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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 14:42

J’aime bien la Saint-Valentin.


Mon célibat, rigoureux et prolongé, y est peut-être pour quelque chose. J’aime bien la saint-Valentin, parce que c’est un jour où je n’ai pas la moindre obligation de ne pas oublier de me souvenir qu’il faut absolument que je fasse quelque chose de gentil, contrairement à la fête des Mères, par exemple (où au jour de la coloscopie de mon petit frère).

 

C’est donc l’esprit libre que je peux me livrer à mes fantasmes de Saint-Valentin, car je suis, au fond, un grand sensible. Un romantique. Un Rodrigue. Ou peut-être pas, je ne sais si Rodrigue était romantique. Mais s’il l’était, alors j’en suis un. Je rêve de tendresse, d’amour pur et doux comme de la Soupline. J’en ai tout plein à donner, de la tendresse et de la romance et de la douce pureté. Mais personne pour la recevoir.


Personne d’autre que toi, lecteur, lectrice.


C’est donc le cœur battant comme un tam-tam dans ma poitrine que je m’adresse à toi, que je viens à toi t’offrir sur un plateau non pas mon cœur, qui est, comme dit plus haut, dans ma poitrine, mais mon âme.


Et comment mieux offrir son âme sur les internets que par un montage vidéo ?


Ainsi donc, voilà, pour toi lecteur, pour toi lectrice, mon cadeau de la Saint-Valentin.

 


 
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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 17:42

Ce blog se voulant un espace de culture, un peu comme les salons viennois du dix-neuvième siècle, j'ai décidé qu'il était de mon devoir de vous ouvrir les yeux sur la littérature, en vous inondant de critiques éclairées et autorisées. Il y en aura au moins une. Celle-ci, que j'ai par ailleurs écrit pour un autre site. Mais si ça ne me permettait pas de mettre un peu à mon jour mon blog, je serais un sacré couillon, non ?

 

Toujours est-il que je viens donc vous parler, en cette fraîche journée de février, de manga. Et, afin de gagner des lecteurs potentiels, je vous causerai de ce phénomène de mode qu'est le manga pour le pinard, dénomitulé les Gouttes de Dieu. Certes, le phénomène de mode est déjà ancien. Et alors, dirais-je ? Il reste un des rares machins qui aient franchi la frontière du « bon c'est du manga, mais on peut le lire quand même » posée par je ne sais plus qui, car la caractéristique de ce manga, c'est d'être lu en France même par des gens qui « n'aiment pas le manga » ou « n'y connaissent rien en BD », parce que ça a dû être encensé dans Télérama (ou un truc du genre), parce que ça parle d'un truc typiquement français : le vin.

 

Je vous résume le pitch : un super critique japonais de vin, appelons-le Robereto Parekeru-san – ce n'est pas son vrai nom, mais j'ai oublié – est mort, sans doute tué par une barbe bizarre plaquée sur la moitié inférieure de son visage. Il a un fils beau gosse, qui n'aime pas le vin parce que son père aimait le vin et que non mais des fois hein, on est rebelle ou on l'est pas et lui il l'est, et donc il bosse dans une entreprise de bière, et quand il arrive à la lecture du testament de son père il découvre que celui-ci a un fils adoptif beau gosse ténébreux, et qu'il va y avoir un duel de beaux gosses pour hériter du magot et de la super-cave du papa, duel consistant en la recherche, une par une, de 12 bouteilles que le papa a décrites. Ouf.

 

Pour corser les choses, le fils adoptif beau gosse est un super champion du vin à lunettes, qui fait oh oh oh en écartant les bras et laisse sans doute des taches dans le fond de son slip quand il déguste un truc. Notre héros beau gosse, lui, n'y connait rien sauf qu'il découvre qu'il a eu un entraînement secret en léchant des couteaux quand il était petit ce qui fait que c'est un super dégustateur, et en plus il a un super pouvoir, celui de décanter en contre-plongée n'importe quelle bouteille pourrie pour la faire devenir comme une fleur qui s'épanouit et que les gens qui disaient avant « bon sang, ce vin est pourri » se mettent la main sur la joue et s'exclament « bon sang, ce vin n'est pas pourri du tout ».

 

Et donc, au fil des vingt-cinq tomes (jusqu'à maintenant), on va chercher 12 vins. Au tome 19, on en est au cinquième. Mais il faut du temps, pour que le lecteur découvre des noms de pinards et des méthodes de fermentation, qui constituent, il faut l'avouer, le point intéressant de la série. Parce que sinon, c'est quand même un poil lassant de voir des gens ouvrir des bouteilles et faire oh oh oh il est bon en écartant les bras. Bon, il y a aussi un peu de fesses, parce que le fils adoptif ténébreux se tape quelques gonzesses, par exemple quand il va quelques semaines dans le désert chinois pour être sûr d'avoir soif.

 

Parce que oui, il y a aussi des aventures, entre les ouvertures de vin, mais elles sont quand même un poil excessives, et nos amis pinardophiles ont généralement un bol assez incroyable, et ils rencontrent partout des gens dont le pinard est l'unique passion dans la vie, ou a ruiné la vie à un point qu'on ne soupçonnerait pas le pinard d'être capable : on trouve donc des amateurs de vin dans le désert de Gobi (enfin, pas encore amateurs, mais en passe de devenir super-dégustateurs), mais aussi dans le moindre bar à sushis dans lequel pénètre un des héros, et si leur vin doit représenter un premier amour, sur qui croyez-vous qu'ils tombent dans les douze pages qui suivent ? Bingo. Leur premier amour, qu'ils n'ont pas vu depuis des années, mais qui entretemps est devenu pro du vin. Et s'ils doivent trouver un vin qui représente le mont Cervin, sur qui tombent-ils, accrochée à une touffe d'herbe au-dessus du précipice ? Une nana dont le petit copain disparu a promis de lui faire goûter un vin qui représente le Cervin japonais, bing.

 

En bref, niveau scénario, c'est quand même un peu facile de sortir des deus ex-machina à chaque tome. Si vous faites ça, arrangez-vous pour que ce soit drôle, quoi (quelqu'un a réclamé la police végétalienne ?).

 

Dans le même domaine, le truc hyper-récurrent (et essentiel à l'histoire) c'est la réaction disproportionnée à la moindre goutte, qui évoque forcément un truc hyper-précis et identique pour tout le monde. Alors je sais pas vous, mais moi, je n'ai jamais rencontré personne capable de dire en buvant du pinard « ha oui, c'est une prairie remplie d'orchidées au soleil couchant avec des bébés renard qui jouent devant leur terrier et mon premier amour qui joue du violoncelle – argh, c'est pas le vin que je cherchais, elle devait jouer de la vielle à roue ! ». Et si c'est pas ça, c'est un totem, ou l'amour d'une mère, ou un coup d'un soir (je vous jure). Franchement, dans Yakitate !! Ja-pan, c'est plus drôle et presque plus crédible.

 

Tout ça pour dire, mais bon sang, il y a tant de chouettes mangas, pourquoi faut-il que les médias ne parlent et n'encensent que des bouses sous prétexte que « y'a du pinard donc c'est bien puisque ça fait français » ? Pour le pinard, lisez les Ignorants de Davodeau, merde.

 

En plus, s'il dessine vachement bien les bouteilles, le dessinateur sait pas faire les barbes et les filles ont des ongles de douze centimètres, berk.

 

 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 00:42

La rue est vide. Dix-neuf heures, un mardi soir, ça faisait pas un pli. Je prends une grande inspiration, je tire le bas nylon sur mon visage, et j'empoigne le fusil planqué sous le siège passager. L'espace d'un instant, je me dis que je peux encore reculer, que je suis en train de faire la connerie de ma vie. Puis mon regard tombe sur la carte plastifiée posée sur le tableau de bord. Cette carte qui a été déclarée périmée par ces enfoirés de la BM. Trois semaines déjà. Trois putains de semaines. Le manque me monte à la tête. Je serre les dents, mes doigts se crispent sur la crosse du fusil. C'est parti.

 

Je me glisse hors de la bagnole, ferme la portière sans un bruit, traverse la rue déserte dont les lampadaires s'allument tout juste, et je pousse la porte de la boutique. Un tintement retentit. Le type est au fond de la boutique, de dos, en train de trimballer des cartons.


« Désolé monsieur, il est sept heures, on ferme ! » Sa voix est amicale, mais ferme. Moi aussi, je peux être amical et ferme, connard.

« Je m'excuse de vous déranger, mais c'est pour un hold-up. »

Haha. Calme, poli, et avec de l'humour. Trop la classe. Gentleman cambrioleur.

« Pardon ?

-JE TE DIS QUE C'EST UN HOLD-UP, CONNARD, ALORS FAIS-MOI LE PLAISIR DE ME REGARDER QUAND JE TE CAUSE ET DE RAMENER TES MICHES SI TU VEUX PAS QUE JE T'EXPLOSE TA GUEULE DE CONNARD J'AI UN PUTAIN DE FLINGUE, CONNARD ! »

Bon. Je devais être plus stressé que ce que je pensais, malgré le Gelsemium que m'a filé maman pour les entretiens d'embauche. On va faire avec.

Le type se retourne, l'air plus surpris qu'effrayé. Puis il aperçoit le canon du fusil. Sa mâchoire tombe. Il fait moins le malin. Il a l'air jeune.

« Je... vous... vous voulez la caisse ? Je vous la donne, y'a pas de problème, mais un mardi, vous savez, dans une librairie, les affaires sont pas terribles, y'a pas grand-chose, mais y'a pas de problème, je vous la donne hein !

-Je m'en bats les steacks de ton pognon. File-moi tout ce que t'as en Jorn Riel.

-Je... Hein ?

-Jorn Riel. Les Racontars Arctiques. En poche ou en intégrale, je m'en fous, balance-les dans le sac. »

Je lui envoie le sac de sport à la tronche, il l'attrape par réflexe.

« Je... je suis désolé, j'ai pas de Jorn Riel.

-Putain ! Elle dit bien « librairie », la pancarte au-dessus de ta boutique, connard, je me trompe ?

-Non, mais...

-T'es un putain de libraire, mais t'as pas de Jorn Riel ?

-En littérature nordique, j'ai Paasilina, c'est très bien aussi, c'est finlandais, de l'humour un peu absurde... » Sa voix tremble un peu. Y'a de quoi, avec des propositions pareilles.

« Putain, mais tu crois que je choisis mes auteurs par nationalité ? T'es con ou t'es con ? En plus, Riel, il est danois, ducon ! Bon, Pratchett, t'as quoi de Pratchett après les douze premiers ? Et grouille, j'ai pas la nuit !

-Pratchett, vous avez de la chance, je viens juste d'avoir du réassort, j'ai tous les derniers, je... je vous les mets dans le sac ?

-Fais ça, ouais. MAIS NAN DUCON UN SEUL EXEMPLAIRE DE CHAQUE TU CROIS QUE JE CHANGE DE BOUQUIN QUAND JE VEUX LE RELIRE ? » Ma voix est partie dans les aigus.

« Pardon, pardon, désolé, je voulais pas, je... c'est pas pour revendre donc ?

-Nan, c'est pas pour revendre, c'est des livres, c'est pour lire, crétin. Maintenant, file-moi... Rah, putain de merde, j'ai oublié la liste !

-Je... je peux vous aider ? Vous avez une idée de l'auteur, du thème ?

-MAIS TA GUEULE, J'ARRIVE PAS À RÉFLÉCHIR ! Alors attends, ma tante m'en avait parlé aux dernières vacances...

-Plutôt classique, vous savez pas ? Ou SF, fantasy ? C'est quelle genre de lectrice, votre tante ?

-PUTAIN LA FERME ! Une histoire épistolaire, pendant la seconde guerre mondiale ?

-Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ?

-Ouais, c'est ça ! Merci !

-Alors attendez... Ha.

-Quoi ?

-Ben, en fait, j'en ai bien un exemplaire, mais c'est une cliente qui me l'a commandé, elle doit passer le prendre demain.

-PUTAIN, fait chier !

-Mais si la période vous intéresse, j'ai plein de trucs dessus.

-C'est pas tant la période que le lieu. Les Anglo-Normandes, je sais pas pourquoi, ça m'a toujours fait rêver.

-Haaa, alors là, je peux vous conseiller Sarnia, de je sais plus qui., et c'est un beau bouquin, c'est les mémoires d'un habitant de l'île, il me semble que c'était traduit par Queneau...

-Queneau ? Il était traducteur ?

-Ha bé oui, il en a fait quelques-unes. Par exemple, vous avez l'Ivrogne dans la brousse, d'Amos Tutuola, un écrivain nigérian, un des tout premiers grands auteurs africains, ça parle d'un mec... Attendez, je vous lis les premières lignes... « Je me soûlais au vin de palme depuis l'âge de dix ans. Je n'avais rien eu d'autre à faire dans la vie que de boire du vin de palme. »

-OK, envoie !

-Et après, son malafoutier meurt. Son malafoutier, c'est le type qui lui prépare son vin de palme...

-M'en dis pas plus, balance !

-Les deux ? Sarnia et L'Ivrogne ?

-Bien sûr les deux ! Et putain, t'as intérêt à ce que ça vaille le coup !

-On a une politique d'échange en cas de... quoiqu'en fait, je sais pas si elle s'applique, là.

-LA FERME ! Primo Levi, Si c'est un homme !

-Quoi, vous l'avez pas lu au collège ?

-Non, OK, j'ai des trous dans mes classiques, content ? Je suis pas le seul, que je sache !

-Ha ouais, mais quand même...

-HEY, j'essaye de régler ça, justement ! Grouille !

-OK, OK, je vous le mets.

-Bon, maintenant, le dernier Musso.

-Sans déconner ? Merde, vous me décevez.

-J'ai une tête à lire du Musso ? C'est pas pour moi, ma copine est fan...

-Ouais, c'est ce qu'on dit. Enfin, j'ai rien contre Musso, hein, il me fait vivre, ce mec.

-C'est bon, t'as fini ? Grouille, ou je t'allume !

-C'est bon, c'est bon ! Mais...

-Mais quoi ?

-Ben, si vous me permettez un accès de conscience professionnelle, ça me fait mal de vous voir partir avec ce bouquin. Pour votre copine, je mets le premier tome des chroniques de San Francisco, ça se passe un peu dans les mêmes coins que les Musso, mais en pas pareil. En bien. Moins sirupeux, aussi. Puis correctement écrit. Puis si elle aime pas, quittez-la, sans rire.

-Je...

-Bon, ben, au revoir.

-C'EST MOI QUI DIS QUAND JE DIS AU REVOIR ! C'EST MOI QU'AI LE FLINGUE ! OK ? AU REVOIR ! ET J'AI PAS BESOIN DE CONSEILS MATRIMONIAUX D'UN PUTAIN DE LIBRAIRE, MERCI BEAUCOUP ! »

 

Je recule en le braquant, le sac dans la main gauche. Je pousse la porte de l'épaule, l'épaule, je traverse la rue encore vide à toute blinde, je saute dans la bagnole, j'arrive à démarrer en trois essais, et je fous le camp. Pas de sirènes, pas de flics sur la route, rien, pourtant, mon cœur bat à deux cent à l'heure.

 

Mais putain, ça fait du bien de savoir que j'ai ma dose pour la semaine. Si ces connards de la Bibliothèque Municipale m'avaient pas sucré ma carte jusqu'à la fin de l'année pour une malheureuse douzaine de bouquins non-rendus, j'en serais pas là. Putain.

 

Je réussis un créneau parfait devant le HLM.

Et merde. Je savais bien qu'il me manquait quelque chose. Une Histoire de tout ou presque, de Bill Bryson, je dois le lire depuis des plombes. Je fais quoi ?

 

J'y retourne ?

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 19:42

S'il est bien quelque chose de triste en ce bas monde, c'est de rentrer chez soi après une journée de travail, parce qu'on arrivait plus à réfléchir, et de se rendre compte qu'on n'a rien envie de faire en arrivant à la maison (en particulier le ménage qui attend depuis l'année d'avant).

 

Mais rien de rien, hein. T'es chez toi, tu regardes ton appart tout crade, la table qu'il faut essuyer, la vaisselle qu'il faut faire, la chambre qu'il faut ranger, la poussière qu'il faut balayer, et pffrrt. Tu te couches tout habillé sous ta couette, sans même éteindre la lumière (que tu as allumée parce que tu n'as pas ouvert les volets depuis des semaines, parce que quand tu rentres chez toi il fait nuit de toute façon).

 

Qu'est-ce qui peut te remonter le moral dans cette situation ? Un peu de statistiques descriptives, bien sûr !

 

Voici donc mes lectures de 2012 en chiffres :

 

(Je n'ai pas pris en compte les bandes dessinées, parce que je ne les ai pas recensées, j'ai un peu honte, mais c'est comme ça, ma bonne dame, que voulez-vous.)

 

J'ai donc lu en tout (à quelques bouquins près que j'ai pu oublier) 141 livres, ce qui fait 0.3852 livres par jour, ou un livre tous les 2.59 jours (tous les deux jours, quatorze heures, dix-sept minutes cinquante deux secondes), ou 2.71 livres par semaine. Je ferais bien les calculs sur le temps réellement disponible pour lire chaque livre en fonction de mes heures de sommeil et de mes heures de travail, mais ayant été au chômage une bonne partie de l'année, ça devient très compliqué.

 

Ces 141 livres sont répartis sur 74 auteurs (ou parfois, doublette d'auteurs), dont 48 ne sont représentés que par un seul bouquin.

Les auteurs les plus représentés sont Terry Pratchett, avec 14 livres (dont deux one-shot hors Disque-Monde), Alexander McCall-Smith, avec 12 livres (sur trois séries), et Jorn Riel, avec 11 livres (trois séries et un one-shot). Suivent ce trio de tête Nigel Barley, Bill Bryson et Orson Scott Card avec quatre livres chacun.

 

Sur ces 141 ouvrages, 99 étaient en français et 42 en anglais, ce qui nous fait du 70 % de français contre 30 % d'anglais. C'est un score honorable.

 

La répartition des genres se fait ainsi :

  • 30 romans réalistes (21%)

  • 22 livres de science-fiction dont 6 recueils de nouvelles (15.5%)

  • 21 polars (15%)

  • 18 ouvrages de fantasy (13%)

  • 15 essais (enfin, non-fiction non-scientifique) (10.5%)

  • 11 ouvrages autobiographiques (8%)

  • 11 livres pour enfants/ados (8%)

  • 7 ouvrages « scientifiques » (5%)

  • 5 romans de voyage (4%),

  • un recueil de mails.

 

En version camembert LibreOffice, ça donne ça :

 

graphe1

 

Et en colonnes, ça donne ça :

 

graphe2.jpg

 

Et on va s'arrêter là pour les graphes moches, en fait j'aime pas.

 

La question que je me posais principalement avant de faire cette étude portait sur mon taux de relecture. Comiquement, le score de relecture est exactement égal à celui de la lecture en anglais : 42 de mes lectures sont des relectures (donc, une fois de plus, 30%), pour 70 % de primo-lectures.

Parmi ces relectures, 11 sont de Pratchett (il en a sorti trois nouveaux cette année), pour au total 19 relectures de livres en anglais, soit 45 %.

 

Etant donné le score de Pratchett, le genre le plus relu aurait par conséquent dû être la fantasy, avec 15 relectures au total, soit un taux de relecture de 83 %, mais c'est en fait les livres pour enfants, avec 90 % de relectures (nostalgie, quand tu nous tiens) qui est en tête.

A l'inverse, je n'ai relu qu'une seule autobiographie, soit moins de 10 % de mes lectures. Ensuite viennent les essais, avec 13.3 % de relectures. Le roman réaliste s'en tire bien, avec 16 % de relectures seulement. Pour la SF, c'est moyen, avec 23 % de relectures, quand même.

 

Voilà voilà, c'est tout pour cette année. Pour la prochaine, j'essaierai de voir combien j'ai acheté de livres sur ceux que j'ai lus.

 

Pour ceux qui veulent des précisions sur les titres, vous n'avez qu'à être mes amis facebook. D'ailleurs, vous l'êtes sans doute déjà.

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 19:42

Camarades, camarades,

cela faisait trop longtemps que je n'avais pas écrit d'article putassier visant à faire remonter mes statistiques. De la part d'un traducteur publié de webcomics porno (achetez Oglaf, joli, pas cher, y'a du sexe), c'était parfaitement scandaleux.

 

Voici donc de quoi, je l'espère, me faire pardonner. (maman, papa, merci de ne pas lire, ce ne vous est pas destiné). Même si c'est juste un truc vite fait pour un site qui me prend du temps que je devrais consacrer à ce blog.

 

******

 

L'humanité, il faut bien le reconnaître, a une certaine tendance à foutre le boxon chez Mère Nature. C'est un peu déprimant, je trouve. On ne sait répondre à nos besoins qu'en déforestant, polluant, exterminant, j'en passe et des pires. Même le plus innocent de nos loisirs, à savoir le sexe, est à l'origine d'une part des pires industries qui soient : celle de la contraception.

 

Attention : je ne suis pas contre la contraception, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. La contraception nous évite une surpopulation encore pire que celle que l'on connaît, et qui aurait elle-même un impact plutôt négatif.

 

Cependant, dans sa forme actuelle, la contraception est dégueulasse : l'industrie du latex nécessaire à la fabrication de capotes détruit des forêts primaires absolument irremplaçables, qui abritent une biodiversité inimaginable et dont nous n'aurons jamais la moindre idée. C'est suffisant pour me faire pleurer. Mais il y a plus glauque encore : la pilule contraceptive, qui a eu l'effet infiniment louable de libérer la femme, ce qui est une bonne chose dans l'ensemble, a un effet pervers : ces hormones de synthèse introduites dans le système féminin n'y sont pas détruites, et se voient relâchées quotidiennement dans les millions de litres d'urine produits par les femmes libérées, puis, après un éventuel passage dans une usine de traitement des eaux usées qui n'y peuvent rien, se retrouvent dans les eaux de surface. Les rivières et les lacs. Là où vivent des poissons. Qui n'ont pas particulièrement envie d'être libérés, pour autant qu'on sache, mais qui subissent quand même l'effet des hormones sexuelles : on se retrouve avec des poissons mâles féminisés, aux testicules atrophiées, et aux capacités reproductrices sabotées.

 

C'est triste, et c'est grave.

 

Face à ces drames de la contraception, on ne saurait rester les bras croisés, mais que faire ? La supprimer totalement serait un pas en arrière dont personne ne voudrait. La conserver sous la forme actuelle serait criminel.

 

La réponse s'impose donc d'elle-même : à défaut de supprimer la contraception, il faut en changer la forme.

Certains extrémistes prôneront l'abstinence. Nous pouvons, la conscience tranquille, les pointer du doigt en huant. Ça n'a jamais marché.

 

Non, il me semble que s'il est une forme de contraception susceptible de n'avoir aucun impact écologique majeur, ni de créer une société de frustrés, c'est bien le sexe oral et la sodomie.

Il est maintenant temps de prendre le taureau par les cornes et de l'enseigner dans tous les collèges et centres de planning familial. On ne sauvera peut-être pas les forêts, mais il reste un espoir pour les poissons.

 

Je voudrais conclure avec cet ancien limerick nantais :

 

There was a girl from Connecticut

Whose new year resolution was to always do it in the butt

She did so well that by the end of August

She had saved a dwindling population of halibut

 

Merci de votre attention.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 08:42

Lectrices, lecteurs

à l'heure où vous lirez ces lignes, peut-être ne les lirez-vous pas. En effet, vous n'êtes pas sans savoir que la fin du monde a été prévue pour maintenant, globalement, à quelques heures près, par Roland Emmerich (et des types morts).

Je me sens envahi d'une tristesse assez difficile à commensurer. J'avais tant de choses à voir, tant de gifs de loutres à publier, tant d'habitats benthiques prédominants à rapporter, tant de livres à lire. Je ne les verrai plus, ne les publierai plus, ne les rapporterai plus, ne les lirai plus, et de grosses larmes salées roulent sur mes joues rien qu'à leur évocation. Sauf, peut-être, pour les habitats benthiques prédominants. C'était un peu du foutage à rapporter, on a zéro donnée sur les fonds meubles du circalittoral en Mers Celtiques, c'est que de la modélisation, tout ça n'a aucun sens.

Cependant, en cette heure plutôt dramatique sur tant de tableaux, c'est vers vous que volent mes pensées, vous qui, à l'heure où se profile la fin, n'en restez pas moins connectés sur l'internet, jusqu'au dernier moment, attendant jusqu'au bout un nouvel article avec une loutre trop choupie, une note de Boulet, un nouveau film cochon avec des nains unijambistes, tout ça.

C'est vous qui avez raison. Même la fin venant, il n'en faut pas moins garder à l'esprit ce qui est important dans la vie.

C'est pourquoi, pour la dernière fois peut-être, je voudrais partager avec vous ces mots de sagesse, proférés par un homme mort il y a près de 2000 ans, et qui sonnent toujours justes à mes oreilles.

 

Et puis, pour partir sur une note choupie, mon dernier gif de bébé loutre :
http://imageshack.us/a/img708/3492/tumblrlyq461mzp81qzs75g.gif
Adieu, mes amis, adieu. Je vous ai tant aimés.
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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 22:42

Je sais pas comment c'est chez vous, mais en ce moment, chez moi, c'est l'hiver et ses frimas. Du coup, j'ai ressorti gros pulls et slips fourrés du cagibi de chez maman et papa où ils prenaient une bonne odeur de sous-bois, et je me fais pousser la barbe et les poils des oreilles, dont les qualités adiabatiques ne sont plus à démontrer. Mais surtout, je me suis mis au régime hivernal. Car quoi de mieux qu'une bonne couche de bon gras pour se prémunir des glaglas ? (vous avez noté l'allitération ? C'est pour faire poétique. La poésie, ça vous réchauffe l'âme, qui en a bien besoin aussi).

 

Donc, je mange de la soupe.

 

Parfaitement. De la bonne soupe en sachet, achetée chez Intermarché. Je la fais réchauffer le soir, dans ma casserole, sur mes plaques à induction, je remue de temps en temps comme ils recommandent dans les instructions de montage consultables au dos du paquet, pour pas que les vermicelles accrochent au fond. Parce qu'il y a des vermicelles, comme ça c'est un peu si j'avais fait des spaghetti en plus de la soupe. En plus petits, parce que quand même, j'ai déjà de la soupe. Il y a des pois chiches, aussi. Parce que la soupe comme ça, ça a une double action de chauffage, une instantanée et une différée. Tu te réchauffes quand tu la bois, toute chaude et gluante de bonne gélatine, et là, c'est la première action instantanée. Puis, par la grâce des pois chiches, tu te réchauffes toute la nuit, sous la couette.

 

...

 

Oui, en pétant, oui. Il faut toujours vous expliquer, c'est pas possible. Ça déglingue toute la subtilité du truc. On essaye de relever un peu le niveau d'internet, on case des allitérations, des frimas, et vlan, vous fichez tout par terre avec vos basses histoires de pets. Et voilà, vous m'avez cassé le moral, merci bien. J'étais content, je parlais de ma soupe, de son effet garanti sur la couche de survie hypodermique, surtout quand on en prend deux bols parce que c'est des rations de deux bols, et que je peux pas garder parce que j'ai pas de frigo, parce que j'ai la flemme d'en acheter et que de toute façon il fait froid dans la cuisine, avec tous ces frimas, sans parler des bises glaciales qui sifflent sur nos têtes et vous ratatinent un scrotum en moins de temps qu'il n'en faut, et là, paf, vous me forcez à retomber dans du pipi-caca-prout de cour de récré.

 

Oui, du pipi aussi. Vous êtes contents, maintenant ? Parce que oui, la soupe, c'est plein d'eau, surtout quand on en prend deux bols, et du coup, ça fait faire pipi. Au moins, ça donne une raison de se lever matin.

 

Voilà. Cette note est finie. J'espère que vous l'avez autant appréciée que les vieilles notes de 2008, qui étaient bien, elles.

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 20:42

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bonjour.

 

S'il est une chose dont je puisse me vanter ici-bas, c'est bien la manière dont le monde s'arrache mes talents rédactionnaires. Ha si, je vous jure. Tenez, pas plus tard que tout à l'heure, un collègue m'a dit « j'ai lu ton mail aux collègues du ministère, ça va », c'est tout dire.

 

Mieux encore, depuis 2006, ce ne sont pas moins de QUATRE discours qui m'ont été commandés, et un que j'ai fait tout seul de mon plein gré. Et pour des occasions à chaque fois différentes, même, que du coup j'ai dû tout refaire du début à chaque fois (mais ça va, parce que mon début est toujours le même et pompé sur des stars, alors). Un discours pour l'occasion solennelle du plantage d'un arbre de promotion, une fois pour un consul qui devait introduire des musiciens, une fois pour un mariage, une fois pour un baptême (mais là, je l'avais fait tout seul) et une fois, comme le titre l'indique, pour des quatre-vingt-dix ans de mon papy. Et sur ces cinq discours, pas moins de deux ont été prononcés ! Ouaip.

 

Et j'aime autant vous dire que c'est pas de la gnognotte, ces discours, ça fait voler les petites culottes ! Tenez, une copine m'a avoué que lors de mon discours au pied d'un arbre (on avait dû planter un chêne, j'avais dû faire une remarque du style « puissent ses glands rappeler aux générations futures le souvenir glorieux de la glorieuse promotion 154 »), sa mère lui avait dit « mais enfin, pourquoi tu sors pas avec lui, godiche ? », question qu'elle se pose encore, six ans plus tard (ne t'en fais pas, ma blonde enfant. Ma philosophie de l'amour est "puisque je ne puis être à toutes, je ne saurai être à aucune". Tu n'as rien perdu que d'autres auraient pu gagner). Et là, juste samedi dernier encore, une amie de mon papy m'a fait part de son enthousiasme pour ma prestation. C'est ce qu'on appelle le talent, mes petits cocos.

 

Mais bon, trêve de salamalecs, maintenant que vous êtes convaincus que mon CV, c'est du béton, passons au discours, puisque, si vous êtes venus par la grâce de Google, c'est bien que vous cherchez un discours-type pour célébrer comme il se doit les quatre-vingt-ans de votre papy/papa. Ça marche pour les deux, je l'avais écrit à la base parce que mon papa l'avait réclamé, puis il l'a lu, puis il n'a pas voulu le lire devant son papa, il m'a dit lis-le toi, j'ai dit pas question, il a dit je le lirai pas lis-le toi, j'ai dit mais nan j'ai pas envie c'est toi son fils et tout, puis finalement ma grande sœur et mes cousines m'ont dit vas-y, fais pas ta mijaurée, on sait bien que tu vas le lire, et puis finalement j'ai bu deux planteurs un kir et trois verres de champagne et je l'ai lu, avec une foule derrière moi qui applaudissait quand je lui demandais.

 

Voici donc mon discours-type pour célébrer l'anniversaire 90 ans de mon papy. Vous trouverez en note de bas de page (astucieusement numérotées dans un ordre croissant, à partir de 1) les adaptations à faire au cas où votre grand-père ne serait pas le mien. Vous n'êtes pas obligé de lire ce qui est entre parenthèses.

 

 

 

Cher papy, mesdames, messieurs, famille chérie, amis de mon papy,

 

inaccoutumé que je suis à prendre la parole en public (je m'excuse, j'ai piqué cette introduction à Snoopy), je voudrais, si vous le voulez bien, commencer en invoquant les mânes de Caton l'Ancien : Carthago delenda est (je m'excuse encore, mais si Astérix m'a appris une chose, c'est qu'on ne pouvait pas faire un discours sans en appeler à Caton). Carthago delenda est, en effet, car si nous sommes réunis aujourd'hui en ce lieu, c'est pour célébrer aussi dignement que faire se peut les quatre-vingt dix ans de Jacques (1). Car oui, du haut de cette tête aux tempes légèrement grisonnantes, quatre-vingt dix ans, répartis glorieusement sur deux millénaires, deux siècles, dix décennies dont pas moins de huit aux côtés d'Annie (2), et un nombre de cuites très réduit, quoiqu'en ait dit sa belle-mère (selon une rumeur familiale), nous contemplent. On ne dirait pas.

 

En ce qui me concerne, je suis très heureux de vous voir aussi nombreux et joyeux en cette heureuse occasion (3), mais je le suis encore plus que papy soit parmi nous ce soir.

 

Parce qu'il faut le reconnaître, statistiquement, c'est une performance : sur ces quatre-vingt dix années, le nombre qu'il a passées sagement en un lieu sans bouger me paraît bien restreint. De l'Espagne à l'Italie, de camps de prisonniers en ports bretons, d'école navale en fumerie d'opium, de Mimosa en élevage d'asperges tunisiennes, je suis toujours surpris de le trouver quand je vais le voir, tant je m'attends à ce qu'il soit, je sais pas, en train de piloter une péniche dans les tréfonds de l'outre-Loire ou de faire de la montgolfière au-dessus des Carpates, tout en trouvant le temps de réaliser ses missions d'espion au service de sa Majesté la République (si j'en crois les rumeurs familiales, sans doute plus fondées, pour le coup). (4)

 

(mon script indique que là, je dois attendre la fin de l'hilarité générale. Je dois donc vous demander de rire, puis de vous arrêter)

 

Mais à quoi rimeraient de célébrer nonantes années, si elles s'étaient limitées à d'aimables distractions de retraité ? Non, le plus impressionnant, dans tout ça, c'est tout ce que mon papy a réalisé au cours de ces quatre-vingt-dix ans (je vous ai dit qu'il avait quatre-vingt-dix ans ?) car non content d'avoir capitainé des vaisseaux, construit d'innombrables (trois au dernier recensement) chalets suisses en Bretagne, sans doute renversé des dictatures et je vais m'arrêter là pour ne pas gâcher leur plaisir aux futurs lecteurs de tes mémoires présents ici (5), tu as, cher papy, accompli l'exploit, avec le concours de mamie, de permettre à une palanquée de gens bien de voir le jour (ne croyez pas que je me jette des fleurs, je lis juste le script). J'ai toujours du mal à tenir le compte, mais il suffit de regarder autour de toi, ils sont tous là, et ça veut bien dire quelque chose. (6)

 

C'est pourquoi je suis bien content de le voir ici partager un verre de Champomy, et une tranche de gruyère.

 

Bon, comme ma conclusion originale tenait compte du fait qu'on faisait les discours avant de manger, on va l'oublier, et se contenter d'un Joyeux anniversaire !

 

[insérer un tonnerre d'applaudissements polis]

 

  1. si votre grand-père ne s'appelle pas Jacques, adaptez. Par exemple, s'il s'appelle Anatole, remplacez Jacques par Anatole. Ce sera apprécié par tous.

  2. Annie, c'est ma mamie. Si Anatole est marié ou l'a été, et que le mariage ne s'est pas soldé par un drame quelconque, adaptez, là encore. Pareil pour les années.

  3. Si vous n'êtes pas nombreux, vous pouvez toujours trouver une pirouette, en parlant des liens serrés qui vous unissent, ça fait bien aussi. Et si les gens ne sont pas heureux, faites semblant de croire qu'ils le sont. Buvez avant votre discours, par exemple.

  4. Là, si votre grand-père était un peu casanier, ça va être coton à adapter. Vous aviez qu'à mieux choisir votre famille, d'abord.

  5. Bon, ben pareil. Je connais pas votre papy, moi.

  6. Nous, on était tous là. Tous les enfants et les petits-enfants, et ça faisait une tripotée. Alors si vous n'arrivez pas à ça, votre famille est moins bien que la mienne.

 

Bon, désolé pour ceux qui s'imaginaient tomber sur une note de blog intéressante, je voulais juste tenter de voir si j'arrivais à faire remonter mes stats avec un article passant pour pratique. (moi, j'ai essayé de trouver un discours sur le net pour les 90 ans de mon papy, et j'ai rien trouvé de bien).

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 08:42

Bon. J'avais eu super la flemme de retranscrire ça quand je l'ai fait, en août dernier, mais je m'y suis finalement résolu. Parce que c'est quand même un beau moment passé avec mon popa, hein popa ?

 

8h40 : Hourra ! Nous sommes partis, Père et moi, pour la verte Bretagne, terre de mystères et de  consanguinité, dans notre fière Toyota Yaris rouge, vestige de la crise de la cinquantaine tardive (et quelque peu décevante) de mon papa. Et tenez-vous bien, on va prendre les petites routes ! Comme des vrais baroudeurs ! Pour l'occasion, j'ai laissé pousser ma barbe et décidé de tenir un journal. À vrai dire, il y a deux raisons à cela : éviter de penser à la musique que mon papa m'inflige (en ce moment, Ana Moura pleurniche sur la N20, je n'ose penser à ce qui m'attend à Moulins la Marche). La deuxième, c'est de ressusciter un instant ce blog moribond. En fait, à l'origine, j'ai accepté de faire ce voyage pour pouvoir faire un statut facebook super liké, mais après avoir hésité sur différentes approches (ado blasé, renoueur de lien filial étiré par le fuseau du temps qui passe, explorateur des contrées occidentales), j'ai laissé tomber, trop compliqué, puis si ça se trouve, mes contacts facebook seront en vacances.

8h51 : nous sommes sur le périph, et je continue mon récit. Ça agace mon papa que je ne lui lise pas ce que j'écris, alors je continue. J'en profite pour vous signaler à quel point ma tâche est ardue : non seulement le fado me casse les oreilles, mais je dois écrire sur des feuilles volantes, étant donné que je n'ai retrouvé aucun des douze carnets que j'ai entamés et qui se sont manifestement égarés dans les travaux de la maison, et que je dois écrire avec un gros stylo-clé USB-pointeur laser, en tenant l'iphone de mon papa qui nous sert de deuxième GPS.

8h56 : oh, des immeubles !  La Seine ! On arrive au travail de ma grande sœur, je vais faire coucou. Hop, c'est fait. Aucune des voitures devant n'a de plaque d'immatriculation intéressante.

8h58 : Je vomis un peu dans ma bouche. En plus, j'ai pas petit-déjeûné. On est cernés par des arbres dont je peine à reconnaître l'essence.

9h00 : Ha, une plaque rigolote ! BJ-xxx-HD. Sans doute un producteur de films pornos en route vers ses studios. Je me demande s'il trompe sa femme. Probablement.

9h01 : Je me surprends à apprécier le fado. Peut-on parler de syndrôme de Stockholm après seulement 21 minutes ?

9h03 : Purée, c'est la forêt vierge.

9h04 : Ha non, de la ville.

9h06 : Cette musique me rend tout mélancolique. Et dire que j'ai oublié mon Smecta. HA HA. Heureusement, l'humour scato me permet de garder le moral, même si mon visage reste un masque de sérieux pour tromper la vigilance de Père qui râle parce que je ne surveille pas assez son iphone à son goût, et qui râlerait encore plus s'il soupçonnait que je prenais du plaisir, lui qui tient à ce que je sois misérable. Bon, ce n'est pas dû au voyage, mais même.

9h12 : la forêt domaniale de Sainte-Appoline est bien laide. Je n'irai pas y chercher des champignons, même le couteau sous la gorge.

9h15 : Nationale 12, morne plaine. Je pense à la mort, mais ne pleure pas, même pas pour attendrir mon papa. D'ailleurs, mon petit cousin a essayé il y a deux jours, et mon papa a rigolé alors que ça fendait le cœur, ce petit rouquin en larmes.

9h17 : ce qui est chouette, c'est que le paysage change. La plaine est démornifiée par des arbres. C'est chouette, les arbres.

9h19 : je repense à la mort, mais c'est à cause d'un hérisson écrasé, pas du paysage, qui reste plutôt arborifère.

9h21 : et maintenant, un piaf. Ce voyage démarre sous de mauvais auspices. Avec en plus du fado en fond sonore. L'univers m'envoie un message, c'est sûr. Je devrais mettre ces feuilles en bouteille et les jeter par la fenêtre, qu'elles ne brûlent pas dans notre inévitable accident.

9h24 : papa ne veut pas acheter de poules, alors qu'on arrive à Houdan. Il essaye d'être scabreux en parlant de poules de luxe, mais ça ne lui va pas, en plus il a des dents toutes neuves.

9h32 : avons passé des pancartes Bû et Bu. Sont-ce deux villages différents ? À googler dès que possible.

9h33 : premier stop, à l'aire Nord de la Mésengère, caractérisée par une flaque. Et un banc.

9h37 : ho purée. Ho purée. Il veut nous faire passer par les petites routes jaunes. Le GPS indique 1h16 pour faire 67 kilomètres. Dans quoi me suis-je fourré ?

9h38 : on change de disque. Comme j'ai la main, je mets du blues (Precious Bryant). Ça sautille. Je chantonne.

9h40 : deuxième hérisson.

9h42 : je claque des doigts sur Black Rat Swing. Ça balance, baby !

9h43 : troisième hérisson.

9h44 : deuxième piaf.

9h47 : quatrième hérisson (petit). Je claque de la langue sur Fool me good.

9h53 : les 2,5kg de blanquette de veau sont apparemment à 20€ à la boucherie Avraise

9h54 : premier rat écrasé. J'essaye de méditer sur la paysannerie française en  contemplant les champs moissonnés, mais mon papa m'interrompt pour me montrer un restaurant chinois.

9h57 : décidément, je kiffe le jeu de guitare de Precious Bryant.

9h59 : Argh. En fait, Père prend la route qu'il prenait petit. Pourquoi ? Ça sent le traquenard. Mais lequel ? On croirait un film français genre Ceux qui m'aiment prendront le train, « un père mourant parcourt les routes de son enfance, en compagnie de son fils, avec qui il essaie de renouer, mais, ne sachant communiquer, il s'exprime par le fado qu'il lui inflige en fond sonore. Leur chemin est jalonné d'animaux morts ». J'espère que je me trompe. Il prétend que c'est juste pour éviter l'autoroute.

10h07 : premier lapin écrasé ; cinquième hérisson. Sur You give me fever, c'est moins triste.

10h08 : troisième piaf.

10h09 : sixième hérisson.

10h16 : Verneuil, c'est joli tout plein. On va prendre un café.


10h56 : Après que nous bûmes des cafés dont un crème et un pas, nous visitâmes en rapide succession Notre Dame de Verneuil, [hein ?] Saint Gorgon et Saint Ortaire, une boulangerie où nous acquîmes un croissant pour mézigues et un pain au choc’ pour Daddy, puis une maison de la presse où un élan nationaliste me fit acheter l’Equipe, ainsi qu’un Canard et un carnet et un stylo pour remplacer mon stylo-clé USB-pointeur laser qui roula sous le siège conducteur lors de notre parcage en ville. Puis nous quittâmes Verneuil et ses colombages sous le patronage de Precious Bryant.


11h02 :  je fais cliquer mon nouveau stylo au rythme de Broke and ain’t got a dime


11h04 : créature écrasée non identifiable

 

11h08 : septième hérisson


11h12 : deuxième lapin


11h13 je fais un jeu de mots hilarant sur Saint Martin d’Ecublais (des culs blets ! haha !) et Père ne réagit pas. Il est de mauvais poil.


11h22 : deuxième créature non identifiée


11h23 : troisième et quatrième créature non identifée


11h28 : la forêt domaniale de Moulins-Bonmoulins a plus la classe que celle de Sainte-Appoline. Je suis sûr qu'il y a des ours, là-dedans.


11h29 : Ah ! Un ours écrasé ! Qu'est-ce que je disais.


11h30 : non, c'était une blague en fait.


11h30 : si j'ai une fille, je l'appellerai Gauburge.


11h35 : le paysage à la sortie de Moulins-la-Marche est décidément agreste et virgilien. Mais pas rupestre, faute de mammouths.


11h38 : remplaçons, après deux écoutes, le disque de Precious Bryant par Madeleine Peyroux et un chien. Je n'ai pas vu la Féline de Jacques Tourneur, je ne sais pas pourquoi Daddy me le demande.


11h40 : quatrième piaf écrasé.


11h45: deux gamins assis sur une meule de paille au milieu des champs. C'est meugnon. Ils doivent discuter cartes Pokemon.


12h02 : on est dans les Choux (Cne de Sées) lol

 

12h06 : Madeleine Peyroux nous fait chier, on passe à Anita O'Day.


12h09 : le paysage est toujours aussi agreste et virgilien, mais il fait moche. Je me demande si le producteur porno de tout à l'heure connait des stars.


12h13 : cinquième créature non identifiée.


12h30 : je m'endors un peu. Ça va nuire à mon comptage d'animaux morts.


12h40 : Papa va pisser dans les bois, sous un ciel bas. Il prend longtemps, ce doit être un gros pipi.


12h50 : j'ai cru voir un petit lapin blanc, mais en fait c'était un mouchoir. Je suis déception.


12h53 : huitième hérisson


12h56 : il pleut sur Domfront


14h35 : avons mangé à Domfront, sous la pluie, du lapin et du bar. Avons échangé des vues sur la littérature, le radotage de Père et l'inexpugnabilité. Domfront est jolie, plutôt colombagière.


14h41 : la vivacité des souvenirs domfrontais de Père fait peur. On se croirait dans un Chabrol.


14h44 : troisième lapin


15h04 : quatrième lapin, neuvième hérisson.


15h12: mon papa a décidé d'être joueur : il pousse de grands braiements, soi-disant pour se réveiller. Pour l'aider dans cette optique, je le frappe sur la cuisse. Pas encore d'accident.


15h15 : cinquième piaf. Je décide d'arrêter de compter les animaux morts. C'est trop déprimant.


15h23 : sixième piaf.


15h24 : ça par exemple, le Mont Saint-Michel à l'horizon !


15h25 : oups, on le voit plus.


15h26 : ha si, le revoilà ! Il pleut.


15h27 : il pleut plus.


15h31 : croisons des courges en pleine croissance.


15h38 : septième piaf.


15h39 : tiens, le Mont Saint-Michel ressemble à un étron dessiné par Toriyama (le meilleur dessinateur de cacas du monde)


15h43 : il repleut, mais fort.


16h36 : ha, j'ai dormi. Bon, du coup, on s'arrête.


16h52 : bon, j'ai redormi.


??h ??On est arrivés.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 19:42

Cher/Chère (statistiquement ex-)lecteur/trice,

 

c'est sur l'injonction pressante et pétée (l'honnêteté intellectuelle, qualité que nul n'oserait me dénier, m'empêche de prétendre cette injonction répétée) d'une fervente amatrice de belles lettres que je reprends ici le clavier, afin de vous permettre une fois de plus de jouir (dans l'intimité de votre chambre de préférence) de ma prose (et de mes parenthèses. Je suis sûr qu'elles vous avaient manqué)(moi-même, l'usage m'en est pour tout dire proscrit dans l'exercice de mes fonctions, mais nous allons y revenir plus loin, inch'allah).

Cependant, ce que cette amatrice (qui fut, dans un proche passé, top-model pour le magazine de renommée internationale Le Chasseur Français, ce qui donne, admettez-le, un certain poids à sa requête, fut-elle injonctive et pressante) ne prend pas en compte, c'est que de mon côté, je n'ai plus grand'chose à dire. Car, voyez-vous, je me suis posé.

 

J'ai un travail.

J'habite en province.

J'ai un appartement, avec une salle de bain.

Je paye l'électricité.

Je mets une ceinture pour aller au bureau.

J'ai acheté un fer à repasser.

En deux semaines, je n'ai pas fini mon saucisson.

J'ai des réunions.

Je prends le train pour me rendre à des réunions.

J'envoie des mails à des gens du Ministère, que je conclus par « Cordialement ».

Je n'ose pas aller sur facebook depuis le bureau.

Je reçois des coups de fil professionnels.

Les premiers mots que je prononce le matin sont « Bonjour, Lysiane ». Souvent suivis de « pas chaud, ce matin ».

J'écoute les infos trafic le matin en allant prendre mon tram.

Je bois des cafés, avec des gens qui boivent du thé palestinien ou népalais.

Je repasse mes chemises avec mon fer à repasser.

J'ai mal aux genoux.

Je suspends mes chemises à des cintres. Que je suspends dans mon suspensoir.

 

Je suis foutu. Foutu. Je suis vieux. Vieux. Foutu.

Que raconter, quand on est vieux et foutu, qui ne collerait pas le bourdon à des lecteurs innocents, qui viennent sur un blog chercher un peu de légèreté, de gaieté dans un monde terne et gris ?

Méritent-ils qu'on leur raconte les affres de la préparation d'un ordre du jour pour une réunion avec le ministère, dans la salle de réunion numéro 2, si elle est libre ? Les conversations avec les collègues, sur le thème « Dis, tu crois que ça posera problème si je pars un quart d'heure plus tôt, l'électricien doit passer remplacer mon convecteur ? ».

Et, sorti de ça, que reste-t-il ?

Dois-je vous narrer mes excursions à Intermarché ? Expliquer que pfiou, quand même, le Vival à côté de chez moi, qu'est-ce qu'il est plus cher ? Raconter que je suis bien content que le facteur ait posé mon colis chez la coiffeuse en face, parce que ça m'a évité d'aller à la Poste que je sais même pas où elle est ?

 

Non, mes amis, je crains bien que pour moi, ce ne soit la vraie vie qui commence. Et laissez-moi vous dire une chose, la vraie vie, c'est pas une vie.

 

 

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