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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 16:42

Je me suis souvent demandé, depuis hier, pourquoi j'écrivais. Et l'illumination m'est venue avec l'appétit : mon envie d'écrire est comme mon envie de kebab. Elle va et vient, sans qu'il y ait de connotation sexuelle. Entre deux envies passent de longues périodes d'abstinence (sans connotation sexuelle) pendant lesquelles l'idée même de kebab (ou d'écrire, donc) me donne la nausée. Mais quand j'en ai envie, c'est maintenant tout de suite, sans connotation sexuelle, et pas moyen de s'arrêter avant d'avoir fini, sans connotation sexuelle. Et une fois que j'ai fini, c'est bon, j'ai plus envie. Je suis vidé, dans le cas de l'écriture, rempli dans le cas du kebab. Décidément, je me rends compte que tout est sexuellement connoté, dans ce paragraphe.

Mais ce n'était pas le but. L'envie d'écrire comme l'envie de kebab, disais-je, sont là par intermittences.

 

Mais là ne s'arrête pas la ressemblance entre l'écriture et le kebab !

Bon, certes, je n'écris pas pour me nourrir (et ça ne risque pas d'arriver). Mais mon envie d'écrire n'est pas une méthode cathartique d'exorcisation de mes démons intérieurs, tout comme mon mangeage de kebab. Sauf si on considère une envie tenace de viande grasse dégoulinante de harissa comme un démon intérieur, ce que le mangeage de kebab pourrait alors exorciser, mais il me semble que quand on parle de démon intérieur, c'est un peu plus métaphorique que ça. Et je ne vois pas ce qu'exorciserait le fait d'écrire des études comparatives de la yourte et du yaourt ou des manuels techniques de combat contre les souris à mains nues.

 

De même, je n'écris que trèèès rarement pour faire de l'introspection. Cette note en est un des rares exemples. Et encore une fois, c'est pareil pour le kebab : je ne le mange pas pour en savoir plus sur moi-même. Sauf quand même des fois où je tente de remplacer la sauce blanche par de la sauce marocaine, pour savoir si j'aime autant. Et il faut reconnaître que la sauce marocaine du Prospère, en face de Cora, elle est pas dégueu. Ceci dit, je m'en tiens généralement au Chicken Chika avec sauce blanche, harissa, saladetomatoignon.

 

Ecrire ne m'est pas non plus un acte politique. J'ai la conviction politique d'une huître. Une huître ermite, vivant sur un rocher loin de la compagnie d'autres huîtres. Du coup, ça fait encore un rapprochement avec le kebab. Je ne mange pas de kebabs pour promouvoir l'entrée de la Turquie dans l'UE, par exemple (d'autant que mes vendeurs sont tunisiens).

 

Je n'écris pas non plus pour raconter une histoire. Je ne sais pas faire. Quand j'essaye, j'abandonne généralement au bout de trois pages. Plus, c'est trop. En plus, c'est mauvais. L'indigestion est là qui me guette, comme si je mangeais plus d'un kebab.

 

Il faut se rendre à l'évidence : je ne sais pas pourquoi j'écris. C'est même pas forcément pour être lu (je crois que mes lecteurs doivent être à peu près aussi nombreux que mes fournisseurs de kebab).

Et je ne sais pas plus pourquoi je mange du kebab. Je veux dire, c'est gras, ça pique, je m'en fous plein la barbe, ça fait grossir... autant de raisons qui me pousseraient à ne pas en manger. Comme j'ai plein de raisons de ne pas écrire (ça ne mène à rien, j'ai rien à dire, je pourrais employer mon temps de manière constructive...)

 

C'est fou, quand même, quand on y pense, tout ça. Le kebab et l'écriture. L'écriture et le kebab. Main dans la main vers le lointain. Unis dans une vie. Dans ma vie. Un jour, j'écrirai sur un kebab. Je tracerai les lettres à la sauce blanche, de la pointe d'une frite, sur le pain chaud et gras. La boucle sera bouclée, la messe sera dite. Je prendrai une photo, et je la mettrai sur mon blog. Puis j'irai manger.

 

 

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 19:42

Vous en êtes bien conscients, amis écologistes, ce blog est un blog responsable qui s'ingénie à recycler toute ce qui est possible. Dans cette optique, je me permets donc de vous présenter un article de commande, ou plus exactement un discours de commande. Je n'ai aucun scrupule à le mettre, parce qu'il n'a sans doute pas été lu, c'est une honte.

Pour ceux que ça intéresse, la commande était "on a besoin d'un discours pour présenter un concert avec deux musiciens, une pianiste et un flûtiste, ils jouent du Bach, Pergolesi, Glück, Mozart, Fievet, Classens, Fauré et Kriesler, faut que ce soit présenté avec humour et raffinement, tu nous fais ça pour bientôt, l'ambassadeur en a besoin". Et je ne suis pas homme à laisser les ambassadeurs dans l'embarras.

Quoique.

Enfin, le problème était que j'étais en train d'essayer de faire un article pour une semaine thématique sur un site où vous pouvez peut-être encore vous inscrire deux notes plus bas, semaine consacrée à l'érotisme absurde (j'ai pas réussi). Du coup, ça a influencé mon discours qui se voulait sérieux et sophistiqué. Tant pis, je vous l'inflige quand même.

 

**********************

 

 

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chers amis,

 

Je voudrais tout d'abord vous remercier d'être venus en si grand nombre assister à ce concert organisé avec enthousiasme par [insérez ici le nom du responsable], que je remercie par la même occasion. (pause applaudissements)

 

La musique, comme un philosophe l'a sans doute dit quelque part à un moment ou à un autre, est ce qui distingue l'homme de l'animal. Certains argueront que ce n'est pas toujours pour le meilleur, rappelant Woody Allen et son célèbre « Quand j'entends du Wagner, ça me donne des envies d'envahir la Pologne », mais nous ne sommes pas ici pour faire du mauvais esprit. Nous dirons donc, comme le pensait cet hypothétique et fervent mélomane, que la musique est ce qui sépare l'homme de l'animal dans le bon sens, vers un esprit de partage qui ne saurait que le grandir.

 

Car oui, la musique, plus que tout autre art, est un art de partage. Partage entre les artistes que sont le compositeur, l'arrangeur, l'interprète, et bien sûr le public averti que vous êtes, vous, auditeurs à l'oeil brillant, à l'oreille attentive et au téléphone portable soigneusement configuré en mode veille.

 

Ce partage, nous allons le célébrer sous peu dans la joie. Comment pourrait-il en être autrement, quand tout récital est la célébration d'une union tout aussi profonde qu'un mariage consentant, et qu'en plus le couple d'aujourd'hui s'allie sous les auspices d'aussi dévoués et talentueux entremetteurs que sont Mozart, Glück, Fauré ou Bach (je passe les autres sous silence, non pour leur manquer de respect, mais bien pour vous laisser la surprise, d'autant que si vous êtes comme moi, leurs noms vous évoqueront plus des marques de voiture de luxe que les géniaux artistes qu'ils furent) ?

 

Ce soir, en effet, est consacrée l'union parfaite entre le piano, guidé par les mains sûres aux doigts agiles de [censurée] et la flûte animée par le souffle ardent de  [censuré], un duo admirable qui donnera à cette nuit de noces musicale le caractère impérissable que seul permet un long et charmant entraînement.

 

Loin de moi l'idée de décrier les charmes rudes des concerts philarmoniques, mais ils m'ont toujours paru trop proches de l'orgiaque pour me mettre tout à fait à l'aise, bousculé que je me sens par la frénésie qui emporte toujours une meute de plusieurs dizaines d'instruments, fussent-ils contrôlés par l'agile baguette d'un chef qui m'apparaît toujours trop petit et trop loin pour maîtriser quoi que ce soit. Je ressors toujours de ces démonstrations brutales avec la tête qui tourne et la démarche un peu flageolante, épuisé et quelque peu déboussolé, me demandant ce que j'étais venu faire là.

 

C'est pourquoi je préfère et préfererai toujours la délicate alchimie entre deux instruments maniés avec tendresse, et parmi tous les duos possibles, je préfererai toujours celui entre la profonde majesté tellurique du piano, avec ou sans queue, pondéré par l'agilité féline des trilles flottantes d'une flûte phallique, légère et aérienne. Les écouter se parler, se répondre, entremêler leurs voix pures m'emplit régulièrement d'un ravissement que je ne trouve nulle part ailleurs.

 

Mais je parle, je parle, je m'enflamme, je m'excite, et j'en oublie d'en venir aux faits. Mesdames et messieurs, veuillez accueillir chaleureusement les deux artistes qui ont accepté de s'exhiber devant vous ce soir malgré leur modestie.

 

Applaudissez donc [censurée] et [censuré], venus nous prouver que la musique assouplit les moeurs !

 

Hmmm ? Ha, on me signale dans l'oreillette qu'elle est censée les adoucir. Je... Je suis confus. Veuillez oublier ce que je viens de dire et brûler les éventuels enregistrements. Et place à la musique !

 

Gageons que nos deux virtuoses sauront nous donner un plaisir intense avec leurs instruments !

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 21:42

... Ou titrologie de l'enfer.

 

Ante-scriptum : Je m'explique : sur un site communautaire belge, je me suis engagé sans trop réfléchir à écrire un article sur un thème imposé, couillon que je suis. Du coup, je me suis retrouvé bien dépourvu quand mon thême me fut envoyu, à savoir, donc : « avec le chandelier dans la salle de bains : la véritable histoire de Claude François ». Voici donc le résultat obtenu un dimanche matin, après un anniversaire arrosé, en 32 minutes parce qu'au delà, mon ordinateur chauffe et me brûle les testicules.

 

Le jeu de la propa imposée est un art délicat, semblable en cela à la préparation du veau Marengo par un manchot anosmique (1) ou au démoulage d'un bronze sans que rien ne reste accroché aux poils. La difficulté s'élève encore d'un cran quand vous tombez sur un titre accrocheur et rythmé comme une prestation de Rocco Siffredi.

 

En ce qui me concerne, je n'aurais pas pu imaginer pire sort que de tomber sur « avec le chandelier dans la salle de bains : la véritable histoire de Claude François » : les attentes sont élevées, et mon imagination est pauvre. J'aurais pu expliquer qu'en fait, Claude François était bougre et sodomite, et tel Mélanie la bonne au curé, aimait à s'enfoncer des cierges sacrés du côté de chez Swann, et qu'un beau jour (beau pour la chanson française, un peu triste pour Cloclo quand même), un beau jour donc, tentant l'expérience dans sa salle de bain alors qu'il était fiévreux, la cire fondit, et il périt d'obturation rectale, ce qui me permet d'expliquer l'origine du groupe de metal Rektäl Obturatiøn (2), hommage direct à cette mort tragique.

 

Nous aurions un peu ri de ce pauvre misérable, et je me serais senti un peu mal de jeter à bas une réputation à peu près sans tache du point de vue des moeurs (ou alors je ne suis pas au courant des turpitudes sexuelles de monsieur François, ce qui n'est pas impossible vu mon désintérêt total pour la chose. Par la chose, j'entends les turpitudes sexuelles de monsieur François). Et surtout, je l'aurais un peu mauvaise de faire à ce point dans la facilité. Je me serais vu dans l'obligation de changer mon pseudo en « BigardRulz » ou quelque chose d'approchant, pour mon karma.

 

En fait, le problème que me pose la propa imposée est que je ne fonctionne jamais comme ça. Partir d'un titre, je veux dire. Je sais, vous allez me dire que vous non plus, mais cessez de geindre un peu, je suis encore plus mal en point que vous, en plus, hier j'ai bu trois mojitos gratuits (3) et écouté de mon plein gré quarante-cinq pleines secondes de Alexandrie Alexandra (4). Et je crois bien que j'ai la courante.

Et donc, malgré ça, je m'attelle à la tâche qui m'a été donnée, alors un peu de respect, quoi, merde, on est en démocratie, non (5) ?

 

Bref, je disais que j'avais souvent des idées plus ou moins ineptes, que j'écrivais un article d'une page, et qu'après je trouvais un titre, sauf dans le cas unique de « Sale temps pour les ravioles », que je m'étais néanmoins imposé moi-même.

Je dis « et après, je trouve un titre ». Et encore. Des fois, même pas, alors je mets n'importe quoi, ce qui rend assez difficile de retrouver un article dans ma base de données (à savoir, mon blog). Prenons un article sur la tentative d'intimidation des gens dans le métro et autres jeux souterrains : le seul titre que j'ai réussi à sortir à l'époque est « Y'a des yakuzas dans mon jacuzzi », ce qui certes est accrocheur et rythmé comme une pipe à dix euros administrée par une pute piercée (6), mais ne dit foutre rien sur le contenu (je m'agace un peu, désolé pour le langage de matelot).

Pour vous dire à quel point c'est ridicule si vous ne l'aviez pas saisi par vous-mêmes, le zozo (et je pèse mes mots) qui m'avait plagié une bonne partie de mon blog, s'il n'avait pas jugé nécessaire de virer les photos de moi marmot jouant du uilleann pipe (7), avait modifié ce titre pour le transformer en King banana chocolate and crizpiz country, qui n'est pas tellement moins évocateur mais bon, quand même, quoi.

 

Je suis donc nul en titres. Nul à déféquer, comme diraient les jeunes d'aujourd'hui, toujours prompts à vous balancer de la scatologie partout. Mais bon, j'essaye de me soigner. J'essaye de compenser mon inadaptitude à jouer avec les titres en développant au possible mon talent à trouver une chute à

 

  1. 1) le manchot anosmique est une denrée rare de nos jours

  2. 2) Ou Rëktal Øbturation, je ne sais plus

  3. 3) En plus, Alex avait dû oublier de mettre le Perrier.

  4. 4) RhAAAAaaaaa !

  5. 5) Officiellement, si. Je précise au cas où.

  6. 6) Piercée, pour que ça accroche. J'ai du mal avec les métaphores, des fois, et en plus (3)

  7. 7) Sur un blog, on se doit de mettre des photos de soi marmot jouant du uilleann pipe, sinon on est qu'un gros loser.

 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 20:42

S'il est un mystère qui passionne les foules depuis bien longtemps, c'est la question de savoir pourquoi, là où les barbus sont l'élite des intellectuels, formant l'essentiel de la communauté scientifique, les moustachus, quant à eux, prédominent dans la population des très méchants. Rares en effet sont les personnes qui auront manqué de remarquer que les points communs entre Adolf Hitler, Staline, Saddam Hussein, Pinochet, Franco et Einstein sont un certain mépris de la vie humaine (qu'on associe souvent à la méchanceté), et le port de la moustache, même par gros temps. 

Mais pourquoi les moustachus sont-ils aussi méchants ?

Afin d'élucider ce mystère, revenons-en aux basiques.

Nous le savons tous, dès son apparition sur terre, la survie de l'homme a été tributaire de la relation privilégiée qu'il entretenait avec son symbiote : la barbe.

Rappelons tout de même en quelques lignes ce que tout élève de sixième apprend en cours de biologie, c'est à dire comment la barbe est le facteur qui a permis l'émergence de l'intelligence humaine. 

La barbe, pour une raison encore inconnue des paléo-biologistes, s'attacha au visage de nos ancêtres, il y a deux millions d'années, au moment où la branche Homo ne s'était pas encore séparée de celle qui allait donner les grands singes. Dès ce moment, l'Homme commença son irrésistible ascension vers la découverte du feu, de la roue, de la physique quantique et du fast-food.

La théorie qui a longtemps prédominé chez les scientifiques est la suivante : si les animaux dépourvus de barbe (c'est à dire tous) doivent passer leur temps à errer dans la nature, l'esprit fixé sur une seule idée fixe, la recherche de nourriture, ce n'était pas le cas de nos ancêtres barbus. Retenant une grande partie des miettes imperceptibles de leurs repas, la barbe permettait à nos ancêtres de ne perdre aucune calorie, limitant ainsi le temps consacré à la collecte de leur pitance, temps qu'ils pouvaient consacrer à la réflexion scientifique et philosophique, hissant ainsi notre espèce au sommet de l'évolution. 

Cette théorie est bien sûr simpliste, et ne tient compte que des données existant à l'époque où elle fut formulée par le grand Charles Darwin, un des hommes les plus dotés en poils que la terre ait porté.
Depuis, de nombreux progrès ont été faites dans le domaine de la barbologie.

Une percée décisive a été faite il y a quelques années par une équipe internationale financée par l'ONU, qui a découvert le mécanisme du developpement cognitif que permet la symbiose barbe-humain : le poil facial se comporte en fait en organe adventice du cerveau, venant en soutien des cellules gliales.

Chaque poil de barbe est relié par un canal dit pilo-tracteur à un groupe de neurones, lui apportant des nutriments supplémentaires issus de la décomposition des lambeaux microscopiques de matières organiques (les micro-miettes issus du repas, invisibles à l'oeil nu mais qui représentent souvent une quantité de matière supérieure au gros morceaux) qui s'y sont accrochées. Tout porteur de barbe se sera d'ailleurs aperçu que même en ne se lavant pas la barbe pendant des jours d'affilée, elle ne devient pas grasse et ne prend aucune odeur particulière.

C'est cet apport nutritionnel suppplémentaire fourni au cerveau qui explique la capacité intellectuelle supérieure de l'homme barbu sur l'enfant, l'homme glabre et la femme, sans parler de l'animal. 

Cependant, un élément n'avait pas été découvert, qui permet, comme on le verra, de répondre à plusieurs questions qui taraudent le monde depuis longtemps.
Cette avancée exceptionnelle dans la connaissance de la physiologie de la barbe est dûe au Laboratoire International de Recherche en Physiologie Barbaire de Vesoul, qui a découvert que chaque zone du cerveau est irriguée par un réseau pileux bien précis. En particulier, le cortex est approvisionné par les poils zygomatiques et maxillaires, tandis que les poils sub-nasaux sont connectés au cervelet, siège des émotions.

Et c'est ceci qui explique pourquoi les moustachus sont si méchants. Aristote (encore un célèbre barbu) le disait déjà au quatrième siècle avant J-C : « la vertu est au milieu des extrêmes », tout excès est mauvais. Or, si la barbe permet un équilibre d'alimentation entre siège de l'intellect et de l'émotion, et donc une personnalité équilibrée (tout comme un visage complètement glabre, même si l'intelligence est forcément limitée), le port de la moustache entraîne une alimentation excessive du cervelet par rapport au cortex. Ceci, inévitablement, se traduit par un désordre émotionnel manifesté dans la plupart des cas par une agressivité effrénée et un désir de faire souffrir les autres. 

On remarquera d'ailleurs que le cas inverse n'est pas plus souhaitable : le port du collier de barbe, très à la mode chez les professeurs de géographie, définit une faiblesse de caractère peu enviable. Ces personnes sont bien connues de tous pour être les jouets de leurs élèves, qu'ils sont trop timides pour punir. 

Soyons donc raisonnables, gardons une belle barbe bien fournie, comme le Céleste Moutonneux du Menton nous l'a donnée, brûlons Gillette et légiférons pour éliminer la moustache. 
En plus, c'est moche.



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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 19:42

Cela fait un moment que je lis le journal Métro, en particulier ses pages de messagerie rose. Ca fait toujours rêver le célibataire endurci que je suis, ces descriptions de rencontres complètement fortuites à l'occasion d'un trajet en métro, et surtout tous ces espoirs fondés en général sur un simple échange de regards.

 

« Toi, brune sculpturale portant une écharpe mauve, moi, sémillant étudiant portant le bouc et une chemise Hermès. A Glacière, nous avons échangé un regard enflammé. Mais tu es partie, laissant mon coeur en cendres. Ecris-moi – bogossdu94 »

« Mon étalon brun fan de métal de la ligne B, tous les jours, je te dévore des yeux, et tu me le rends, et ça fait des étincelles entre nous, mais jamais je n'ai osé t'adresser la parole, et jamais tu n'as ôté les écouteurs de ton iPod. Je suis la jolie rousse aux yeux pétillants qui descend à Luxembourg, j'espère que tu liras ces lignes - rouquemoutangel69 »

 

Etant donné la population qui utilise le métro ou le RER comme moyen de transport, et le nombre bien moins important des personnes qui osent écrire à un journal, on peut se dire que ça arrive tous les jours à une quantité de personnes assez imposante, ces prémisses de relation torride.

 

Pourquoi ça ne m'est jamais arrivé à moi, alors ?

 

En une bonne douzaine d'années d'usage intensif de ce mode de transport, pas UNE SEULE fois je n'ai échangé de regard entendu avec une brune sculpturale portant une écharpe mauve ou une rousse aux yeux pétillants, ou aucun autre membre du sexe opposé, même pas une moche. Et je peux vous assurer que ce n'est pas faute d'essayer. A chacun de mes voyages, je prends soin de fixer une jeune fille attrayante (si tant est qu'il y en ait dans mon wagon), et que mon regard soit langoureux, perdu-dans-le-vague-mais-néanmoins-braqué-sur-ses-yeux-bleus-profonds-comme-l'océan, ou empreint de toute la frustration sexuelle que je pouvais y mettre (et croyez-moi, je peux en mettre), tout ce que j'ai récolté, c'est une conjonctivite. Au mieux, mes futurs partenaires sexuels potentiels m'ignoraient complètement, en général elles se tortillaient sur leur strapontin ou elles le quittaient, au pire elles m'envoyaient une baffe, et j'ai une fois été foutu dehors par un type qui devait se prendre pour un gentleman défenseur de la vertu offensée.

Alors je veux bien ne pas être un canon de beauté, mais je ne suis pas moche comme un pou non plus, en tous cas pas plus que beaucoup de types qui se sortent une bonnasse alors qu'ils sont en plus cons comme des balais et prennent des pseudonymes allant de « sexyloverboy » à « choupinoulol69 ».

 

Je ne vois qu'une chose à en déduire : ces messages sont une propagande éhontée au service de la RATP.

Ils sont pas idiots, ces salauds. Ils savent que la proportion de célibataires en Ile de France est énorme (on en compterait plus de deux millions), et que c'est une tranche de la société qui est plus riche, donc plus susceptible d'utiliser une voiture, un taxi, et de s'épargner les contraintes du transport ferré, tels qu'odeurs pestilentielles, grèves, suicides et foule. Et ils savent que le seul moyen de convaincre ces utilisateurs potentiels est de leur faire miroiter une rencontre amoureuse totalement improbable.

 

Et j'ai une preuve supplémentaire de ce complot. Quand je clique sur l'onglet « courrier du coeur » du site metrofrance.com, qu'est-ce qui apparaît ?

Bien sûr, 404, page non trouvée.

Ma théorie était juste.

Le courrier du coeur du journal Métro est une vaste fumisterie publicitaire.

 

Ces basses manoeuvres me dégoûtent. Oui, me dégoûtent. Jouer sur les faiblesses des gens, tirer profit de leur envie d'avoir une vie sentimentale pour se faire du fric, alors même qu'on est un service public, c'est scandaleux. Et j'espère bien que ce sera puni quand je ferai éclater la vérité au grand jour.

 

 

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 14:42

Mon âme de fauve est morte. Déchiquetée par les grandes dents impérialistes de l'immortelle et cruelle maîtresse de mes rêves qu'est la désillusion perpétuelle.

Je ne sais même plus ce que j'écris. J'ai les doigts sur le clavier et je ne contrôle pas grand-chose, le prochain mot qui en sortira risque d'être aussi vide de sens que le slip de Carla Bruni. La preuve. Ca ne veut rien dire. Plus rien ne veut rien dire, et je ne saurais adresser le blâme. Peut-être à mon hoquet. Il me déchire le diaphragme. Si j'essaye de retenir ma respiration, au prochain soubresaut de mes entrailles, j'envoie un demi-litre de glaires pulvérisées sur mon écran. Ca fera loupe sur les pixels.

Et là, c'est de la bile qui remonte. C'est désagréable.

Tout est désagréable, tout n'est que désagréabilité, bile, hoquet, et incapacité à écrire quelque chose qui ait un sens. J'ai envie de goûter l'amertume décalée du liquide céphalique des amphibiens zélés.

Au moins c'est rythmé. Ca sonne. Comme sonnent les cloches à Noël. Faudra penser à acheter des cadeaux avant décembre.

Mais bon, ça ira, j'oublierai.

J'y pense, et puis j'oublie. Là, je voulais réviser mon chinois jusqu'à la leçon trente, je suis arrivé péniblement à la vingt-huit. J'ai réappris à dire « logiciel ». Je ne le dis jamais en français, et je ne parle pas aux chinois, ils me font peur avec leurs cheveux raides. On dirait des Ken. Avec les yeux bridés. Je ne leur en veux pas.

 

J'aimerais tant voir Schérazade, son éclisse et son grand piston. On jouerait ensemble à caillasser les mouettes à grands coups de citrons. On aurait les doigts qui piquent, après. Et alors, on roulerait des pâtes à tarte, dans la splendeur lactée d'une cuisine vespérale, et on hurlerait à la lune « Pourquoi ? Pourquoi ? », et la lune confiante nous confiera « Parce que », et elle aura raison.

La lune a toujours raison.

 

Il faut que je fasse un sacrifice. Pour donner du sens à tout ça. Tout ça n'a aucun sens, ça m'apporte juste le soulagement momentané de sentir céder sous mes doigts la chaleur lisse des touches du clavier. C'est presque érotique. J'aime glisser du s au e au r dans les mot glissereserserserser. C'est inutile et c'est bon. Un sacrifice, disais-je. C'est idiot. Je n'ai rien à sacrifier, sinon du temps. Tiens, c'est ce que je fais. Je perds un temps utilisable à des fins purement utiles, telles que réviser jusqu'à la leçon trente, réapprendre ainsi à dire «le diplomate joufflu n'a que faire des lois terrestres et marie sa fille sans honte à des ecclésiastes bornés ». Ou des trucs du genre. Je ne sais plus dire joufflu.

 

En fait, ça sonne sans doute mieux en français. Je devrais passer l'aspirateur et laver mes draps des antiques sueurs qui l'amidonnent depuis deux mois. Elles ne sont même pas à moi. J'ai sué ailleurs. Dans des draps maintenant lavés. Qui ne se souviennent plus de moi. Ils ne seront pas les seuls. C'est triste, quand on y pense. Heureusement, je n'y pense déjà plus. C'est l'avantage d'écrire au fil du clavier, comme ça, même si ç'a moins de classe qu'au fil de la plume. C'est moins salissant, aussi.

Et les oiseaux en souffrent moins. Je n'aime pas faire souffrir des oiseaux, sauf s'ils l'ont bien cherché. Ca arrive. Beaucoup d'oiseaux sont des sales bêtes, qui n'y regardent pas à deux fois avant de vous foncer dessus alors que vous ne faites que vous approcher pacifiquement de leur île. En plus, ça a l'oeil mauvais, les oiseaux. Surtout les goélands. On sent la cruauté en eux. S'il devait y avoir des animaux zombies mangeurs d'homme, les goélands seraient les premiers. A mon avis, ils attendraient même pas d'être zombifiés. C'est foncièrement mauvais, ces bêtes-là, et on a pas à creuser très loin pour trouver le fond. Façon de parler. Je n'ai jamais creusé dans un goéland.

 

Et pourtant, j'aime bien creuser. Pas mes réflexions, hein. Jamais su faire ça. Mais avec une pelle, ou une bêche, ou une pioche. Et des chaussures avec une bonne semelle, pour appuyer. Sinon, ça fait mal. Et du coup, on va pas loin. On trouve peu de vers de terre, si on a des mauvaises semelles. Alors que c'est toujours bien, de trouver un ver de terre. On le regarde gigoter dans sa main, pris de convulsions. Puis il tombe par terre. Et on ne sait pas si on doit le recouvrir, est-ce qu'il saura recreuser ou est-ce que ça le noiera ? Ou l'écrasera ? On veut bien faire en le protégeant des goélands zombies, mais si c'est le condamner à mort ? S'il a besoin d'être dans son tunnel pour survivre, pour avoir la place de se tortiller dans le bon sens ?

 

Je ne sais pas comment marchent les vers de terre. Je ne sais pas non plus comment ils font pour mettre des rayures dans les tubes de dentifrice double action. Je ne sais rien. Sauf dire logiciel en chinois.

 

C'est toujours ça.

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 18:42

Après la cruelle constatation que ce blog devenait vachement axé sur la bouffe, jeme suis résolu, la mort dans l'âme, à me demander pourquoi diable, et si j'étais gay parce que bon quand même, c'est un truc de gonzesse les blogs de cuisine. Et j'ai une quéquette donc je ne suis pas une gonzesse. Et on m'a toujours bien dit "c'est les homosexuels qui font ces trucs de gonzesse", au moins jusqu'au CM2. Alors comme déjà je tricote et je tiens un blog, je me pose des questions, parce que bon, si j'étais gay, aurais-je le droit de continuer à mater les filles dans le métro ? Je ne connais pas les règles.

 

Donc. Auto-analyse, comme indiqué dans le titre, de pourquoi et d'où vient mon amour de la cuisine (catégorie arpette et dégustateur, mais bon).

 

J'ai passé une bonne partie de mon enfance au Maroc, avec une nounou marocaine qui nous a par la suite accompagnés en Tunisie et en France, et qui est la meilleure cuisinière que je connaisse. Ce n'est pas qu'un jugement personnel, une de mes tantes également excellente cuisinière reconnaît son talent supérieur, elle faisait d'une simple salade de tomates un mets de roi.

Et je suis un amateur de bonne bouffe.

 

Longtemps, j'y ai vu une simple conséquence de mon élevage, gavé que je fus de tagines de petits pois, de couscous et de harira.

Mais, aussi dur que ce soit à accepter, et sans lui retirer quoi que ce soit, je crois que mon amour de la bonne cuisine n'est pas à chercher par là.

 

Parce qu'en fin de compte, j'étais petit et con, j'appréciais autant les Frosties secs qu'un bon couscous, et je ne supportais pas la plupart de ses tagines (ça a changé depuis, hein).

 

Non, je pense que si j'aime la bonne bouffe, c'est grâce aux bouquins. Tous ces livres pour gamins dont j'ai été également gavé, et où la bouffe me paraissait d'une importance capitale.

 

Parce que c'est étonnant le nombre de livres jeunesse qui ne me restent en mémoire que par le traitement de la bouffe, aussi bien littéraire que visuel, qui me faisait saliver dans mon lit, sous mon lit, ou la tête en bas sur le canapé (oui, j'avais des habitudes de lecture un peu étranges quand j'étais petit).

 

Dès mon tout premier livre, le premier camping de Nahotchan, où la petite héroïne faisait cuire un plat de riz, j'ai été accroché.

 

L'île d'Adam (prononcez Adame, hein), un bouquin sans grandes ambitions littéraires (c'était dans la collection les Belles Histoires, je crois), est chéri dans mes souvenirs pour la seule raison qu'il y avait des petits fours à un moment de l'histoire, et qu'ils avaient l'air super bons, ces petits cubes avec un rond dessus (oui, même ça, ça me donnait envie).

 

Dans les histoires de la famille Souris, qui sont quand même relativement nombreuses, je ne me souviens sans effort que de celle où la famille va déterrer une grosse racine, avec laquelle ils vont faire de la purée, des frites, et plein d'autres trucs dont ils vont se bâffrer dans une double page somptueuse.

Des Turlutins d'Anne-Marie Chapouton, je ne me souviens que de la préparation de l'élixir de soleil.

Pareil, les monsieur-madame, je ne me souviens que de Monsieur Costaud qui mange plein d'oeufs pour être super costaud.

 

Je ne saurais plus trop vous dire le pitch d'aucun Club des 5, mais je me souviens de la soupe à la tomate de la tante Cécile.

Comme je ne me souviens d'une encyclopédie grosse comme ça que par la définition du plat le plus gros du monde : le chameau farci au mouton farci au poulet farci à la carpe.

 

Je ne parlerai même pas des livres de recettes de l'Unicef, dont je pouvais contempler les illustrations des heures durant.

 

Un de mes bouquins favoris entre tous est Fantastique Maître Renard, de Roald Dahl, qui est basiquement une description d'une chasse aux victuailles par des animaux traqués, qui vont piller les réserves de leurs chasseurs, les paysans Bean, Bunce et Boggis, le grand Bean qui ne se nourrit que de cidre (il est maigre et se cure le nez), Bunce le nabot de beignets de foie d'oie (ça lui donne des maux d'estomac et un caractère horrible), et l'obèse Boggis de trois poulets entiers rôtis à point à chaque repas, trois paysans dont les caves regorgeaient d'oies entières, de cruches de cidre, de poulets, et de légumes (parce que comme le disait le petit renardeau, il ne fallait pas oublier de nourrir la famille Lapin), que Renard et Blaireau ramènent au terrier collectif pour un festin de tous les diables. Qu'est-ce que j'ai pu le relire, celui-là. Avec toujours autant l'écume à la bouche.

 

Et je passe sous silence Valentine fait de la soupe aux orties (ça finit sur une orgie de crêpes Suzette), la Potion Magique de Georges Bouillon (quelle recette !) et tous les autres.

 

Ouf.
Mon amour des petits plats ne semble venir que d'une enfance sans amis. Me voilà rassuré.
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 20:42

Je commence à avoir une certaine expérience en la matière, c'est pourquoi je me permets d'expliquer ici le déroulement idéal d'un pique-nique familial. Un gros, parce que j'ai une grosse famille (c'est toujours mieux quand c'est gros).

 

Le pique-nique est une affaire sérieuse, on ne tient pas à ce qu'il loupe, donc on choisit soigneusement la journée en fonction des prévisions météorologiques de la Lozère Nouvelle : le ciel sera bleu, avec quelques éventuels pitits nuages dans les coins.

 

Une fois assurés qu'il fera beau, on choisit le lieu du pique-nique. C'est très facile, car le lieu du pique-nique est traditionnel : une fois qu'on a trouvé un bon coin, on y retourne. Il n'est pas question d'avoir de mauvaises surprises, nom d'une pipe. Il s'agira donc perpétuellement de ce charmant pré tout vert en bordure de ruisseau, à deux heures de route de la maison de vacances familiale : on peut s'asseoir dans l'herbe, il y a des arbres au bord de la rivière qui donnent de l'ombre pour que les vieux ne prennent pas de coup de chaud, rivière où les enfants pourront tester leurs talents de braconneurs de bébés truites et de grenouilles, bref, un sacré paquet d'atouts.

 

Et on ne va pas y renoncer sous prétexte que l'accès se fait par une chemin caillouteux de deux kilomètres, interrompu par deux ou trois barrières de fils barbelés rouillés, que le pré est en pente, rendant l'installation des chaises pliantes des vieux hasardeuse, et qu'il est constellé de bouses de vaches plus ou moins molles.

 

Bref. Le pique-nique familial impliquant de manière générale une trentaine de personnes, on y va à plusieurs voitures, dont une part traditionnellement une demi-heure plus tard que les autres, parce qu'on doit chercher un gamin qui boude caché dans le jardin (moi, par exemple), ou un conducteur qui a oublié et qui prend l'apéro au bar de l'Univers. Cette voiture là est le plus souvent piloté par téléphone portable par un des convives qui aura entamé le rosé, et arrivera une bonne heure après tout le monde, parce que le conducteur aura dépassé de vingt-cinq bornes le lieu-dit « le trou caché entre deux arbres » où il devait tourner pour rejoindre le sentier d'accès.

 

Une fois tout le monde arrivé, vient le moment tant attendu de la BOUFFE. On a l'expérience, donc on a pas oublié les melons bien mûrs, le pain, le saucisson, le jambon du ptit boucher, le rosé, le rouge, les chips, l'eau, les couverts en carton, la thermos de café... Par contre, on a oublié qu'à chaque fois, le melon attire les guêpes. Mais c'est pas grave, personne les craint, sauf une ou deux cousines, qui vont manger dans la voiture, mais elles ne manqueront pas tant que ça, sauf quand on se rendra compte qu'on comptait sur elles pour garder la plus jeune marmaille pendant le repas, marmaille qu'on regarde affectueusement gambader dans l'herbe et se barbouiller de chocolat, jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'on avait pas amené de chocolat, et que les bouses de vaches ne sont pas toutes sèches.

 

Bref, pas de panique malgré tout, tout le monde se gave, les conversations s'éteignent un peu, se cantonnant à « faites passer le jambon » ou « personne a emporté du sel » envoyés à la cantonade. Puis les vieux s'endorment, et les jeunes passent à une autre tradition : la partie de foot post-prandiale

 

La partie de foot post-prandiale : c'est là que le choix d'un pré en pente couvert de bouses de vaches prend tout son sens : ça met du piment dans le match de devoir aller chercher le ballon dans la rivière à la première passe ratée (c'est sans doute pour ça que mes cousins sont très doués au foot). Puis aller chercher le ballon dans la rivière permet de se laver les pieds des résidus de bouse de vache constituant les poteaux.

 

Enfin, tout le monde peut aller se baigner pour laver la sueur. Comme c'est un torrent, c'est plus rigolo. Et les sangsues du coin sont toutes petites, même pas peur. Et on peut faire des oeuvres d'art dans l'eau, avec des bouts de bois et des cailloux. Le soleil descend mollement vers la cime des arbres.

 

 

Puis d'un coup, il s'avère que finalement la météo s'était trompée, on entend un grand BROUUM, il se met à tomber des seaux, tout le monde court vers les voitures dont on va tremper les sièges malgré les serviettes sous les fesses, en se disant qu'au fond, c'est bien, demain il devrait y avoir des champignons.

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 18:42

Plus j'y pense, et plus je me dis que je suis fait pour avoir écrit un bouquin. Et j'y ai pensé, hein ! Une bonne heure et demie, lors d'une promenade méditative dans la nature, entre Bibliothèque François Mitterand et chez moi. Du coup, j'ai eu le temps de constater que tout convergeait : d'abord, j'aime faire des promenades méditatives dans la nature. Ensuite, mon aspect physique, en particulier ma barbe florissante, se conjugant à mon odeur (après une heure et demie de promenade méditative par plus de 30°) pour témoigner de mon souverain mépris des contingences matérielles, sans parler du fait que ma frangine de coloc a balancé mes ciseaux à barbe à la poubelle.

 

Par ailleurs, comme Kipling, comme Saki, j'ai passé mon enfance à l'étranger, au sein d'une famille aussi dysfonctionnelle qu'on puisse l'espérer dans un milieu bourgeois : un père espion internationalement méconnu (preuve de son talent), une mère super-héroïne qui brave les frontières pour voler au secours des enfants kidnappés, une grande soeur qui tentera de m'assassiner à plusieurs reprises, aussi bien au couteau qu'à la boule de pétanque, une petite soeur militante gauchiste anti-démocrate au possible, et un petit frère vaguement rescapé d'une mort subite du nourrisson avec qui je ne parle que conformation de molécules et identification d'espèces de fourmi par le nombre de poils céphaliques.

 

Bon, ça aurait pu être pire, mais tous les grands auteurs n'ont pas été foutus sur le trottoir à sept ans, et ils ont quand même eu du succès.

 

Hum. Sinon, je n'ai pas que les caractéristiques morpologiques et les antécédents familiaux du gars qui a écrit un bouquin, hein. J'ai aussi le trou dans le CV, qui m'a laissé tout le temps que je voulais pour l'écrire, ce bouquin. Car oui, autant l'assumer, ma qualité de branleur fait de moi l'écriveur de bouquin par excellence, celui qui fait ça au lieu de se trouver un vrai travail et d'être utile à la société. En parlant de ça, j'ai même une philosophie de vie, en ce qui concerne la société, que j'aurais pu m'appliquer à expliquer dans mon bouquin (comme elle y serait présentée, je ne vous l'expliquerai pas ici, d'ailleurs, il n'y a que quand je suis bourré que j'arrive à l'expliquer et qu'elle me semble tout à fait faire sens, comme pour la plupart des gens en fait). Et avoir une philosophie de vie, il semblerait que ce soit un passage obligé pour écrire des bouquins. Être atteint de misanthropie galopante aide aussi, mais à défaut, j'aime bien les gens et ça peut le faire aussi. Pour écrire des bouquins, toujours, hein (faut suivre).

 

Puis en plus, j'écris. Y'a qu'à voir sur ce blog, hein, c'est tout de moi, ou presque. De là à écrire un bouquin, j'aurais pas été le premier à sauter le pas. En plus, j'ai un style, quoi. La preuve, on m'a jamais confondu avec Victor Hugo ou Virginie Despentes, enfin on me l'a jamais dit.

 

Puis il paraît qu'il faut être mauvais écrivain pour être bon critique, et je suis super mauvais critique. Du coup, je suis convaincu de la commutativité de ma citation. (et j'utilise des mots compliqués, comme dans les bons livres, wouhou !)

 

Décidément, hein, je SUIS le gars qui a écrit un bouquin. Ne serait-ce que pour se la donner auprès des gonzesses, parce que c'est pas avec mon corps que je vais le faire. Si je suis gaulé comme un dieu, c'est plus Bouddha qu'Apollon.

 

Le plus beau, c'est que j'ai même des idées d'autres bouquins ! Des qui s'appuieraient sur mon expérience en tant que résident temporaire en Bretagne, par exemple. Ou en tant que mec qui essaye d'écrire des bouquins mais qui arrive pas au bout de la première page parce qu'il a pas d'histoire (ce serait l'histoire d'un mec qui essaye d'écrire un bouquin sur un mec qu'essaye d'écrire un bouquin sur un mec qu'essaye d'écrire un bouquin, le concept est déposé).

 

Le problème, c'est que c'est des idées d'AUTRES bouquins. Et pour les écrire, il faut que le premier l'ait été, sinon ça n'aurait aucun sens.

 

Putain de merde.

 

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 00:42

Le jargon des usagers d'internet est fleuri d'expressions exotiques et pittoresques, qui enchantent le linguiste de passage autant que l'orthographe utilisée le désole parfois.

Cependant, toutes ces expressions ne sont pas toujours comprises ni même connues des usagers occasionnels, et c'est à leur intention qu'est écrit cet article, consacré aujourd'hui aux « points ».

Car internet est d'abord le jouet des gamers, autrement dit un troupeau décérébré de neuneus pour lesquels la compétition fait loi, compétition qui seule apporte un intérêt à une discussion, quel qu'en soit le sujet.

Mais ils sont mignons quand même, hein.

 

Bref. Dans toute conversation internet, le but ( le plus souvent inconscient) est de marquer un maximum de points, et ce en jalonnant sa conversation d'allusions clichés, ou « points », de la manière la plus naturelle qui soit (généralement sans y penser, sinon c'est tricher).

 

Le point le plus connu des profanes est le Point Godwin, marqué quand, au cours d'une discussion sur un sujet qui n'a rien à voir, on parvient à citer Hitler, les nazis ou le fascisme (en règle générale, pour accuser l'adversaire interlocuteur d'être un gros facho qui n'a pas les mêmes idées que vous).

 

C'est loin d'être le seul point marquable dans une conversation internet.

 

Il y a également le point M (Mezcal ou Monty Pythons), marqué lorsque l'on démontre, preuve à l'appui, que le sujet de la discussion a déjà été traité par les Monty Pythons (d'ailleurs, les Monty Pythons ont tout inventé).

 

Le Point Caré a été marqué définitivement par Grigori Perelman, qui a démontré que V étant une variété compacte à 3 dimensions sans bord, il était possible que le groupe fondamental de V soit trivial bien que V ne soit pas homéomorphe à une sphère de dimension 3, ce qui est balèze, reconnaissons-le (un peu d'honnêteté intellectuelle, que diable). On ne le décerne plus aujourd'hui qu'au personnes citant de manière rigoureuse le neuvième président de la Troisième République Française.

 

Le Point exe est très mal vu, parce qu'il a tendance à propager des virus. On le boycotte.

 

Le Point Tillieux se marque en reprenant son interlocuteur sur une citation de Gil Jourdan, en précisant l'album, la page, la case, et la date de première publication de la citation, ainsi que la cotation actuelle de l'album au BDM.

 

Le Fulguro-point est marqué quand on lance un argument destructeur, qui clôt le débat de manière brutale et efficace. Souvent marqué à l'époque de VanVeen, on le voit de moins en moins sur parano, voire jamais (1).

 

le Point G est atteint quand la communion intellectuelle est totale entre les interlocuteurs, qui ressentent alors un sentiment de jouissance absolue. On ne le voit jamais non plus.

 

Le Point Sonnet des Lilas est obtenu assez rarement, vu qu'il nécessite d'improviser au cours de la conversation un petit poème en quatorze vers à la gloire de cet arbrisseau qui sent bon(2).

 

Le Point Poin Poin Poin est le plus facile à marquer : il suffit de faire une blague qui tombe complètement à plat et est ignorée par l'ensemble de la communauté. Il y a de grandes chances que cet article suffise à marquer ce point.

 

 

(1) Il me manque un super jeu de mot avec l'astéro-hasch, si vous avez. Et sinon, ha oui, c'est un article destiné au site parano.be, et VanVeen en était membre, mais ne l'est plus, pouf. Mais Yoze a un peu pris la relève.


(2) Par exemple :


J'ai un lilas dans mon jardin

Il ne sent pas le romarin

Il a une belle couleur lilas

Je le regarde, je n'm'en lasse pas.


J'ai un lilas dans mon jardin

Il embellit la niche du chien

Et couvre l'odeur de son caca

Décidément, que f'rais-je sans toi ?


Ô beau lilas, ne fane point !

Pour toi je donnerai un rein

Quand bien même ça n'rimerait à rien


Tu n'as pas de risque de diabète

Après tout tu n'es qu'une plante verte

Mais moi je t'aime, ça me rend bête.

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