Les exaltantes aventures de la vie de moi

Samedi 3 mars 2007

Procrastinator, c'est moi.
L'homme qui ne fout rien de son temps. Depuis pas loin de six mois, la fin de mes études quoi, je n'ai rien fichu de mes journées, ou alors je me force à faire un truc par jour, genre "bon, aujourd'hui, c'est décidé, j'appelle France telecom". Cette perspective, toujours terrifiante, permet de voir passer la journée, axée autour de cette simple action, qui prendra cinq minutes, et n'aura en fin de compte pas l'importance qu'on lui accordait (parce que l'appel aura foiré).

Mais ce qui est rigolo, c'est comment, quand on glande rien de ses journées, des fois on a tout qui arrive d'un coup.

La semaine dernière, j'ai perdu ma grande soeur. Elle m'a abandonné pour partir vivre un an au Cameroun faire des maths et tuer des insectes et nourrir deux chiens. A priori, je n'avais rien à voir là-dedans, c'est à elle de faire ses commissions hein.
Mais là, forcément, les deux malles qu'elle avait préparées n'avaient pas été emportés par la société qui devait les envoyer là-bas. Alors qui c'est qu'on charge, vers 12h30, d'aller à la Poste chercher un colis ? Ben voui, c'est bibi, pas difficile à deviner. Donc, d'un pas sautillant, et après avoir recopié les vingt lignes d'instruction de mappy sur un petit papier (parce que pas d'imprimante, hein), je partis courageusement vers la poste où le colis avait été déposé, Na Fili et les Blaireaux dans les oreilles.
Trois quarts d'heure plus tard, arrivé sans encombre, la Poste est évidemment fermée et n'ouvrira pas avant trois autres quarts d'heure. Normal.
Alors qu'il faisait beau jusque là, il se met bien sûr à pleuvoir, et l'auvent de la poste est bien sûr orientée de manière à ce qu'on se prenne tout dans la yeule.

[passent trois quarts d'heure, émaillés par une petite danse sous la pluie quand elle tombe le plus fort, ça mouille mais ça fait passer le temps aux autres perdus à qui leurs soeurs avaient dit "Mais non, c'est toujours ouvert entre midi et deux la Poste, fais-moi confiance"]

Bon, ensuite, quoi de plus logique que d'apprendre que le colis n'est pas dans cette poste, mais dans celle de ma ville, qui est à dix minutes à pied ET ouverte entre midi et deux ?

3 heures et trente minutes plus tard, retour à la maison.
Et là, faut repartir aussi sec chercher le passeport et les billets de la frangine, que la responsable du non-envoi d'iceux par Chronopost ramène de Montepellier par train. Hop, voyage jusqu'à gare de Lyon.
Puis passage au Gibert pour quelques bouquins pour le voyage de la frangine...

Bilan de la journée globalement douloureux pour mes petites guibolles.

Les journées suivantes auront été consacrées aux malles, une fois ma grande soeur partie, sans que ses malles l'aient précédées. Coups de fil à Montpellier, chez les parents en Tunisie pour qu'ils faxent deux fois l'inventaire, au Cameroun pour avoir l'adresse...

En trois jours j'ai l'impression d'avoir été plus utile qu'en six mois, c'est fou. Maintenant je vais me reposer pendant au moins deux mois, je pense.


PS : en me relisant, je constate une fois de plus l'inanité de ma vie. Z'en faites pas, je ne vais pas parler que de moi (ou alors ça ferait une note par mois. Pas forcément une mauvaise solution, mais...).
Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Lundi 12 mars 2007

J’aime pas les chats.

J’en ai un à la maison à cause d’une de mes colocs (ouais, la même qu’en général).

C’est insupportable comme bestiole. Ca se fout de tout, ça donne rien sinon des coups de griffe, et ça veut toujours plus : qu’on lui ouvre sa porte pour la laisser sortir, qu’on lui mette à bouffer dix fois par jour, qu’on lui touche les poils qui nous restent sur les doigts, qu’on lui ouvre la porte pour rentrer… Pis elle est trouillarde, elle fuit les escargots, on sait jamais, des fois que ça morde...

En plus c’est un chat mutant que elle est femelle et orange alors que normalement y’a que les mâles qui peuvent être de cette couleur.
 

Si encore ça s’arrêtait là… Mais en plus, cette chatte pète, ses crottes infectent le rez-de-chaussée quand elle les fait dans sa litière, et je parle même pas de quand elle les fait dans la baignoire.

Puis elle nous ramasse des puces qui infectent les humains innocents, comme moi, ou comme ma grande sœur qu’elle est partie au Cameroun pour les fuir, maintenant je dois faire de la cuisine moi-même.

 

Puis en plus, sa maîtresse ne lui trouve jamais de faute, puis c’est pas toujours elle qui ramasse les crottes quand la litière déborde, puis elle lui a filé MON bol, celui que ma maman m’a offert avec mon nom dessus. Jamais elle a tort sa chatte, même qu’elle demande à tout bout de champ qu’on la caresse, malgré notre insistance à lui seriner d’arrêter de dire ça, que c’est sujet à confusion, et que c’est obscène, elle s’obstine, elle est blonde faut dire (si tu lis ça chère coloc, c’est juste pour faire rire les lecteurs, je le pense pas hein. Ou si peu).

 

Remarquez, une des voisines de ma tata bretonne aussi elle est blonde, je crois, et elle sait comment traiter ces sales bêtes : ma tata l’a vue une fois accroupie devant un petit chaton qui se tortillait par terre, en chantonnant « Crève, petit chat, crève ».

C’est-y pas mignon, les ptites gamines qui empoisonnent les chats. Une recrue de plus pour le CCC.

Mais bon, moi, si je tente de mettre de la mort aux rats dans la gamelle (enfin, dans mon bol, quoi), je risque d’être grillé par ma coloc. En ville, ils feraient une autopsie.

Va falloir que je bosse mon permis plus sérieusement, moi.


Ces petites bêtes, ça aime se fourrer sous les roues des voitures en stationnement, et un accident est si vite arrivé…

Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 12 mars 2007
Hier.
Encore une journée morne, dont le point d'orgue promettait d'être la découverte d'un ver de terre de première catégorie durant mon arrachage compulsif des machins verts qui poussent dans le fond de ma cour.
Une sacrée belle bestiasse, hein, un vrai appât à grand requin blanc, un ver issu des rêves les plus fous de l'Oiseau-Roc, limite que je l'ai pris pour un serpent python bicolore de rocher, que j'ai eu du mal à le tenir dans les mains.

Un gros ver, quoi.

Puis, vers sept heures du soir, sonne le téléphone :
"Tututututut !
Je décroche.
-Allô ? profère-je avec la fermeté désagréable dictée par la possibilité que ce soit un employeur potentiel qui m'appelle.

Et là, qu'ouïs-je ? Je vous le donne en mille, une voix féminine et sensuelle, qui susurre à mon oreille instantanément moite de désir :
-Bonjour, puis-je vous déranger deux minutes ?
Ben et que comment que vous pouvez, mademoiselle ! que je pense dans le for de mon intérieur, pour mon premier contact humain de la journée, tomber sur une demoiselle à la voix aussi émoustillante, c'est inespéré.

-C'est pour un sondage, capte mon tympan tremblotant d'émotion, vous avez deux minutes ?

Encore mieux ! Je vais faire partie de l'élite française, celle qui tire les ficelles de la campagne présidentielle, celle dont on suit avidement la moindre parole, qui fait éliminer des candidats promis au secod tour et tout et tout !
Les portes de la gloire s'ouvrent toutes grandes à moi !

L'enthousiasme me submerge.
-Ouais...Pourquoi pas...

-Je peux vous demander votre année de naissance ?
-19** (vous m'excuserez, on a tous nos petites coquetteries)
-Ha, désolé, nous avons déjà rempli notre quota pour les personnes de cette tranche d'âge. Merci, au revoir !

Merde.
Zut, flûte, crotte.

C'était si près...
Je me vengerai.



Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 17 mars 2007

Moi, j'ai un pote (ça paraît extraordinaire, dit comme ça, mais c'est vrai).
Un bon pote, même. J'en ai d'autres, mais avec lui, c'est spécial, on est frères de carte téléphonique. Il y a trois ans, on a cassé une carte téléphonique en deux (une finie, hein), on a chacun pris une moitié et on la porte toujours sur nous, pour au cas où on se croiserait, comme ça on peut la sortir en poussant des petits cris. Bon, en fait, on pousse pas des petits cris parce qu'on est pas des gonzesses, hein, mais on la sort, et on se regarde dans les yeux, comme ça, et tout plein de choses passent dans notre regard. Par exemple "tu croyais m'avoir, mais je l'ai, ton bout de carte à la con".
Ha, c'est quelque chose, l'amitié virile, hein.

Puis hier, il m'avait proposé, parce que sa copine pouvait pas venir, d'aller à la remise des trophées de l'APAJH, l'Association Pour les Adultes et les Jeunes Handicapés (je sais pas pourquoi le H est en plus petit, peut-être qu'ils veulent qu'on remarque moins qu'ils sont zhandicapés, mais ça me paraît bizarre). Oui, parce qu'il avait des places gratuites, hein.
Alors on y est z'allés. Puis il avait compris qu'il y aurait Jacques Chirac, ça se refuse pas de voir un président de la République, hein. Bon, en fait Chirac il était là juste par la pensée avec nous, très fort. A la place, on a eu Julien Lepers.

Quand même. Il était tout excité, il faisait des petites blagues, "ha mais non je me suis trompé je suis pas à Questions pour un Champion", et tout, mais il se faisait pas de pub, hein, juste il nous a signalé gentiment que dans un mois, un mois et demi, y'a le Spécial Grandes Ecoles, qu'il faut pas le louper. Je crois qu'il prend de la cocaïne.

Donc cette remise de trophées, sous le haut patronage de Monsieur le Président de la République Jacques Chirac, au Palais des Congrès de Paris, a eu lieu hier.
C'était très bien, en plus, on a applaudi tous en choeur quand Son Excellence l'Ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique est venu déchiffrer, la sueur coulant sur son front, son discours d'honorage d'être ici (je suis pas sûr qu'il comprenait ce qu'il lisait), on a applaudi plus fort quand madame Giannini est venue nous raconter comment elle avait commencé à s'intéresser aux handicapés et que finalement elle leur a consacré 50 ans, et elle a fait plein de trucs bien, puis on a applaudi à chaque remise de trophées, pour les entreprises qui sont bien pour les handicapés, (Accor cette année), les villes qui s'aménagent le mieux pour les handicapés (cette année, Sélestat, Bas-Rhin), le truc de service public le mieux foutu (cette année, Forez Aquatique Feurs), les machins culturels (cette année, l'assoc L'enfant @ l'Hôpital), le machin européen (cette année, des grecs)

On a beaucoup applaudi, cette soirée, les trophisés et les trophiseurs. Même que dedans y'avait des gens que je connaissais, Claire Borotra, Thierry Frémont, Titouan Lamazou, Laurent Boyer (si, si)

Puis on a aussi applaudi les spectacles, que dedans y'avait des trucs bien, y'avait le danseur étoile Desmond Richardson, Mayra Andrade, une chanteuse capverdienne (très mignonne) que mon pote sentait la saudade dans le dedans de lui, un groupe de gospel, Mario Biondi, un crooner italien avec un groupe de jazz pas dégueu qui l'accompagnait, des danseurs de hip-hop, y'avait des "rockeuses" (aussi rockeuses que Corneille, quoi, comme disait mon pote) bien foutues dont j'ai oublié le nom, Martin Rappeneau, pis Passi avec un autre gars, le comique (hum) marocain Booder, Lord Issa, le didji (dixit Juju) meilleur DJ hip-hop 2007...

Puis y'a eu un défilé sympatoche avec des pom-pom girls pas très synchros, des mannequins en fauteuil ou sur béquilles, et même Marylin Monroe en play-back sur Diamonds are a girl's best friends. Ca, c'était la bonne idée du truc, parce que elle commençait à danser en ombres chinoises, et quand elle déchirait la toile, c'était une noire (magnifique, en plus). Ca fait son petit effet.

Le tout traduit en direct sur écran géant en langues des signes, avec un traducteur avec des faux airs de Lambert Wilson, et une traductrice aux faux airs de Clotilde Courau (miam).

Bon, en fin de compte, ça s'est très bien passé, hein. Pas de regrets, on a eu notre content d'huiles, y'avait même Christiane Taubira qui ne s'est pas du tout faite remarquer qu'on l'a vue par hasard en sortant.

Le seul point noir, c'est que ça s'est fini à pas d'heure, qu'on a décidé de rentrer à pied parce qu'il devait plus y avoir de métro, et que c'était porte Maillot (tout tout au nord de Paris, quoi) et qu'on habite au sud de la porte d'Orléans (tout tout au sud de Paris). Donc on a essayé de s'orienter, on a réussi au bout d'un moment, on a fait tout les Champs-Elysées, le boulevard Saint-Germain, Saint-Michel...
Au bout de deux heures de marche, on a décidé de prendre le bus, parce que mon pote était un peu maladou.

Puis finalement, on est arrivés. Pas de chute pour aujourd'hui.

Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 22 mars 2007

Les talons de nos bottes claquent sur le sol dallé. Devant nous, les deux corps gisent, par terre, un peu de sang à la commissure de la bouche.

Willy et Gérard nous attribuent le nôtre.

 
On enfile nos lunettes de protection, « pour éviter les projections. En même temps, après une semaine, y’a peu de chances », et on se penche sur le corps.


Individu de sexe féminin, taille 1m26, prépubère, âge indéterminé. Morte depuis une bonne semaine, donc. Accident.

La peau lisse se fripe comme un vieux sac plastique dès qu’on tente de déplacer le corps.

 Nous commençons par extraire les dents. Je suis le premier. Je fais glisser le couteau le long des dents, l’insère dans la gencive, un petit mouvement de va-et-vient pour briser l’os et désolidariser les racines sans les abîmer. Je travaille la lame vers l’extérieur. Puis je refais la même chose du côté intérieur de la mâchoire. Bizarrement, j’ai des scrupules à appuyer la lame sur la mâchoire supérieure au risque d’abîmer la joue. Willy me le rappelle : elle s’en fiche, elle est morte.

Je sectionne ensuite entre deux dents, à l’avant et à l’arrière de la mâchoire. Je fais levier avec la pointe de la lame, puis je saisis le bout de mâchoire, et en tirant un peu, les dents viennent, attachés à un bout d’os rosé. Mes deux collègues refont la manip.

Willy nous fait une démonstration d’une technique plus rapide : il ôte au couteau la partie inférieure de la joue, et dénude l’os en incisant la peau de la gencive. Puis il y va au sécateur. Il faut faire attention aux éclats d’os, qui peuvent trancher dans le gant en latex. Pas besoin de s’exposer aux risques d’infection.

Une fois nos petites dents rangées soigneusement dans un sachet soigneusement annoté, nous abandonnons la tête, un peu ravagée. 

Le protocole exige ensuite un prélèvement de tissu adipeux.

J’insère le couteau dans le côté du dos. La pointe rencontre une petite résistance, la peau est élastique. Puis la lame s’enfonce comme dans du beurre mou sur deux bons centimètres. Je trace un carré, je soulève, et j’incise sous la couche de graisse, jusqu’à ce que le carré se détache. Ca vient facilement.
Je répète l’opération en dessous pour extraire un morceau de muscle, rouge sombre et juteux.
Mes deux collègues font la même opération de l’autre côté du dos.

Nous procédons de l’extérieur vers l’intérieur. Maintenant, il faut ouvrir.

C’est Willy qui pratique l’incision, faisant le tour de l’omoplate et le long du dos jusqu’à l’anus. En perçant la peau, on peut tirer dessus pour accéder au tissu conjonctif, que l’on sectionne, créant un rabat de chair. Les côtes apparaissent, on les tranche au sécateur. En les rabattant vers le bas, on fait saillir les articulations, et il suffit de faire glisser la lame affûtée pour faire céder le cartilage.

On ôte le côté de la cage thoracique. Les poumons, et le diaphragme, presque violets, s’offrent à nous.

La section de la bronche dérange quelque chose : je crois voir des espèces de tentacules se rétracter dans le poumon. Je regarde de plus près : un amas de vers blanc-rosés. Des parasites. Par dizaines, qui ont éclos dans les alvéoles. Saloperies.

On pose le poumon sur le sol. Il sera analysé plus tard. 

Ma collègue se charge du prélèvement de l’estomac. Elle ligature l’œsophage, déchiquette le diaphragme à la main pour isoler l’estomac. Le temps commence à presser.

On ligature aussi le duodénum (la partie antérieure de l’intestin), à deux endroits, et on sectionne entre les deux nœuds. Le contenu de l’intestin nous dérangera pas.

En libérant l’estomac, on découvre un ganglion mésentérique. Une masse blanche et hypertrophiée. Au lieu d’un centimètre cube environ sur un individu normale, il fait près d’une dizaine de centimètres de long et trois de large. La pauvre était dans un sale état, méchamment infectée, comme les vers qui grouillaient dans les poumons le laissaient supposer.

Reste plus que les reins et les ovaires. On les expédie vite fait. On doit partir. 

On laisse les cadavres par terre. Les nettoyeurs s’en chargeront.
Un coup de jet, on se déshabille, jetons nos gants. Mes mains sentent le latex et la sueur.


C’est cool, la dissection de marsouin.


Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 22 mars 2007
En rentrant du Code, ce soir, dans la nuit noire, j'ai réalisé quelque chose : j'adore me faire des films.
Jusque là, pas de problème, c'est même plutôt bien (je trouve. Vous êtes pas obligés de penser pareil, mais je vais faire comme si), ça fait passer le temps. Le problème, c'est que c'est pas du [insérez ici un nom de réalisateur que vous admirez, je fais confiance à votre bon goût ], ça se rapproche plus du téléflime de 22h30 sur TF1, le jour du film de merde de 22h30 sécuritaire (Et tant pis pour les effets stylistiques subtils).


Exemple bateau de ce soir : je croise, dans une rue obscure, une voiture garée, avec un pépé au volant et un gamin gras et à l'air bovin à côté. Que m'imagine-je ? Un brave pépé ramenant chez lui son petit-fils, et lui expliquant la manière de mener une vie droite et honnête ?

Nan. 
Je vois le pépé sortir, me braquer avec un flingue pendant que le petit gros sort une batte de base-ball de la bagnole, en tapote l'extrémité contre sa paume, puis la soulève pour me donner un grand coup dans la gueule. Je bloque la batte quand elle fuse vers ma tête, je lui arrache des mains, je désarme le vieux (à la batte ou d'un coup de pied retourné) et je donne un coup de batte derrière les genoux du petit pour le foutre par terre pendant que le vieux a mal aux doigts. Sale petit vieux, perfide et lâche.
Je tiens les deux en joue avec la batte, et j'appelle le 112 avec mon portable. (oui, le 112, comme ça je serai redirigé par un opérateur vers le service compétent, je le sais pasque je sors du code et je me suis planté à cette question débile).
Je donne mon nom, en plus, comme ça si ils arrivent à me désarmer et à me braquer, ils pourront pas prétendre que c'est moi qui les ai attaqués, haha je pense à tout, ils m'auront pas...

Je crois que mon subconscient essaye de me pousser à voter Sarkozy...

En même temps, le test du Monde me l'a dit : je suis plus proche de Mijo. Même que pour elle je fais du militantisme actif : je distribue des tracts bolcheviques à mes colocs, ceux que le copain de ma ptite soeur m'a filés.

Alors, je fais quoi le 22 avril ? Je suis mon subconscient, ou je fais ce que ma conscience sociale (inculquée par des années de tradition familiale) me dicte ?

...

En même temps, j'ai deux votes pour la présidentielle, ma soeur doit me faire une procuration.

Ma schizophrénie pourra être satisfaite.

Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 23 mars 2007
Aujourd'hui, je me suis remis au tricot.

J'avais commencé pendant mon stage à Bordeaux, par défi et pour passer le temps dans l'appartement glauque du quartier aux putes et aux dealers grouillant de cafards où je logeais.
Je m'étais donc acheté une pelote de laine vert lagon 3 1/2 et des aiguilles 3 1/2 aux galeries Lafayette, et j'avais profité de la connexion internet dont je disposais pendant mon stage au C******* pour trouver un site pour tricoteurs débutants, dont j'avais enregistré les premières leçons sur ma clé USB.

Après une nuit passée à essayer de comprendre comment mettre le premier rang de mailles sur les aiguilles, assis sur mon lit à entortiller des longueurs de fil autour de mes  doigts, faire des boucles, les refaire à l'envers, les serrer sur les aiguilles, puis croiser les aiguilles (ce qu'il ne faut pas faire), nouer, dénouer, mordre dans la laine, tout jeter par terre, piétiner rageusement et hystériquement (comme pour les bébés cafards dans les toilettes) et recommencer, finalement, j'ai réussi.
Je suis donc venu fièrement au C******* avec mes aiguilles et ma pelote dans mon sac, où une gentille thésarde m'a montré le point de base et m'a aidé à faire mes premiers rangs de mailles. Je me suis donné pendant quelques semaines, quelques laborieuses heures par soir, quand je n'écrivais pas des lettres interminables et illisibles (toujours par désoeuvrement). J'avais 30 bons centimètres d'écharpe verte.
Puis j'ai arrêté (j'avais trouvé des librairies BD et obtenu une connexion internet chez moi).

Cet hiver, en Lozère, chez ma grand-mère, je m'y suis remis.
J'ai racheté des aiguilles, plus courtes et plus épaisses (chez les aiguilles non plus, ce n'est pas la taille qui compte), des pelotes de laine plus jolie, et roulez jeunesse ! En une soirée, j'ai fini toute une pelote, même ! (je sens vos sourcils grimper le long de fronts plissés par une stupeur de bon aloi, mais c'est vrai, sur la tombe de la marsouine que j'ai découpé mercredi dernier !)

On a passé la nuit du Nouvel An à tricoter devant la télé, moi, ma petite soeur (grâce à moi) qui se faisait une écharpe rose et pelucheuse, et ma nounou marocaine (un bonnet noir). Y'avait que ma mamie qui tricotait pas, elle supervisait. Exaltant Nouvel An. Puis j'avais re-arrêté.

Donc, aujourd'hui, je m'y suis re-remis. Un bon bouquin en parallèle, plus un forum, MSN, la télé et  Radio Pandora en fond, et une petite soupe assortie à mon tricot (tant qu'à faire). Pas facile à gérer, mais j'avance, un peu.

Bon, quelques problèmes persistent : de manière inexplicable, je n'arrive pas à garder le même nombre de mailles d'une rang à l'autre, ce qui fait que mon écharpe s'élargit depuis son extrémité, je m'en rends compte, je saute des mailles ou j'en double (je sais pas trop) pour essayer de rétrécir un peu, des fois c'est trop serré, j'arrive plus à planter mon aiguille, des fois ça l'est moins, et ça fait pas propre, des fois, y'a des trous...

Mais j'ai bon espoir. Si je trouve de la laine de la même couleur, je pense pouvoir finir ma première écharpe d'ici Noël prochain.
 Et après ça, j'apprendrais la maille à l'envers !
Confiance.

Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mardi 27 mars 2007

Dieu est-il fan de Hugh Grant ?

 Je me suis récemment posé la question, au vu d'une aventure cocasse qu'il m'échût de vivre il y a quelques semaines, et que je voulais vous narrer, sur le ton pédant de la confidence mondaine (celle que l’on fait en soirée habillée, un verre de champagne à la main et le petit doigt en l’air, tandis qu’un pianiste en queue de pie installé au fond de la salle dallée de marbre interprète une valse autrichienne dans le désintérêt général).

Or donc, par une belle journée hivernale, je batifolai le nez au vent sur la colline de Fourvière, accompagné de ma sœur, d’un cousin et du colocataire bulgare de mon petit frère et de ma petite sœur, lorsqu’il advint que notre promenade nous fît rencontrer, par le plus grand des hasards, une jeune fille. (« Hooooo ! » pensez vous d’un ton unanime et équivoque, bande de petits coquinous).

Cette demoiselle à l’air perdu, avec des cache-oreilles sur les oreilles, de gros gants sur les mains, et un plan de Lyon entre les mêmes mains, s’adresse à nous avec un charmant petit accent pour nous demander de lui indiquer le chemin vers je sais plus où. Etant d’une grandeur d’âme peu commune, nous lui indiquons, et comme c’est sur notre chemin, nous l’accompagnons un petit bout. La courte discussion que nous échangeons nous apprend qu’elle est brésilienne (je sens derechef monter l’intérêt dans la partie mâle de l’assistance), seule à Lyon, et qu’elle est en stage à la Roche-sur-Foron (pauvre âme, j’entends déjà les soupirs de compassion dans le public ému aux larmes). A un croisement,  nous nous séparons, et partons chacun de nôtre côté. Fin du premier acte.

 

 Mon cousin, qui se complaît dans le rôle de guide, tient à nous faire visiter une auberge de jeunesse lyonnaise, classée patrimoine historique ou quelque chose comme ça. Nous y allons, bravons la mauvaise humeur de la réceptionniste, et sortons admirer la vue sur la terrasse (très jolie vue). Puis nous ressortons, en passant par la salle commune. Là, alors que nous passons, la même demoiselle brésilienne est là ! (Quelle coïncidence !) Elle nous demande où nous allons, et décide de nous accompagner (avec notre accord, parce qu’elle est très polie et qu’on est pas rats). Nous ressortons donc, à cinq, explorer les traboules lyonnaises (ceux qui ne connaissent pas n’ont qu’à s’informer, zut). La discussion révèle qu’elle a une formation de vétérinaire (ho ben dis-donc ! Je suis agronome, c’est quand même pas mal proche, quelle coïncidence encore !), qu’elle s’ennuie, et bla bla bla. On va boire un verre (toujours à cinq), on décide d’aller manger au resto (plus qu’à quatre, ma sœur nous a quittés), on discute gentiment, un petit cours sur le vin de mon cousin, fermentation alcoolique, fermentation malo-lactique, races de vaches brésiliennes (fascinant, les discussions entre agronomes, hein ?), elle veut rentrer, on insiste un peu pour aller boire un autre verre, elle accepte, on le boit, échange d’adresse, on se quitte, fin du deuxième acte.

 

On en est là. Hé oui, désolé, rien de graveleux, nous autres sommes des gentlemen casés dans la famille, ou alors coincés du cul (c’est mon cas). Reste, et c’est déjà pas mal,  la satisfaction d’avoir permis à une charmante demoiselle (ha quand même, hein, elle était charmante, je sais pas si on aurait fait tout ça sinon) de passer une soirée sympa, avec de (ô combien) parfaits inconnus, sans tension sexuelle (perceptible)(non sans blague, franchement sans), juste pour nous le plaisir d’avoir fait plaisir sans arrière-pensée à une personne qu’on ne reverra sans doute jamais.

 

Quoique.

Vu le manque d’imagination du Grand Scénariste dans son script d’hier soir, je pense pouvoir légitimement m’attendre à la retrouver. Probablement à Paris, dans un café, où, me retournant d’un mouvement un peu brusque avec ma tasse de café à la main, je renverserai cette dernière sur une jeune femme qui pousserait un petit cri. Je me confondrai en excuses, puis elle lèverai les yeux, et un éclair de reconnaissance traverserait son regard.

« Francis ! » s’exclamerait-elle avec un grand sourire ravi, « quelle surprise ! »

Puis on rediscuterait de choses et d’autres, je l’inviterais chez moi, ferais à manger (oui, j’aurai appris, j’en vois déjà qui rigolent là-bas au fond), elle n’aurait pas la moindre feuille de persil coincée entre les dents, nous ouvririons une bouteille de Châteauneuf-du-Pape 1983, puis, légèrement grisés, monterions dans ma chambre…

 

Où je l’abattrais à coups de club de golf. J’ai horreur des scénarios clichés.

Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mercredi 28 mars 2007
J'ai récemment découvert que, malgré l'espoir que j'entretiens depuis toujours de devenir un sage misanthrope allergique à toute forme de communication avec ces êtres inférieurs que sont les humains moyens, je conserve des besoins de sociabilisation, que je n'arrive pas toujours à repousser.

Aujourd'hui a donc été mon jour de sociabilisation.

J'ai commencé (après mon code, 7 fautes mais y'avait des questions à la con, aussi), en allant rendre visite à mon papy, ce que je devrais faire plus souvent, d'autant plus qu'on a mangé du canard et que c'était bon, avec un bon petit vin, suivi d'un bon petit café, et que j'ai appris des ragots sur le couple Hollande-Royal (oui, parce que en fait le fils du filleul de mon papy est le secrétaire général adjoint du Parti Socialiste), mais je vous dirai pas ce que c'est.

Ensuite on est allés voir ma mamie, qui est dans une maison de retraite parce qu'elle a Alzeihmer. Elle était en bonne forme, et mis à part ses divagations habituelles (ha, c'est pas facile de tenir une conversation avec quelqu'un qui ne se souvient pas de la question qu'on vient de lui poser, ni du début de sa réponse, ni du sens des mots qu'elle emploie, et qui tient à faire bonne figure en finissant quand même ses phrases, sans que la fin ait quoi que ce soit à voir avec le début), et mis à part aussi les cris d'un monsieur dans la salle commune (J'ai mal ! A moi ! Au secours ! Petite salope !), ç'a été une après-midi très agréable. D'autant plus que les infirmières et le personnel (en majorité féminin) est charmant à tous points de vue.

La conscience regonflée (parce que ça faisait un bail que j'aurais dû y aller, et parce qu'en plus j'ai apprécié ma visite), je suis rentré chez moi, sans même la moindre pensée d'insulte envers la personne qui s'est suicidée à ma station de RER, me forçant à descendre deux stations plus tôt et à marcher deux bornes.

Une fois de retour dans mon douillet chez moi, j'appelle un copaing qui bosse sur Paris, et on décide de sortir bouffer ensemble à Paris, ville Lumière, la cité des amoureux et tout et tout, avec une copine qui chôme également dans le coin.
Aussitôt dit, aussitôt fait, donc, je retrouve, en ce beau soir de précoce printemps sur la place Saint-Michel la fondatrice du Comité Contre les Cétacés et son chapeau en peau de Bibi Foc (cachant une nouvelle coupe à la Dominique Voynet, y'a incohérence quelque part, en même temps c'est pas non plus la fille la plus logique qui soit), ainsi que le nabot breton. Après les habituels échanges de ragots, on décide de trouver un restau.

Forcément, lui veut manger de la fondue, proposée par le premier estaminet qu'on croise, mais comme je sors d'une tartiflette y'a deux jours je dis non, on avance, on bouge, on tourne, on passe devant des restos à sushis, que je refuse catégoriquement pour la bonne raison que les deux autres veulent y aller, on retourne, on rentre (erreur fatale !) dans les rues aux grecs, celles où tout le monde t'attend à l'entrée de son restau et tente d'alpaguer chaque passant innocent, ce qui a en général pour effet de nous faire fuir le plus loin possible.
Mes accroches préférées de ce soir resteront "On vous a réservé une table !" et "Que des spicialités frinçaises !" avec un accent turc.

En fin de compte, nous rentrons bien entendu dans le premier resto qu'on avait repéré.
Avec un serveur rigolo, qui en vidant la bouteille de pinard dans mon verre, déclare "Marié dans l'année ! J'te souhaite de te pendre plutôt que de te marier", huhu.
Si y'en a que ça intéresse, j'ai pris des moules marinières (ouais, on s'est forcé à faire des vannes, aussi), pis du bout de pavé de rumsteack grillé sauce au choix (là le choix c'était de l'échalote)(et merdre, je mange de la viande qu'au restau, pas besoin de faire original), pis de la crème brûlée. Pis aussi de la fondue du breton, qui tient plus que moi à sa ligne. Et on a dit du mal de gens aussi, mais seulement des qui le méritaient.

On a fini la soirée dans un bistrot, pas trop tard parce que les derniers RER incitent pas trop à ça.

Bon, comme pour tout, je vais remettre à plus tard ma misanthropie, je crois. Puis aussi ma recherche sur l'orthographe du mot restau.

Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Lundi 2 avril 2007
‘Fin, longtemps, au moins une bonne année, quoi. Quand on habitait au Maroc (vers 6-7 ans), je laissais la famille devant la télé et je me couchais à neuf heures. Comme ça, sans que ma maman ne me menace du fouet ou rien.

Juste pour le plaisir de mettre mon réveil à 06:00, de boire un chocolat chaud que ma maman m’avait laissé dans une théière thermo, et de lire un bouquin dans mon lit.

Autant vous dire que j’étais pas le genre  de gosse que vous auriez aimé connaître, quoi (en plus j’avais des lunettes et une coupe au bol, berk).

 

Mais bon, depuis, je me couche plus tard, hein. Samedi soir, par exemple, j’ai larvé sur le canapé jusqu’à quasiment trois heures du mat, pour voir les Fatals Picards à la télé. J’étais motivé, didonc. J’ai supporté les chroniqueurs relativement super insupportables de Laurent Ruquier, les applaudissements des spectateurs à chaque phrase (j’espère que la production fournit les tubes de crème Neutrogena ®). Finalement on les  pas vus super longtemps, juste le temps pour Péri Cochin (la brune avec des dents) de dire « ha ben c’est pas cette année qu’on va gagner l’Eurovision », garce.

 

Ca m’a énervé, alors j’ai éteint. Pipi, un suppo et au lit.

 

Puis, dimanche matin, ding-dong, fait ma sonnette. Action, réaction, je me dresse dans mon lit j’en sors et j’enfile un jean sur mon caleçon de soie thaïlandaise à motifs de petits éléphants verts. (ding-dong + 15 s). Puis je réfléchis. J’ai pas envie de sortir il est tôt (même pas onze heures j’ai un T-Shirt crade, c’est le matin donc je dois être coiffé comme un cul, et si c’était une fille mignonne qui sonnait de quoi j’aurais l’air puis la porte elle est loin quand même et puis qui c’est ces connards qui se permettent de réveiller les honnêtes citoyens à des heures pas permises d’abord c’est pas le facteur il passe pas le dimanche ?)

 

Ding-dong + 20s : je décroche l’interphone à la sortie de ma chambre (vous admirerez que je suis réveillé depuis pas très très longtemps, hein !)

 

MOI : Oui ?

J’entends des voix qui murmurent derrière, de l’autre côté de mon jardin, ça complote et ça me plaît pas.

MOI : Allô ?

UNE DAME A L’ACCENT AFRICAIN : Bonjour monsieur, c’est pour vous inviter à une cérémonie très importante demain.

MOI : Ha, euh, et c’est quoi comme cérémonie ?

LA DAME : La commémoration de la mort de Jésus.

MOI : Quoi, il est mort ? Vous avez prévenu la police ?

 

Ca, c’est ce que j’aurais aimé dire. Ou bien « J-Zu ? c’est un rappeur chinois ?»

J’aurais aimé avoir le sens de la répartie cinglante.

Oui, bon, effectivement, même après réflexion, ça cingle pas des masses, mais quand même plus que ce que j’ai finalement répondu :


MOI : Euh…Vous pouvez le mettre dans la boîte aux lettres ?

 

Pas très glorieux. J’ai un peu l’impression d’avoir perdu la face.

 

Pour me punir de ma faiblesse, je suis allé chercher leur tract. Y’a un beau Jésus, le dos droit, le regard fier, une toge violette sur l’épaule, la barbe bien taillée, la couronne d’épines avec même encore des ptites feuilles vertes sur la tête…

Et une invitation  à nous souvenir du plus grand homme de tous les temps en majuscules.

 

En cherchant bien dans le tract, on arrive à trouver que c’est les témoins de Jéhovah qui sont passés.

Ils se mettent à l’ordre du jour les cocos, ils font un discours biblique sur « En sécurité dans un monde agité ». Ca veut dire quoi ? Prie Jésus-Christ notre Sauveur et ta Fiat Punto évitera les flammes des racailles infidèles ?


En même temps, j'ai pas de voiture moi.

 Et j'aurais pu faire une note sur les témoins de Jéhovah. Me voilà dans la norme bloguesque.

Par Francis
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés