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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 20:42

Eeeet voilà. J'en suis arrivé à ce stade de désespoir où je me retrouve seul, sur mon canapé, un samedi soir, sans savoir quoi regarder ni que faire à manger, et que la seule alternative à m'enfoncer la tête sous un tas de coussins est de faire une note de blog. Halala, si c'est pas malheureux. Moi qui avais presque oublié que j'avais un blog, alors qu'il faisait la fierté de mes parents et tout. Que je pouvais y parler de couilles de mouton et de trucs. J'ai cherché ce que j'avais fait d'autres que des notes sur des couilles de mouton, et rien ne m'est revenu sinon le caca. C'est bien triste.

 

Tout ça pour dire, je viens tenir ma promesse à Radegonde, qui réclame que je mette par écrit mes recettes secrètes de soupe, car une fois de plus, on est en hiver, et je me fais de la soupe, qui donne l'impression de faire la cuisine alors qu'en fait, c'est juste de l'épluchage et du foutage dans une cocotte puis bvvvvv un coup de girafe et hop.

 

Mais comme je ne peux pas m'en tenir là pour une note de blog, vu que ma ligné éditoriale est « dis n'importe quoi, mais fais-le en au moins une page, que le lecteur en ait pour son argent, même s'il paye pas et que ce truc ne te rapporte rien », je vais détailler, en ce jour, la recette éternelle de la bissara, ou de quelque chose qui ressemble vaguement à la bissara, qui était la soupe de mon enfance marocaine. (en fait, c'était la harira, la soupe de mon enfance marocaine, mais c'est vachement plus compliqué à faire, alors je l'achète en sachets au rayon halal de mon Casino).

 

Ordoncques, j'annonce : LA BISSARA (ou un truc du genre)

 

Qu'est-ce donc, me demanderez-vous, ignorants lecteurs de souche, que la bissara ? Eh bien, en gros, c'est une soupe de fèves. Avec du cumin. Un truc qui te tient au corps genre bienbien, que tu peux utiliser pour réparer les trous dans le mur si d'aventure tu aurais un trou dans ton mur (pas un trop gros trou, parce que là, c'est une recette pour trois-quatre personnes, ce qui fait un trou d'une brique. Une grosse brique.

 

Que vous faut-il, pour cette bissara ? Comme je suis honnête, je vais vous signaler ici que je n'ai pas fait la bissara aux fèves (houuuu !), parce que mon Casino du coin ne vendait pas de fèves, mais aux pois cassés. C'est pas plus mauvais. En fait, c'est peut-être même un peu moins amer ; ça doit dépendre des fèves.

 

Prenez donc un sachet de pois cassés. Ça doit faire dans les 500g. Il me semble.

Prenez aussi un nognon. Un gros nognon.

Pis si comme moi vous avez une carotte qui traîne dans le bac à légumes, prenez-la aussi, ça n'a jamais tué personne (pas dans une bissara, en tout cas) et ça évite de la laisser dépérir avec un paquet de mâche périmée pour seule compagnie.

Prenez aussi encore de l'ail rose des Causses du Pays de Maubeuge, genre trois gousses, parce que l'ail, c'est bon.

Pis n'oubliez pas d'avoir du cumin en poudre à profusion et à proximité, parce que c'est l'ingrédient essentiel.

 

Voici maintenant la marche à suivre une fois que les ingrédients sont réunis, épluchés (sauf les pois cassés et le cumin) et disposés harmonieusement sur le plan de travail :

 

- Coupez le nognon avec un grand couteau, celui que vous utilisez pour égorger les petits enfants qui s'égarent dans votre coin de forêt. Idéalement, coupez-le en lamelles, mais en fait, c'est comme vous voulez, laissez parler votre fantaisie, mais quand même, en morceaux approximativement pas trop gros.

 

- Coupez la carotte en petits dés, de préférence avec le même grand couteau, ça fera moins de vaisselle.

 

- Foutez le nognon dans une cocotte avec de l'huile d'olive vierge (ou du moins pas mariée) (haha). Laissez-le revenir jusqu'à ce qu'il ait pris une belle teinte de nognon bien revenu.

 

- Balancez dans la cocotte les pois cassés, la carotte en dés, et ajoutez en douce l'ail en gousse (c'est pour la rime. Vous pouvez l'ajouter aussi peu discrètement que vous voulez, en fait.

 

- Ajoutez un bon litre d'eau, au moins. Un grand litre. Parce que moi, avec un litre, c'était presque plus de la purée que de la soupe, mais bon, c'est un peu censé être comme ça quand même.

 

- Avec une grande cuillère en bois, animez le contenu de la cocotte d'un mouvement de rotation antihoraire. Regardez comme c'est beau, ces pois qui tourbillonnent avec les petits morceaux de carottes ! On dirait du Picasso, s'il avait eu une période « soupe en rotation antihoraire ».

 

- Ajoutez aussi du sel et une bonne quantité de cumin.

 

- Laissez cuire à la cocotte pendant une bonne demi-heure, le temps de voir un épisode de The Good Place, par exemple (ça devient vachement bien au bout de quelques épisodes, surtout quand Trevor débarque).

 

- La demi-heure écoulée, prenez un instant de réflexion pour méditer sur votre jeunesse qui s'est enfuie encore un peu plus, puis empoignez votre girafe (ou mixer plongeant, on m'a déjà reproché l'usage du terme girafe en me disant « Wolaut' hé, il fait genre il connaît des mots »), et mixez avec ardeur le contenu de la cocotte. Ça devrait faire une espèce de pâte verte assez peu ragoûtante, à la consistance de ciment frais, et à la bonne odeur de cumin. Si ça ne sent pas assez le cumin, rajoutez du cumin. En fait, rajoutez du cumin. Il n'y a jamais assez de cumin.

 

Servez dans des bols. Si vous êtes d'humeur artistique, vous pouvez ajouter une feuille de coriandre ou de persil pour la déco, ça fait tout de suite plat de luxe. Vous pouvez aussi vous amuser à ajouter un peu de jus de citron, ça fait une réaction chimique amusante, et c'est pas mauvais.

 

Il ne vous reste plus qu'à déguster. Vous verrez, c'est bon.

Ça devrait ressembler à ça, mais dans un bol.

(photo honteusement piquée sur http://gainthekitchen.canalblog.com pour faire plaisir à tous ceux qui ne supportent pas des recettes sans photo)

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