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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 20:42

Fut un temps, j'écrivais comme un cheval fougueux. Mon clavier était une verte et souple prairie sur laquelle galopaient les sabots de mes doigts, tagadap, tagadap.

Hélas, ce temps est bien révolu. Est-ce l'âge ? La décennie nouvelle m'aurait-elle irrémédiablement rongé la cervelle de ses petites dents aiguës ? Il y a quelques mois encore, j'avais des idées. Parfois. De temps en temps. Une phrase, au moins. Qui en entraînait une autre, parfois. Je me levais la nuit, m'extrayais de mes draps collants pour tapoter fiévreusement trois mots sur mon écran.

Puis je les contemplais. Bon sang, qu'ils étaient beaux. Des mots comme « les sabots de mes doigts, tagadap ». Les larmes m'en montaient aux yeux. Le talent était là, sur mon ordinateur, il irradiait ma chambre d'une lueur glauque et transperçait mon âme, et je poussais un soupir, long et lourd, chargé du bonheur de me savoir bon. Ha. HA. J'allais faire quelque chose de ma vie. De mes mots. C'était sûr. Je refermais mon écran sur mes trois lignes de génie, et j'allais me recoucher sans sauvegarder.

Cette époque bénie est bien loin, maintenant. Mon clavier n'est plus une verte et souple prairie, c'est une route mal pavée, et j'écris dessus comme une trotinette aux pneux crevés. Pfff.

Pourtant, il y a peu, j'avais encore de l'espoir. J'avais prévu de prendre une résolution, pour 2015. J'allais écrire une super note de blog au moins tous les mois. Une note qui allait faire plus que repousser d'une main tremblotante le spectre de la publicité imposée aux lecteurs égarés. Une note qui repousserait d'un poing d'airain les frontières de la littérature blogosphérique, qui imposerait à l'internet l'évidence qu'une génération nouvelle était là pour prendre le pouvoir et reléguer aux placards du ringard tous ces tâcherons bien coiffés qui sourient au-dessus de flaques fumantes de vomi dans les couloirs du métro.

Finalement, non. Je passe des journées mornes, devant mes deux écrans au boulot, devant mon seul écran à la maison, je corrige des articles, j'envoie des mails, je fais réchauffer des raviolis, et je discute avec des gens, dont certains me disent « ha ben c'est dommage que t'écrives plus rien, c'était bien quand t'écrivais des trucs », à quoi je ne peux qu'acquiescer, répondre par un petit mot bien tourné et plein d'autodérision, avant de m'effondrer, en sanglots, sur mon clavier. La morve me coule dans la barbe tandis que je tente de reprendre ma respiration entre deux spasmes qui me déchirent la poitrine.

Halala. Je vais réussir à me faire pleurer, tiens.

Bref. Si c'est pas malheureux, tout ça, je sais pas ce que c'est. Mais bon, peut-être qu'un jour, ça reviendra. Mais je préfère me dire que non. Que c'est fini. Pour toujours. À jamais. Que j'ai raté ma chance. Que je suis sur la pente descendante. Qu'elle est verglacée et que je porte mes vieilles chaussures de rando, celles avec les lacets cassés et les semelles toutes lisses. Vous ne voyez sans doute pas de quoi je parle mais elles tiennent pas du tout sur les pentes descendantes, du coup ça renforce la métaphore. Elles sont un peu marrons, pour vous donner une idée.

Et donc voilà voilà. Je préfère être pessimiste, comme ça, quand tout ira mieux, je serai vachement plus content. Et maintenant, je vais me couper une tranche de saucisson.

Ha, et bonne année, au fait.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 13:42

**Note sponsorisée par moi-même et les gants Mapa**

 

Ami touriste randonneur, tu es, j'en suis sûr, un ami de la nature. Pourquoi sinon viendrais-tu te promener à Bréhat, perle de la Bretagne ?

 

Je sais que tu admires autant que moi l'aspect sauvage de l'île, ses rochers de granite battus par les vents et les vagues, ses landes de fougères et d'ajoncs, ses champs de mûres qui noircissent au rude soleil breton, ses prairies où gambadent lapins et faisans le crépuscule venu. Je sais que tu es comme moi sensible à la beauté des jardins, aux hortensias mégalithiques, aux allées d'agapanthes, aux murs de pierre envahis d'ombilics de Vénus et de lichens barbus. J'entends souvent tes exclamations admiratives devant notre maison, tandis que je m'escrime à arracher des tiges d'agave ou à tailler les rosiers à la machette, et ça me fait toujours rougir de plaisir.

 

Pour toutes ces raisons, tu m'es sympathique, ami randonneur bréhatin, mais NOM DE DIEU POURRAIS-TU S'IL TE PLAIT T'ABSTENIR DE VENIR CHIER DANS MON CHEMIN DE DEVANT CHEZ MOI ? Bon sang, c'est quand même pas compliqué de se trouver au pire un coin isolé (MAIS NON, PAS DANS LES AJONCS NON PLUS, TON PAPIER CUL S'ACCROCHE AUX ÉPINES ET TU ES SUR LA ROUTE AUSSI NOM D'UN CHIEN), au mieux de suivre les panneaux qui indiquent les chiottes publiques. Et si tu trouves les chiottes publiques trop sales, fais comme tous les gens civilisés, et chie autour, là où on s'y attend, mais foutrecul, PAS CHEZ LES GENS.

 

Oui, je suis énervé, parce que je reviens de m'en coller plein les doigts en allant ramasser un gros étron qu'une saloperie de petit foutriquet (ou de gros foutriquet, plutôt, vu les dimensions de la bête) avait déposé quasiment devant mon portail. Et en fourbe, le temps qu'on monte dire au revoir à tonton et tata, à l'aller, rien, deux minutes plus tard, une merde fumante à trente mètres de là où on agitait nos mouchoirs en pleurant nos adieux. Ça m'énerve. Tu m'énerves, randonneur. Alors que de base je t'aime bien, tu sais, malgré ta propension à empiler des galets sans raison valable (je doute un peu que tu sois tibétain ou népalais, ou que tu aies à cœur de montrer le chemin à des amis égarés, il n'y a qu'une route à Bréhat), mais là, ça me hérisse le poil, que j'ai par nature lisse et doux.

Personne ne devrait avoir à ramasser ta merde, touriste. C'est humiliant, c'est sale, ça souille ce paysage que nous aimons tant tous les deux.

 

S'il te plaît, ne fais plus jamais ça. Je ne sais pas ce que je pourrais faire si je m'énervais pour de vrai avec toi. Mais les probabilités sont fortes pour qu'après, j'ai honte de moi. Alors, je t'en prie, va chier ailleurs. Je t'en serai reconnaissant.

 

 

(merci Julie pour le titre)

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 17:42

Ce blog se voulant un espace de culture, un peu comme les salons viennois du dix-neuvième siècle, j'ai décidé qu'il était de mon devoir de vous ouvrir les yeux sur la littérature, en vous inondant de critiques éclairées et autorisées. Il y en aura au moins une. Celle-ci, que j'ai par ailleurs écrit pour un autre site. Mais si ça ne me permettait pas de mettre un peu à mon jour mon blog, je serais un sacré couillon, non ?

 

Toujours est-il que je viens donc vous parler, en cette fraîche journée de février, de manga. Et, afin de gagner des lecteurs potentiels, je vous causerai de ce phénomène de mode qu'est le manga pour le pinard, dénomitulé les Gouttes de Dieu. Certes, le phénomène de mode est déjà ancien. Et alors, dirais-je ? Il reste un des rares machins qui aient franchi la frontière du « bon c'est du manga, mais on peut le lire quand même » posée par je ne sais plus qui, car la caractéristique de ce manga, c'est d'être lu en France même par des gens qui « n'aiment pas le manga » ou « n'y connaissent rien en BD », parce que ça a dû être encensé dans Télérama (ou un truc du genre), parce que ça parle d'un truc typiquement français : le vin.

 

Je vous résume le pitch : un super critique japonais de vin, appelons-le Robereto Parekeru-san – ce n'est pas son vrai nom, mais j'ai oublié – est mort, sans doute tué par une barbe bizarre plaquée sur la moitié inférieure de son visage. Il a un fils beau gosse, qui n'aime pas le vin parce que son père aimait le vin et que non mais des fois hein, on est rebelle ou on l'est pas et lui il l'est, et donc il bosse dans une entreprise de bière, et quand il arrive à la lecture du testament de son père il découvre que celui-ci a un fils adoptif beau gosse ténébreux, et qu'il va y avoir un duel de beaux gosses pour hériter du magot et de la super-cave du papa, duel consistant en la recherche, une par une, de 12 bouteilles que le papa a décrites. Ouf.

 

Pour corser les choses, le fils adoptif beau gosse est un super champion du vin à lunettes, qui fait oh oh oh en écartant les bras et laisse sans doute des taches dans le fond de son slip quand il déguste un truc. Notre héros beau gosse, lui, n'y connait rien sauf qu'il découvre qu'il a eu un entraînement secret en léchant des couteaux quand il était petit ce qui fait que c'est un super dégustateur, et en plus il a un super pouvoir, celui de décanter en contre-plongée n'importe quelle bouteille pourrie pour la faire devenir comme une fleur qui s'épanouit et que les gens qui disaient avant « bon sang, ce vin est pourri » se mettent la main sur la joue et s'exclament « bon sang, ce vin n'est pas pourri du tout ».

 

Et donc, au fil des vingt-cinq tomes (jusqu'à maintenant), on va chercher 12 vins. Au tome 19, on en est au cinquième. Mais il faut du temps, pour que le lecteur découvre des noms de pinards et des méthodes de fermentation, qui constituent, il faut l'avouer, le point intéressant de la série. Parce que sinon, c'est quand même un poil lassant de voir des gens ouvrir des bouteilles et faire oh oh oh il est bon en écartant les bras. Bon, il y a aussi un peu de fesses, parce que le fils adoptif ténébreux se tape quelques gonzesses, par exemple quand il va quelques semaines dans le désert chinois pour être sûr d'avoir soif.

 

Parce que oui, il y a aussi des aventures, entre les ouvertures de vin, mais elles sont quand même un poil excessives, et nos amis pinardophiles ont généralement un bol assez incroyable, et ils rencontrent partout des gens dont le pinard est l'unique passion dans la vie, ou a ruiné la vie à un point qu'on ne soupçonnerait pas le pinard d'être capable : on trouve donc des amateurs de vin dans le désert de Gobi (enfin, pas encore amateurs, mais en passe de devenir super-dégustateurs), mais aussi dans le moindre bar à sushis dans lequel pénètre un des héros, et si leur vin doit représenter un premier amour, sur qui croyez-vous qu'ils tombent dans les douze pages qui suivent ? Bingo. Leur premier amour, qu'ils n'ont pas vu depuis des années, mais qui entretemps est devenu pro du vin. Et s'ils doivent trouver un vin qui représente le mont Cervin, sur qui tombent-ils, accrochée à une touffe d'herbe au-dessus du précipice ? Une nana dont le petit copain disparu a promis de lui faire goûter un vin qui représente le Cervin japonais, bing.

 

En bref, niveau scénario, c'est quand même un peu facile de sortir des deus ex-machina à chaque tome. Si vous faites ça, arrangez-vous pour que ce soit drôle, quoi (quelqu'un a réclamé la police végétalienne ?).

 

Dans le même domaine, le truc hyper-récurrent (et essentiel à l'histoire) c'est la réaction disproportionnée à la moindre goutte, qui évoque forcément un truc hyper-précis et identique pour tout le monde. Alors je sais pas vous, mais moi, je n'ai jamais rencontré personne capable de dire en buvant du pinard « ha oui, c'est une prairie remplie d'orchidées au soleil couchant avec des bébés renard qui jouent devant leur terrier et mon premier amour qui joue du violoncelle – argh, c'est pas le vin que je cherchais, elle devait jouer de la vielle à roue ! ». Et si c'est pas ça, c'est un totem, ou l'amour d'une mère, ou un coup d'un soir (je vous jure). Franchement, dans Yakitate !! Ja-pan, c'est plus drôle et presque plus crédible.

 

Tout ça pour dire, mais bon sang, il y a tant de chouettes mangas, pourquoi faut-il que les médias ne parlent et n'encensent que des bouses sous prétexte que « y'a du pinard donc c'est bien puisque ça fait français » ? Pour le pinard, lisez les Ignorants de Davodeau, merde.

 

En plus, s'il dessine vachement bien les bouteilles, le dessinateur sait pas faire les barbes et les filles ont des ongles de douze centimètres, berk.

 

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 22:42

Chers amis,

c'est la fesse droite douloureusement lancinée par une sciatique issue d'une tentative d'excaliburage d'un sapin de Noël de son support que je reviens vous écrire aujourd'hui.

Mais si ma fesse me fait souffrir, ce n'est rien par rapport aux affres dans lesquels est plongé mon pauvre petit cœur, arraché depuis maintenant trois semaines à son confort africain.

 

Parce que oui. Je suis rentré. Pour de bon. Pour le moment, en tous cas.

 

La parenthèse sénégalaise s'est refermée, et déjà le sentiment est là que tout ça est arrivé à quelqu'un d'autre. Le salaire, le grand appartement, les pélicans, les vautours, le tieboudienne, tout ça n'est plus. C'est désagréable. Râlant, même. Foutrecul de pine à foutre, ça fait chier la bite, dirais-je si j'étais enclin à la vulgarité (mais je ne voudrais pas choquer ma manman).

 

Je n'ai plus comme souvenirs que quelques bouts de tissus, un vieux accroupi avec une pipe, un tableau de kung-fu, une tendance à ajouter Inch'allah à toutes mes phrases et des intestins déglingués. Je porte trois couches de vêtements, je retourne trois fois à la mairie pour rapporter les pièces manquantes à mon dossier de carte d'identité (à pied, avec une sciatique dans les fesses, dans le froid et tout).

 

Bon, un avantage d'être ici, c'est que je peux acheter des bouquins et des bédés. Faut bien qu'il y ait des avantages, hein ? Hein ?

 

Bon sang de bordel de putasse de foutre à cul, merde alors. J'étais pas si mal, là-bas. Plaignez-moi.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 00:42

L'alcool est décidément une substance dotée des propriétés les plus surprenantes, au nombre desquelles la moindre n'est certainement pas de me forcer à écrire une note de blog, quand ma vie a le relief et la saveur d'une limande sans assaisonnement et que je devrais plutôt me préoccuper de passer sous la douche rincer les restes de sueur d'une journée harassante. Comme d'habitude, quoi. Sauf que là, j'ai bu, donc je peux écrire, apparemment, du moins quatre lignes, mais je vais essayer de faire honneur au rhum, et d'en écrire plus, parce que bon, quand même.

J'ai bu, donc, et sans doute, si vous suivez ce blog, vous vous direz, mince, comment donc que ça se fait, lui qui ne picole jamais seul, et qui ne voit personne ?

Hé bien, c'est facile, aujourd'hui, j'ai été forcé de voir des gens, parce que je suis allé fêter les 50 ans de l'association des oeuvres sociales de l'IRD, youkaïdi, youkaïda et toutes ces sortes de choses.

Et comme j'ai tendance à facilement jouer les bonnes poires (par exemple, je passe des heures entières à corriger l'infâme torchon mal torché qui servait de lettre de motivation à ma jeune soeurette, au lieu de travailler sérieusement), je me suis proposé, avec tout le bon coeur dont je suis capable pour me faire bien voir, pour aider à tenir un des bars lors de la fête. Et donc à manutentionner des stères de boutanches de Fanta cocktail et de Gazelle ananas, et à annoncer à des enfants désespérés que non, ils sont arrivés trop tard, il n'y a plus de Fanta cocktail ni de Gazelle ananas.

 

La détresse des enfants devant la pénurie de boissons infâmes étant une chose excessivement difficile à supporter, j'ai dû, pour faire face, réclamer au bar d'à côté, celui pourvu généreusement en décolletés et en picole de bon chrétien, force rhum-oranges et ti'punch améliorés (sans citron, mais avec du Sprite frais), et du coup, me vlà beau, à rentrer à pied en cherchant de bons mots à sortir aux agresseurs qui n'auraient pas dû manquer de me tomber dessus, vu que quand même, ça grouille de noirs et donc de détrousseurs potentiels de veuves et d'orphelins, et je peux être considéré comme orphelin, il me semble, depuis que mes chers parents sont retournés à leurs pénates respectives, les salauds.

 

Autant vous le dire, c'était peine perdue, personne ne m'a permis de sortir « mais couillon de la lune, tu crois pas que si j'avais le moindre sou, j'aurais pris un taxi, hé patate ? ».

 

Je suis déception. Mais j'ai l'habitude, ne vous en faites pas pour moi, je m'en remettrai. Si c'est pas malheureux, hein. Je n'ai décidément aucune raison valable de poster cette note, c'en est honteux, mais je vais quand même le faire, parce qu'après une demi-douzaine de rhums, ma capacité à ressentir la moindre honte est bien inférieure à mes capacités d'élocution rédactionnelle et pédantesque, comme vous pouvez le constater, mais sans doute le lendemain de mon postage, vu que chez vous il est sans doute deux heures plus tard que chez moi.

 

Enfin.

 

Quoi qu'il en soit, je vous remercie de me souhaiter une bonne nuit, et j'espère que la vôtre fut bonne. Youpi.

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 21:42

Bon sang, c'est vraiment injuste. Je n'arrive pas à abandonner ce blog.

 

C'est pourtant pas comme si c'était un gentil petit chien auquel je n'ai plus les moyens de donner des croquettes. C'est juste un bout d'internet que je n'arrive plus à alimenter. Mais quand je dis plus, c'est plus, que dalle, zéro, nada, que pouic, amoul idée.

 

Pour vous dire à quel point j'en suis, j'ai même pas pu trouver une note de bonne année, ou des résolutions rigolotes parce que lol, elles sont trop faciles à tenir hahaha ne pas commencer à fumer et rester célibataire c'est caustique hahaha, ou une note dépressive d'emo attardé qui attend avec pessimisme les vicissitudes de l'année à venir qui ne saurait être porteuse que de défaites amères et de larmes salées.

 

Nan. Rien.

 

Mais malgré ça, je n'arrive pas à le quitter. Ce misérable blog me regarde avec ses grands yeux humides, sa truffe fraîche et ses oreilles pendantes, la tête penchée sur le côté, et j'arrache la laisse qui l'attachait à un arbre, et je le fais remonter dans le taxi de la vie2.0*. (arrrh, même dans mes métaphores, je n'arrive pas à m'imaginer détenteur d'un permis).

 

Et j'essaye de trouver de quoi le nourrir. Mais rien ne vient. Ce doit être l'âge. La tête se vide, rongée de l'intérieur par le ver de l'oisiveté intellectuelle. Et du coup, j'en viens à faire, une fois de plus, un billet foireux pour expliquer comment la vie d'un blogueur, c'est trop dur, mon frère.

(ou ma soeur. Ou ma tante, eu égard aux mères de famille qui s'égarent par ici).

 

Bref. Du coup, pour la première note de 2011, ça craint du boudin. Alors tant qu'à faire, je me suis dit, ben je vais mettre une vidéo rigolote, parce qu'elle m'a fait rigoler, surtout les imitations d'Eartha Kitt et de Louis Armstrong, mais pas que.

 

Hop. Enjoillez.

 

 


 

 

 

*Arrrh. C'est mauvais. Mais je me dépêche, j'ai des épisodes de Community à regarder.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 17:42

Ha mais jenpeuplus. Non mais franchement, c'est affreux. J'en peux plus je suis vidé, comme une truite morte, tuée à coups de cailloux sur la tête, et en attente d'être cuisinée avec des amandes.

Je suis chez la famille, là. En l'occurrence, mon papa et ma grande soeur. Et je sais pas ce qu'ils ont, mais ils ont décidé de ne pas me laisser de vacances, vu qu'eux n'en ont pas.

 

Du coup, je peux à peine passer sur facebook, pas du tout administrer les trucs où je suis administrateur, et encore moins faire une note de blog (et répondre aux amies qui demandent quand elles peuvent me voir pour me donner mon cadeau de Noël, encore encore moins)(non, je doute que ce soit sexuel).

 

Là, ce sont les premières minutes libres de ma journée, passée essentiellement dans la cuisine, à vider les armoires, gratter au scotchbrite plein de savon les étagères, remettre les trucs dans les armoires, en vidant dans la poubelle tout ce qui est périmé depuis deux ou trois ans (si j'ai bien compté, deux ou trois kilos de bouffe, au bas mot, qui attendaient leur heure depuis bien longtemps, des vieilles purées, des paquets de levure entamés, et tout ça). Mine de rien, faire un boulot qui n'a pas été fait depuis trois ou quatre ans (au moins), bé ça prend du temps. Et ça ruine les doigts, je tape avec les deuxièmes phalanges là, c'est pas facile.

 

Et si c'en était resté à la cuisine, et à tous ses machins à balancer, pailles antiques, verres cassés, vieux médocs, recettes copiées sur des enveloppes, factures de 2008, machins totalement inidentifiables, mais non. J'ai dû ranger le salon, faire le tri des vieilles pubs, passer l'aspirateur sur la table basse, sous la table basse, ranger les bouquins partout, remettre les couvertures sur les canapés, appareiller les gants, ranger les sacs, les manteaux, les écharpes,

 

Pis hier (ou avant, je sais plus), j'ai dû récurer la salle de bain et sa crasse incrustée depuis des siècles, foutre à la poubelle les innombrables échantillons de crèmes de jour, gratter le dessus des chiottes, le calcaire des robinets, tout ce que j'ai laissé c'est le moisi entre les dalles parce que j'étais pas armé pour.

Même j'ai dû aller au supermarché acheter un rideau de douche neuf pour remplacer celui qui devait être là depuis avant nous, genre vingt ans, qui était devenu vivant et qui t'agrippait les fesses si tu t'en approchais de trop près pour te dissoudre les chairs avec ses filaments mycoseux.

 

Puis je parle pas des coups de fil « oui je rentre dans une heure tu peuxt'occuper du manger, genre chais pas fais une tarte aux poireaux y'a plein de poireaux » ou « tiens, t'es allé faire les courses pour ce soir ? Qu'est-ce que tu nous fais à manger? » quand c'est pas « non ce soir je mange pas ici, je vais manger avec mes collègues ».

 

Avec tout ça, j'ai à peine eu le temps de passer chez le coiffeur me faire faire un gommage du cuir chevelu.

 

Non mais franchement, la vie de femme au foyer, c'est pas pour moi.

 

Puisque c'est comme ça, je vais me laver les cheveux. Je l'ai bien mérité. Puis il faut que je sois beau quand ils vont rentrer, j'arriverai ptet à me faire inviter au restaurant.

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 20:42

Bon.

Me voilà dans l'enviable situation de locataire d'un trois-chambres-deux-salles-de-bain-salon pour une somme dérisoire, accompagné d'un chat griffeur de testicules.

La question qui se pose maintenant est lourde : dois-je ou pas prendre un colocataire ?

 

Ce ne serait pas pour le pognon. J'ai suffisamment exploité la famille ces derniers mois pour voir venir, et de toute façon, mes dépenses se limitent aux charges et à la bouffe (de midi, essentiellement).

Ce serait donc plutôt pour la compagnie. La question est, ai-je envie de compagnie ?

J'ai déjà un chat. Mais ce n'est plus pour longtemps, mon patron vient le récupérer dans quelques semaines.

Est-ce que j'aurais envie d'avoir une présence supplémentaire quand le chat se sera barré vers d'autres cieux ? Une présence dont je n'aurais a priori pas besoin de ramasser les crottes le matin avant de partir au travail ?

 

Je n'en sais rien. J'aime bien être tout seul, j'aime bien pouvoir profiter du canapé, j'aime bien pouvoir me trimballer en calbute dans la maison. La solitude est pleine d'avantages.

 

D'un autre côté, un coloc pourrait être plus enclin à faire à bouffer que moi. Et à faire le ménage. Ce serait plutôt positif. Mais il pourrait tenter de me squatter le canapé quand j'aurais envie de m'y affaler comme une loque pour ronfler au rythme du ventilateur. Ce serait inacceptable.

Mais il pourrait descendre les poubelles, aussi. Ca m'agace d'avoir à descendre les poubelles. Mais il pourrait vouloir regarder d'autres trucs que le rugby quand il y a du rugby à la télé.

 

Puis ce pourrait être un névropathe, comme la coloc de ma soeur au Cameroun, qui rasait les murs et essayait de passer inaperçue pour des raisons connues d'elle seule.

Remarquez, ce côté-là ne serait pas forcément si déplaisant.

 

Puis le pognon a beau ne pas être un souci, si je me débrouille bien, genre avec un français habitué à des loyers faramineux, je pourrais même me faire des bénéfices sur son dos, tout en lui laissant une des petites chambres et la salle de bains sans chauffe-eau (il n'aura pas à savoir que la mienne en a un).

 

Et c'est toujours agréable, de gagner du pognon sans rien faire, j'en sais quelque choses.

 

Raaah.

 

Je suis déchiré. Au deuxième sens figuré, je n'ai rien bu ni rien fumé. Le dilemme est abominable. Je crois que je vais faire comme d'habitude, me lamenter sur la question jusqu'à ce que je l'oublie tout à fait et que mon patron me dise que finalement, il peut pas emmener son chat parce qu'il a oublié son panier, c'est ballot non ?

 

Et je continuerai de ramasser ses crottes. Damn.

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 21:00

Ha bé me vlà beau, les aminches. Pfoulala, si vous me passez l'expression.

Enfin, c'est une façon de parler. Parce que bon, j'ai perdu mes ciseaux à barbe (oui, encore), du coup je me retrouve avec une barbe plus touffue que mes cheveux, je suis en short et chaussettes et j'ai le ticheurte qui me colle aux plis du gras avec la sueur (et la poussière qui colle au front, aussi. Ca fait mal quand je gratte). Du coup, esthétiquement, c'est pas trop ça, mais bon, ça c'est pas grave, que reviennent les ciseaux et la motivation à perdre un tas de gras, et je serai l'adonis des hôtes de...

 

De où justement ? Parce que là, je trouve pas. Bon, j'ai pas encore épuisé toutes mes cartes. J'ai tenté deux offres de coloc, mais elles étaient déjà prises. J'ai visité deux appartements trop grands et trop chers (même si l'un avait l'avantage d'être situé au dessus d'une pizzéria), et une villa plus petite mais trop chère et bon, il faudrait que j'élève des poules pour rentabiliser la cour, et les poules me font peur, avec leurs petits yeux méchants. Me reste une visite demain, madame Bobst un peu plus tard (j'essaierai de me faire accompagner), plus ce que je trouverai si j'y arrive.

 

Mais bon, là n'est pas l'origine de mon me vlà beau. Je dis ça, parce que je me retrouve tout seul, dans un monde plein de gens qui ont déjà trouvé leurs colocataires, et de boulot que je ne sais plus comment faire, vu que mon deuxième patron m'a lâchement lâché pour retrouver l'arrière-pays montpellierain.

 

Je n'aime pas trop être tout seul. Enfin si, j'aime bien être tout seul quand je veux être devant internet ou lire un bouquin ou pioncer sur le canapé tranquillement, ce qui est difficile quand mes hébergeurs (enfin, futurs expulseurs, les Brice Hortefeux de la famille*), parce qu'ils insistent pour que je ne jette pas les chats dehors, et quand les chats ne sont pas dehors, ils me grimpent sur le ventre, m'écrasent joyeusement les testicules et plantent leur griffes dans mes cuisses en ronronnant.

 

Mais là, je suis tout seul tout seul. Je viens tout seul au bureau en taxi, je passe la journée tout seul dans mon bureau, à ne pas savoir comment faire ce que je dois faire, comme je n'ai personne avec qui manger à la cantine, je reste tout seul dans mon bureau avec quelques pastilles Vichy, puis je rentre tout seul écrire tout seul des notes de blog et me dire tout seul qu'il faudrait que je cherche mieux des appartements, et pas plus tard que demain parce que là, ouf, j'ai pas le numéro des gens, je l'ai oublié sur mon bureau, ou je l'ai que sur internet et là internet est coupé parce qu'il n'y a pas de courant et qu'en plus le groupe électrogène marche pas, et je réchauffe tout seul, à la lueur d'une lampe frontale, une casserole de patates-saucisses pour une personne qu'Emmanuel a fait tout seul, et je regarde tout seul des épisodes de docteur House parce que j'ai pas envie de regarder tout seul Breaking Bad et que j'ai pas téléchargé the IT Crowd encore, et je vais tout seul entre mes draps que j'ai trempés tout seul de sueur jusqu'à pouvoir m'imaginer que ce sont des serviettes de bain.

 

Heureusement qu'il y a internet pour se croire moins tout seul. Par exemple, j'ai échangé pas moins de 7 messages en une semaine avec un gentil monsieur de chez Rivière Blanche, mais j'ai beau insister pour lui donner mes sous, il arrête pas de me dire que ça sert à rien et qu'acheter l'Importance de ton Regard ne vaut pas le coup**.

 

Bon, plus que 17 mois tout seul (si je trouve un appart) et je serai riche et tout seul.

Parce que c'est quand même le gros avantage d'être tout seul : on fait rien, donc on dépense rien, donc on devient riche comme des Crésus tout seuls.

 

 

*d'où le titre

**pour le moment, parce que son collègue chargé des envois est en vacances, et qu'il faut que je passe ma commande la semaine prochaine, du coup.

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 12:42

Bon.

 

Depuis que je suis rentré du Portugal, force m'est de reconnaître que je ne fiche rien. Je vais au bureau, je tente de comprendre le fonctionnement de bases de données antiques (qui ont été transformées en deux bases de données qui ont été transformées en une base de données qui a été transformée en une autre base de données qu'on utilise pour créer deux bases de données servant à saisir ce qu'on rentrera dans la base précédente en passant par celle d'avant celle-là), je mange, je regarde le foot à la télé, je me fais violence pour regarder les annonces pour colocs à Dakar (si, je l'ai fait, pour de vrai), j'envoie quelques mails pour avoir des devis pour un ordinateur, je regarde la coupe Davis, je dors.

 

Je donne à manger à des chats. Puis je recommence. Ils viennent me griffer les cuisses, me couvrir de poils, me donner des coups de boule dans les mollets, tentent de me tuer dans les escaliers.

 

Et je transpire. Je me vide de litres de sueur, qui va imprégner mes draps et mes fringues. Je pourrai me racler la couche de sel sous mes aisselles avec une truelle et la vendre aux restaurants gastronomiques.

 

Je n'ai envie de rien faire. Surtout pas des notes de blog. Dire qu'on ne fait rien, c'est le degré zéro de la note de blog. J'espérais mieux pour le mien. Mais non. C'est raté, définitivement raté.

 

Au point où j'en suis, je peux même y coller des clips de Lady Gaga.

 

 

 

 

Voilà qui est fait.

Au moins, j'aurai du mal à tomber plus bas.

 

Maintenant, venez me plaindre. C'est un ordre.

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