Les plaintes geignardes de moi

Mercredi 10 septembre 2008 3 10 09 2008 11:42

Non, je ne parle pas de la fin de la terre dans un nouveau big bang ou un trou noir dû à l'audace de scientifiques inconscients, ça a été bien assez abordé et de toute façon, c'était faux, la preuve, on est là. Non, je parle de la fin de mon temps. Je ne suis plus rien.

Il y a peu, encore, je faisais partie d'une élite : j'étais ingénieur agro-halieute spécialisé en gestion des zones côtières. En réorientation plus ou moins subconsciente, peut-être, mais néanmoins l'heureux produit d'une formation présentée avec de gros égards pour notre ego et celui du professeur responsable de ladite formation, aujourd'hui retraité.

Si je me souviens bien, il devait y avoir des mots qui sonnaient bien dans l'intitulé de notre spécialité, comme « gestion » (ça, j'en suis à peu près sûr ), « développement », « intégration », « durable », j'en passe et des meilleurs.


C'était des beaux mots, dont l'application sur notre amour-propre apaisait la brûlure de la conscience de notre inutilité et de la vanité de notre existence. Mine de rien, ça soulageait un peu, tout ça. Ca nous faisait oublier que ce qu'on avait appris de plus important en trois semestres, c'était de pas mélanger rouge et rosé au même repas.


Puis on était ensemble dans cette formation, un tiers de notre promotion de vaillants halieutes, rudes au mal, au visage tanné par l'air rude de la Bretagne intérieure, de fines rides au coin de nos yeux constamment agressés par le brassage d'air constituant nos cours. Un fameux tiers, y'avait Coin-coin, le plus gentil de l'école, y'avait Edouard, le psychopathe à capuche, Alex qui portait une peau de bébé phoque sur la têtee, et co-fondatrice du CCC (Comité Contre les Cétacés), et y'avait les autres, et on était là, soudés, un groupe dans un groupe, une élite GIZC dans une élite halieute, ça donnait du baume au coeur et du Guy Cotten dans les armoires, on était beaux, on était fiers, on était vivants, on sentait bon la marée matinale.


Aujourd'hui, ma vie s'est effondrée, et des larmes salées comme la mer que ma formation voulait me faire protéger roulent le long de mes joues, coulent dans ma barbe, éclaircissent ma soupe aux nouilles. Ma raison d'être, l'ultime étape de ce que devait être ma formation, ce vers quoi devait tendre ma vie, la spécialité GIZC de l'ENSAR, mon école, a disparu.


Notre usurpation a été mise à jour. L'inutilité publique de tout ce à quoi on croyait a été reconnue officiellement. Nous ne sommes plus rien. Je ne suis plus rien.


Comme me le disait avec optimisme Alex, nous sommes des collectors. Mais un collector, c'est rarement un truc que tu vends des mille et des cents sur eBay, c'est plutôt un truc que tu mets au placard sans le sortir de son emballage. Que tu regardes à peine. Dont tu espères vaguement qu'il prendra de la valeur mais sans trop y croire, car quelles sont les chances ? Infimes.


Nous sommes finis. Bon, c'est pas comme si on s'y attendait pas un peu, hein. Déjà, un an avant la fin de la formation, on suppliait les plus jeunes de ne pas faire la même erreur que nous. On savait que la vie ne nous réservait rien de bon. D'ailleurs, Alex, elle bosse chez Nathan, maintenant, bien loin de l'halieutique, des zones côtières et des embruns.


Chienne de vie.


Nous ne sommes plus rien. Et maintenant, je me rends compte qu'on n'a jamais rien été.


Snirfl.

Par Francis
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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 10 2008 22:42

Pfffff.

Fffff.


Après une journée passée entièrement avec des gens, au cinéma, dans des bistros et des restaurants, ne voir personne pendant toute la journée suivante, c'est la louse.

Je crois que je m'étais rarement autant emmerdé. Même pas envie de réviser mes exams de chinois de demain, ni de rien d'autre. Je viens de chercher pendant deux minutes, et j'ai pas trouvé.

Je m'emmerde. Profondément et absolument. J'ai touché le fond de l'emmerdement.

C'est pénible. Ca force à se demander ce qu'on pourrait faire, et à se dire qu'on a rien envie de faire, même pas une note de blog, et que d'ailleurs à quoi bon un blog, à la base, alors que j'ai rien à dire ?

Faudrait penser à le fermer. A arrêter internet. A faire quelque chose, n'importe quoi. Puis je me dis que y'a vraiment rien que j'ai envie de faire, même pas l'effort d'arrêter quoi que ce soit.

Je m'emmerde. Je n'ai absolument pas envie de réviser les structures du potentiel, les multiples significations du caractère jì, le résultatif ou les compléments directionnels.

Je n'ai pas envie de penser à ce que je viens d'écrire.


Nom de dieu que je me fais chier. J'arrive même pas à avoir envie de finir cette note, ou d'en faire quelque chose de potable.


Féchié. Je balance quand même. C'est mon blog, je mets de la merde si je veux.

Par Francis
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 11 2008 20:42

C'est la fin d'un monde que nous vivons aujourd'hui, dans l'allégresse généralisée de personnes à la mémoire courte.

« Un nouvel espoir pour le monde », « Un moment historique », « Un nouveau rêve américain », j'en passe et des pires, un bonheur décérébré touche la majorité de la planète, et moi, seul dans mon coin, je pleure.


Je pleure, car Deubeuliou va nous quitter, d'ici le 20 janvier. Il va sortir de nos vies, retourner à temps plein à Jésus et ses copains, et il ne restera même pas dans la plupart de vos coeurs secs comme un pain du mois dernier.


Alors certes, sa politique n'a pas toujours été des plus heureuses, c'est le moins qu'on puisse dire, surtout du point de vue d'un paquet de civils de l'Afghanistan au Mississipi qui auraient dû continuer joyeusement de prélever leur part de la surexploitation de la planète (oui, on néglige souvent le côté écologique de la disparition de gens, tout ça parce qu'ils avaient de la famille qui pleure dans les chaumières sans se sentir réconfortées par les aspects positifs de leur sacrifice involontaire). Je ne conteste pas non plus qu'il ait sa responsabilité dans une baisse générale du niveau de vie chez lui et ailleurs (les gens sont si attachés à leur confort). Pour tout vous dire, j'ai même râlé quand il a été élu.


Mais à côté de tout ça, ce qui va me manquer, c'est l'éclair de gaieté qu'il m'apportait régulièrement, quand apparaissaient sur mon écran de télévision son menton pointu, ses sourcils de benêt, ses petites lèvres et ses narines pincées, et ses yeux de cocker à qui on a flanqué un coup de journal parce qu'il a fait pipi sur le canapé. Il projetait une aura d'impuissance neuneue qui le rendait immédiatement proche du téléspectateur moyen (et d'une partie de l'électorat américain, sans doute).

 

J'avoue, même après le 11 septembre, voir sa tête à l'annonce de l'attentat alors qu'il visitait une école maternelle réussit à me faire oublier les gens qui avaient sauté dans le vide quelques heures plus tôt. Et ça, c'était un exploit, et c'était important.


Puis il ouvrait la bouche, mes yeux s'emplissaient de larmes, et je faisais « grgnnnif huhuhu HAHA mais qu'il est con mais il y croit vraiment ou quoi ? ».

Il mettait dans nos vies à tous une touche d'absurde que nous n'apprécions pas à sa juste valeur, mais que nous allons regretter, je vous le garantis.


Puis c'était si bon de se sentir supérieurs, supérieurs à la personne théoriquement la plus puissante du monde, en matière de simple puissance intellectuelle. Parce que ça, l'Obama, il nous le permet nettement moins. Et en se sentant supérieurs à son président, quelque part, ça chatouillait un peu notre orgueil chauviniste, on se sentait du même coup supérieurs à tout ce peuple de crétins racistes et intégristes. Ca faisait du bien au moral, ça aussi !

Et maintenant, d'un seul coup, il faut réviser notre jugement sur tout un peuple qui a été capable d'élire un métis au poste le plus élevé, alors que dans notre pays, on se résout péniblement à faire des potiches de nos minorités visibles (et encore, le choix est même pas toujours judicieux).


Décidément, cette nouvelle Amérique promet d'être vachement moins funky à mon goût que l'ancienne.


Salut, Georges. Tu me manqueras, mais sache que tu resteras là, dans mon coeur, et que personne ne pourra t'en arracher.

Par Francis
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Mercredi 22 avril 2009 3 22 04 2009 23:42

Le chinois est une langue décidément passionnante. Dotée d'une histoire plusieurs fois millénaire, dépourvue de grammaire comme on l'entend dans nos contrées occidentales, chaque sinogramme foisonnant par contre de significations plus ou moins (enfin, surtout moins) évidentes à relier les unes aux autres, sa prononciation est d'une exigence rare avec ses quatre tons, ses rétroflexes, sans parler de sa retranscription en caractères latins (le pinyin) qui n'a que peu de choses à voir avec la manière dont on prononce réellement (non, zh n'est pas [z], c'est [dj] comme dans Johnny fais moi mal).

 

Outre tous ces caractères qui lui donnent son immense intérêt, le chinois possède une autre caractéristique : putain que c'est chiant à apprendre, toutes ces conneries. Déjà quand t'es dans le bain, c'est pénible, mais alors après douze semaines de grève et une semaine de vacances, pour s'y remettre, c'est mission impossible. Ton cerveau ne PEUT pas. Et du coup, tous les prétextes sont bons pour rien branler, ou en tout cas pour ne surtout pas branler du mandarin.

 

Parce que déjà, au bout de deux ans, tu connais trop de choses. Par exemple, est-ce vraiment nécessaire de savoir dire « élongation du clitoris » ? Je ne suis pas sûr. En tous cas, même en français, ça n'entre que rarement dans ma conversation, alors en chinois, comme j'en suis à espérer réussir à me faire comprendre en demandant si ce sont bien des pommes, et à combien les vendez-vous, alors que je n'aime même pas les pommes, l'élongation du clitoris, je vous avoue que je m'en badigeonne le nombril avec le pinceau de l'indifférence, comme dirait l'autre (je sais plus quel autre).

 

Bref. En tous cas, depuis que je suis rentré de mon périple bruxellois, de ses sushis aux concombres et de ses mitraillettes baveuses, mon esprit cherche à tout prix à éviter de se remettre au chinois. Pour commencer, il a sommeil. Parce que dormir une heure et demie sur un fauteuil de gare et deux sur un canapé, en 48 heures, ça lui suffit pas.

Puis il se découvre un amour immodéré de la famille. Du coup, je vais voir mes tatas, et je les accompagne à une exposition, moi qui en fais une tous les dix ans. Et mieux, mon esprit me convainc que c'est bien, et de traîner un peu. Puis, après un repas que je suis le dernier à finir, il me pousse à accompagner une de mes tatas à la librairie. Puis à retourner à Châtelet à pied, mais en se trompant, du coup on va trop loin, on fait demi-tour, on passe à la fnac au passage, j'en profite pour me faire offrir des livres (merci tata) qui me permettront de remettre une fois de plus le chinois à plus tard.

 

Mais faut pas croire que je culpabilise pas, hein ! Je culpabilise à fond. Du coup, par moments, je prends le magnifique livre sur la peinture chinoise que m'a offert mon papy, et je le lis un peu. Ca me donne l'impression de faire un peu de chinois, d'ailleurs y'a des moments je reconnais des sinogrammes (parce qu'il faut pas dire caractères, même si c'est comme ça qu'on dit au mah-jongg, parce que ça veut rien dire et que c'est notre Maître de chinois classique incompréhensible parce que c'est du chinois comme celui pas classique sauf que ça a rien à voir sinon les caractères, enfin les sinogrammes quoi, qui les a nommés sinogrammes, c'est trop ouf).

 

Mais d'autres fois, je culpabilise tellement que je pleure dans mon oreiller, et je sanglote « Pourquoi ? Pourquoi ? » en fait non c'est pas vrai. Ceci dit, des fois j'ai tellement honte de pas travailler que j'essaye de penser à autre chose pour avoir moins honte. Je me dis « tiens, si je faisais la vaisselle », et zut, elle est faite, ou « tiens, et si je me brossais les dents », ha zut, j'ai pas envie, ou « hey, je pourrais faire une note de blog, ça fait grave longtemps que j'avais pas reparlé de Procrastinator, que c'est mon alter-ego que je suis en réalité », du coup, paf, je le fais. Ca demande pas beaucoup d'inspiration, c'est juste ce qu'il me fallait pour arriver tranquillement à l'heure de me coucher.

 

Et ça, j'aime bien faire, et je m'en lasse jamais.

Allez, demain, je tente de réviser. Ce serait vraiment trop dommage que j'arrive à convaincre ma tata de passer à la maison avant de rentrer au Sénégal et de pas nous revoir pendant des mois.

Par Francis
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Vendredi 1 mai 2009 5 01 05 2009 15:42

Bon. On est le premier mai, et cette fois, je reste chez moi. Une fois n'est pas coutume, hein.

 

Parce que c'est pas pour dire, mais les manifs, j'en ai un peu ras le bonnet phrygien, là. Je vais laisser aux frangins et gines lyonnais le soin de me représenter. Une manif dans la semaine, c'est déjà bien, en plus on s'est vendus à une autre fac pour faire du bruit chez eux, parce que ma fac, c'était encore plus lamentable que d'habitude. Aucun bruit, mais trop coloré pour faire un faux cortège mortuaire.

 

Du coup, on s'est retrouvés à trois de ma fac à gueuler derrière la banderole d'une autre, mardi dernier, parce qu'ils étaient finalement pas toujours plus bruyants que nous. Pour l'honneur de Paris 7, on a refusé de tenir la banderole, par contre.

 

Bref.

Donc aujourd'hui, je fais mon social-traître sans la moindre honte. J'ai fait ma part et plus, nom d'une pipe.

Pas que ça ai servi à grand-chose jusqu'ici, soit. En cherchant bien, on se rend compte qu'il y a des manifs étudiantes depuis un moment, mais en regardant la télé, on voit nettement plus les médecins, quand même. C'est pas que ça aigrisse, mais quand même. Tant mieux pour les médecins, toujours.

 

Puis de toute façon, j'aime pas le muguet.

Puis on est en mai, je fais ce qu'il me plaît, hein. Et là, ce qui me plaît, c'est de glandouiller devant mon ordinateur, comme un trader, mais sans les sous. Et de ne pas réviser mon chinois et en particulier pas le chinois classique, pour lequel je suis déjà supeeeeer à la bourre, mais si ça se trouve on aura pas d'examens cette année. Ou moins. Ou faciles. Je compte sur le fait d'avoir été là en AG et en manif pour avoir la clémence du jury. Haha.

 

Sinon, rien à signaler. Je m'ennuie. Je profite de mon ennui. Je le savoure, heure après heure. Je me lève tard sauf en cas de cours le matin à des heures indues, je lis, je traîne sur internet, je regarde des téléfilms sur M6 avec des chiens qui parlent et qui font des catapultes à lions des montagnes qui parlent pas parce qu'ils sont méchants et plouf ils tombent à l'eau et c'est grave bien fait pour eux et heureusement y'a des gentils vieux barbus à lunettes qui prennent soin de leurs amis chats parce qu'ils en ont quand même, je fais la vaisselle, et je pleure seul la nuit, barbouillant de morve mon oreiller en gémissant « Pourquoi moi ? Pourquoi ? ». Haha.

 

Puis des fois, je mets des trucs sur youtube, histoire de voir combien de gens ils vont attirer. Et ben, croyez le ou non, mais ça n'intéresse personne, du coup je vous les inflige.

 

Z'aviez qu'à aller voir ailleurs.

 

 

 

Par Francis
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Jeudi 27 août 2009 4 27 08 2009 21:42

S'il y a bien une chose dont j'aurais du mal à me passer, c'est de marcher. Ca me prend comme ça. Généralement, sans élément déclencheur, y'a pas de préparatifs compliqués, si j'ai des chaussures et que l'envie s'en fait sentir, j'attrape mon blouson et je sors. Parfois avec une destination vague, rarement la même, aller à la Vache Noire ce soir, le mois dernier à la Tour Eiffel, quand j'étais à Rennes aller au centre-ville ou à la gare, le long du Léguer pendant un stage, le long de la mer pendant un autre... Et je marche. J'avale le bitume, je piétine les galets qui roulent sous mes pieds, j'écrase l'herbe rase, avec parfois un oeil pour le paysage, le plus souvent le regard braqué sur mes pieds. Des fois jusqu'au but fixé, des fois moins loin, des fois plus.

 

Une fois arrivé, souvent, je fais demi-tour et je rentre de suite, parfois je m'allonge, je sors un bouquin, je pose mes lunettes, je tente de dormir malgré les insectes. Globalement, mes randonnées ne servent à rien. Juste à marcher. Aucune pensée d'exercice physique là-derrière, si je veux faire du sport, je m'achète une Wii. Et je m'y refuse.

 

En fait, je ne sais pas trop pourquoi je marche. Souvent, c'est pour ne pas avoir à supporter les récriminations culinaires de mes colocs, mais pas forcément. Juste j'aime bien. Surtout le soir. Je pars tard, et je rentre au crépuscule, parfois plus tard. Des fois, je pars alors qu'il fait déjà nuit. Ca donne le temps de respirer (oui, même à Paris), de ne pas penser, et d'être moi-même, sans avoir à jouer le copain, le cousin, le frère, le con du net, n'être rien qu'un marcheur, vide. Personne. Perdu, et retrouvé (c'est beau comme du Marc Lévy, j'ai des pulsions comme ça des fois, un petit paragraphe de cliché pour midinette, pardonnez-moi). Perdu au sens propre, des fois.

 

J'aime bien quand je ne rencontre personne. Ce qui arrive souvent, vu que je pars tard, et parfois dans des coins paumés (oui, du côté du Sillon de Talbert, à 21 heures, y'a personne même en été, et encore moins dans la campagne lozérienne à minuit). Ca m'évite de lancer la boîte à fantasmes dans laquelle je fais preuve de super connaissances en krav-maga parce que tout passant est un agresseur potentiel quasi-ninja. C'est agréable sur le moment, les fantasmes de super-héros, mais après, j'ai honte d'avoir un cerveau formaté TF1. Je préfère donc avoir juste le vent, les nuages, les vagues (oui, là, tout de suite, la Bretagne me manque un peu. Un peu grave).

 

Avancer sans réfléchir, c'est bien, mais c'est pas facile. Au bout de quelques minutes, on se rend compte qu'on a fait le vide, et paf, les idées s'enclenchent, en général une idée, toute seule, qui tourne en rond en se répétant sur plusieurs tons. Pas très productif, pas même de quoi faire une note de blog, souvent. En fait, en règle générale. Sauf si je pars pour ça (ce qui est très rare, ouf. C'est arrivé il y a quelques jours, en rentrant de Paris à pied pour contrer la grève de RER, et en me disant que ça servirait à quelque chose de marcher, mais c'est rare rare rare).

 

Je ne fais pas du tout ça comme exercice physique, et pourtant, j'aime bien quand je le ressens comme ça. Quand mon t-shirt est collé à mon dos par la sueur, quand mes pieds râlent, quand mes genoux se mettent à ne plus vouloir se plier, et que je continue, moins vite, mais régulièrement. En lâchant entre mes dents serrées des petits râles de douleur, pour la forme, ça fait cow-boy blessé, j'aime bien.

 

Puis je rentre, et la magie disparaît, le monde réapparaît, Michael Jackson est mort, internet est passionnant, il faut penser à l'avenir et toutes ces sortes de choses.

 

Zut.

 

Bon, au moins, cette note de blog m'aura fait réaliser quelque chose : c'est quand même tout seul que je me sens le mieux.

 

Par moments.

Par Francis
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 10 2009 22:42

Cher papa, cher maman.

 

Ne vous inquiétez pas, tout va bien. On a eu quelques petits soucis avec le bouchon de purge du radiateur de la cuisine, celui qui est à deux mètres de haut, quand on a essayé de mettre de l'eau dans le circuit depuis la cave on a entendu un grand cri, parce que ça jaillissait du radiateur comme les grandes eaux à Versailles. Mais comme la cuisine est au rez-de-chaussée, on a pu tout sortir dehors facilement, même si on s'est un peu tout mouillés avec Christian qui était sur la table de la cuisine à essayer de boucher le purgeur et moi dessous à essayer de fermer le robinet d'arrivée d'eau.

Mais même si j'ai pas réussi, ça s'est arrangé dans la cuisine parce qu'on a pris un bouchon de purge dans la petite chambre en haut au deuxième étage pour le mettre dans le radiateur de la cuisine. Par contre, à ce moment, malgré le peu de pression, ça a commencé à couler du radiateur tout en haut. Du coup, on a mis un seau sous ce radiateur, et on a essayé de faire diminuer la pression que déjà il devait plus y en avoir beaucoup vu qu'on avait éteint la chaudière (enfin, mis en position été) en purgeant un radiateur du salon, mais comme le bouchon de purge était près du mur ça a coulé un peu par terre, mais comme le parquet est vitrifié on a pas eu trop de problème à serpiller tout bien sous le canapé (on a réussi à éviter de trop tremper le pouf) puis à aller se coucher parce qu'il était deux heures du matin.

 

Enfin, à presque aller se coucher, parce qu'on s'est rendu compte juste avant que le radiateur du deuxième coulait encore en voyant que le plancher du deuxième était tout mouillé et que ça coulait du plafond, du coup on a mis un autre seau au premier et un torchon dans le trou de purge du radiateur en haut pour canaliser la fuite vers le seau (sous le radiateur, pas sous le plafond). Pour que ça fasse pas trop de ploc-ploc bruyant dans le fond du seau, j'y ai mis une chaussette (une vieille et trouée), ça atténue bien le bruit.

 

En tous cas, ça a eu du bon, ça m'a donné un prétexte pour éviter d'aller au cours de chinois du vendredi matin. Parce que bon, non seulement j'avais pas fait mes devoirs, mais en plus, j'avais plus rien à me mettre parce que j'attendais le week-end pour faire ma lessive.

 

C'était pas forcément une mauvaise idée d'attendre, parce que sinon, généralement, j'oublie mes fringues dans la machine, et après elles sentent mauvais et c'est encore pire que quand elles sont sales. Mais finalement, c'était un peu une mauvaise idée quand même, parce que la machine à laver ne marche plus et que tout ce que j'ai de propre, ce sont quelques caleçons. Et j'ai même pas pu faire des courses de fringues propres parce que d'une je suis allé voir un copaing belge qui descendait sur Paris, de deux je sais pas acheter des frigues, et de trois de toute façon j'avais plus de sous (enfin, il me restait 22 euros sur mon compte, moins 10 de BD pour une dédicace de Frederik Peeters (hiiii) moins six de manger, et je veux pas dépenser ma pièce de cinq euros toute belle que j'ai eue à la Poste). Et le bouton de mon dernier pantalon propre vient de sauter. Enfin, propre. Je le porte depuis quelques jours, quand même. Je vais fouiller le bac à linge sale demain matin, tiens.

 

Bref.

 

Tout va bien. Je ne stresse pas du tout pour quoi que ce soit.

 

D'ailleurs, je ne stresse jamais.

Je sais en plus tout à fait positiver : la chaudière marche, on a de l'eau chaude, je dois avoir du parfum reçu il y a trois ou quatre Noël dans un coin, j'ai une dédicace sur Pilules Bleues, je viens de manger des crevettes, et quand je me mets dans mon lit, il chauffe super vite.

 

Ca pourrait être bien pire.

 

 

 

Par Francis
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 11 2009 19:42

Depuis plus d'années que la mémoire humaine ne peut se souvenir, mon régime alimentaire a été basé sur trois mets essentiels : les céréales, les Prince de Lu et le saucisson.

C'est pourquoi il me paraît essentiel de revoir certains tabous concernant ces aliments, qui trop souvent se voient profanés par des blasphémateurs.

 

Venons-en donc aux basiques :

Comme les Miel Pops, les Frosties se mangent secs. Jamais, au grand jamais, on ne leur ajoutera du lait, même sous prétexte de calcium et de mais tu es en pleine croissance mon chéri.

Le lait, ça se rajoute aux Chocapic. Du lait froid. D'ailleurs, jamais on ne rajoutera de lait chaud aux céréales, quelles qu'elles soient. Le plus froid possible, le lait. Même pas du lait tiédasse conservé à l'extérieur. Non, du lait du frigo. Sans que ça dépasse le niveau des céréales.

La cuillère doit s'orthographier cuillère et pas cuiller, doit être tout en métal (pas de bout de manche en plastique, ça gâche le goût), et doit être une cuillère à café de taille moyenne (ce sont les anglais qui utilisent des cuillères à soupe, didju).

Les cornflakes ne se mangent pas dans un bol, mais directement dans la boîte, devant la télé.

Le bol doit être relativement profond, mais pas trop grand non plus.

Et un point très important : on ne mélange JAMAIS JAMAIS le fond d'un vieux paquet de Chocapic avec un nouveau. Le fond des vieux paquets est constitué de miettes et de céréales mollasses et fades absolument abominables. Et les cousines qui se permettent ce genre de comportement sous prétexte d'économies devraient être crucifiées.

 

Voilà pour les céréales.

 

Les Prince de Lu, maintenant. Ils sont ronds, donc on ne commence pas par ronger les coins comme les petit Lu (qu'on ne croque jamais par le milieu non plus, mais c'est une autre question). Ce ne sont pas des BN non plus, on ne sépare pas les deux moitiés pour lécher le chocolat.

Non, à jeun le matin, le prince de Lu se consomme tout sec, si la boîte est neuve et juste ouverte à l'instant.

La boîte une fois entamée, le Prince perd son croustillant, il faut donc le tremper dans du thé, de préférence Earl Grey, sans sucre, après un peu d'attente parce que sinon le Prince se décompose en fragments irrécupérables.

 

Venons-en au point le plus important : le saucisson. Le saucisson est un mets digne des dieux, du moment qu'il est bien sec et sent un peu le pipi. Il convient donc de le traiter avec les honneurs qu'il mérite, et de lui associer une bonne baguette.

Le saucisson se coupe en tranches fines, avec un couteau lisse bien aiguisé mais pas trop.

En aucun cas on n'utilisera de couteau à bout rond et à dents, ça le met en charpie, ça oblige à faire des tranches épaisses, et c'est une marque d'irrespect innommable. Les ex-colocs qui se rendent coupables de ça devraient être étranglées avec la peau de saucisson qu'elles se permettent sans doute d'arracher à leur propriétaire comme le faisaient les docteurs nazis dans les camps de concentration.

 

Si en plus elles entament le saucisson par les deux bouts (par les deux bouts ! Ça a beau dater d'il y a deux ans, ça me hérisse encore rien que d'y penser), je ne vois pas de sanction assez sévère.

 

Bref. La nourriture se respecte, il faut la manger dans les règles de l'art, sinon, c'est MAL. Et ce qui est mal doit être annihilé. Purement et simplement. Pas de demi-mesures, sinon, les femelles incultes continueront à arracher la peau du saucisson (ce qui traduit sans doute quelque part une sexualité déviante mal assumée), à mélanger les fonds de boîtes de céréales au mépris total de leurs colocs au nom de convictions politiques qui ont prouvé leur néfastitude en faisant des millions de morts, et à nous gâcher la vie.

 

Oui, en fait, c'était juste contre mes colocs passées, présentes et à venir.

Par Francis
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 11 2009 00:42

Il y a des gens cons, sur cette terre.

Les supporters de foot en font partie. Ces cliques qui se déplacent en meutes colorées en beuglant des insultes à quiconque a pas la même couleur de maillot, alors qu'ils sont infoutus de situer le pays d'où vient ledit maillot. Des gros boeufs bornés, pour beaucoup.

 

Mais des fois, je croise des gens encore plus bornés et intolérants que les supporters : les gens qui n'aiment pas le foot. Qui râlent parce que des gens sont contents et font du bruit, qui va les priver d'une ou deux heures de leur précieux sommeil. Quels rabat-joies. Quels peigne-culs. Quels bande-mous (j'ai quelques doutes sur l'orthographe de bande-mou au pluriel)(et pour les autres aussi, d'ailleurs).

Il me font un peu penser à ces pénibles de sobres qui s'emmerdent en soirée et passent leur temps à tirer la tronche, tout en critiquant les gens qui ne savent pas s'amuser sans boire. En un peu pire, je crois.

 

Parce que bon, ces pète-burnes là, ils ont un argument : l'alcool tue. Mais une victoire au foot, ça fait une bonne poussée d'hormones qui n'incite à tuer que beaucoup moins de monde, et pas si souvent que ça (statistiquement), et puis y'a pas de gueule de bois après. Alors pourquoi vouloir à tout prix en priver les gens, nom de dieu ?

 

Et tout ça ressort les mêmes arguments : «c'est con de courir après un ballon, qu'on leur en donne un à chacun », « à quoi ça sert de regarder, de toute façon ils vont perdre », « mais pourquoi t'es content, c'est même pas toi qui joue »...

Autant de moments de profonde incompréhension entre les gens me désole. Le pire, c'est que les anti-foot sont souvent des gens très bien. Des gens comme vous et moi, qui rigolent devant south park, qui n'aiment pas les hommes politiques, qui ne prennent pas une mine inspirée devant un tableau d'art moderne, avec qui on peut échanger des vues sur des séries télé, des gens que j'aime bien en général.

Mais qu'un match de foot arrive, et ils retirent leur masque pour devenir des sales gros racistes nazis intolérants qui peuvent pas comprendre qu'on prenne du plaisir à quelque chose qu'ils n'aiment pas.

Qui se foutent de gens qui se rassemblent autour d'un sport, qui partagent des émotions brutes. C'est pourtant pas désagréable. A se demander si ces gens-là, les anti-footeux, ont déjà pris leur pied autrement qu'avec leur paluche. Les gars (et les filles, parce que faut pas se voiler la face, le foot rend conne encore plus qu'il ne rend con), partager, c'est bien. Quoi que ce soit. Se rapprocher des autres, fût-ce pour quelque chose de con, c'est agréable. Fourrez-vous ça dans le crâne, nom de dieu, avant de jouer les vierges effarouchées par le fait que des gens chantent un hymne national. Parce que y'a cet argument là aussi, les supporters de foot sont tous des fachos. C'est mimi.

 

Ca m'énerve. Non, vous n'êtes pas supérieurs aux autres parce que vous n'aimez pas le foot. Non, il n'y a pas quelque chose que vous avez compris et les autres pas. Laissez les gens s'amuser, bordel.. Faites de la batterie dans vos caves. Trouvez quelque chose d'intelligent à faire, cultivez-vous, regardez une rediff' de X-Files, profitez qu'ils soient dans les stades ou au bar ou devant la télé chez des potes pour sauter leurs gonzesses, mais par pitié, taisez-vous. Vous êtes encore pires que ceux que vous traînez dans la merde. Même si on est heureux pour des raisons cons, au moins, on est heureux, et on dirait que c'est ça qui vous défrise ? Connards.

 

Tout ça pour dire que je suis content que la France se soit qualifiée pour la coupe du Monde, malgré que ce soit complètement volé à ces pauvres Irlandais qu'ont pas fini de râler (en tous cas, on aurait été à leur place, on en entendrait parler encore quelques années), et malgré les commentaires de ma grande soeur que je remercie de m'avoir laissé regarder la télé ce soir, et que j'espère qu'on va battre les Samoa au rugby samedi, parce que le rugby, c'est quand même vachement moins un sport de lopettes que le foot.

 

(et si je suis un peu vulgaire, c'est qu'il est tard et que l'heure relâche les inhibitions dues à une excellente éducation. L'heure, pas le foot)

Par Francis
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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 11 2009 13:42

Une barbe, c'est un peu le même fardeau que le mariage pour une femme : on y dissout son identité.

On se perd dedans.

 

Vous êtes né. Vous avez grandi, voulu tuer votre père et épouser votre mère, êtes devenu une bête au ping-pong, fan des Spice Girls, puis d'Alice Cooper, avez commencé une collection de timbres, lu l'intégrale de Gotlib et de Panaït Istrati, avez fait de la manutention dans un aéroport pendant vos études d'esthéticien, êtes devenu accro aux jeux de rôle, bref vous êtes construit votre personnage, et un beau jour, dans un accès de flemme, vous vous laissez pousser la barbe, et paf, tout ce que vous étiez est oublié, vous êtes devenu le barbu.

 

Défini par vos seuls poils. C'est un peu triste.

 

J'ai toujours un peu de mal à me considérer comme barbu. Après tout, j'ai vécu 80% de ma vie sans l'être à temps plein, hein.

Puis en fait, je m'en fiche un peu. Comme je disais, je me la suis laissé pousser parce que ça me permettait de me lever plus tard le matin. Il suffit d'entretenir un peu de temps en temps avec quelques coups de ciseau là où ça dépasse, et hop.

 

C'est comme ça. C'est pareil pour les filles, ceci dit, c'est celles qui se laissent pousser les poils sous les bras qu'on remarque, pas celles qui se défrichent les aisselles à grands coups de produits toxiques (loués soient les produits toxiques). Mais même elles, on les définit pas par ça. Bon, généralement, on les appelle « la hippie, là » ou « l'allemande de l'est », mais ça ne tient pas qu'à leurs poils. Y'a tout un tas d'autres facteurs.

Mais les barbus ne sont que barbus.

 

Ou alors, il faut qu'ils se soient vraiment beaucoup illustrés dans un autre domaine. Et encore, la barbe vient rapidement dans leurs traits dominants.

 

Que retient-on en deuxième de Barbe-Bleue ou de Landru ? Qu'ils étaient barbus.

De Karl Marx ou Darwin ? Barbus aussi.

 

Et c'est un processus à peu près irréversible. On s'y noie nous-mêmes. On finit par être ce qu'on voit en nous, des barbus, uniquement des barbus. On ne se voit plus sans. Si on se tond par accident d'un peu trop près, on se cache le temps que ça repousse, parce que vraiment, voir le menton d'un barbu, c'est ridicule.

 

Dévorés par nos barbe.

C'est affreux.

 

Je ne suis pas une barbe, je suis un homme libre !

Par Francis
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