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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 21:42

Ce qu'il y a de bien, avec un blog, c'est que grâce à ça on peut dire du mal des gens qui tiennent notre vie entre leurs mains sans qu'ils le sachent, un peu comme dans la vraie vie, mais potentiellement à beaucoup plus de monde, dont une très grande proportion qui s'en fout.

Alors je parle pas de patrons ou quoi, hein. Non, je parle de profs.

 

Parce que mine de rien, hein, les profs, c'est de un vachement influent dans la suite des études qu'on va continuer pour éviter d'entrer dans la vie active qui est le début de la fin de la vie (parce que bon, quoi, elle est inactive ma vie, là ? Je tiens un blog, je vous signale, bordel à cul ! C'est plus intéressant que de rester planté devant un ordinateur à un bureau qu'est même pas chez soi et qu'il faut rendre dans l'état dans lequel on l'a trouvé en rentrant, ho), de deux (oui, regarder, il y avait un de un un peu plus haut), de deux donc, un prof, c'est prouvé, c'est susceptible. Donc, l'anonymat du blog est super confortable pour la médisance.

 

La preuve : je vais dire ici même du mal d'un professeur de ma fac, sans que je sois traçable (haha, Francis, c'est un pseudo !) et sans nommer ce professeur, parce que bon mon anonymat est malgré tout saboté par quelques personnes inconséquentes. Du coup, c'est carrément plus discret que médire dans la cour de la fac, assis sur la pelouse entre les crottes de chien et les mégots, à boire un chocolat viennois sous une chaleur tropicale.

 

Bref. Tout ça pour dire que quand même, des fois, on se dit, les profs, y'en a des qui exagèrent.

Genre, par exemple, ceux qui te disent que le niveau de la classe est lamentable, et qu'on n'aura pas de diplôme-cadeau, et qu'il faut pas s'attendre à ce que la difficulté des partiels prennent en compte le fait qu'on a eu douze semaines de grève (ici, il me faut signaler que la mauvaise foi dont je fais preuve, vu qu'on a eu des rattrapages après je sais plus combien de temps mais moins de douze semaines, fait partie du jeu : c'est mon blog, c'est moi qui raconte, manquerait plus que ça, de l'honnêteté intellectuelle. On est pas chez Cauet, ici.).

 

Du coup, on est pas surpris de se dire à la sortie des partiels, pfiouloulou ptain ça déconnait pas. Sauf que.

On voit ensuite, sur la copie du partiel de l'an dernier qu'une élève s'est procuré, que l'an dernier, c'était plus la fête du zlip dans les amphis.

 

Qu'est-ce qu'ils avaient à traduire, nos prédécesseurs ?

« le vase qui est sur la table », « ne pas réussir à joindre Xiao Li au téléphone », et des phrases du type « j'habite en France, mon père est chinois et ma mère aussi, quand je suis allé dans le village de mes grand-parents je ne parlais pas chinois et je ne pouvais pas discuter avec les autres enfants ».

 

Nous, qu'est-ce qu'on a eu ? « Les diplomates qui n'ont pas l'habitude de faire les choses conformément à la loi » (déjà, les clichés, en plus), « se concerter avec les collègues pour voir comment choisir un représentant », et des phrases du type « Depuis l'Antiquité, les gens ont tué et mangé on ne sait combien de coqs, peut-être un nombre supérieur à celui des étoiles du ciel, cela n'a pas empêché le soleil de continuer à répandre chaque jour sa lumière et sa chaleur sur le monde ».

 

Alors quoi, j'veux dire. Et le fait que ce ne soit pas le même professeur qui ait rédigé l'examen de l'an dernier n'est pas une excuse. On nous dit « on veut pas donner des diplômes au rabais » mais bon, ils le faisaient l'an dernier sans qu'il y ait de grève. Nous, on a donné de la voix en manif, on les a mérités, nos diplômes au rabais, nom d'une pipe !

 

C'est vraiment trop injuste.

 

Enfin bon, on verra bien les résultats.

J'espère qu'ils compteront pas faux une traduction de "si tout le monde faisait comme toi, est-ce que les librairies dans le monde pourraient-elles continuer à exister ?" sans faute de chinois.

 

Sinon, le côté rigolo de l'histoire, c'est qu'on risque d'avoir à passer les partiels de rattrapage avant d'avoir les résultats, au cas où, parce qu'ils sont juste très bientôt, et qu'on n'aura pas les notes avant. Du coup, on a peut-être (notons quand même l'hypothétiquité de la chose) réussi nos partiels, mais pas le droit d'aller en vacances que quand même, on a bien mérité, avec toutes ces manifs crevantes. Quand même, hein.

 

J'veux dire.

 

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 15:42

Ces derniers temps, je me surprends à prendre plaisir à faire des comparaisons qu'on pourrait, avec un esprit un tant soit peu politiquement correct, qualifier d' "inappropriées". J'aime bien rappeler que l'accident du vol Air France Machin, aussi dramatique soit-il, n'est après tout qu'un fait-divers, et que même si ça n'en diminue pas la douleur des familles, ça n'a après tout qu'un intérêt très limité, et qu'on a vachement moins parlé des essais nucléaires de la Corée du Nord, qui risquent d'avoir un impact un chouïa plus important sur l'avenir du monde.

Hum.

Je me rends soudain compte que cette comparaison n'est pas aussi inappropriée que je le pensais, mais tant pis, j'arriverai quand même là où je voulais en venir, même si le lien n'est pas aussi flagrant que je l'aurai voulu. Voilà donc la question : comment se fait-il que la société admette moins facilement la mort d'un bébé que celle d'un vieux ?

 

En effet, je ne sais pas ce que les gens ont avec les bébés (1), mais quand ils en voient un mourir, tout de suite c'est le drame, ça pleure dans les chaumières, et pour peu que ce soit le parent du môme (sans lequel, rappelons-le, l'enfant n'existerait de toute façon pas) qui l'ait mis au congélo, les plus farouches humanistes se sentent pousser des piques au bout des bras et vont réclamer le retour de la guillotine, alors que quand c'est un vieux qui meurt, on entend les mêmes dire « ha ba son heure était venue, hein »  « C'est bien triste mais il fallait s'y attendre », et autres réflexions désabusées (au pire, on entendra même des « C'est mieux pour lui » ou « Il est mieux là où il est » ! On croit rêver).

 

Pourtant, il me semble que la mort d'un bébé est bien moins dramatique que celle d'un vieux.

Alors certes, le vieux est peu esthétique, tout ridé, il sent mauvais et ne contrôle pas ses sphincters. Mais le bébé non plus, et en plus, il ne sait pas parler.

Ceci dit, ce n'est pas ça qui me fait dire que la mort d'un vieux devrait être plus triste que celle d'un bébé.

 

Je pourrais jouer au cynique et vous sortir des arguments économiques. Que coûte à la société l'entretien d'un vieux, qui a cotisé des dizaines d'années pour sa retraite, par rapport à celle d'un enfant, qu'il faudra éduquer, soigner, et qui n'apportera sa pierre à l'édifice qu'après deux bonnes dizaines d'années ? Si quelqu'un a des chiffres, je serais curieux, tiens. Mais je n'ai que peu de doutes sur le résultat final.

 

Mais j'ai beau avoir un esprit souvent mal placé, mon propos n'est pas là. (d'ailleurs, je ne pense pas que l'argument économique puisse être une justification pour quoi que ce soit, j'ai une morale assez généreuse de l'argent des autres). Non, mes arguments sont d'ordre plus socio-évolutionniste.

 

 

Un vieillard qui meurt, disait Amadou Hampâté Ba, c'est une bibliothèque qui brûle. Et en effet, pour chaque vieux qui disparaît, ce sont des milliers d'expériences, d'images, de souvenirs qui s'éteignent avec lui, et qui seront à jamais perdus pour l'humanité.

 

Mais un bébé ?

Un bébé, c'est vide. Culturellement parlant, je veux dire, et l'avancée de notre espèce se fera par la culture ou ne se fera pas. Ca n'a rien dans la tête, un bébé, ça n'a rien expérimenté, rien amené à l'espèce, ça n'aura rien à regretter, en bref sa disparition ne sera que celle de potentialités irréalisées. Un peu comme un ticket de loto perdu, on se dit zut, on aurait pu gagner des millions, mais les probabilités sont fortes pour que ce soit de l'argent gâché de toutes façons.

Ce qui ne dit pas qu'il ne faut pas continuer à jouer, hein ! Il y a des gagnants malgré tout, et heureusement. Mais pour un bébé qui deviendra un Edison, un Picasso, un Darwin ou que sais-je encore, combien de futurs obèses qui passeront leur temps vautrés devant leur télévision ou internet ?

Puis en plus, à bien y regarder et à tirer la métaphore jusqu'au bout, le bébé, c'est un loto auquel l'espèce peut perdre. Pour quelques millions d'innocents qui naissent, combien d'Hitler qui les élimineront ? Combien de Berlusconi, de Marc Levy, de Max Pécas, de Bernard-Henri Lévy (2) en puissance qui gâcheront la vie des autres ?

 

Au moins, avec les vieux, on sait à qui on a affaire. Ils ne présentent pas le risque d'évoluer en quelqu'un d'abominable, s'ils l'ont été au moins ils sont moins en état de nuire que dans la force de l'âge, et ils peuvent servir de mémoire vivante, d'exemple (il est important de pouvoir se confronter à un vieux con pour pouvoir se dire « je veux surtout ne jamais devenir comme ce vieux con » et ne pas devenir un vieux con, c'est moins bien que de devenir quelqu'un de vraiment bien mais c'est quand même déjà pas mal). Et si c'était des gens bien, on peut encore prêter attention à ce qu'ils disent, à leurs opinions sur l'actualité et comment il faudrait faire pour arranger tout ça (bon, on en trouve peu, mais même).

 

Alors qu'un bébé n'apportera jamais rien au concert des nations. Parce qu'il est trop petit et ne sait rien faire (sinon babiller de façon charmante mais lassante au bout de trois minutes).

 

Enfin bon, malgré ça, reste que la mort d'un vieux, c'est normal, c'est la nature. Alors qu'un bébé qui meurt, ça l'est aussi, mais c'est le côté de la nature dont on espérait le plus s'être défait. Pourquoi, je ne le sais toujours pas (1).

 

  1. (1) en fait si, je le sais parfaitement.

  2. (2) Tiens, ça fait deux Lévy. N'y voyez pas de traces d'antisémitisme, j'avais pas pensé à Bernard-Henri avant que cubik ne me le rappelle)

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 22:42

Se laver les dents

C'est bien embêtant

Mais

Avoir les dents jaunes

Ça n'est pas bien beaune.

 

Voilà.

C'est ce que j'ai réussi à faire de mieux pour répondre à un concours de poésie d'un magazine de dentistes. Un concours de poésie pour la promotion du brossage de dents.

Le mot beaune n'existe pas, mais c'était pour la rime. En poésie, on a le droit de rajouter des lettres au bout des mots, pour la rime. Enfin, en poésie moderne. Ou en vieille poésie respectable faite par des gens morts et souvent homosexuels mais pas obligé.

Malheureusement, cette poésie est trop récente et je ne suis ni assez mort ni assez homosexuel pour que ce soit une poésie respectable. Elle date de hier soir, quand je me brossais les dents, dans ma salle de bains rose, au dessus de mon évier rose. Et j'ai peur qu'elle soit trop moderne pour un journal de dentistes, avec un mot inventé dedans, fût-ce pour la rime. Les journalistes de journaux de dentistes sont un peu frileux avec l'art, je crois. Ou c'est peut-être une idée que je me fais. Je me dis que dans un journal de dentistes, qui sont des gens respectables, les journalistes ne veulent pas choquer, et l'art moderne choque les gens respectables. C'est même fait pour ça.

Devant l'art moderne, les gens respectables disent « Môn Dieû ! » avec des accents circonflexes là où les gens moins respectables disent « waw, grave. » sans accent circonflexe, mais avec une pointe d'admiration. Et ils oublient la majuscule, parce qu'en mode T9, elle passe pas.

 

Le mieux, ça reste quand même si c'est joli et que ça choque. Là, c'est joli parce que ça rime, et ça choque parce que le mot beaune existe pas sauf en nom propre, et inventer des mots, c'est irrespectueux vis-à-vis des gens respectables de l'Académie Française qui décident quels mots existent, comme pyjama ou bravitude, et l'irrespect, ça choque, comme par exemple dire du mal de Gregory Lemarchal alors qu'il est mort et que du coup, c'est triste.

Enfin, là, cette poésie choque mais pas trop, moins que de se moquer de Gregory Lemarchal, parce que ça dit quand même qu'il faut se laver les dents, et ça c'est consensuel. Donc c'est pas de la poésie moderne mieux.

En fait, pour faire de la poésie moderne mieux, il faudrait dire :


Se laver les dents

C'est bien embêtant
Alors
Qu'avoir les dents jaunes
Y'a rien de plus beaune.

 

Mais ça, ça aurait aucune chance de passer dans un journal de dentistes parce que là, le fond est trop révolutionnaire et pendant la révolution, même si on a mal aux dents, on guillotine les dentistes, qui sont des bourgeois (ils ont des lustres en cristal dans leurs salles d'attente). Et après, on se met des clous de girofle sur les dents et on agite les têtes des dentistes au bout de piques en chantant Ça ira, ça ira alors que quand même, ça irait mieux avec des dentistes. Mais on ne fait pas d'omelette à la prolétarienne sans casser des oeufs. Les oeufs, c'est les dentistes, là.

Et les dentistes sont comme les autres gens, ils n'aiment pas qu'on fasse d'eux de l'omelette au bout de piques.Donc ça passerait sans doute pas. Je vais me tenir à la première version, pour le concours de poésie de journal de dentiste. J'avais pensé aussi à

Brosse-toi les dents

D'arrière en avant

Puis de bas en haut

C'est vraiment du gâteau

 

Mais finalement l'allusion à du gâteau, c'est maladroit aussi, dans un magazine de dentistes, et dans une poésie sur le brossage des dents, il vaut mieux s'en tenir à une audace de forme, parce qu'après tout qui ne tente rien n'a rien, hein.

 

Ne me reste plus qu'à trouver un concours de poésie dans un journal de dentistes, et à moi la gloire et les détartrages gratuits !

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 23:42
En France, il y a quelque chose qu'on aime bien faire, c'est protester. On aime bien râler. En tous cas, il paraît, et en ce qui me concerne, c'est pas faux. J'aime bien râler sur la médiocrité de la société en général, du gouvernement en particulier, et j'aime bien râler sur les réformes, une fois que  j'ai compris de quoi il s'agissait et que c'était pas bien (c'est jamais bien). Mais râler, c'est pas tout. Il faut faire savoir qu'on est pas content, et qu'on voudrait bien que tout ça change, et un peu plus vite, nom d'une pipe. Alors pour ça on a un truc qu'on y est devenu pas mauvais, c'est la grève, assortie de manifestations. Mais il reste un problème, quand même : quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit. Et quand il y a une manif, on râle aussi parce que ça prend les gens en otage et tout et tout, et on veut même pas savoir pourquoi les gens la font. On est devenus un peu blasés de la manif, faut bien dire. Alors on tente des trucs nouveaux : par exemple, les feignants d'enseignants chercheurs font des cours sauvages dans les gares, ou lancent des looooongues lectures publiques de la Princesse de Clèves, ou organisent des évènements comme l'enterrement de la recherche française ou la ronde des Obstinés.


Ça a de la gueule, mais c'est pas super efficace, faut reconnaître. On fait des « Ooooh ! » et des « Aaaah ! » comme devant un feu d'artifice, puis on retourne à son pot-au-feu.


Du coup, y a des gens qui passent à d'autres moyens d'actions un peu plus rudes : récemment, ce sont les séquestrations de patrons par les employés de diverses usines. Là, on en entend parler. Mais le résultat est pas forcément plus brillant : c'est illégal, ça fait du bruit mais ça sauve personne. Dommage. Du coup, on commence à se demander si le terrorisme serait pas la seule solution. On fait péter un grand coup les conseils d'administration des grandes entreprises, le conseil des ministres et on repart à neuf. C'est tentant, mais bon, il y a toujours cette fichue mauvaise conscience qui vient vous empêcher de faire ça (ou pire, la peur du gendarme). Alors on a plus qu'une envie : s'asseoir par terre, prendre sa tête dans ses mains et pleurer. Ou aller dans un bistrot, se bourrer la gueule et penser à autre chose. C'est pas gai. Puis, un jour, on découvre un nouveau moyen de pression auquel on avait pas pensé. Un truc qui fonctionne généralement bien en couple, mais qu'on a jamais imaginé élargir à d'autres utilités que le ménage. Ou on redécouvre Aristophane, des fois (oui, je m'en suis rendu compte après avoir fait cet article déjà pas très en phase avec l'actu).

La grève du sexe. En effet, au Kenya, des associations féminines ont lancé aux femmes de ministres un appel à une semaine d'abstinence sexuelle, afin que leurs maris se consacrent pleinement à réformer le pays. Histoire d'éviter les tentations, elles ont même prévu de payer des prostituées pour prendre part à cette grève. L'idée sous-jacente à ce mouvement est que, vu l'état économique et social du pays, les hommes politiques ne devraient pas avoir le temps de faire des galipettes.
Ce mouvement est soutenu par la femme du premier ministre.

Moi je dis, parlons-en à Carla.


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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 19:42
Coucou les cocos !
Je continuais à pas avoir d'idées pour vous faire une note de blog, quand je me suis dit "hey, un blog, ça sert à se présenter comment qu'on est trop cool et j'ai une fiche de présentation sur un autre site qui dit déjà comment je suis trop cool, j'ai qu'à la mettre ici en censurant les trucs qu'il faut pas qu'ils se sachent par les étrangers !", du coup, j'ai fait ça. En fait, je l'avais déjà fait, mais je suis sûr que vous avez oublié.
Il faut savoir que sur ce site, j'ai le privilège d'avoir le droit de mettre une photo de moi en gris, et c'est la super classe, que j'ai des gens que je connais pas qui me félicitent et veulent me payer des bières quand on se verra alors qu'on se verra pas. C'est pour ça que j'en parle un peu.

Donc, voilà ma fiche :

Francis
 

42 ans Ankh Morpork

Coucou !

Tu veux bien être mon ami ?
J'aimerais bien que tu m'aimes, tu sais. Que tu me chantes des chansons en dansant autour d'un feu, et moi je taperais dans mes mains en riant aux éclats. On mangerait des chamallows en se remplissant les joues, et on irait dormir sous les étoiles en rêvant à tout ce futur de belle amitié qui se déroulerait devant nous. Le matin, on se ferait la bise sur la joue, avant d'aller tremper nos croissants dans un bol de chocolat.
Ce serait bien.

Mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Tu n'es pas mon ami, et je ne suis pas le tien. Nous ne mangeons pas de croissants ensemble le matin tellement qu'on est amis. Nous ne nous lisons pas à voix haute des extraits des chroniques de Vialatte.

Je ne t'en veux pas pour autant. Je suis pas comme ça. Je suis autrement. Je n'aime pas tremper mes croissants dans le chocolat le matin. Je préfère manger des Frosties secs devant les dessins animés du matin, tout seul. En écoutant ronronner les radiateurs et glouglouter le congélateur. Clong-clong, glou-glou, miam-miam sont les bruits du joli matin. Mais je ne connais plus bien les matins. Je me lève tard, parce que je suis une feignasse d'étudiant. Hé oui. C'est la vie. C'est ma vie. Ne me plains pas, ce n'est pas la peine. Mais si tu veux, je peux te donner plein de gens à plaindre. J'en connais des vrais.

Par contre, je te demanderai de ne pas prier pour eux. Ca me paraît trop désespéré, et je ne veux pas penser comme ça aux gens que je plains. Sauf s'ils ont des problèmes de chaudière. C'est dur, les chaudières, quand elles te laissent en rade. Il vaut mieux perdre un amour qu'une chaudière, ça coûte moins cher. Par contre, quand on perd une chaudière, il est bon de trouver l'amour pour réchauffer les draps. Reste l'inconvénient que si on n'a pas de chaudière mais l'amour, et qu'on se sert de l'amour pour compenser l'absence de chaudière, ça finit par se sentir olfactivement, et on ne peut pas se laver, parce que pas d'eau chaude à cause de pas de chaudière.

Décidément, mieux vaut une bonne chaudière qu'un amour charnel et sauvage. Sans parler d'un amour chaste et sage.

Mais si vous êtes venu ici, j'imagine que c'est à cause de mon teint gris. Si, si, ne niez pas. On m'a dit que ça faisait frétiller les filles du frifri et les garçons du pipi.

Si c'est vrai, c'est un peu dégoûtant. En même temps, j'ai constaté que la plupart des gens étaient dégoûtants, à n'écouter que leurs hormones. Berk.

Berk berk berk.

Je préfère encore nager au milieu des algues brunes bretonnes, qui essayent de t'attraper les pieds pour te tirer au fond que de penser à ces choses dégoûtantes. Souvent, c'est des Fucus vesiculosus, mais y'a aussi un peu de spiralis. Des fois de l'ascophyllum, aussi. J'aime bien les algues, en fait. Et la vase. J'aime bien m'enfoncer les pieds dans la vase molle et froide.

J'aime bien vider des poissons, aussi. Le plus gros poisson que j'ai vidé, c'était un marsouin. C'était rigolo.

Mais je parle, je parle, et je m'éloigne de ce qui t'intéresse. Donc, en ce qui concerne la [censuré pour votre sécurité], si tu as des questions, n'hésite pas une seconde et pose-les à mes sous-fifres [censuré pour votre sécurité], [censuré pour votre sécurité], [censuré pour votre sécurité], [censuré pour votre sécurité], [censuré pour votre sécurité], ou [censuré pour votre sécurité]. Un jour, j'aurais le courage de mettre des liens propres, mais pas de suite.
Ils te diront tout ce que tu veux savoir, et même plus.

Et si tu as des propositions déshonnêtes à me faire, tu peux m'envoyer un message auquel je répondrai si il est bien orthographié, et que j'ai envie. J'ai pas toujours envie.

Bientôt, plus de supers infos sur cette fiche. Mais pas de suite.

Ha, maintenant, tiens.
Puisque que cette larve râle, mais que je l'aime bien quand même, je rappelle l'existence du fan-club des articles d'owenmeany.
Y'avait un slogan en majuscules et une liste de noms prestigieux, mais j'ai oublié.
N'empêche que ses articles sont bien, surtout quand il y a du cul dedans.

...

Tu reviens sur cette fiche ? Alors que tu l'as déjà lue ?
C'est bien gentil. Ca me touche beaucoup, au sens non sexuel du terme, ne te méprends pas. C'est rigolo, j'arrivais à mé de méprends, j'allais dire mérou.
Ne te mérou pas.
Ca ne veut rien dire. Heureusement que je me suis repris. En tous cas, ça veut bien dire que le poisson occupe toujours une place dans mon coeur. Plus que ce que je pensais, et pour autant qu'il y ait autre chose qui occupe mon coeur que des ventricules, des oreillettes et du sang. Et que ça fait des systoles, et que ça enchaîne les diastoles. J'aime bien quand on est scientifiquement précis en biologie. Parce que j'aime bien la biologie. C'est pour ça que j'en ai fait, et pas pour faire comme ma grande soeur et mon papa. Mais au final, on a le même diplôme. Sauf que ma soeur est partie au Cameroun se marier, et que mon papa est devenu agent secret. Mais il faut pas le dire. Même mon petit frère et ma petite soeur le savent pas, et ils organisent les manifs dans leurs universités, et ils essayent de polluer l'esprit des gens avec de la propagande gauchiste. Au risque de coûter son travail à mon papa. Mais ils savent pas.

Ha, puis sinon, parce que vous êtes nombreux à le demander avec de l'envie qui suinte de mon écran : la maison en galerie, oui, c'est chez moi. Quand je suis en vacances. Et chez mon père, mes deux soeurs, mon frère, quatre de mes tantes, un de mes oncles et cinq cousins. Et encore plus ma grand-mère et mon grand-père. Les vaches et les moutons du voisin s'y sentent bien, aussi. Puis des faisans, souvent.
Oui, on est des bourgeois. On fait avec. Pour compenser, on fait du poulet boucané, qu'on fait cuire pendant des heures et des heures, on invite les voisins, et on mange.

Mais le mieux, c'est quand on se prépare un petit apéro avec des tartines de pâté et plein de trucs, et de la caïpirinha, et qu'on va boire sur la plage qui est au bout du chemin qui passe devant la maison, et qu'on mange alors que les touristes passent avec la jalousie qui se lit dans leurs yeux. J'aime bien.


Ha, et tiens, parce que j'aime pas gâcher, et que je sais que d'autres personnes se posent la même question que cette charmante demoiselle, je vous livre par copié/collé le secret de comment je suis devenu  [censuré pour votre sécurité].


Je peux te demander comment tu as fait pour devenir  [censuré pour votre sécurité] ?

 

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Tu peux me le demander, mon enfant.

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Monsieur, comment t'as fait pour avoir cette jolie couleur grise?

 

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Et bien, c'est une longue histoire. Tout petit déjà, je manifestais une certaine tendance pour le commandement, par exemple, quand on a fait un film qui s'appelait la Princesse et le facteur, je jouais le chef des indiens, parce que j'avais un arc avec des flèches. Ce n'était pas un chef sioux, hein, c'était un indien amazonien, en kalimbé (je ne mettrais plus de kalimbé aujourd'hui, je n'ai plus les fesses de mes huit ans). Depuis, je n'ai pas cessé de faire mes preuves en ce domaine. En CE2, j'ai même dénoncé un de mes petits camarades à mon professeur, il s'appelait Yann et était un sale con, le camarade, pas le professeur, qui s'appelait M. Diamedo et était dans le genre néo-pétainiste branché. Par la suite, tout s'est enchaîné, et quand je suis entré dans mon école d'agronomie après avoir été 465ème au concours surtout grâce à mes talents en anglais, parce que je n'avais eu que 6 en français mais 17 et 19 en anglais qui avait le même coefficient, je suis devenu le gérant de la section pornographie de la BDthèque de l'école.
Un beau jour, j'ai été invité par un de mes amis sur [censuré pour votre sécurité], site auquel je n'ai rien compris et que j'ai vite abandonné. Puis, au bout de quelques mois, je suis revenu, parce que je passais beaucoup de temps à faire sécher des algues vertes dans une étuve (on allait les chercher au bord de l'eau, sur toutes les plages bretonnes, c'était bien), et j'ai découvert que c'était pas si nul que ça, alors j'ai commencé à participer, et, de fil en aiguille, je suis devenu [censuré pour votre sécurité].

En espérant que vous y trouverez votre compte, petit galopins !


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Voilà. Maintenant vous aussi savez tout sur moi. Bande de petits veinards.
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 20:42

Nous sommes en 2009 après Jésus-Christ, et les caisses de l'état sont vides.

Tout les vices légaux de l'homme sont taxés. Tous ? Non ! Car l'un d'entre eux, fier et farouche, résiste encore et toujours à l'impositeur.


L'alcool, la cigarette, la voiture, tous sont soumis à de lourds prélèvements étatiques, ne suffisant malgré cela pas à faire disparaître les échos sinistres qui résonnent dans les coffres poussiéreux de la Banque de France lorsqu'un fonctionnaire au pas lourd et déprimé vient les arpenter et en constater la désespérante vacance.


Et pourtant, il existe une manne financière immense et inexploitée, et bien moins sujette à caution éthique que les trois précitées : le sexe.

En effet, là où la cigarette et le tabac créent des addictions pouvant entraîner des maladies mortelles malgré les filtres et les avertissements, là où la voiture tue des milliers de personnes chaque année et en estropie encore plus malgré les limitations de vitesse, le sexe, lui, ne tue pas ses consommateurs (si on suit bien les instructions sur la boîte de capotes). Au pire, il rend sourd.

Par contre, rien que sur l'internet, il rapporte des millions d'euros à des personnes rarement plus nécessiteuses que l'état, et de moralité souvent douteuse.


C'est pourquoi je lance ici un appel à la nationalisation de l'industrie pornographique, qui devrait permettre des rentrées d'argent conséquentes dans les caisses d'un état qui doit faire face à la crise, renflouer des banques, aider plein de nouveaux chômeurs, etc.

Cela permettra en plus de sécuriser et de moraliser l'emploi des acteurs et surtout des actrices pornographiques, rarement traités de manière convenable par les réalisateurs et les producteurs, souvent payé(e)s au noir, sans cotisation pour la retraite, etc. Le statut de fonctionnaire pour ces travailleurs infatigables ne me paraîtrait pas usurpé.

Plus de sous pour l'état, moins pour les malfaisants (bon, il peut y en avoir dans l'état, mais ne chipotons pas, l'état en lui-même n'est pas malfaisant), la sécurité de l'emploi pour les acteurs, monteurs (oui, haha, je viens de m'en rendre compte aussi), bref, que du bonus, aussi bien socialement qu'économiquement.

 

On pourra m'objecter que les hommes se verront bien plus taxés que les femmes, portant atteinte à la valeur essentielle d'égalité de tous devant les impôts. A quoi je répondrai que les taxes sur le tabac sont également très défavorables aux fumeurs, et trouve-t-on inadmissible que les non-fumeurs ne se voient pas taxés ? Pas du tout. Vous voyez, vous êtes bêtes, vous vous contredites tout seuls.


Allons plus loin. Inspirons-nous de l'adage « faites l'amour, pas la guerre » pour remplacer le défunt service militaire par un service sexuel à 18 ans ! Ce service rémunéré pourra s'exécuter en soirée, en parallèle avec les études universitaires, permettant ainsi aux jeunes de payer leurs études (ou de financer l'université, soit dit en passant) soit en tournant des films coquins, soit en se prostituant dans des bordels gouvernementaux qui assureront la bonne santé de leurs pensionnaires à temps partiel. Ce dernier point sera d'ailleurs une avancée énorme, aussi bien dans le domaine des moeurs (si tout le monde se prostitue, les préjugés contre ce métier disparaîtront), d'autre part dans la lutte contre les réseaux mafieux (si les gens peuvent ne rien risquer en allant vers un(e) prostitué(e) légal(e), ils n'iront plus risquer des soucis en allant vers les pauvres filles victimes des maquereaux illégaux).

 

Les avantages ne s'arrêteront d'ailleurs pas au paiement de la fac et à la lutte contre la traite des blanches, c'est la société tout entière qui en profitera : cela donnera une première expérience aux puceaux indécrottables, permettra à tous d'acquérir un niveau technique satisfaisant pour le reste de leur vie sexuelle, assurant ainsi un épanouissement dans les couples et par là un moral essentiel à la bonne marche de l'économie (on nous serine assez souvent que le moral des ménages en baisse explique la chute de la consommation etc.), déniaisera une société qui reste toujours trop coincée sur le sujet, fournira un exutoire aux frustrations et donc fera baisser la quantité de crimes sexuels, traumatisants et coûteux en termes de procès, psychologues, antidépresseurs couverts par la Sécurité Sociale...


Le sexe nationalisé, c'est l'assurance d'un avenir radieux pour la République.



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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 17:42

Pfiou.

Décidément, trouver des idées pour meubler ce blog devient vachement compliqué. Déjà que j'ai pas beaucoup de temps parce que ma frangine qui est rentrée depuis deux semaines me squatte mon pécé sans la moindre vergogne, mais en plus, comme je passe mon temps à ne rien faire en me disant qu'il faudrait que je fasse quelque chose, genre par exemple du chinois vu que je suis censé être étudiant en chinois mais qu'on fait la grève parce que bon quand même faut pas pousser l'université dans les orties et c'est un peu ce qui se passe en ce moment, donc on va dans les rues, et on chante et on crie, et tiens, si, je fais donc quelque chose.


Voilà donc.


Je fais des manifs, en ce moment. Parce que quand je vais en AG, les arguments des pros-grève sont convaincants, même si je les oublie rapidement quand il faut que je les explique, mais quand même, on a un gouvernement de foutus pervers prêts à tout pour tout casser et faire moins bien qu'avant, en prétendant que c'est bien parce que d'autres pays le font, alors que le contexte est quand même super différent et n'a en fait rien à voir et que même là-bas c'est pas tellement mieux qu'ici, salauds de gouvernants.

Alors je vais dans les rues, avec mon petit manteau parce que des fois ça caille gentiment, et je chante et je crie quand j'aime bien ce qui se chante ou se crie (j'aime bien « Il faut dépécresser, le mammouth, le mammouth, il faut dépécresser le mammouth pour le sauver », sur l'air traditionnel de « Pécresse, si tu savais, ta réforme, ta réforme, Pécresse, si tu savais, ta réforme où on s'la met », moins les reprises de slogans anti-CPE, il faut vivre avec son temps que diable).

Je prends l'air, en tous cas. Je vois du monde, un peu, je compare les manifestants (ceux de l'Inalco sont plus rigolos que ceux de ma fac, qui sont mous comme des chiques, eux ils ont des slogans dans des langues dont j'ai même jamais entendu parler), je compare les banderoles (j'aime bien Baiser la fac, c'est pas de l'amour), je découvre un peu Paris. Mes chaussettes déteignent dans mes chaussures, mais c'est pas très grave.


J'aime bien les manifestations. Mais bon, quand on est tout seul, c'est un peu nul, faut reconnaître, on se lâche moins, on crie moins fort. Les dernières, y'avait du monde, mais pas du que je connaissais. Je faisais du nombre, quoi. Des fois, je criais un peu, s'il faisait froid (y'avait du vent, ces derniers jours). C'était mieux le jour où on a fait son dépucelage de manif à un copain quadra hollandais (Lute,si tu passes, coucou, reviens en manif, c'était bien), on chantait en canon, on avait trouvé un collègue de l'UFR, on se moquait de la nana qui tenait le mégaphone et de ses tentatives ratées de lancer des pitites chansons, en même temps, elle devait être de l'Unef.


J'aime bien dire du mal de l'Unef, c'est la faute à ma petite soeur. En même temps, généralement, leurs têtes me reviennent pas, les nanas sont toutes coiffées pareil, et les types me donnent envie de taper dessus. Moi qui suis doux comme un agneau, c'est le comble. Puis en plus, comme je disais, ma pitite soeur me donne plein de détails sur des coups de péripatéticienne qu'ils font en douce, comme prévenir des gens qu'une AG aura pas lieu alors que si, ils veulent du pouvoir ces gens-là, et comme ils contrôlent pas le mouvement, ils essayent de le casser, c'est vraiment des pourritures. En tous cas, j'aime à le penser. C'est toujours bien d'avoir des gens à mépriser, je l'ai toujours pensé, et des syndicalistes étudiants bobos, c'est toujours mieux que des communautés ethniques ou religieuses, en tous cas, ça a l'avantage de pas faire raciste.


D'ailleurs, à ce sujet, je tiens à remercier Patrick, aimable belge qui m'a fichu dans la tête cette ravissante chanson :


Hitler ! He only had one ball !

Goering ! Had two but very small !

Himmler, had something sim'lar,

And poor old Goebbels had no balls at all.


Sur l'air du pont de la rivière Kwaï.


Bref.


J'ai dévié du sujet initial, non ?

Ha non, en fait, y'en avait pas, et j'ai réussi à faire quelque chose.

Je suis fier de moi.


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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 22:42

Ce soir, ça allait pas top. J'étais affalé dans mon canapé, en calbute, des miettes de pain et de jambon dans les plis du gras et dans la barbe, l'oeil éteint, à me dire que je reconnaissais personne parmi les enfoirés, dont j'avais coupé le son.

Vu personne de la journée, passée à regarder la coupe Davis en tentant de faire du chinois. Rien foutu.


Alors que la semaine prochaine, j'ai ma soeur, ma mère, mon autre soeur, mon frère, peut-être ma grand-mère et probablement deux tantes qui passent, et que je me fais harceler par ma colocataire pour ranger la maison, vider des trucs, remplir des machins, nettoyer le jardin, passer la serpillière, tout ça.


Po pu.


Alors, quand je me suis dit « ho putain, je me fais trop grave chier, j'en peux plus », j'ai pris mon petit téléphone et j'ai appelé mon papa et ma maman, parce que je suis le seul dans cette famille qui essaye de conserver des liens (faut dire, j'ai besoin des sous de mes parents).

Mon papa, je sais pas si je vous l'ai dit, mais il est agent secret. Je suis plus trop sûr qu'il ait tué des gens, mais je crois qu'il en a fait tuer, et j'ai essayé de lui faire avouer. Mais comme on est sur écoute, il parle en code. Il me raconte des vidéos de les Nuls, et je les connais, alors on rigole et on fait « han les chats, hohoho, ils se bougent le cul, haha ». Il me parle des Los Machucombos, qui sont des faux latinos, et il cherche Clean Shaven sur Wikipedia, dont la traduction est super pleine de fautes. C'est d'un inintérêt absolu, les conversations de mon papa quand on a pas les codes, mais moi je comprends. Alors je lui raconte comment moi, j'ai dit à un CRS « Hin-hin, nous on va au soleil », à la fin d'une manif, et lui il a fait une grimace en tordant la bouche, comme ça. Ca devait vouloir dire un truc du genre « M'en fous, moi j'ai un casque et des genouillères, han-han, bisque rage », mais lui c'était un sans moustache. Y'en avait aussi des avec, de CRS. Mais on s'est dit en les regardant, ho, regarde, il y a encore une lueur d'humanité dans les yeux de celui-ci, puis on s'est dit, nan, quand même, on est pas cool, c'est pas des bêtes, tous, quand même.


Puis on est allés acheter du vin, on voulait aller chez pas Nicolas, mais on a pas trouvé, alors on a échoué chez Nicolas, et on a acheté du vin marocain qu'était pas du boulaouane, du vin italien qu'était pas de celui qu'il y a dans le tome 1 des Gouttes de Dieu, et du Fitou, parce que mon papa, avant d'être agent secret, il a bossé dans une vigne, et je crois que c'était ptet du Fitou, alors on a dit, faut pas aller contre le destin, du coup on en a pris, parce que le Chambolle-Musigny était trop cher, mais du coup y'avait trop de pinard, et on s'est pris une bonne muflée. Chez un pas d'chez nous. Un hollandais. Collègue de fac. Qui sait toujours s'entourer des plus jolies filles. Et des plus beaux garçons, évidemment.


Mais tout ça, je l'ai pas dit à mon papa, il aurait pas compris le code, du coup, on a parlé d'autre chose. De wikitaxi, et de Nazarée Pereira. Et d'autres choses. Je lui ai dit, vazy, je m'ennuie, raconte moi une histoire. Enfin, il a dû croire, parce qu'il m'a lu des trucs sans intérêt, je sais même plus de quoi ça parlait. D'ailleurs, j'écoutais pas, je touillais ma soupe, sinon ça attachait au fond. Les vermicelles et les pois chiches, je veux dire. Après, c'est galère à nettoyer. Je posais le couvercle de la casserole sur une boite d'allumettes, pour pas salir le plan de travail. C'est ma cousine qui appelle ça le plan de travail, moi je l'appelle pas, je le nettoie avec une éponge.


Décidément, des fois, j'ai super rien à raconter. C'est l'inconvénient, quand on ne fait rien de sa vie. Encore heureux qu'il me reste l'apitoiement sur moi-même, sinon ce serait invivable. Et encore plus quand on remet le son de TF1.


Mais bon, au moins, j'ai rempli mon quota de notes de blog de le week-end. Mais j'ai un peu honte quand même. Je vais manger pour oublier.

 

Et Mélina elle pue.

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 10:42
Il est des bouquins dont l'influence sur le monde est indéniable. Parmi eux, on trouve des trucs comme la Bible, le Coran, et d'autres machins dangereux. Mais il en est un autre, dont les prosélytes sont plus pacifiques, si pas moins ardents : je veux parler non pas du Kama Sutra, mais bien du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. Personnellement, il m'a quand même vachement plus plu que la Bible, même s'il y a nettement moins de sexe. Même que c'est le premier bouquin que je me suis promis de pas rouvrir avant un an, alors que j'avais pour habitude de relire une douzaine de fois de suite les bouquins qui me plaisaient, jusqu'à les connaître à peu près par cœur. J'avais douze ans à l'époque, alors un an, c'était l'éternité, ou pas loin.

Ça fait beaucoup d'amour, quand même, pour ce qui n'est somme toute qu'un livre. Et un livre bourré de défauts, en plus : une histoire qui met loooongtemps à démarrer, un héros de cinquante balais, des chansons ridicules et insupportables à lire (hey, ho, Tom Bombadillo), un langage pas toujours simple à comprendre, du manichéisme en veux-tu en voilà avec ses héros tous plus bourrés de qualités les uns que les autres et ses méchants super méchants sans rien pour les rattraper... Si au moins il avait voulu faire passer un message ! Mais que dalle, il le dit lui-même, il voulait juste donner un background mythologique aux langues elfiques qu'il avait créé. Autant pour les tenants d'une interprétation symbolique de la guerre mondiale, des hobbits anglais et tout ça (en plus, les grands blonds sont les gentils, ici). Mais bon, reste que J.R.R. a été bien dépassé par son œuvre, qu'il a lancé toute une littérature (hélas, dans de nombreux cas, mais wouhou pour pas mal d'autres aussi), et qu'il est responsable de tout un imaginaire qui a bien dépassé la littérature. Donjon et Dragons aurait-il existé sans Tolkien ?

Nous pouvons l'en remercier, mais personnellement, ce n'est pas pour ça que j'aime le Seigneur des Anneaux. Non, non, non.

Si j'aime le Seigneur des Anneaux, c'est pour la faculté qu'a ce bouquin de me ramener en enfance, lorsque, allongé sur le ventre sur le parquet de chêne ciré, le menton dans les coudes reposant sur le tapis en laine afghan, devant l'âtre où mijotait une bonne soupe au pois dans la marmite, tandis que dehors, la pluie battait les murs de pierre et les vitres embuées, j'étais bien content d'être au chaud, tandis que mon père fumait la pipe dans son fauteuil en cuir imprégné de l'odeur de tabac, que ma mère tricotait et que mes frère et sœurs jouaient au Monopoly au fond du salon, se disputant avec des cris aussitôt étouffés.

Évidemment, je n'ai jamais connu cette enfance : mon père ne fumait pas, ma mère ne tricotait pas, je lisais plutôt sous le lit de ma grand-mère ou tête en bas sur un canapé que devant la cheminée où on n'a jamais rien fait cuire, et on ne jouait pas au Monopoly mais plutôt à Lemmings. Tout ça ne rend cette fausse enfance que plus précieuse. Et les bouquins qui me permettent de retrouver ce genre de sensations ne sont pas nombreux. En fait, à part le seigneur des Anneaux, je ne vois que le Club des Cinq en vacances, et peut-être les contes de l'Oriel (de la fantasy fromagère par James P. Blaylock).

Merci, Johnny. Je t'en veux pas pour les chansons.
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 11:42

Par une froide après-midi d'hiver, alors que j'étais en train d'écouter l'eau couler dans ma baignoire et ruisseler le long de mes cuisses musclées, m'est venue une interrogation qui depuis me turlupine :

L'amour est-il de droite ?


Je vois venir les petits rigolos fins connaisseurs de la politique française, donc oui, je sais, Lamour (Jean-François, ministre des Sports sous Chirac) est de droite. Mais ce n'est pas ce dont je parle, revenons donc à nos moutons.


L'amour est-il de droite ? Et, corollaire, le sexe est-il de gauche ? (je ne dis pas ça pour orienter la réponse, c'est juste que la symétrie des questions me paraissait plus esthétique)(1)


Amour et sexe, c'est connu, ne vont pas forcément de pair. Si l'amour est rarement exempt de sexe, le contraire est courant, et aujourd'hui généralement accepté.


Penchons-nous donc sur les caractéristiques de l'amour et du sexe, et tentons de voir si l'on peut les associer à des valeurs politiques, ceci dans le but avoué de combler quelque peu mon manque d'inspiration et mes statistiques minables en mêlant des sujets porteurs et putassiers (je sais que vous aimez ça)


Commençons par l'amour.


L'amour est un sentiment en règle générale égoïste. L'aimant veut l'aimé pour lui, rien qu'à lui (sinon il aime mal, et se le verra reprocher, surtout si l'aimant est un garçon)(s'il aime bien, il se verra reprocher sa jalousie et son côté étouffant).

L'aimant acceptera difficilement de céder l'aimé pour une soirée à ses amis, même ceux du même sexe que l'aimé. Il se morfondra à chaque éloignement de plus de quelques heures.

L'amour semble bien prendre plus qu'il ne donne (c'est bien pour cela qu'il ne peut bien fonctionner que s'il est partagé et que chacun prend en part équivalente, sinon il y aura toujours au moins un insatisfait).

L'amour est donc un sentiment profondément individualiste, qui se finit souvent en une crise (selon des études, au bout de trois ans) qui laisse les protagonistes émotionnellement sur la paille.


En plus, l'amour rend con.

En tout cela, on peut dire qu'il a bien l'air d'être de droite.


Le sexe, quant à lui, semble plus généreux. Le sexe prend (son pied), mais il donne autant (du plaisir aussi). Quelqu'un (de non amoureux) appréciant le sexe aura tendance à vouloir le partager avec d'autres, généralement un maximum, là où l'amoureux ne verra dans le sexe qu'un moyen de posséder l'aimé encore plus (et de se l'attacher encore plus, s'il est doué).

Par ailleurs, le sexe est plus festif que l'amour, de la même manière que le festival de Woodstock est plus festif qu'une représentation de l'Anneau des Nibelungen, aussi (2). Et de la même manière que Woodstock coûta moins cher qu'une place à l'opéra, le sexe est gratuit (3) là où l'amour doit s'entretenir par des petits cadeaux (fleurs, restos, bagues, enfant).

De plus, le sexe est plus pratiqué par les jeunes que par les vieux, comme la gauche.(4)

Enfin, le sexe rend con.

En tout cela, le sexe semble bien être de gauche.


Cependant, il ne faut pas oublier certains points : l'amour se rencontre dans toutes les couches de la société, il est international, trans-classes, trans-genres, enfant de bohème, et ne connaît pas de lois.

Tout cela, c'est des caractéristiques de hippie, donc de gauche.

Et le sexe est une des choses les plus marchandisées au monde, et permet l'exploitation de l'homme (bon, surtout de la femme) par l'homme. Tout cela, c'est plutôt la droite.


En conclusion, amour et sexe sont à la limite de la schizophrénie, tous deux de droite et de gauche, et en tant que tels profondément suspects.

Evitez l'un comme l'autre comme la peste, vous ne vous en porterez que mieux.


(1)Ou alors, pour orienter juste un peu.

(2)  Le sexe avec l'amour serait donc un opéra-rock où Janis Joplin jouerait Brünnhilde et Jimi Hendrix Siegfried. Ca doit valoir le détour.
(3) Bon, faut payer la capote et la pilule quand même
(4)
Il suffit de consulter les statistiques des dernières élections présidentielles françaises. Puis après tout, ne dit-on pas « qui n'est pas communiste à vingt ans n'a pas de coeur, qui l'est encore à quarante n'a pas de tête ? »
  1.  

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