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FIGB recrute




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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 08:42

Putain, hier encore, plus de cent personnes qui viennent sur ce blog. Dont toi, peut-être, toi, là. Ouais, c'est bien de toi que je parle. Et des autres. Ouais, vous tous, mais surtout toi, là...


Nan, mais vazy, tu fais quoi sur ce blog, là ? Je t'ai donné la permission de venir, moi ?

Vazy, tu crois que c'est la fête du slip ? Putain mais tu te prends pour quoi, le FBI ? Allez, mais casse-toi, c'est personnel un blog, t'as rien à faire ici, voleur, voyeur, paparazzi, ça te fait bander de traîner chez moi comme ça, t'es le roi du monde ? T'as craqué, vazy, j'veux pas t'voir, t'es chez moi, chais pas où t'as trouvé l'adresse mais t'as pas intérêt à rester, j'te démonte ta face, ta mère elle va plus te reconnaître, tu pourras aller à Notre-Dame, ils te demanderont où t'étais passé et remonte nettoyer les gargouilles, avec un coup de pied au cul !


Putain, j'y crois pas le culot, ça me troue, merde, on n'est plus chez soi nulle part, vazy, j'vais te dénoncer à la CNIL, fouille-merde de mes deux, sale violeur d'intimité !


On peut plus être tranquille nulle part, hein ?

On cherche un coin pépère du net où épancher son âme, vider son coeur des scories qui l'encombrent, vomir sa bile sur cette société qui fait rien qu'à être pourrite de partout avec tous ces gens qui respectent plus rien, même pas Gregory Lemarchal, et il faut que tu t'introduises jusque là et que tu bousilles mon autopsychanalyse à fouiller mes pensées et me voler mes idées et mon talent qu'un jour il sera reconnu et que Marc Lévy me serrera la main et m'appellera petit frère et que Lolita Pille viendra me supplier de laisser tomber Catherine M. pour elle et toi tu veux me voler ça, tu veux me voler ma vie de rêve pour les faire tiens parce que toi t'es trop nul pour te taper Lolita Pille ?


Je sais pas ce qui me retient d'aller chercher ton adresse IP pour te reconfigurer ton ADN à distance, tiens.


Quoi ? T'es encore là ? Putain, tu tiens à m'énerver là ? Je te vois, crois pas, à te presser tes boutons devant ton écran, l'oeil mort et la lippe pendante sur ton menton couvert de bave de pervers sociopathe, on devrait t'enfermer, 'spèce de chacal puant !


Pourquoi tu restes ? T'en as pas assez, là, t'as pas envie d'aller gâcher ta propre vie ? Tu prends ce blog pour un endoscope sur mon moi intérieur, vicelard ?


Zefbfubzbgeihvhb gjgfgasvybgbfhvbutskdjfbkjd b


[Veuillez excuser l'interruption involontaire de nos programmes par l'ego de l'auteur, qu'un pic de fréquentation inopiné de son blog, repassant la barre des 100 visiteurs deux jours d'affilée, a soudain fait exploser. Après s'être convaincu que la faible fréquentation siginfiait que ce blog n'était connu que de gens de goût, de raffinement et de distinction, une élite que ne saurait atteindre une perte de quelques membres qui n'en faisaient finalement pas partie, puisqu'ils sont partis, cette hausse a eu des effets inattendus. N'empêche que l'ego de l'auteur tenait à ne pas laisser croire qu'il était content qu'il y ait des gens qui passent sans qu'il ait la moindre idée de qui c'est pour la plupart. Très bientôt, de nouvelles et passionnantes aventures, avec du suspense, de la haute technologie, des jaunes et des Prince de Lu®]

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 11:42

Non, je ne parle pas de la fin de la terre dans un nouveau big bang ou un trou noir dû à l'audace de scientifiques inconscients, ça a été bien assez abordé et de toute façon, c'était faux, la preuve, on est là. Non, je parle de la fin de mon temps. Je ne suis plus rien.

Il y a peu, encore, je faisais partie d'une élite : j'étais ingénieur agro-halieute spécialisé en gestion des zones côtières. En réorientation plus ou moins subconsciente, peut-être, mais néanmoins l'heureux produit d'une formation présentée avec de gros égards pour notre ego et celui du professeur responsable de ladite formation, aujourd'hui retraité.

Si je me souviens bien, il devait y avoir des mots qui sonnaient bien dans l'intitulé de notre spécialité, comme « gestion » (ça, j'en suis à peu près sûr ), « développement », « intégration », « durable », j'en passe et des meilleurs.


C'était des beaux mots, dont l'application sur notre amour-propre apaisait la brûlure de la conscience de notre inutilité et de la vanité de notre existence. Mine de rien, ça soulageait un peu, tout ça. Ca nous faisait oublier que ce qu'on avait appris de plus important en trois semestres, c'était de pas mélanger rouge et rosé au même repas.


Puis on était ensemble dans cette formation, un tiers de notre promotion de vaillants halieutes, rudes au mal, au visage tanné par l'air rude de la Bretagne intérieure, de fines rides au coin de nos yeux constamment agressés par le brassage d'air constituant nos cours. Un fameux tiers, y'avait Coin-coin, le plus gentil de l'école, y'avait Edouard, le psychopathe à capuche, Alex qui portait une peau de bébé phoque sur la têtee, et co-fondatrice du CCC (Comité Contre les Cétacés), et y'avait les autres, et on était là, soudés, un groupe dans un groupe, une élite GIZC dans une élite halieute, ça donnait du baume au coeur et du Guy Cotten dans les armoires, on était beaux, on était fiers, on était vivants, on sentait bon la marée matinale.


Aujourd'hui, ma vie s'est effondrée, et des larmes salées comme la mer que ma formation voulait me faire protéger roulent le long de mes joues, coulent dans ma barbe, éclaircissent ma soupe aux nouilles. Ma raison d'être, l'ultime étape de ce que devait être ma formation, ce vers quoi devait tendre ma vie, la spécialité GIZC de l'ENSAR, mon école, a disparu.


Notre usurpation a été mise à jour. L'inutilité publique de tout ce à quoi on croyait a été reconnue officiellement. Nous ne sommes plus rien. Je ne suis plus rien.


Comme me le disait avec optimisme Alex, nous sommes des collectors. Mais un collector, c'est rarement un truc que tu vends des mille et des cents sur eBay, c'est plutôt un truc que tu mets au placard sans le sortir de son emballage. Que tu regardes à peine. Dont tu espères vaguement qu'il prendra de la valeur mais sans trop y croire, car quelles sont les chances ? Infimes.


Nous sommes finis. Bon, c'est pas comme si on s'y attendait pas un peu, hein. Déjà, un an avant la fin de la formation, on suppliait les plus jeunes de ne pas faire la même erreur que nous. On savait que la vie ne nous réservait rien de bon. D'ailleurs, Alex, elle bosse chez Nathan, maintenant, bien loin de l'halieutique, des zones côtières et des embruns.


Chienne de vie.


Nous ne sommes plus rien. Et maintenant, je me rends compte qu'on n'a jamais rien été.


Snirfl.

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 12:42
Ouais.

 

Déjà parce que ça tape d'être le premier héros de Miyazaki, mais pas que. C'est quand même la super classe d'être le garçon aux orteils d'acier, capable de tout faire avec ses pieds, y compris s'agripper à une rambarde de cinq millimètres de large, mais aussi capable de sauter de quarante mètres de haut, de retenir sa respiration pendant vingt minutes, de pêcher des grands requins blancs et de les ramener à son papy sur sa tête.

 

Bon, y'a quelques inconvénients, comme être obligé constamment de partir à la recherche d'une greluche qui se que se faire kidnapper en se disant « pas grave, Conan va venir me chercher » et en se tordant les mains agenouillée devant le lit d'une de ses cellules, ou de vivre dans un futur post-apocalyptique où la recherche de l'énergie solaire détenue par le papy de la greluche est le seul credo des méchants.

 

Mais il est pas si terrible, d'ailleurs, ce monde, quand on y pense. Déjà, les blonds ont visiblement été éradiqués, au profit des moustachus, ce qui est inespéré de nos jours. Puis on peut parler aux oiseaux, ou à son papy, ou à sa greluche, par télépathie, la classe. Puis il est beau, entre les paysages bucoliques normands et les déserts de sable semés de tanks ensablés, en passant par les villes futuristes en décomposition et les fonds sous-marins pleins de poissons et de villes mortes. Ha ça, il nous fait voyager le père Miyazaki, que ce soit en hydravion, en machine à antigravité ou en bateau à voiles.

 

Puis il y a des potes qui valent le détour, hein. Des amis comme ce rouquin de Gimsy, avec sa coupe à la chapeau de Robinson et sa capacité à chasser aussi bien la grenouille que le sanglier sauvage géant, ça se trouve pas sous le sabot d'un adorable petit cochon (gruik gruik !). Ah ça, on regrette pas de se prendre une fessée à coups de planche jusqu'à ce qu'on ait les fesses qui brillent dans le noir pour garder un copain pareil.

Bon, y'a pas que lui, hein. Y'a aussi ce capitaine de bateau à fines moustaches et tendances pédophiles, lâche et cupide, mais qui n'a pas son pareil aux commandes d'un robot ou pour courir avec un gamin insupportable sous le bras. Puis y'a le grand-père de Lanna, la greluche, avec sa tête de tueur, le second du capitaine et son bouc, le cuistot du bord, et des tas d'autres.

 

Tiens, même les méchants valent le coup d'être Conan : la salope rousse avec sa voix insupportable qui en veut à tout le monde mais dans la poitrine de laquelle bat encore le coeur de la maîtresse de Boussu, son vieux toutou mort lors de la catastrophe mondiale d'il y a vingt ans, et ce salaud de Lepka, qu'est une vraie ordure qui veut que dominer le monde qui reste encore là. Ca, c'est du méchant.

 

Puis bon, faut dire ce qui est, en premier lieu, ce qui fait que ça vaut le coup d'être Conan, c'est les aventures, pas manichéennes, drôles, épiques, variées, avec déjà ce petit message écolo en arrière-plan (rapproché, l'arrière-plan), des aventures qui me font retrouver mon âme de midinette quand je les regarde avec Tifrère, à qui j'agrippe le bras en disant « holala, quelle salope, t'as vu ça », ou bien « houuuu, r'gade, y sont amoureuuuuux huhuhu » ou bien « hooo ils vont se faire un bisou ? » ou bien « Waaaah trop fort, je croyais pas qu'il réussirait à sauter sur l'avion » ou bien « Attention, Conan, derrière ! » ou bien « Roooh, le salaud, je croyais pas que c'était un salaud », bref, putain, c'est bon à regarder.

 

Je love.

 

Malgré le générique.

 

 

 

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 21:42

La vie est prodigue de cruels évènements, et celui-ci est le pire auquel j'ai eu à faire face ces dernières semaines.

 

J'ai perdu mon bob.

 

Ca fait mal. Tellement que je n'ai pas pu me résoudre à l'annoncer avant maintenant, j'avais les tripes trop nouées pour ça, une douleur m'étreignait la poitrine à la simple évocation mentale de sa disparition.

 

C'est d'autant plus dur que, juste avant de le perdre, je l'avais amoureusement customisé, j'avais acheté plein de beaux pin's à la brocante, en même temps que mon papa achetait un mortier en cuivre, ça fait que j'ai eu les pin's gratuits, j'étais si heureux !

Je les avais mis sur l'intérieur du bord, tout autour, puis j'avais replié le bord, et c'était beau.

 

Il y avait un pin's de l'école Marcel Pagnol, un de l'eau d'evian, un de la Journée Nationale des Animaux avec Tom de Tom et Jerry, un Blanche-Neige, un Coca Cola en chinois, un S.A Ricard, et un Max Roustan conseiller général. Tous ont disparu avec mon bob, par un beau jour d'août, alors qu'on était allés se baigner à Pied-de-Borne, village ardéchois paradisiaque quand la voiture parvient à remonter la côte. On s'était baignés, on avait fait des concours de bombe, des massages sous la cascade, on avait même trouvé des écrevisses.

 

Puis, au moment de partir, je cherche mon bob, je ne le trouve pas. Je me dis, c'est pas grave, j'ai dû le laisser dans la voiture, on rentre, je fouille le coffre, rien. Il n'est plus là. C'est là que reviennent tous les bons moments qu'on a passé ensemble, la manche à la dernière Blog Party, les journées entre amis au Champ de Mars, la chasse aux girolles quand il m'avait servi de sac, et là, je n'ai pu m'empêcher de pousser un hurlement de détresse dans la ville étouffée par les chaleurs lourdes de l'été langonais.

 

Mon bob, les mots me manquent pour dire combien tu as compté pour moi, j'emprunterai donc ceux de Kelly, jeune poétesse langonaise, qui grava ceci dans le marbre, ces mots qui trouvent dans mon coeur un écho douloureux.

 

 

Ho bob, I miss you so...

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 21:42

Automne !

Saison féroce, saison sans pitié, où se fanent les vacances et leurs décolletés, où fleurissent les champignons, les déménagements et les interrogations pénibles consubstantielles à la rentrée ! (oui, je voulais placer consubstantiel dans mon blog. J'aurais pu mettre concomitantes, mais j'ai préféré le côté un peu religieux consubstantiel au mot consubstantiel, c'est pour faire honneur à ma mamie chez qui je suis aujourd'hui, chez qui on regarde des émissions enregistrées de Bouillon de Culture avec Bernard Pivot et le patron anglais sexy des Dominicains Brother Timothy Radcliffe et puis Jean-Louis Fournier et Robert Hossein, et René Rémond mais il est mort, puis Quelquechose Bredin aussi).


Bref. Je suis revenu en Lozère, donc. Chercher des champignons (trouvé des girolles hier, mais le terrain était un peu sec), bâffrer comme un grizzli avant l'hibernation de l'isolement estudiantin à la maison (mais ça devrait aller, j'ai fait pas mal de réserves ces dernières semaines, j'ai du bon gras tout autour là). Puis faire des déménagements, éventuellement, okazou. En fait, je descendais me rapprocher de ma cousine, qui déménage elle sait pas trop quand, pour lui donner un coup de main, avant de remonter pour accueillir des larmes de joie plein les yeux le déménagement de ma maman qui arrive elle sait pas trop quand, 106 cartons (si j'ai bien compris) en provenance de Tunisie, pour lesquels on a fait de la place dans la cave avec Tifrère. En attendant le déménagement de la cousine, j'attends celui des bureaux de mon tonton (pas le père de la cousine, un autre), aujourd'hui il y a une demi-heure, normalement.


J'attends.


En fait, j'aime bien attendre, ça évite de réfléchir, et réfléchir, y'a rien de pire, d'ailleurs ça rime. On s'est réveillé tôt ce matin avec Tifrère, après une douzaine d'épisodes de HIMYM saison 2 (conclu sur la slap bet surprise numéro 2), on a ouvert les yeux avec Eric Clapton et Cocaine, qui réveille bien (d'ailleurs, si quelqu'un saurait dire si la cocaïne le matin réveille, Tifrère se pose la question, moi je dirais oui, lui se demande si ça assomme pas, je lui ai dit hé couillon c'est un excitant, le café ça t'endort le matin idiot, il a rien dit et paf, Cousin arrive.


[plusieurs heures sont passées, je fais un edit]


Bon, ben ayé, on a fait un bout de déménagement. Je n'ai jamais aussi mal tà propos porté mon T-shirt « Bosser tue » dont je suis si fier. On a trimballé des caisses d'archives du cabinet d'expert comptable de mon tonton jusqu'au nouveau cabinet d'expert comptable de mon tonton pendant une dizaine d'heures, heureusement qu'il était qu'au premier étage pasque l'ascenseur ne marchait évidemment pas. Bon, je dis une dizaine d'heures, mais on a quand même mangé, et j'ai poireauté aussi pendant une demi-heure en surveillant des caisses d'archives et des bouts de bureaux démontés à préparer un petit speech pour les gens qui me demanderaient qu'est-ce que j'attends, et je répondrais « la mort. J'attends qu'elle survienne, m'étreigne de ses doigts froids et dépose sur mes lèvres attentives un doux baiser, et m'emmène loin de cette vallée de larmes pour chanter pour l'éternité les louanges du Très-Haut. Si c'est pas la mort mais la jolie fille teinte en rouge avec un tatouage sur le mollet, ça ira aussi. »


Personne est venu. Alors j'ai continué à trimballer des caisses et des bouts de bureaux, et à tenter de comprendre avec un futur expert-comptable comment se remontait un bureau dont on avait que des bouts, dont certains se cachaient dans un pied. Croyez-le ou pas, mais on a réussi.


En tous cas, maintenant, je suis crevé, mais j'ai eu l'impression d'être utile. Ca change.

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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 22:42

Un beau jour de Moyen-Âge, ce fut la guerre de cent ans entre la France et l’Angleterre. On ne sait plus très bien quelle en était la cause, sans doute que le PSG avait mis une rouste à Manchester United en coupe de l’UEFA (c’était il ya très longtemps),et les Anglais ont accusé les français d’avoir acheté l’arbitre, et les français ont rétorqué « Ah ouais, répète un peu ça si t’es un homme », et les anglais ont répété, avec leur accent d’anglais, et ce fut la guerre, horrible et sans merci. Les anglais ont creusé un canal à la frontière, qu’ils ont rempli d’eau de l’Atlantique, et qu’ils ont appelé la Manche parce qu’elle était loin au dessus de la botte de l’Italie, et les français pouvaient plus passer, et ils ont traité leurs mères de cochons d’Anglaises, et tout et tout. 

Bref. 

Un beau jour un peu plus tard, Dieu, qui était depuis un moment en train de traîner en Australie à rigoler en créant des animaux sous l’emprise de substances pas très claires, se retourna et dit « Nom d’une pipe ! » car il n’avait pas prévu ça (la guerre).

Il n’était pas très content, car les français étaient en train de se prendre une déculottée d’autant plus sévères qu’ils ne portaient pas de culotte. Or, il faut le savoir, Dieu préférait les français aux anglais, car ils faisaient de loin le meilleur vin de messe et de meilleures hosties que les anglais, qui ne faisaient qu’une bière amère et des hosties à la sauce à la menthe. 

Alors Dieu décida d’aider les français, mais un peu discrètement quand même, histoire de pas risquer de se faire prendre. 

Il avait vu un peu plus tôt au ciné l’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux avec Robert Redford, et il se dit que si un vieux beau réussissait à faire gagner un combat psychologique sur la vie à un canasson en lui murmurant à l’oreille, lui-même pourrait aussi bien arriver à faire gagner une guerre à un français avec la même méthode. 

Malheureusement, la France était alors en pleine période yé-yé et Antoine triomphait au top cinquante, et les gens portaient tous pattes d’eph’ et cheveux longs qui pendaient devant les oreilles, empêchant tout murmure divin d’y parvenir. 

Une seule personne, à cette époque, résistait à la mode et préférait Mireille Mathieu à Sylvie Vartan : Mme d’Arc, de Domrémy en Lorraine (où, il faut le préciser, on ne captait que radio Bleue grand est).

Mme d’Arc était une fan de premier ordre, à tel point qu’elle avait fait à sa fille Jeanne la même coupe de cheveux que son idole, et tant mieux pour la France. 

Un jour d’été, alors que Jeanne somnolait gentiment sous un arbre tandis que ses moutons (elle était bergère) broutaient la tendre herbe lorraine, Dieu se pencha à son oreille soigneusement dégagée par les ciseaux attentifs de sa maman, et murmura : « Ho, Jeanne ! C’est Dieu qui te parle ! Je voudrais que tu ailles me bouter les Anglais hors de France ! »

Jeanne battit des paupières, s’étira en baillant, regarda sa montre et dit : « Il est que trois heures et demi, là, c’est pas l’heure de bouter », car elle avait de l’esprit. Agacé par cette boutade, Dieu rétorqua : « Ma petite, je n’aime pas qu’on se boute de ma gueule ! Alors tu prends ton armure et ton épée, et tu vas me couronner le Dauphin, ou je raconte à toutes tes copines que tu dors avec une photo de David Hasselhoff sous ton oreiller ! ». Car Dieu n’était plus le boute-en-train décrit par l’Ancien Testament, il avait vieilli et s’était un peu aigri. 

Jeanne partit donc au Marineland d’Antibes couronner le dauphin, se rendit compte de son erreur et repartit vers Reims. Là, elle réussit à rentrer dans les bonnes grâces du dauphin, résista aux basses manœuvres de la cour en restant arc-boutée sur ses convictions, parvint au sommet de la hiérarchie militaire malgré son manque de bouteille, et s’employa vigoureusement à bouter de l’anglais. Elle bouta comme jamais on n’a bouté depuis et la plupart de ses batailles aboutirent glorieusement.  

Mais un jour, hélas, trois fois hélas, l’armée de notre pucelle boutonneuse fut emboutie par celle de ces salauds d’anglais, et elle fut capturée. Fourbes comme seuls des anglais savent l’être, ils lui firent un procès, où ils l’accusèrent d’être une rebouteuse, et de les avoir maraboutés dans le but avoué de les bouter. Elle fit appel, fut déboutée, et condamnée à être brûlée vive. 

Ils lui boutèrent le feu à Rouen (Seine-Maritime), et elle en mourut, ce qui est bien triste, n’empêche qu’ils en ont encore honte aujourd’hui. Enfin, j’espère.

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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 20:42

Re.

Les vacances sont quasi finies, je reviens à la maison et à un accès internet. J'espère ne pas vous avoir manqué comme vous ne m'avez pas manqué, j'étais bien trop occupé pour ça.


Oui papa, cousins, cousines et autres parents qui me lisez (peut-être, Dieu me garde) en ricanant, ces vacances ont été actives, malgré les jeux Olympiques.


Déjà, les préparatifs de départ en vacances, ça occupe grave la tête. Ensuite, je vous ferai remarquer que j'ai quand même participé aux épluchages et à la mise de table, nagé, joué au ping pong, me suis occupé de diverses progénitures braillardes et baveuses, ai participé au remâtage d'un catamaran saboté, refixé un truc de douche, suivi la première partie de Conan le fils du futur, chassé assidûment la girolle sauvage au petit matin, bu des apéros, combattu des cascades à mains nues, vandalisé des oeuvres de land art moches à coups de pied, fait entrer en douce deux rats chez ma tante ratophobe, acheté des cartes postales kitsch avec des pitits chiens, oublié de les envoyer, et tant d'autres choses.


J'ai même appris, car que seraient des vacances sans apprentissage rude au contact de la vie vraie, donnant des cals aux mains et du rouge au front ? Hein ? Non, ce n'est pas la peine de répondre.


J'ai appris à dire « Comprenez-vous l'anglais ? » en lituanien.

J'ai appris à faire du feu par force 7 et à l'éteindre.

J'ai appris à une gamine de cinq ans à tirer du vin au cubi.

J'ai appris que j'avais trop de bide.

J'ai appris que j'avais encore pas loin d'un mois de vacances.

J'ai appris que le rhum JM était le meilleur, mais que pfiou, sans sucre, ça fait chaud au ventre.

J'ai appris qu'il fallait mettre du soja dans le poulet boucané.

J'ai appris à me servir d'une tondeuse à barbe.


Enfin, en plus de tout ça, je vous ferai remarquer que ça demande un travail d'effacement intense (et contre nature pour quelqu'un qui prend de la place) pour réussir à ne faire la vaisselle et les courses qu'une seule fois en un mois de vacances.


Enfin bon, toute cette activité frénétique a tout de même été récompensée.


Un moment de paix absolue.

Parti à 19h avec Tifrère, dans la plaine de fougères bréhatines, pour trouver un coin de rocher surplombant la mer. Une heure passée à écouter le ressac, regarder passer les nuages, le dos dans l'herbe molle, la tête dans le lichen, les pieds sur le granit, Tifrère à côté. Sans rien dire, juste à profiter du moment, que même les goélands nous avaient abandonné. Et tant pis pour le brainstorming de scénario envisagé au départ, finalement, ç'aura été bien mieux comme ça.


Pour ces instants, merci, Tifrère.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 22:42

Faut pas m'en vouloir si j'écris pas, j'ai un prétexte, je lis.

Enfin, surtout, je trouve des trucs à lire pour ne pas attaquer Ada ou l'ardeur, qui traîne dans ma chambre depuis que je suis passé à la bibliothèque de ma tata pour que ma maman puisse emprunter des livres sur l'analyse transactionnelle qu'elle ne lira pas, mais qu'on lui a conseillé parce qu'elle part en Algérie, et là-bas, je sais pas si vous savez mais c'est plein de terroristes qu'il faut savoir reconnaître pour éviter de leur balancer des transactions tangentielles dans sa face et tant pis si ça lui gonfle la banque de strokes.

Moi, à sa place, j'apprendrais le krav-maga.


Enfin bref, je lis, quoi.


Bon, c'est pas tellement nouveau, en fait. Mais ça fait une bonne excuse pour glander.

Par contre, les bouquins, quand tu dois les posséder comme moi parce que tu sais que tu les reliras, ça revient cher. Surtout quand tu les lis globalement partout et tout le temps.


Mais vraiment partout et tout le temps.


En descendant les escaliers.

Dans les couloirs du RER.

En sortant les poubelles de nuit.

Aux chiottes, le livre posé sur le bac à linge sale et maintenu ouvert par un rouleau de PQ judicieusement placé dans le coin où y'a le plus de pages.

En taillant les rosiers (mais c'est plus difficile qu'en arrachant les mauvaises herbes, ce qu'on peut très bien faire assis par terre, en tâtonnant).

En coupant du saucisson, le bouquin coincé dans le tiroir à couverts ouvert.

En tartinant du beurre sur du pain, le livre maintenu ouvert par n'importe quoi qui traîne, un bocal à cornichons, un paquet de Prince, un autre livre.

Debout dans le salon.

Ma corpulence m'interdit dorénavant de lire sous les lits, mais j'aimais bien, quand j'était petit. Ca m'arrivait aussi de lire la tête en bas sur une banquette, les pieds au mur. J'ai arrêté.


Tout ça fait qu'un livre, ça dure pas des masses de temps. Alors, j'essaye de prendre des trucs un peu gros, en anglais (mais bon, maintenant, ça fait bien sept ans que je lis en anglais, ça marche plus des masses pour ralentir la lecture), sinon j'use trois livres par jour. En particulier si ce sont des polars à ma maman. C'était encore pire quand j'étais petit, où je pouvais aller deux fois à la bibliothèque dans la journée parce que j'avais fini mon stock de Six Compagnons ou d'Alice (même pas honte) empruntés le matin. Mais là, je peux plus trop, la bibliothèque est trop loin.


Puis je lis des auteurs que j'aime bien, parce que au moins, ça m'évite de dépenser plein de sous pour des trucs dont je suis pas sûr que ce soit bien. Comme l'Elégance du hérisson, qui m'a super déçu, heureusement que je l'avais fauché à ma tante (je lui ai rendu, alors que c'est pas mon habitude). Ou Marc Lévy. Ces gens là me fâchent avec la littérature française.

Pour me venger, je m'accroche à Pratchett, Hobb, Martin, Gaiman, Wynne Jones, Pullman, Hornby, et quelques autres rosbifs.


En tant que bon supporter de l'équipe de France de coupe Davis, des fois, j'ai honte de ne pas lire plus de bouquins français. Mais bon, la plupart soit me gavent vite, soit sont lus en deux heures. Pas rentable. J'aime autant m'accrocher à l'image d'amateur benêt de fantasy que certains ont de moi dans la famille (mais pas tous, houla non, ouf. En général, je suis juste considéré comme un branleur).

Pour tenter de rattraper mon inculture dans les autres domaines de la littérature, heureusement, on m'offre des bons bouquins des fois (Les Enfants de la Liberté excepté).

Mais bon, tout ça pour dire, voilà quoi, c'est les vacances, le temps de la lecture débridée et sans tabous, pas des notes de blog sans intérêt.


Ha, merde.


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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 09:42
Aujourd'hui, pour mettre de la joie dans ton coeur, ju t'offre des chansons qui font chaud.

Parce que la chaleur dans ton coeur, c'est l'amour, tu vois, et l'amour qui fait chaud, c'est beau quand dehors il fait froid, ou alors quand dedans dans ton coeur il fait froid aussi, froid et sec, comme un vieux chewing-gum collé sous un bureau de collégien. La tristesse des vacances ne doit pas dépouiller de l'amour les vieux chewing-gums.

Alors chante la vie, chante l'amour, et danse sur les tables la gigue du bonheur belge, et l'amour du gens le plus important pour toi, chante et danse et crie et vole comme l'oiseau bleu qui ouvre ses portes à la colline enchantée.

Vois la joie sur ton visage, pleure les larmes de l'amour du monde qui t'entoure, tu aimes, tu chantes, tu danses, tu tires tes chaussettes sur tes mollets chassieux, la vie est devant toi, mets tes chaussures et croque-la avec ton amour d'elle qui t'emporte dans un tourbillon luxurieux et vert comme la jeunesse des pousses dans la forêt de Paimpont où s'ébrouent les lapins dans les clairières moussues !




Et surtout, ne t'oublie pas, fais comme Ramon Pipin.


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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 11:42

Continuons notre étude passionnée des animaux de nos contrées, et consacrons nous aujourd'hui au mouton.


Pour cela, il nous faut un mouton. N'importe lequel fera l'affaire. Pour aujourd'hui, nous utiliserons celui de M. F., poète-paysan de son état, un homme comme on n'en fait plus de nos jours et c'est bien dommage.


Approchons nous discrètement, en nous méfiant du sens du vent, et attelons-nous à la dissection de l'animal.

Saisissons-nous de notre outil de dissection favori, le coupe-syllabes, que l'on aura pris soin de désinfecter soigneusement au préalable, et tranchons notre mouton proprement en deux par le milieu.


Nous nous retrouvons avec deux bas-morceaux : d'une part, le mou, que l'on gardera pour le chat (ou, si l'on en a pas, que l'on fera revenir à la poêle avec des échalotes émincées et des cèpes au vinaigre), d'autre part, le ton.


Le ton pourrait être confondu avec l'adjectif possessif de la deuxième personne du singulier, ce n'est bien sûr pas le cas. Ce mouton n'est pas à toi, à moins que tu ne sois M. F., poète-paysan de ton état, homme rude et fier dans le regard bleu duquel perce une affection bourrue pour la nature et les bienfaits qu'elle nous apporte, en particulier le picrate premier prix du Lidl de Saint-Alban-Sur-Limagnole.

Pour être honnête, ça m'étonnerait un peu que tu sois M. F., à moins que tu aies appris à lire (dans ce cas, félicitations).


Non, le ton du mouton vient de ce qu'on le tond, c'est évident. Notons que les inventeurs du mouton étaient par nature plus portés sur la contemplation des soleils couchants sur les vertes prairies où s'ébattent paisiblement de douces génisses aux mamelles timides et douces que sur l'orthographe.

Je crois bien même que l'orthographe a été inventée bien après le mouton, ce qui expliquerait sans doute ce curieux phénomène lexical.


Car oui, le mouton se tond, comme le wombat se bat (du moins lorsque son territoire est menacé, par exemple par un jeune ornithorynque mâle chassé de son territoire par son père jaloux).


De la tonte du mouton, on tire de la laine, qui sent aussi mauvais que celle de M. F. après l'aïoli du mercredi soir chez tata Mémène (d'où son nom, une fois de plus mal orthographié). De cette laine, on fera des pelotes, qui feront la joie des petits chats coquins comme des grands garçons également coquins. Le stade suivant le pelotage est la confection à l'aide d'aiguilles à tricoter de layette pour le petit bébé qui en résulte si on ne s'en est pas prémuni, éventuellement à l'aide d'aiguilles à tricoter.


Il existe par ailleurs diverses variétés du mouton : le mouton femelle, qui est appelée brebis (ou Bichette, par M. F., qui est un homme très seul). La brebis porte généralement la culotte et tient les cordons de la bourse de son mari le bélier (avant sa transformation en mouton proprement dit par le vétérinaire, qui procède soit par ablation, soit par compression des vaisseaux sanguins par des pinces de Burdizzo).


Le bélier, lui, est en maison 1, et doit profiter de ce moment pour relancer une collaboration qui s'était relâchée depuis quelque semaines, et dialoguer avec sa partenaire, par exemple en lui fixant rendez-vous dimanche à 11 heures pour discuter de son poulet au citron, qu'elle avait fait trop épicé quand ils avaient reçu les Durand la semaine dernière. Eviter tout malentendu lui épargnera une transformation en mouton qui ne saurait qu'être nuisible à leur vie de couple.


Vous voici j'espère plus éclairés sur ce fier animal, si représentatif de notre société.

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