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FIGB recrute




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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 23:42

Le chinois est une langue décidément passionnante. Dotée d'une histoire plusieurs fois millénaire, dépourvue de grammaire comme on l'entend dans nos contrées occidentales, chaque sinogramme foisonnant par contre de significations plus ou moins (enfin, surtout moins) évidentes à relier les unes aux autres, sa prononciation est d'une exigence rare avec ses quatre tons, ses rétroflexes, sans parler de sa retranscription en caractères latins (le pinyin) qui n'a que peu de choses à voir avec la manière dont on prononce réellement (non, zh n'est pas [z], c'est [dj] comme dans Johnny fais moi mal).

 

Outre tous ces caractères qui lui donnent son immense intérêt, le chinois possède une autre caractéristique : putain que c'est chiant à apprendre, toutes ces conneries. Déjà quand t'es dans le bain, c'est pénible, mais alors après douze semaines de grève et une semaine de vacances, pour s'y remettre, c'est mission impossible. Ton cerveau ne PEUT pas. Et du coup, tous les prétextes sont bons pour rien branler, ou en tout cas pour ne surtout pas branler du mandarin.

 

Parce que déjà, au bout de deux ans, tu connais trop de choses. Par exemple, est-ce vraiment nécessaire de savoir dire « élongation du clitoris » ? Je ne suis pas sûr. En tous cas, même en français, ça n'entre que rarement dans ma conversation, alors en chinois, comme j'en suis à espérer réussir à me faire comprendre en demandant si ce sont bien des pommes, et à combien les vendez-vous, alors que je n'aime même pas les pommes, l'élongation du clitoris, je vous avoue que je m'en badigeonne le nombril avec le pinceau de l'indifférence, comme dirait l'autre (je sais plus quel autre).

 

Bref. En tous cas, depuis que je suis rentré de mon périple bruxellois, de ses sushis aux concombres et de ses mitraillettes baveuses, mon esprit cherche à tout prix à éviter de se remettre au chinois. Pour commencer, il a sommeil. Parce que dormir une heure et demie sur un fauteuil de gare et deux sur un canapé, en 48 heures, ça lui suffit pas.

Puis il se découvre un amour immodéré de la famille. Du coup, je vais voir mes tatas, et je les accompagne à une exposition, moi qui en fais une tous les dix ans. Et mieux, mon esprit me convainc que c'est bien, et de traîner un peu. Puis, après un repas que je suis le dernier à finir, il me pousse à accompagner une de mes tatas à la librairie. Puis à retourner à Châtelet à pied, mais en se trompant, du coup on va trop loin, on fait demi-tour, on passe à la fnac au passage, j'en profite pour me faire offrir des livres (merci tata) qui me permettront de remettre une fois de plus le chinois à plus tard.

 

Mais faut pas croire que je culpabilise pas, hein ! Je culpabilise à fond. Du coup, par moments, je prends le magnifique livre sur la peinture chinoise que m'a offert mon papy, et je le lis un peu. Ca me donne l'impression de faire un peu de chinois, d'ailleurs y'a des moments je reconnais des sinogrammes (parce qu'il faut pas dire caractères, même si c'est comme ça qu'on dit au mah-jongg, parce que ça veut rien dire et que c'est notre Maître de chinois classique incompréhensible parce que c'est du chinois comme celui pas classique sauf que ça a rien à voir sinon les caractères, enfin les sinogrammes quoi, qui les a nommés sinogrammes, c'est trop ouf).

 

Mais d'autres fois, je culpabilise tellement que je pleure dans mon oreiller, et je sanglote « Pourquoi ? Pourquoi ? » en fait non c'est pas vrai. Ceci dit, des fois j'ai tellement honte de pas travailler que j'essaye de penser à autre chose pour avoir moins honte. Je me dis « tiens, si je faisais la vaisselle », et zut, elle est faite, ou « tiens, et si je me brossais les dents », ha zut, j'ai pas envie, ou « hey, je pourrais faire une note de blog, ça fait grave longtemps que j'avais pas reparlé de Procrastinator, que c'est mon alter-ego que je suis en réalité », du coup, paf, je le fais. Ca demande pas beaucoup d'inspiration, c'est juste ce qu'il me fallait pour arriver tranquillement à l'heure de me coucher.

 

Et ça, j'aime bien faire, et je m'en lasse jamais.

Allez, demain, je tente de réviser. Ce serait vraiment trop dommage que j'arrive à convaincre ma tata de passer à la maison avant de rentrer au Sénégal et de pas nous revoir pendant des mois.

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 20:42

C'est la fin d'un monde que nous vivons aujourd'hui, dans l'allégresse généralisée de personnes à la mémoire courte.

« Un nouvel espoir pour le monde », « Un moment historique », « Un nouveau rêve américain », j'en passe et des pires, un bonheur décérébré touche la majorité de la planète, et moi, seul dans mon coin, je pleure.


Je pleure, car Deubeuliou va nous quitter, d'ici le 20 janvier. Il va sortir de nos vies, retourner à temps plein à Jésus et ses copains, et il ne restera même pas dans la plupart de vos coeurs secs comme un pain du mois dernier.


Alors certes, sa politique n'a pas toujours été des plus heureuses, c'est le moins qu'on puisse dire, surtout du point de vue d'un paquet de civils de l'Afghanistan au Mississipi qui auraient dû continuer joyeusement de prélever leur part de la surexploitation de la planète (oui, on néglige souvent le côté écologique de la disparition de gens, tout ça parce qu'ils avaient de la famille qui pleure dans les chaumières sans se sentir réconfortées par les aspects positifs de leur sacrifice involontaire). Je ne conteste pas non plus qu'il ait sa responsabilité dans une baisse générale du niveau de vie chez lui et ailleurs (les gens sont si attachés à leur confort). Pour tout vous dire, j'ai même râlé quand il a été élu.


Mais à côté de tout ça, ce qui va me manquer, c'est l'éclair de gaieté qu'il m'apportait régulièrement, quand apparaissaient sur mon écran de télévision son menton pointu, ses sourcils de benêt, ses petites lèvres et ses narines pincées, et ses yeux de cocker à qui on a flanqué un coup de journal parce qu'il a fait pipi sur le canapé. Il projetait une aura d'impuissance neuneue qui le rendait immédiatement proche du téléspectateur moyen (et d'une partie de l'électorat américain, sans doute).

 

J'avoue, même après le 11 septembre, voir sa tête à l'annonce de l'attentat alors qu'il visitait une école maternelle réussit à me faire oublier les gens qui avaient sauté dans le vide quelques heures plus tôt. Et ça, c'était un exploit, et c'était important.


Puis il ouvrait la bouche, mes yeux s'emplissaient de larmes, et je faisais « grgnnnif huhuhu HAHA mais qu'il est con mais il y croit vraiment ou quoi ? ».

Il mettait dans nos vies à tous une touche d'absurde que nous n'apprécions pas à sa juste valeur, mais que nous allons regretter, je vous le garantis.


Puis c'était si bon de se sentir supérieurs, supérieurs à la personne théoriquement la plus puissante du monde, en matière de simple puissance intellectuelle. Parce que ça, l'Obama, il nous le permet nettement moins. Et en se sentant supérieurs à son président, quelque part, ça chatouillait un peu notre orgueil chauviniste, on se sentait du même coup supérieurs à tout ce peuple de crétins racistes et intégristes. Ca faisait du bien au moral, ça aussi !

Et maintenant, d'un seul coup, il faut réviser notre jugement sur tout un peuple qui a été capable d'élire un métis au poste le plus élevé, alors que dans notre pays, on se résout péniblement à faire des potiches de nos minorités visibles (et encore, le choix est même pas toujours judicieux).


Décidément, cette nouvelle Amérique promet d'être vachement moins funky à mon goût que l'ancienne.


Salut, Georges. Tu me manqueras, mais sache que tu resteras là, dans mon coeur, et que personne ne pourra t'en arracher.

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 22:42

Pfffff.

Fffff.


Après une journée passée entièrement avec des gens, au cinéma, dans des bistros et des restaurants, ne voir personne pendant toute la journée suivante, c'est la louse.

Je crois que je m'étais rarement autant emmerdé. Même pas envie de réviser mes exams de chinois de demain, ni de rien d'autre. Je viens de chercher pendant deux minutes, et j'ai pas trouvé.

Je m'emmerde. Profondément et absolument. J'ai touché le fond de l'emmerdement.

C'est pénible. Ca force à se demander ce qu'on pourrait faire, et à se dire qu'on a rien envie de faire, même pas une note de blog, et que d'ailleurs à quoi bon un blog, à la base, alors que j'ai rien à dire ?

Faudrait penser à le fermer. A arrêter internet. A faire quelque chose, n'importe quoi. Puis je me dis que y'a vraiment rien que j'ai envie de faire, même pas l'effort d'arrêter quoi que ce soit.

Je m'emmerde. Je n'ai absolument pas envie de réviser les structures du potentiel, les multiples significations du caractère jì, le résultatif ou les compléments directionnels.

Je n'ai pas envie de penser à ce que je viens d'écrire.


Nom de dieu que je me fais chier. J'arrive même pas à avoir envie de finir cette note, ou d'en faire quelque chose de potable.


Féchié. Je balance quand même. C'est mon blog, je mets de la merde si je veux.

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 11:42

Non, je ne parle pas de la fin de la terre dans un nouveau big bang ou un trou noir dû à l'audace de scientifiques inconscients, ça a été bien assez abordé et de toute façon, c'était faux, la preuve, on est là. Non, je parle de la fin de mon temps. Je ne suis plus rien.

Il y a peu, encore, je faisais partie d'une élite : j'étais ingénieur agro-halieute spécialisé en gestion des zones côtières. En réorientation plus ou moins subconsciente, peut-être, mais néanmoins l'heureux produit d'une formation présentée avec de gros égards pour notre ego et celui du professeur responsable de ladite formation, aujourd'hui retraité.

Si je me souviens bien, il devait y avoir des mots qui sonnaient bien dans l'intitulé de notre spécialité, comme « gestion » (ça, j'en suis à peu près sûr ), « développement », « intégration », « durable », j'en passe et des meilleurs.


C'était des beaux mots, dont l'application sur notre amour-propre apaisait la brûlure de la conscience de notre inutilité et de la vanité de notre existence. Mine de rien, ça soulageait un peu, tout ça. Ca nous faisait oublier que ce qu'on avait appris de plus important en trois semestres, c'était de pas mélanger rouge et rosé au même repas.


Puis on était ensemble dans cette formation, un tiers de notre promotion de vaillants halieutes, rudes au mal, au visage tanné par l'air rude de la Bretagne intérieure, de fines rides au coin de nos yeux constamment agressés par le brassage d'air constituant nos cours. Un fameux tiers, y'avait Coin-coin, le plus gentil de l'école, y'avait Edouard, le psychopathe à capuche, Alex qui portait une peau de bébé phoque sur la têtee, et co-fondatrice du CCC (Comité Contre les Cétacés), et y'avait les autres, et on était là, soudés, un groupe dans un groupe, une élite GIZC dans une élite halieute, ça donnait du baume au coeur et du Guy Cotten dans les armoires, on était beaux, on était fiers, on était vivants, on sentait bon la marée matinale.


Aujourd'hui, ma vie s'est effondrée, et des larmes salées comme la mer que ma formation voulait me faire protéger roulent le long de mes joues, coulent dans ma barbe, éclaircissent ma soupe aux nouilles. Ma raison d'être, l'ultime étape de ce que devait être ma formation, ce vers quoi devait tendre ma vie, la spécialité GIZC de l'ENSAR, mon école, a disparu.


Notre usurpation a été mise à jour. L'inutilité publique de tout ce à quoi on croyait a été reconnue officiellement. Nous ne sommes plus rien. Je ne suis plus rien.


Comme me le disait avec optimisme Alex, nous sommes des collectors. Mais un collector, c'est rarement un truc que tu vends des mille et des cents sur eBay, c'est plutôt un truc que tu mets au placard sans le sortir de son emballage. Que tu regardes à peine. Dont tu espères vaguement qu'il prendra de la valeur mais sans trop y croire, car quelles sont les chances ? Infimes.


Nous sommes finis. Bon, c'est pas comme si on s'y attendait pas un peu, hein. Déjà, un an avant la fin de la formation, on suppliait les plus jeunes de ne pas faire la même erreur que nous. On savait que la vie ne nous réservait rien de bon. D'ailleurs, Alex, elle bosse chez Nathan, maintenant, bien loin de l'halieutique, des zones côtières et des embruns.


Chienne de vie.


Nous ne sommes plus rien. Et maintenant, je me rends compte qu'on n'a jamais rien été.


Snirfl.

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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 18:02
...pourtant, force m’est de constater que ça m’arrive assez souvent. Par exemple, quand je constate que j’emploie l’expression force m’est de constater à peu près un article sur deux, ça me prouve mon manque flagrant d’imagination.

Quand je lis les recettes de préparation du riz blanc sur le dos de la boîte et que je m’avoue totalement incapable de suivre la recette, là aussi je me sens con.

Ou quand je lis une phrase d’Alexandre Vialatte et que je me dis que j’arriverai jamais à en faire une aussi bien tournée.

 

Ca flanque un coup à l’ego, à chaque fois.

 

 

 

Mais la chose qui me fait le plus sentir con, c’est la conduite.

 

N’importe lequel des nombreux boulets de mon entourage (et dieu sait qu’il y en a. Je ne surveille pas mes fréquentations, elles viennent comme ça) est capable de conduire.

 

Pas moi.

 

 

 

Pourtant, je sais faire plusieurs choses en même temps. Je peux taper une note de blog, écouter la télé, bouffer des Frosties ®, traîner sur un forum, regarder des vidéos sur internet, écouter de la musique et culpabiliser parce que je devrais chercher un travail, tout ça simultanément.

 

 

 

Mais regarder dans tous les sens, bouger les mains et les pieds pour diriger un tas de métal dans des rues, non.

 

 

 

Je suis pas foutu de prendre un tournant sans

 

a) me prendre un trottoir

 

b) franchir la voie d’en face

 

c) me faire engueuler par mon moniteur.

 

 

 

Et je parle même pas de l’emmêlage des pieds (oups, c’était pas la pédale de frein ?), du passage de vitesse quand il faut pas (par exemple passer la seconde en même temps que le moniteur écrase la pédale de frein pour m’éviter de me prendre une gourde qui traversait sur le passage clouté avec son landau à la con), ni du "regard".

 

Ha, le regard.

 

-Nan mais tu jettes un œil, la voiture à deux cent mètres on s’en fout !

 

-Ouais, mais là, y’a une voiture à deux mètres, je la vois pas non plus, moi il me faut du temps pour comprendre qu’est-ce que je vois !

 

[Schrrrrriiiikkk]

 

-Ouais, bon, en attendant, le temps que tu regardes le fond de la rue, on a failli griller un feu rouge.

 

 

 

Je déteste la conduite.

 

J’aurai jamais mon foutu permis, que y’a juste pour trouver un travail que ça sert, parce que moi, si le trajet fait moins de cinq kilomètres, je prends mes papattes, sinon le métro ou le train, et au pire je connais des gens qui savent conduire.

 

Je le veux même pas ce permis.

 

J’aurais plus vite fait de m’acheter un chauffeur chinois.

 

 

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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 11:37
Bon, ben voilà.
Merde.

Bon, c'est pas que j'ai fait grand-chose pour éviter ça, hein, je milite pas comme ma petite soeur, et j'ai pas fait sacrifier de coq par un marabout comme ma grande soeur, ou de chèvre comme son patron.

Bon, ça a pas dû peser bien lourd face au nombre de neurones que notre nouveau chef d'état a sacrifié à la déesse Blanche (d'après une copine qui le tient de son frère qui le tient d'une Ch*b*n-D*lm*s, il s'est fait refaire trois fois les cloisons nasales), et puis quand on voit le nombre de marabouts dont il a dû se débarasser quand il était à l'intérieur, on se dit qu'ils ont ptet pas tant de pouvoir sur lui. Ouais, je sais, c'est bas, comme attaque, mais j'aime les ragots qui tachent et là je suis dans l'humeur adéquate pour en faire usage sans restriction.

Avec tout le respect que je dois aux partisans de notre nouveau président, bien sûr. En tant qu'humains. Au sens technique du terme.

Je vais pouvoir me mettre à préparer mes petites phrases que je ressortirai à toutes les conversations vaguement politiques (et ouh que je sens que je vais les éviter). En même temps, l'analyse politique dont je suis capable en ce moment se limite à "j'ai peur" ou "putain on est pas dans la merde", "vivement dans cinq ans" ou "reste plus qu'à prier pour les législatives".

Et je suis même pas sûr que prier soit efficace, ma soeur l'a aussi fait depuis le Cameroun.

Le plus triste, c'est les conflits familiaux que ça va pas manquer d'entraîner. Je me suis promis de ne plus adresser la parole à mes cousins qu'ont pas voté. Ca tombe bien, c'est ceux qu'ont deux gosses en bas âge, ça me fait un prétexte.

Putain, cinq ans.

En même temps, j'aurais pu m'en douter, j'ai croisé un chat noir en allant voter.
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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 10:24
Aujourd'hui, pas de foulage, c'est mon anniversaire.
J'ai 23 ans et je sers toujours à rien.
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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 22:45
Je vieillis.

J'en ai eu une preuve de plus ce soir (enfin, dimanche soir, parce que je vous sers du réchauffé parce que j'avais déjà écrit un truc dimanche parce que je ne fais pas toujours des articles en direct live du jour et tout et tout).

Héééé oui, je ne suis plus le jeune bambin innocent qui ne supportait pas la honte publique, celle  que pouvaient lui procurer ses parents à ses côtés dans la rue, par exemple.

Faut dire qu'il y avait de quoi, hein. Mon père faisait tout ce qui était en son pouvoir pour me fiche la honte quand je l'accompagnais faire des courses au supermarché, essayant désespérément de m'ouvrir le chemin de la rebellion adolescente qui ne semblait pas vouloir m'habiter quand il aurait fallu.

Pour cela, il usait de tous les subterfuges possibles, son préféré étant de me dire bien fort dans la rue "Donne la main à papa", quand tout le monde pouvait l'entendre, et que j'étais au collège. Il est allé jusqu'à faire passer "le petit Francis est demandé à l'accueil, le petit Francis" au supermarché, le jour précis où il y avait des amis du collège dans le magasin (dont une charmante demoiselle qui m'a fourni mes premières rêveries tendancieuses, particulièrement en cours d'allemand après le sport, quand elle était en short très court et en T-Shirt long, donnant l'impression qu'il n'y avait rien sous le T-shirt, mais passons).

Ca marchait. Pas terriblement, mais ça marchait (jusqu'à ce que je me mette à lui prendre la main et à dire "donne la main à Francis",  vers 14-15 ans), et j'avais honte de lui, et je faisais attention à tout ce qui pouvait attirer le scandale.


Ce soir, donc, j'ai franchi un cap m'éloignant de cette époque.
Ce soir, je suis sorti dans la rue en babouches. Pas de la babouche de touriste, notez, de la bonne babouche en cuir jaune, de la paimpolaise, à semelle en pneu Michelin et tout. Mais ça reste de la babouche. Dans la rue. Au su et vu de tous. Bon, c'était à minuit trente pour accompagner un copain au RER, et on a croisé trois personnes en tout, mais quand même.

Je n'avais rien à faire du regard des autres (tant qu'il n'était pas concupiscent, hein). Je ne dis pas que j'avais pas pensé "Hooo mon dieu, je vais sortir en babouches, je deviens un rebelle que regard des autres indiffère", mais toujours est-il que c'était pas faux, le regard des autres m'indifférait. Un sentiment de liberté m'a empli, tout au long de ce périple de quinze minutes, en même temps que mes babouches s'emplissaient de sueur, le cuir, c'est quand même pas ce qui se fait de mieux pour être pieds nus dedans. Je ne m'en suis rendu compte que sur le retour, en même temps que je me disais "tiens, encore un épisode d'une vie passionnante qui fera une note conséquente sur mon fabuleux blog" (c'est marrant comme un truc comme ça peut devenir obsessionnel quand on a rien d'autre à foutre).


Tout doucement, je me rapproche de l'étape suivante. Bientôt, j'irai chercher le pain en charentaises en traînant un caddie à motifs écossais. En me relisant, je réalise d'ailleurs l'incohérence de mes propos. La sénilité qui va avec les charentaises est déjà proche.

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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 22:50

Procrastinator, c'est moi.
L'homme qui ne fout rien de son temps. Depuis pas loin de six mois, la fin de mes études quoi, je n'ai rien fichu de mes journées, ou alors je me force à faire un truc par jour, genre "bon, aujourd'hui, c'est décidé, j'appelle France telecom". Cette perspective, toujours terrifiante, permet de voir passer la journée, axée autour de cette simple action, qui prendra cinq minutes, et n'aura en fin de compte pas l'importance qu'on lui accordait (parce que l'appel aura foiré).

Mais ce qui est rigolo, c'est comment, quand on glande rien de ses journées, des fois on a tout qui arrive d'un coup.

La semaine dernière, j'ai perdu ma grande soeur. Elle m'a abandonné pour partir vivre un an au Cameroun faire des maths et tuer des insectes et nourrir deux chiens. A priori, je n'avais rien à voir là-dedans, c'est à elle de faire ses commissions hein.
Mais là, forcément, les deux malles qu'elle avait préparées n'avaient pas été emportés par la société qui devait les envoyer là-bas. Alors qui c'est qu'on charge, vers 12h30, d'aller à la Poste chercher un colis ? Ben voui, c'est bibi, pas difficile à deviner. Donc, d'un pas sautillant, et après avoir recopié les vingt lignes d'instruction de mappy sur un petit papier (parce que pas d'imprimante, hein), je partis courageusement vers la poste où le colis avait été déposé, Na Fili et les Blaireaux dans les oreilles.
Trois quarts d'heure plus tard, arrivé sans encombre, la Poste est évidemment fermée et n'ouvrira pas avant trois autres quarts d'heure. Normal.
Alors qu'il faisait beau jusque là, il se met bien sûr à pleuvoir, et l'auvent de la poste est bien sûr orientée de manière à ce qu'on se prenne tout dans la yeule.

[passent trois quarts d'heure, émaillés par une petite danse sous la pluie quand elle tombe le plus fort, ça mouille mais ça fait passer le temps aux autres perdus à qui leurs soeurs avaient dit "Mais non, c'est toujours ouvert entre midi et deux la Poste, fais-moi confiance"]

Bon, ensuite, quoi de plus logique que d'apprendre que le colis n'est pas dans cette poste, mais dans celle de ma ville, qui est à dix minutes à pied ET ouverte entre midi et deux ?

3 heures et trente minutes plus tard, retour à la maison.
Et là, faut repartir aussi sec chercher le passeport et les billets de la frangine, que la responsable du non-envoi d'iceux par Chronopost ramène de Montepellier par train. Hop, voyage jusqu'à gare de Lyon.
Puis passage au Gibert pour quelques bouquins pour le voyage de la frangine...

Bilan de la journée globalement douloureux pour mes petites guibolles.

Les journées suivantes auront été consacrées aux malles, une fois ma grande soeur partie, sans que ses malles l'aient précédées. Coups de fil à Montpellier, chez les parents en Tunisie pour qu'ils faxent deux fois l'inventaire, au Cameroun pour avoir l'adresse...

En trois jours j'ai l'impression d'avoir été plus utile qu'en six mois, c'est fou. Maintenant je vais me reposer pendant au moins deux mois, je pense.


PS : en me relisant, je constate une fois de plus l'inanité de ma vie. Z'en faites pas, je ne vais pas parler que de moi (ou alors ça ferait une note par mois. Pas forcément une mauvaise solution, mais...).
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