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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 22:42

Je savais bien que je ne tiendrais pas. En même temps, ça m'a permis de voir où étaient mes VRAIS amis, et les gens de bon goût. Hmpf. Y'en a pas beaucoup.

 

Cela étant dit, hein, j'ai toujours pas grand-chose à dire, si ce n'est rassurer Pat sur la question du roman : j'ai essayé, mais au bout de cinq pages, j'ai abandonné, parce qu'en fait, je n'avais rien à dire.

 

Pour la postérité, voici donc les premières pages de mon autobiographie, commencée il y a quelques années, qui n'est jamais, heureusement, allée très loin. Je vous l'ai même mis dans une autre police pour que vous puissiez faire la différence avec ce qui n'est pas mon autobiographie, c'est à dire jusqu'à la fin de ce paragraphe. Au fait, la famille, évitez de lire, c'est pas pour vous, c'est pour les gonzesses.

 

 

*****

 

Si je me lance aujourd'hui dans la longue et pénible tâche d'écrire mes mémoires, c'est en particulier pour mes petits-enfants.

Plus exactement, pour avoir des petits-enfants. Etant donné mon incapacité notoire à draguer couplée à mon sex-appeal de pécari asthmatique, j'ai décidé de me rabattre sur la solution idéale à laquelle se résolvent plein de losers : écrire un livre. Ainsi, je pourrai profiter des séances de dédicaces pour trouver l'âme soeur.

 

Je nous y vois déjà. Elle sera là, svelte et tremblotante, les yeux écarquillés par son audace, et me confiera dans un souffle « Je... C'est la première fois que je viens voir un auteur... le récit de votre enfance m'a tellement touchée, le souffle épique de vos aventures... » Elle rabattra une mèche de cheveux roux derrière une délicate petite oreille ourlée et cramoisie, déglutissant l'abondante quantité de salive que le trac lui aura fait sécréter, et je suivrai des yeux le trajet de cette salive le long d'une gorge ravissante, jusqu'à un décolleté soyeux et appétissant, et je lui ferai une dédicace pleine d'esprit et de sous-entendus, et je signerai de mon numéro de téléphone, et vogue la galère. En espérant qu'elle soit bonne cuisinière.

 

Ceci étant dit, il me reste ces mémoires à écrire, et je n'ai malheureusement pas les sous pour me payer un nègre. C'est une gageure pour quelqu'un comme moi qui, outre le handicap de n'avoir aucune mémoire des évènements, a eu une enfance totalement dépourvue de rebondissements et n'a pas vraiment entamé sa vie de grand (celle où on peut serrer des secrétaires lubriques entre deux photocopieuses, ou délivrer des otages de pirates somaliens)1.

 

C'est pourquoi j'ai décidé de saupoudrer cette autobiographie de notes n'ayant absolument aucun rapport, mais qui sauront éventuellement rallumer la flamme de l'intérêt de toi, lecteur (et surtout de toi, ravissante possesseuse de poitrine soyeuse), et auront en plus le double intérêt de rajouter de la pagination, me faisant croire que j'arrive à pisser de la copie aussi bien que Marc Levy, et de donner un petit côté conceptuel qui ravira les éditeurs audacieux et/ou désespérés encore plus que des fautes de grammaire telles que « l'intérêt de toi », dont je viens de me rendre compte.

 

Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, hein ! Quand je dis que mon existence a été pauvre en rebondissements, je veux juste dire que je n'ai pas vécu d'expériences particulièrement dangereuses (quoique, j'ai été mordu par un poney, une fois), pathétiques (quoique, j'ai porté une coupe au bol pendant des années, une fois) ou violentes (quoique, j'ai découpé un dauphin au sécateur, une fois).

 

Je ne vais pas prétendre non plus que mon existence a été plate comme la poitrine de Carla Bruni, non plus. Autant que je puisse en juger, ç'a été un beau foutoir. Parce qu'elle a beau avoir été particulièrement pleine de moi, qui suis stable et équilibré, l'honnêteté intellectuelle me force à reconnaître qu'elle a été également assez fournie en ma famille, mon existence.

 

Et qu'une famille avec des portugais, des guadeloupéens, des polonaises corsifiées, des bretons, des lozériens, des algériens libanais, des camerounais, des italiennes, des artiss', des profs, des syndicalistes, des belges, des biologistes en veux-tu en voilà, des médecins, des grands bourgeois, des nantis, des mamies poseuses-de-cierges-aux-examens, des mamies Alzheimer, des tontons-gâteaux transformés par la grâce du divorce en méchants-pires-que-Voldemort, des sportifs, des hypertendus, des nounous marocaines, des comptables, des paranoïaques, des snobs, des broyeurs-de-grenouilles, des juges, des croyants, des yogistes, des espions (enfin, je crois), des cordons-bleus, des geeks, et je ne parle même pas des pièces rapportées, ben, ça fait un peu foutoir. Joyeux foutoir, notez.

Rajoutez-y des amis bretons, mosellans, belges et assimilés, geeks, chasseurs de poissons, ermites ruraux, hystériques des hippopotames, castreurs de truies, branleurs d'étoiles de mer, écrivains, mangaphiles, chefs d'orchestre, blondes, rôlistes, communistes, comtes, odorants, thésards, informaticiens, roux, thésards en informatique, auteurs de bédé, et j'en oublie un paquet, et vous comprendez pourquoi j'en suis venu à compter sur ce livre (mine de rien, j'en suis à quatre pages)

 

Mais je vais faire avec les moyens du bord et commencer par le commencement, si vous le voulez bien (je sais, ce n'est pas vraiment une marque de sollicitude vis-à-vis de vous, lecteur, je ne vous laisse pas réellement le choix, mais on ne se défait pas d'une bonne éducation aussi facilement que ça, que voulez-vous).

 

 

1

En même temps, si j'avais pu me serrer des secrétaires entre deux photocopieuses, je n'aurais pas à écrire ces Mémoires pour me lever une belette.

 

 

*****

 

Le Commencement.

 

*****


Tentons le flash-back. Zoomez sur mon regard bleu comme un ciel de montagne en hiver, approchez-vous de mes pupilles liquides, et pénétrons ensemble mon plus ancien souvenir. Un écran blanc palpite, et le point se fait sur un berceau avec deux bambins dedans. Mon petit frère et ma petite soeur, la première image qui me vient à l'esprit.

 

En fait, non.

Mon premier souvenir est d'une grise après-midi dans un parc marocain, où, accompagné de mes parents et de ma grande soeur, j'ai officiellement été à l'origine de la conception des deux marmots précités.

C'est dans ce parc de [je sais plus le nom, en fait], où claquent les becs des cigognes et souffle le vent d'hiver, que j'ai lancé une pièce dans une fontaine à souhaits, enclenchant le processus de fabrication des futurs jumeaux.

 

Ha oui, nous étions dans ce parc parce que mes parents, ainsi que moi et ma soeur, donc, habitions au Maroc. Mon père faisait compter des graminées par des étudiants, et ma mère faisait quelque chose qui me permettait d'avoir un train électrique au Noël du consulat de France. Ce n'est qu'après que j'ai su qu'elle était assistante sociale, ce qui longtemps a signifié qu'elle mettait des tampons sur des papiers, et que des fois elle me laissait faire. J'ai encore quelques livres (de Yak Rivais, surtout) qui arborent fièrement leur appartenance au consulat de France à Rabat sur leur tranche.

 

Mais revenons à nos jumeaux. Enfin, aux miens. Du moins, à ceux de mes parents, qu'ils n'auraient jamais eus sans moi et un gros paquet de veine.

Parce que oui, rétrospectivement, je me dis qu'ils ont eu une chance de cocus, avant même leur conception, ces deux-là. Parce qu'il fallait que la pièce soit lancée pile-poil sur la table au milieu de la fontaine à souhaits, et que la fontaine était profonde, que la table était gardée par de farouches anguilles carnivores, et que la coordination musculaire d'un gamin de trois ans n'est pas franchement fiable.

Toujours est-il que ma pièce, après avoir touché la surface, a coulé avec la désinvolture nonchalante d'une feuille morte, échappé aux mâchoires des anguilles, et est venue se loger exactement dans le trou au centre de la table. Je ne sais pas si Dieu existe, mais il serait venu lancer sa piécette qu'il aurait pas fait mieux.

Et donc, tout excité, je me suis retourné vers mes parents, j'ai fait de ma voix fluette de blondinet « je veux un petit frère ou une petite soeur », et ma grande soeur m'a repris, et elle a dit « un petit frère et une petite soeur, ce serait mieux », et j'avais le droit de changer mon souhait parce que ma pièce était tombée dans le trou au milieu de la table, et j'ai changé, et un an plus tard, je me retrouvais en Lozère, chez ma mamie, encombré d'un petit frère et d'une petite soeur qui s'accaparaient paresseusement mes parents pas ravis. Enfin si, mais c'était pour l'allitération. La licence poétique, tout ça.

 

Je sais pas si vous vous rendez bien compte. A quatre ans, j'étais responsable de la venue au monde d'une future gauchiste effrénée et d'un futur broyeur de grenouilles au pilon. Et c'est la chose la plus importante que j'aie fait jusqu'ici, et celle dont je suis le plus fier.

 

Enfin, pour l'heure, ils n'étaient respectivement qu'un espèce de rôti rouge et vagissant pétant de santé et une crevette pâlichonne couverte de ventouses, qui avait échappé de peu à la faux de la Mort Subite du Nourrisson, ce qui aurait épargné bien d'innocentes reinettes, mais empiété sur la connaissance des populations de fourmis des parcs lyonnais. Un mal pour un bien, j'imagine.

 

*****

 

 

 

Voilà pour la première partie. S'il y en a que ça intéresse vraiment, mais genre vous allez vous faire pipi dans la culotte si vous pouvez pas lire les trois pages qui suivent, je peux être bon prince, vu que ça n'ira pas plus loin. Mais il faut que je sente votre détresse et votre amour, sinon, pfffrt.

 

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 12:42

Cela fait longtemps que je n'ai pas posté d'articles, et je ne peux plus m'en excuser.

Je ne le veux plus.

 

J'ai bien réfléchi, depuis quelque temps. Plus réfléchi qu'écrit, ce que je ne faisais pas avant. Et, j'ai le regret de le dire, cela m'a ouvert les yeux.

 

Pendant un bon moment, je me suis demandé « à quoi bon écrire ? ». Après réflexion, je me suis rendu compte que la question était très mal tournée. Parce que l'écriture ne m'apporte rien de bon, et pour vous, lecteurs, en tant que population, est carrément nocive.

 

J'ai écrit quelques centaines d'articles depuis que j'ai lancé ce blog. 526, me dit ma plate-forme. A raison d'une heure (et c'est une fourchette basse, je dirais) par article, c'est donc 526h, soit 15 semaines de 35h que j'y ai consacrées, 15 semaines totalement non rémunérées, au bas mot. En ce qui me concerne, ce n'est pas l'impact financier (ou plutôt, son absence d'impact) qui me désole, je ne suis pas si près de mes sous, mais c'est ce que ça a créé, c'est à dire rien de bon.

 

Ou non. En fait, ne rien créer de bon ne m'aurait pas posé tant de souci, mais il faut se rendre à l'évidence : certains d'entre vous, ceux qui êtes là à me lire en particulier, m'avez lu. Pour les amateurs de chiffres, si on considère que ma fréquentation moyenne est de 30 visiteurs par jour, depuis la création de ce blog (février 2007) soit 1320 jours (en gros), à raison d'une minute de visite, plus 2952 commentaires à raison d'une minute par commentaire, ça nous fait plus de 42000 minutes, soit environ 710 heures (sept-cent dix !) ou pas loin d'un mois. Plus peut-être, si j'écoute mon ego qui me dit que vous y avez passé plus d'une minute à chaque fois.

 

710 heures, certes réparties sur plusieurs personnes, mais quand même. 660 heures, passées devant mon blog, à ne rien faire d'utile.

 

710 heures que vous auriez pu consacrer à votre famille,à vos amis, à resserrer des liens, à créer un monde meilleur. 710 heures que j'ai arrachées à ceux qui comptent pour vous. A la société dans son ensemble. Mon putain de blog est un instrument, certes parmi d'autres, mais néanmoins un instrument absolument indéniable de la destruction du tissu social.

 

Si encore il avait un intérêt. Mais il ne vous apprend rien. Il me prend du temps, que j'aurais pu consacrer à travailler, ou dans une association (enfin, à lire ou regarder des séries télé et à ne faire de mal à personne, soyons honnête), il vous prend du temps qu'il vole à vos proches, et il ne donne rien.

 

Le continuer plus avant, quand j'ai enfin réalisé sa nocivité, s'approcherait dangereusement du criminel. C'est une piste que je ne veux pas explorer.

 

Vous comprendrez que je ne puisse, dans ces conditions, pas continuer. Je ne veux plus avoir ça sur la conscience.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 18:42

Ces derniers temps, j'ai pris des vacances, et pas que de blog. J'en avais besoin. Je suis rentré en France. J'ai pris un avion jusqu'à Casablanca, un autre jusqu'à Paris, un train jusqu'à Guingamp, un autre jusqu'à Paimpol, puis pas de bus puisqu'on était dimanche donc mes papattes, au bout de trois kilomètres j'ai été pris en stop par un gentil podologue, puis on a pris la vedette de Bréhat, et sur le quai, ma petite sœur m'attendait avec une carriole pour que je puisse tirer ses courses jusqu'à la maison quatre bornes au nord, où j'ai été d'entrée été réquisitionné sans pitié pour abattre les hortensias géants qui bouchaient la fenêtre avec des sécateurs géants.

 

Pfiou.

 

C'était fatigant, mais bien, puisque c'était Bréhat, et qu'il n'y a rien de mieux. Juste un truc : Bréhat, ça donne une propension au radotage. Je sais pas à quoi c'est dû, mais c'est comme ça. On fait toujours la même chose. On sort faire les mêmes balades au phare. On se dit « tu vois les roches Douvres, là-bas ? Non. Par contre, on voit vachement bien la côte en face. Oui hein, plus que d'habitude. Oui ». On prend des photos. On ronchonne sur les touristes. (leur dernier truc, c'est de remonter des cailloux de la plage sur la berge. Des gros galets. Plein de gros galets. J'ai pas compris pourquoi. On en a rejeté des centaines de kilos de galets sur la plage, du coup). Le soir, on se pose devant la porte de la cuisine, et on change des propos traditionnels, dans des termes à peu près inchangés depuis aussi loin que je me rappelle : « waaaaw. C'te lumière. On s'en lasse pas, hein ? Clair », et c'est vrai.

 

Cependant, il y a eu des surprises, cette année, et c'était chouette. Par exemple, j'ai vu le petit derrière blanc d'un lapinou qui a bondi devant moi dans les fougères, quand je suis parti, selon une tradition personnelle bien établie, me perdre dans les chemins que je prends depuis vingt-cinq ans à 500m de la maison . C'est pas tous les jours, les lapinous.

 

Ce qui l'est encore moins, cependant, c'est de voir des dauphins depuis la cuisine. Enfin, les gerbes de dauphins qui sautent dans l'eau. Du moins à l'oeil nu, à la jumelle, on voit bien les dauphins. C'est la première année, les dauphins, et c'est bien.

 

Plus surprenant encore, on est parti, à un canoé et trois kayaks, faire un pique-nique sur une île, et on a vu un tapir. Je ne pensais pas qu'ils quittaient l'Amérique du Sud, mais il faut se rendre à l'évidence. Il traînait là, sa trompinette en l'air, en soufflant comme un phoque.

 

phoque.jpg

 

En bref, c'était rien chouette. Mais j'ai oublié comment on fait une note de blog, par contre. Du coup, je vais m'arrêter là.

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 10:42

Bien chers pioupious, amateurs de belle langue française et en particulier du passé simple à la deuxième personne du pluriel, sans doute vous étonnâtes-vous, voire même, qui sait,  vous indignâtes-vous, de mon récent silence bloguesque. N’y voyez point malice de ma part, mais je me consacrais totalement à la salade de tomâtes, et je sais que vous ne m’en tiendrez point rigueur. Vous vous étonnerez peut-être de ce qu’une aussi simple recette puisse m’empêcher des semaines durant de pondre la moindre note de blog, mais il vous faut savoir que je pèle mes tomates, pour ne pas avoir à mâcher leur vilaine membrane, et ça prend du temps quand on n’a pas de quoi chauffer de l’eau : il faut longuement et langoureusement masser vos tomates avec un couteau, avant qu’elles ne consentent à se dépoiler sans s’accrocher trop à leur peau.

 

Mais ce n’est pas tout, hein.

 

J’ai aussi été exploité par un couple d’exploiteurs, à savoir mes voisins, qui ont réquisitionné mes talents pour leur filer un coup de patte à la remise en état de l’épave qu’ils acquirent l’an passé.

 

Oui, j’ai travaillé de mes mains, jusqu’à les antifouler complètement (ou presque). J’ai été commis d’office, en raison de mon passé de tourneur d’aligot semi-professionnel (dont je narrai au passage les arcanes à un des manœuvres du chantier, qui m’écoutait avec émerveillement), au mélangeage de peinture et de machin qui pue pendant que les propriétaires de la peinture allaient s’acheter des clopes. Ces gens-là n’ont aucune morale. La preuve la plus flagrante de leur sadisme est le t-shirt qu’ils m’ont prêté pour que j’évite de saloper mes beaux habits : un machin en taille L soulignant de manière indécente les lacunes que possèdent mes poignées d’amour en matière de discrétion.

 

En plus, après mon courageux touillage au bâton, j’ai dû peinturlurer des bouts de bois et de métal, ce que je fis avec tout l’art dont je suis capable, et dieu sait que la peinture au rouleau est un domaine où je peux me vanter de faire des œuvres dignes de Malevich. J’étais fier de moi, fier de savoir que mon œuvre pourrait être vue aux quatre coins du monde par tout un tas de poissons qui  quitteraient le port avec dans leur petit crâne de poisson un enthousiasme dont ils ne sauraient trouver la source, mais néanmoins là. Mais non. Une heure à peine après que j’eus fini, ils passaient sur mon œuvre une couche rougeasse d’antifouling qui privera le monde aquatique des plus ravissants coups de rouleau qu’il aurait pu voir.

 

 

 

Vexé, je partis faire des photos pour hurler au monde l’injustice dont je suis victime :

 

baiedehann.jpg

 

Les enfants qui s’ébattent joyeusement dans la flotte symbolisent la fragilité et la précarité de mon art soumis à un monde qui s’en fout, symbolisé par leur environnement : la baie de Hann, une des plus polluées au monde. (essayez de ne pas penser aux sales maladies qui attendent ces gosses, c'est se faire du mal. On a tenté de leur dire de ne pas se baigner, pour garder bonne conscience et ne pas se dire qu’on faisait de la non-assistance à personne en danger, mais il fait chaud, hein. )

 

poisson.jpg

 

Ce poisson mort symbolise mon espoir d’être un jour reconnu à ma juste valeur.

 

pioupiou.jpg

 

Ce gros poussin sans doute estropié symbolise mon talent,  dont l’envol est sévèrement compromis par la cruauté des philistins, symbolisés par les deux gros chats roux qu’on ne voit pas sur la photo mais qui se léchaient les babines.

 

moussa.jpg

 

Cette photo symbolise l’effet de mes explications sur les arcanes du tournage d’aligot sur un malheureux manœuvre du club nautique.

 

minou.jpg

 

Et cette photo symbolise un chaton trop choupi qui joue avec des clés, lol.

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 21:42

« Francis, franchement, ne crois-tu pas que tu exagères ? »

Cette interrogation surgit avec la soudaineté d’un grappin s’accrochant aux créneaux de mon for intérieur.

Car oui ! Foutrecul, c’est bel et bien exagéré de ma part de vous laisser comme des orphelins, ne vous abandonnant même pas un os à ronger sur blog en décrépitude.

A cette réalisation, le rouge me monta au nez, puis, se rendant compte de l’inanité de ce combat sur un visage au teint de roux depuis longtemps rendu cramoisi par la moiteur tropicale de l’hivernage sénégalais, reflua lentement vers d’autres organes qu’il est inutile de mentionner, d’autant qu’il est possible que ma mère lise ces lignes.

J’avais donc résolu de me présenter devant vous pour battre ma coulpe. Ce ne fut pas la plus simple des démarches, je peux vous l’assurer. J’ai fouillé toute la maison avant de la retrouver, blottie, tremblante, sous un carton dans la cave. Mais, au moment d’abattre un bras vengeur prolongé d’une louche de cuivre (à ceux qui s’étonneront du fait que je n’ai pas de martinet, je dirai que, célibataire et sans enfant, je n’en ai simplement pas besoin. Et bien que je sois conscient qu’il est également courant de battre sa coulpe avec une ceinture, je dois avouer, à ma grande honte, que je suis trop enveloppé pour en avoir besoin. Cette louche, héritage familial, est le seul instrument contondant que comporte mon mobilier), au moment de faire rendre gorge à cette coupable coulpe, je croisai son regard implorant, et, à ma grande honte, mon bras retomba, flasque, sans volonté.

Qui suis-je pour battre ainsi la coulpe que j’ai élevée à la sueur de mon front ? N’en suis-je pas responsable ?

Oui, je suis le seul coupable dans cette histoire, moi et ma coupable arrogance.

Car qui suis-je pour prétendre pouvoir tenir un blog pendant des années ? Je ne suis qu’un misérable vermisseau. Je ne mérite même pas le titre de blogueur. De bloguicheur, à la limite. Mais ça n’existe même pas.

Je n’existe même pas.

Tant pis.

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 22:42

Il m’est arrivé plus souvent qu’à mon tour de maudire la vie et ses mauvais tours. Non, attendez, je reprends, je n’ai pas fait exprès de faire cette mauvaise rime. Il m’arrive plusieurs fois par jour de maudire la vie et ses mauvais tours.

Car oui, la vie n’a pas hésité à se montrer chienne avec moi. Elle m’a affublé d’un corps qui présente, j’ai l’impression, plus que sa part de défauts, hélas pas complètement compensés par mon esprit acéré comme la plume d’un aigle. Elle a fait de moi un être gras et mou, malgré mon amour du sport en général (hier encore, je regardais la pétanque à la télé, c’est vous dire). Elle m’a donné une chevelure que les incultes, qui peuplent cette triste planète, n’hésitent pas à qualifier de rousse (je ne suis pas roux, bon sang ! Je suis blond vénitien ! Ca n’a rien à voir !). Elle a décidé que non seulement je serais simili-roux, mais qu’en plus j’aurais des pellicules, ce qui est particulièrement dégradant, n’ayons pas peur des mots. Elle m’a donné une démarche de canard ridicule. Elle m’a doté d’une incapacité notoire à sourire avec les dents. Elle m’a recouvert d’une peau qui ne bronze pas mais reste rougeaude, à me faire passer pour un touriste belge.  Elle m’a d’ailleurs donné des origines belges.

Et encore, je vous épargne les détails les plus sordides. (non, être belge n'est pas sordide, tout juste légèrement avilissant.)

Mais, malgré cela, je dois vous dire qu’en fin de compte, je ne lui en veux pas. Et ce n’est pas qu’un simple syndrôme de Stockholm, en plus. (fichtre, la vie qui me prend en otage, si ce n’est pas une métaphore digne de Marc Levy, je veux bien qu’on me mange une burne.)

Car, malgré ses petites mesquineries, la vie a une manière de rattraper le coup qui fait qu’on a envie de la prendre dans les bras en lui faisant un petit bisou. Et pourtant, je ne suis pas du tout du genre tactile. Tiens, ça fait encore un truc sur l’ardoise de la vie : j’ai tendance à mettre des coups de latte quand on me touche sans avoir prévenu  (et rempli un formulaire d’autorisation en trois exemplaires. Qui sera refusée). Ce doit être une composante de mon célibat persistant. Et tout cela malgré une totale absence d’attouchements zosés par un curé pervers dans mon enfance, qui aurait donné à mon passé une petite touche larmoyante du meilleur effet. C’est désespérant , je vous dis.

Mais je reviens au sujet, je vous sens trépigner d’impatience devant vos écrans. Je m’en excuse. Ce n’est pas ma faute, j’ai une tendance à dévier du sujet, mais c’est encore un coup de la vie. Elle est partout, cette garce, hein ?

Alors voilà, le truc qui me réconcilie chaque jour avec la vie, le truc qui me remplit d’émerveillement et de reconnaissance béate à chaque fois que je le réalise : j’ai beau transpirer comme un cochon (à la limite, suinter de la transpiration collante par tous les pores serait plus proches de la réalité) (hé, j’habite les tropiques, hein), cela, miraculeusement, ne m’empêche pas d’avoir une odeur axillaire tout à fait supportable.

Vous avez bien lu : je ne pue pas des aisselles, même après une journée à suer comme une bête sous le poids insupportable d’un t-shirt en coton.

C’est merveilleux, je vous assure. Il me suffit, lorsque je me sens le moral dans les chaussettes, de me mettre le nez sous le bras et d’inspirer un grand coup, et la bonne humeur me revient, un large sourire (sans les dents) se dessine sur mon visage rougeaud, et je retourne joyeusement troller sur le net, le cœur content.

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 19:42

A week ago, when the sky was dark and low and my thoughts drifted away while I relaxed in the comfort of my sweat-covered (well, salt-crusted) sofa, a lone sentence got into my skull, a sentence I can’t shake off, and which haunts me since. Not being a man to deny his friends an insight in the deepest, blackest pits of my psyche, I’ve decided to share it with you, because you are my friends, aren’t you?

So here it is, the few words which have been in my head for a whole, long week and which I haven’t brought myself to use as a facebook status yet : I still can’t get over the fact that boobies.

Which is true. I mean, sometimes you get stuck with a phrase you don’t agree with, such as “I’d  like to lick a sweaty armpit”. OK, it sounds good, would make killer lyrics for a rap song, but licking sweaty armpits, or even dry, clean ones, doesn’t appeal to me at all. But I really can’t get over the fact that boobies. That, and the wonderful capacity of English language to convey such powerful meaning through a sentence that is, grammatically speaking, fully incorrect. But still, boobies.

Boobies is, maybe, the most beautiful word in the whole English language. It must, of course, be plural. Booby is not as beautiful as boobies, much in the same way that a lonely boob, lost in the middle of a chest, is a very sad thing. Yes, a sad thing indeed. I also love the word indeed, which can be used in every situation in which boobies seems inappropriate, such as a conversation at lunch with your boss about the economics of something, or another boring topic about which you care very little, since you are (discreetly, I’ll give you that) ogling the lovely, two-breasted chest of the student at the table behind him.

Boring boss : “… and sho, you shee, [boooooring finanshial shtatement about which you just can’t care, told with a moush full of mashed potatoj], ijn’t it ?

You : -… [jerkily moving your head toward him, getting out of your wet dream] Yes, indeed ! (here, the use of boobies would be unwelcome).

Indeed is a life-saver, if you use it wisely. It can also help you out of a blog article which is going nowhere, though not for very long, because who would rather talk about indeed than boobies ? Who, indeed ?

… Nice try, brain.

Boobies. It is a wonderful word, a world of a word, indeed (dammit!). The sound of it, so charming, so child-like in its pronunciation, and so delightfully grown-up in its hidden promises... I believe that calling boobies boobies is the best thing humanity could do to boobies. And don’t they deserve it? I mean, boobies. They deserve much, for they have done much for us as species.

They deserve home-made cookies. I don’t have any, so I’ve made a haiku, which isn’t as good, but also have a k in it. I would love to have a k for boobies.

 A flash of flesh

Giving light to my night

Boobies.

And that is all I had to say about the fact that boobies.

 

Thanks.

 

(in fact, I had also written a poem about boobies, but it wasn’t very good, rhythmically speaking. It went:

Boobies, boobies, you are the best

Part of everyone who has boobies

Those who haven’t them are those who love them best

Because if there is a thing you can’t deny, it is that boobies !)

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 22:42

 

Longtemps, j'en ai voulu à mes parents de m'avoir affublé de l'hideux prénom qu'est Francis (1)(2). Quand de base, vous êtes un blondinet à lunettes avec un an de moins que tout le monde, une coupe au bol et plein de bons points, c'est normalement amplement suffisant pour vous faire frapper dans la cour de récréation. Si vous y ajoutez un prénom qui ne ressemble pas à Laurent, Florent, Sébastien ou Alexandre (3), ça peut être considéré comme de la provocation au troisième degré (ça ne l'était pas ! Je vous jure !) et ce, jusqu'à la fin du lycée, au moins.

 

Comme j'ai haï mon prénom. Je n'en ai jamais rien dit à mes parents, qui ne pensaient certainement pas à mal. Quoique. On m'a appris par la suite que quand ils avaient annoncé vouloir appeler leur enfant Francis, leurs amis avaient signé une pétition contre. Et ma soeur était née, heureusement pour elle, mais moi, j'y ai eu droit. Comme quoi, ils n'ont pas retenu la leçon (5).

 

Cependant, à l'orée de la pré-puberté, un événement survint dans ma vie, qui me fit accepter ce que je n'aurais de toute façon jamais pu changer. Un événement qui a, quelque part, changé ma vie, et m'a aidé à accepter ce que je suis, et même à le revendiquer. Un Francis.

 

A l'époque, les vacances étaient synonymes de longs trajets en voiture, qui étaient synonymes de baffrage de sandwichs à midi, et de petits gâteaux plus tard, parce que c'était une époque où on se foutait d'avoir des miettes dans les sièges.

 

Il faut que vous sachiez, nous étions plutôt une famille BN, par tradition ancestrale. Mais ce jour-là, miraculeusement, nous avions acheté une boite de Pépitos à la station service, que j'entamai sans ménagement. Puis, en mastiquant, j'étudiai la boîte (j'avais dû finir mes deux club des 5 et il ne me restait rien à lire). Et là, sur la boite, dans un encart rouge, était annoncé le GRAND JEU DES PRÉNOMS Pépito !!! (avec les points d'exclamation). Sans me faire d'illusion, je sortis le carton ondulé de la boîte, et là, le choc.

 

Sur le carton blanc étaient imprimés les mots qui jamais ne me quitteront : « Bravo FRANCIS, tu as gagné un porte-clé ! »

Quelles étaient les chances ? Je n'en sais rien. Mon coeur se mit à battre la chamade, je tendis la carton à ma maman sans un mot, elle fit « ho, bravo » ou quelque chose du genre, pendant que j'étais encore sous le coup de l'émotion. Mon prénom n'était pas qu'une tare ! Mon prénom pouvait me faire gagner des trucs ! Un porte-clés Pépito, dont j'étais sûr que personne à l'école n'avait d'autre exemplaire !

 

Ce fut à partir de ce jour que je me réconciliai avec la vie, et avec mon prénom. Aujourd'hui, pour célébrer ce moment, je voudrais rendre un dernier hommage à Pépito, qui a permis ce tournant dans ma vie (6).

 

 

 

 


 

 

  1. (1) prénom non contractuel

  2. (2) Et encore, si vous connaissiez mon troisième prénom.

  3. (3) En fait, vu qu'en primaire j'habitais au Maroc, ce serait plutôt Youssef, Karim, Taoufik ou Nabil (4), mais je ne voudrais pas avoir l'air raciste sur internet, et les petits français sont tout aussi salauds que les petits arabes.

  4. (4) Quoique, Taoufik était un de mes meilleurs copains, il ne s'est jamais moqué de moi. Karim, il me battait en maths, le salaud, mais sinon il était sympa. Et Nabil, on l'appelait Nabil le débile, ça devait pas être plus facile à porter que mon prénom. Pauvre Nabil le débile.

  5. (5) Ce doit être un truc de parents. Quand mon cousin (qui s'appelle Thomas, il ne peut pas savoir) et son épouse ont eu leur dernier enfant, ils ont pensé l'appeler également Francis. Nous avons su les en dissuader, mais ils lui ont collé le prénom Ambroise. Je compatis d'avance avec ce pauvre bambin.

  6. (6) Pour l'anecdote, au bout de trois semaines, mon porte-clés Pépito était pété, mais ce n'est pas ça l'important.

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 15:42

S'il y a un point sur lequel j'ai progressé depuis le début de mon séjour au Sénégal, c'est bien le blasage, en particulier en ce qui concerne la circulation dakaroise. Avant d'oublier mon émerveillement renouvelé devant les situations qui se présentent régulièrement quand je prends un taxi, je vous transcris ici tel quel le dialogue qui eut lieu entre Francis Blasé (FB) et son alter-ego Francis Toubab (FT), lors du trajet entre l'aéroport, où FB allait récupérer FT pour son premier séjour au Sénégal, et la maison de Francis Blasé.

Je précise que toutes les situations sont bien sûr authentiques, et que la plupart sont arrivées à Francis Blasé, mais pas toutes.

 

FT : -Bon, comment on fait pour choper un taxi ?

FB : -T'inquiètes, on est des toub-ah, en voilà un qui nous fait des appels de phare. On n'a qu'à le prendre. Tu lui indiques où on va, et tu es poli comme je t'ai montré, hein.

FT : -Oui. Salam alikoum monsieur, ça va bien ? Bien, merci. On va à H***-M*******, à côté de l'Ecobank, c'est bon ?

FB : -T-t-t. On ne monte pas sans négocier le prix d'abord.

FT :-Ha oui. 2500 francs, ça va ?

[réponse standard du taximan]

FB : -Deedeet, c'est pas trop petit. Allez, 3000, pas plus. C'est pas ma faute si tu as pris une voiture à essence et pas un diesel. Bon, tant pis, on va aller avec ton collègue qui s'est garé derrière. C'est bon, finalement ? OK, monte.

FT : -Je me mets devant ? Si je me mets derrière, j'aurais l'impression d'être miss Daisy. Je ne veux pas qu'on me prenne pour un sale raciste !

FB : -Vas-y, je fais pareil en général. Non, ne mets pas ta ceint-trop tard. Bon, ben tant pis pour ton T-shirt blanc, hein.

[vroum. On roule.]

FT : -Tiens, on ralentit ?

FB : -Oui, à ce croisement, il y a un flic qui fait la circulation, et comme il y en a pas un qui sache faire, il passe toujours dix minutes avant qu'il fasse bouger une file, c'est normal.

[toc-toc à la fenêtre]

FT : -Hooo, pauvre petit bonhomme ! Il est trop mignon avec ses grands yeux et sa morve au nez et sa boite de conserve sous le bras ! Je lui donne combien ?

FB : -Rien du tout. Si tu commences à donner à tous les petits talibés, on est pas sortis de l'auberge. Allez, pchhh, y'a pas de sangria pour Allah, barre-toi, amoul khaliss, on va pas engraisser ton marabout.

FT : -C'était un peu méchant et raciste, non ?

FB : -Mais non, voyons. Et puis c'est ta faute, aussi, les talibés, on ne les regarde pas, on fixe la route devant sans ouvrir la bouche. Tu verras, tu t'habitueras.

FT : -J'espère bien que non ! Pauvre gamin... Tiens, qu'est-ce qu'il veut, lui ?

FB : -Ben comme tu vois, il vend des cannes à pêche. T'en as pas besoin ? Ni des guirlandes de Noël du type derrière ? T'es vraiment sûr ? Ha, on bouge, ouf.

FT : -Mais c'est normal de passer sur le trottoir comme ça ? Hé, attention, on va écraser les types en chaise roulante ! Ha, ouf, ils se sont poussés.

FB : -Bah, ça avançait pas, apparemment notre chauffeur est pressé. Ha, on arrive sur l'autoroute. Enfin.

FT : -Euh, c'est quoi ça ?

FB : -Tu vois bien, c'est un troupeau de zébus.

FT : -Des zébus sur l'autoroute ?

FB : -Ca arrive. Et encore, là, ils vont dans le bon sens. Bon, va falloir klaxonner un peu pour faire bouger les veaux, là.

[klaxon, accélération, doublage du troupeau]

FT : -Hé, on a failli écraser les gens, là ! C'est autorisé de traverser l'autoroute, comme ça ?

FB : -Bah, tout le monde le fait.

FT : -Même en dessous des passerelles piétonnes qui passent au-dessus, je vois. On va pas un peu vite, là ? [jette un oeil au compteur]

FB : -Te fatigue pas, il ne marche pas.

FT : -Tiens, j'avais pas fait attention aux lampadaires allumés. En plein jour, c'est conceptuel.

FB : -Ce qui est encore plus conceptuel, c'est que de nuit, ils sont éteints.

FT : -Hé, attention au type et son mouton ! On a le droit de faire traverser un mouton en le soulevant par les pattes arrière comme ça, comme une brouette ? Et comment il va sauter par dessus le terre-plein de 60cm ?

FB : -C'est un mystère. Hé, on a dépassé la sortie, là !

FT : -Heuuu, c'est légal, la marche arrière sur l'autoroute, comme ça ?

FB :-Bah, il fallait bien prendre la sortie. Tiens, là-bas, encore un car rapide renversé. On est pas sortis du rond point. Hé, ho, on est pas obligés d'aller voir ! Hé, on sort là-bas ! Bon, OK, on est partis pour faire un tour complet du rond-point.

FT : -Comme tout le monde, apparemment... Hé mais ! [Sanglots]

FB : -Ha merde... Ha bé oui, ils sont morts.

FT :-On était obligés d'aller regarder ça ?

FB : -... On a toujours des surprises, hein.

[…]

FB : -C'était quoi ce bruit ? Pourquoi on s'arrête ?

FT : -Hmmm. Apparemment, la pédale d'embrayage a pété. C'est marrant, j'avais jamais vu ça.

FB : -Ho, fais chier. Bon, ben on va changer de taxi. File-lui 1000 balles, on est pas des bêtes. Bon, voilà un autre taxi. Vas-y, fais-lui signe. Tu négocies ?

FT : -OK. Salam alikoum monsieur, ça va bien ? Bien, merci. On va à H***-M*******, à côté de l'Ecobank, 1500 francs, c'est bon ? Deedeet, c'est pas trop petit. Non, 3000, c'est beaucoup trop gros. 2000. Bon, d'accord, 2500.

FB : -Bon sang, tu vas nous ruiner, t'es vraiment nul.

FT : -Ho, ça va, hein. Puis lui, il met pas de la musique religieuse à fond comme l'autre, ça mérite un petit bonus, non ?

FB : -C'est un point de vue. Ha merde, la rue est pleine de flotte, une canalisation a dû péter, on va faire un détour par la piste, là. J'espère qu'on ne va pas... ha merde, évidemment. On est ensablés. Bon, tant pis, on descend, on va aller au bout de la rue à pied. File-lui 500 balles, on a quasiment pas avancé. Ha, non, il s'est dégagé quand on est descendus. Bon, ben on remonte.

FT : -Ok. Waw, t'as vu le camion renversé là-bas avec son tas de ferraille ? Heureusement qu'on passe pas par là-bas, hein.

FB : -Voui, ça remettrait la fin de l'article à vachement plus loin.

FT : -Hé, attention aux jolies ptites chèvres !

FB : -Bah, t'en fais pas, les chèvres, c'est agile, elles esquivent vachement bien, aussi bien que les mômes de six ans aux carrefours. Non, c'est les moutons qui sont cons et qu'on peut écraser.

FT : -Bon, on est encore arrêtés. Il se passe quoi, là ?

FB : -Ca doit être la voie ferrée, là-bas. Il y a un train qui passe. Bon, qu'est-ce qu'il te montre, lui, dans son sac ?

FT : -Hum... Apparemment, ce sont des magazines pornos. Merci, monsieur, je ne suis pas intéressé. Non, même s'il y a des dames avec des chiens, ça ira, merci. Ha, ouf ! Le train a fini de passer !

FB : -Crie pas victoire trop vite... t'as pas vu que les voitures de notre côté ont pris toute la largeur de la rue ? Ben de l'autre côté, ça va être pareil... On est pas sortis de l'auberge.

[vingt-cinq minutes de bouchons]

FT : -Ouf. J'ai cru étouffer, avec le pot d'échappement du car rapide qui donnait directement sur notre vitre.

FB : -Ouais, on a de la chance de pas être asthmatique. Bon, au moins, on est presque arrivés.

BANG

FB : -Ha, zut, on a crevé.

FT : -C'était ça ? J'ai cru qu'on nous tirait dessus. Je croyais qu'il n'y avait que dans les films que ça explosait, les pneus !

FB : -Ben non. Bon, ben on n'a plus qu'à changer encore de taxi.

FT : -Ok. Je lui paye combien ?

FB : -File-lui le prix de la course, après tout, il doit remplacer son pneu.

FT : -Ok. Vous avez la monnaie sur 5000 ? Ha, merde.

FB : -Attends, il me reste des petits billets. Sur 3000, ça va ? Non plus ?

FT : -Bon, tant pis, on est pas à 500 balles près, hein.

FB : -Oui mais bon, quand même, c'est une question de principe, quoi.

[…]

FB : -Bon. Il reste plus que deux bornes, je crois qu'on ira plus vite à pied.

FT : -Ok.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 22:42

Je ne sais pas ce qui m'a pris. L'attrait de la mode, sans doute. Un excès soudain d'impudeur ? La pression des pairs ?

 

Toujours est-il que l'ouverture de ce blog s'est faite de manière irréfléchie, sans réelle pensée pour le long terme, voire même un dédain affiché pour celui-ci. Pas de business-plan, pas de gestion des stocks, pas d'entreposage d'articles en prévision des temps de crise. Une idée, paf, un article, hop, envoyé. Bon sang, que j'étais jeune.

 

L'inconséquence de mes vertes années me pèse, aujourd'hui. Je ne sais plus quoi faire de ce blog, qui de verdoyante prairie où poussaient les bons mots et les réflexions philosophiques profondes s'est peu à peu transformé en friche brunasse où de rares et vaines informations sur mes acquisitions de dérouleur de pécul tentent tant bien que mal de percer la croûte d'une paresse monumentale.

 

Bon sang, que je n'ai plus d'idées, depuis quelques mois. Est-ce l'âge ? Est-ce une décrépitude intellectuelle banale, liée à un pourrissement de mes connexions synaptiques à l'intérieur de mon crâne de vieux croûton de déjà 27 ans ?

 

J'ai peur. Je ne veux pas être vieux et stérile. Mais je ne vois rien qui puisse enrayer un instant la course impitoyable de ce vieux salopard destructeur qu'est le temps.

Il passe. Il passe, sans jamais me laisser le temps de respirer. Ou d'avoir une idée. Saloperie de temps. Si encore il me rapprochait d'autre chose que des fins. Mais non. La fin de mon contrat arrive, dans quelques mois seulement, avec lui la fin de mon séjour pépère au Sénégal, et derrière, plus rien. Un vide aussi insondable que celui de mon frigo pendant une coupure d'électricité.

Putain de bordel de merdasse.

 

 

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