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FIGB recrute




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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 14:42

En ce moment, c'est le festival des couilles à Dakar. On ne peut pas faire trois pas sans en voir une paire qui se balance, souveraine, majestueuse, entre les pattes de son propriétaire. Il y a une espèce de certitude, d'inéluctabilité dans la chute verticale de ces immenses balloches qui semblent peser le poids d'un cheval mort dans des bourses qui pourraient servir de parachute à Nils Holgersson. Elles sont là, s'imposant au premier plan du décor de la rue dakaroise, elles ont une présence scénique innée, elles attirent le regard comme un puits gravitationnel de masculinité débridée. Enfin, si ça veut dire quelque chose.

 

Quelque part, c'est un peu perturbant. A côté de ça, bon, ce ne sont que des couilles de mouton, quoi. Mais quand même, de sacrée grosses couilles.

 

Tout ça parce que la Tabaski approche. La Tabaski, c'est l'Aïd sénégalais, la célébration de l'unique geste approchant vaguement la bonté auquel s'est livré le dieu de l'ancien testament, quand il a dit à Abraham qu'en fait, c'était une blague, il voulait pas vraiment qu'il tue son môme, un mouton innocent suffirait, j'ai vu que t'étais un sacré couillon, maintenant arrête les conneries, et du coup, maintenant, des millions de personnes s'endettent pour longtemps pour pouvoir avoir un mouton à sacrifier, de préférence un beau bélier avec des belles grosses couilles qui tombent, comme ça, BLAM BLAM, de part et d'autre de l'axe de symétrie marqué par le trou de balle.

C'est un peu triste pour les moutons. D'autant qu'ils sont mangés de suite, et qu'en général, c'est pas super bon. Je suis sûr que le gamin a meilleur goût, même s'il a de plus petites couilles. Enfin, en règle générale. Je me base surtout sur mon cas, je n'ai pas observé beaucoup d'autres couilles que les miennes.

 

Je ne sais pas si dieu a choisi un bélier comme substitut à Isaac pour la taille impressionnante de ses couilles. Je ne sais pas si Isaac avait d'aussi grosses couilles qu'un bélier. J'espère pour lui que non. Avoir ses machins qui vous pendent jusqu'aux genoux, ça doit être handicapant, quand on est un môme un peu vif qui aime courir partout, à une époque où les slips devaient pas être très répandus, et dans des coins qui devaient être pleins de cactus et d'épineux. Peut-être dieu était-il jaloux de la dimension biblique des couilles des béliers ? Parce que bon, hein, il a fait l'homme à son image, avec des petites couilles, de la taille de grosses noisettes, et il a pas fait gaffe qu'il en avait donné au mouton des grosses comme des poires, et il s'est vengé comme il pouvait, de manière pas très classe.

 

Ou alors c'est Abraham qui a choisi la bestiole qu'allait remplacer son fils ? Je ne me souviens plus trop. Dans ce cas, la jalousie est une option tout à fait cohérente. Un dieu n'est sans doute pas mesquin sur le sujet des couilles. Puis franchement, il les a bien faites, hein, justement, pile de la bonne taille pour remplir un slip sans risquer de trop se les coincer sous l'élastique, ce qui n'est pas très agréable.

 

Enfin bon, tout ça pour dire qu'il y a plein de moutons en ce moment.

Plein partout, même là où on ne les attendrait pas forcément. Et où on peut pas voir leurs couilles, mais où elles doivent être un peu serrées.

 

mouton1.jpg

 

 

mouton2.JPG

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 21:42

Ce blog a ses défauts, mais il en est un que jamais on ne pourra lui reprocher, c’est de négliger d’apporter à ses lecteurs une saine éducation concernant le monde qui nous entoure, et en particulier les oryctéropes , mais pas seulement : tous ses petits camarades animaliers sont hautement considérés, et la pédagogie zoologique est un sacerdoce auquel l’auteur de ces lignes ne saurait se soustraire, car les animaux sont à ses yeux les êtres vivants les plus intéressants qui soient, juste derrière les plantes et les bactéries.

Aujourd’hui, nous allons parler des mouches, parce que demain, il risque d’être trop tard. La vie de la mouche est brève. Elle a beaucoup de prédateurs, au premier rang desquels le féroce cycliste qui, tel une baleine à roulettes, arpente les routes la bouche ouverte, gobant les mouches innocentes adeptes des promenades au grand air. Il gagne ainsi des protéines essentielles, tout en ne consommant que peu de calories. Mais revenons-en aux traits principaux de la mouche.

La mouche se présente habituellement sous deux formes. La première forme est décrite ainsi par Charles Darwin : « à un bout, une trompinette surmontée de deux gros yeux comme Bob l’Eponge, à l’autre bout rien de bien notable, entre les deux un machin noir avec des ailes dessus et des pattes qui font des guili dessous ». La deuxième forme est décrite ainsi :  « *splatch*Je l’ai eue la salope ha putain c’est dégueulasse y'en a partout ». La mouche peut passer de la première forme à la deuxième, mais pas inversement. En cela, elle est assez semblable à l’œuf au plat, mais c’est là leur seul point commun.

La mouche vit essentiellement sur les plafonds, où ses pattes à guili s’accrochent parfaitement, et dans la soupe, où elle tente vainement d’apprendre à nager. Elle passe des plafonds à la soupe en faisant bzzzz et en n’utilisant que rarement le chemin le plus court, contrairement aux trois nains qui vont à la mine.

La mouche n’est généralement pas dangereuse. Elle est en revanche d’une conversation extrêmement pauvre et pénible, et a tendance à mettre les pattes partout, mais c’est souvent son plus gros défaut. Cependant, les mouches ont parfois une adolescence difficile, comme nous tous. Si vous croisez une bande de jeunes lucilies bouchères, par exemple, vous feriez mieux de changer de trottoir (malgré leur charmant petit nom)(j’ai connu une Lucile charmante, au collège, une petite blonde qui… mais je m’égare). Ces asticots qui n’ont l’air de rien sont capables de dévorer une vache vivante en moins de douze minutes. Ce n’est pas pour rien qu’on les surnomme les piranhas des pâtures. Ces deux dernières phrases sont rigoureusement fausses, mais nécessaires si je veux pouvoir soumettre cet article au magazine Détective. Reste que les asticots de Lucilie dévorent les bêtes vivantes, et les bébés aussi, quand les mamans Lucilie pondent dans le nombril. Ca ne m’empêchera pas d’appeler ma fille Lucilie. C’est mignon, entre Lucile et Lucie. Mais je me régare.

Pour faire des petits, la mouche se reproduit. On ne lui connait comme pratique sexuelle que la sodomie, mais certaines doivent bien se livrer au missionnaire réglementaire prôné par le Vatican pour garantir une portée, sinon, ma poubelle serait moins peuplée.

Tout cela est très beau. Les artistes ne s'y trompent pas, pour qui la mouche est une muse inépuisable. J'en veux pour preuve deux exemples, qui sont d'ailleurs l'unique raison pour laquelle j'ai entamé cet article à la base : les Négresses Vertes, tout d'abord, qui rendirent hommage à l'enthousiasme de la mouche à fréquenter ses amis humains, et Dick Annegarn, chanteur belge à cheveux, qui vit derrière cet enthousiasme la touchante tentative de se faire un ami de l'humain.

Voyons ensemble l'une puis l'autre.

 

 


 

 

Vous voilà donc plus cultivés qu'il y a cinq minutes. J'espère que vous en êtes reconnaissants, et vous donne rendez-vous à la prochaine note culturelle.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 08:42

C'était le premier soir des vacances d'été, à Kernach, et Claude, seule dans sa chambre, s'ennuyait ferme devant l'écran de son ordinateur. Que ses cousins pouvaient lui manquer ! Ca faisait des mois qu'ils ne s'étaient pas vus, depuis ces fameuses vacances de Pâques à Paris, où ils avaient aidé à mettre sous les verrous une bande de contrebandiers.

 

Soudain, alors qu'elle regardait un épisode de Buffy contre les vampires en streaming, le menton posé sur son bureau, un petit *ding* retentit, et son logiciel de messagerie instantanée lui annonça que son cousin François était en ligne ! Un petit frisson de joie la parcourut, vite refroidi par la fenêtre qui venait d'apparaître :

 

         Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

         Salut Claudine !

 

Claude fronça les sourcils. Sa main se posa sur la souris, et, d'un geste vif, elle cliqua sur « bloquer l'utilisateur ». Elle avait horreur qu'on l'appelle Claudine, François devait bien le savoir depuis le temps !

Claude soupira. Elle passa la main dans ses cheveux courts, et, en grinçant des dents, débloqua François. Elle attendait de leurs nouvelles depuis trop longtemps !

 

        Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

         Tu as des soucis avec ta connexion ?

         Parce que je sais pas ce kil s'est passé, tu as disparu

         Vous avez l'adsl quand mm à Kernach ?

 

        KidKlod-BZH rulz ! dit

        Ouais, on est pas des bouseux

        M'appelle pas claudine

        je déteste sa


 

        Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

        Ha oui pardon

        Tu permets que j'invite Mike et Annie dans la conv' ?

 

        KidKlod-BZH rulz ! dit

        k

        ok

 

        Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

     Slt couz !

     Sava ?

 

        AngelNannie-fini l'école, au revoir les copines:(:( dit

        Claude !!!

 

 

        AngelNannie-fini l'école, au revoir les copines:( :( vous a envoyé un Wizz !

 

        AngelNannie-fini l'école, au revoir les copines:(:( dit

        <3<3<3

 

       Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

       Bon, je sais pas si tu sais

       Mais on arrive à Kernach le week-end prochain !!

 

       Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

     Pfff t tro nul

     On avait dis kon liu fesait croir kon vené pa

     lol

     xD

 

        AngelNannie-fini l'école, au revoir les copines:(:( dit

        ptdr

        c pa janti!!!

 

       Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

       J'avais jamais dit ça moi

       Bon, j'espère que tu vas avoir des aventures à nous proposer à kernach;);)

 

       KidKlod-BZH rulz ! dit

       Ben ya papa qui a eu son pc attaqué

       ils lui ont fauché des données super importantes

       pour son boulot

 

        Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

     O_o

     vache

 

        Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

        :(

        ca ressemble a une mission pour le Club des 5 !

 

        KidKlod-BZH rulz ! dit

        Trop tard

        papa a appelé la cyberpolice

        ils ont backtracké les types

        ils sont en taule

 

         AngelNannie-fini l'école, au revoir les copines:(:( dit

        lol:):):)

        c super !!!

 

         KidKlod-BZH rulz ! dit

         sinon, y'a des romanichels qui se sont installés sur le terrain a l'entrée du village

 

         Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

      cool!! ils on voler d poule ?lol

 

        Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

        T'es bête

        il y a plein de choses a apprendre des gens du voyage

        on pourra aller les voir

        discuter autour du feu:)

 

        KidKlod-BZH rulz ! dit

        pas sur

        le maire a appeler les flics

        ils vont les expulsé demain matin

 

        Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

        ho !

 

        Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

     ils on vole tro de poules lol

     pas cool:(

 

       AngelNannie-fini l'école, au revoir les copines:(:( dit

       :'(

       lol pauvres poules:(

 

       KidKlod-BZH rulz ! dit

       Annie, t'es sure ke tu sais ce que veux dire lol ?

       Parce que là, tu l'utilises un peu come une débile

 

        AngelNannie-fini l'école, au revoir les copines:(:( dit

        je sui pas débile!!!!

        t méchante !

        Pk t tjs méchante avec moi lol !!!!!

 

        AngelNannie-fini l'école, au revoir les copines s'appelle maintenant AngelNannie-Claude t trop méchante !!!!

 

        AngelNannie-Claude t trop méchante !!!! a quitté la conversation

        AngelNannie-Claude t trop méchante !!!! est hors-ligne

 

       KidKlod-BZH rulz ! dit

       rolala

       elle changera jamais elle

 

       Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

       tu as été un peu dure avec elle, là

       tu sais comme elle est sensible

 

       Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

     sé les gonzesse sa lol

 

       Dr Henri Dorsel - en route vers le Nobel dit :

       Jeune fille, je n'apprécie pas ce que je viens de lire sur le statut de ta cousine Annie. On en discutera ce soir.

 

       Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

     bon bé si pas 2 romano on pourra tjs allé sur ton ile

     sa sra cool

     on fera du campinq

     on pechera des poisson

 

       KidKlod-BZH rulz ! dit

       ben euh

       en fait

       le château a été classer par l'unesco

       on a plus le droit d'y allé

       g rien pu dire

       c des salauds

       c mon château!!!

 

       Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

       :(

       ça doit être dur pour toi

 

       Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

     T_T

     pas d'avanture cette année

     :'(

 

       KidKlod-BZH rulz ! dit

       Ptet bien que si en fait...

 

       Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

       Ha bon ?

 

       Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

     ?? Vazy raconte raconte raconte !

 

       KidKlod-BZH rulz ! dit

       …

      

       …

 

       Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

     Alleeeeeeeeeeeez !

 

       KidKlod-BZH rulz ! dit

       J'ai le dernier jeu Pokemon sur Wii !

 

       Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

       Génial !

 

        Mike c lé vacances !!! tro coooooool !!! dit

      \o/

      Sa va etre les meilleures vacances kon a jamais eu !

 

        KidKlod-BZH rulz ! dit

        grave

 

        Fran9ois-18/20de moyenne générale ! Youhou ! dit

        grave

 

        AngelNannie-Piii kaaaa Tchouuuu ! a rejoint la conversation

 

        AngelNannie-Piii kaaaa Tchouuuu ! dit

        lol grave

 

 

Oui, décidément, c'était un bel été qui s'annonçait à Kernach !

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 21:42

Le langage réflète le monde dans lequel on vit. C'est un fait indiscuté et indiscutable. Prenez les esquimaux, ils ont 90 mots pour dire « neige ». Les italiens, ils en ont je ne sais combien pour dire « nouilles ».

 

Nous, on en a un paquet pour dire « homosexuels » : gay, lope, lopette, tante, tantouze, pédé, fiotte, pédale, bougre, de la jaquette, inverti, pédéraste, sodomite, folle, tapette, tafiole d'un côté, et gouine, camionneuse, brouteuse, anandryne, fricatrice, gougnotte, goulue, saphiste, tribade, uranienne, de l'autre côté, et j'en oublie.

Par contre, pour dire « hétéro », on n'en a qu'un. Pourquoi ? On est pas moins bien qu'eux, on a juste des préférences pour des orifices différents, même pas en moins grand nombre, mais non, un seul mot nous est attribué. On est la majorité invisible. Ce qui n'est pas nommé n'existe pas.

 

Ca veut bien dire ce que ça veut dire, cette situation. Les hétéros, dans notre monde, ont à peine droit de cité. Tenez, on n'a même pas droit à un qualificatif, alors que le pédé est généralement un « gros pédé », la gouine une « grosse gouine », la folle une « grande folle ». Gros et grand : difficile de trouver plus flatteur pour des termes se rapportant à la sexualité. La supériorité de l'homosexualité dans le langage est bien affirmée. On peut même faire preuve d'une « homosexualité flamboyante ». On n'a jamais vu d' « hétéro flamboyant ».

 

C'est un fait : notre langue a entériné la domination de l'homosexualité. C'en est passé dans les moeurs. Ce qu'on passe à un homosexuel, on le reprocherait à un hétérosexuel, notamment en matière d'habillement. Les homosexuels peuvent s'habiller en cuir ou en robe ou même en salopette, on trouve ça normal, alors que pour un homme hétéro, c'est considéré comme déviant ou ringard. Et si j'ai envie de mettre une salopette, moi ? Bé  non, je peux pas. On me montrera du doigt dans la rue. Sauf si j'ai un homme à mon bras.

 

On est un peu dans une situation à la Harry Potter : les hétérosexuels sont les Moldus de la sexualité. Fades, tristes et inintéressants, tout ça parce que les homosexuels ont leur prostate magique. (d'ailleurs, lisez Harry Potter : qui est le sorcier le plus puissant ? Dumbledore, un homosexuel).

 

Moi, ça me fait enrager. Que n'ai-je eu le privilège de vivre ce rite de passage, celui d'annoncer à mes parents : « papa... maman... j'ai une grande nouvelle... Je suis pédé ! ». Voir mon père exulter « pédé ! Je le savais ! J'ai toujours su que tu avais ça en toi, mon fils !», ma mère en larmes... Mais non. Je suis désespérément hétéro.

 

Et bon sang, que d'avantages on perd. Parce qu'ils en ont un tas d'autres, il ne faudrait pas croire que ça se cantonne aux fringues : ils peuvent se rouler des pelles entre personnes du même sexe, c'est normal, pour un hétérosexuel, c'est mal vu ; ils ont des rayons dédiés dans certaines bibliothèques (alors que vous pouvez toujours demander à un bibliothécaire où se trouve son rayon de littérature hétérosexuelle, il vous rira au nez) ; ils ont une marche des fiertés homosexuelles dont le pendant hétéro n'existe bien sûr pas, j'en passe et des meilleures. Dans certains pays, ils sont même dispensés d'armée. Interdits d'aller se faire tuer au front. On voit de qui l'Etat prend soin.

 

C'est d'une injustice criante. Tenez, pire encore : c'est aux hétérosexuels qu'on confie le devoir de perpétuer l'espèce, c'est à dire d'enregistrer officiellement son couple, de faire des mômes (en se tapant la grossesse, et d'avoir à supporter la femme en cloque), et pire, s'en occuper, les torcher, ne pas les laisser devant la télé, tout ça. Et qu'un homosexuel se propose pour élever des gosses, on lui dit non, ça va, vous donnez pas cette peine, on s'en occupe, on est assez nombreux comme ça vous en faites pas. Genre ils sont trop bien pour faire des gosses ou quoi. Indécent.

 

C'est pourquoi je réclame l'égalité de traitement. Y'en a assez d'être la majorité silencieuse, celle qui n'a rien à dire et se tape toutes les corvées de l'espèce !

 

 

 

PS : merci Charline pour la leçon de vocabulaire !

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 23:42

Il est des vilaines rumeurs qui circulent dans le coin. Des rumeurs portant sur certains d'entre vous.

Ce blog serait une zone du web où, dit-on (à voix basse, en jetant des coups d'oeil derrière son épaule au cas où l'un d'entre vous passerait dans le coin), on aime lire. Je prends donc les devants, et je vous le dis tout net, si c'est le cas, je ne cautionne pas. Cependant, il faut mettre quelques petites choses au point.

 

Tout d'abord, dédramatisons tout de suite les choses, ce n'est pas forcément si grave qu'on le dit. Des gens très bien ont lu, et ont malgré cela mené une vie saine, mangeant fruits et légumes, et certains même ne portaient pas de lunettes et ont fait preuve d'une hygiène corporelle impeccable, et ont démontré qu'ils étaient de bons citoyens. Ce n'est pas la majorité, mais il y en a eu. Si ça se trouve, vos parents, vos frères ou soeurs sont des lecteurs, et vous ne le savez même pas.

 

Il faut donc accepter cet état de fait, et ne pas rejeter les lecteurs de manière épidermique. Il faut tenter de les comprendre. Ils ont souvent eu une enfance difficile, privés de télévision et de Game Boy®, envoyés dans des colonies de vacances dans l'Aube, sans poneys ni jeu de fléchettes, et où les livres étaient, hélas, le seul moyen d'évasion. Ajoutez-y le frisson de l'interdit, et vous créez une addiction qu'il sera difficile à éliminer.

Je sais, l'ennui n'excuse rien, me direz-vous, ils auraient aussi bien pu gambader dans la campagne, collectionnant les limaces et apprenant à fumer aux hérissons. Certes. Mais le fait est que ces jeunes sont maintenant des lecteurs, et que les soigner est notre devoir à tous.

 

Attention, cependant. Ce n'est pas grave, des gens s'en sortent malgré leur boulimie de lecture, mais ce n'est pas bénin non plus. Enlevez ses bouquins à un lecteur endurci, il risque de dépérir. Ça s'est déjà vu. Les juifs étaient de grands lecteurs, on a tenté de les soigner en brûlant leurs bouquins dans les années 40, et beaucoup en sont morts. Il faut être prudents.

 

Comment donc reconnaître un lecteur ?

Les symptômes ne sont pas si évidents. On dit beaucoup qu'ils sont myopes et doivent porter des lunettes. Beaucoup le sont, en effet. Mais le port de lunettes peut être consécutif à une addiction bien innocente à l'ordinateur, à une tendance à jouer aux jeux vidéos trop près de l'écran, ou, de manière plus perverse, à une volonté d'exciter le sexe opposé en ayant l'air un peu marginal. Ce critère est donc loin d'être efficace, et frapper un binoclard pour tenter de le faire revenir à des occupations plus saines est donc déconseillé : cela peut inciter un innocent à la lecture, par simple révolte contre une injustice.

 

En fait, la plupart des critères physiques sont nuls et non avenus. On ne peut pas, à coup sûr, reconnaître un lecteur à son apparence physique.

Le moyen le plus sûr d'identifier un lecteur est de lui parler. Tout d'abord, le voyez-vous suffisamment souvent pour ça ? Si sa vie sociale est limitée, que vous ne le voyez pas connecté ni dans un autre contexte social, c'est peut-être qu'il est en train de lire. En tous cas, c'est une piste. Tendez l'oreille quand vous parlez à une personne que vous pensez pouvoir être un lecteur potentiel. Use-t-il d'un vocabulaire que vous ne connaissez pas ? De citations qui ne sont manifestement pas tirées d'un film ou d'un jeu vidéo ?

 

S'il cumule plusieurs indices, vous devez présumer que vous avez affaire à un lecteur. Attention ! Il va falloir, dans ce cas, la jouer fine. Comme ce n'est pas directement mauvais pour la santé, la plupart des lecteurs refusent de considérer leur addiction comme un vice. Si vous êtes sûr de vous (et seulement dans ce cas, les abus seront punis), dénoncez-les au service municipal. Ils seront rééduqués sans tarder dans un centre de soins proche, où tous leurs besoins seront comblés, tout en les sevrant progressivement.

 

N'ayez pas de crainte : ce n'est pas douloureux. Le traitement est comparable à l'utilisation de méthadone pour soigner les héroïnomanes : on leur donne un substitut de littérature (Marc Levy, Guillaume Musso) qui à la fois satisfait (le geste de saisir un livre et de le feuilleter est là), et en même temps présente beaucoup moins de risques que ce que les lecteurs appellent, dans leur argot, « de la bonne » (littérature).

 

Une fois sevré, l'ancien lecteur pourra être relâché. Mais vous, les proches, faites attention : une rechute est toujours possible.

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 10:42

 

Je suis vide, comme une coquille d'escargot abandonnée par son propriétaire légitime, parti gambader auprès de la maman de Bambi, ses petites cornes espiègles chatouillant la truffe métaphorique du fantôme de cette biche morte, parce que lui aussi est mort, mort, après une vie rude où les salades étaient rares et les menaces de grives quotidiennes. La vie d'un escargot, c'est pas Byzance, quand on y pense, ils n'ont vraiment pas de chance. Je rime. Je rime comme un fou, comme un soldat, comme un élevage de tilapias. En faisant des petites bulles. Bloup-bloup, font les tilapias, le soir au fond des bois, avant d'être transpercés par un long bec emmanché d'un long cou. Un cou de héron. Un sale coup de héron. Le héron n'est pas poète, le héron n'est pas esthète, non, le héron est un con. Un con de héron, avec son bec tueur de poètes.

 

Mais à bien y réfléchir, tout ça ne veut rien dire. C'est fait pour, c'est l'amour. L'amour qui vous prend aux fond des tripes, l'amour qui vous tend la bite. Hoo. C'est vulgaire, et en plus ça ne rime pas. L'amour est décidément une chose sale. Dire que des gens l'estiment supérieur à la soupe à l'oignon. C'est pas pour dire, mais au moins, dans la soupe à l'oignon, on est content d'avoir des croûtons. La soupe à l'oignon démontre par là son infinie supériorité à l'amour, alors même qu'elle sent l'oignon.

 

L'escargot, lui, sent l'ail. L'ail et le beurre. Il est mort debout, comme il a vécu. L'escargot est un homme d'exception. L'escargot ne craint pas de mourir à la guerre. Il ne jette pas la pierre à la femme adultère. Il n'y a d'ailleurs pas de femme adultère chez l'escargot. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Darwin, dans son ouvrage « De l'amour courtois chez les escargots des villes », à paraître. Je pense que pour les escargots des champs, c'est tout pareil. Les escargots ruraux ne sont pas des malappris. Ils se font des bisouilles sur le bout de leurs cornes d'escargots, comme vous et moi. Enfin, si nous étions des escargots, car ne nous méprenons pas, les bisouilles sur les cornes sont mals vues chez nous. Nous ne sommes pas civilisés comme les escargots. Tout au plus tolérons-nous des choses dégoûtantes avec des appareils génitaux peu commodes. Mais hélas, de cornes sommes dépourvus, comme des bébés zébus. Les grands papas zébus, eux, sont aussi noblement cornus que le plus noble escargot des champs ou des villes, celui qui a élu demeure dans la plus tarabiscotée des carapaces à escargot.

 

Mais le zébu n'a pas de carapace. Il n'a que de bêtes os, sous la peau. Pleins de moelle. C'est ce qui le rend supérieur à l'escargot dans le pot-au-feu, tout en ne lui permettant pas d'atteindre sa classe innée de propriétaire foncier. Oui, l'escargot a plus de classe que tu n'as de beurre au cul, et d'ailleurs, quand vient son heure, il a aussi plus de beurre au cul que tu n'as de classe, parce que c'est ainsi qu'il part, debout dans le beurre. Géant des temps modernes. Honneur de la nation. Oui, l'escargot est tout ça, et bien plus encore, l'escargot est une muse pour le blogueur mollasson. Lorsque, las et crapoteux, le blogueur mollasson s'avachit sur son canapé devant des séries japonaises pleines de filles à grosses épées, c'est l'escargot qui vient chuchoter à son oreille, lui disant, de sa petite voix humide d'escargot, n'as-tu pas zhonte de négliger ainsi tes lecteurs ? et le blogueur répond bof, chépas. De toute façon, ma vie est nulle, tout est nul, chuis nul, et l'escargot l'attrape par le col et le secoue, et lui dit tu leur dois bien ça, nom d'un chien ! Ce sont tes lecteurs qui t'ont fait ! et le blogueur se dit que quand même, c'est vrai, papa et maman me lisent, alors que faire ? et l'escargot lui dit, parle de bite. Ca a toujours bien marché. Et puis aussi, fais des phrases de trois kilomètres qui veulent rien dire et essaye des fois d'oublier la ponctuation, ça fait artiste. Mais quand même, des fois, aère tes paragraphes, sinon, ça fait cochon.

 

Et le blogueur l'entend, et suit ses conseils, et ainsi, il parvient à faire une note de blog. Il en a honte, mais bon, c'est mieux que rien.

 

Mais maintenant, il doit y aller, y'a un chat à nourrir.

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 21:42

Ca y était. Il avait réussi. Après des années de recherche, il y était enfin parvenu. Antoine essuya machinalement la sueur qui lui coulait sur le front d'un revers de main, et poussa un « Merde ! » étouffé en se rendant compte qu'il venait de se maculer le front de sang. Il se rassit sur sa chaise métallique, posa les mains sur ses genoux tremblants, et soupira devant la dépouille de Nicolas. Il se releva, lui ferma les yeux, et entreprit de recoudre son thorax béant. Puis il le prit entre ses bras, avec précautions, comme il eut fait d'un enfant endormi, remonta les escaliers de la cave, et le jeta dans la cheminée qui engloutit le cadavre avec un appétit vorace.

Il s'y était attaché, avec le temps, à ce singe. Mais il y avait des choses plus importantes. En l'occurrence, célébrer. Il se soûla gaiement en mémoire de Nicolas, son ultime expérience, celle qui avait confirmé que son philtre d'amour était enfin au point.

Assis devant la cheminée, il porta la main à sa poche de chemise, en sortit la photo de Julie, tenta de faire le point malgré les deux verres de vodka (à laquelle il ne touchait jamais d'habitude), et sourit. Elle était si belle. Il embrassa la photo, et la remit avec précaution dans sa poche. Bientôt, elle serait sienne, enfin.

 

Pour la première fois depuis bien longtemps, il n'eut pas de mal à s'endormir.

 

Le lendemain se leva sur une migraine lancinante et une question qu'il ne s'était pas encore posée, obnubilé qu'il était par la préparation de son plan.

Comment allait-il faire absorber son philtre par Julie ? Il n'oserait jamais lui adresser la parole. La dernière fois avait été trop blessante.

Et pourtant, malgré sa cruauté, elle lui avait laissé un espoir. Une porte ouverte. Quelque chose était possible entre eux. Mais pour cela, elle devait boire son philtre. Sans ça, c'était inutile. Mais il ne pouvait pas aller la voir et lui donner. Elle ne voudrait jamais. Il allait devoir être malin.

 

Lui envoyer une bouteille de vin assaisonnée était trop risqué, elle pourrait en faire boire à d'autres. Jouer à Cupidon avec une carabine à fléchettes était symboliquement magnifique, mais elle allait se rendre compte qu'elle était canardée, et ce n'est pas le genre d'attention qui met dans de bonnes dispositions. L'idée de la bouteille était plus réaliste. Mais comment s'assurer que personne d'autre n'y touche ? Qu'y avait-il qu'elle ne partagerait avec personne ?.. Ha oui ! Les macarons ! Elle adorait les macarons. Avec ça, aucun risque !

Le lendemain, des macarons soigneusement imprégnés étaient livrés chez Julie, accueillis avec enthousiasme et gobés avec un entrain assez peu féminin.

 

Il allait pouvoir passer à la phase deux de son plan. Et pour ça, il devait aller à New-York. L'Amérique, le carrefour où des gens de partout se retrouvent, avant de se disperser dans le monde entier. L'endroit idéal pour répondre au défi de Julie.

 

Deux mois plus tard, cinquante millions de personnes étaient mortes sur les cinq continents. Au bout de trois mois, on annonçait huit cent millions, sans savoir que c'était le triple. Deux semaines plus tard, on n'annonçait plus rien, les médias n'existaient plus.

Les premières semaines, les scientifiques survivants tentèrent pendant quelques semaines de trouver un remède, mais ils succombèrent au virus d'Antoine avant d'y arriver. Il ne leur avait laissé aucune chance. Il ne pouvait pas se permettre de leur en laisser.

 

Cependant, dans le plan d'Antoine médité depuis des années, il n'avait pas prévu une chose. Julie n'était pas restée chez elle. Aux débuts de l'épidémie, comme beaucoup de monde, elle avait quitté Paris pour la campagne, et il n'avait aucune idée de l'endroit où elle pouvait se trouver.

 

Il passa quelques semaines à hurler de désespoir dans les rues vides de Paris, avec pour seules réponses les glapissements des chiens qui se disputaient les charognes que nul ne ramasserait jamais. Puis il se reprit, et partit à la recherche de Julie.

Il savait qu'elle avait de la famille du côté de la Lozère. Il emprunta une voiture, chargea des bidons d'essence dedans, et prit l'autoroute du Sud.

Deux ans plus tard, ayant exploré la moindre ferme en ruines, il abandonna la piste lozérienne. Il se rappela l'avoir entendue mentionner des origines bretonnes, dans la cour du lycée. Il décida de tenter sa chance. Il ne pouvait imaginer faire autre chose.

 

Un an plus tard, le destin décida enfin d'être clément. Comment pouvait-il ne pas l'être avec le dernier homme sur terre ?

Alors qu'Antoine déambulait sur ce qui restait des routes armoricaines, il passa devant un supermarché, dans ce qui avait été la ville de Lamballe. Il commençait à manquer de vivres, et décida d'y faire un tour. C'est ainsi qu'il avait survécu depuis ce temps, pillant les rayons céréales et conserves, dévalisant les stocks de biscuits qui avaient résisté au temps et aux émeutes du début de son oeuvre de conquête de Julie.

Il dépassait le rayon cosmétiques, quand il entendit le bruit caractéristique d'un sachet de chips qu'on éventre.

Lentement, osant à peine respirer, il s'approcha du rayon apéritif. Caché derrière l'angle des étagères, il risqua un regard, le coeur battant à cent à l'heure.

 

C'était Julie. Un peu échevelée, certes, sentant le fauve à cinq mètres de distance, mais Julie tout de même, toujours aussi belle, même avalant des poignées de chips périmées en poussant des grognements.

 

Il fit un pas hésitant, qui résonna entre les murs du magasin. Julie se tourna. Ses sourcils se haussèrent, elle ouvrit la bouche et poussa un rugissement en se précipitant sur Antoine.

Commentc'estpossiblej'ycroispasilrestedeshumainsjesuispastouteseulel'humanitéexisteencorehojesuiscontentedevousvoirc'estpaspossiblec'estpaspossible et elle pleurait et elle toussait des miettes de chips et elle le serrait contre elle comme il en avait toujours rêvé et sa poitrine se pressait contre la sienne, et de gros sanglots entrecoupaient ses paroles inintelligibles.

 

Antoine prit une grande inspiration.

 

-Alors... Tu veux bien sortir avec moi, maintenant ?

-Pardon ?

Julie l'avait lâché, et avait reculé d'un pas.

-Tu veux bien ? Tu avais promis !

-Hein ?

-Mais... tu te souviens pas ?

 

Le monde d'Antoine s'écroula autour de lui.

Il bégaya :

-En troisième... je t'avais demandé...tu avais rigolé et dit « ouais, si t'es le dernier mec sur la terre ! », tu te souviens pas ?

 

Julie le fixait, l'air ahurie.

-Julie... Je suis le dernier homme sur la terre, maintenant. Tu... tu veux bien sortir avec moi, alors ?

 

-Putain... Antoine ? Le petit bigleux à boutons toujours au premier rang ? C'est toi ?

 

Elle se souvenait de lui ! Antoine crut défaillir de joie, mais n'en laissa rien paraître.

-C'est moi, Julie. Je... Je t'aime. Je t'ai toujours aimée. Tu es la plus belle fille de la terre. Je veux dire, tu l'as toujours été, même avant que tu ne soies la dernière, hein !

 

-Putain, mais c'est dingue, ça ! Il reste peut-être deux personnes sur la terre, et il fallait qu'on se connaisse ? Putain, mais quelles étaient les probabilités ?

 

-En fait... C'est moi qui ai fait ça.

-Hein ?

-Oui. Tu m'avais dit qu'il fallait qu'il n'y ait plus un homme sur terre pour que j'ai une chance avec toi, hé bien... Si c'est ce qu'il fallait pour que tu soies à moi, il le fallait. J'ai fait des études de génétique, d'épidémiologie. J'avais accès aux laboratoires top-secrets, aux souches des virus les plus dangereux... J'ai mis au point la recette de notre amour ! Je n'avais préparé que deux doses d'antidote, et je t'en ai transmis une. Nous sommes seuls sur terre, ensemble. Alors... tu sors avec moi ?

 

Julie continuait de le dévisager, bouche ouverte. Une grosse miette de chips adhérait au coin de ses lèvres. Elle n'avait jamais été plus belle.

-Je... continua Antoine, commençant à paniquer... tu ne comprends pas ? Nous sommes comme Roméo et Juliette, juste à l'envers. En plus beau. Nous vivons, et le monde qui ne nous permettait pas d'être ensemble n'est plus là ! S'il te plaît, Julie, dis-moi oui !

 

Julie continuait de le dévisager, bouche ouverte. Elle n'avais pas bougé. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Ce type a tué le monde entier ! Mais il l'a fait par amour pour toi ! Mais tout le monde, quoi ! C'est un fou ! Un dingue ! C'était un petit boutonneux, au collège ! Il veut sortir avec toi ! Il a tué tes parents ! Il a fait de toi la plus belle fille du monde ! Plus que Vanessa ! Il a toujours des traces de boutons sur la tronche ! Et il a tué tout le monde !

 

-Et heu. J'ai une grosse bite.

-Ha ? Ben d'accord, alors.

 

Ils vécurent heureux (surtout Antoine), mais ne parvinrent pas à repeupler la terre. Trois générations incestueuses plus tard, c'en était fini de l'humanité. Mais les ours blancs étaient sauvés.

 

 

(Total editing time : 02:04:22. Le défi était d'écrire une histoire d'amour en moins de deux heures. Comme j'ai passé cinq minutes au téléphone, j'estime avoir tenu ma part du contrat. Par contre, j'ai eu du mal sur la fin)

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 21:42

J'étais en train de me dire, il y a un moment, que mon blog n'était vraiment pas assez putassier pour attirer du monde. Et qui dit pas attirer du monde, dit ne pas attirer de gonzesses, et qui dit pas attirer de gonzesses, dit aucun intérêt d'avoir un blog, quoiqu'en dise mon papa qui me dit que les seuls trucs intéressants c'est quand j'y raconte ma vie, il a rien compris aux blogs lui.

Du coup, comme j'avais un article un peu putassier en stock (parce qu'on y parle de couilles. C'est putassier, les couilles) je me suis dit, bon ben je vais le passer. D'ailleurs, en fait, je l'ai fait pour ce blog, même si je l'ai passé ailleurs d'abord. Allons-y donc, et parlons de peau de couilles.

 

Le corps humain est quelque chose de fondamentalement dégueulasse, comme quiconque ayant jamais exploré du bout d'un bâton le corps d'un clochard en début de putréfaction pourra vous le dire.
Au naturel, le corps humain pue, suinte, excrète des gaz par tous ses orifices, est constamment plein de merde en formation, se décompose en bribes sur les épaules du costard, et en plus son nombril accumule la poussière. Immonde.
Et en plus d'être répugnant, le corps humain est plein d'organes nuisibles à son propriétaire. Des poils sous les bras pour concentrer les remugles, des petits orteils pour se cogner dans les pieds des meubles, des appendices pour choper des appendicites, et, pour nous les hommes, our own private nemesis, la peau des couilles.

Ha ça, elle nous en fait voir de belles, la peau des couilles. Pire erreur de l'évolution, je vois pas. On aurait pu être comme les gonzesses, et se trimballer notre matériel bien à l'abri de toute agression, planqué pépère sous une couche de gras, mais non. On se coltine des machins fragiles comme une fontanelle de bébé, avec pour seule protection un ridicule petit sac en peau de couilles. Et ça ballotte à la portée de la première griffe de prédateur venu, telle que la terrifiante, abominable et redoutée braguette (si on a oublié de mettre un calcif le matin, tout le monde peut avoir un instant d'égarement), la plus farouche ennemie de la peau de couilles, celle dont jamais on n'oubliera la morsure, dusse-t-on vivre cent ans.

Si on avait besoin d'une preuve que Dame Nature était une gonzesse, la voilà. Faut vraiment en avoir contre les mâles pour nous infliger ce fléau.

Mais bon. On doit faire avec. Pas trop le choix. Puisqu'on a tous, nous les mâââles, notre part de peau de couilles, autant apprendre à l'utiliser au mieux.

Voyons déjà ce qu'il est déconseillé de faire avec la peau des couilles. En tout premier lieu, il est déconseillé d'en faire un porte-monnaie à offrir à sa chérie (ou son chéri). La peau des couilles a pour première et seule caractéristique d'être élastique, comme n'importe qui l'ayant observée, sur soi ou sur quelqu'un d'autre pourra le confirmer. Un changement de température, et hop, la besace qui pouvait contenir une tête de bébé ne pourra plus en contenir qu'un oeil. Et votre copine trouvera moyen de vous en vouloir (« et gnagnagni et gnagnagna, à cause de toi et de ta [biip] de peau de couilles, ma tête de bébé est tombée par terre dans la rue et a roulé dans le caniveau, tu sais le mal que j'ai eu à en trouver une en si bon état et à ce prix ? », enfin, vous connaissez les filles)

Pour les mêmes raisons, n'en faites pas une blague à tabac à offrir à votre père. Sauf si vous ne l'aimez pas, ou voulez le guérir de sa manie de priser le tabac pendant les réunion de famille, au moment du dessert.

Voilà l'essentiel des trucs à éviter de faire avec nos peaux de couilles, bien qu'on en ait tous eu l'envie un jour. Il y en a peut-être d'autres, je n'ai pas testé.

Heureusement, pour compenser, il y a des circonstances dans lesquelles la peau des couilles pourra vous être utile, voire vous sauver la vie. Mettons que vous faites une croisière, et que votre bateau a fait naufrage, ou s'est vu attaquer par Barbe-Rouge et son équipage, et que vous vous retrouvez dans un canot. Un misérable canot en bois, avec une ration d'eau et de vivres suffisante pour tenir le temps d'arriver quelque part. Sauf que voilà : il n'y a qu'un aviron, vous ne savez pas godiller, et de toute façon un môme a fauché la dame de nage pour faire un lance-pierre (consolez-vous : il est parti nourrir les crabes, ce petit sagouin). Qu'est-ce que vous faites ? Vous vous lamentez sur votre sort, pleurez en grignotant un des biscuits que vous devriez rationner et attendez la mort ?
Ca, c'est ce que vous ferez si vous êtes une fille. Si vous êtes un mec, vous êtes sauvé, parce que vous avez votre peau de couilles (à condition de ne pas l'avoir offert comme porte-monnaie à votre fiancée ou comme blague à tabac à votre popa). Allongez-vous sur le flanc, levez une jambe (selon le flanc sur lequel vous êtes allongé, lui-même fonction du sens du vent), bougez un peu les fesses, jusqu'à sentir se tendre vos bourses sous la pression du vent. Et hop, voilà que la brise gonfle votre peau de couilles comme un parachute rose et poilu ! Accrochez-vous bien au bastingage, et vous voilà en route grâce à votre voilure improvisée. S'il n'y a pas de vent et que vous n'êtes pas seul dans votre canot, vous pouvez demandez à votre équipage de souffler. Ca marche moins bien, mais ça marche.
Et voilà. Sauvé par votre peau de couilles.

Il y a bien d'autres choses en quoi elle peut vous être utile, nous les détaillerons plus tard, si vous êtes sages, et si je trouve le temps. En attendant, vous pouvez aller vous entraîner à vous sauver la vie dans la fontaine du Jardin du Luxembourg.

 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 13:42

La Suède est un grand pays, rempli d'élans du grand Nord (incomparables à l'élan du coeur, comme le disait un Francis à la blancheur de sein de suédoise), de forêts pleines de pins majestueux, et de chaussures bleues sur lesquelles il est hors de question de marcher, quoiqu'on puisse faire d'autre, et en Suède, on peut faire beaucoup de choses.

Dans les autres choses que l'on peut faire en Suède, il y a tout d'abord bien sûr la construction de meubles aux noms remplis de ° et de / rendant la lecture difficile, mais pas que. Oh que non pas. (c'est une expression que j'affectionne, bien qu'elle soit assez peu suédoise).

On peut aussi, en Suède, confectionner du surströmming, qui est un peu comme le guedj sénégalais, c'est à dire une préparation de poisson subissant un traitement interdit par la convention de Genève, le transformant en mixture tout juste bonne à être reniflée puis jetée à la poubelle. Le surströmming est cependant plus suédois que le guedj, et en boîte, ce qui permet de le garder beaucoup plus longtemps dans un placard au nom plein de ° et de / avant de le jeter à la poubelle, au nom éventuellement plein de ° et de /, mais c'est moins obligatoire que pour les placards.

Mais ce n'est pas tout, oh que non pas (en fait, j'ai redécouvert cette expression ce soir, et je ne m'en lasse pas, oh que non pas). L'on peut également en Suède, si l'on est belge et mâlement modérément pourvu (à ce qu'on m'en a dit), pratiquer de manière intensive la stimulation sexuelle d'étoiles de mer. Il se peut cependant que ce ne soit pas une activité largement répandue, en tous cas, elle est répandue dans la majorité de la population belge mâlement modérément pourvue habitant en Suède que je connais. On pourrait même dire, sans crainte d'erreur statistique, que cette activité est pratiquée par la totalité des habitants de la Suède mâlement modérément pourvus de nationalité belge et actuellement en mission à Roscoff que je connais, ce qui doit représenter une large fraction des belges mâles modérément pourvus habitant en Suède et actuellement en mission à Roscoff. Ou du moins qu'elle l'a été (pratiquée, l'activité, rappelez-vous). Quand vous découvrez que vos connaissances belges mâles modérément pourvues s'adonnent à la masturbation d'étoiles de mer, vous avez tendance à mettre un frein discret à vos relations. Qui sont d'ailleurs (dieu merci) déjà limitées par la distance géographique, car la Suède est loin de tout, à l'exception des usines de surströmming.

On peut aussi, en Suède, se baigner dans des Fjords© au son d'une musique disco et au milieu d'étoiles de mer non souillées par des mains belges. La raison qui pousse des gens sains de corps et d'esprit à se vautrer dans du yaourt, aussi velouté soit-il, m'échappe encore, mais il reste qu'en Suède, on peut le faire. C'est légal. Sans doute qu'on vous dira que c'est bon pour la peau. N'empêche que derrière, on vous poussera à utiliser du baume pour les lèvres suédoises (il marche également pour les lèvres étrangères, et par étrangères, je veux dire étrangères par rapport aux Suédois), alors ça doit pas être si bon pour la peau que ça, surtout s'il sort du frigo, qui, en Suède est constitué par l'extérieur des habitations, rendant l'action de sortir quelque chose du frigo particulièrement ardue, surtout du point de vue métaphysique.

Une étude plus approfondie permet de constater qu'on peut également, en Suède, griller du pain, et le vendre sous des noms de préférence remplis de ° et de / à de riches étrangers pour des sommes indécentes. Ce qui m'amène tout naturellement à parler de l'origine du nom de la Suède, que j'avais laissée de côté pour plus tard, comme mes tartines de KṝḭŠp®øĺļ$ (enfin, quelque chose d'approchant, l'orthographe suédoise est compliquée) au surströmming, qui attendent sur un coin de mon bureau (au nom rempli de ° et de / ) d'être jetées à la poubelle.

La Suède tire son nom de la pratique courante consistant à s'isoler dans une petite cabane remplie de suédoises aux longs cheveux blonds et raides, aux cuisses fuselées et aux seins blancs, jusqu'à ce que la température soit suffisante pour que l'on sue abondamment, et que les suédoises dégoûtées vous jettent dehors, vous forçant  à vous rouler ensuite dans la neige en poussant des cris sauvages pour éloigner les élans du grand Nord, qui ont tendance à venir lécher le sel de votre sueur ou à vous mordre, surtout si vous êtes une soeur de génériste pour film anglais impliquant des fetchage de vaches et des canards jeteurs de sorts et toute cette sorte de choses. Cependant, si vous êtes une soeur de génériste de film anglais adéquat, a priori, les suédoises ne vous jettent pas dehors, elles vous invitent à tourner des films avec elles, afin de faire tourner le deuxième grand pan de l'économie suédoise, à savoir le film élan (l'élan – du grand Nord et non du coeur, il est toujours bon de le rappeler – étant à l'agriculture suédoise ce que le cochon est à l'agriculture civilisée). Ces films devraient normalement impliquer des lits aux noms pleins de ° et de /, des cabanes à la température excessive, et éventuellement des suédois aux cheveux blonds mi-longs n'ayant pas encore été livrés aux élans ni aux assauts d'un biologiste marin belge qui les aurait confondus on ne sait comment avec des étoiles de mer (on ne s'étonne plus de rien, avec les belges, de nos jours).

C'est à peu près tout ce qu'il y a à savoir sur la Suède. On pourrait parler des exportations, constituées pour l'essentiel d'auteurs de polars morts, mais ce serait encombrer inutilement vos esprits. Oubliez donc.

Et si vous vous rendez en Suède, ne pensez pas que c'est parce que les Suédoises sont chaudes qu'il faut vous abstenir de sortir couvert.

Sur ce, bonsoir.

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 09:42


Aujourd'hui, tous ensemble, fêtons Cannes, fêtons le cinéma, et parlons du plus italien de ses représentants, à savoir le cinéma italien.

De tout temps, le cinéma italien a terrorisé l'homme moderne (Homo sallobscurensis). Pourquoi ? Je vais vous le dire, si vous voulez bien m'en laisser le temps.

Le cinéma italien pourrait, de prime abord, paraître simplement rébarbatif, une fois mis de côté les seins de Gina Lollobrigida la bien nommée.
Réalisés par des cinéastes italiens qu'on mélange tous à cause de leurs noms en i (comme dans « Hiiiii que tu m'as fait peur, grand fou de cinéaste italien ! », expression usitée en Italie quand un grand fou de cinéaste vient vous faire « coucou qui c'est ? » alors que vous sirotez tranquillement un café Lavazza sur la place San Marco avec votre grand-mère qui tricote à vos côtés tout en méditant sa prochaine vendetta), les films italiens sont en effet bourrés d'acteurs italiens en costume italien, circulant dans des villes italiennes pleines de chauffards italiens et d'accortes italiennes à la voix crispante et au geste chantant. Et que leur arrive-t-il, à tous ces italiens ?
Des italienneries. Et que je parle en italien en agitant les bras, et que je bois un café Lavazza sur la place San Marco avec ma grand-mère qui tricote, et que je fais des orgies décadentes dans des chateaux bizarres avec des jeunes italiens qui montrent leurs fesses imberbes sur des rythmes italiens.
Qui cela peut-il intéresser ? J'ai une tête d'italien ? Une moustache d'italien ? Une passion inavouée pour les fessiers imberbes de jeunes italiens ? Non.
Personne n'en a, sauf les italiens. Ce sont donc les seuls spectateurs potentiellement potentiels du cinéma italien.

Et pourtant. Pourtant, ce cinéma a longtemps fait parler de lui ailleurs qu'en Italie, et en particulier en France, pays qui nourrit un étrange attrait pour les films qui ne marchent nulle part ailleurs, ainsi que le prouve Jerry Lewis, idole improbable des cinéphiles français à moustache et pull en mohair (ceux qui fument la pipe en lisant le Monde dans leur salon).

Cela m'a longtemps étonné, puis, au bout d'une longue réflexion (pour tout vous dire, je viens d'arriver à cette conclusion en fermant cette parenthèse), j'ai fini par comprendre qu'il m'était impossible d'arriver à trouver une raison valable. Ce que c'est que la vie, quand même. On se crève à faire des phrases introductives qui titillent le chaland, et on est pas fichus de l'exploiter.

Revenons en au cinéma italien. Outre les défauts inhérents à leur ritalitude, l'on peut constater chez ce cinéma-là une certaine tendance à la magnification des penchants les plus dégoûtants des humains, qui sont déjà dégoûtants, amplifiés par le fait qu'ils sont italiens et trichent au foot.
Prenez Affreux, Sales et Méchants. Vous savez qui en sont les personnages principaux ? Des gens affreux, sales et méchants. Alors que quand on va au cinéma, je suis désolé, mais c'est pour voir des bombasses en bikini tuer des nazis avec un flingue dans chaque main et un obus dans chaque petit carré de tissu, là, au-dessus du nombril.

Prenez les Monstres. Alors ceux-là, ils vous prennent par surprise (that's what she said). On vous dit « hey, viens au cinoche, on va voir les Monstres », vous vous dites, chouette, on va pouvoir regarder un insecte géant qui déshabille une gonzesse un peu attrayante avec ses mandibules, ou bien au moins des bestioles géantes avec des tentacules qui déshabillent des gonzesse un peu attrayantes, en étant un peu effrayantes (les bestioles, pas les attrayantes).

Mais non. Vous voyez des italiens sans bikini. Qui font des trucs d'italiens, dans tous les sens.
Et là, paf, comme l'indique le titre, vous vous rendez compte. Compte que les italiens ne sont pas seulement affreux, sales et méchants (et voleurs, et tricheurs au foot). Ce sont de vrais monstres. La lie de la société. Qui n'hésitent pas à faire des films à sketchs sans monstres à tentacules et gonzesse en bikini et à l'appeler « les Monstres ».

Bon, à côté de ça, hein, le film, mis à part le fait que ce soit des enfoirés de voleurs qui nous font croire qu'on va voir des monstres, il est... italien. Encore plus qu'Affreux, sales et méchants. Les mendiants y exploitent des aveugles, les saint François se pomponnent pour faire des sermons sur la modestie, les réalisateurs kidnappent des grand-mères. Ceci explique sans doute les aiguilles à tricoter sur la place San Marco. C'est pour éloigner les réalisateurs.

Enfin. Tout ça, je ne m'en souvenais plus, mais toujours est-il que c'est un film à voir, ne serait-ce que pour se rappeler pourquoi il faut se méfier des italiens.

 

 

 

 

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