Ayé.
Des mois durant, j’ai cultivé mon ego. Je l’ai arrosé à la source de la médiocrité générale de mon entourage, engraissé au terreau de mon génie, j’ai émondé le moindre germe de modestie qui pouvait entraver son développement harmonieux, je l’ai plus gavé d’hormones de croissance qu’un joueur de football américain, et il a prospéré, lentement mais sûrement. Jusqu’à cette soirée d’hier. Hier, j’ai gagné au Trivial Pursuit. Edition Genus.
Ouais. Grâce au Manitoba (celui de Jo et Zette, celui qui ne répond plus).
Ca a été le coup fatal. Le seuil critique a été atteint. Je me suis donc résolu à faire comme tous ceux pour qui le monde réel ne présente pas un espace suffisant pour héberger leurs chevilles.
J’ai décidé d’ouvrir un blog. Pour faire partager au monde entier mon génie, pour être enfin le chantre du bon goût, pour balancer mes phrases de vingt lignes que je comprends pas moi-même, pour polluer un peu plus le cyberespace avec des jeux de mots à deux balles (30 centimes d’euro).
Mais pas que.
Parce que si j’aime bien flatter mon amour-propre (ouais, je sais, heureusement que je suis là pour moi), j’aime aussi flatter celui des autres. Et que y’a plein de gens que j’admire. Que je vénère. Que je me prosterne à leurs pieds, en couvrant leurs chaussures de larmes et de morve, l'amour, ça marche comme le rhume des foins.
Je suis d’un naturel excessivement flagorneur, parce que j’admire rarement à moitié. Quand j’aime un auteur (de blog, de bouquin, de bédé, d’autre chose), c’est encore plus fort que ce que je ressens face à un saucisson lozérien de chez ma mamie (c'est dire).
Alors je vais mettre des liens tout partout sur les côtés, vers chez les gens que j’aime, même si je les connais pas, même si de toute façon tout le monde les connaît, parce que comme ça, ben si une personne vient chez moi, ben elle pourra aller chez eux et je serai content. J’ai l’âme d’un évangélisateur, ouais. Ca viendra petit à petit.
Ha puis aussi, ce blog est destiné à la promotion de la barbe sous toutes ses formes. Tant qu’à faire, hein.
Pourquoi ? Ben parce que ça fait viril. Non ?
Parce que ça fait beau. Non plus ?
Bon, j’avoue, ma revendication de mes poils n’est là que pour donner une légitimité au fait que j’ai pas envie de me raser. Et voilà pour aujourd’hui.

