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FIGB recrute




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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 22:42

Nous vivons dans un monde étrange où les fonctions corporelles basiques sont taboues, et parmi elles les fonctions d'excrétions sont particulièrement super taboues..

De ce fait, il est mal vu, en dehors des relations amicales, d'annoncer à la cantonade « je vais au petit coin » (sans parler de « je vais faire pleurer le cyclope » ou « je vais libérer Mandela »). En particulier, on ose rarement, quand on est avec des collègues de boulot, sans parler de son patron, se retirer de la conversation pour se délester de ces fluides qui pèsent douloureusement sur nos entrailles, faisant monter la sueur à nos fronts et se serrer nos mâchoires dans un rictus révélateur. La peur de perdre la face est en effet grande dans ce milieu sans pitié qu'est le monde du travail. Et il n'est pas de honte pire que celle d'admettre son humanité et son corollaire odorant, le pipi (et le caca, brrrr).

 

Du coup, on préfère prendre le parti de prétendre avoir quelque chose à faire chez soi, ou un rendez-vous, ou une affaire super importante avec un client super important, ou des trucs comme ça, tout ça pour pour pouvoir se retirer d'une réunion d'autant plus pénible qu'il y a eu plus de café que de pépitos.


Et c'est là qu'est le drame de notre société. Quand les petites vessies n'en peuvent plus, elles laissent aux grandes vessies la responsabilité décisionnelle. Et c'est ainsi depuis la nuit des temps.

Les élites mondiales ont donc été sélectionnées en fonction de la taille de leur vessie plus que de leurs capacités à prendre des décisions intelligentes. C'est malheureux, mais c'est comme ça. D'ailleurs, c'est même rentré dans les moeurs de donner sa confiance aux plus grosses vessies : prenez le cas des élections américaines : si Obama a été préféré à Hillary Clinton, c'est sans aucun doute parce que sa capacité vésicale (relatif à la vessie, vous aurez appris un mot aujourd'hui) était supérieure, car il est connu que les femmes ont une plus petite vessie que les hommes, comme c'est prouvé par leurs continuelles visites aux toilettes quand on va au restaurant, même si on n'a toujours pas compris pourquoi elles devaient y aller à plusieurs. Ca a peut-être (espérons-le) joué uniquement à un niveau inconscient, mais ça a indubitablement joué (je rappelle que c'est un noir qui a été préféré à une blanche, et ce aux Etats-Unis).


L'humanité est-elle donc destinée à la destruction par les décisions ineptes des personnes à grande vessie ?


Pas forcément, car il existe une solution : la couche senior. Avec la couche senior, les personnes dont le volume crânien est supérieur au volume vésical peuvent enfin avoir leur mot à dire. Si la capacité d'absorption de la couche est suffisante, bien sûr.


L'espoir de l'humanité réside dans la couche senior.


En plus, ça permet de ne pas subir la fin de la pub à la télé, et de tenir toute une séance de cinéma même si c'est très rigolo comme les Visiteurs 3. Les avantages sont légion.


Et pourtant, on en réserve l'usage aux vieillards aux sphincters fragiles, qu'on couvre de quolibets au passage. Hou les vieux, ils ont des fuites, on doit leur mettre des couches comme aux petits bébés, hahaha.


Il me paraît vain de vouloir changer la mentalité en ce qui concerne le tabou du pipi, mais il faut changer cette vision infantilisante de la couche et de leurs utilisateurs. Les porteurs de couche senior seront peut-être les sauveurs de notre civilisation, si nous le leur permettons.



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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 19:42

Je n'en reviens pas, mais j'en suis à envoyer des lettres au courrier des lecteurs d'un magazine consacré au cinéma pour pouvoir pondre une note de blog. J'espère qu'il ne m'en voudront pas. Et vous non plus. Voilà donc. Pouf, pouf.

 



Il y a quelques temps, j'avais du temps à tuer en attendant et train, et je suis tombé sur votre magazine qui traînait sur un banc. Le désoeuvrement aidant, je l'ai feuilleté, et je me suis aperçu que nombre de vos lecteurs (sans parler de vos journalistes) paraissaient complètement obsédés par le cinéma. Navrant état de fait confirmé par la fréquentation du forum de votre site.


Je dis pas que c'est complètement inintéressant, mais quand même, il faut des limites, quoi. S'immerger dans l'imaginaire et la fiction quand on a cinq ans, c'est pas à conseiller, mais c'est compréhensible, et au moins ça apprend un minimum de vocabulaire.

Le faire quand on est adulte, c'est ridicule.


En plus, le cinéma, ça a été étudié, ça tue l'imagination. A quoi bon mettre des images sur des histoires ? Si tant est que se faire raconter des histoires passé la puberté a un intérêt, autant lire un livre, au moins ça a le mérite de pas la prémâcher complètement et de pas être complètement passif, un espèce de boeuf devant son écran, en train de ruminer du pop-corn en regardant les images qui bougent. En plus, on risque l'épilepsie, ou de se faire embrigader sans s'en rendre compte avec des messages subliminaux qui passent à une vitesse trop rapide pour que l'oeil les capte mais que le cerveau garde quand même en mémoire, et après vous vous engagez dans l'armée ou vous achetez un iPh*one alors qu'un téléphone d'une marque indéterminée vous aurait parfaitement convenu étant donné que vous n'avez aucun besoin d'avoir un truc qui fait des bruits de sabre laser ou vous permet d'éclater des fausses bulles de papier bulle, mais vous vous serez fait laver le cerveau et ce sera trop tard pour vous en rendre compte.


Par ailleurs, le métier d'acteur, que nombre d'entre vous semble aduler, me paraît complètement aberrant. On demande à des gens (qu'on paye autant que des footballeurs pour pas foutre grand-chose, en plus, si je puis me permettre) de faire semblant d'être des personnes qu'ils ne sont pas, dont ils ne connaissent généralement rien du métier (ce qui me paraît d'une audace et d'un irrespect profond pour les personnes qui exercent ce métier et se sont donné du mal pour l'apprendre, on ne devient pas chirurgien après deux heures de coaching par un « conseiller spécialisé », ça demande des années d'étude figurez-vous), et en plus, on les fait faire des personnages différents dans différents films ?

 

Ca me paraît une insulte à l'intelligence du public, si tant est qu'il en ait une pour commencer.

Comment accepter, mettons, qu'un chef elfe reconnu et apparemment respecté de tous ait été drag-queen en Australie dans sa jeunesse ? Pourquoi Van Helsing n'utilise-t-il pas ses griffes rétractables en adamantium pour se débarasser des vampires ? Pourquoi Neo ne reprogramme-t-il pas la matrice pour empêcher la Terre de s'arrêter ?

C'est d'une sottise avérée, j'espère que vous vous en rendez compte.


Et je ne parlerai même pas des dangers à aller dans un cinéma, où se retrouvent toutes sortes de racailles et de petits voyous, et où on peut s'asseoir sur des seringues infectées par le virus du sida, et dont les toilettes sont en général des nids à microbes.


Franchement, vous devriez un peu mieux utiliser votre temps et votre argent.

Apprenez des choses, rencontrez des vraies gens, donnez du temps à votre communauté, à vos pauvres, engagez-vous dans quelque chose qui aie du sens !


Ca me tue, de voir des personnes jeunes et en pleine santé gâcher leur vie devant des sottises sans intérêt alors que la planète a besoin d'eux.


Je ne vous salue pas.

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 23:42

S'il y a un truc qui me manque un peu en ce moment, mis à part l'insouciance jouissive que procure une chaudière qu'on a pas besoin d'éteindre à tout bout de champ quand elle ne s'éteint pas toute seule sans prévenir, c'est les gaufrettes. Ca fait un bail que j'ai pas mangé de gaufrettes. Au point que je sais même plus si ça prend un ou deux f. En fait, je crois que je n'ai mangé des gaufrettes qu'au Maroc, ma maman me les mettait dans mon cartable pour la récréation, et je partageais avec Taoufik. Mais pas avec ce connard de Jean-Eudes. En plus c'était un cochon, quand on a fait une sortie, il m'a dit qu'il avait pas mis de zlip, une fois. A l'époque où on se parlait, parce qu'on était dans la même classe, avant qu'il devienne con quand on y était plus et que des filles qui avaient pitié de moi venaient me prévenir quand il arrivait pour que je me cache. Je sais plus où je me cachais, d'ailleurs. Peut-être chez les grands, parce que j'avais ma soeur et un copain, mais je crois pas, parce que j'aimais pas jouer au foot sans les mains. Puis je crois pas que ma soeur aurait aimé que j'aille la voir à l'école, en fait, je me souviens que d'une seule fois où j'y suis allé, et je suis monté sur les épaules du copain, et il a couru, et on s'est cassé la gueule, j'ai eu mal. Ca devait être à l'époque où on se moquait d'Estelle-poubelle. Je crois qu'elle sortait avec Jérémy, qui était un copain de Nicolas, et qui jouait dans Narnia au théâtre. Pieds nus, ils jouaient, berk. Nous les petits, j'imagine qu'on faisait une chorale. J'aimais pas la chorale. C'était moins bien que le concert de Henri Dès. J'aimais bien Henri Dès, et imaginer que je mettrais un jour une bouteille à la mer avec un ptit mot dedans, un ptit mot dedans. Un jour, on a fait un film qui s'appelait la princesse et le facteur, ma petite cousine c'était la princesse, et ma grande cousine c'était le facteur, et ma grande soeur c'était la reine, et mon autre cousine je sais plus ce qu'elle était. Le facteur tombait amoureux de la princesse, qui arrivait au château en carriole, et ils dansaient sur du Sati, et il mangeaient des spaghettis à la table de la reine, et ils s'enfuyaient tous les deux dans un bateau en plastique orange, mais ils se faisaient attraper par des indiens en calimbé en torchon dont j'étais le chef parce que j'avais pas peur de montrer un peu mes fesses et que j'avais un arc et des flèches à ventouse et que si je l'avais pas été j'aurais pleuré. Et on décidait de pas les manger, mais de les garder en esclavage, et après, le facteur en calimbé jetait une bouteille à la mer, avec un ptit mot dedans. C'était bien, mais y'avait pas de gaufrettes.


Un jour, j'ai découvert qu'il y avait mieux que les gaufrettes, c'était les Prince de Lu®. Un jour, j'ai découvert qu'il y avait presque aussi bien que les Prince de Lu®, c'était les biscuits québécois avec une pâte de sirop d'érable dedans. J'en ai mangé, des gâteaux au sirop d'érable, quand j'étais là-bas, à regarder les écureuils et les souterrains et à apprendre à faire pousser la canneberge, qui est plein de molécules qui empêchent la fixation des bactéries à la paroi de la vessie. Je m'en fiche, la paroi de ma vessie va très bien. Mais pour les filles, c'est bien, parce qu'elles ont plein de bactéries qui s'accrochent à leur vessie, et après elles sont indisposées et ne peuvent pas aller à la piscine. J'aime pas la piscine. Ca a trop de bords. Je préfère la mer avec des cailloux et des algues, et des anémones de mer qui piquent le nez quand on fait du sous l'eau en fermant les yeux. Et avec des rochers pour sauter et pour plonger et pour se moquer des petits frères qu'osent pas parce que c'est des trouillards. Pareil pour les petites soeurs, d'ailleurs. Ha ça pour se faire ficher par les RG c'est balèze, mais dès qu'il s'agit de se jeter à l'eau la tête la première y'a plus personne, hein. En plus, ça se cache derrière les anarchistes et les ouvriers métallos en manif. Ce qui me permet vachement bien de retomber sur l'actualité, en fait. Parce qu'aujourd'hui, c'est manif. En plus réussi qu'au Québec, espérons.






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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 11:42

Cela fait pas mal d'années que j'écume internet, de site perso en forum, de forum en BBS, au gré des clics. Depuis quelques temps, le web 2.0 est l'objet de mes attentions. Et force m'est de constater qu'au sein de la grande communauté des surfeurs, il y a des personnes qui ressortent.

C'est donc
à toi que je m'adresse, toi l'hémorroïde du net, accrochée obstinément à son organe à vidange que sont les blogs, toi qui tente à tout prix de te faire passer pour un chantre du bon goût quand tu n'en es qu'un chancre, un parasite, bouffi de suffisance et de cynisme comme d'un pus que tu te complais à faire gicler au visage de l'innocent qui vient, blanc et pur comme l'agneau qui vient de naître, soumettre à ton approbation le fruit d'un dur labeur de réflexion, lui dont la seule tare à tes yeux est d'avoir osé pensé que son travail, ses idées, voire son être était digne de t'être offert en quelques lignes, quelques lignes pour lesquelles il a sué sang et eau, pour te montrer sa fragilité, son désarroi face à ce monde, quelques lignes que tu bazardes d'un commentaire mordant et méprisant l'invitant à se torcher la merde qu'il a dans les yeux parce qu'il n'a pas comme toi une vision désabusée, déjà morte du monde dans lequel on vit, qui est la seule qui t'es acceptable, car la seule qui te décharge de la responsabilité d'avoir raté ta vie.

Toi qui conchies la télévision que tu ne regardes même pas, sauf Arte bien sûr, sans doute pour une sorte de nostalgie nauséabonde que fait naître en toi l'écoute d'une voix off blonde à l'accent germanique, qui souhaite le cancer aux gens qui réussissent à percer à la Star'Ac alors que depuis deux ans, tu n'as eu que deux cent visites sur le Myspace de ton groupe de metal-hardcore-punk-grind qui ressemble comme deux bouteilles de Kro aux deux mille autres groupe de metal-hardcore-punk-grind qu'on trouve dans ta région et en rejette la faute sur la connerie du public.

Toi dont le seul titre de gloire est d'avoir poussé à l'effacement d'un forum que tu fréquentes un pauvre garçon à l'émerveillement gamin devant un petit animal égaré dans le métro, tout ça parce qu'il avait commis le crime abominable de se tromper et de l'appeler « musareille », toi
qui te vautres dans la fange de la moquerie facile et de l'enfoncement d'autrui, toi qui n'as que la jalousie pour façonner ton traitement du monde, que ton sentiment de rebelle de canapé pour vomir sur ton pays dès que tu en as l'occasion, que ce soit sa politique ou le niveau de son équipe de foot, et qui malgré cela cherches toutes les occasions de vomir sur ton voisin, que ce soit pour sa cuisine, sa culture ou son gouvernement, toi qui conchies les chacals qui manquent de respect aux artistes morts de mucoviscidose tout en souhaitant un cancer aux enfants des gens qui n'ont pas le même jugement que toi sur un sujet aussi important que Facebook ou le foie gras.


Toi, je t'aime.

Regroupons-nous, et tous ensemble, luttons contre les bisounours qui mouillent leur froc à l'idée d'émettre un pet de pensée dépassant d'un poil la limite de la morale petit-bourgeoise qui veut qu'il y ait du bien dans tout, qu'il faut respecter même les gens qui n'ont pas la même idée parce que si y'a d'autres gens qui le pensent, ça doit pas être si mal que ça, que tout se vaut, qu'
il ne faut pas juger de peur d'être jugé, écrasons le ventre mou du politiquement correct, arrachons avec les dents la tumeur de la bien-pensance, celle qui tolère la médiocrité au nom du plus grand nombre, renfonçons dans la gorge des faibles leurs trémolos sur la douleur de devoir prendre le métro, coupons les couilles des pleureuses prises en otage par les grèves, mélangeons la politique là où elle n'a rien à y faire, et faisons bosser les modérateurs.

Amis trolls, à vos postes !
Unis, nous serons les plus forts !


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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 15:42

Une fois n'est pas coutume, revenons en arrière : en mai 2007, la France se choisissait un président. Certains n'étaient pas contents, et, en vils agitateurs gauchistes qu'ils étaient, allèrent manifester (bouuuh !).

Parmi eux, le coloc de mon petit frère et de ma petite soeur.

En pleine manif, voilà-t-y pas que ce dangereux activiste se jette sur une jeune fille pour sauvagement arracher le chien qui se cramponnait de toutes ses mâchoires à la cuisse de ladite demoiselle, écartant au passage la fliquette sans doute quelque peu fatiguée qui avait lâché ledit clébard sur ladite demoiselle en flagrant délit de fuite devant les CRS, fliquette qui trébuche et se foule le poignet en se rattrapant.

Scandale.

Garde à vue, fouille, pas de dodo, comparution immédiate, deux mois fermes. Sur les conseils des avocats et de la juge de la famille, pas d'appel, à Lyon, avec son juge d'appel tendant un peu à droite (voire un peu beaucoup), il en aurait pris encore plus (ouf, ce juge n'est plus là, apparemment, même ses collègues n'en voulaient plus).


Passons sur le fait qu'il ait attendu pendant pas loin de deux ans de purger sa peine, passons sur le fait que des gens qui ont, le même jour, traîné un flic par terre ont cependant pris moins que lui, passons sur le fait que des types du même âge que lui qui fauchent et brûlent deux bagnoles en état de multirécidive prennent moins que lui (un mois ferme), passons tout ça et venons-en aux faits : pour ceux que ça intéresse, ça y est, il purge enfin sa peine bien méritée de fouleur de poignet de flics, étranger de surcroît (y'en a quand même, on se dit qu'ils le font exprès).


Il a quand même réussi à obtenir un bracelet électronique. Ouf. Parce que je le voyais mal en prison, il serait du genre à proposer en toute innocence de ramasser la savonette de son voisin de douche. Il est trop gentil, ce garçon, ça l'a perdu une fois, il aurait plus manqué que ça le perde une de plus.

Donc, depuis une dizaine de jours, il est chez lui avec son bracelet, il a le droit d'aller en cours et en partiels et de revenir.


Ca a l'air un peu merdique, quand même, le système du bracelet électronique. Ca pollue les communications téléphoniques (oui, parce que ça se branche . Ma petite soeur avait la voix de Stephen Hawking.

En plus, il paraît qu'ils sont sur écoute. Que nos conversations sont donc épiées.

Au moins, ça permet de faire des super blagues au téléphone : on parle de préparations d'attentat, histoire d'attirer l'attention des gens, puis on parle d'eux. On lance des appels, par exemple « si vous avez un cousin ou un ami chauffagiste à Paris, vous avez mon numéro, hésitez pas, j'ai froid ». On rigole bien. On espère distraire un peu les écouteurs, parce que ça doit être ennuyeux, alors on chante « pipi caca cucul zizi, sont mes quatre mots chériiiiis, zizi pipi cucul caca, je n'en démords pas ». J'espère qu'on a été écoutés. On s'est donné du mal pour ces malheureux, quand même. Parce que sinon, c'est discussion de parcours universitaire avec mon petit frère, c'est pas passionnant. Ou de mes soucis de chaudière. Ils savent tout sur ma chaudière, l'aiguille du thermomètre qui couille, les brûleurs qui veulent s'éteindre que quand il y a un plombier qui va passer histoire de faire genre on est des gentils brûleurs qui s'éteignent quand ils ont assez chauffé, alors que c'est des mensonges abominables, aussi vilains que ceux des vilains policiers qui prétendaient qu'il avait roué de coups la fliquette une fois à terre.

Oups, j'y suis revenu.


Bref.

Enfin, après pas loin de deux ans, on va pouvoir espérer mettre un point final à cette histoire qui me paraît encore plus idiote et injuste deux ans plus tard.


Mais bon, continuons de faire confiance à la justice de notre pays, les juges, y'en a des biens. Juste faut tomber dessus.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 21:42

Joie. J'ai fini la plupart de mes partiels, il me reste une demi-heure (en deux fois. C'est l'oral).

C'est bizarre, les gens qui font les sujets d'examens. Non, parce qu'on se dit, t'sais, on nous a rabâché quatre mois durant des structures grammaticales es-sen-tielles, que les chinois utilisent sans même y penser tellement que ça fait chinois et qu'ils sont chinois, comme nous on utilise la proposition subordonnée relative, et là, sur dix phrases et cinq paragraphes, on a compté à plusieurs, on pouvait l'utiliser une fois, et encore pas obligé. J'aurais su, j'aurais passé cet exam l'an dernier, comme ça je serais encore plus en vacances et j'aurais pu aller au mariage de ma frangine.

Bon. Ce qui est fait est fait.


En fait, le plus dur aura été de se lever pour être à 8h30 à la fac. Chuis plus habitué.

Je crains que ça ait influé sur mon devoir de civilisation. Parce que j'ai un humour encore plus naze quand je suis naze, et là j'étais naze. En fait, je le suis encore. Du coup, je vais stocker là en souvenir des bouts de mon devoir, qui était un commentaire du 23ème chapitre du Xunzi, que le gars c'était un confucéen, les confucéens ils sont gentils, qui apparemment était le maître de Han Fei, qui allait devenir un légiste, les légistes c'est des méchants. J'espère que c'est ça, sinon y'a un chef d'orchestre hollandais fan d'Elton John qui va m'entendre.


Enfin. C'est un peu une expérience. Pour vérifier si je suis bien aussi consterné demain que je pense déjà que je le serai.


Voilà donc des morceaux, hum, choisis. Ca m'a presque fait rire en les écrivant, pour vous dire comme j'étais naze (je prends les devants). Et en même temps, j'essayais de faire un truc vaguement sérieux, parce que j'aimerais bien ne pas avoir à repasser cet exam.


Mon dieu, je vais m'autociter, rien que l'idée de mettre des guillemets devant mes phrases immortelles, ça me colle un frisson dans la prostate.


« La pensée chinoise n'a jamais été plus riche et plus vivante qu'au temps des Royaumes Combattants, où il semblait qu'on ne pouvait pas faire un pas sans tomber sur un sage cherchant à proposer ses services à un des multiples seigneurs en vue de l'aider à réunifier la Chine sous sa coupe grâce à ses conseils éclairés. »

[...]

Le postulat de Xunzi sur la nature humaine n'est guère ambigü : elle est mauvaise, et le mauvais, c'est pas bien, donc c'est à corriger.

[...]

Pour Mencius, la nature de l'homme est bonne, pour ce qu'on en sait, Confucius s'en fiche (en tous cas, il n'en fait pas mention dans ses Entretiens », quant aux taoïstes, leur point de vue est sans doute que la nature de l'homme est naturelle, ni bonne ni mauvaise, de toute façon la dualité bon/mauvais est un artifice humain qu'ils ne peuvent pas accepter dans leur quête d'unicité (je conçois que ma vision du taoïsme est un peu caricaturale, en même temps, le peu de personnes que j'ai rencontrées qui se réclament du taoïsme sont elles-mêmes caricaturales, mais je m'éloigne du sujet)

[...]

Ce conservatisme rigide, cette philosophie cabrelienne du « c'était mieux avant » est partagée par l'ensemble des penseurs confucéens pour qui les pets de n'importe quel souverain des Zhou embaumaient la rose et le romarin.

[...]

Xunzi est quand même plus gentil que les légistes, dans le fond.

[...]

Il est passionnant de constater qu'une simple divergence de vue sur la nature humaine a fait éclore dans un esprit confucéen amoureux de la vertu et de la justice les germes d'une philosophie qui fera naître un des modes de gouvernement les plus injustes et cruels qui soient, à savoir l'état totalitaire et policier des Qin.

C'est ballot quand même. »


Mon dieu.

Je préfère ne même pas relire, je crois que je me mettrai à pleurer.

Enfin bon, un blog, c'est fait pour se retourner sur le passé et pouvoir dire « je ne suis plus le crétin que j'étais », enfin j'espère, et cette note sera là pour témoigner de ça. Peut-être.

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 22:42

Le sexe.


Non mais franchement, je veux dire, quoi de plus irrationnel que le sexe ? Passer des heures d'efforts et dépenser un gros paquet de pognon (ou juste dépenser un gros paquet de pognon, hein) en cadeaux, fringues affriolantes, restaurant, chambres d'hôtel, alcool ou GHB, tout ça juste pour se masturber en ahanant à l'intérieur de quelqu'un (ou autour de quelqu'un) qui sue et produit des bruits inconvenants tout en émettant des liquides collants, c'est vraiment quelque chose que je ne comprends pas.

 

Alors bien sûr, j'en trouverai parmi vous un paquet pour tenter de me faire une liste des avantages, histoire de se convaincre qu'ils ont des raisons valables de se comporter comme des animaux : si vous êtes un mec de particulièrement bonne foi, vous me direz que ça permet de s'endormir facilement après une dure journée de labeur, par exemple.

Mouais.

Une bonne camomille permet le même résultat, avec nettement moins d'investissement, et sans que vous ayez à vous préoccuper de savoir si votre tisane a apprécié vos coups de touillette.


Si vous êtes une fille, vous arguerez du fait que ça vous permet de mettre des mecs à votre botte sans avoir à faire des études (qui de toute façon ne sont pas pour vous autant gages de réussite sociale qu'un mec) ou dépenser du fric. Ouais, c'est pas faux. Si vous voulez vraiment risquer votre vie pour ça, quoi. Parce que bon, avec le sexe, faut pas oublier qu'en plus de ses désagréments esthétiques indéniables déjà cités, il y a toujours le risque d'attraper un bébé. Et qu'un bébé, ça vous bouffera tout le reste de votre vie, même si vous avez un grand congélateur, il y a toujours le risque que quelqu'un l'ouvre et vous dénonce aux autorités. Et même si ça vous donne un moyen de pression sur le mec qui vous l'a collé, vous serez malgré tout la première à en pâtir.


Ce qui ne veut pas dire que vous, les gars, vous en tirerez sans souci, hein. Non seulement un môme volera le fruit de votre travail, mais en plus il vous privera de ce passe-temps qui l'a mené à l'existence, parce qu'il faut pas le réveiller le pôvre chou, puis en plus faut reconnaître que la grossesse réussit rarement aux femmes, entraînant une modification durable de la forme et de la consistance de la personne qui vous avait plu au départ.


Est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle ? Soyez un peu honnêtes avec vous mêmes, essayez de regarder plus loin que votre conditionnement par la société de consommation qui vous abêtit encore plus que ne le font vos gènes de sous-humains.


Le sexe, c'est salissant, on risque d'attraper des maladies ou des foetus, si par cruauté mentale (ou par paresse, pour ne pas disperser ses efforts et son argent), on s'accroche à un seul partenaire, on doit se coltiner les représailles typiques que sont les soirées foot ou le shopping du samedi, manière inconsciente de dire « on aurait pu n'être qu'un coup de passage, ç'aurait été mieux pour nous deux, mais puisque tu l'as voulu, tu vas payer toi aussi » (inconsciente, pare que la société nous a conditionnés à croire que c'est ce qu'on voulait pour de vrai).


Tout ça pour un échange de fluides visqueux, antihygiéniques, qui salopent les draps et dégradent (ou devraient, en tous cas) tout amour-propre qu'on aurait pu avoir parce que la peur de la solitude, l'envie de détente, de promotion sociale, ou le besoin de faire comme tout le monde sont des motivations quand même bien minables, et quoi qu'on essaye de se dire, il n'y en a pas d'autre.


Le sexe, c'est vraiment pour les ratés.

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 17:42

(Quoi de plus logique que de recycler un article sur le développement durable paru sur un autre site ?)


C'est enchaîné dans une cave corpopétrussienne, sous la menace d'un fouet manié par [Vous ne le connaissez pas], que je dicte ces mots à sa secrétaire lubrique qui a accepté de m'ôter le bâillon rendu graisseux par les glaires qui me remontent dans la gorge dès que j'essayais d'inspirer par le nez pour éviter les remugles animaux qui montent de leur chambre à coucher où ils m'ont enfermé.

AAAAAH NON, [Vous ne le connaissez pas] PAS LES COUILLES, OUI, J'EN VIENS AUX FAITS pardon pardon snirrfl (c'est bon [Vous ne la connaissez pas], pas la peine de tout prendre en note).


Tout ça parce que j'ai voulu l'envoyer chier (1) quand il m'a demandé un article pour la semaine du développement durable [sur un site que vous ne connaissez pas]. Si j'avais su...


Je ne voulais pas le faire. Durable, ça fait partie des mots « in » en « able », qui, aux côtés de biodégradable, soutenable, responsable (2) et équitable a pris le dessus sur les mots en « isme » comme capitalisme, communisme, fascisme ou tantrisme et qui me gavent grave. C'est un effet de mode, ça passera, et laisser BIIIP tomber dans les travers de la BIIIIP, ça me restait un peu en travers de la gorge (3).


De plus, j'ai de très mauvais souvenirs liés au développement durable, vu que j'ai suivi pas mal de cours dessus. Bon, maintenant, je suis capable d'en donner la définition exacte, hein ! Le développement durable, c'est un modèle de développement qui permet de répondre aux besoins d'aujourd'hui sans mettre en péril ceux de demain. En gros, donc, on emploie des gens et on exploite les ressources suffisamment pour que tout le monde vive bien mais en faisant gaffe à pas trop prélever pour que nos gosses puissent en faire autant (4).


Et il leur fallait un mot pour ça ? On paye vraiment des gens pour théoriser là-dessus ? Enfin, je veux dire, c'est un peu évident, ce truc. Du bon sens, quoi.


C'est vrai, quoi, c'est vraiment pas sorcier, le développement durable c'est le retour à Pocahontas, sauf qu'on se sent moins obligé de s'excuser auprès de frère bison de devoir lui trancher la gorge, ou de remercier frère arbre de nous fournir de quoi fumer notre poisson qu'on aura pris soin de de prélever au MSY, soit Maximum Sustainable Yield, i.e la biomasse la plus grande sans que la projection sur la droite de Schaeffer ne démontre de diminution subséquente du stock et en tenant compte des externalités d'encombrement négatives impliquées par la multiplication de l'effort de pêche dû au comportement non-coopératif des exploitants, ainsi que des externalités de stock inhérentes au caractère soustractif de la ressource halieutique, le tout afin de maximiser les profits tout en restant dans des efforts inférieurs au Emsy. C'est pourtant simple !


Je ne vois vraiment pas pourquoi on se casse à payer des chercheurs pour mettre en forme des évidences pareilles, ça me fout en rogne, déjà qu'on a plus assez de sous pour remettre nos banques à flot.


[Où va le monde, je vous le demande. De toute façon on est déjà foutus, les signes annonciateurs de l'apocalypse se sont déjà annoncés de par le monde, les vierges pleurent des larmes de sang, des pangolins cyclopes naissent un peu partout dans le monde, les joueurs de foot sont mieux payés que les handballeurs ou les infirmières, la bière sans alcool gagne du terrain, Tom Cruise danse sur du gangsta rap en laissant dépasser les poils de sa chemise, et Dragon Ball est adapté par le cinéma hollywoodien](5)


(1) Enfin, j'ai essayé de lui dire « non mais, tu sais, je dois préparer un truc super important pour la BIIIIP, j'ai pas trop de temps, là... », il l'a mal pris

(2) Enfin, celui-là, avec « mais pas coupable », il est à la mode depuis un moment
(3) Ouais, enfin, voilà, quoi
(4) Plus exactement, « Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs »
(5) Ce dernier paragraphe est là pour développer cet article et lui permettre ainsi d'être publié et de rester durablement dans les archives.
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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 19:42

Faut-il faire des gros câlins à Bernard Werber, ou le brûler en place publique, tout en lardant son corps de clous de girofle et en lui faisant subir un écartèlement à la Scaramouche (1) ?


La question, ainsi posée, peut paraître grotesque. Il n'y a pas grand chose qui tendrait à nous faire renoncer à une bonne vieille exécution en place de grève, si ce n'est que la place est occupée par le marché du dimanche. C'est bien dommage, d'ailleurs, les exécutions publiques avaient bien des avantages, économiquement c'était que du bonus pour les vendeurs de saucisses dans un petit pain, de corde de pendu ou les locataires de balcon autour de la place, puis en plus, ça excitait la ribaude qui se laissait volontiers culbuter dans les arrières-cours, voire discrètement au milieu de la foule.


Malheureusement, la télé-réalité est passée par là, et les gens se sont mis à préférer les vocalises volaillères de minettes en jupette qu'on peut même pas monter dans sa chambrette, dominominette.


C'est un tort subi par la population, auquel il faut apporter la réponse appropriée : la restauration.

Et qui de mieux pour relancer cette bonne vieille tradition que Bernard Werber ?


En effet, il semble qu'il soit la victime idéale pour ce genre de petit exercice matinal : en ces périodes de fête où l'on se rappelle que le SDF est moins adapté que le caribou moyen à la vie au grand air, et qu'on les voit transhumer par centaines dans les couloirs du métro, n'est-il pas d'un esprit particulièrement pervers de se montrer souriant à pleines dents dans ces mêmes couloirs, proclamant à qui veut le voir « je suis chauve et je suis plus riche que vous parce que j'écris des livres alors que vous cherchez un vrai travail et que vous en trouvez pas » ?


Alors certes, vous pourrez me dire, ça vaut pour Marc Levy et Guillaume Musso, qui tous deux ne rechignent pas non plus à montrer leur vilain museau satisfait à l'échelle 4/1.


C'est pas faux, mais eux au moins ont la décence de ne pas être chauves et de ne pas prétendre faire de la philosophie, voire de la science-fiction, qui ne mérite pas ça nom d'une pipe en bois. Parce que j'en connais des profs de philo qui pleuraient de frustration d'entendre le nom du ptit Nanard quand ils demandaient à leurs élèves s'ils avaient lu de la philosophie. Et les profs, c'est sacré (sauf M. D., instituteur pétainiste qui traumatisa bon nombre d'élèves de CE2 à l'école André Chénier de Rabat au début des années 90), j'en ai trop dans la famille pour dire le contraire.


Est-ce suffisant pour vouloir lui faire subir les derniers outrages par un hippopotame enragé sur un lit de braises ?


Sans le moindre doute, car il n'y a en fin de compte rien de tel que le snobisme de l'élite pour se sentir vivre, et moi j'aime me sentir vivre, et Bébert est si manifestement peu l'élite qu'il ne peut que se prêter à tous les traitements que les gens de bon goût peuvent vouloir lui accorder.

De plus, il plaît aux ados. Et qui d'autre plaît aux ados ? Tokio Hotel, Michael Youn et Cauet.

La honte, quoi.


Enfin bon, si vous ne voulez pas le châtrer avec une mâchoire de renard trouvé dans la forêt, vous pouvez vous contenter de ne pas le lire.(2)


(1) Au lieu de tirer les bras d'un côté et les jambes de l'autre, on fait tirer les chevaux dans la même direction (en bloquant au niveau des hanches, bien sûr), sinon l'élasticité des membres et la résistance des nerfs empêche que ça marche. Pour plus de précisions, lisez donc Hautes Oeuvres de Simon Hache.

(2) Sinon, je vous pointerai du doigt en faisant « HA ! HA ! ». Au moins.
(3) Tiens, je me relis, et c'est aussi mauvais et décousu que du Marc Levy. Je devrais prendre contact avec un éditeur.(4)
(4) Ha ouais, je sais, j'ai oublié de mettre un (3) dans le texte. Pas grave.
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 22:42

Préambule : Ce petit hommage à Gilbert Delahaye date un peu. En fait, c'est parti d'une discussion avec des camarades de cantine au Québec, sur les fantasmes cachés de cet auteur majeur de notre enfance. Gilbert, si tu me lis de là-haut, excuse moi.

Et les enfants, ne lisez pas, c'est sale.



*****************************************



Ce matin-là, Martine fut réveillée par une violente douleur dans le bas-ventre. « Oh la la, mais que m’arrive-t’il encore ? » se demanda-t’elle. En se levant, elle constata qu’un liquide brunâtre et malodorant souillait ses jolis draps bleu ciel. « Je ferai mieux d’en parler à maman », se dit-elle.

Maman était en train de déjeuner, quand Martine fit son apparition, pâle et échevelée.


-Maman, maman, j’ai mal au ventre, et ça coule entre mes jambes !

-Tu as déjà tes premières règles, ma petite chérie ?

-Je ne crois pas, maman, ce n’est pas comme ça devrait, regarde !

-Oh oui, en effet…Je t’amène tout de suite chez mon gynécologue, le docteur Grandcœur. Il est très gentil… T’ai-je déjà dit que c’était peut-être ton papa ?

Martine réfléchit, puis secoua la tête. L’idée d’un autre papa lui plaisait bien, ils étaient tous gentils avec elle : Jean le jardinier, son oncle Michel, monsieur Cadichon, le directeur des soupes Cadichon où sa mère avait été secrétaire, le père Anselme, Jean-Marc le facteur, Jean-Luc le réparateur de télévision, Jean-Louis le plombier du village, et tous les autres… Tous lui offraient de jolis cadeaux quand ils lui rendaient visite, et elle s’amusait bien avec tous ses « grands frères » et sœurs qu’ils amenaient, leurs autres enfants à eux.


Comme il était encore tôt, le docteur Grandcœur les reçut tout de suite.

-Bonjour Martine ! Je ne pensais pas te voir comme cliente de sitôt !

-J’ai bien peur que ce ne soit pas ce que vous pensez docteur, dit la maman de Martine. Je crois qu’elle a une blennorragie. Je t’avais pourtant dit de faire attention quand tu joues avec les garçons du quartier des Bleuets ! Tu ne sais pas avec qui ils traînent…

-Laisse, Micheline, je vais m’occuper de l’examiner…Assied toi sur ce fauteuil, Martine et écarte les jambes.

-Comme quand on joue au docteur avec le cousins Mathieu et Julien ?

-C’est ça…

Le docteur Grandcœur fronça les sourcils. Il préleva un peu de liquide qu’il observa avec un grand microscope. Il appela Martine et lui montra les petites bêtes qui grouillaient sous la lentille.

-Ma petite Martine, je suis formel, tu as une gonorrhée. On reconnaît parfaitement les gonocoques. Je me demande où tu as pu attraper ça, personne ne l’a dans le village, que je sache… Je vais appeler le papa de Mathieu et Julien.

-Dites, docteur Grandcœur, intervint la maman de Martine, ça met combien de temps à se manifester, cette maladie ? Parce qu’on a fait une petite fête il y a huit jours, et je crains que Monsieur le Maire et les conseillers municipaux ne soient atteints…

-Ne vous en faites pas pour eux, ils sont immunisés, depuis le temps… Je me ferai plus de soucis pour ses camarades de classe. Mais pour le moment, le plus important est de remonter à la source.


Après avoir appelé les cousins de Martine et ses camarades habituels et constaté qu’aucun d’eux ne présentait de symptômes alarmants, le docteur Grandcœur se gratta la tête.

-Je ne comprends pas d’où ça peut venir…Enfin bon, j’espère que le pharmacien n’est pas à court de pénicilline, il va avoir de la demande… Etant donné la période d’incubation de la maladie, il va y avoir du monde chez lui. Tu dois être malade depuis plusieurs semaines… Je me demande vraiment où tu as attrapé ça.

A ce moment-là, ding-dong, la sonnette de l’entrée retentit, et une jolie femme dodue à la chevelure blond platine entra et posa son manteau de fourrure sur le portemanteau.

Martine reconnut Madame Rose, une collègue de Maman.

-Dis-donc, Rémi, dit-elle en s’adressant au docteur Grandcœur, je crois que j’ai chopé ma première gono depuis cinq ans… Ca doit être ce camionneur marseillais du mois dernier, j’ai pas eu de clientèle étrangère depuis… Oh bonjour Micheline, je ne t’avais pas vue ! Tu es venue avec Martine aujourd’hui ? Ca tombe bien, j’avais quelque chose à lui dire… Martine, si je me souviens bien, je t’avais prêté mon godemiché le mois dernier ? J’aimerais bien que tu me le rendes…


Martine rougit, elle avait complètement oublié ce prêt, et avait dû laisser l’objet dans le grenier quand elle avait joué avec la dernière fois…


-Ca y est, s’écria soudain le docteur. Le mystère s’éclaircit enfin ! Rose, ajouta-t-il d’un ton sévère, tu devrais nettoyer tes affaires après les avoir utilisées. Martine a attrapé ta maladie par ta faute, la pauvre petite ! Enfin bon, le mal est fait. Martine, tu devras passer chez moi te faire faire une application de pénicilline en pommade tous les matins, avant d’aller à l’école. Et ne joue pas avec les garçons pendant un mois au moins. J’écrirai aussi à ton instituteur, sinon il risque de ne pas t’écouter.


« Que c’est dur d’être malade », pensa Martine. « Enfin bon, un mois est vite passé… »

Et puis, elle savait s’amuser toute seule…



 

(merci à Mélina pour l'image)


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