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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 15:25

Cher blog, 
aujourd'hui, je suis bien rentré chez moi. Il fait sombre et froid, je suis tout seul, il n'y a pas de cerf qui passe dans le jardin, ni de potée qui m'attend dans la cuisine, ni de chemin enneigé qui ne demande qu'à être dévalé sur les fesses en luge-pelle. Au moins, mon pantalon est sec et ça ne sent pas la naphtaline.

Mais je m'ennuie.

En plus, ma cousine qui m'avait dit qu'elle rentrait de Madagascar aujourd'hui s'est trompée de jour, en fait elle n'arrive que demain, du coup j'ai traîné pour rien sur le site des Aéroports de Paris pour voir si son avion était bien arrivé. 

Alors je m'ennuie encore plus. Et je ne trouve pas le dernier Jane the Virgin qui devait être sorti hier soir, ça me tue.

Bref, tout ça pour dire, j'ai du temps devant moi du coup, je vais vous narrer un épisode affreux de ma vie, qui m'est arrivé dimanche soir, et le pire, c'est que je dois ce moment de détresse à quelqu'un à qui je faisais entièrement confiance :  ma cousine. Une autre, pas celle de Madagascar, une de Lyon.

Parce que quand je suis rentré de la montagne, (oui parce que j'étais à la montagne le week-end dernier, c'était peut-être pas clair en fait) laissant derrière moi la potée, les cerfs qui passent dans le jardin, la neige et les pantalons mouillés, j'ai fait une escale à Lyon, et ma cousine, dans sa grande bonté, a bien voulu me prêter son appartement pour que j'y passe la nuit (pendant qu'elle dormait chez un homme) (non que j'y voie quelque chose de répréhensible, c'est juste pour situer la situation : j'étais chez elle, elle était pas là).

Et donc, armé de la clé de son appartement, je m'y rends, accompagné de mon petit frère et d'une amie enrhumée, à qui mon bon coeur me pousse à donner un mouchoir de mon paquet de mouchoirs déjà bien entamé.
Que n'avais-je fait là.

Car, une fois seul dans l'appartement, après avoir dit merci au revoir c'est bon allez-y maintenant je vous mets pas dehors mais j'ai besoin de mon intimité à mon frère et à la voleuse de mouchoirs, je me suis rendu aux cabinets pour y relâcher la bête qui grattait à la porte depuis un moment.

Et là, à l'instant où, le caleçon aux chevilles, je m'apprête à faire mon offrande à Jacob et Delafon, c'est le drame : pas de papier toilette dans les cabinets. 

Bon, ce n'est pas bien grave, elle doit le ranger dans la salle de bain. Je contracte mon sphincter, je remonte ma culotte, et je vais fouiller la salle de bains : des centaines de chaussures, quelques affaires de toilette, une machine à laver, mais de rouleau salvateur, nulle trace. Contrairement à dans mon slip, très bientôt. 
Qu'à cela ne tienne, j'ai la fesse sensible, mais je saurai me contenter d'un morceau de sopalin ou de serviette de table en papier. Je me rends donc, à petits pas rapides, dans la cuisine, j'ouvre d'un geste sec les placards : rien. Des assiettes, des verres, des couverts, rien qui ne puisse servir à mes besoins. Pas même de lingette désinfectantes sous l'évier. Rien.
Peut-être a-t-elle des mouchoirs dans sa chambre, au cas où elle s'enrhumerait la nuit ? Je fonce dans la chambre, je regarde sur la table de chevet, il n'y a rien non plus, j'arrache les tiroirs, pas mieux. 

Je ne tiens plus. 
L'illumination me frappe soudain, je fonce vers la salle du trône, j'empoigne au passage mon manteau qui gît sur une chaise, et dans un mouvement d'une grâce olympique (demi-tour-volte-dégrafé-de-pantalon-tirage-de-calbute-accroupissement) je me pose et ouvre les vannes. Plouf.

Et je fouille les poches de mon manteau, dans lesquelles il m'était subitement revenu que j'avais un paquet de deux mouchoirs (et je me suis maudit d'en avoir cédé un sur le chemin), ainsi que, miracle, une petite bande de PQ que j'avais fauché par précaution aux toilettes publiques de la station de ski deux jours avant, au départ d'une rando-luge qui n'aura finalement pas été scatogène mais on n'est jamais trop prudent.

Ce fut juste suffisant.

Et j'avais encore mal au bidon. Et il était minuit passé, donc pas question d'aller faire des courses.

Et là, deuxième miracle, ou était-ce de la prémonition de ma part ? Ou juste une conséquence salutaire de la procrastination qui m'avait fait oublier de vider mon sac à dos à mon retour du Sénégal il y a six mois ? Il me restait une plaquette d'Imodium. Qui m'a permis de tenir la nuit et la matinée suivante, jusqu'à ce que j'arrive chez moi et me précipite dans mes toilettes favorites pour m'y vautrer dans la félicité orgiaque que procure le papier toilette triple épaisseur. 

Aujourd'hui, je peux faire caca sans même y penser.
Mais je m'ennuie quand même.

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commentaires

Pat 08/12/2016 17:14

merde alors!