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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 21:42

Bon sang, c'est vraiment injuste. Je n'arrive pas à abandonner ce blog.

 

C'est pourtant pas comme si c'était un gentil petit chien auquel je n'ai plus les moyens de donner des croquettes. C'est juste un bout d'internet que je n'arrive plus à alimenter. Mais quand je dis plus, c'est plus, que dalle, zéro, nada, que pouic, amoul idée.

 

Pour vous dire à quel point j'en suis, j'ai même pas pu trouver une note de bonne année, ou des résolutions rigolotes parce que lol, elles sont trop faciles à tenir hahaha ne pas commencer à fumer et rester célibataire c'est caustique hahaha, ou une note dépressive d'emo attardé qui attend avec pessimisme les vicissitudes de l'année à venir qui ne saurait être porteuse que de défaites amères et de larmes salées.

 

Nan. Rien.

 

Mais malgré ça, je n'arrive pas à le quitter. Ce misérable blog me regarde avec ses grands yeux humides, sa truffe fraîche et ses oreilles pendantes, la tête penchée sur le côté, et j'arrache la laisse qui l'attachait à un arbre, et je le fais remonter dans le taxi de la vie2.0*. (arrrh, même dans mes métaphores, je n'arrive pas à m'imaginer détenteur d'un permis).

 

Et j'essaye de trouver de quoi le nourrir. Mais rien ne vient. Ce doit être l'âge. La tête se vide, rongée de l'intérieur par le ver de l'oisiveté intellectuelle. Et du coup, j'en viens à faire, une fois de plus, un billet foireux pour expliquer comment la vie d'un blogueur, c'est trop dur, mon frère.

(ou ma soeur. Ou ma tante, eu égard aux mères de famille qui s'égarent par ici).

 

Bref. Du coup, pour la première note de 2011, ça craint du boudin. Alors tant qu'à faire, je me suis dit, ben je vais mettre une vidéo rigolote, parce qu'elle m'a fait rigoler, surtout les imitations d'Eartha Kitt et de Louis Armstrong, mais pas que.

 

Hop. Enjoillez.

 

 


 

 

 

*Arrrh. C'est mauvais. Mais je me dépêche, j'ai des épisodes de Community à regarder.

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 16:42

[censuré]

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 17:42

Ha mais jenpeuplus. Non mais franchement, c'est affreux. J'en peux plus je suis vidé, comme une truite morte, tuée à coups de cailloux sur la tête, et en attente d'être cuisinée avec des amandes.

Je suis chez la famille, là. En l'occurrence, mon papa et ma grande soeur. Et je sais pas ce qu'ils ont, mais ils ont décidé de ne pas me laisser de vacances, vu qu'eux n'en ont pas.

 

Du coup, je peux à peine passer sur facebook, pas du tout administrer les trucs où je suis administrateur, et encore moins faire une note de blog (et répondre aux amies qui demandent quand elles peuvent me voir pour me donner mon cadeau de Noël, encore encore moins)(non, je doute que ce soit sexuel).

 

Là, ce sont les premières minutes libres de ma journée, passée essentiellement dans la cuisine, à vider les armoires, gratter au scotchbrite plein de savon les étagères, remettre les trucs dans les armoires, en vidant dans la poubelle tout ce qui est périmé depuis deux ou trois ans (si j'ai bien compté, deux ou trois kilos de bouffe, au bas mot, qui attendaient leur heure depuis bien longtemps, des vieilles purées, des paquets de levure entamés, et tout ça). Mine de rien, faire un boulot qui n'a pas été fait depuis trois ou quatre ans (au moins), bé ça prend du temps. Et ça ruine les doigts, je tape avec les deuxièmes phalanges là, c'est pas facile.

 

Et si c'en était resté à la cuisine, et à tous ses machins à balancer, pailles antiques, verres cassés, vieux médocs, recettes copiées sur des enveloppes, factures de 2008, machins totalement inidentifiables, mais non. J'ai dû ranger le salon, faire le tri des vieilles pubs, passer l'aspirateur sur la table basse, sous la table basse, ranger les bouquins partout, remettre les couvertures sur les canapés, appareiller les gants, ranger les sacs, les manteaux, les écharpes,

 

Pis hier (ou avant, je sais plus), j'ai dû récurer la salle de bain et sa crasse incrustée depuis des siècles, foutre à la poubelle les innombrables échantillons de crèmes de jour, gratter le dessus des chiottes, le calcaire des robinets, tout ce que j'ai laissé c'est le moisi entre les dalles parce que j'étais pas armé pour.

Même j'ai dû aller au supermarché acheter un rideau de douche neuf pour remplacer celui qui devait être là depuis avant nous, genre vingt ans, qui était devenu vivant et qui t'agrippait les fesses si tu t'en approchais de trop près pour te dissoudre les chairs avec ses filaments mycoseux.

 

Puis je parle pas des coups de fil « oui je rentre dans une heure tu peuxt'occuper du manger, genre chais pas fais une tarte aux poireaux y'a plein de poireaux » ou « tiens, t'es allé faire les courses pour ce soir ? Qu'est-ce que tu nous fais à manger? » quand c'est pas « non ce soir je mange pas ici, je vais manger avec mes collègues ».

 

Avec tout ça, j'ai à peine eu le temps de passer chez le coiffeur me faire faire un gommage du cuir chevelu.

 

Non mais franchement, la vie de femme au foyer, c'est pas pour moi.

 

Puisque c'est comme ça, je vais me laver les cheveux. Je l'ai bien mérité. Puis il faut que je sois beau quand ils vont rentrer, j'arriverai ptet à me faire inviter au restaurant.

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 11:42

Bon, les aminches, me revoilà en France. Oué, la mère patrie, la douce France aux seins laiteux qui nous abreuve de son amour passionné et de son picrate labellisé, tout ça tout ça.

Ce que ça fait d'être en France après un an couasiment jour pour jour passés dans la touffeur tropicale de l'Afrique millénaires aux charmes bigarrés et croupelus, à transpirer sous l'ardeur agressive d'un soleil zélé ?

Pour être tout à fait franc, la première sensation qu'il m'ait été donné d'éprouver lors de mon retour est cette espèce d'anxiété, approchant la panique, que l'on lit dans les yeux des demoiselles fouillant fiévreusement leur sac à main en marmonnant « bon sang, où est-ce que je l'ai mise ? Je l'ai laissée là ce matin, j'en suis sûr ».

Oui, c'était tout à fait ça, sauf que c'était en explorant à tâtons, de mes deux mains tremblantes, les profondeurs insondables de mon caleçon sans y retrouver ce que j'avais l'habitude de dégainer sans même avoir à y réfléchir, à savoir, vous l'aurez deviné, ma bite. (j'ai essayé d'y mettre les formes, mais bon, à trop vouloir prendre des gants avec la sensibilité du public, je risque de ne pas me faire comprendre, et ce serait regrettable. Je ne voudrais pas qu'on croie que je prends mon calbute pour un sac à main, où je rangerais mon stick à lèvres goût cerise, un stylo à plume ébréchée, le dernier Marc Levy et mon téléphone portable griffé Hello Kitty. Non, je n'y mets que ma bite. Et un petit sapin vert désodorisant, pour garder une fraîcheur alpine.)

 

Ce n'est bien sûr pas que le froid qui m'a marqué à mon retour en France. D'ailleurs, personnellement, je me suis rendu compte à mon plus vif contentement que je ne trouvais pas qu'il faisait si froid que ça, et que je pouvais sans problème quitter l'aéroport en T-shirt sous la neige. Bon, depuis, j'ai chopé la crève, j'ai le nez qui coule et un mucus gras m'obstrue la gorge en permanence, mais au moins, j'ai pu me la péter quelques instants, et c'est bien là le plus important.

Ca me ferait quand même chier que cette saleté de rhume, couplé avec les vingt centimètres de neige qu'il est en train de tomber à l'heure où je tape ces lignes sans savoir si je pourrais les mettre en ligne, m'empêchaient d'aller demain à la soirée qu'on m'a présenté comme étant « sur le thé russe. Mais normalement, y'aura de la vodka russe, et des mannequins russes, aussi. Et on pourra ramener du thé russe ». Et j'a-dore le thé russe.

 

Mais bon, disais-je, il n'y a pas que le froid qui m'ait marqué, il y a d'autres choses, et je ne parlerai ici que de celles qui m'ont marqué en bien, parce que quand même, jusqu'ici, cette note fait sauvagement citoyen irresponsable qui n'aime pas son pays (et qui d'ailleurs l'a quitté), et je ne voudrais pas que l'on croit que c'est le cas.

 

Voilà donc pêle-mêle quelques-uns des trucs géniaux que j'ai retrouvé en France : en premier lieu, la possibilité de boire au robinet, sans craindre pour la stabilité de son transit intestinal. C'est un peu magique. En plus, l'eau est bonne. Dans le même ordre d'idée, j'allais mettre aussi la possibilité de faire la vaisselle à l'eau chaude. C'est vrai que c'est bien agréable d'avoir deux robinets dans la cuisine, mais en fait, je m'en fiche, je suis devenu bourgeois et j'ai une femme de ménage qui fait ma vaisselle (à l'eau tiédasse imbuvable).

 

On peut citer aussi le fait de pouvoir aller sur la route et respirer à plein poumons. En fait, j'ai presque envie d'aller téter les pots d'échappement, tellement ils me paraissent doux et gentillets comparés à l'épaisse soupe de goudron qui s'écoule des pots d'échappements des voitures sénagalaises et s'étalent en flaques sur les pistes (je crois que c'est comme ça qu'ils ont fait leurs autoroutes).

 

Il y a aussi l'absence de moustiques, qui est un atout non négligeable de notre beau pays. Pouvoir laisser la porte de sa chambre ouverte la lumière allumée, c'est un privilège que vous ne vous imaginez pas. Je peux passer des heures dans le couloir, à regarder la porte ouverte donnant sur le foutoir de ma chambre glorieusement éclairé par une ampoule de 100 watts au moins, sans qu'un seul moustique ne rentre (ça a aussi l'avantage de me permettre d'accéder à mon lit sans avoir à me battre avec la moustiquaire, puis vérifier qu'elle est bien hermétique, et braquer une lampe de poche dans tous les coins pour m'assurer qu'il n'y a AUCUN moustique qui ait réussi à s'introduire, puis ressortir chercher du Baygon vert et bien arroser l'intérieur, puis recommencer l'opération de vérification, parce que pour sortir de ma moustiquaire, j'ai dû la soulever, et il peut y avoir de ces saloperies de moustiques qui en ont profité pour se glisser à l'intérieur pendant que je regardais ailleurs).

 

Mais passons aux choses les plus importantes : de un, pouvoir prendre une douche avec de la PRESSION. Vous n'imaginez pas (tous) le supplice de devoir livrer son corps à une douche qui tousse. Un filet d'eau crapoteux vous coule sur le corps, laissant des traînées dans la poussière, et il faut se tourner et se retourner pendant des heures (en tuant les moustiques qui vous tournent autour) avant d'être sûr d'avoir fait le tour et d'être à peu près propre partout (j'ai résolu ce problème en ne me lavant qu'une fois par semaine, le dimanche, si y'avait rien à la télé. Au moins, j'étais uniformément sale, sauf dans le dos, avec la sueur qui coule).

 

Puis il y a le bain chaud. Ca faisait une éternité que je n'avais pas pris de bain chaud. (Mes logeurs avaient bien deux baignoires dans la masure où ils m'ont hébergé neuf ou dix mois durant, mais ils m'avaient menacé des pires sévices si je m'en approchais à moins de dix mètres. Ils avaient mis un bracelet électronique à ma cheville, et un GPS dans la baignoire, qui se mettait à siffler si j'entrais dans le périmètre interdit). Là, j'ai pu. Avec un bon bouquin. J'ai pu laisser la baignoire se remplir peu à peu, regardant au loin monter l'eau entre mes orteils, tandis que l'îlot graisseux formé par ma bedaine proéminente voyait ses rives diminuer dangereusement, forçant les puces et les poux à se frayer un chemin entre les poils pour se réfugier autour du cratère de mon nombril, avant d'être emportés par les flots tumultueux et fumants, dans une vague de bien-être criminel. L'extase.

 

Ben voyez, j'y retourne, tiens.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 09:42

La plupart d'entre vous le savent déjà, je suis un putain de gros sentimental. Ouais, on se change pas, hein.

Du coup, de me rendre compte là, d'un coup, que je vais devoir quitter le bureau dans lequel je passe mes journées depuis un an, ça me fiche un vieux coup de bourdon derrière les oreilles. Je m'y étais attaché, comme à un petit enfant lépreux que j'enjamberais tous les jours, régulièrement, sans oser lui jeter un regard ou un sou, mais qui serait mon petit lépreux. C'était mon bureau. Je le partageais avec deux ou trois autres personnes, certes, mais c'était quand même le mien. J'arrivais tous les matins en taxi, ça me prenait entre cinq minutes et quarante-cinq, si le taximan s'était mis en tête que le Bel-Air que je lui indiquais comme destination était du côté de Philadelphie et hanté par Will Smith (ça semble arriver relativement souvent. Ce matin encore, le taximan essayait de me convaincre que Bel-Air, où je vais depuis un an, que je donne comme adresse depuis un an, et qui est l'intitulé officiel du centre de recherches que je fréquente, c'était pas là, et que je lui avais mal indiqué. Hahum. Bon, mettons que nommer Bel-Air un quartier traversé par la route des Hydrocarbures n'est certes pas très logique, mais quand même.)

J'arrivais donc, je contournais la Case de l'Amiral que je pénétrais par derrière (oui, nous logions chez l'Amiral, on était pas n'importe qui), je grimpais les escaliers, empruntais un couloir sombre, arrivais au bout en tâtonnant, guidé par le ronronnement de l'onduleur qui voulait dire « va, n'aie crainte, internet t'attend », puis bifurquais pour arriver au bout du bout, je fouillais dans ma poche, en extrayais ma clé avec son trombone-porte-clé, l'insérais dans la serrure, tournais à l'envers, allumais la lumière et entrais dans mon antre où je posais mon sac, allumais mon ordi puis la climatisation antique qui crachait son air froid avec des râles d'asthmatique agonisant, avant de m'affaler sur mon fauteuil pour une nouvelle journée intense à mater la petite culotte de la fille dans le caddie sur l'affiche d'en face (Merci la Vie. Titre approprié.)

 

J'aimais bien mon bureau. Il avait une petite touche museum du XIXème, avec son éclairage poussif au néon qui illuminait difficilement la pièce obscurcie par ses rideaux à fleurs aux tons pastels, avec ses étagères en bois montant jusqu'au plafond et couvertes de bouteilles en plastique pleines de machins indiscernables dans leur placenta formolé, qui traînaient là depuis des des temps immémoriaux, leurs étiquettes indéchiffrables depuis longtemps, oubliées même des personnes qui les avaient recueillies. Il y avait des vieux coquillages puants dans un seau planqué dans une armoire, puis des trucs, et des machins dans des vieux sacs déchirés et poussiéreux, de vieilles blouses datant d'avant le changement de nom de l'institut et inutilisées depuis, des halogènes bancals, des cartons avec des vieilles grolles pleines de terre, et partout, l'odeur de la sueur rance du thésard acharné.

 

Le quitter sera dur, c'est pourquoi j'ai décidé d'en garder un peu avec moi.

Nous avons fait un grand ménage. Apparemment, ça faisait un bail que ça avait pas été fait (le patron avait demandé que ce soit fait en 2006, quand il rentrait en France, mais bon, y'avait plus urgent, hein, on fait de la Science dans un institut de recherche, hein!).

Et au passage, j'ai donc (avec l'autorisation du Très-Haut) emprunté les machins qui servent à rien, mais que bon, quand même, quoi, je voulais pas les vouer aux gémonies des dépôts d'ordures dakarois (et que comme dit le Patron, à la poubelle ou chez moi, c'est pareil. Merci Patron).

 

Me voici donc le fier propriétaire d'un petit tas d'émetteurs à la con, jamais utilisés et inutilisables depuis longtemps. Des machins qu'on introduisait dans le bide des poissons (des gros poissons, quand même). On ouvrait avec un scalpel, puis schlouip, on mettait ce machin gros comme une pile AA, on laissait sortir le fil pour émettre, et on recousait, puis hop, à la baille l'aïmara. Et après, on pouvait le rechercher avec une antenne réceptrice.

 

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Là, j'ai mis un Prince de Lu pour avoir l'échelle. Oui, ça ressemble un peu à un Tampax, ce truc. Sinon, vous aimez le motif de mon canapé ? Je le trouve chaleureux, moi.

 

Mais c'est pas tout, hein ! J'ai aussi un magnifique Topofil Chaix, ou mesureur à fil perdu. En gros, un machin qui tire un fil derrière lui pour mesurer des longueurs, et même des largeurs.

 

http://img101.imageshack.us/img101/8490/p10707840.jpg

 

http://img600.imageshack.us/img600/1705/p1070786.jpg

 

Bon, il n'y manque que le fil. Certes, ça le rend totalement inutilisable, mais au moins, il est joli et poussiéreux, et c'est bien ce qui compte.

Comme pour ce machin, là. Il a un écran et des boutons, et un papier collé dessus pour expliquer ce que ça fait d'appuyer sur les boutons, alors j'ai pas pu résister, quoi. D'autant que y'avait un fil qui se branchait dessus avec une prise bizarre, hein !

 

http://img560.imageshack.us/img560/719/p1070787.jpg

 

Apparemment, ce serait une machine pour rentrer directement les données de pêche ! Trop génial !

Il a été en service jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'on trouve une technologie plus adaptée, permettant une plus grande fiabilité des données récoltées et une correction a posteriori (connue sous le nom de « du papier et un crayon à papier », technologie encore utilisée de nos jours).

N'empêche, je l'aime, ce Microscribe plein de boutons, moi. Et je le garderai !

 

Puis j'ai aussi trouvé un autre machin. Encore mieux ! Parce que je pourrai l'utiliser ! C'est une magnifique combinaison une pièce. On n'a pas compris à quoi elle servait, mais elle est classe ! Et ça vient du Luxembourg, hein !

 

À mon avis, c'est au cas où on rencontrerait des ET sur un estuaire sénégalais. On n'est jamais trop prudent, quand on est Scientifique.

 

http://img52.imageshack.us/img52/5307/p1070791g.jpg

 

Ç'aurait été ballot de laisser passer tout ça, quand même.

Maintenant, je m'en vais, le déménagement s'annonce, les larmes couleront sur mon visage, mais mon coeur sera quand même un peu apaisé par le fait d'être équipé si jamais je tombe sur un alien. Et d'avoir un tas de cochonneries qui encombrent mes étagères.

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 20:42

« Hola, mon garçon ? Aurais-tu à boire pour le père des faunes ? »

Brusquement tiré de son sommeil, Nikos ouvrit un oeil, qu'il referma aussitôt, aveuglé par l'éclatant soleil qui inondait la vallée. Il mit une main devant ses yeux, ramena son bâton sur ses genoux et fit « Hein ? ». Lorsque les taches blanches qui dansaient dans son champ de vision se furent dissipées, Nikos put enfin distinguer le visage de son interlocuteur. C'était le plus vieil homme qu'il eut jamais vu. Une barbe blanche comme l'écume, longue de deux pieds, mangeait un visage crevassé comme l'écorce du vieil olivier contre lequel l'adolescent était adossé.

Ses yeux, cependant, étaient noirs et vifs, et, pensa Nikos, brillants comme des crottes de biques fraîches.

« Je disais », reprit le vieillard, « aurais-tu un peu d'eau pour un vieil homme fatigué ? ». Nikos, un peu intimidé par cette rencontre inattendue, et encore un peu assommé de chaleur et de sommeil, lui tendit son outre. Le vieux but longuement, renversant la tête en arrière, à grandes gorgées sonores qui faisaient monter et descendre sa pomme d'Adam comme un bouchon sur les vagues. Il poussa un soupir de contentement. « Merci, mon petit. J'ai bien cru mourir de soif ». Nikos hocha la tête. Une idée lui vint soudain à l'esprit. « Qui avez-vous dit que vous étiez, déjà ? 

-Moi ? Je suis le père des faunes. »

Si cette nouvelle était censée impressionner Nikos, le vieux dut être un peu déçu. Néanmoins, le jeune garçon n'en eut pas moins une réaction. Il ouvrit la bouche, la referma, fronça les sourcils, et refit : « Hein ? » ?

 

Le vieil homme soupira. « C'est une longue histoire. Je suis le père des faunes, et pour cette faute, les dieux m'ont puni. J'erre sur cette terre depuis soixante vies d'hommes. Veux-tu que je te raconte ? Fais attention, tu vas avaler des mouches », ajouta-t-il amicalement. Nikos ferma la bouche et acquiesça d'un hochement de tête. Soixante vies d'homme ! Ce vieux avait dû connaître les temps des Titans, celui d'Heracles, la Guerre de Troie !

« J'étais alors un jeune pâtre, comme toi, et à peu près de ton âge. Je vivais dans une vallée tout à fait semblable à celle-ci, et, du matin au soir, je gardais les chèvres de mes parents. Il y avait parmi elles la plus belle chèvre que tu puisses imaginer. Son nom était Clio, elle avait des cornes d'un ivoire parfait, à la courbure douce et harmonieuse, sa fourrure était non pas rêche, emmêlée et puante, mais fraîche, parfumée et sans le moindre noeud pour entraver mes caresses, et sa croupe était charnue et ferme, pas osseuse comme celle de la plupart de ses congénères. Elle me séduisit, et ce qui devait arriver arriva, et bientôt, Clio fut pleine. »

 

Au cours de ce récit, les yeux de Nikos avaient commencé à s'exorbiter. Avec un cri de dégoût, il interrompit le vieux. « Mais vous êtes répugnant ! Dégueulasse !!  Ce que vous avez fait... » Il n'en trouvait plus de mots assez durs, et pendant qu'il bégayait en en cherchant, le vieux le coupa d'un ton sec, ses yeux noirs lançant des éclairs : « Crois-tu que je ne le sais pas ? Crois-tu qu'à mon époque, mon amour était mieux vu qu'à la tienne, crois-tu que ce fut facile à admettre pour moi ? Mais Clio m'aimait en retour, et nos sentiments étaient aussi purs que ceux de n'importe qui ! Et ne me regarde pas de cet oeil dégoûté ! Zeus n'a-t-il pas séduit Europe sous les traits d'un bélier ? Léda sous ceux d'un cygne ?

 

-Vous voulez dire que Clio était une déesse ? Nikos en eut le souffle coupé.

-Non, Clio était une bique, et ce que les dieux font, ils n'aiment pas voir les simples mortels le faire. Cependant, ils ont pris en pitié mes enfants, rejetés par les hommes à l'esprit étroit, qui n'y voyaient que des monstres mi-hommes, mi-bêtes. Ils en ont fait les protecteurs des bois et des forêts, et des prairies et des clairières. Mi-bêtes, ils ont la compréhension de la nature et de ses cycles, mi-hommes, ils en ont la capacité de prévoir, et la volonté de protéger. Mes enfants sont la bénédiction que les dieux ont donné au monde.

Mais s'ils ont été bons pour mes enfants, en revanche, pour ce qu'ils considéraient comme mon péché, les dieux ont été cruels. Ils m'ont condamné à l'immortalité, accompagnée d'une sentence bien plus terrible encore : si mes enfants les faunes, qui sont, pour leur part, mortels, venaient à disparaître de la terre, les bois qu'ils protègent crèveront, les arbres et les herbes se dessécheront sur place, les hommes ne trouveront plus de quoi survivre, et finiraient par disparaître. Je suis condamné à engendrer des faunes sous peine de provoquer la mort de tous les hommes. »

 

Le vieux soupira une fois de plus. Lorsqu'il reprit la parole, ses yeux étaient brouillés de larmes et sa voix tremblait. « Moi, qui n'aimais que Clio et n'étais aimé que d'elle, je dus la voir mourir en mettant au monde notre douzième enfant. Depuis, jamais je n'ai retrouvé sa semblable. Les autres chèvres me paraissent si insipides ! Clio était farouche, et joueuse, et tendre, et fine. Les autres sont complaisantes, bêtes et crasseuses. Mais depuis soixante générations, j'accomplis mon devoir, pour la survie des hommes. Du moins, jusqu'à il y a dix ans, je le faisais.

-Quoi ? S'exclama Nikos, vous n'enfantez plus ? Mais... mais vous condamnez les hommes ! Vous nous condamnez tous !

-Crois-tu que je ne le sais pas ? rétorqua le vieux, amer. « J'en pleure tous les jours. Mais mon corps se flétrit. Ma vigueur s'éteint. La sève qui montait dans ma branche s'est tarie. Je ne peux tout simplement plus. D'ici quelques décennies, oui, mon dernier enfant sera mort, et ce sera bientôt la fin de l'humanité.

-Non ! Ce n'est pas possible ! Ca ne se peut pas !

-Hélas, mon garçon, c'est la triste vérité. Tout ce que je peux faire aujourd'hui, c'est te conseiller de ne point enfanter, car ce sont tes enfants qui porteront le poids de ma faute et de mon déclin. Ne leur fais pas subir cela.

-Non ! Ce ne sera pas ! Je ne le laissera pas faire ! Hurla Nikos, s'il faut que naissent des faunes pour que vivent les hommes, il en naîtra ! »

Des larmes dans les yeux, devant le vieillard stupéfait, Nikos se mit à courir vers son troupeau, qui paissait dans le fond de la vallée, une demi-lieue en contrebas. De son point d'observation, le vieux vit sa silhouette s'approcher d'une jeune biquette blanche, se pencher vers elle, et, fermement, l'entraîner derrière un bosquet. Le vieux s'assit, son visage ne reflétant plus aucune émotion. Le feuillage du bosquet se mit à s'agiter doucement. Le vieux s'adossa à l'olivier, à l'endroit qu'occupait Nikos précédemment. Ses paupières parcheminées s'abaissèrent doucement.

 

Soudain, un hurlement retentit. Le vieux ouvrit les yeux. Une jeune fille, qui manifestement venait amener à boire à Nikos, avait laissé tomber une outre au sol, et courait, continuant de hurler des paroles inintelligibles. Le vieux vit Nikos émerger du bosquet en titubant, rajustant ses vêtements, et se mettre à courir derrière la jeune fille en criant.

 

Le vieux descendit dans la vallée, d'un pas mal assuré, dérapant sur les cailloux et glissant sur les touffes d'herbe jaunie. Il s'approcha du petit bosquet qui n'avait pas suffisamment bien caché Nikos et la biquette. Cette dernière le regarda d'un air curieux et attentif. Il lui passa autour du cou une longe qu'il portait dans son havresac, et d'une petite secousse, l'incita à le suivre, ce qu'elle fit sans difficulté.

 

Le vieux ne perdit pas de temps, et remonta sur les crêtes nues qui cernaient la vallée. De là, il commandait une vue imprenable sur les alentours. En particulier, il pouvait distinguer, derrière la vallée, un petit village qui semblait en ébullition. Des silhouettes pas plus grandes que des fourmis s'agitaient en grand nombre sur une petite place. Le soir tombait. Il s'adossa à un rocher, le regard toujours fixé sur le village, et la petite chèvre s'allongea sur le flanc à ses côtés. Alors que le soleil disparaissait, le village se dérobait rapidement à son regard. Bientôt, il ne put plus voir qu'une lueur orangée et tremblotante, sans doute un grand feu qui brûlait au milieu de la place. Une fumée s'éleva dans le ciel, voilant les premières étoiles. Le vent, qui s'était levé avec la nuit, apporta une odeur piquante, aux senteurs de cochon grillé. Le vieux réprima un haut-le-coeur, soupira, puis se coucha en chien de fusil et s'endormit.

 

 

 

Quelques mois plus tard

 

Hermes somnolait, assis sur un tronc d'arbre. au lieu de surveiller les chevaux de son père, quand une voix chevrotante retentit : « Hola, mon garçon. Aurais-tu de l'eau pour le père des centaures ? »

 

 

 

 

PS : je sais pas vous, mais moi j'ai pas bien compris la fin. Mais comme ça fait longtemps que j'ai rien mis, je vous fourgue une histoire zoophile écrite à quatre heures du matin. Désolé.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 14:42

En ce moment, c'est le festival des couilles à Dakar. On ne peut pas faire trois pas sans en voir une paire qui se balance, souveraine, majestueuse, entre les pattes de son propriétaire. Il y a une espèce de certitude, d'inéluctabilité dans la chute verticale de ces immenses balloches qui semblent peser le poids d'un cheval mort dans des bourses qui pourraient servir de parachute à Nils Holgersson. Elles sont là, s'imposant au premier plan du décor de la rue dakaroise, elles ont une présence scénique innée, elles attirent le regard comme un puits gravitationnel de masculinité débridée. Enfin, si ça veut dire quelque chose.

 

Quelque part, c'est un peu perturbant. A côté de ça, bon, ce ne sont que des couilles de mouton, quoi. Mais quand même, de sacrée grosses couilles.

 

Tout ça parce que la Tabaski approche. La Tabaski, c'est l'Aïd sénégalais, la célébration de l'unique geste approchant vaguement la bonté auquel s'est livré le dieu de l'ancien testament, quand il a dit à Abraham qu'en fait, c'était une blague, il voulait pas vraiment qu'il tue son môme, un mouton innocent suffirait, j'ai vu que t'étais un sacré couillon, maintenant arrête les conneries, et du coup, maintenant, des millions de personnes s'endettent pour longtemps pour pouvoir avoir un mouton à sacrifier, de préférence un beau bélier avec des belles grosses couilles qui tombent, comme ça, BLAM BLAM, de part et d'autre de l'axe de symétrie marqué par le trou de balle.

C'est un peu triste pour les moutons. D'autant qu'ils sont mangés de suite, et qu'en général, c'est pas super bon. Je suis sûr que le gamin a meilleur goût, même s'il a de plus petites couilles. Enfin, en règle générale. Je me base surtout sur mon cas, je n'ai pas observé beaucoup d'autres couilles que les miennes.

 

Je ne sais pas si dieu a choisi un bélier comme substitut à Isaac pour la taille impressionnante de ses couilles. Je ne sais pas si Isaac avait d'aussi grosses couilles qu'un bélier. J'espère pour lui que non. Avoir ses machins qui vous pendent jusqu'aux genoux, ça doit être handicapant, quand on est un môme un peu vif qui aime courir partout, à une époque où les slips devaient pas être très répandus, et dans des coins qui devaient être pleins de cactus et d'épineux. Peut-être dieu était-il jaloux de la dimension biblique des couilles des béliers ? Parce que bon, hein, il a fait l'homme à son image, avec des petites couilles, de la taille de grosses noisettes, et il a pas fait gaffe qu'il en avait donné au mouton des grosses comme des poires, et il s'est vengé comme il pouvait, de manière pas très classe.

 

Ou alors c'est Abraham qui a choisi la bestiole qu'allait remplacer son fils ? Je ne me souviens plus trop. Dans ce cas, la jalousie est une option tout à fait cohérente. Un dieu n'est sans doute pas mesquin sur le sujet des couilles. Puis franchement, il les a bien faites, hein, justement, pile de la bonne taille pour remplir un slip sans risquer de trop se les coincer sous l'élastique, ce qui n'est pas très agréable.

 

Enfin bon, tout ça pour dire qu'il y a plein de moutons en ce moment.

Plein partout, même là où on ne les attendrait pas forcément. Et où on peut pas voir leurs couilles, mais où elles doivent être un peu serrées.

 

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:42

Je n'étais qu'un égoïste, un loup solitaire. Je ne rendais de compte à personne, ne servais en rien la société dont je répugnais à faire partie. Je passais mes soirées à hurler ma solitude à la lune d'internet, la revendiquant comme un trophée couronnant ma liberté d'esprit.

 

Mais j'ai pris conscience de la détresse du monde, et j'ai décidé de changer. De rendre non pas ce que je dois, car les loups solitaires ne doivent rien, mais ce que je veux. Et ce que je veux, c'est mettre fin à la misère qui règne partout !

Misère, prends gare à toi, j'arrive tous crocs dehors !

 

Il m'a cependant fallu faire un choix, car tout loup que je suis, je ne suis qu'un homme, et de mes deux seules mains je ne peux étrangler comme je le voudrais l'hydre plurimillénaire et polycéphale qu'est cette misère honnie.

 

Ordoncques, je n'ai que deux mains, je n'étoufferai donc que deux têtes, pour le moment. C'est déjà pas si mal. Qu'est-ce que vous faites, vous, hein, confits dans votre confort, achevant de vous avachir dans vos vies avides d'avilissage volage et chauviniste ? Ha !

 

La première des misères à laquelle je m'attaque est la misère intellectuelle. Je la combattais déjà par ce blog, cette lueur de beauté et d'amour de l'art scintillant tel un phare ténu dans l'immense océan des tempêtes de l'internet crétinisant. Je lui porterai de nouveaux coups au coeur au cours du quart de permanence que je prendrai chaque semaine à la bibliothèque de la Paillotte, l'association de la boite, qui gère le Noël des gens qui travaillent et l'achat des bières pour le bar des stagiaires. Je serai le gardien de notre mère Littérature. J'ai déjà commencé, d'ailleurs. J'ai déjà eu quatre visiteurs (la présidente de l'association, son mari et leurs deux marmots). J'ai déjà pu faire oeuvre de conseil avisé et utile en la personne de le Petit Nicolas que mais vas-y, prends-le si vraiment ton môme est trop petit pour La potion magique de George Bouillon, et s'il aime pas, t'y fileras trois claques. (tenez, si ça vous intéresse, dans cet ordre d'idées, j'ai commencé ma liste des bouquins pour mômes indispensables, puisque ce sont mes préférés, elle est ici, là, si vous arrivez à cliquer).

 

Ca fait du bien de se sentir pourfendre l'inculture tout en se lisant un petit Gil Jourdan (hé, je connaissais pas Gil Jourdan, enfin, j'en avais jamais lu, c'est pas mal). En plus, on a cette sensation de toute-puissance quand on est dans le siège devant l'ordinateur, et qu'on a le droit de brailler « moins fort ! C'est une bibliothèque ici, et la pièce fait neuf mètres carrés, je te rappelle, petit morveux ! »

 

J'aurais pu m'en tenir là dans mes services à la communauté, mais c'est mal me connaître. Quand je commence, on m'arrête plus, je suis un ouf malade moi, je vote pas Bayrou. Du coup, quand un brave homme a demandé sur un réseau social « hey, ça dit quelqu'un de faire de la traduction de webcomics ? », j'ai répondu avec un enthousiasme mal contenu « oué, pourquoi pas, si ça peut aider. »

 

Et je me retrouve donc à traduire un webcomic d'heroic-fantasy porno. Je prends mon devoir très sérieusement. Car comment faire reculer la misère sexuelle (et hop, deuxième tête !) des adolescents francophones geeks boutonneux (parce que bon, pour lire de l'heroic-fantasy porno, faut quand même être un peu geek), si ce n'est en leur donnant accès à un contenu cochon de qualité avec en prime l'excuse « nan mais bon, quand même il y a une histoire hein, avec en plus des sorcières bonnasses » ? Car l'adolescent geek est quand même un peu effrayé par le vrai porno, et il a bien raison.

 

Je n'ai qu'un seul regret : ne pas avoir pu placer l'excellent jeu de mots que j'avais trouvé pour désigner une petite boule de sperme à qui une sorcière a donné la vie, qui était donc un « élémental de foutre ». C'était rigolo pour les geeks, je trouvais, mais bon, ça rentrait difficilement. Dans les bulles, je veux dire. C'est la partie chiante du boulot : trouver une police adaptée, avec des accents, et traduire de manière à ce que ça déborde pas des bulles comme la [tuut] des personnages de leur pantalon.

 

Mais bon, j'y arriverai. C'est un sacerdoce. Je le fais pour le monde.

 

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 21:42

Ce blog a ses défauts, mais il en est un que jamais on ne pourra lui reprocher, c’est de négliger d’apporter à ses lecteurs une saine éducation concernant le monde qui nous entoure, et en particulier les oryctéropes , mais pas seulement : tous ses petits camarades animaliers sont hautement considérés, et la pédagogie zoologique est un sacerdoce auquel l’auteur de ces lignes ne saurait se soustraire, car les animaux sont à ses yeux les êtres vivants les plus intéressants qui soient, juste derrière les plantes et les bactéries.

Aujourd’hui, nous allons parler des mouches, parce que demain, il risque d’être trop tard. La vie de la mouche est brève. Elle a beaucoup de prédateurs, au premier rang desquels le féroce cycliste qui, tel une baleine à roulettes, arpente les routes la bouche ouverte, gobant les mouches innocentes adeptes des promenades au grand air. Il gagne ainsi des protéines essentielles, tout en ne consommant que peu de calories. Mais revenons-en aux traits principaux de la mouche.

La mouche se présente habituellement sous deux formes. La première forme est décrite ainsi par Charles Darwin : « à un bout, une trompinette surmontée de deux gros yeux comme Bob l’Eponge, à l’autre bout rien de bien notable, entre les deux un machin noir avec des ailes dessus et des pattes qui font des guili dessous ». La deuxième forme est décrite ainsi :  « *splatch*Je l’ai eue la salope ha putain c’est dégueulasse y'en a partout ». La mouche peut passer de la première forme à la deuxième, mais pas inversement. En cela, elle est assez semblable à l’œuf au plat, mais c’est là leur seul point commun.

La mouche vit essentiellement sur les plafonds, où ses pattes à guili s’accrochent parfaitement, et dans la soupe, où elle tente vainement d’apprendre à nager. Elle passe des plafonds à la soupe en faisant bzzzz et en n’utilisant que rarement le chemin le plus court, contrairement aux trois nains qui vont à la mine.

La mouche n’est généralement pas dangereuse. Elle est en revanche d’une conversation extrêmement pauvre et pénible, et a tendance à mettre les pattes partout, mais c’est souvent son plus gros défaut. Cependant, les mouches ont parfois une adolescence difficile, comme nous tous. Si vous croisez une bande de jeunes lucilies bouchères, par exemple, vous feriez mieux de changer de trottoir (malgré leur charmant petit nom)(j’ai connu une Lucile charmante, au collège, une petite blonde qui… mais je m’égare). Ces asticots qui n’ont l’air de rien sont capables de dévorer une vache vivante en moins de douze minutes. Ce n’est pas pour rien qu’on les surnomme les piranhas des pâtures. Ces deux dernières phrases sont rigoureusement fausses, mais nécessaires si je veux pouvoir soumettre cet article au magazine Détective. Reste que les asticots de Lucilie dévorent les bêtes vivantes, et les bébés aussi, quand les mamans Lucilie pondent dans le nombril. Ca ne m’empêchera pas d’appeler ma fille Lucilie. C’est mignon, entre Lucile et Lucie. Mais je me régare.

Pour faire des petits, la mouche se reproduit. On ne lui connait comme pratique sexuelle que la sodomie, mais certaines doivent bien se livrer au missionnaire réglementaire prôné par le Vatican pour garantir une portée, sinon, ma poubelle serait moins peuplée.

Tout cela est très beau. Les artistes ne s'y trompent pas, pour qui la mouche est une muse inépuisable. J'en veux pour preuve deux exemples, qui sont d'ailleurs l'unique raison pour laquelle j'ai entamé cet article à la base : les Négresses Vertes, tout d'abord, qui rendirent hommage à l'enthousiasme de la mouche à fréquenter ses amis humains, et Dick Annegarn, chanteur belge à cheveux, qui vit derrière cet enthousiasme la touchante tentative de se faire un ami de l'humain.

Voyons ensemble l'une puis l'autre.

 

 


 

 

Vous voilà donc plus cultivés qu'il y a cinq minutes. J'espère que vous en êtes reconnaissants, et vous donne rendez-vous à la prochaine note culturelle.

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 15:42

La vie d’un poulpe est dure, cruelle, et souvent brève. Fils de la mer, il en est aussi l’enfant mal-aimé, celui que les grosses brutes dévorent vivant dans la cour de récréation, de leurs dents acérées et féroces, sous le regard indifférent de ses camarades qui ne bougeraient pas une nageoire pour lui venir en aide, trop heureux de ne pas être à sa place.

Son tempérament est mutilé par le rabaissement constant dont il est victime dans son écosystème. Ainsi brimé, il présente au regard du monde une bonhomie placide et un peu triste, et surtout, sans ambition, sans espoir de reconnaissance. Car il est pour un poulpe excessivement difficile de réussir à percer dans le monde. L’ascenseur social ne lui est pas destiné, les boutons sont trop hauts, hors de portée de ses tentacules qu’il agite faiblement, dans un geste vain et sans illusion. Et si même il était assez grand pour se hisser jusqu’aux boutons, il ne saurait appuyer dessus, car son être est mou, mou comme un vieux pneu abandonné.

Non, la nature n’a décidément pas été douce avec les poulpes.
C’est pourquoi la vie de Paul le poulpe n’en est que plus extraordinaire, c’est pourquoi Paul est une source d’inspiration pour nous tous !

Car Paul n’a jamais baissé la tête. Face à un monde qui ne voulait pas de lui, Paul a su imposer son talent, sa prescience, et devenir l’étoile du showbiz que nous connaissons, et que nous aimons. Jour après jour, durant la coupe du Monde, Paul a su nous prédire, sans se tromper une seule fois, les résultats de l’Allemagne. Cet exploit ne saurait être dû au hasard. Les statistiques sont bien trop en sa défaveur, il n’y aurait pas une chance sur un million pour qu’il ait vu juste par hasard. Non, c’est uniquement son talent qui lui vaut sa reconnaissance dans le monde entier.

Et ce monde entier a hurlé d'une seule voix pour empêcher l’exécution infâme qui lui était réservée par des supporters allemands furieux, oui, le monde entier a su s’unir pour faire reculer la main du bourreau qui déjà d’une main levait un hachoir acéré au-dessus de sa tête et de l’autre faisait frire l’huile qu'il s'apprêtait à offrir comme linceul au corps de sa victime innocente !

Oui. Paul a su faire ce que le Dalaï Lama ou Gandhi n’ont pu réussir : faire reculer la barbarie dans le monde. Paul a donné à l’humanité une raison d’espérer un monde meilleur !

Aujourd’hui, vous le savez, Paul est mort. A l'âge tendre de deux ans et demi, il a rejoint la droite de Poséidon, aux côtés de Jacques-Yves Cousteau, de Willy et de Capt’n Igloo.

Mais si les larmes salées nous montent aux yeux en cette heure tragique, si nous nous sentons abandonnés, orphelins, il nous faut refouler cette douleur, réprimer ces larmes, et ne retenir que la formidable leçon de vie que Paul nous a apprise, pour avancer dans nos vies, et voir plus loin, et croire encore qu’un meilleur monde est possible.

C’est pourquoi, aujourd’hui, je vous demande le recueillement. Certains esprits cyniques parmi vous vont, je n’en doute pas, juger bon de faire les malins avec des propos provocateurs. Je vous en prie, avant de répliquer, pensez un peu à l’être qui vient de nous quitter, à sa vie que jamais le moindre soupçon de tricherie ou de dopage, ou même d’appât du gain, n’a obscurci, et ayez un peu de respect. A cette vie qui, comme tant d'autres, s'est achevée trop tôt.

Paul, tu es pour nous un soleil éclatant qui donne la lumière à nos vies, et nous ne t’oublierons jamais.

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