Les plaintes geignardes de moi

Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 22:42

Chers amis,

c'est la fesse droite douloureusement lancinée par une sciatique issue d'une tentative d'excaliburage d'un sapin de Noël de son support que je reviens vous écrire aujourd'hui.

Mais si ma fesse me fait souffrir, ce n'est rien par rapport aux affres dans lesquels est plongé mon pauvre petit cœur, arraché depuis maintenant trois semaines à son confort africain.

 

Parce que oui. Je suis rentré. Pour de bon. Pour le moment, en tous cas.

 

La parenthèse sénégalaise s'est refermée, et déjà le sentiment est là que tout ça est arrivé à quelqu'un d'autre. Le salaire, le grand appartement, les pélicans, les vautours, le tieboudienne, tout ça n'est plus. C'est désagréable. Râlant, même. Foutrecul de pine à foutre, ça fait chier la bite, dirais-je si j'étais enclin à la vulgarité (mais je ne voudrais pas choquer ma manman).

 

Je n'ai plus comme souvenirs que quelques bouts de tissus, un vieux accroupi avec une pipe, un tableau de kung-fu, une tendance à ajouter Inch'allah à toutes mes phrases et des intestins déglingués. Je porte trois couches de vêtements, je retourne trois fois à la mairie pour rapporter les pièces manquantes à mon dossier de carte d'identité (à pied, avec une sciatique dans les fesses, dans le froid et tout).

 

Bon, un avantage d'être ici, c'est que je peux acheter des bouquins et des bédés. Faut bien qu'il y ait des avantages, hein ? Hein ?

 

Bon sang de bordel de putasse de foutre à cul, merde alors. J'étais pas si mal, là-bas. Plaignez-moi.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 00:42

L'alcool est décidément une substance dotée des propriétés les plus surprenantes, au nombre desquelles la moindre n'est certainement pas de me forcer à écrire une note de blog, quand ma vie a le relief et la saveur d'une limande sans assaisonnement et que je devrais plutôt me préoccuper de passer sous la douche rincer les restes de sueur d'une journée harassante. Comme d'habitude, quoi. Sauf que là, j'ai bu, donc je peux écrire, apparemment, du moins quatre lignes, mais je vais essayer de faire honneur au rhum, et d'en écrire plus, parce que bon, quand même.

J'ai bu, donc, et sans doute, si vous suivez ce blog, vous vous direz, mince, comment donc que ça se fait, lui qui ne picole jamais seul, et qui ne voit personne ?

Hé bien, c'est facile, aujourd'hui, j'ai été forcé de voir des gens, parce que je suis allé fêter les 50 ans de l'association des oeuvres sociales de l'IRD, youkaïdi, youkaïda et toutes ces sortes de choses.

Et comme j'ai tendance à facilement jouer les bonnes poires (par exemple, je passe des heures entières à corriger l'infâme torchon mal torché qui servait de lettre de motivation à ma jeune soeurette, au lieu de travailler sérieusement), je me suis proposé, avec tout le bon coeur dont je suis capable pour me faire bien voir, pour aider à tenir un des bars lors de la fête. Et donc à manutentionner des stères de boutanches de Fanta cocktail et de Gazelle ananas, et à annoncer à des enfants désespérés que non, ils sont arrivés trop tard, il n'y a plus de Fanta cocktail ni de Gazelle ananas.

 

La détresse des enfants devant la pénurie de boissons infâmes étant une chose excessivement difficile à supporter, j'ai dû, pour faire face, réclamer au bar d'à côté, celui pourvu généreusement en décolletés et en picole de bon chrétien, force rhum-oranges et ti'punch améliorés (sans citron, mais avec du Sprite frais), et du coup, me vlà beau, à rentrer à pied en cherchant de bons mots à sortir aux agresseurs qui n'auraient pas dû manquer de me tomber dessus, vu que quand même, ça grouille de noirs et donc de détrousseurs potentiels de veuves et d'orphelins, et je peux être considéré comme orphelin, il me semble, depuis que mes chers parents sont retournés à leurs pénates respectives, les salauds.

 

Autant vous le dire, c'était peine perdue, personne ne m'a permis de sortir « mais couillon de la lune, tu crois pas que si j'avais le moindre sou, j'aurais pris un taxi, hé patate ? ».

 

Je suis déception. Mais j'ai l'habitude, ne vous en faites pas pour moi, je m'en remettrai. Si c'est pas malheureux, hein. Je n'ai décidément aucune raison valable de poster cette note, c'en est honteux, mais je vais quand même le faire, parce qu'après une demi-douzaine de rhums, ma capacité à ressentir la moindre honte est bien inférieure à mes capacités d'élocution rédactionnelle et pédantesque, comme vous pouvez le constater, mais sans doute le lendemain de mon postage, vu que chez vous il est sans doute deux heures plus tard que chez moi.

 

Enfin.

 

Quoi qu'il en soit, je vous remercie de me souhaiter une bonne nuit, et j'espère que la vôtre fut bonne. Youpi.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 21:42

Bon sang, c'est vraiment injuste. Je n'arrive pas à abandonner ce blog.

 

C'est pourtant pas comme si c'était un gentil petit chien auquel je n'ai plus les moyens de donner des croquettes. C'est juste un bout d'internet que je n'arrive plus à alimenter. Mais quand je dis plus, c'est plus, que dalle, zéro, nada, que pouic, amoul idée.

 

Pour vous dire à quel point j'en suis, j'ai même pas pu trouver une note de bonne année, ou des résolutions rigolotes parce que lol, elles sont trop faciles à tenir hahaha ne pas commencer à fumer et rester célibataire c'est caustique hahaha, ou une note dépressive d'emo attardé qui attend avec pessimisme les vicissitudes de l'année à venir qui ne saurait être porteuse que de défaites amères et de larmes salées.

 

Nan. Rien.

 

Mais malgré ça, je n'arrive pas à le quitter. Ce misérable blog me regarde avec ses grands yeux humides, sa truffe fraîche et ses oreilles pendantes, la tête penchée sur le côté, et j'arrache la laisse qui l'attachait à un arbre, et je le fais remonter dans le taxi de la vie2.0*. (arrrh, même dans mes métaphores, je n'arrive pas à m'imaginer détenteur d'un permis).

 

Et j'essaye de trouver de quoi le nourrir. Mais rien ne vient. Ce doit être l'âge. La tête se vide, rongée de l'intérieur par le ver de l'oisiveté intellectuelle. Et du coup, j'en viens à faire, une fois de plus, un billet foireux pour expliquer comment la vie d'un blogueur, c'est trop dur, mon frère.

(ou ma soeur. Ou ma tante, eu égard aux mères de famille qui s'égarent par ici).

 

Bref. Du coup, pour la première note de 2011, ça craint du boudin. Alors tant qu'à faire, je me suis dit, ben je vais mettre une vidéo rigolote, parce qu'elle m'a fait rigoler, surtout les imitations d'Eartha Kitt et de Louis Armstrong, mais pas que.

 

Hop. Enjoillez.

 

 


 

 

 

*Arrrh. C'est mauvais. Mais je me dépêche, j'ai des épisodes de Community à regarder.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Mercredi 15 décembre 2010 3 15 /12 /Déc /2010 17:42

Ha mais jenpeuplus. Non mais franchement, c'est affreux. J'en peux plus je suis vidé, comme une truite morte, tuée à coups de cailloux sur la tête, et en attente d'être cuisinée avec des amandes.

Je suis chez la famille, là. En l'occurrence, mon papa et ma grande soeur. Et je sais pas ce qu'ils ont, mais ils ont décidé de ne pas me laisser de vacances, vu qu'eux n'en ont pas.

 

Du coup, je peux à peine passer sur facebook, pas du tout administrer les trucs où je suis administrateur, et encore moins faire une note de blog (et répondre aux amies qui demandent quand elles peuvent me voir pour me donner mon cadeau de Noël, encore encore moins)(non, je doute que ce soit sexuel).

 

Là, ce sont les premières minutes libres de ma journée, passée essentiellement dans la cuisine, à vider les armoires, gratter au scotchbrite plein de savon les étagères, remettre les trucs dans les armoires, en vidant dans la poubelle tout ce qui est périmé depuis deux ou trois ans (si j'ai bien compté, deux ou trois kilos de bouffe, au bas mot, qui attendaient leur heure depuis bien longtemps, des vieilles purées, des paquets de levure entamés, et tout ça). Mine de rien, faire un boulot qui n'a pas été fait depuis trois ou quatre ans (au moins), bé ça prend du temps. Et ça ruine les doigts, je tape avec les deuxièmes phalanges là, c'est pas facile.

 

Et si c'en était resté à la cuisine, et à tous ses machins à balancer, pailles antiques, verres cassés, vieux médocs, recettes copiées sur des enveloppes, factures de 2008, machins totalement inidentifiables, mais non. J'ai dû ranger le salon, faire le tri des vieilles pubs, passer l'aspirateur sur la table basse, sous la table basse, ranger les bouquins partout, remettre les couvertures sur les canapés, appareiller les gants, ranger les sacs, les manteaux, les écharpes,

 

Pis hier (ou avant, je sais plus), j'ai dû récurer la salle de bain et sa crasse incrustée depuis des siècles, foutre à la poubelle les innombrables échantillons de crèmes de jour, gratter le dessus des chiottes, le calcaire des robinets, tout ce que j'ai laissé c'est le moisi entre les dalles parce que j'étais pas armé pour.

Même j'ai dû aller au supermarché acheter un rideau de douche neuf pour remplacer celui qui devait être là depuis avant nous, genre vingt ans, qui était devenu vivant et qui t'agrippait les fesses si tu t'en approchais de trop près pour te dissoudre les chairs avec ses filaments mycoseux.

 

Puis je parle pas des coups de fil « oui je rentre dans une heure tu peuxt'occuper du manger, genre chais pas fais une tarte aux poireaux y'a plein de poireaux » ou « tiens, t'es allé faire les courses pour ce soir ? Qu'est-ce que tu nous fais à manger? » quand c'est pas « non ce soir je mange pas ici, je vais manger avec mes collègues ».

 

Avec tout ça, j'ai à peine eu le temps de passer chez le coiffeur me faire faire un gommage du cuir chevelu.

 

Non mais franchement, la vie de femme au foyer, c'est pas pour moi.

 

Puisque c'est comme ça, je vais me laver les cheveux. Je l'ai bien mérité. Puis il faut que je sois beau quand ils vont rentrer, j'arriverai ptet à me faire inviter au restaurant.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Dimanche 12 septembre 2010 7 12 /09 /Sep /2010 20:42

Bon.

Me voilà dans l'enviable situation de locataire d'un trois-chambres-deux-salles-de-bain-salon pour une somme dérisoire, accompagné d'un chat griffeur de testicules.

La question qui se pose maintenant est lourde : dois-je ou pas prendre un colocataire ?

 

Ce ne serait pas pour le pognon. J'ai suffisamment exploité la famille ces derniers mois pour voir venir, et de toute façon, mes dépenses se limitent aux charges et à la bouffe (de midi, essentiellement).

Ce serait donc plutôt pour la compagnie. La question est, ai-je envie de compagnie ?

J'ai déjà un chat. Mais ce n'est plus pour longtemps, mon patron vient le récupérer dans quelques semaines.

Est-ce que j'aurais envie d'avoir une présence supplémentaire quand le chat se sera barré vers d'autres cieux ? Une présence dont je n'aurais a priori pas besoin de ramasser les crottes le matin avant de partir au travail ?

 

Je n'en sais rien. J'aime bien être tout seul, j'aime bien pouvoir profiter du canapé, j'aime bien pouvoir me trimballer en calbute dans la maison. La solitude est pleine d'avantages.

 

D'un autre côté, un coloc pourrait être plus enclin à faire à bouffer que moi. Et à faire le ménage. Ce serait plutôt positif. Mais il pourrait tenter de me squatter le canapé quand j'aurais envie de m'y affaler comme une loque pour ronfler au rythme du ventilateur. Ce serait inacceptable.

Mais il pourrait descendre les poubelles, aussi. Ca m'agace d'avoir à descendre les poubelles. Mais il pourrait vouloir regarder d'autres trucs que le rugby quand il y a du rugby à la télé.

 

Puis ce pourrait être un névropathe, comme la coloc de ma soeur au Cameroun, qui rasait les murs et essayait de passer inaperçue pour des raisons connues d'elle seule.

Remarquez, ce côté-là ne serait pas forcément si déplaisant.

 

Puis le pognon a beau ne pas être un souci, si je me débrouille bien, genre avec un français habitué à des loyers faramineux, je pourrais même me faire des bénéfices sur son dos, tout en lui laissant une des petites chambres et la salle de bains sans chauffe-eau (il n'aura pas à savoir que la mienne en a un).

 

Et c'est toujours agréable, de gagner du pognon sans rien faire, j'en sais quelque choses.

 

Raaah.

 

Je suis déchiré. Au deuxième sens figuré, je n'ai rien bu ni rien fumé. Le dilemme est abominable. Je crois que je vais faire comme d'habitude, me lamenter sur la question jusqu'à ce que je l'oublie tout à fait et que mon patron me dise que finalement, il peut pas emmener son chat parce qu'il a oublié son panier, c'est ballot non ?

 

Et je continuerai de ramasser ses crottes. Damn.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 21:00

Ha bé me vlà beau, les aminches. Pfoulala, si vous me passez l'expression.

Enfin, c'est une façon de parler. Parce que bon, j'ai perdu mes ciseaux à barbe (oui, encore), du coup je me retrouve avec une barbe plus touffue que mes cheveux, je suis en short et chaussettes et j'ai le ticheurte qui me colle aux plis du gras avec la sueur (et la poussière qui colle au front, aussi. Ca fait mal quand je gratte). Du coup, esthétiquement, c'est pas trop ça, mais bon, ça c'est pas grave, que reviennent les ciseaux et la motivation à perdre un tas de gras, et je serai l'adonis des hôtes de...

 

De où justement ? Parce que là, je trouve pas. Bon, j'ai pas encore épuisé toutes mes cartes. J'ai tenté deux offres de coloc, mais elles étaient déjà prises. J'ai visité deux appartements trop grands et trop chers (même si l'un avait l'avantage d'être situé au dessus d'une pizzéria), et une villa plus petite mais trop chère et bon, il faudrait que j'élève des poules pour rentabiliser la cour, et les poules me font peur, avec leurs petits yeux méchants. Me reste une visite demain, madame Bobst un peu plus tard (j'essaierai de me faire accompagner), plus ce que je trouverai si j'y arrive.

 

Mais bon, là n'est pas l'origine de mon me vlà beau. Je dis ça, parce que je me retrouve tout seul, dans un monde plein de gens qui ont déjà trouvé leurs colocataires, et de boulot que je ne sais plus comment faire, vu que mon deuxième patron m'a lâchement lâché pour retrouver l'arrière-pays montpellierain.

 

Je n'aime pas trop être tout seul. Enfin si, j'aime bien être tout seul quand je veux être devant internet ou lire un bouquin ou pioncer sur le canapé tranquillement, ce qui est difficile quand mes hébergeurs (enfin, futurs expulseurs, les Brice Hortefeux de la famille*), parce qu'ils insistent pour que je ne jette pas les chats dehors, et quand les chats ne sont pas dehors, ils me grimpent sur le ventre, m'écrasent joyeusement les testicules et plantent leur griffes dans mes cuisses en ronronnant.

 

Mais là, je suis tout seul tout seul. Je viens tout seul au bureau en taxi, je passe la journée tout seul dans mon bureau, à ne pas savoir comment faire ce que je dois faire, comme je n'ai personne avec qui manger à la cantine, je reste tout seul dans mon bureau avec quelques pastilles Vichy, puis je rentre tout seul écrire tout seul des notes de blog et me dire tout seul qu'il faudrait que je cherche mieux des appartements, et pas plus tard que demain parce que là, ouf, j'ai pas le numéro des gens, je l'ai oublié sur mon bureau, ou je l'ai que sur internet et là internet est coupé parce qu'il n'y a pas de courant et qu'en plus le groupe électrogène marche pas, et je réchauffe tout seul, à la lueur d'une lampe frontale, une casserole de patates-saucisses pour une personne qu'Emmanuel a fait tout seul, et je regarde tout seul des épisodes de docteur House parce que j'ai pas envie de regarder tout seul Breaking Bad et que j'ai pas téléchargé the IT Crowd encore, et je vais tout seul entre mes draps que j'ai trempés tout seul de sueur jusqu'à pouvoir m'imaginer que ce sont des serviettes de bain.

 

Heureusement qu'il y a internet pour se croire moins tout seul. Par exemple, j'ai échangé pas moins de 7 messages en une semaine avec un gentil monsieur de chez Rivière Blanche, mais j'ai beau insister pour lui donner mes sous, il arrête pas de me dire que ça sert à rien et qu'acheter l'Importance de ton Regard ne vaut pas le coup**.

 

Bon, plus que 17 mois tout seul (si je trouve un appart) et je serai riche et tout seul.

Parce que c'est quand même le gros avantage d'être tout seul : on fait rien, donc on dépense rien, donc on devient riche comme des Crésus tout seuls.

 

 

*d'où le titre

**pour le moment, parce que son collègue chargé des envois est en vacances, et qu'il faut que je passe ma commande la semaine prochaine, du coup.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 12:42

Bon.

 

Depuis que je suis rentré du Portugal, force m'est de reconnaître que je ne fiche rien. Je vais au bureau, je tente de comprendre le fonctionnement de bases de données antiques (qui ont été transformées en deux bases de données qui ont été transformées en une base de données qui a été transformée en une autre base de données qu'on utilise pour créer deux bases de données servant à saisir ce qu'on rentrera dans la base précédente en passant par celle d'avant celle-là), je mange, je regarde le foot à la télé, je me fais violence pour regarder les annonces pour colocs à Dakar (si, je l'ai fait, pour de vrai), j'envoie quelques mails pour avoir des devis pour un ordinateur, je regarde la coupe Davis, je dors.

 

Je donne à manger à des chats. Puis je recommence. Ils viennent me griffer les cuisses, me couvrir de poils, me donner des coups de boule dans les mollets, tentent de me tuer dans les escaliers.

 

Et je transpire. Je me vide de litres de sueur, qui va imprégner mes draps et mes fringues. Je pourrai me racler la couche de sel sous mes aisselles avec une truelle et la vendre aux restaurants gastronomiques.

 

Je n'ai envie de rien faire. Surtout pas des notes de blog. Dire qu'on ne fait rien, c'est le degré zéro de la note de blog. J'espérais mieux pour le mien. Mais non. C'est raté, définitivement raté.

 

Au point où j'en suis, je peux même y coller des clips de Lady Gaga.

 

 

 

 

Voilà qui est fait.

Au moins, j'aurai du mal à tomber plus bas.

 

Maintenant, venez me plaindre. C'est un ordre.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 22:42

Pute vierge, la vie est une salope. Non seulement vous vieillissez, mais les autres aussi. Et des fois, ça vous prend là.

 

Je me souviens de la folie de mes jeunes années, lorsque, sémillant et enthousiaste, je fréquentais avec assiduité les bancs du labo de langues de mon école d'ingénieur, accompagné de mon fidèle faire-valoir toujours prêt à passer pour un pornographe nazi aux yeux de l'administration, ou pour une course de scooter sans scooter (1).

Par une belle après-midi d'été, alors que, les casques sur les oreilles, nous écoutions les aventures trépidantes de Brian in the kitchen ou d'un des ses petits camarades, nous voyîmes arriver la chair rose et fraîche des premières années, qui viennent s'installer devant nous.

 

Quel plus doux plaisir que celui de se remplir alors les mirettes, en faisant des commentaires à son collègue par le casque commun ?

Je me souviens...

 

« Téma, tavu la ptite potelée, là, elle est pas mal hein ?

-Oué, grave, enfin bon, un peu ronde quand même hein, pas mon genre. Vazy, tavu celle-là là-bas, avec le chapeau !

-Oué,grave, elle est bonne, tavu, on dirait Julia Roberts en jeune.

-Grave, t'as raison. Puis elle a un plus joli cul aussi.

-Oué, grave. Gragragra.

-Gragragra.

 

Ha, douces, douces réminiscences !

Et combien lointaine est la honte du souvenir de la réalisation qu'en fait, quand on porte un casque, on parle vachement plus fort que ce qu'on croit !

 

C'était l'bon temps.

 

Et puis passe le temps, s'envolent les années tandis qu'en accéléré, les aiguilles d'un réveil tournent comme l'hélice d'un ventilateur, devant un rideau qui se gonfle sous le vent, laissant apercevoir un paysage champêtre qui se couvre de neige puis reverdit, puis se peuple d'enfants jouant au ralenti dans une piscine gonflable au son d'une valse de Chostakovitch.

 

Et puis BAM.

Evidemment. Julia Roberts annonce à la cantonade, toute guillerette, qu'elle est en cloque. Comme ça. Oué.

C'est pas de jeu. Les filles dont on lorgnait les fesses alors qu'on ne connaissait pas leur nom devraient être interdites de procréation. C'est trop dur.

 

Un malheur n'arrivant jamais seul, c'est ensuite au détour d'une anodine conversation MSN avec un camarade en fin de thèse que vous apprenez que le type de votre promo, celui dont vous vous moquiez parce qu'il aimait Cloclo, mais que vous étiez bien content d'avoir pour vous prêter un sol de chambre à Montréal, va lui aussi avoir une progéniture, avec une de vos camarades de promotion.

 

Le processus est enclenché. La pente se raidit, la route se savonne, les premières victimes de l'horloge biologique tombent, et les suivantes ne sauraient tarder.

 

Le début de la fin se profile, l'horizon se rapproche, bientôt nous serons tous morts.

 

Félicitations quand même à Natch et Fanf, pis à Frosties et au Chartier. Bande de salauds sans coeur qui pensez pas aux amis.

 

 

 

(1) de son point de vue, c'était peut-être moi le faire-valoir, mais c'est mon blog, ici.

 

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /Avr /2010 20:42

Et voilà.

Je suis seul. Seul comme les pierres.

Alone in the dark. Le courant est coupé. Je suis dans une grande maison vide, avec trois chats, comme une vieille fille. D'ailleurs, ce n'est pas notre seul point commun. Je suis vieux. C'est officiel. J'ai dépassé le quart de siècle, je suis sur la pente descendante, je prends des poses languissantes sur le canapé, la lampe frontale me glissant sur le nez et la sueur entre mes épaules grasses. Et je râle sur tous ces gens qui pensent à mon anniversaire alors même que je l'ai viré de facebook pour pouvoir râler sur tous ces gens qui ne pensent pas à mon anniversaire.

On est comme ça, quand on est vieux, incohérent. Gâteux. On mange du quatre-quarts vautré devant une télé éteinte. On va chercher du saucisson, pour se dire que la vie vaut quand même d'être vécue, même seul, dans le noir, sans internet, le jour de son anniversaire.

 

Enfin, n'allez pas croire que je ne l'ai pas fêté, hein ! J'ai soufflé une bougie, ce matin. Pour pouvoir mettre la photo sur mon blog. C'est misérable.

 

La voilà.

 

P1060967.JPG

 

Je suis vieux. Je n'aime pas ça. J'aime encore moins les encore plus vieux qui me disent que je suis jeune. Je ne suis pas jeune. Un jeune, ça sort le samedi soir, à Dakar, quand ses logeurs sont partis en vacances au Cap Vert, et moi, c'est bien la dernière chose dont j'ai envie, de sortir. Je ferais bien du tricot, mais je ne vois pas mes aiguilles. Je ne vois que l'écran de mon fidèle portable, et je ne sais pas combien de temps la batterie tiendra. Je ne sais pas combien de temps je tiendrai.

Ca sent le sapin.

 

26 ans, putain. Je suis plus proche des trente que des vingt. Et je suis là. A rien foutre. Comme toujours.

 

Enfin, si. Je fais une note de blog larmoyante. Après tout, ça faisait longtemps. Et c'était l'occasion ou jamais. Si on peut pas geindre quand on est seul le soir de son anniversaire, à des milliers de kilomètres des gens avec qui on serait bien sorti se pinter la goule dans un bar parisien, je sais pas quand on peut le faire, merde.

 

En plus, y'a des moustiques. Ils sont de retour. Et je ne les vois même pas. C'est encore pire.

 

Enfin. Il y a toujours des raisons de positiver. Chaque année nous rapproche de la fin, après tout.

 

 

Bon. Il est 20h12, je crois que je vais aller me coucher. Et bravo à Grnx et Lucie de s'être souvenues (comment vous avez fait ?).

 

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 17:42

Trois mois. Ca va faire trois mois que je suis au Sénégal, et les paniques qui pouvaient me prendre par moments ont enfin disparu.

Mais ce n'est que pour laisser la place à une perpétuelle terreur, dans laquelle je vis. Une angoisse routinière. De celles qui vous rongent petit à petit. Mais je dois tenir. Je dois vivre avec mes peurs.

 

Je dois me faire à l'anxiété renouvelée tous les jours de ne pas avoir de monnaie, et de ne me trimballer que des grosses coupures. Comment voulez-vous filer un pourboire de cent balles à quelqu'un quand vous n'avez que des biffetons de dix mille dans votre poche ? Comment voulez-vous vous payer un thé quotidien à cinquante balles quand le paiement de votre repas ne vous laisse qu'avec des pièces de 500 au mieux ? Ca me bouffe tous les jours.

 

Comme les moustiques. On croit qu'on va s'y faire, mais non. Tous les jours, à chaque minute, ils sont là. Pendant que j'écris cette note, ils volent devant mon écran. Sous ma moustiquaire, je crois les sentir se poser sur ma peau, et j'allume la lumière, et ils ne sont pas là, et quand j'éteins, ils me bourdonnent aux oreilles. C'est inhumain. Intenable.

 

Intenable comme le suspense de savoir si le courant ne va pas être coupé pendant qu'on se regarde un épisode de Chuck sur le vidéoprojecteur. Avec des coupures qui ont repris depuis la fin de la Coupe d'Afrique des Nations, et qui ne finiront qu'avec « la réélection de Wade en 2012 », selon le directeur de la Sénélec, et qui peuvent durer des heures, on n'est jamais sûr qu'on ne va pas faire sauter l'ampoule à 1000€ du projecteur.

Sans compter l'arrêt des téléchargement que ça entraîne. On se retrouve tout perdu dans un monde cruel, perdu dans un pays où volent les vautours au-dessus des autoroutes squattées par les zébus.

 

Mais il y a pire que tout ça. Ce sont des choses inévitables, après tout.

Le pire, c'est quand il y a des choix à faire. Le pire, ce sont les dilemmes.

 

J'ai un paquet de biscuits fourrés chocolat d'une marque, et un paquet d'une autre marque, et j'aimerais bien pouvoir les comparer, parce que cette décision va conditionner les achats de biscuits fourrés au chocolar des prochains mois.

Le problème, c'est que je n'ai que ces paquets pour tenir la semaine.

Et que je ne peux pas ouvrir les deux paquets en même temps, parce que les biscuits deviennent tout mous une fois le paquet ouvert.

Et comparer des biscuits à deux jours d'intervalle, ce n'est pas sérieux. On n'est pas dans le même état d'esprit, d'hydratation, de faim...

 

Je pourrais comparer le dernier biscuit du premier paquet ouvert avec le premier du deuxième paquet, mais le premier ne sera plus bon, vu que ça me prend quelques jours à finir un paquet.

Je serai donc réduit à tester un biscuit dans son meilleur état à un dans son moins bon. Et bien que je mange des biscuits dans leur moins bon état, je veux pouvoir juger dans leur meilleur état de forme.

 

 

Je ne sais plus quoi faire. Vous êtes mon seul espoir. Aidez-moi.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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