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FIGB recrute




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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 18:42

C'est étonnant, mais il se trouve encore sur Terre, et même en France, des personnes qui considèrent que la Bande Dessinée fait partie de la sous-littérature. C'est d'autant plus flagrant sur certains sites de vente en ligne, où on peut trouver une rubrique « humour-BD » au milieu des catégories de « livres », telles que « SF-fantasy-terreur », « Littérature sentimentale » ou « Cuisine et Vin », marquant un mépris souverain de ce qui est un moyen d'expression à part entière. En tous cas, plus entière que l'écriture, et par-là même supérieur à l'écriture.


En effet, il faut être un artiste bien plus accompli pour raconter une histoire par le biais d'images et de texte que par le texte tout court. N'importe quel abruti est capable d'écrire, il est juste nécessaire de savoir parler, mais la narration par images est bien plus ardue.

Non seulement le texte doit (quand même) être peaufiné, mais le cadrage des images, leur succession sur la page, la taille des cases doivent être pensés, il faut déterminer la position des bulles pour que la lecture coule de source, les couleurs doivent créer immédiatement l'ambiance...


Le challenge de raconter une histoire est autrement plus relevé, non ?

Et en plus de savoir gérer toutes ces contraintes, il faut savoir dessiner. Et ça, c'est plus difficile que de savoir utiliser un secrétaire ou un logiciel de dictée, comme peuvent le faire les Auteurs (ha !) de littérature classique. Il faut un vrai talent, contrairement à un Marc Levy. Et du travail, aussi.


Alors j'en vois qui se gaussent, qui disent que si on est pas capable de faire passer des sentiments à son lecteur sans les lui mettre sous le nez, on n'est pas très doué, et que l'image tue l'imagination, et tous ces trucs qu'ils ont lu dans Télérama dans les années 90.

A ces gens-là, je veux répondre que de un, il faut se dire que l'imagination, elle passe quand même énormément par ce qui se passe entre les cases (l'espace inter-iconique, pour faire pédant), et de deux que se priver volontairement des sens dont la nature nous a dotés, c'est un peu se faire une gloire de se couper une couille (mettons un sein, pour ces demoiselles), sans compter que c'est irrespectueux vis-à-vis de l'intelligence du lecteur.

Voit-on des cuisiniers laisser de côté l'aspect de leur plat parce que « y'a que le goût qui compte » ? Hein ?


Non.

Et s'il y en avait, on s'en moquerait, parce que c'est ridicule. Ben en ce qui concerne la littérature classique, c'est pareil. Se contenter d'ingurgiter des mots qui s'enchaînent sans goûter les images, c'est comme boire pour se bourrer la gueule, sans se préoccuper de ce qu'on boit, que ce soit de la bière de mauvaise qualité ou du Château Pétrus 1955.


En bref, les écrivains sont des auteurs de BD ratés, voilà la vérité. Certains, comme JMG Le Clézio, récent Prix Nobel de littérature, ont l'honnêteté et l'objectivité de l'admettre, mais nombreux sont encore ceux qui se voilent la face et préfèrent prétendre que la BD est « inférieure ».


Par ailleurs, nombreuses sont les personnes qui admettent ne jamais lire de BD parce qu'ils « ne savent pas comment la lire ». Si, si, promis, j'en ai même vu sur parano.

Faut-il d'abord lire les bulles, regarder l'image ?

Que de graves questions que ces amateurs de livres sérieux se posent, sans savoir y répondre !

Alors que les mômes capables de le faire sans problème sont légion !

Et n'est-il pas infiniment plus difficile de s'adresser aux enfants dans un langage qu'ils peuvent comprendre qu'aux adultes ?


Ne vous laissez plus avoir.


La BD, ça demande plus de talent(s).

Les écrivains sont des ratés.

Voilà.

 En plus, ils sont même pas foutus de dessiner des femmes à poil.

(cet article mal foutu est dédié à Mélanie, pour une rencontre aux Utopiales qui l'a inspiré)

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 18:42

Aujourd'hui, mes petits amis, dans un cours magistral de géographie impromptue, nous allons parler de l'Autruche. Prenez des notes et ne m'interrompez pas, vous pourrez discuter de la sortie du nouveau Werber après la séance.

 

L'Autruche est un pays d'Europe situé dans les landes steppiques entre l'Afrique et l'Asie sud-occidentale. On y parle autruchien, qui est une langue qui s'aboie, comme son nom l'indique, en quoi elle est assez proche de l'allemand, mais avec un accent chantant (1). Sa population présente des traits très typés : en particulier, la calvitie est extrêmement répandue, chez les mâles comme chez les femelles, qui n'hésitent cependant pas à utiliser des perruques blondes comme subterfuge (1).

 

Du point de vue culturel, l'Autruche est connue pour sa valse, danse élaborée qu'on n'utilise guère plus qu'aux mariages traditionnels. La valse nuptiale autruchienne est à quatre temps : premier temps, on baisse la tête en étendant le cou, deuxième temps, on agite les bras, troisième temps, on remue le croupion, quatrième temps, on fait des petits pas de côté en tournant autour de la cavalière, le tout en sussurant le Beau Danube Bleu d'un air égrillard. Elle est enseignée aux petits dans leur prime jeunesse, alors qu'ils aimeraient bien fôlatrer gaiement en salopette à fleurs dans les prairies verdoyantes, comme des hippies. (1)

 

La valse nuptiale est suivie par l'apparition de petits bébés nus et braillards, au nombre de beaucoup (1) (on est bien dans un pays religieux prônant la procréation à outrance). De nombreux petits se feront malheureusement manger, la vie est rude en Autruche et la mortalité élevée par l'intermédiaire des vautours percnoptères des Alpes nombreux dans la région où les petits Autruchiens aiment à folâtrer gaiement en salopette à fleurs dans les prairies verdoyantes, et je ne parle pas des hyènes et des chacals échappés des cirques.

 

Les spécialités culinaires sont l'omelette géante (ce qui a donné à la population la réputation d'avoir les yeux plus gros que le ventre) et le réveil-matin (le réveil-matin autruchien est proche du coucou suisse).

 

L'Autruche est réputée pour ses plumes qui s'exportent à merveille : Stefan Zweig, Rainer Maria Rilke, Christine Nöstlinger sont des auteurs célèbres dans le monde entier, à juste titre, car ils savent nous tirer des larmes comme personne. Personnellement, la littérature de l'Autruche, je n'ai pas honte de le dire, ça m'émeu.

 

En matière de relations internationales, la politique de l'Autruche est assez naïve. L'Autruche a toujours cru que se mettre la tête dans le sable éviterait à ses ennemis de la remarquer, ça n'a jamais marché, et l'Autruche a été la première victime de l'Allemagne nazie qui lui a volé dans les plumes en 1939.

Dans le monde de la politique intérieure, les prises de becs sont nombreuses entre les partis qui passent leur temps à se donner des noms d'oiseaux.

 

Mon Dieu, je parle, je parle, je m'emballe, et il est déjà l'heure de mon café. Sortez en ordre.

 

(1)

 

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 23:42

Ha ! Fugitivité déliquescente du temps qui passe, fulgurance de l'existence, que n'ai-je su préjuger de tes méfaits ? Je glisse sur la pente de ma destinée, tente désespérément de m'accrocher aux touffes d'herbe de mes souvenirs, de mon passé, mais elles déchirent les doigts de mes neurones de leurs lames d'obsolescence, et je ne sais plus rien.


La mémoire de ma jeunesse n'est plus, et c'est un désespoir glauque qui m'envahit, comprimant mon coeur dans un étau de fer, et je hoquette, je tousse, j'expectore la bile âcre de l'amnésie.


Ca fait mal.


Tout ça pour dire que je ne sais plus pourquoi je voulais faire un article. C'est dommage, parce qu'à tous les coups, c'était pour tenir des propos d'une pertinence rare sur un sujet actuel et brûlant, que j'aurais traité avec humour et justesse comme moi seul sais le faire. Du coup, j'aurais été repéré par un blogueur influent, qui m'aurait dit d'un ton condescendant « Bravo, petit ». Mais je n'aurais pas pris la grosse tête, et j'aurais continué à faire éclater à la face du monde un talent à nul autre pareil, mes stats auraient grimpé sans que j'aie besoin de faire appel à des stratagèmes honteux tels que mettre des mots-clés tendancieux du genre « Valérie Damidot à poil » ou « pratiques scatophiles du clergé bas-breton », c'est pas mon style.


Du coup, mon blog-rank aurait grimpé comme le facteur sur ta mère (haha, je déconne, je respecte grave ta mère, tu le sais bien), et mes comms auraient dépassé ceux de Morandini, qui serait venu me menacer avec ses chiens de garde ninjas, mais je me serais pas laissé démonter, je lui aurais dit « Jean-Marc, maintenant, tu dégages de mon perron (avec toute ma pub, j'aurais pu m'acheter un perron), ou je fais un article plein d'humour référencé sur toi, et tu t'en relèveras pas », son visage aurait blanchi, il aurait serré les poings, pincé les lèvres, et il aurait claqué des doigts et tourné les talons en disant « Tu le regretteras, Francis. Tu t'attaques à un poisson un peu gros pour toi », et je lui aurais lancé une pique mordante, ses oreilles auraient rougi de honte et de colère, mais il aurait été bien mouché et aucune répartie ne lui serait venue. Bien sûr, il n'aurait pas mis pas ses menaces à exécution, et intérieurement je l'aurais traité de lopette, mais comme je suis quelqu'un plein de mansuétude, je n'aurais pas parlé de cet incident, ou alors par allusions.


Puis un beau jour de printemps, alors que glapiraient les hirondelles sur ma gouttière et que les cumulus s'étireraient dans un ciel lavé par une giboulée tardive, j'aurais reçu un coup de fil du directeur d'un journal à forte diffusion, genre Closer, et il m'aurait dit « Ma qué, yé souis votré trabaille dépouis plousieurs sémaines, y'aime beaucoup cé qué vous faites, votré ploume est acérée telle la faux dé l'Ankou, yé vous veux », et comme j'aime pas trop les ritals, j'aurais dit non, puis il m'aurait proposé un chèque avec autant de zéros qu'il y en a eu dans le lit de ta mère (haha, je déconne, je respecte grave ta mère, tu le sais bien), mais on n'achète pas mon intégrité comme ça, que je lui aurais dit, retourne à tes pizzas, ce sera l'Equipe ou rien, et il serait parti en jurant en italien, et en fait ç'aurait pas été l'Equipe parce que leur proposition aurait quand même été un peu naze par rapport à mon talent, mais ç'aurait été Paris-Match, dont la rédac'chef aurait été prête à tout pour s'offrir mes services, et malgré sa trentaine avancée elle aurait été encore accorte et [passons sous silence des pratiques réprouvées par la morale publique].


Enfin se seraient ouverts à moi les salons huppés de l'intelligentsia parisienne, les gang-bangs avec BHL et Houellebecq, les petites culottes tomberaient d'elles-mêmes sur mon passage, je me paierais une liposuccion et un lifting, je me nourrirais de sushis bio, la coke coulerait à flots, bref, la reconnaissance était au bout du chemin de cette note.


Putain de merde. J'étais si près.

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 09:42

Dimanche dernier, affalé dans un canapé de mon papy, je lisais d'un oeil le Nouvel Observateur tout en suivant vaguement Stade 2 de l'autre. Et là, sans prévenir, un titre m'a sauté à l'oeil qui n'était pas sur la télé : Amour et Politique.


La question est simple : peut-on partager la vie de quelqu'un dont on ne partage pas les idées ?

Un(e) chéri(e), c'est quand même quelque chose de particulier.

Autant un parent qui a des idéaux opposés aux siens, ça passe encore. Déjà, ça anime des réunions de famille qui se révèleraient autrement d'un ennui sans nom, mais à la limite même on passe, si on est de droite, pour quelqu'un d'ouvert : « Ha mais tu sais, j'ai un cousin qui a des rastas et qui joue du djembé, ben pourtant on s'entend vachement bien, d'ailleurs, on jouait aux pirates ensemble quand on était petits » ou « Je suis vachement content que ma petite soeur soit communiste, si on a pas des idéaux à son âge, on les aura jamais. Ha bé faut bien que jeunesse se passe, hein, tiens, remets-moi une ptite coupe de mousseux ».


Si on est de gauche, il est acquis d'avance qu'on a l'esprit ouvert, sinon on serait de droite, donc un parent de droite ou pas de gauche, ou de gauche mais pas de la même tendance interne au Parti (quel qu'il soit) permet de passer pour quelqu'un qui ne fait pas de concession avec ses idéaux : « Putain, ma soeur a voté blanc, elle a aucune conscience citoyenne, je lui ai pas adressé la parole depuis les présidentielles. Ha mais j'y crois pas, l'an dernier, elle se prétendait trotskiste. Allez, remets-moi un ptit rouge.»


En ce qui concerne les amis, c'est plus délicat, mais l'amitié en dehors de son cercle politique peut présenter de nombreux avantages.


Hypothèse 1 : je suis de gauche : un ami médecin (pour soigner mon rhume attrapé en manif sous la pluie) ou avocat (pour me défendre contre les accusations d'avoir cogné des CRS en manif), ça peut être utile. Mais c'est difficile d'en trouver qui ne soient pas de droite, de ces gens-là. Pareil pour les garagistes.


Hypothèse 2 : je suis de droite : un ami artiste (donc vivant à la marge de la société, et nécessairement de gauche) me permettra de me faire remarquer dans les salons que je fréquente, ce qui ne peut qu'être profitable à mon image donc à ma carrière.


Dans les deux cas, c'est utile d'avoir des amis extérieurs.


Mais l'amour, mes amis. L'amour. Il a beau être aveugle, peut-il supporter l'achat compulsif de ponchos équitables et les charges de CRS si l'on est pas soi-même exalté par l'engagement de Jean Ferrat et Tryo ?

Peut-il supporter que son objet bazarde ses employés au nom du profit et cautionne les parachutes dorés si l'on est pas soi-même enclin à travailler plus en écoutant Michel Sardou pour gagner plus et s'acheter un 4x4 et un lévrier afghan ?


Hein ? Hein ?
Ouais, nan, quoi.
Quoique, si on aime les relations sado-masochistes, peut-être.
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 11:42

Bonjour, je m'appelle Francis, j'ai 24 ans, et je... Je regarde le foot à la télé.

Voilà. Je l'ai dit.


J'ai honte. Samedi dernier, en rentrant chez moi avec des amis, j'ai demandé innocemment « ça vous dérange si je mets le match, juste pour voir le score ? », ils m'ont regardé avec des yeux comme ça, puis ils ont fait « Mais tu regardes le foot, toi, maintenant ? ».

J'ai été lâche. J'ai fait celui qui s'en fout un peu, qui suit vaguement, par désœuvrement et pour faire le mec cool.

Ils m'ont regardé avec commisération, j'ai rougi jusqu'à la racine de mes cheveux, et j'ai bafouillé « Nan, mais c'est bon, j'arrête quand je veux, puis bon, c'est pas tous les jours les matches de l'équipe de France » et j'ai rapidement changé de sujet en apportant une bouteille de Coteaux du Layon que nous bûmes en glosant savamment sur des sujets d'importance comme... En fait, je sais plus, je pensais au résultat du match que j'avais loupé. Salauds d'amis.


Ca s'est bien fini cette fois, mais j'ai pris conscience de ma différence.

Je suis addict au foot à la télé.


J'ai honte. Pas la peine de me faire la morale, je sais bien que regarder le foot, c'est cautionner le trafic de millionnaires en short qui gagnent de l'argent facile en se disputant un ballon alors qu'on pourrait leur en donner un à chacun, mais j'y peux rien, je continue de les enrichir à mon petit niveau, et je continue d'enrichir leur commerce, parce qu'ils me procurent des émotions que ma petite vie ne me fournit pas autrement. Quand mon cartel, enfin mon équipe, marque, ça me fait gicler les endorphines dans les synapses. Puis ça retombe, de plus en plus vite avec l'habitude. Il me faut de plus en plus de buts, et pas de ces daubes de pénos, non, du pur retourné acrobatique ou au moins de la reprise de volée, et ça, ça arrive pas si souvent. Si je prends mon pied une fois tous les dix matches, c'est bien un maximum.


Tout ça, ça fait que maintenant, le foot, ça me suffit plus.

Je continue de le regarder, mais c'est pour les jours de dèche, dès que je peux, je me fais un match de tennis. Alors ouais, c'est un truc de bourgeois, mais depuis que j'ai été initié, je peux plus m'en passer longtemps.


J'aurais pu en rester là, mais quand t'es dans la spirale, c'est dur d'en sortir. Maintenant, je regarde même les galas de patinage artistique, les tournois de billards sur le câble à deux heures du matin, et je bénis la télévision publique quand ils passent du rugby.

Mais j'essaye de pas trop déconner avec ça, parce que quand t'as goûté au rugby, c'est difficile de se contenter d'un match de foot, fût-il international, et même là t'as du mal à décoller, parce qu'il te faut du plaquage de pilier dans l'en but, des groupés pénétrants et des passes chisteras.


Purée, je crois que je suis profond. Encore un peu, et je sombrerai dans la F1 et ça, ça me fout la trouille. J'arrive pas à décrocher. Même après mon overdose des Jeux Olympiques, mes parents pensaient que ça m'apprendrait, mais que dalle, je continue.


J'ai besoin d'aide, putain. Je veux pas rester un gros beauf, mais en même temps, j'ai vraiment pas envie de changer. Je sais pas comment faire.


Aidez-moi...

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 21:42

Le sein était d’une forme parfaite : en poire, comme Owen en rêvait depuis longtemps, pas trop gros ni trop petit, légèrement bronzé, avec une aréole rose sombre et un petit téton adorable fièrement dressé.

-Il est beau, hein ?

-Oui…

Il passa le dos de son index sur le dessous du sein, à la recherche d’une imperfection cachée. Il n’y en avait pas. La peau était souple et d’une douceur étonnante qui le fit frissonner.

-Je… Je peux le prendre ?

-Bien sûr, n’hésitez pas !

D’une main hésitante, il saisit le sein par en dessous. Il se nichait dans sa paume comme si c’était du sur mesure. La main d’Owen devint moite sous l’effet de la douce chaleur qu’il irradiait. Il la retira, un peu gêné, et l’essuya sur son pantalon.

-Ça ne risque rien si je le… si je le presse ?

-Pensez donc, c’est fait pour ça !

Il tâta la chair du bout du doigt, expérimentalement.

-Vous pouvez y allez à pleine main, hein, c’est solide !

Obéissant, Owen s’exécuta. La sensation était… indescriptible. C’était à la fois ferme et malléable, résistant et élastique. Enhardi, il se mit à le pétrir en s’émerveillant de la réaction de détente et de soulagement que cela engendrait en lui. C’était fantastique.

-Vous pouvez goûter, si vous voulez.

-Goûter ?

-Oui, avec la bouche. Beaucoup de gens aiment ça. Mais sans mordre, hein ! Vous ne voudriez pas le percer, hahaha !

Indifférent à la mauvaise plaisanterie, Owen prit le sein à deux mains et le porta à sa bouche. Un instant, il s’enivra du parfum propre et sucré qui s’en dégageait, puis il tira la langue et lécha maladroitement le bout du téton. Un goût d’une amertume huileuse envahit ses papilles. C’était dégueulasse !

En crachant et jurant, il lâcha le sein qui tomba par terre avec un petit « schlopf » sourd et liquide.

 

-Mon dieu, je suis désolé !

Le vendeur se précipita vers son bureau d’où il revint instantanément avec une bouteille d’eau, qu’il tendit à Owen, un vaporisateur et une peau de chamois.

-Je suis confus, bafouilla-t-il tout en aspergeant et essuyant le sein qu’il avait ramassé, je suis vraiment confus, c’est de ma faute… Certains clients aiment utiliser le sein comme coussin ou oreiller, et on a même quelques détraqués qui se servent volontairement du téton pour se curer les oreilles… J’ai dû mal surveiller, je suis vraiment désolé !

Owen tenta de faire passer le goût répugnant du cerumen avec une gorgée d’eau, sans grand succès.

-Ce n’est pas grave… Il me paraît très bien. Je le trouve magnifique, et d’un confort !

-C’est également un de mes favoris. Mais je ne vous ai pas encore présenté nos modèles maternels, au potentiel déstressant encore supérieur ! Venez, ils sont au fond du magasin !

Il entraîna Owen dans une deuxième salle, un peu moins vaste que la précédente, mais aux murs également tapissés d’étagères et de présentoirs couverts de velours accueillant des seins classés par couleur, taille, dimensions des aréoles. D’un geste, le vendeur désigna l’étagère du fond, où étaient disposés des seins plus volumineux que la moyenne (mis à part les exemplaires de démonstration en vitrine), et annonça fièrement :

-Ces petits bijoux sont le nec plus ultra de la bioingéniérie mamellaire : ils sont aussi fermes et confortables que tous nos modèles classiques, mais disposent en plus d’un réservoir, que vous remplissez du liquide de votre convenance. La capacité atteint une tétée d’une bonne demi-heure ! Il faut juste s’assurer de bien nettoyer le réservoir après chaque utilisation, pour éviter les risques de contamination par des bactéries si vous utilisez du lait. Nous vendons d’ailleurs des packs de lait en poudre et des kits de rinçage du réservoir, et on vous en offre un de chaque en cadeau pour tout achat !

-Merci, mais je crois que je vais tout de même en rester à mon choix initial. Ce sein était parfait.

-Très bien, monsieur. Je vous rappelle notre promotion du moment, pour un sein acheté, le deuxième à moitié prix !

-C’est intéressant, mais je dois me contenter de celui-ci. La sécu ne rembourse toujours pas plus d’un sein, et je suis étudiant…

-Très bien, monsieur.

 

Owen sortit du magasin son sac sous le bras, longea la vitrine du magasin et son exposition de reproductions de seins de célébrités de l’Ancien Temps, et prit le bus pour rentrer.

Assis seul au fond du véhicule, il se mit à rêvasser les yeux ouverts à ce que serait le monde si le Conseil des Nations Unies n’avait pas décidé en 2050 de supprimer le sexe féminin de la surface de la planète, une fois acquise la technologie de l’utérus artificiel permettant la gestation d’enfants en laboratoire. Selon toutes probabilités, si on avait laissé faire la nature humaine comme elle faisait depuis des millénaires, l’espèce courait à sa perte. Les hommes, pour impressionner les femmes en vue de copuler, auraient continué à rivaliser d’arrivisme, car à quoi rimaient les inégalités extrêmes aujourd’hui disparues, si ce n’est aux dérives d'un monde régi par la sélection naturelle, poussant les hommes à s'écraser les uns les autres afin de séduire un maximum de femelles ? Et ces femmes assoiffées de sexe et au désir de maternité insatiable auraient sans doute continué de surpeupler la planète, et jamais il n’aurait été possible de stabiliser à trois milliards, la population actuelle, suffisamment faible pour ne pas surexploiter les ressources de la planète.

 

La destruction des femmes était sans doute ce qui avait permis de sauver l’espèce humaine, et c’était tant mieux.

 

Ceci dit, il faut reconnaître qu’elles avaient quand même quelques avantages dont  la perte  avait eu sur le moral masculin un impact difficile à imaginer à l'époque. Heureusement que les progrès de la technologie y avaient remédié.

 

Plus rien ne pouvait entraver l'avancée inexorable de l'Homme vers le bonheur.

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 21:42

La vie est prodigue de cruels évènements, et celui-ci est le pire auquel j'ai eu à faire face ces dernières semaines.

 

J'ai perdu mon bob.

 

Ca fait mal. Tellement que je n'ai pas pu me résoudre à l'annoncer avant maintenant, j'avais les tripes trop nouées pour ça, une douleur m'étreignait la poitrine à la simple évocation mentale de sa disparition.

 

C'est d'autant plus dur que, juste avant de le perdre, je l'avais amoureusement customisé, j'avais acheté plein de beaux pin's à la brocante, en même temps que mon papa achetait un mortier en cuivre, ça fait que j'ai eu les pin's gratuits, j'étais si heureux !

Je les avais mis sur l'intérieur du bord, tout autour, puis j'avais replié le bord, et c'était beau.

 

Il y avait un pin's de l'école Marcel Pagnol, un de l'eau d'evian, un de la Journée Nationale des Animaux avec Tom de Tom et Jerry, un Blanche-Neige, un Coca Cola en chinois, un S.A Ricard, et un Max Roustan conseiller général. Tous ont disparu avec mon bob, par un beau jour d'août, alors qu'on était allés se baigner à Pied-de-Borne, village ardéchois paradisiaque quand la voiture parvient à remonter la côte. On s'était baignés, on avait fait des concours de bombe, des massages sous la cascade, on avait même trouvé des écrevisses.

 

Puis, au moment de partir, je cherche mon bob, je ne le trouve pas. Je me dis, c'est pas grave, j'ai dû le laisser dans la voiture, on rentre, je fouille le coffre, rien. Il n'est plus là. C'est là que reviennent tous les bons moments qu'on a passé ensemble, la manche à la dernière Blog Party, les journées entre amis au Champ de Mars, la chasse aux girolles quand il m'avait servi de sac, et là, je n'ai pu m'empêcher de pousser un hurlement de détresse dans la ville étouffée par les chaleurs lourdes de l'été langonais.

 

Mon bob, les mots me manquent pour dire combien tu as compté pour moi, j'emprunterai donc ceux de Kelly, jeune poétesse langonaise, qui grava ceci dans le marbre, ces mots qui trouvent dans mon coeur un écho douloureux.

 

 

Ho bob, I miss you so...

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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 22:42

Un beau jour de Moyen-Âge, ce fut la guerre de cent ans entre la France et l’Angleterre. On ne sait plus très bien quelle en était la cause, sans doute que le PSG avait mis une rouste à Manchester United en coupe de l’UEFA (c’était il ya très longtemps),et les Anglais ont accusé les français d’avoir acheté l’arbitre, et les français ont rétorqué « Ah ouais, répète un peu ça si t’es un homme », et les anglais ont répété, avec leur accent d’anglais, et ce fut la guerre, horrible et sans merci. Les anglais ont creusé un canal à la frontière, qu’ils ont rempli d’eau de l’Atlantique, et qu’ils ont appelé la Manche parce qu’elle était loin au dessus de la botte de l’Italie, et les français pouvaient plus passer, et ils ont traité leurs mères de cochons d’Anglaises, et tout et tout. 

Bref. 

Un beau jour un peu plus tard, Dieu, qui était depuis un moment en train de traîner en Australie à rigoler en créant des animaux sous l’emprise de substances pas très claires, se retourna et dit « Nom d’une pipe ! » car il n’avait pas prévu ça (la guerre).

Il n’était pas très content, car les français étaient en train de se prendre une déculottée d’autant plus sévères qu’ils ne portaient pas de culotte. Or, il faut le savoir, Dieu préférait les français aux anglais, car ils faisaient de loin le meilleur vin de messe et de meilleures hosties que les anglais, qui ne faisaient qu’une bière amère et des hosties à la sauce à la menthe. 

Alors Dieu décida d’aider les français, mais un peu discrètement quand même, histoire de pas risquer de se faire prendre. 

Il avait vu un peu plus tôt au ciné l’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux avec Robert Redford, et il se dit que si un vieux beau réussissait à faire gagner un combat psychologique sur la vie à un canasson en lui murmurant à l’oreille, lui-même pourrait aussi bien arriver à faire gagner une guerre à un français avec la même méthode. 

Malheureusement, la France était alors en pleine période yé-yé et Antoine triomphait au top cinquante, et les gens portaient tous pattes d’eph’ et cheveux longs qui pendaient devant les oreilles, empêchant tout murmure divin d’y parvenir. 

Une seule personne, à cette époque, résistait à la mode et préférait Mireille Mathieu à Sylvie Vartan : Mme d’Arc, de Domrémy en Lorraine (où, il faut le préciser, on ne captait que radio Bleue grand est).

Mme d’Arc était une fan de premier ordre, à tel point qu’elle avait fait à sa fille Jeanne la même coupe de cheveux que son idole, et tant mieux pour la France. 

Un jour d’été, alors que Jeanne somnolait gentiment sous un arbre tandis que ses moutons (elle était bergère) broutaient la tendre herbe lorraine, Dieu se pencha à son oreille soigneusement dégagée par les ciseaux attentifs de sa maman, et murmura : « Ho, Jeanne ! C’est Dieu qui te parle ! Je voudrais que tu ailles me bouter les Anglais hors de France ! »

Jeanne battit des paupières, s’étira en baillant, regarda sa montre et dit : « Il est que trois heures et demi, là, c’est pas l’heure de bouter », car elle avait de l’esprit. Agacé par cette boutade, Dieu rétorqua : « Ma petite, je n’aime pas qu’on se boute de ma gueule ! Alors tu prends ton armure et ton épée, et tu vas me couronner le Dauphin, ou je raconte à toutes tes copines que tu dors avec une photo de David Hasselhoff sous ton oreiller ! ». Car Dieu n’était plus le boute-en-train décrit par l’Ancien Testament, il avait vieilli et s’était un peu aigri. 

Jeanne partit donc au Marineland d’Antibes couronner le dauphin, se rendit compte de son erreur et repartit vers Reims. Là, elle réussit à rentrer dans les bonnes grâces du dauphin, résista aux basses manœuvres de la cour en restant arc-boutée sur ses convictions, parvint au sommet de la hiérarchie militaire malgré son manque de bouteille, et s’employa vigoureusement à bouter de l’anglais. Elle bouta comme jamais on n’a bouté depuis et la plupart de ses batailles aboutirent glorieusement.  

Mais un jour, hélas, trois fois hélas, l’armée de notre pucelle boutonneuse fut emboutie par celle de ces salauds d’anglais, et elle fut capturée. Fourbes comme seuls des anglais savent l’être, ils lui firent un procès, où ils l’accusèrent d’être une rebouteuse, et de les avoir maraboutés dans le but avoué de les bouter. Elle fit appel, fut déboutée, et condamnée à être brûlée vive. 

Ils lui boutèrent le feu à Rouen (Seine-Maritime), et elle en mourut, ce qui est bien triste, n’empêche qu’ils en ont encore honte aujourd’hui. Enfin, j’espère.

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 11:42

Continuons notre étude passionnée des animaux de nos contrées, et consacrons nous aujourd'hui au mouton.


Pour cela, il nous faut un mouton. N'importe lequel fera l'affaire. Pour aujourd'hui, nous utiliserons celui de M. F., poète-paysan de son état, un homme comme on n'en fait plus de nos jours et c'est bien dommage.


Approchons nous discrètement, en nous méfiant du sens du vent, et attelons-nous à la dissection de l'animal.

Saisissons-nous de notre outil de dissection favori, le coupe-syllabes, que l'on aura pris soin de désinfecter soigneusement au préalable, et tranchons notre mouton proprement en deux par le milieu.


Nous nous retrouvons avec deux bas-morceaux : d'une part, le mou, que l'on gardera pour le chat (ou, si l'on en a pas, que l'on fera revenir à la poêle avec des échalotes émincées et des cèpes au vinaigre), d'autre part, le ton.


Le ton pourrait être confondu avec l'adjectif possessif de la deuxième personne du singulier, ce n'est bien sûr pas le cas. Ce mouton n'est pas à toi, à moins que tu ne sois M. F., poète-paysan de ton état, homme rude et fier dans le regard bleu duquel perce une affection bourrue pour la nature et les bienfaits qu'elle nous apporte, en particulier le picrate premier prix du Lidl de Saint-Alban-Sur-Limagnole.

Pour être honnête, ça m'étonnerait un peu que tu sois M. F., à moins que tu aies appris à lire (dans ce cas, félicitations).


Non, le ton du mouton vient de ce qu'on le tond, c'est évident. Notons que les inventeurs du mouton étaient par nature plus portés sur la contemplation des soleils couchants sur les vertes prairies où s'ébattent paisiblement de douces génisses aux mamelles timides et douces que sur l'orthographe.

Je crois bien même que l'orthographe a été inventée bien après le mouton, ce qui expliquerait sans doute ce curieux phénomène lexical.


Car oui, le mouton se tond, comme le wombat se bat (du moins lorsque son territoire est menacé, par exemple par un jeune ornithorynque mâle chassé de son territoire par son père jaloux).


De la tonte du mouton, on tire de la laine, qui sent aussi mauvais que celle de M. F. après l'aïoli du mercredi soir chez tata Mémène (d'où son nom, une fois de plus mal orthographié). De cette laine, on fera des pelotes, qui feront la joie des petits chats coquins comme des grands garçons également coquins. Le stade suivant le pelotage est la confection à l'aide d'aiguilles à tricoter de layette pour le petit bébé qui en résulte si on ne s'en est pas prémuni, éventuellement à l'aide d'aiguilles à tricoter.


Il existe par ailleurs diverses variétés du mouton : le mouton femelle, qui est appelée brebis (ou Bichette, par M. F., qui est un homme très seul). La brebis porte généralement la culotte et tient les cordons de la bourse de son mari le bélier (avant sa transformation en mouton proprement dit par le vétérinaire, qui procède soit par ablation, soit par compression des vaisseaux sanguins par des pinces de Burdizzo).


Le bélier, lui, est en maison 1, et doit profiter de ce moment pour relancer une collaboration qui s'était relâchée depuis quelque semaines, et dialoguer avec sa partenaire, par exemple en lui fixant rendez-vous dimanche à 11 heures pour discuter de son poulet au citron, qu'elle avait fait trop épicé quand ils avaient reçu les Durand la semaine dernière. Eviter tout malentendu lui épargnera une transformation en mouton qui ne saurait qu'être nuisible à leur vie de couple.


Vous voici j'espère plus éclairés sur ce fier animal, si représentatif de notre société.

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14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 21:42

Devant la multiplication récente et anarchique des auto-proclamés free-huggers, les personnes en manque affectif ne savent plus vers qui se tourner pour trouver un peu de réconfort moral. En effet, ces free-huggers ne disposent pour la plupart d'aucun bagage psychologique, et ne se sont lancés dans l'art délicat du hug que dans l'optique d'obtenir facilement une étreinte avec une personne du sexe opposé, ce que leur physique en général ingrat leur interdit par ailleurs.

 

Face à cette concurrence déloyale, notre société, Hugz Inc. (Société Anonyme fondée en 2008) ne peut répondre que par la qualité irréprochable de son service à la personne.

Tous nos Huggerz© disposent d'une solide formation en psychologie, et sont ainsi parfaitement compétents pour déterminer quel type de Hugz© est requis par chaque client. Par ailleurs, afin d'éviter des chocs à des personnes déjà fragiles, nos Huggerz© sont sélectionnés selon des critères physiques stricts : vous ne verrez pas de jeune laideronne boulotte et boutonneuse à lunettes et appareil dentaire dans nos équipes !

 

Mais les qualités mentales et physiques irréprochables de nos Huggerz© ne sont pas le seul atout de notre société. Hugz Inc. (fond. 2008) dispose en effet d'un laboratoire dernier cri où sont élaborés les Hugz© qui font la réputation sans tache de notre société. C'est là que sont par exemple déterminées les positions idéales des bras dans le dos, ou la force d'étreinte pour obtenir un réconfort optimum selon l'âge, le poids et la catégorie sociale du client. Tous nos Huggerz© y ont fait plusieurs stages et y ont affiné leur technique jusqu'à atteindre la perfection, attestée par un diplôme qu'ils portent sur eux et peuvent vous présenter sur demande. Vous pouvez vous remettre entièrement entre leurs bras câlins et musclés.

 

Ne confiez pas votre moral à des amateurs ! Confiez-le à des professionnels reconnus d'utilité publique par décret du Conseil d'Etat, et sponsorisé de là-haut par Mère Theresa.

Notre grille de tarifs :


Type Description Prix

Normal Hugz©

étreinte de dix secondes

2 €

Special Hugz©

étreinte de quinze secondes, massage du dos inclus

4 €

Professionnal Hugz©

étreinte de quinze secondes, massage du dos, lissage des cheveux selon la méthode MomLike®, murmures rassurants à l'oreille

6 €

Tender Hugz©

étreinte de trente secondes, mordillage des oreilles (selon conditions), 3 baisers (sans la langue sauf dispositions)

10 €

Super Special Hugz DeLuxe©

[censuré], fourni uniquement par Mlle Lili Lolita du Lolo

500 €


Supplément tapes dans le dos : 0,50 €

TVA 20,6% incluse

Non remboursé par la Sécurité Sociale

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