en la tenant par le manche), et extrayez-la une fois qu'elle est pleine de moutarde. Pas trop trop pleine, on va faire une petite vinaigrette pour commencer, des fois qu'elle serait loupée.

C'est bon ? Maintenant, il s'agit de verser la moutarde dans le bol sans en mettre partout dans la cuisine. Comme la moutarde a tendance à s'accrocher à la cuillère, c'est pas forcément évident. L'erreur à éviter est d'agiter trop fort la cuillère pour décoller la moutarde (ce qui peut arriver, par réflexe, d'où les lunettes de protection). Ce n'est pas si grave que ça s'il reste un peu de moutarde collée à la cuillère. Il faut savoir relativiser, dans la vie.

Reprenez la bouteille de vinaigre. Si vous êtes droitier, prenez la dans la main droite. Si vous êtes gaucher, faites ce qui vous semble le mieux (étant normal, je n'ai aucune idée de la technique que peuvent utiliser les gauchers). De la main gauche (pour les droitiers), tenez fermement votre cuillère avec ses résidus de moutarde au-dessus du bol. Inclinez lentement la bouteille de vinaigre, avec la dignité qui sied à la tâche. Si tout se passe bien, le vinaigre devrait couler dans la cuillère. Si un peu de vinaigre coule dans le bol, ne vous en préoccupez pas. Si beaucoup de vinaigre coule dans le bol, jetez son contenu aux cabinets, rincez le bol, et reprenez à l'étape moutarde.

Une fois la cuillère remplie, renversez-la dans le bol. Par-dessus la moutarde, oui. Réitérez l'opération afin d'avoir le contenu de deux cuillères de vinaigre dans le bol.

Prenez ensuite la bouteille d'huile dans votre placard à huiles. Pour vous souvenir de quelle huile il faut vous servir, utilisez ce petit poème mnémotechnique (déposé sous licence CreativeCommons) : De l'huile de tournesol, ça va mais c'est pas fol, du colza ? Pourquoi pas, de l'huile d'olive, c'est moins rébarbative. Ce qui signifie : prenez plutôt de l'huile d'olive, à moins que vous ne préfériez le tournesol ou le colza (quoique pour le colza, je n'en ai aucune idée. C'était pour la rime que je l'ai inclus).

Maintenant, faites comme pour le vinaigre, mais avec quatre cuillerées. Dans le bol, toujours, oui.

Ensuite, reprenez votre cuillère dans la main droite – si vous êtes toujours droitier – et servez-vous en pour mélanger huile, moutarde et vinaigre dans une joyeuse sarabande mélangière. Je trouve que c'est plus facile de mélanger dans le sens des aiguilles d'une montre, mais vous avez tout à fait le droit de faire en sens inverse, et même de changer de temps en temps.

Remuez remuez remuez jusqu'à ce que ce soit bien mélangé. À cet instant, ça doit ressembler à de la vinaigrette. Mais vous avez oublié le sel et le poivre ! Allez donc les chercher, et mettez-en un peu mais pas trop dans votre sauce. Remélangez, sinon ça sera laid, vous aurez quelques grains de sel et de poivre flottant tristement à la surface de votre vinaigrette.

Et voilà ! (en français dans le texte) Vous avez réalisé une vinaigrette qui saura charmer tous vos invités. Une fois que vous aurez bien maîtrisé le bouzin, vous pourrez même vous permettre des petites folies, rajouter de l'ail et du basilic haché, tout ça, ça fait super pro. Comme de mélanger huile de tournesol et d'olive, comme le faisait ma nounou marocaine qu'est la meilleure cuisinière du monde et qui m'a tout appris sur la vinaigrette. Mais vous êtes pas obligés, hein ! Vous êtes libres, maintenant, et le monde est à vous.

Un monde sans salade sèche et fade. Un monde meilleur. Pour toujours.

Bon vent, camarade. Bon vent.

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 19:42

Sortons un instant ce blog de sa bienheureuse somnolence et apprenons ensemble à faire une bonne feijoada, un plat qui mettra de la samba dans vos cœurs (parce qu'il est brésilien, et on ne peut pas sur internet parler de Brésil sans parler de samba, c'est dans le contrat du blogueur). Etant donné que c'est un plat à base de chou et de haricots, la samba risque de descendre aussi un peu plus bas dans votre abdomen (*).

 

Pour une feijoada de bon aloi, munissez-vous d'un oncle cuisinier portugais. Il n'est pas nécessaire qu'il soit petit, velu et doté d'un lumbago, mais cela ne peut sans doute pas nuire et je vous avoue que je ne saurais faire autrement.

 

Pour commencer, faites-lui revenir oignons et lardons (4 petits oignons ou deux gros, 200 gros grammes de lardons ou de poitrine fumée) dans une cocotte minute qu'une tante revêche qui sent la cigarette (**) se chargera de remuer de temps en temps entre des coupages de lanières de chou (voir plus bas).

 

des oignons et des lardons au fond d'une cocotte

 

Concassez huit tomates que vous aurez pelées préalablement à l'aide de ce magnifique engin qu'est l'épluche-tomates Victorinox (Victorinox, qu'est-ce que ça roxx), ou si vous ne pouvez faire autrement, prenez une boîte de tomates pelées. L'oncle portugais étant notoirement fainéant et de mauvaise foi, il tentera sans doute de prendre des tomates en boîte et de faire croire à vos lecteurs qu'il s'agit de véritables tomates du jardin de M. Le Tron, maraîcher bio de l'île de Bréhat (cultivées par Virginie, à qui je dois encore des excuses pour lui avoir envoyé une carafe d'eau dans la figure en 2005 et fait croire que mon stage en exploitation agricole s'était déroulé dans un élevage de yaks à Kuala Lumpur au Tibet).

 

une tomate pelée par un épluche-tomate Victorinox

 

Coupez en lanières une dizaine de feuilles de chou non pommé (idéalement chou portugais de la variété cavalero). Que vos lanières soient fines et pas trop longues (5mm x 4cm), sans quoi votre plat sera nul et non avenu. Attention, ça prend du temps. N'oubliez pas de remuer vos lardons et vos oignons. Vous avez le droit de mettre à contribution une ou deux tantes qui auraient eu la mauvaise idée de traîner dans la cuisine.

 

Du chou et de la barbaque

 

Coupez la viande en petits morceaux. N'importe quel morceau de porc fera l'affaire, vous pouvez admirer ci-dessus du filet mignon de porc coupé en petits morceaux à côté des lanières de chou (il n'y en a pas encore assez). Si vous avez des restes de rôti de porc de la veille, n'hésitez pas, faut pas gâcher c'est péché. Ajoutez la viande dans la cocotte, par-dessus les oignons et les lardons.

 

Préparez la condimentation : broyez un tas de gingembre (je ne sais pas dans quelle mesure cet aspect de la recette n'est pas lié au retour de ma tata du continent, où elle était partie pour apprendre à devenir instit de maternelle (alors qu'elle a été prof au primaire et directrice de collège, mais la capacité de l'éducation nationale d'utiliser au mieux les compétences des gens n'est pas le sujet de cet article), et ajoutez du laurier et du poivre pour faire joli sur la photo, ainsi qu'un peu d'ail (4 gousses) très grossièrement haché. Ne les mettez pas dans la cocotte tout de suite, malheureux ! C'était pour la photo.

 

des trucs sur une table

 

Une fois que la viande est un petit peu dorée (moins crue, en tous cas), vous pouvez y aller en toute sérénité et tout balancer dans la cocotte.

 

des trucs qui cuisent

 

(pendant ce temps, les coupeurs de chou s'énervent, parce qu'ils sont toujours sur leur ouvrage)

 

Si vous avez été prévoyants, vous aurez eu la bonne idée d'acheter des haricots noirs Compal à l'intermarché de Brest, ou si vous avez été prévoyants et citoyens, chez le petit arabe du coin (sauvez les petits commerces). Sinon, vous pouvez vous arrêter tout de suite et tenter de transformer votre mixture en sauce pour les spaghetti. (Normalement, ce devrait être des haricots noirs secs que vous aurez laissé tremper toute la nuit, mais on en trouve apparemment peu en France.)

 

Videz les deux boîtes de haricots avec leur jus dans la cocotte de la viande. Vous pouvez rajouter un peu d'eau de rinçage des boites, pour ne pas perdre tout le bon bisphénol du revêtement.

 

Rajoutez ensuite la tomate fraîche concassée dans la cocotte encore (si vous avez choisi de la tomate pelée en boîte, ne mettez pas tout le jus, juste les tomates. Mais vous n'aurez pas fait ce choix honteux, n'est-ce pas ? Le cuistot me fait remarquer que vous pouvez utiliser le jus de tomates pour faire un bloody mary).

 

Goûtez et rajoutez du poivre sauf s'il y en a assez, et pareil pour le reste des condiments.

 

Couvrez (pas en mode cocotte-minute, heing) et laissez cuire à peu près une heure à petits bouillons glou-glou.

 

N'écoutez pas la suggestion de votre oncle qui voudrait que vous peliez (en enlevant la peau blanche) une demi-orange par tête de pipe et sortez plutôt peaufiner votre technique à la slackline.

 

un gros sur un fil

 

Revenez quand il a fini et exclamez-vous d'un air désolé « ho bon sang, j'avais complètement oublié ! ».

 

Coupez-les en tranches fines à l'aide d'un couteau PureKomachi rose, parce qu'un homme qui utilise un couteau PureKomachi n'a rien à prouver quant à sa virilité.

 

un couteau rose qui coupe une orange

 

Utilisez maintenant une autre casserole pour faire blanchir le chou en lanières (i.e : faites-le bouillir quelques minutes, il doit rester croquant). Et encore une autre pour faire du riz blanc avec des baies roses parce que c'est bon.

 

Hooo ! Comme c'est beau !

 

un truc qui ressemble à rien et du riz blanc devant une bouteille de Belle Cabresse

 

une assiette magnifiquement dressée

 

NB : au moment de servir, normalement, on saupoudre les haricots dans l'assiette de farofa (farine de manioc), mais là, on n'en avait pas parce que c'est difficile à trouver en France, mille fois zélas.

 

 

(*) Prout. HAHAHA !

(**) ce commentaire n'est là que pour remettre les pendules à égalité avec les autres tantes de la famille qui se sont vues traiter d'acariâtres ainsi que d'un autre adjectif qui m'échappe (séniles ? Je ne sais plus trop) sur ce blog vers 2008 et m'en veulent encore. Plutôt que d'admettre qu'elles sont effectivement on ne peut plus cariâtres et qu'en plus elles ont accepté de s'occuper de leur neveu de nombreux mois d'été durant, je préfère vexer les autres tantes aussi.

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 18:42

Aujourd'hui est une belle journée pour vous, mes amis marmitons lecteurs, car revoilà enfin une note de cuisine ! Et même mieux que ça, une recette si facile que la pire des pires couilles molles d'entre vous (sauf si vous êtes une couille molle de mon niveau, mais là vous êtes irrécupérables) pourra la réussir haut la main !

 

En plus, c'est un peu original : c'est un hybride soupe de poisson – poisson au court bouillon. Une recette métisse guyanaise, pour les plus couillons des cuisiniers guyanais (nan, franchement, c'est simple, quoi), et ça répond au nom improbable de blaff. Sans blague, blaff. Annoncer à vos amis « venez manger à la maison, on va se faire un blaff », c'est la promesse d'un repas réussi. Qui ne voudrait venir chez vous découvrir, le coeur battant, ce qu'est que ce mystérieux plat au nom aussi envoûtant que ridicule ? Imaginez la scène :

« Tu viens chez moi, on se bouffe un blaff ?

-Un blaff ? Bof...»

Vous voyez, cette réaction est absolument inimaginable.

 

Prenez donc votre courage à deux doigts, vous n'aurez pas besoin de plus, et lancez-vous dans la confection d'un blaff pour vos potes.

 

Faites-vous d'abord un ti'punch avec de la Belle Cabresse. Ca y est, le plus dur est fait.

 

Prenez ensuite du poisson. Du bon poisson blanc, genre cabillaud (c'est à dire morue non salée). Vous prenez des bons filets de cabillasse (200g par personne), vous les coupez chacun en trois morceaux, et c'est fini pour la préparation du poisson.

 

Passez ensuite à l'amarinade. C'est comme de la marinade, mais en guyanais. Aucune crainte à avoir, c'est pas compliqué pour autant.

Prenez deux citrons verts. Si vous n'avez que des citrons verts européens, durs comme une couille de première-ligne toulousain, passez les 15 secondes au micro-ondes, sur une assiette (c'est une super-astuce de super-cuisinier). Pressez-les, et versez le jus et la pulpe dans un saladier. Ajoutez du poivre, du piment moulu, du gingembre moulu, deux-trois clous de girofle, et lésinez pas sur les quantités. Si vous vous sentez d'humeur provençale, ajoutez un peu de romarrrring, du laurrrrier en poudrrreu, ung peutit peu de bouquet garni, ça fera chanter les cigales dans la jungle amazonienne, cong.

 

Coupez finfinfin deux petits oignons et une gousse d'ail sans âme (toujours enlever l'âme à l'ail), et balancez dans le saladier avec le reste. Ajoutez les gros morceaux de poisson, imprégnez-les bien d'amarinade, et laissez reposer une heure. Ou pas, si vous êtes pressés. Mais c'est moins bien, hein.

 

 

P1060948

Mettez du riz à cuire dans votre rice cooker (si vous n'êtes pas jeune et funky, vous pouvez utiliser un ustensile de cuisine de loser comme une casserole ou n'importe quoi dans quoi peut cuire du riz).

 

Bennez votre poisson dans une cocotte-minute, et recouvrez-le d'eau. Mettez à cuire à feu pas trop fort, genre un peu moyen, et laissez mijoter pendant 15 minutes.

 

P1060954.JPGP1060958.JPG

 

 

Servez dans des assiettes à soupe, avec du riz, et dégustez. Franchement, vous imaginez pouvoir foirer ça ?

 

P1060964.JPG

 

 

 

**attention : séquence non indispensable à la recette**


Rendez-vous compte que si vous avez pris du cabillaud salé, vous auriez dû le laisser dessaler beaucoup plus longtemps que ce que vous avez fait. Beauuuuuuuucoup plus longtemps.

Moquez-vous amplement de votre cuistot qui a réussi à foirer une recette aussi élémentaire, et allez chercher des restes à la cuisine pour éviter d'avoir des problèmes d'hypertension précoces. Du boeuf au poivron fera amplement l'affaire. Bon appétit !

 

P1060965.JPG

 

 

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 16:42

24 décembre : c'est dans une ambiance quelque peu survoltée que j'assiste pour la première fois à la préparation du riz au poisson, plat typiquement sénégalais.

 

La première étape, que j'ai malencontreusement ratée, consiste à faire dessaler de la bonne morue salée (une bonne demi-morue) dans de l'eau, une matinée ou une nuit. Une fois bien dessalée, faites la cuire à l'eau dans une cocotte.

Parallèlement, faites cuire des oignons dans une poêle. Et d'autres dans une casserole. Et mettez des travers de porc à cuire au four, préparés selon une recette tenue secrète et que je ne peux donc pas vous révéler (mais vous pouvez choisir votre propre recette secrète). Faites cuire du riz gluant bien gluant et mettez le à refroidir dehors.

 

cuisiniere1bis

 

Débarassez-vous des éléments perturbateurs en leur faisant confectionner un bon jeune homme, recette qui nécessite essentiellement de tourner une cuillère pendant trois heures, debout à côté de la cuisinière, en fumant sa clope. (mais après, regardez comme ça a l'air bon, miam !)

 

  bonjeunehomme

 

Coupez des poivrons. Deux-trois doivent être coupés en demi-lamelles, un demi doit être conservé pour être coupés en tout petits dés, avec un bon couteau à légumes.

Décalottez un bon chorizou de Lisboa (c'est du chorizo mais en mangeable, directement importé des contrées sauvages de Lusitanie) puis coupez le en tranches pas trop épaisses, et gardez-en un petit bout que vous couperez entre tranches très fines.

 

chorizo

 

Ajoutez les poivrons et le chorizou de Lisboa en tranches pas trop fines aux oignons de la casserole.

 

cuisiniere2

 

Faites monter deux blancs en neige en prenant une pose sexy et ajoutez 200g de sucre.

 

oeufsneige

 

Coupez trois petits oignons verts en tout petits tronçons, et réservez les dans un bol.

 

table2

 

Préparez une purée pas trop liquide (vraiment pas liquide, quoi), ajoutez y plein de coriandre hachée et de la moutarde (une bonne grosse cuillérée).

 

table3

 

Faites cuire des patates coupées en morceaux pas trop gros dans de l'eau.

 

Une fois la morue cuite, enlevez la peau et les arêtes et commencez à l'émietter dans un saladier avant de réaliser qu'elle est trop chaude et trop salée, rebalancez la donc dans une casserole d'eau froide.

 

morue1

 

 

Dénoyautez un paquet d'olives et faites des petits cactus en pâte d'amande, tout en épépinant un quart de concombre et une demi-demi carotte que vous couperez en tout tout petits dés que vous rajouterez dans le bol aux oignons verts en tronçons..

 

table4

 

Ajoutez les patates en morceaux aux oignons revenus dans la poêle et mettez-y les olives, enlevez du feu.

 

Emiettez votre demi-morue pour de bon dans un saladier, le coeur content et plein d'espoir pour l'avenir.

Emiettez. Emiettez encore. Faites-vous la réflexion que l'émiettage de morue a ça de commun avec l'éradication des moustiques qu'on n'en voie pas le bout une fois qu'on a commencé. Continuez d'émietter, jusqu'à nourrir une haine tenace pour cette bestiole, jusqu'à vous réjouir de sa prochaine disparition, et remerciez le ciel d'être aidé par un guerrier taciturne et efficace puisque portugais.

 

morue3

 

Utilisez une partie de vos miettes de poisson (quelques poignées) pour les mélanger à la purée, avec quelques oeufs (selon l'Oracle, 500g de poisson pour 400 de patates et 6-7 oeu:fs). Assaisonnez selon votre goût (poivre, muscade, 5 baies, le sel n'est pas vraiment nécessaire)

 

morue2

 

Entre deux poignées, sortez vos travers de porc du four pour les enduire de miel et remettez les au four.

 

travers

 

Passez ensuite à la découpe d'une autre espèce menacée, en l'occurence le thon rouge.

Coupez le en tranches fines avec un bon couteau, et gardez-les.

 

Décorez le glaçage du gâteau avec vos trucs en pâte d'amande.

 

gateau

 

Allez chercher votre bon riz gluant qui a refroidi entre les moustiques et la litière à chat, et faites en des petites galettes avec des petites soucoupes que vous remplissez puis démoulez sur un plat en bois.

 

tieboudien1

 

Ajoutez par dessus les tranches de thon rouge et quelques-uns des petits légumes coupés finfinfin, et si vous n'avez pas assez de thon rouge, remplacez par du saumon ou les tranches de chorizou de Lisboa coupées finfinfin précédemment.

 

Ajoutez le reste de miettes de morue à la préparation de patates et d'olives.

Gardez ça de côté.

 

Faites chauffer de l'huile dans votre friteuse ou instrument équivalent, et servez à boire tout autour (Flag, Gazelle, Coca, ti'punch, Jenlain, Beaufort).

Revenez à la purée de patates, coriandre et miettes de morues, et confiez à une petite main le soin de façonner des beignets avec deux cuillères (un peu dans une cuillère, puis on racle un bord avec l'autre, petit coup de poignet et on recommence, il faut que ça se tienne bien, et que le beignet ait un peu une forme de banane à trois faces.

 

beignech1

 

Jetez les beignets dans l'huile en faisant bien attention aux projections.

 

beignech2

 

Il faut évitez que ça ne contamine la cocotte pleine de calamars au lait apporté par un autre cuistot. Mettez par ailleurs ses moules géantes et ses escargots au four, après en avoir retiré les travers de porc.

 

Prenez ce qui reste de riz gluant et déposez le sur une feuille d'algue séchée. Ajoutez par dessus d'autres petits légumes finfinfins et des bouts de poissons, et roulez à l'aide du petit tapis en lamelles de bois sur lequel vous aurez pris soin de poser l'algue même si j'ai oublié de préciser avant.

 

Cette préparation de riz au poisson est connue sous le nom de « tie boudin » (baptisé le serpent sénégalais par les journalistes de M6).

 

tieboudin

 

Saisissez-vous d'un bon couteau, et coupez ce boudin en morceaux pas trop larges. Faites une jolie présentation pour les entrées, et baffrez en picolant un ti'punch.

 

prince

 

 

Rajoutez un peu d'huile d'olive aux patates et miettes de poissons et olives, et servez couvert de tranches d'oeufs.

 

morue4.jpg

 

Puis profitez de vos sushis au thon, au saumon, au chorizo, de vos chèvres chauds, de vos pasteis de bacalhau, de vos travers de porc au miel, de vos makis, de vos magrets de canard, de vos escargots, de vos moules géantes, de votre bacalhau Gomes de Sa, de vos congolais, de vos brownies, vous pouvez boycotter le Christmas pudding, de votre tiramisu, de votre sorbet au melon et de votre Bolo de Natal, bien arrosés de pinard, parce que quand même, tout ça vaut le coup d'en choper une colique.

 

 

  chiottes

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 12:42

Comme la recette de poisson braisé de mon beau-frère Christian est ce qui m'apporte le plus de visiteurs sur ce blog, j'ai décidé de jouer la carte TF1 et de vous donner ce qui vous plaît, c'est à dire une nouvelle recette camerounaise. J'espère que vous êtes contents. Moi, oui, en tous cas.

Voici donc le déroulement de la recette, heure par heure, parce que là, j'ai la flemme de faire dans la littérature de haut vol, parce que bon, des fois, y'a des limites aux bornes, nom d'une pipe.

 

13h57. On va être nombreux à table, ma grande soeur m'enjoint donc de commencer à faire la bouffe pour ce soir, pendant qu'elle va à Paris visiter la Tour Eiffel et faire du shopping en famille.

Pour faire original, cette fois-ci, elle ne me demande pas d'éplucher et de couper des oignons, mais d'éplucher et de couper PLEIN d'oignons (8 oignons parce qu'ils sont petits). Pas en lamelles, mais pas finfinfin non plus.

 

 

14h30 : oignons finis, plus de zoeils, ils ont coulé dans les oignons.

 

14h35 : ma soeur m'appelle pour me dire qu'on ne sera pas nombreux, on sera TRES nombreux, et m'enjoint donc (elle aime m'enjoindre) d'aller chercher plus de viande à Casino.

 

15h00 : revenu d'aller acheter 2 kg de barbaque supplémentaires. On a trois kilos de rouelle de porc (jambon et épaule).

 

 

15h30 : une botte de persil coupé finfinfin, puis coupé encore plus fin, puis encore un peu plus, que ça fasse presque de la pâte. Christian (coucou Christian) coupe la viande en morceaux comme on veut.

 

 

16h00 : je rereviens du Casino, parce qu'il fallait acheter plus de persil pour le braisage, pis des cahouètes, des cajous et du boire. Christian a mis à revenir les oignons dans la marmite avec un peu d'huile, rajouté les morceaux de viande avec quelques feuilles de basilic, et salé. Puis on rajoute le persil.

 

 

On rajoute un peu d'eau au fond pour éviter que ça brûle (pas trop, parce que la viande en rendra), puis du poivre, et un petit peu de piment en poudre. (on, c'est toujours Christian), et qu'ça y va à feu moyen.

 

 

16h17 : je me remets à hacher le persil finfinfin, et encore un peu plus, pour plus tard.

 

17h00 : on arrête la cuisson du porc après une heure, il est bien cuit. Un petit thé pour le goûter s'impose, parce que c'est bien beau de couper du persil, et d'écouter gargouiller le cochon dans sa marmite, mais bon, ça remplit pas l'estomac, hein, quand même. On laisse la viande dans son jus et on se consacre à autre chose.

 

17h45 : Bon, on se met à préparer le barbeuque.

 

17h55 : troisième voyage à Casino, pour chercher des bières (c'est beau l'organisation). Je parviens à esquiver la corvée. En échange, j'épluche 1,5 kg de patates pour la purée maison du soir.

 

19h00 : on prépare le badigeon du porc : la botte de persil hachée finfinfin et encore un peu plus, un cube de bouillon, et de la huile toute bête jusqu'au dessus du persil. Les autres convives annoncent leur arrivée dans une heure avec trois kilos de viande en plus, le gigot de secours risque de ne pas servir.

 

 

19h20 : les aptitudes d'un mitron sont multiples. Nouvelle mission : décoller une étiquette de Pinot Blanc d'Alsace pour faire un rouleau à pâtisserie pour la tarte du soir.

 

? : tout le monde est là, on est 21, on picole, on discute, on tient compagnie au cuistot qui barbequioute, c'est pas compliqué, on peint la viande au pinceau avec la mixture de persil, huile et kub (et piment si vous aimez), et on retourne, et on repeint, jusqu'à ce que ce soit cuit, entretemps, on discute, on picole, on finit de faire la purée, on picole, on bouffe les cahouètes et les cajous, on picole, on retourne, ça finit par être cuit, burp.

 

 

Et on sert avec à côté la sauce dans laquelle a précuit la viande, et ça met du bonheur dans les yeux des enfants, et c'est bien l'essentiel.

 

 

Et putaing, c'était bon. Même ma tata qui mange presque jamais de viande et ne se ressert jamais de rien en a pris trois fois. Alors, hein.

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 16:42

On a toujours des amis dont on aimerait se passer, mais qui ont une trop grande utilité pour les rejeter complètement : des avocats, des garagistes, toutes ces sortes de professions dont il est utile de connaître un membre au cas où une tuile nous tomberait dessus, mais qu'on aimerait bien ne pas voir trop souvent. Une fois de temps en temps au bistrot, c'est bien, voire chez eux pour avoir un repas gratuit, mais quand même, les inviter chez soi, ça nous les brise menu.

 

Nous avons donc affaire à une question épineuse : comment conserver ces amis, tout en les faisant passer l'envie de venir vous voir ?

 

J'ai trouvé aujourd'hui la réponse, grâce à mon beau-frère Christian, que je remercie au passage : il suffit de leur préparer un plat qui demande visiblement du mal, prouvant la peine que vous vous donnez pour les recevoir, mais qui leur fera passer l'envie de revenir.

 

Par exemple, proposez-leur des oreilles et des pieds de cochon. Ce plat a l'avantage d'offenser autant l'odorat et la vue que le goût. En fait, il offense tellement les deux premiers que je ne me suis pas risqué à goûter.

 

Ceci dit, il est essentiel de faire ça bien, je vais donc vous proposer la recette idéale.

 

Prenez un tas d'oreilles de cochon, et décongelez-les si besoin.

Lavez les bien, et coupez-les en morceaux de taille comme vous voulez.

 

 

 

Prenez cinq oignons, émincez-les, et faites les revenir dans une grande casserole (la même que pour les tomates farcies).

Ajoutez vos oreilles avec un verre d'eau standard. Laissez mijoter 15-20 minutes à feu moyen. Un fumet qui rappelle étrangement les pieds de Yohann Diniz après une compétition émanera alors de vos oreilles.

 

Rajoutez deux tomates coupées en tout petits petits morceaux, trois cubes de bouillon cub, un peu de basilic, un peu de poivre noir et de sel, et des piments forts forts coupés en morceaux.

 

 

Continuez la cuisson à feu moyen pendant vingt minutes à une demi-heure, jusqu'à ce que le cartilage soit bien mou.

 

Vous pouvez aussi passer l'étape des tomates et tout et mettre les oreilles à griller au barbecue, mais le risque existe que ce soit un peu trop meilleur et que vos amis apprécient.

 

 

Servez à vos amis qui prendront un air surpris, feront « hooo, c'est heu original, c'est vraiment des oreilles ? Ha oui, on sent bien le cerumen... ».

A ce moment, l'idéal est d'avoir quelqu'un comme mon beau-frère, qui engloutira tout avec délectation (je l'envie. Si vous saviez comme je l'envie. Enfin, pour ça seulement).

 

(oui, ma soeur a préféré l'anonymat)

 

Et le tour est joué. Sans les offenser, vous avez dissuadés vos amis de jamais revenir chez vous !

Ne me remerciez pas, ça m'a fait plaisir.

 

PS : en fait, je plaisante, hein. Si on aime les oreilles de porc, cette recette est sans doute très bonne. En tous cas, il faut être plus courageux que moi et essayer pour vous faire une idée.

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 21:42

Il y a des journées qui s'achèvent mieux qu'elles ne commencent. Par exemple, en ce jour, j'étais en train de suer sang et eau sur les formules de politesse chinoises (« Apprends-tu à conduire ? », c'est autre chose que bonjour) et les anecdotes du salon de l'automobile de Shanghai, quand ma dictatrice de frangine m'a réquisitionné pour couper des oignons.

Parce qu'elle avait décidé que pour faire plaisir à son petit mari, on allait faire des machins farcis, en l'occurence des tomates, courgettes zet poivrons farcis (elle n'a aucun complexe à m'utiliser pour renforcer son mariage, la garce). Et que les légumes farcis, selon la méthode apparemment bulgare de notre nounou marocaine commune, c'est vachement super bon, et que du coup, pour cimenter un couple pour moins cher qu 'un marmot, c'est bien efficace.

 

En plus, la viande, c'est bien la chose qui manque aux légumes pour être mangeables.

 

Bref, du coup, j'étais bien content de laisser mon hanyu cidian de côté et de jouer du hachoir sur les oignons.

Parce que bon, elle veut bien que je l'aide, mais pas à faire les trucs marrants, juste les douloureux.

 

Enfin, ça me permet de faire un nouvel article culinaire qui fera péter mes stats.

 

Pour commencer à faire ses légumes farcis, il faut choisir des légumes à farcir. Par exemple, nous, on a pris trois tomates (grosses et un peu fermes), trois courgettes rondes (ces machins qui ressemblent pas à des courgettes) et pis des poivrons verts et rouges, parce que c'est ce qu'il y a de meilleur, les poivrons.

 

Une fois que vous avez décidé ça, occupez-vous de la farce : commencez par faire cuire du riz (genre deux poignées), de la manière qui vous semblera la plus appropriée (nous, on a fait à l'eau). Mélangez votre riz cuit à deux boîtes de viande hachée (ça doit faire 700 grammes au Casino). On a pris du boeuf, mais selon nos hôtes bulgares (qui sont allés voir des amis bulgares avant de pouvoir goûter nos légumes farcis), le mieux c'est de prendre 70% de boeuf et 30% de porc.

Prenez vos petites mimines et mélangez bien, avec un peu d'huile, du sel, plein de poivre noir, du paprika à foison, du cumin pas mal, deux oignons hachés finfinfin au péril de vos yeux, du curcuma, du coriandre (une demi botte hachée finfinfin), mais surtout du paprika et du curcuma. Mélangez joyeusement et vigoureusement en chantant des chansons de matelot (Not'lieut' c'est un enfant d'salaud, il a mis ses filles au bordeau, l'une a Nantes l'autre à Saint-Malo, dans leur con grand comme un seillau, le foutre y coule à plein tonneau... ponctuez de Hey hey, hey ho).

 

 

(bon, là c'est un peu moche, parce que c'est pas fini)

 

Prenez ensuite vos légumes.

Coupez le sommet et gardez-le précieusement. C'est un Graal indispensable à la réussite de légumes farcis.

 

 

Videz les poivrons dans la poubelle, et les tomates et les courgettes dans une casserole. Une bonne cuillère aiguisée sera votre meilleure amie (si c'est vraiment le cas, lâchez votre ordinateur et allez au Club Med). Coupez le contenu des courgettes en petits morceaux. Un couteau sera votre nouveau meilleur ami (ne vous alarmez pas si la cuillère pleure en silence dans un coin, elle s'en remettra vite).

 

 

Faites revenir deux oignons coupés en lamelles dans une graaaande casserole (j'aime bien les grandes casseroles), puis ajoutez tous les légumes et que ça cuise, nom de dieu. Rajoutez des trucs encore,  si vous voulez. Du paprika, du curcuma, tout ça.

 

 

Remplissez de viande les légumes vides, revissez-bien le couvercle dessus pour qu'on croie qu'en fait c'est des vrais légumes alors qu'en vrai non, et mettez-les dans la sauce, qu'ils cuisent, nom de dieu.

 

 

Puis quand c'est cuit, mangez. Avec du riz. Tout est meilleur avec du riz.

 

 

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 22:42

Ce blog étant lu par une tripotée de mères de famille dotées de progénitures plus ou moins insupportables (d'autant plus que certaines me battent à Mario Kart), la recette d'aujourd'hui sera parfaitement adaptées à une punition de môme momentanément pénible : j'ai nommé la soupe d'orties.

Ca convient aussi aux lecteurs nostalgiques de Valentine fait de la soupe aux orties, comme moi.

 

Prenez donc un môme pénible, et lancez lui un ultimatum : faire le ménage dans la maison ou récolter un tas d'orties pour la soupe.

Il en faut une bonne grosse brassée d'enfant.

 

 

Assurez-vous d'aller les lui faire chercher dans un endroit inaccessible aux chiens incontinents, par exemple un bosquet de ronces. Même si on lave les orties par la suite, il est plus agréable de se dire qu'on n'a pas fait une soupe d'orties au pipi de chien.

 

Installez votre môme sur un mur couvert d'aoûtats et faites lui couper les feuilles, et conservez les tiges dans votre table de chevet pour de futurs jeux érotiques avec votre régulier(e).

 

 

Consultez votre livre de recettes familiales pour la soupe d'orties et décidez de n'en faire qu'à votre tête et d'ajouter ce que vous voudrez aux 500 g de patates indiqués.

 

Si vous avez des radis qui traînent dans le coin, prenez-en les fanes, et lavez les.

 

 

Faites laver les orties par votre gamin, et faites les lui hacher assez fin. Vous pouvez vous occuper vous même de hacher finement les fanes de radis, et une tripotée d'oignons si vous connaissez un truc pour pas pleurer, sinon, il faut bien apprendre aux gamins un jour, et celui-ci est parfait (et s'ils râlent, menacez les de confisquer leur console).

 

Épluchez soigneusement quelques patates, genre une livre, ou alors une dizaine de pas trop grosses si vous préférez. Lavez-les, coupez les en morceaux, et mettez les dans une casserole d'eau (allez, mettons un litre cinq (1,5 L). Enfin, à peu près, quoi).

 

 

Faites revenir à la poêle les oignons, puis quand ils sont translucides, rehaussez le feu et ajoutez les fanes de radis et les orties hachées avec 50 grammes de beurre manié, si vous ne savez pas faire de beurre manié, demandez à Ginette Mathiot (si vous ne connaissez pas Ginette Mathiot, honte à vous, et faites fondre du beurre et ajoutez de la farine, de toute façon vu les quantités, ça peut pas faire foirer la recette).

 

 

Une fois que le beurre manié n'a pas cuit, car il ne doit pas cuire, et que les oignons et le feuillage sont bien revenus (je vous laisse le soin de trouver un jeu de mots foireux à adresser à votre enfant sur les plantes qui se sont pas enfuies, tout ça, il vous méprisera un peu, mais chérira le souvenir de la blague foireuse de papa/maman, on chérit tous les blagues foireuses de papa/maman secrètement). versez le contenu de la poêle dans la casserole avec l'eau et les patates.

 

 

 

Puis mettez à cuire cette mixture peu appétissante, en ayant rajouté du sel, du poivre et encore du poivre (parce qu'une soupe d'orties, il faut que ça pique).

 

 

Quand les patates sont cuites, c'est cuit.

 

Empoignez votre moulin à légumes préféré, et passez tout à la moulinette (prenez soin de mettre votre moulin au-dessus d'un récipient plutôt que, mettons, de l'évier). Rectifier l'assaisonnement, ajoutez de la crème fraîche.

 

 

Ne reste plus qu'à déguster.

 

 

Au cas où vous trouveriez ça vraiment dégueulasse, prévoyez de préparer quelque chose de bon à côté, comme par exemple deux jattes de moules à la crème ou au vin blanc accompagnées de poulets rôtis et de riz sauvage (si vous disposez d'un oncle qui ne peut concevoir un repas sans riz, comme le mien).

 

 

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 18:42

Ha, combien doux est le souvenir de la bonne confiture rustique de mamie, dégustée sur des tartines de pain épaisses comme une planche !

 

Afin de recréer ce souvenir proustien, tentons de faire une bonne confiture d'abricots à la mamie.

Les conditions extérieures ne sont pas à négliger : il faut de préférence commencer tard, alors qu'un crachin breton postillonne sa haine du genre humain sur les vitres de la chaumière encrassées par la poussière des temps et les chiures de mouches millénaires. Par exemple, prenons la maison de ma tata bretonne.

 

 

Si ça c'est pas du rustique, je sais pas ce qu'il vous faut.

 

Prenez des abricots fraîchement cueillis au Leclerc du coin. A la lueur vacillante d'une chandelle de suif, dénoyautez vos abricots (saisissez les fermement dans le sens vertical, poser les pouce joints sur la raie, et écartez violemment, puis arrachez le noyau d'un coup de doigt).

 

(pas d'image, ce site est respectable, nom d'une pipe)

 

Découpez chaque moitié d'abricot en quatre parties plus ou moins égales selon votre dextérité au couteau, et entassez-les dans un tupperware vintage. Vous pouvez chanter des chansons traditionnelles pendant cette phase, comme la digue du cul, ou Fanchon.

 

 

 

Si vous vous sentez des velléités d'expérimentateur culinaire, cassez une poignée de noyaux au casse-noix et mettez les amandes de côté pour les ajouter à vos abricots. Elles ajouteront une note d'amertume que certains apprécient (mon papy, par exemple)(non, mon papy n'est pas Marie Besnard, l'amande d'abricot n'est pas pleine de cyanure)(enfin, pas PLEINE PLEINE, mais y'en a quand même un peu, évitez d'en mettre plusieurs dizaines, quelques unes suffisent).

 

 

Pesez vos abricots. Notez soigneusement combien il y en a, et rajoutez les trois-quarts de sucre cristallisé. Trois-quarts de sucre par rapport à la masse d'abricots. Soit la masse d'abricots fois trois divisé par quatre. Pas compliqué. Mais il est d'usage de faire cinq fois le calcul, puis d'y aller vaguement au pif.

 

Ajoutez donc aux abricots la masse de sucre décidée (profitez-en pour être beau comme un Vermeer), et touillez avec une cuillère en bois.

 

 

Puis laissez reposer jusqu'au lendemain.

 

Prenez un bon bol de Chocapic, et allez constater que vos abricots ont rendu plein de jus, et que du coup, vous avez une soupe de morceaux d'abricots au sucre. Mélangez bien avec une cuillère en bois pour faire fondre le sucre au fond du pot, puis armez-vous d'un mixer à soupe et faites un velouté de vos gros morceaux d'abricots. Ca réveille encore plus que le petit déjeûner si votre mixer est du genre marteau-piqueur miniature.

 

 

 

Transvasez votre velouté d'abricots dans une bassine en cuivre, et mettez à chauffer à feu moyen. Une fois que ça bouillonne, baissez le feu et laissez cuire une heure à une heure et demie.

 

 

Arrêtez la cuisson quand elle est suffisante (il faut que la confiture fige quand vous en mettez un peu sur une assiette froide).

 

Ecumez la mousse superficielle avec une écumoire. La mousse, c'est sale. Il ne faut pas la lécher, car elle est toxique. Jetez-la loin.

 

 

 

Prenez une grosse louche et transvasez la confiote de la gamelle dans les pots de confiture, de préférence avec un entonnoir à confiture (outil ingénieux s'il en est), jusqu'à pas tout à fait en haut, et attendez que ça refroidisse. Genre jusqu'au soir. Que ce soit bien sûr que la confiture soit pas assez chaude pour faire fondre la paraffine. Parce que vous n'avez pas oublié de vous procurer de la bonne paraffine à confiture, quand même ! Puis en plus, comme ça, vous ratez pas le Tour de France.

 

 

Puis faites cuire ladite paraffine, qu'elle soit bien liquide. Et versez-la un peu partout autour des pots, en essayant d'en mettre un maximum dedans, en une couche de 5mm, histoire d'éviter les moisissures et les fourmis.

 

 

 

 

 

Ne reste qu'à coller des étiquettes proclamant fièrement la composition de la confiture et sa date de conception.

 

 

Et à passer le reste de l'année à trouver des gens à qui offrir une partie de votre stock.

 

 

 

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