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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 20:42

Les livres, c'est chouette. Enfin, globalement, dans le principe, je veux dire. Parce qu'en fait, il y a plusieurs sortes de livres. Par exemple, il y a les livres nuls, et les livres bien. Les livres nuls sont faciles à repérer : généralement, on voit la tête de leur auteur dans le métro. Pour les livres bien, c'est plus compliqué. D'autant qu'il y a plusieurs sortes de livres bien. Il y a les livres bien qu'on aime bien lire un soir d'hiver au coin du feu, et les livres bien qu'on aime bien lire dans le métro. Il y a les livres bien qui se passent au temps des chasseurs de mammouths, et les livres bien qui se passent au temps des vaisseaux spatiaux et des pistolasers qui font piuuu piuuuu. Il y a les livres bien qui font réfléchir, et il y a les livres bien qui font pleurer (dans le cœur, sauf si vous êtes une fille), et, catégorie plus rare, il y a les livres bien qui font rire.

C'est de ces livres que nous allons parler aujourd'hui, pour changer un peu. Parce que ce n'est pas facile à trouver, des livres qui font rire pour de vrai. Il y a des bouquins qui ont des passages marrants, comme Tom Bombadil dans le Seigneur des Anneaux, mais ce n'est pas pour ça que ce sont des livres drôles. En ce qui me concerne, j'ai eu le bol d'en trouver quelques-uns. Et comme j'aime bien disséminer mon bonheur comme si c'était de la semence d'huître et que j'étais une huître, voilà, pour vous, rien que pour vous, une liste de livres qui m'ont fait rire, et ce n'est pas courant. Vous avez bien sûr le droit de ne pas être d'accord. Tous les goûts sont dans la nature. Mais comme je suis TRES susceptible où mes bouquins préférés sont concernés, si vous ne les aimez pas, ne le dites pas, d'accord ?

Allons-y.

Il y a plusieurs sortes de livres sur l'apocalypse : ceux où on se dit « hou mon dieu, pourvu que les héros arrêtent le seigneur des ténèbres avant qu'il ne provoque l'apocalypse sur terre », et il y a De Bons Présages, de Neil Gaiman et Terry Pratchett. Là, ce n'est pas de l'apocalypse pourrie sur un monde plein d'elfes et de gobelins poisseux, c'est chez nous, c'est comme la Bible l'annonce, sauf qu'à sa naissance, l'Antéchrist est échangé par des sœurs satanistes maladroites, et il se retrouve élevé loin des démons et des anges censés le surveiller, dans la campagne anglaise, tout à fait inconscient de la tâche qui lui incombe. On a, en plus d'un pitch terrib', un casting qui déchire, avec un ange et un démon peu en accord avec leur hiérarchie, une armée de deux chasseurs de sorcières, une Catin de Babylone, un Molosse de l'enfer dénommé Toutou et des Motards de l'Apocalypse. Du tout bon.

Il y plusieurs sortes de romans de voyages : il y a ceux qui narrent une aventure humaine à la portée philosophique profonde, et il y a ceux de Bill Bryson. Pour n'en citer qu'un, sinon on est pas sortis de l'auberge, Motel Blues décrit son périple en bagnole dans l'Amérique profonde, un peu bouseuse et riche en petites villes et monuments absolument sans intérêt, auxquels Bryson sait (j'ai pas compris comment) donner une touche absolument fantastique. Avec en prime des vrais morceaux d'autobiographie pleine d'autodérision, que du tout bon.

Il y a plusieurs sortes de héros de romans qui viennent du froid. Il y a les flics taciturnes qui enquêtent sur des cadavres échoués sur les plages, et les lesbiennes tatouées hackers violées vengeuses qui partent trucider des méchants au pistolet à clous dans une ambiance glauque. Et il y a les pasteurs amateurs de lancer de javelot ascensionnel, qui quittent le foyer familial avec leur ours à peu près domestique nommé Belzéb (une aventure peu platonique avec une biologiste venue étudier la tanière artificielle de la bestiole n'y est pas pour rien) pour partir à l'aventure un peu au hasard, de la Russie à Malte, comme dans Le Bestial Serviteur du Pasteur Huuskonen d'Arto Paasilinna. Il y a aussi les trappeurs un peu alcooliques qui élèvent à cinq, avec l'aide d'une vieille Esquimaude, un gamin dont ils sont tous le père potentiel, et avec qui les aventures s'enchaînent, entre les attaques de loups, l'arrivée terrifiante d'un prêtre ou celle, beaucoup plus joyeuse, d'une petite culotte dans la Maison de mes Pères, de Jorn Riel (je remercie au passage Charles de me l'avoir fait découvrir). C'est drôle et tendre comme une Rue de la Sardine au Groenland (ne pas oublier Rue de la Sardine).

Il y a plusieurs sortes de livres sur l'Inquisition. Il y a ceux qui font frissonner et se dire bon sang, ces gens-là ne sont pas humains. Et puis il y a la Calamiteuse Progéniture du cardinal Guzman, religieux sud-américain dans un pays dont le président tente de régler la dette nationale par la magie sexuelle viking, qui envoie sans trop le vouloir une tripotée de tueurs semer la panique dans le pays, jusqu'à ce qu'ils arrivent à Cochadebajo de los Gatos, où les putes servent d'armes biologiques et où les guerilleros marxistes côtoient les sorciers indiens, les fantômes, les conquistadors ressuscités et les chats géants amateurs de chocolat.

Il y a plusieurs sortes de livres de science-fiction humoristiques, ceux de Sheckley et les autres. Sheckley, c'est des types qui ne se retrouvent plus dans leur société, qui vont chercher l'Utopie sur Tranaï et trouver qu'elle est plus dangereuse que ce qu'ils croyaient, des décontaminateurs planétaires qui vont affronter les monstres de leur enfance et redécouvrir la puissance du pistolet à eau, des aspirateurs qui tombent amoureux, ou des schizophrènes qui partent à la recherche de leurs autres personnalités insérées dans des droïdes sur des planètes lointaines.

Il y a plusieurs sortes de livres dont l'héroïne est une vieille dame décrite par son petit-fils comme « un sac baveux de chair en décomposition », qui arbore une petite barbiche, dont la meilleure amie envoie des lettres à des inconnues en déduisant de leur nom de famille qu'ils doivent être collectionneurs de champignons (et sûrement pas de panier d'osier), et qui se retrouvent dans une maison de retraite où se trament de drôles d'histoires pas nettes, avec en arrière-plan une abbesse espagnole qui a une meilleure idée que les Evangiles sur le rôle de Marie-Madeleine. Ha non, il n'y en a qu'un, et c'est le Cornet Acoustique, petit bijou déjanté, raconté à la première personne par cette charmante vieille à moitié sénile.

Il y a plusieurs sortes d'auvergnats : ceux dont on se dit qu'un seul, c'est déjà un de trop, Brice Hortefeux, au hasard, et d'autres dont on se dit bon sang, en se frappant la poitrine, pourquoi faut-il qu'il n'y en ait qu'un, comme Alexandre Vialatte, pas du tout au hasard. Ses chroniques, publiées dans le journal la Montagne, sont des petits bijoux d'humour à la langue ciselée, que c'en est un des seuls auteurs, avec Gotlib, dont je pleure en les lisant en me disant que jamais je pourrais ne serait-ce que m'approcher à douze années-lumière tellement que c'est bien écrit. En plus, lors de ses passages du coq à l'âne, il n'omet pas de faire un petit détour par l'oryctérope, dans ses chroniques, et je pourrais dire que c'est une des raisons qui me le font aimer, mais ce serait faux, parce qu'en fait, j'aime l'oryctérope à cause de Vialatte. Lisez ses chroniques, vous en ressortirez tout guillerets et avec plus d'étoiles dans les yeux qu'au retour du défilé de Victoria's Secret (non contractuel).

Il y a plein de sortes d'histoires d'amour. Mais y'en a-t-il tant que ça où l'héroïne est la fille d'un couple de vieux fermiers, est super belle (elle écrase toute la concurrence, c'est bien expliqué), est convoitée par un prince alors qu'elle aime un palefrenier qui s'en va chercher fortune et meurt tué par un pirate, et qui se fait enlever par un sicilien diabolique, le meilleur escrimeur du monde (un espagnol alcoolique qui recherche un homme à six doigts) et l'homme le plus fort du monde (un turc benêt qui adore faire des rimes) ? Y'en a-t-il beaucoup avec des RTI (Rongeurs de Taille Inhabituelle) ? Où l'auteur explique qu'en fait, il n'est pas l'auteur, il s'est contenté de garder les passages intéressants d'un roman médiéval (renaissance ? Pas facile à dire), et intervient de temps en temps pour rassurer le lecteur sur le sort des personnages, ou au contraire leur dire que la vie est dure, c'est pour ça qu'il va se passer quelque chose d'horrible, mais c'est pas grave, enfin si, mais c'est la vie, quoi) ? Non, il n'y a que Princess Bride, de William Goldman.

Bon, j'avais prévu de parler aussi des nouvelles cruelles de Saki, une des références de Roald Dahl, des uchronies barrées de Jasper Fforde  mélangeant SF, polar, fantasy, où l'héroïne se retrouve dans le monde des livres à communiquer avec ses collègues de    la Jurifiction par l'intermédiaire de notes de bas de page, du charmant Orgueil et Préjugés et Zombies (où Orgueil et Préjugés se voit rajouter des passages de baston de zombies par des sœurs Bennett entraînées par des moines Shaolin, de l'épopée absurde  d'un ET paumé dans Barcelone (Sans Nouvelles de Gurb), et des innombrables annales du Disque-Monde de Pratchett, mais vous lisez déjà plus, si ?
Allez, si vous en avez d'autres, n'hésitez pas.

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 14:42

Mon père est un homme économe de ses paroles. D'aucuns, sans doute, le diraient taciturne. Mais cette façade ne saurait faire oublier à qui l'a un jour entendu que c'est un homme à la sagesse profonde.
C'est pourquoi chacune des paroles qu'il profère sont par moi soigneusement consignées dans le secret de mon coeur. Elles servent de phare à ma vie.
Aujourd'hui, je voudrais partager avec vous la plus profonde ce ces pensées, celle qui entre toutes guide mes pas sur les chemins accidentés de l'existence.

Je me souviens encore de ce moment précieux, quand il m'accorda l'illumination. Je n'étais alors qu'un petit enfant, et lui, encore un géant.
Il était assis sur son lit, et me fit signe de m'approcher. Sans un mot, j'ai obéi. Il m'a pris par les épaules. Ses yeux bleus perçants ont cherché les miens, et les ont happés.
Un instant, il n'a rien dit, ses yeux dans les miens.
Puis il a ouvert la bouche. « Fils », m'a-t-il dit. « Fils, il ne faut jamais dire fontaine. »
Il m'a fixé jusqu'à ce que je hoche la tête. Alors, il a relâché mes épaules, et dit : « Va, maintenant ».

Et depuis, je vais. Et jamais ses paroles ne me quitteront.

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 09:42

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, je fais fi des promesses que je m'étais faites de ne jamais suivre l'actualité sur ce blog, et de ne surtout pas parler people, parce que bon, quand même quoi, c'est le mariage de William et Kate, hiiiii.

 

Non, en fait, je me suis rendu compte après coup que cet article pouvait vaguement faire croire que l'actualité était au coeur de ce blog, et que ce serait trop bête de rater l'occasion, alors hop, hein. Putasserie, quand tu nous tiens, ho oui, tiens-la bien.

 

Voilà donc, pour vous, aujourd'hui, ce récit d'une révélation. Une illumination, presque. Mais pas tout à fait quand même.

 

Allons-y.

 

Aujourd'hui, j'ai eu une révélation.

J'ai compris d'où venait une chanson. C'est mignon.

 

Enfin, je crois. Je n'en ai absolument pas la moindre certitude, c'est ce qui fait la beauté de la chose. N'empêche qu'il y a quand même des trucs qui semblent pointer vers une possible compréhension d'un foutage de gueule que jusqu'ici, je n'avais pas compris, et j'aime bien comprendre les blagues.

 

Aujourd'hui, donc, je farfouillais sur internet, et je tombai sur la première chanson cachée de l'histoire du rock (c'est en gras sur wikipedia) : Her Majesty, à la fin d'un disque de 1969 d'un groupe anglais qui s'appelle les Beatles (plus précisément, de Paul MacCartney).

 

La voici :

 

 

 

Pour ceux qui ont du mal avec les marmottages incompréhensibles de Paulo, voilà ce qu'il dit :

"Her Majesty's a pretty nice girl
Someday I'm going to make her mine, oh yeah,
Someday I'm going to make her mine."

Je ne vous traduirai pas, c'est sale.

 

Et là, bon sang de bois, je comprends enfin une chanson que nous passait mon papa (je vous ai déjà parlé des chansons que nous passait mon papa, quand j'étais petit, en voiture ?), d'un disque sorti en 1971. Ma maman n'aimait pas trop qu'on écoute ça, parce que derrière, on se voyait forcés de brailler « Pompiers, pompiers, j'ai des pompiers dans mon zizi » et ça la mettait affreusement mal à l'aise.

Mais sinon, dans ce disque, il y avait aussi cette chanson. Qui commence par les premiers pas (enfin, façon de parler) d'Arthur H dans le showbiz, mais c'est pas ça l'important. L'important, c'est que j'ai enfin compris d'où vient cette chanson, et surtout la toute fin, qui m'intriguait depuis que j'avais l'âge de comprendre les paroles, vu que ça me paraissait gratuit.

 

 

 

 

Me voilà tout content.

Merci internet !

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 13:42

 

Peu d'enfants, sans doute, peuvent se targuer d'avoir connu enfance plus dorée que la mienne, élevé que je fus par des parents expatriés au soleil du Maghreb, couvé par une nounou marocaine plus qu'excellente cuisinière (c'est la meilleure du monde, surtout pour la pastilla et les Frosties), et accroché au plus doux des doudous, une serpillière reconvertie que ma soeur ne tenta que rarement de planquer, se contentant de me balancer des boules de pétanque sur le crâne et de lapider mon matelas à coups de couteaux.
Je passai mes vacances aux plus beaux endroits de la terre, la Lozère et la Bretagne, j'avais le droit d'accompagner mon père à la scierie dans notre 4L rugissante, je pouvais pêcher les crevettes et les petits poissons pendant des heures, me faire retirer les épines d'oursin et les bouts de pétrole de mes pieds pendant d'autres heures par ma maman, on avait un Atari ST avec Gobliiins dessus, et les cassettes des trois premiers Star Wars.

Que pouvais-je demander de plus ?

Il fallait bien une ombre au tableau.

Cette ombre, elle était dans l'autoradio, et passait en boucle sur les chemins lozériens, tandis que nous allions chasser la farouche girolle et le cèpe majestueux. Je crois qu'il n'y avait qu'elle sur la cassette. Et elle passait. Et elle repassait. Encore, et encore, et encore.

J'ai longtemps cru que mon père nous haïssait secrètement.

Mais récemment, j'ai compris. C'était en fait une tentative d'éducation morale, que je n'ai jamais saisie enfant.

Voici donc, retranscrite pour éclairer ceux qui n'auront pas eu le courage d'écouter toute la chanson, la discussion que j'ai eu avec mon fils Georges, en 2025, quand nous écoutions cette chanson en allant chercher des champignons en forêt de Saint-Flour. (malgré ses récriminations pour écouter le single de son crooner néo-grunge préféré récemment suicidé, Justin Bieber).

-Mais euh, ils violent les filles, là ? C'est pas bien !
-Ouaip.
-Elles les menacent si ils viennent à Pontoise mais ils y vont quand même ? Ils sont un peu bêtes !
-Ouaip. (je suis laconique au volant)
[...]
-Mais... mais ils vont les tuer ! C'est pas bien ce qu'ils ont fait, mais quand même !
-Ouaip.
-Ils vont appeler leur grand frère qui a des relations pour les aider ? Bé c'est du propre. On se croirait sous la Vème République.
-Ouaip.
[...]
-Ho purée, c'est gore, papa.
-Ouaip, fils.
-Le pigeon, là, je crois que j'ai pas saisi la métaphore. Il va au paradis ? Alors qu'il a violé et provoqué un génocide ?
-Il a été bête, aussi, fils. "Heureux les simples d'esprit, car le Royaume des cieux est à eux", disait un type.
-Ouais, mais quand même. Et pour ses frères, rien ?
-Pour les filles non plus, note.
-J'ai pas compris la morale, papa.
-Moi non plus, fils. Moi non plus...

 


 

Edith : Je croyais que toute cette sombre histoire était derrière nous. Mais non, hier encore mon popa m'envoyait du Gabriel Yacoub par notre dropbox. Que t'ai-je fait, père ? Que dois-je faire pour être pardonné ?

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 00:42

Mesdames, messieurs, cher public immérité,

j'ai reçu, ces derniers jours, une quantité impressionnante de mails de certains d'entre vous, abasourdis par mes aveux, désorientés, mais cependant concordant sur un point : ils me demandaient « y'a-t-il moyen de revenir en arrière ? Ne pouvez-vous pas ressusciter Francis ? On fait comme si tout ça ne s'était pas passé ? On dit que c'était une blague premier degré pourrie pour célébrer la journée du premier degré, et vous revenez à des nouvelles passionnantes du Sénégal, parce que là, ça fait un moment que vous n'en parlez pas ? »

 

J'en ai pris acte. J'ai bien réfléchi, et je me suis dit que je ne pouvais pas abandonner ainsi des lecteurs en détresse. C'est pourquoi je vais revenir sous mon nom de plume*, bien que je ne puisse promettre des mises à jour régulières. En effet, j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai eu une longue discussion avec Jeanine, et que nous avons décidé de tenter de sauver notre couple par des sorties plus régulières au théâtre de Vierzon, et que nous nous sommes inscrits à un cours de claquettes.

C'est pourquoi, bien que j'aimerais pouvoir vous donner des nouvelles du Sénégal, cela risque de m'être difficile. Cependant, pour aujourd'hui, je vous transmets la dernière nouvelle de Dakar telle que me l'a envoyée mon informateur, qui aurait souhaité couvrir plutôt le Forum Social Mondial, mais a été refoulé par le service d'ordre et s'est rabattu sur une nouvelle ignominieusement ignorée des grands médias malgré les dégâts psychologiques qu'elle ne manquera d'occasionner.

 

Merci de votre compréhension.

 

Votre dévoué,

 

Antoine-Louis. (Jeanine vous transmet ses amitiés).

 

Voici maintenant l'article de notre reporter, comiquement et par une coincidence inouïe, prénommé Francis (et barbu).

 

C'est à une crise jamais vue que doit aujourd'hui faire face la petite communauté brassicophage dakaroise, qui se voit confrontée à une pénurie de choucroute sans précédent dans l'histoire récente.

Ce sont pas moins de deux restaurants et plusieurs dizaines d'amateurs qui voient aujourd'hui leur soirée-choucroute tant attendue se transformer en triste soirée-chou braisé en raison de ce dramatique événement.

Selon Mme L., charcutière de son état, et à ce titre parmi les premières victimes collatérales (car qui dit pas de choucroute, dit pas de vente de saucisse), cette situation serait due à des containers retenus en douane, pour une raison encore inconnue de nos services.

 

Cette pénurie est la manifestation la plus récente des difficultés que rencontrent les amateurs de choucroute : en effet, toujours selon Mme L., les premières tentatives d'import de chou fermenté frais se sont heurtées à la muraille de la date de péremption, toujours dépassée lors du transport par bateau. Les choucrouteux, cependant, ne se laissèrent pas abattre, et firent venir de la choucroute mi-cuite, aux qualités de conservation supérieures. Aujourd'hui, un nouvel obstacle se dresse entre eux et leur délicieux dîner. Gageons qu'ils sauront répondre à ce nouveau défi avec l'ingéniosité et l'enthousiasme dont ils ont su faire preuve jusqu'ici.

 

*en français dans le texte

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 21:42

De toute l'immense palette des sentiments humains, le plus vain et le plus méprisable est sans doute le patriotisme. D'aussi loin que je me souvienne, les imbéciles heureux qui sont nés quelque part et puisent dans ce seul fait, dont ils ne sont nullement responsables, une fierté malsaine, m'insupportent quand ils ne me font pas simplement peur. C'est ma fierté à moi, que je dois à une excellente éducation, ainsi sans doute qu'au fait d'avoir grandi au sein d'une famille de métèques.

Le patriotisme est aveugle, insensé, irrationnel. Ridicule, en somme. Et depuis un bon quart de siècle, je me garde bien d'y toucher.

 

Enfin, jusqu'à ce que la France gagne, hein.

 

Parce que là, fichtre, si je puis me permettre. La monumentale branlée (ha si, hein, même si on va jusqu'aux prolongations) assénée aux différentes et malheureuses équipes d'adversaires de l'équipe de France de handball depuis quatre ans me fait, à mon corps défendant, sentir un sacré zenfant de la Patrie. Je ne sais pas à quoi c'est dû. Mais bon sang de bon soir, ça fait du bien, de temps en temps, de se sentir tout chose à cause de gens qui jouent bien à un jeu. Et sont COMME MOI (en un peu moins gras, mais bon).

 

La France est donc championne du monde, d'Europe, olympique et re-du monde depuis cet après-midi. Et j'en suis bien content, et je n'en ai pas la moindre honte, pire, j'en revendique ma part, en tant que supporter et Francé. Oué.

 

Cet après-midi, j'ai vibré, j'ai tremblé, j'ai flippé ma race par moments, en descendant deux malheureuses binouzes, tandis que les Bleus ne menaient que de quelques buts, puis se faisaient remonter à la dernière minute du temps réglementaire, puis dépasser dans les prolongations, avant d'être sauvée successivement par son gardien et son capitaine.

 

Je suis bien content. J'ai donné mille balles de pourliche à mon taxi, qui était d'accord avec moi sur le fait qu'on est les meilleurs.

 

Mais je ne crains pas que ce patriotisme soudain et conditionnel me joue un jour un plus mauvais tour, m'incitant à faire des bêtises genre m'enrôler dans l'armée ou un truc du genre (il y a quoi d'autre, pour faire bon patriote ?). Non, parce que le patriotisme, chez moi, vient avec un effet secondaire redoutable : un boost effréné du système rénal. En gros, je vais pisser toutes les dix minutes, au bas mot. En tous cas, c'est ce qui s'est passé une fois de plus cet après-m', où j'ai dû aller une douzaine de fois aux chiottes durant la finale. Pour abreuver les sillons, y'a quand même plus glamour. Et sur un champ de bataille, c'est pas bien pratique non plus.

Et ça, en fait, c'est très bien.

 

Tout ça manque un peu de construction, mais bon, finalement, pour une fois, je m'en fiche. On est les champions !

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 22:42

A l'heure d'entamer ma 500ème note de blog, les deux mots qui me viennent spontanément à l'esprit sont foutrecul et barbepine.

 

Car oui, bordel de foutre, j'en ai ras l'oignon de vous glavioter depuis pas loin de trois piges ma purée de verbiage pédante en vous caressant les mirettes d'une délicatesse langagière de petite putasse de première littéraire au cul serré.

 

C'est ma 500ème note, j'en ai plus rin à carrer. Rin de rin.

 

Je sais même pas comment j'ai tenu. Enfin si. Comme un con. Parce qu'en fin de compte, il me rapporte quoi ce blog ? Rien. Cette foutue saloperie de blog m'a bouffé trois ans de ma vie pour peau d'zob. Trois ans à me dire « ho tiens, ça, ça ferait une bonne note de blog », « ho, il faut que je note ça », « ho, vite, il faut que je prenne des photos pour le blog », « ho, ça fait super trop longtemps que j'ai rien mis sur le blog qu'est-ce qu'ils vont penser qu'est-ce qu'ils vont dire est-ce qu'ils vont s'en aller est-ce qu'ils vont arrêter de m'aimer bon sang vite une idée une idéeuneidéeuneidée... »

 

Ben merde. Quel con. Quel foutu gros connard plein de merde imbu de lui-même.

 

C'est con à faire pleurer les dauphins pétrifiés.

 

dauphlip.jpg

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 20:42

Tout d'abord, veuillez croire à l'expression de ma plus profonde compréhension de l'indignation que vous pouvez ressentir face à l'attente dont vous avez dû faire preuve avant d'être récompensé d'un article de ma blanche main.

 

(ceci sera dorénavant le préambule de chacune de mes notes de blog, je crois).

 

Je suis confus, mais j'ai une excuse. Comme je vous l'ai peut-être déjà dit, je suis rentré de France avec une vingtaine de bouquins.

 

Je crois que c'était une erreur.

 

Permettez-moi de m'expliquer. Chaque soir, de retour d'une épuisante journée passée devant mon ordinateur (et un bouquin de php qui semble avoir des pages qui refusent de se tourner), j'arrive dans mon petit appartement, et là, ma pile de bouquins m'attend.

Drame.

Je ne sais pas lequel choisir. Le bestial serviteur de pasteur Huuskonen, d'Arto Paasilinna ? Pourquoi pas, j'ai bien aimé le lièvre de Vatanen (lu dans l'avion), mais ne devrais-je pas attendre d'avoir la nostalgie du froid pour lire un roman finlandais ? La même question se pose pour la maison de mes pères, de Jorn Riel, offert par ma tata quand j'avais fait part de mon intérêt pour cet auteur, à cause d'une copine sur internet (à qui j'ai conseillé Rue des Maléfices. Quand je conseille des bouquins à des gens et qu'ils acceptent, ça me donne confiance en leurs goûts). Et je me dois de lire ce bouquin, pour cette copine.

Mais c'est sans doute encore plus le cas pour the City & the City de China Miéville, qu'une copine m'a offert dédicacé, alors ! Tout comme Léviathan, de Scott Westerfeld, gagné au concours d'Imaginelf. Mais lui, j'ai peur de le lire un peu vite, comme il est en français. Et ne devrais-je pas plutôt lire les cadeaux familiaux, le recueil des romans maritimes et exotiques de Jack London, ou le faiseur d'histoires, de Stephen Fry ou les nouvelles de Philip K. Dick ? Les amis, ça va ça vient, ils vous oublient, mais la famille, non. On leur doit toujours quelque chose. Au moins de lire leurs bouquins, quoi. Après tout, ils m'ont nourri (et bien, encore) pendant ces vacances.

Je devrais.

Mais quid de la Volonté du Dragon ? Après tout, c'est écrit par un copain, le père Yoze. Ecrit par un copain, ça vient avant offert par un copain, non ? Mais par rapport aux bouquins offerts par la famille ? Et si j'étais déçu et perdait toute considération pour Yoze, et donc toute amitié ? Dois-je vraiment le lire ? Toutes les critiques dithyrambiques qui trainent sur le net sont-elles suffisamment fiables ?

Je pourrais plutôt lire Pluto, d'Urasawa. Mais j'ai commis l'erreur de ne prendre que les deux premiers tomes, donc si je commence, je vais être frustré. Mieux vaut sans doute attendre.

J'ai encore deux Pratchett dans ma pile, aussi. Unseen Academicals et I shall wear midnight. Je les attendais depuis un moment, ceux-là. Mais si je les lis de suite, je n'en profiterai plus plus tard. Parce que je sais que je les aimerai. Enfin, je l'espère. J'ai toujours beaucoup d'espoir et je suis rarement déçu avec Pratchett. Pareil pour Diana Wynne-Jones. Je n'ai pas envie d'ouvrir tout de suite Enchanted Glass. Je veux en profiter.

Je pourrais me lancer dans le dernier Scott Card, Ender in exile, ou bien Mistborn, de Brandon Sanderson.

Mais si je les lis avant ceux que j'attends avec impatience, saurais-je les apprécier à leur juste valeur, alors que j'aurai en tête les autres ? Je vais me presser, lire sans faire attention, et me gâcher le plaisir !

 

C'est horrible.

 

Du coup, j'ai commencé la Conjuration des Imbéciles de John Kennedy Toole, Moi, Boy de Roald Dahl (en vo) et African Queen de CS Forester, le meilleur des auteurs maritimes. Mais lequel finir en premier ?

 

Toutes ces questions se bousculent dans ma tête, dès mon retour à la maison. Et le temps que j'ai pris une décision, il est l'heure de me coucher, alors je relis au lit le 12ème tome de la Roue du Temps. Mais quelque part, je ne suis pas satisfait.

 

C'est dur. Je n'aurais pas dû.

 

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Bon sang, il me manque la Bible dévoilée. Soit elle est restée en France, soit on me l'a fauchée. Merde.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 23:42

J'étais jeune et fou. Je rêvais d'être un pirate et d'écumer les sept mers, sabre au clair et perroquet sur l'épaule. Je rêvais de traverser le désert à dos de chameau en buvant du thé à la menthe, de parcourir la jungle amazonienne en pirogue en tuant des serpents à coups de machette, de passer le cap Horn en trois-mâts en prenant des ris dans la grand-voile, de conquérir la Mongolie à dos de cheval de Prezwalzwszki en comptant mes consonnes.

 

En fait non. C'est faux. Je n'ai jamais vraiment eu de velléités particulièrement aventureuses. Je suis né mou, mou je suis resté, comme un spaghetti trop cuit, mais en plus gros.

Lire les aventures de Tintin ou du capitaine Corcoran, ça ne compte pas, même si y'a des tigresses qui s'appellent Louison (du moins dans l'une des deux).

 

Enfin donc, je n'ai jamais été un aventurier. Et pourtant, j'ai quitté mon doux cocon de banlieue parisienne pour partir vers l'Afrique moite et sauvage.

 

Et laissez-moi vous dire une chose : je ne me suis que rarement senti aussi peu aventureux. Je me sentais plus l'âme d'un capitaine Cook en allant au cul des vaches hautes-marnaises (toutes douces et mamelues qu'elles étaient). Ou en allant à pied au cinéma à Québec.

 

Ici, la plus grande aventure qui me soit arrivé, c'est d'aller porter mon linge au pressing. Tout seul. Sinon, ben, j'ai juste chaud et je transpire.

 

Alors quand je compare à mes cousines, par exemple, je me sens un peu minable, entre l'une qui est en ce moment en train de chercher un arbre à Bornéo pour compléter sa collec' de 1440 plantules, et l'autre qui est instit' dans la jungle guyanaise sans accès internet. Et je parle pas de leurs parents. Ou par rapport à mes soeurs, qui vont dans les villages camerounais ou se retrouvent à laver des coqs de combat vénézueliens à l'alcool de serpent. La honte.

 

Bon, du coup, j'ai décidé de me lancer dans l'aventure. De faire des trucs que j'osais pas.

 

Par exemple, publier un article de blog de moins d'une page. Oué. Chuis un ouf.

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 22:42

Sacrilège ! Blasphème et profanation ! Honte sur les perpétrateurs d'une ignominie, d'une abomination confinant à la plus dégradante pour la nation que la France ait connu depuis la dernière coupe du monde de football !

 

Vous ne l'avez peut-être pas entendu. Si c'est le cas, vous devez être sourds, ou complices. On en parle jusqu'à Dakar.

 

De quoi ? De la dernière idée sortie de l'esprit pervers d'un maniaque détraqué, qui a de ses mains signé la souillure du plus beau monument créé par le génie français, le château de Versailles.

Car oui, non content d'avoir jeté le château de Versailles en pâture aux répugnantes créations de l'esprit dégénéré de Jeff Koons, son administrateur a maintenant commis l'irréparable : il a confié à un japonais, un asiatique, un être dont le détraquement du goût n'est plus à faire connaître, le soin de violer une fois de plus l'élégance et le raffinement du fleuron architectural et décoratif de notre peuple par la décadence sulfureuse de ce qui se prétend art moderne, et qui n'a d'art que l'appellation et qui puise dans le moderne la justification d'une insulte à la pupille.

 

Oui, Murakami fait éclore dans les ors de ce qui fut l'apogée de la France la purulence des verrues à la débilitance empruntée aux mangas, qu'il nomme installations, voire oeuvres.

 

Heureusement, des citoyens se lèvent, et protestent du plus profond de leur âme contre cette peste qui ravage la réputation du Palais.

 

La pétition est ici, signée par des gentilhommes campagnards, des artistes britanniques spécialistes d'aquarelles brodées, des pastellistes et des patriotes versaillais.

 

Ne laissons pas faire les philistins qui veulent dévaster notre patrimoine au nom d'une prétendue ouverture ! Jetons à bas les grand-guignoleries mangas japoniaises qui salissent l'un des plus grandioses monuments du monde !

 

Pour qu'enfin le Château de Versailles retrouve la grandeur qui est sienne depuis tant de siècles, et résiste à l'envahisseur qui voudrait en faire un complice de l'aliénation de nos jeunes sans repères, perdus à la culture, innocentes brebis qui tendent le cou en bêlant vers le poignard doré de l'ouverture d'esprit à la culture d'autrui et du relativisme pervers qui ferait dire « bah, pourquoi pas ? Y'a pas mort d'homme ».

 

http://img256.imageshack.us/img256/119/141134577e79lasculpture.jpg

 

Quoique. Franchement. C'est pas un peu ridicule, ce tintouin autour de vingt-deux malheureuses pièces qui auront le malheur de jurer un peu avec le carrelage pendant trois mois ?

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