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FIGB recrute




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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 16:11

Le Sénégal a plein de bons côtés. Par exemple, il y a de merveilleux oiseaux, comme les pélicans, les hérons goliath et les baobabs.

Il y a les brochettes haoussa, aussi, et le tieboudjen quand il est bon, la vie politique animée, les monuments de dimensions bibliques (enfin, coraniennes, mettons), la lutte sénégalaise à la télé, les crevettes pimentées, tout ça tout ça. Enfin, je veux dire, c'est plein de trucs qui font que ça vaut le coup d'y être.

 

Et puis, il y a les mauvais côtés, parce que bon, on n'apprécie bien un pays que quand on a réussi à apprivoiser un peu ce qu'il a d'emmerdant (comme les grèves qui donnent à la France son charme indicible, ou la pluie qui rend l'Angleterre supportable en forçant à la fréquentation des pubs et à l'ingurgitation massive d'antidépresseurs houblonnés, tout ça).

 

Au Sénégal, et en particulier à Dakar vu que pour le reste du pays je n'en sais foutre rien, les côtés emmerdants concernent l'eau, l'électricité et le téléphone. Faisons un petit tour, si vous le voulez bien.

 

Pour l'eau, on est emmerdés (au sens propre) quand il n'y a pas de pression et qu'on s'en rend compte qu'une fois qu'on doit tirer la chasse et se laver les mains avant d'aller à la rencontre de personnalités importantes, parce que ça ne donne pas forcément une bonne image de soi de laisser une cuvette tapissée des résidus de digestion des crevettes pimentées précitées (elles peuvent être violentes, des fois), ni de serrer des pognes des huiles internationales et parfois même moustachues de votre patronat quand vos doigts ont le même fumet que la rivière du côté de la baie de Hann (joliment et justement nommée le Rio Merdo).

 

L'électricité a au moins l'avantage de pouvoir se moquer de la France : quand on voit à la télé que le département le plus mal loti a 35 heures de coupures par an (et que c'est la Lozère, ouéé vive la Lozère), et qu'on en a autant dans la semaine, on glousse un peu.

Puis on peut toujours essayer d'y faire quelque chose, au Sénégal, alors qu'en France, même pas la peine d'y penser. C'est l'avantage du délestage : ce n'est pas un accident, quand on est coupé (bien que ça arrive, hein, surtout quand on a des travaux comme maintenant).

Donc, ici, on appelle la Sénélec, et on leur explique que non mais, c'est pas normal, on a été coupés trois heures ce matin, puis c'est revenu, puis reparti aussi sec. Et là, avec un peu de chance, on vous répondra « ha oui mais zut, on a fait une erreur, c'est pas vous qui deviez être coupé », et hop, vous entendez soudain votre réfrigérateur reprendre son ronronnement, et vos yaourts sont sauvés.

Il y a aussi la possibilité d'influencer les malheureux employés, des fois, voire de les manipuler honteusement.

Imaginez que vous êtes en pleine fiesta avec vos amis et vos chevaux, du côté de la baie de Hann (un côté qui sent plus le fumier de cheval que l'humain), et que soudain, paf, les enceintes cessent de vous abreuver les oreilles des rythmes douillets de Francky Vincent.

Que faites-vous ?

Vous saisissez votre portable, appelez la Sénélec et aboyez « mais enfin, qu'est-ce qu'il se passe ? L'évêque de Dakar est venu bénir la baie de Hann, et il n'y a plus de courant ? »

Là, votre interlocuteur devra balbutier quelque chose de pas trop intelligible avec des Son Éminence qui dépassent par-ci par-là entre les « personne ne m'a dit », puis hop, Fiat lux pour l'évêque, et fiat Francky Vincent par la même occasion. Testé et approuvé (paraît-il, mais je n'ai aucune raison de mettre cela en doute).

 

Bon, c'est rigolo, mais reste que y'a quand même plein de coupures de courant et que c'est super chiant quand vous êtes en plein visionnage de Chuck ou de the Wire sur le vidéoprojecteur qui ne tient pas quand vous êtes sur le générateur.

 

Mais le pire, je crois que c'est ce qui nous est arrivé ce week-end : coupure de téléphone, et donc d'internet. Vous appelez la Sonatel, on vous répond que c'est un accident, et que le problème sera bientôt réglé. Vous rappelez le lendemain, on travaille sur le problème, ce sera bientôt réglé. Un peu plus tard, vous décrochez votre téléphone, et joie ! Tonalité !

Vous faites votre numéro de portable, pour tester. Et il sonne ! Youpi ! Vous branchez votre routeur, tout pressé que vous êtes de pouvoir aller voir des blogs fascinants, attendez quelques minutes, les poings serrés et les yeux fixés sur la petite icône en bas à droite de l'écran, celle avec les deux petits ordinateurs et la vilaine petite croix rouge. Qui ne disparaît pas. Toujours pas. Et continue de ne pas disparaître.

Vous réessayez de vous appeler du fixe. Et ça marche. Mais vous vous rendez compte que le numéro qui vous appelle n'est pas du tout celui de votre téléphone fixe.

On vous a changé votre numéro de téléphone.

 

Vous appelez la Sonatel, et effectivement, ce n'est pas votre numéro. C'est celui de la famille Touré. Et la vôtre, elle est devenue quoi ?

 

On y travaille. Le problème sera bientôt réglé.

 

En attendant, puisqu'il n'y a toujours pas le net à la maison, je dois prendre sur mes heures de travail pour poster ça. J'espère que mon vilain patron ne le lira pas.

 

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 17:42

 

 

Bon. Suite à une discussion avec ma grande soeur outrée, je me dois de faire mon mea culpa : ce n'est sans doute pas une tortionnaire nazie comme j'ai pu le faire croire.

En fait, je tenais au titre précédent, qui m'était venu après quelques bières et liqueurs au bistrot toulousain d'à côté de la maison, du coup, j'ai écrit l'article dans les brumes de l'alcool, et c'est mal (étrangement, ce n'est que quand je suis cuit que j'écris sur ma soeur. Et quand j'écris quand je suis cuit, c'est généralement sur ma soeur aussi. Si ce n'est pas une tortionnaire nazie, elle a quand même gravé une empreinte indélébile sur mon cerveau, et pas seulement à coups de boules de pétanque. C'est très bien, ça me donnera à discuter avec mon psy, pour quand j'irai voir un psy pour dépenser mon argent, quand j'aurai de l'argent, et me permettra de continuer à alimenter un blog moribond).

 

Bref. Pour être tout à fait honnête, je ne connais pas à ma soeur un goût prononcé pour les tenues kaki, je ne l'ai jamais je n'ai vue brailler « Heil Hitler » en tendant le bras, pas plus que je ne l'ai surprise à écraser une cigarette sur le front d'un petit enfant juif. Certes, elle ne connait pas (que je sache) de petit enfant juif, mais en connaîtrait-elle que je suis convaincu que même si elle fumait, elle ne lui écraserait jamais sa cigarette sur le front, aussi insupportable puisse-t-il se montrer (en tant qu'enfant, entendons-nous, pas en tant qu'enfant juif. Les enfants sont tous insupportables, quelle que soit leur confession).

 

Je retire donc ce que j'ai pu dire précédemment : rien ne laisse à penser que ma grande soeur soit une tortionnaire nazie. Oui, j'assène, c'est pour être sûr d'être bien compris.

 

D'ailleurs, elle a bon fond, en fait.

Tenez, dans sa folle jeunesse, elle a passé deux mois à regarder des vidéos de copulation de pucerons. Deux mois. A regarder des trucs qui sont à peine plus que des points avec des pattes grimper sur d'autres points avec des pattes. Enfin, j'imagine, si ça se trouve, c'est encore moins excitant que ça. La seule chose intéressante, chez ces bestioles, qui les distingue un peu du reste du règne des bestioles inintéressantes à six pattes, c'est qu'elles sont vertes. Ca ne fait pas beaucoup. Et elle a passé deux mois dessus. Même le côté vert ne devait plus avoir beaucoup d'attraits.

 

Je sais pas vous, mais moi, ça m'aurait donné des idées de meurtre. De meurtre de pucerons, au moins. Ha ça, j'aurais pas hésité, fin du stage, hop, au four les pucerons.

 

Pas elle. Elle, elle a eu pitié. Et ces bestioles, qui lui ont fait passer des mois d'ennui profond, elle leur a cherché un toit à la fin de l'étude. Elle les a gardés, dans leur petite boîte de Petri, en espérant leur trouver une famille adoptive, qui aurait un rosier compatissant.

 

Bon, ça n'a pas marché. Mais elle a essayé. Est-ce qu'une tortionnaire nazie ferait ça ? Sans doute pas.

 

Ce n'est pas tout. Est-ce qu'une tortionnaire nazie aimerait se salir pour faire la cuisine ? Sans doute pas non plus. Une tortionnaire nazie mangerait des patates soigneusement épluchées avec des gants Mapa. Chez nous, pas de gants Mapa. Même pour faire la vaisselle.

 

Est-ce qu'une tortionnnaire nazie serait persuadée de l'inutilité du prépuce ? Bien sûr que non, puisque nos petits capuchons sont ce qui nous distingue des petits enfants juifs (en plus de leurs doigts crochus et de leur petit sac d'or autour du cou, ça va de soi).

 

Est-ce qu'une tortionnaire nazie ferait du mal à un charmant petit enfant blond aux yeux bleus, baptisé et fréquentant régulièrement la messe de Noël pour faire plaisir à sa mamie ? Jamais de la vie, ces gens-là ont une éthique. Et pourtant, je l'ai assez dit, ma soeur ne s'en privait pas.

 

Voilà. J'espère que malgré ce que j'ai pu en dire plus tôt, sous l'emprise maléfique de l'alcool sénégalais, vous êtes maintenant convaincus que ma soeur n'a rien d'une tortionnaire nazie. Et elle mérite bien qu'on lui reconnaisse au moins cette qualité-là.

 

 

 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 00:42

Un oeil d'or m'observe

Du fond de mon verre.

C'est ma bière.

Une bière est comme une femme

Fraîche et pleine de bulles

Quand on vous la sert

Une heure après

Elle est tiède et fade

Et plate

Elle ne rime plus à rien

Moi non plus

Je suis bourré.

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 21:42

On le savait déjà, les écologistes sont durs à supporter. Ils sont toujours prêts à vous démontrer à quel point vous êtes dans l'erreur, et comment vous tuez la planète en mélangeant le papier et le carton dans les poubelles jaunes ou en ne mangeant pas les épluchures de pomme de terre, alors que Jean-Pierre Coffe a expliqué comment on pouvait faire des frites encore meilleures que les vraies frites à la patate normale avec les épluchures.
C'est un peu fatigant, même si des fois, ça fait des bonnes BD (lisez Auto-Bio de Cyril Pedrosa).

Puis ils roulent comme des fous sur leurs bicyclettes en alu recyclé, vous frôlant de leur manteau qui sent le suint de mouton quand vous ouvrez votre portière sans faire attention, ils vous envoient vers des sites culpabilisants qui vous indiquent combien de petits somaliens on pourrait sauver avec les peaux de saucisson que vous donnez à votre chat, tout ça (bon, là, ils ont pas tort, il faut manger la peau du saucisson), ils vous regardent avec un oeil bizarre quand vous mangez votre bon kebab plein de gras parce que l'élevage de boeuf ça fait du méthane à effet de serre et qu'il faut manger plutôt du tofu (alors que bon, le kebab, c'est de la dinde, hein, mais vous avez même pas le temps de leur dire parce qu'ils sont déjà en train de vous citer les chiffres de la forêt amazonienne dévastée pour faire des pâtures à vache est-ce que tu te rends seulement compte alors que les pissenlits sont vachement plus nutritifs que la viande aux hormones mais tu réfléchis pas une seconde aux conséquences de tes actes ?

Et nous, on dit rien. Parce qu'on se dit qu'ils ont pas tort, et que même ils ont plus raison que vous, et que si tout le monde était écolo, les kebabs fermeraient mais les papillons reviendraient voleter dans les villes et il y aurait des bambis qui gambaderaient dans les cours des écoles.
Ce sont des gens biens, les écolos.

Oui, mais sauf que non. La science a prouvé que c'était des gros salauds profiteurs. Sans blague.

Enfin, je vais un peu vite en besogne.
Reprenons au début : en ville, à part son manteau tissé en peau de mouton équitable tibétain (abattu dans le respect de l'animal, pendant qu'il dormait et tout, après un repas de son herbe préférée), sa bicyclette hollandaise et ses ongles sales, à quoi reconnait-on un écolo ?
A son cabas plein de légumes bios du petit paysan d'à côté (achetés chez le gars qui vend trente sortes de boulgour et loue des yourtes sur internet en parallèle), et tous ses produits « verts », bien sûr !

C'est bien, ça, de faire vivre le commerce de proximité, de soutenir la production locale, d'acheter des produits plus économes en énergie et tout. A première vue.

Sauf que. Une étude a démontré que les gens qui achètent des légumes bios, ben devinez quoi ? Ils se sentent dédouanés, et du coup, ne se privent pas de jouer les connards à côté.
L'expérience a été menée par une équipe de recherche canadienne, qui a présenté une simulation de boutique en ligne à des étudiants. La moitié avait droit de dépenser jusqu'à 25 dollars dans des produits marqués « verts », comme des ampoules basse consommation, l'autre moitié n'avait accès qu'à des produits conventionnels.
Les étudiants passaient ensuite un test : certains devaient se partager 6 dollars entre eux et un autre participant, et un autre groupe faisait un jeu consistant à observer une image constituée de points et à dire s'il y en avait plus à droite ou à gauche d'une ligne. Ils recevaient 0,5cents à chaque fois qu'ils disaient qu'il y avait plus de points à gauche, et 5cents quand ils disaient qu'il y en avait plus à droite. Oui, c'était particulièrement facile de tricher.

Et que croyez-vous qu'il arriva ? Bien sûr, les acheteurs de produits « verts », se sentant sans doute dédouanés, ont été les plus nombreux à s'attribuer une plus grosse somme que celle qu'ils donnaient à leur partenaire dans le premier groupe, et plus nombreux à tricher dans le second groupe.
Dans ce groupe, d'ailleurs, les joueurs étaient invités à aller chercher eux-mêmes leurs gains dans un sac, et si tous ont pris plus que leur dû, les « écolos » ont pris en moyenne plus que les autres.

Décidément, ces gens qui se croient mieux que les autres se croient aussi tout permis. Tous pourris.

Source : the New Scientist.

PS : quelques raccourcis intellectuels se sont glissés dans ce texte, sauras-tu les retrouver, ami lecteur ?
Evidemment, l'expérience ne dit pas que les écolos sont tous des égoïstes voleurs. Mais le fait que les gens s'autorisent manifestement ces petits relâchements moraux après une « bonne action » écologique expliquerait les résultats contreproductifs de certaines politiques visant à réduire l'empreinte environnementale. Par exemple, le fait qu'en Grande-Bretagne, les gens qui ont opté pour des systèmes à économie d'énergie dans leur maison soient plus enclins à monter le chauffage et à le faire fonctionner plus longtemps. 

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 13:42

Carpe diem. Quelle connerie.

 

Je ne compte plus les gens qui se réclament de cette maxime idiote comme philosophie de vie. La plupart de ceux-là me reprochent mon côté casanier, le fait qu'en trois mois de Sénégal je ne me sois pas donné la peine de visiter le moindre truc à Dakar (alors que foutredieu, je bosse, je rentre, j'ai pas que ça à foutre d'aller traîner dans des marchés, je le faisais pas en France, c'est pas maintenant que je vais commencer) et enchaînent sur leur sempiternelle rengaine visant à me convaincre du bien-fondé des voyages, qui forment la jeunesse, tout ça. Selon ces braves donneurs de leçons moralistes, si tu n'as pas été partout, tout vu, tout mangé, eu des diarrhées-geysers dans des chiottes dégueulasses, tu peux pas comprendre le monde, t'as raté ta vie.

 

Foutaises.

Voyager ne rend pas plus intelligent. Je connais plus de gens intelligents qui ont voyagé, certes, mais je suis à peu près convaincu qu'ils l'étaient avant de se barrer. Comme disait le grand Georges, quand on est con, on est con, c'est pas d'avoir vu le coucher de soleil sur le mont Fuji ou un lion bouffer une gazelle sous un baobab qui va te rendre plus intelligent. Et puis si les gens intelligents sont majoritaires, j'ai quand même rencontré plein de cons ayant voyagé (la plupart étant les adeptes du Carpe Diem cités plus haut).

 

Les voyages, je suis désolé de vous le dire de manière aussi abrupte, les voyages, concrètement, ne servent à rien. Les voyages pour le voyage, je veux dire (je ne parle pas des voyages « obligatoires », d'affaires, ou... ou d'affaires. Ou d'études, mettons). Il y a même un certain paradoxe là-derrière.

On voyage, on voit des trucs jolis, et alors ? Une fois qu'on est revenu, il ne reste que des souvenirs. Des images dans la tête. Un passé, qui ne fait qu'encombrer quand on prétend essayer de vivre le présent.

 

Carper le diem pour avoir un passé sur lequel se retourner une fois qu'on a bousillé sa santé à visiter des pays pas sains et à manger des cochonneries pleines de coliformes fécaux, pendant que mouches vertes prêtes à vous pondre leurs oeufs dans la peau vous tournent autour de la tête ?

Pour avoir des regrets en rentrant chez soi parce que c'était mieux là-bas et qu'on aurait dû rester, ou pour en avoir parce qu'on a perdu son temps à se vider la boyasse accroupi au-dessus d' un trou miteux, les pieds dans les éclaboussures cholériques des gens qui sont passés avant vous ?

 

Franchement. NON, ça ne donne pas un sens à la vie. NON, la vie n'a pas de sens à avoir. Et NON, se la péter devant les gens parce qu'on a des souvenirs de plus qu'eux n'a aucun sens. Quelque chose de vécu, par définition, c'est du passé. Quelque chose de passé n'existe plus. Le passé est sans intérêt, les amis. Votre passé encore plus que le mien, puisque c'est vous qui l'avez vécu. Non, je ne serai pas impressionné par le fait que les images dans votre tête soient plus intéressantes que les miennes, d'ailleurs j'ai une très bonne imagination, figurez-vous que je peux avoir les mêmes images dans la tête sans avoir à passer par l'étape diarrhée en brousse.

 

Ha mais. Si je veux ne rien faire, c'est mon droit le plus strict, nom d'une pipe. Je gagne un temps précieux à ne pas me faire de souvenirs, je le gagne en ne vivant pas ces futurs souvenirs, et en ne les rabâchant pas à mon malheureux entourage, pour ça je pourrai toujours les inventer si ça peut vous faire plaisir, ne vous en faites pas. Mais par pitié, fichez-moi la paix et laissez-moi lire tranquillement et glander devant mon ordinateur.

 

Bon, je dois vous laisser, il faut que je prépare mon sac, je pars en mission demain matin, quatre jours de pêche dans un bolong du Sine-Saloum.

 

J'espère que vous n'êtes pas jaloux. Y'a vraiment pas de raison.

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 19:42

La vie d'expatrié, il faut bien le reconnaître sans se voiler la face comme des pudibonds réactionnaires frustrés, la vie d'expatrié présente bien des avantages par rapport à la vie de non-expatrié.

Il y a bien sûr le salaire. Enfin je crois, je n'ai pas un salaire d'expatrié, mais un salaire tout court, ce qui est plutôt pas mal par rapport à ma situation antérieure de rentier, qui n'était pas mal non plus, mais laissait dans la gorge le goût amer de la culpabilité de tirer sur les ressources de mes parents expatriés (merci, parents expatriés, je vous rappelle que c'est moi qui paye le gaz de votre fille non-expatriée qui a trouvé un CDI récemment sans doute mieux payé que mes misérables compensations de Volontaire International).

Mais il y a surtout le fait que quand on est expatrié, on est étranger. Du moins, c'est ce qu'on veut bien laisser croire aux étrangers qui peuplent le pays où on s'est expatrié, hein. Et être étranger, mine de rien, c'est plutôt pas mal. Enfin, étranger à l'étranger, pas étranger en France, bien sûr.

 

Je passerai sur le charme de l'exotisme, vu que je n'ai perçu aucune ouverture du côté de mes charmantes voisines de bureau (qui en plus sont mariées, nom d'une pipe). C'est un mythe qui ne concerne que les gens charmants de base, qui se retrouvent, une fois déménagés, charmants ET avec un accent et un teint exotique qui plaisent au sexe opposé surtout parce qu'il y a le côté charmant sous l'accent et le teint. Un moche avec un accent sexy restera moche. En fait, l'accent n'est plus si sexy une fois qu'on est moche. Enfin, passons donc, puisque ça n'a aucune espèce d'intérêt.

 

Non, l'intérêt d'être étranger, c'est qu'on peut se permettre de juger le pays où l'on est et les gens avec notre expérience de « qui-vient-d'un-pays-où-que-quand-même-on-est-mieux-que-les-autres ». Je parle donc essentiellement du cas de l'étranger de nationalité française. Ceci dit, les étrangers d'Etrangerie peuvent parler avec leur expérience de « qui-vient-d'un-pays-où-que-quand-même-on-est-mieux-que-les-autres-du-moins-c'est-ce-qu'on-croit-parce-que-bon-la-France-c'est-mieux-sans-déconner-quoi », mais ils sont moins crédibles que les « étrangers-mais-pas-tant-que-ça-puisque-bordel-on-est-français-ho ».

 

Et c'est bien agréable de juger. Mais le mieux est encore de pouvoir toiser du haut de ses trois mois de présence (dans la capitale, entre le bureau et le glandage à la maison) les nouveaux venus et de leur faire la leçon sur la vie. C'est presque jouissif. « Quoi ? T'as payé 1500 balles le taxi pour le trajet de chez toi à ici ? Ptain mais t'es un vrai toubab toi, ça vaut même pas 1000 francs !

-Oui mais je savais pas, je suis arrivé que hier, c'est la première fois que je prends un taxi puis bon, c'est que 500 balles quoi...

-Hahaha nan mais c'est pas grave, va, t'en fais pas t'apprendras, on est tous passés par là, hein ! Mais bon, il t'a bien niqué, quand même ! Ha non ils sont forts ces cons ! »

 

Puis en plus, aux yeux du nouvel arrivant, on est un peu comme un reporter de guerre, à la Albert Londres : tout ce qu'on peut dire a valeur de vérité, alors on peut en rajouter dans le genre « nan-mais-tu-sais-ralala-j'en-ai-vu-de-belles-ici ». Exemple : « Ha nan mais ouais, ils sont forts hein, ils ont des routes pourries avec des trous partout, et ils dépensent des milliards pour quoi ? Pour casser une route qu'ils ont faite y'a trois ans, en parfait état et qui roulait comme papa dans maman » (ajouter des métaphores imagées donne un poids supplémentaire à votre brillante analyse de la situation, de ses tenants et aboutissants, tout ça). Et le mieux, c'est que vous pouvez faire la même chose sur internet : la plupart de vos lecteurs étant de chez vous, et vous loin, vous êtes un spécialiste et pouvez médire à loisir du pays où vous êtes.

 

Mais bon, des fois, en tant qu'étranger et blogueur, vous êtes déçu. Par exemple, quand je suis allé à la police des étrangers (la police d'ici de leurs étrangers, la police de moi, quoi. Pas leur police d'étranger, puisqu'ils sont ici chez eux, vous suivez ?), pour faire faire ma carte d'identité d'étranger, et bien je m'attendais à poireauter des heures, et à avoir droit à des commentaires sur le fait que j'étais limite charterisable, tout ça.

Que dalle. En l'espace d'un quart d'heure, mon dossier était monté, mes empreintes prises, le tout de manière charmante et pas du tout policière.

Je suis déception.

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 13:42

Mes amis, certains d'entre vous le savent déjà, je suis retenu ici contre une partie de mon gré. On tente de baillonner mon esprit, et de circoncire ma verve littéresque.

On me force à écrire un article scientifique.

Or, les articles scientifiques sont la chambre à gaz des prétentions littéraires. Et j'en ai, des prétentions littéraires, puisque je tiens un blog. Ce que ne fais que dans l'optique claire et nette de me faire repérer par les chasseurs de têtes de la Pléiade, comme les autres blogueurs.

 

Bref.

On me force donc à écrire un machin sur les catégories écologiques poissonières dans les estuaires. Ou les guildes, comme on dit dans le milieu.

Les guildes. S'il y avait meilleur moyen de montrer que la communauté scientifique est gangrénée par la pourriture rôliste, celle qui lit la sous-littérature fantasyesque, je ne vois pas. C'est vous dire où je suis tombé.

 

Mais j'assume. On me demande de faire quelque chose, et on me paie une fois par bimestre pour ça, je le fais. Je ne signerai même pas. Je serai un nègre au Sénégal.

Mais au moins, que j'en profite pour soigner mon blog-rank, comme on dit par ici. Et donc pour en faire une note de blog.

 

Voici donc la première ébauche de ce qui donnera un article publié dans le prochain Nature - ou Science, on verra lesquels de ces deux tombeaux de la belle langue feront la meilleure proposition.

 

 

Les écosystèmes aquatiques présentent une grande diversité, que ce soit sur le plan de leur origine, de leur fonctionnement, ou de leur richesse faunistique et floristique.

(ça commence : là, on est un peu à l'équivalent de « de tout temps, l'homme a cherché à percer la nature de sa nature » : l'intro bateau et pourrie que ton prof de philo t'a répété à chaque dissertation de ne pas utiliser parce que c'était bateau et pourri, mais les scientifiques peuvent se le permettre : ils n'ont rien à faire de la qualité littéraire de leur prose, et ils méprisent les profs de philo avec leurs longs cheveux blancs et leur insistance à vouloir faire apprécier Jean Ferrat à leurs élèves, de toute façon ils passaient ses cours à faire leurs devoirs de maths sur leurs genoux).

 

Parmi les plus importants sur le plan écologique, on trouve les écosystèmes estuariens et lagunaires, que l'on peut définir comme : insérer ici une des trente mille définitions par un des trente mille gus qui a essayé de se demander ce que c'était qu'un estuaire sans être foutu de se mettre d'accord  avec les collègues parce que c'est forcément lui qui a raison, puisque les autres sont des branquignols étrangers.

 

[partie censurée pour cause de secret défense]

[bon, en fait, c'est juste chiant, on dit que les estuaires c'est compliqué, et que c'est important d'en avoir pour avoir des poissons à pêcher après et pouvoir bousiller tranquillement les stocks et que il faudrait savoir comment faire pour dire houla les amis, on est en train de flinguer cet estuaire c'est pas bien]

 

Puis là, peut-être qu'on parle de ce que les grands anciens des années 70 ont fait dans le domaine, histoire de bien se foutre de leur gueule après coup vu qu'ils ont pas compris que le plus important c'était ce qu'on a fait nous en pompant sur ce qu'on fait d'autres mais en mieux parce que les autres c'est des branquignols aussi et que la science de toute façon, c'est pomper sur des branquignols en améliorant leurs trucs tout pourris.

 

Les modifications de structure des assemblages piscicoles en réaction aux modifications biologiques, physiques ou chimiques, sont de bons indicateurs de la perturbation du milieu (Whitfield et Elliott, 2002).

 

Pour mieux appréhender ces notions d'assemblages, divers auteurs ont fait appel à des classifications écologiques permettant de s'affranchir de la notion d'espèces, et ainsi de comparer des estuaires sur une grande échelle géographique.

 

[Blablabla]


Cependant, ces catégories écologiques ne nous paraissent pas être les plus appropriées au cas des MEL d'Afrique de l'Ouest.

En effet, dans les estuaires tropicaux, l'effet de la température est généralement négligeable alors que la transparence varie selon la saison et la salinité (Stoner, 1986). Toutefois, elle ne peut être interprétée comme dans les milieux tempérés où la corrélation entre transparence et salinité est toujours positive (Marshall & Elliott, 1998).

Par ailleurs, la crue de saison des pluies est un phénomène dont l'effet structurant vis-à-vis des peuplements ichtyques de milieu saumâtre en Afrique de l'Ouest est majeur (Albaret & Ecoutin 1990 ; Guirall 1992), et qui n'a pas lieu en milieu tempéré (et alors ? me direz-vous. Aucune idée. C'est juste pour dire que ce qu'on fait c'est mieux que ce que font les autres, avec un peu de chance les reviewers seront trop bêtes pour voir que ce n'est pas un argument)

 

De plus, de récentes recherches tendent à montrer que certaines espèces peuvent avoir des modes de vie différents dans différentes régions biogéographiques. Par exmple, Mugil cephalus peut être catadrome dans une région, estuarien dans une autre, et marin dans une troisième (Elliott et al, 2007). De ce fait, prétendre attribuer une catégorie à une espèce au niveau mondial est vachement gonflé, pour ne pas dire que c'est limite du foutage de gueule. Et [oups, pas de nom] et ses potes sont là à faire mais ouais, mais c'est pas grave, on va faire comme si, hein, et on va mettre des catégories écologiques mondiales. Nan mon gars, on va pas faire comme si. T'es bien gentil, tu publies de partout, t'es le Barbara Cartland de l'écologie de l'ichtyofaune estuarienne, mais là tu dis des conneries grosses comme ton harem de stagiaires. Alors ouais, ta classification, tu te la carres où tu veux, nous on va faire comme c'est bien, en bons petits artisans des lagunes ouest-africaines.

OK ?

 

[Sccrhhhh]

 

Ceci est un message de la hiérarchie de l'auteur de ce blog : étant donné la valeur de nos relations avec les scientifiques renommés cités par l'auteur, ainsi que le caractère confidentiel et sensible de ces recherches, la rédaction de cet article, ainsi que sa compensation salariale, lui ont été retirés.

Votre adresse IP a été notée et transmise aux services de la DST concernés.

Merci de votre compréhension.

Cette note s'autodétruira dans 6...5...4...3...2...1

 

 

 

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 20:42

Ca fait longtemps que je me dis qu'il faut que je fasse un article sur le thème de la procrastination. Ha bé oui, hein, on parle mieux de ce qu'on connaît le mieux. Et même si j'ai mis un peu de temps à apprendre à dire procrastination, j'ai assez vite compris de quoi il s'en retournait.

Pour les ignares qui ne sauraient pas, la procrastination, c'est l'art de remettre à plus tard ce qu'on se dit dans les tréfonds de notre âme que quand même, ce serait bien de le faire maintenant. Comme par exemple, le fait de faire un article sur la procrastination, qui m'est venu il y a longtemps, c'est pour ça que ceux qui ont compris ont craché leur soupe au potiron (du moins ceux d'entre vous, que j'envie, qui mangeaient de la soupe au potiron) sur leur écran en s'étranglant de rire devant la première phrase, qui est du genre rigolote, parce que remettre à plus tard un article sur la procrastination, c'est de la procrastination, donc j'illustrais mon thème en ne le faisant pas, et du coup, en le faisant, j'abolis le cercle infernal de la procrastination dans un effet de style qui mériterait un nom allemand avec Gestalt dedans.

 

Mais comment parler de la procrastination sans parler de soi ? Hein ?

Voilà une question que je me remercie de m'avoir posé. C'est grammaticalement faux mais humoristiquement très stylé, une fois de plus, parce que vous voyez, d'habitude, on dit aux gens c'est une question très intéressante je vous remercie de me l'avoir posée, mais là comme vous ne me parlez pas vu que l'article n'est pas fini d'être écrit, je me la pose.

Je me rends compte que je tends à devenir comme un oncle à moi, qui explique ses blagues une fois qu'elles ont fait un flop, et non pas un glop comme je l'ai tapé en premier, parce que les lettres f et g sont juste à côté sur le clavier, ça faisait genre Pifou, il faisait glop-glop Pifou, ça ne rentre pas dans le thème de l'article à proprement parler, mais ça me semblait bien de marquer une forme de reconnaissance à Pifou qui fut un des socles de ma jeunesse avec Babar et Biboundé, et si on commence à renier ses racines, on devient vite quelqu'un sans identité nationale, tout ça.

 

C'est amusant quand même, de noter qu'un des socles de ma jeunesse était l'oeuvre d'un dénommé Michel Gay, et que ça n'a pas eu la moindre influence sur la construction de ma sexualité. Je n'ai jamais désiré de pingouin mâle.

Enfin, pas consciemment, du moins. Je n'ai pas pris le temps de sonder les profondeurs de ma psyché comme je devrais, parce que j'avais autre chose à faire, comme écrire un article sur la procrastination, ce qui me fait retomber sur mes pieds, sans pour une fois que je ne pousse un hurlement sauvage de bête blessée. Parce que ces derniers temps, ça va pas mieux les genoux, dès que je tente de les plier un peu trop avec mon poids par dessus. Je veux dire, si je plie les jambes comme ça (vous ne voyez pas, mais je suis assis et je lève la jambe et je la plie), ça va, mais si je fais ça (je prétends que je me lève, vais jusqu'au frigo et m'accroupis pour prendre un coca dans le compartiment du bas), je hurlerais comme le vent dans les tours de Big Ben par une nuit sans lune de coupure électrique dans Londres.

Mais comme je ne suis pas une gonzesse, même si je reste fan de Michel Gay, je pleure intérieurement (puis de toute façon, y'a personne dans le coin pour me faire un bisou magique).

 

J'ai oublié ce que je voulais dire, du coup. En plus, je regarde un match de basket en même temps, et une marseillaise essaye de me faire dire des méchancetés sur Picsou sur MSN. Comment voulez-vous ?

 

Ha oui. La procrastination. La malédiction qui fait de ma vie l'enfer qu'elle est. La peste qui ronge mon âme et fait monter le rouge au front creusé de crevasses de mon malheureux père, patriarche impuissant devant la déréliction de la vie de son fils aîné, son unique héritier, l'espoir d'une vie de labeur consacrée à mettre les siens à l'abri du besoin en leur inculquant la valeur du travail fait en temps et en heure.

 

Procrastination. Vieille salope. Tu me rends vulgaire.

 

Tout ça pour en venir au fait que putain, il faut que je m'occupe des papiers pour ma malle, encore désolé de la laisser traîner dans la véranda depuis deux mois, ma soeurette.

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 22:42

Aujourd'hui, et comme depuis longtemps, je n'ai rien à dire.

J'ai donc, comme souvent, caressé l'idée de faire une note sur le thème : « j'ai rien à dire ». Mais d'un, je l'ai déjà fait, de deux, tout le monde l'a déjà fait.

Du coup, je me suis dit « pourquoi ne pas faire une note pour parler des notes qui disent qu'on n'a rien à dire ? ». Cette idée a duré approximativement trois secondes, le temps de me dire « ha zut, Boulet l'a déjà fait. ». Boulet, c'est un peu au monde des blogs ce que les Simpson sont au monde des séries télé (sans parler des séries télé animées).

Bon, tant qu'a n'avoir rien à dire, je vais parler de la BD un Taxi nommé Nadir, je me suis dit ensuite. Ca fait un sacrément bon jeu de mots. Rien à dire, Nadir. Ça rime riche. Riche comme Picsou, le plus riche des canards.

Mais bon, malgré l'intense lobbying en sa faveur de mon maquereau libraire (excellent homme au demeurant), je ne l'ai toujours pas lu, un Taxi nommé Nadir. Et je n'ai pas lu non plus « comment parler des livres qu'on n'a pas lus », de je sais plus qui. Je ne peux donc pas exploiter mon hilarante idée. C'est bien dommage.

Bon, j'aurais pu parler des taxis en général, j'imagine. Et de leurs commentaires racistes. Hélas, c'est là que le bât blesse, je n'ai pas encore croisé de taxi raciste. Faut dire, je prends bien plus souvent le bus, et il est interdit de parler au chauffeur, et donc de savoir s'il est raciste. Ou s'il collectionne les timbres.

 

Comment faire, alors ? Comment trouver une idée de note de blog quand on ne connait pas de chauffeur de bus raciste ou philatéliste ? Ni même de BD portant sur un chauffeur de bus raciste ou philatéliste ?


Quand je pense qu'il y en a qui disent que tout a été fait en BD, voilà bien la preuve que non. Ils sont pas si futés que ça, les auteurs de BD. C'est pourtant un sacré créneau, vu le nombre de personnes qui auraient pu leur faire de la pub via leur blog. Parce que je suis sûr que je ne suis pas le seul à ne pas connaître de BD portant sur un chauffeur de bus raciste qui ne sait pas quoi écrire vu qu'il n'a pas lu un Taxi nommé Nadir et ne prend de toute façon le taxi que très épisodiquement sans croiser de chauffeur ouvertement raciste. Et qui a déjà fait des notes sur le fait qu'il ne savait pas quoi dire. Et qui donc aurait été heureux d'en faire sur cette fameuse BD. Qui certes pourrait être mauvaise, avec des perspectives foireuses et un dénouement cucul-la-praline, mais n'en serait pas moins le sujet de note idéal pour qui n'a rien à dire.

 

Je crois que je vais devoir soumettre le projet à un éditeur. Ça ne peut pas ne pas marcher, vu le potentiel publicitaire ouvert par les blogs qui n'ont rien à dire.

 

Je vais me faire un max de buzz. Ca va être l'orgie, mes cochons. Les dessinateurs se vautreront à mes pieds pour l'honneur d'illustrer mon chauffeur de bus. Leurs femmes s'offriront à moi pour que je choisisse leur mari. Les collectionneurs de timbres m'enverront des messages incendiaires pour nier que la philatélie puisse conduire un chauffeur de bus au racisme, parce que ça donne une ouverture sur le monde énorme, et que quelqu'un d'énormément ouvert sur le monde comme un chauffeur de bus philatéliste ne saurait être raciste. Et ça fera grimper le buzz. Je serai l'idole des foules, à l'exception des chauffeurs de bus non-racistes et du lobby philatéliste.

 

Qui ne me feront pas taire. Il en faut plus que ça. Au pire, je ne prendrai plus que le métro. Et le taxi, que je pourrai me permettre, avec ce que ça va me rapporter. Du coup, je finirai bien par tomber sur un chauffeur raciste, qui me permettra de faire une nouvelle note de blog.

 

Ça sera bien.

 

Bon, je commence par quel éditeur, maintenant ?

 

 

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 00:42

 

Parce que ce soir, je m'ennuyais. Parce que j'aime bien le petit bonhomme de Zof sur sa grenouille. Parce que j'avais rien à mettre sur mon blog.

Voilà donc en avant-première mondiale une nouvelle version du début de Jean-Futon contre les Hommes-Moustiques, qui ne verra sans doute jamais de fin parce que j'ai la flemme et pas d'idées. Mais ça finira bien, quand même. (et un jour, j'arriverai à faire un truc qui soit lisible par le lectorat visé, parce que là, oui, ça fait truc pour môme format adulte, snif).

(le personnage est copyrighté Zof, donc)

 

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Il était une fois, dans un pays fort loin d'ici, un château. Un château avec des tours, des douves, des gardes, un roi, une princesse avec un chapeau pointu et une robe rose qui s'appelait Ophidiane (la princesse, pas la robe), en bref un château tout ce qu'il y avait de plus châtelier.

 

Il y avait des bals, des joutes de chevaliers, des troubadours qui jouaient du banjo pour faire danser des ours sur des boules en bois, et de grands festins, car le roi était un fin gastronome.

 

En particulier, le roi était un grand amateur de fromages : coulants, pâteux, puants, à pâte cuite, moulés à la louche, râpés, il lui en fallait à tous les repas. C'est pourquoi il tenait dans son arrière-cuisine un parc à fromages, où ils pouvaient s'ébattre en liberté jusqu'au jour fatal où, arrivés à maturité, ils étaient servis à la table royale, heureux d'accomplir leur destin

.

Le gardien des fromages royaux s'appelait Jean-Futon. Jean-Futon était un jeune homme bien de sa personne, âgé d'une quinzaine d'années, courageux comme un lion, rusé comme un renard, agile comme un ouistiti et grand comme une souris. Une petite souris, même.

Sa petite taille n'était pas un problème : il devait surtout veiller contre les mouches, qui se croient toujours un peu tout permis, en particulier de venir poser leurs pattes sales sur la croûte fraîche des jeunes fromages, laper leur pâte molle à coups de trompinette baveuse, et poser des petites crottes une fois qu'elles ont fini leur forfait.

 

Il avait pour lui donner un coup de main dressé une jeune grenouille qu'il avait appelée Grenouille, aussi adroite pour attraper les mouches à coups de langue que lui-même l'était pour les transpercer de ses flèches taillées dans des allumettes.

 

Malgré son jeune âge, Jean-Futon était garde-fromager depuis des années, et le parc à fromages était aussi bien tenu qu'il pouvait l'être. Au moindre « Bzzzzz », il empoignait son arc, sautait sur le dos de Grenouille, et malheur à l'audacieuse mouche qui avait osé attaquer le timide crottin de Chavignol placé sous sa protection ! Tchac, tchac, deux coups d'épingle en plein coeur si elle avait été trop lente pour décoller, et si elle avait eu le temps de s'envoler, une flèche venait la cueillir en vol, ou la longue langue de Grenouille surgissait comme par magie pour la gober avec un « schloumpf » étouffé.

 

C'était une vie un peu fatigante que menait Jean-Futon, mais il ne s'en plaignait pas. Il était nourri des miettes de la table royale, logé sous l'évier de la cuisine, et tous les fromages l'aimaient bien et lui faisaient confiance. C'était bien mieux que d'être paysan et de devoir faire pousser des haricots qui mettent des mois à sortir de terre, ou élever des poulets qui auraient pu le noyer en une seule crotte.

 

Un beau matin d'été, alors que Jean-Futon dormait tranquillement après avoir passé une dure nuit de travail (en été, les fromages se ramollissaient un peu et les attaques de mouches étaient plus nombreuses qu'en hiver), il fut réveillé par un grand cri qui ressemblait à « HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! », suivi d'un bruit de vaisselle brisé, qui semblait venir du donjon occupé par la famille royale. Il sauta hors de la boîte d'allumettes qui lui servait de lit, et se précipita dans les couloirs, où il faillit être écrabouillé par les hommes d'armes qui couraient comme des dératés en agitant leurs épées dans tous les sens et en criant.

Il bondit comme un tigre sur le talon d'un d'entre eux, grimpa jusqu'à l'ourlet de son pantalon, et s'accrocha tant bien que mal pendant que le propriétaire du pantalon escaladait les marches de la tour de la princesse quatre à quatre.

 

Soudain, le pantalon s'arrêta. Plus un bruit. Jean-Futon descendit prudemment, et se faufila entre les jambes pour voir ce qu'il se passait.

Il était devant la chambre de la princesse, et elle était vide.

Enfin, il y avait le lit avec les draps roses, entourés de rideaux roses, des tapis par terre, des peluches, des affiches de poneys, la nounou de la princesse évanouie par terre, et un bol de chocolat cassé à ses côtés, mais de princesse, aucune trace. Un des gardes s'avança prudemment (il y avait un papier avec marqué « interdit aux garçons » sur la porte peinte en rose), et pointa du doigt : « il y a un bout de papier sur le lit ! ». Il s'approcha, et s'en saisit.

-Quelqu'un sait lire, ici ?

Une voix retentit : « donnez moi ça ! »

Le roi venait d'arriver, en robe de chambre et chaussons panda, et avec l'air bouleversé.

Il parcourut la missive et s'effondra sur le pouf rose qu'un garde avait prestement glissé sous ses fesses. Il souffla : « Mon dieu ! Ma fille a été enlevée par les hommes-moustiques ! ».

 

Les gardes, pris de saisissement, reculèrent d'un pas.

« Les hommes moustiques ? » « ils existent donc ? » « C'est affreux ! » 

 

Le roi était un homme d'action. Il se ressaisit donc rapidement, et annonça : « j'offre une récompense à qui tirera ma fille des mains de ces terrifiantes créatures sans pitié aux pouvoirs inconnus et terrifiants ! »

 

A (sans doute ne pas) suivre...

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