Le feuilleton à quatre mains

Lundi 7 mai 2007


Note aux lecteurs : ce feuilleton date maintenant un peu, comme vous pouvez le voir dans les dates. Dans un souci d'authenticité, et parce que je suis un feignant, je les ai laissées au lieu de les transformer.

Vous noterez que quand c'est écrit dans cette police, c'est écrit par moi, et quand c'est comme ça, c'est écrit par Pierre.

Et maintenant, place à de palpitantes aventures qui commencent mou pour mieux être mieux après !


30/06/05

Salut les gens !

J’espère que vos vacances se commencent bien, pour Pierre et moi ça n’aurait pas pu mieux débuter ! Nous avons trouvé un stage à réaliser à deux, grâce à  une ONG vénézuelienne : on part pour l’île de Pâques dans deux jours. On doit rejoindre le cargo saoudien qui va nous emmener là-bas lundi prochain, à 4h30 du matin au port de Camaret. Comme ni Pierrot ni moi ne parlons bien espagnol, on n’a pas compris en quoi va consister ce stage, mais c’est sûr  que ça va être bien.

On a commencé à faire les bagages : on a pris ma chèvre et un harmonica pour meubler les soirées, un stock de saucissons pour tenir le coup, de la crème  solaire et un poulet porte-bonheur qu’on vient de sauver des labos de l’Inra  (on a laissé un des vigiles ligoté dans un placard avec sa mitraillette autour du cou, j’espère que quelqu’un sera venu le libérer).

 
A bientôt pour la suite de nos aventures

Francis

 


 

01/07/05

Bientôt le départ. Une situation inespérée ce stage, moi qui pensait passer mes vacances au soleil de l'Espagne ou sous les moustiques des tropiques, me voila rassuré. Voici non seulement un moyen de découvrir l'île de Pâques mais aussi d'apprendre l'espagnol (ou le portugais en fait je ne sais pas trop).

Francis a demandé qu'on nous traduise l'intitulé en français mais la réponse est revenue en russe, visiblement la barrière de la langue devrait être dure à surmonter, du coup Francis et moi on s'entraîne durement au dessinez c'est gagné (rébus interdit). Il a émis l’idée d'utiliser aussi le langage du corps mais je ne sais pas trop comment le faire avec subtilité.

Comme sur l'île de Pâques il n'y a qu'un bateau tous les 2 mois, nous avons pris le nécessaire de voyage : des boules Quies (pour la chèvre), des préservatifs (c'est pour se faire des Mr Freeze, j'ai cru comprendre qu'il y avait un congélateur), de l'ail (pour parfumer le saucisson) et un manuel de survie dans le vide intersidéral.

 

On part dans 2 jours de Camaret, je dois avouer que je suis un peu inquiet. Bien sur Francis est là pour me rassurer mais 2 mois sur une île déserte avec un ordre de mission en espagnol et un poulet potentiellement transgénique, ça me stresse un peu. Je crois qu'on n'aurait dû conserver que les pattes.

 

J'ai amené de l'huile de monoï pour tartiner Francis sur la plage, comme je crains fort que le poulet soit en fait un coq, j'ai pensé à emmener du vin pour le cuisiner, car je ne sais pas si avec le décalage horaire il sonnera à l'heure. J'envisage même de le remplacer par un réveil mécanique.

 

Pierre

 

02/07/05

 

En regardant sur le site de l'ambassade du Chili (http://www.amb-chili.fr/lang_fr) j'ai eu l'agréable surprise de voir que Francis et moi serons les bienvenus avec notre passeport et sans visa.

 

Malheureusement Becdepus, notre compagnon porte bonheur n'est pas autorisé à poser les pattes sur le sol chilien sans passer le contrôle vétérinaire. Il va donc falloir débarquer un passager clandestinement.

 

Comme les OGM végétaux sont légaux au Chili, j'ai pensé a déguiser notre poulet en plant de cactus. En effet notre première idée penchait vers le maïs, mais cette charmante bête mangeait sans cesse son déguisement.

 

Pour concevoir le déguisement intéressons nous aux 5 caractéristiques sensorielles du cactus

- goût : cactus

- odeur : cactus

- toucher : piquant

- vue : vert

- ouïe : muet

Par conséquent pour le goût j'utiliserais de la tequila, pour l'odeur du Tabasco, pour le toucher des aiguilles de sapin (volées dans l'arboretum), pour la couleur des épinards, et pour l'ouie je bâillonnerais le poulet. Une mixture de colle à tapisser et de goudron décoloré a la javel devrait suffire à fixer tout ça.

 

Ainsi déguisé notre poulet sera parfaitement confondu avec un cactus transgénique possédant le gène du déplacement sur pattes.

 

J'espère que Francis et moi ne passerons pas pour des animaux et qu'on ne nous vaccinera pas contre la fièvre aphteuse, ou la tremblote du mouton... oula il ne faut pas que je tremble. Au cas où on souhaite nous piquer je garde avec moi le numéro de la SPA.

 

Bientôt l'embarquement...

 

Pierre

 

Par Francis
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Lundi 14 mai 2007

Résumé de l'épisode précédent : Pierre et moi décidons d'aller faire un stage sur l'île de Pâques. On commence les formalités et nos bagages.

Taïaut !

 

03/07/05

 

Quoi qu’on dise dans mon dos, je suis organisé, j’ai fait une liste de matériel. Apres une rapide évaluation du volume je me suis rendu compte que tout ne pouvait pas rentrer dans mon sac à dos.

De plus il faudrait le comprimer et en vertu de l’équation PV=NTR, j’en ai conclu qu’il y aurait plus de 120 bars de pression dans le sac, de quoi le faire exploser au moindre changement de température. Ma première idée était de transporter le sac dans un frigo mais premièrement il ne rentre pas et deuxièmement je ne suis pas sur que le local à Mr Freeze soit bien un congélateur.

Suivant un raisonnement logique j’ai donc décidé d’augmenter le volume de contenant. Je suis donc parti ce matin à la recherche d’un magasin de contenant ouvert… et le dimanche il n’y a que les brocantes et les conserveries. N’ayant pas envie de me retrouver avec un portable à l’huile d’olive ou un caleçon sauce moutarde, j’ai opté pour la première solution.

Un vieux monsieur au regard illuminé par l’étincelle lubrique de l’homme face à un pigeon m’accueillit chaleureusement, alors qu’un réflexe instinctif me fit déplacer ma main en direction du numéro de téléphone de la SPA. En pénétrant dans la boutique au relents de moisis, j’espérait me faire juste plumer, rien de plus.

Je m’en suis sorti avec une pendule de style louis XVI et un sérieux mal au derrière, cette machine m’en a coûté la peau. Elle a tout comme le roi perdu sa tête et il n’en reste que le coffre, visiblement en bois de chêne. Les charançons et autre vermines se sont chargés d’alléger le matériaux en créant des galeries de micro-aération. Quand je pense que maintenant on remplace ces délicates œuvres d’arts par des trucs miniatures ça me fait mal au cœur. Comment rentrer tout ce bordel dans une montre ?

Dans sa grande gentillesse le brocanteur m’a offert une authentique statue tibétaine de bouddha made in Taiwan ainsi qu’un truc noir et moche qui au vu de la couche de poussière n’a jamais intéressé personne. Paraît il que c’est un machin vodoo.

Pour pallier à l’absence de tête de l’horloge, j’ai dégoté dans mon grenier un énorme réveil mécanique, qui s’ajust parfaitement avec le haut de la pendule. Le poulet a élu domicile dans la machinerie et il est quasi impossible de l’en déloger.

Après avoir bourré patiemment l’horloge, je me suis rendu compte que le couvercle ne fermait pas et que mes 60 kg tout mouillés (à cause de la sueur) n’ont pas permis de claquer et cliqueter le couvercle. Tac ! Une idée me tique juste a temps, plutôt que de faire contre poids, de mon corps, je vais utiliser les rouages de mon crâne pour engrener les éléments dans le coffre.

J’ai tout ressorti et j’ai agencé les éléments avec une précision d’horloger maniaque. J’ai pu vérifier la loi de la physique du bordélique : le volume final ne dépend pas de l’agencement.

J’ai tout ressorti j’ai dégonflé le matelas pneumatique, j’ai tout balancier dedans a coup de pelle et c’est rentré a temps.

Départ demain matin très très tôt.

La morale de cette histoire : si être gonflé permet de gagner du temps, savoir dégonfler permet de gagner de la place. 

 

Pierre

 

 

 

04/07/05

 

Ayé ! départ réussi !

 

Comme les saoudiens n'avaient pas l'air d'être au courant qu'ils devaient  nous prendre, nous avons réussi à nous infiltrer en grimpant à la chaîne de  l'ancre et en nous cachant dans un canot (pas très original, espérons qu'on  se fera pas prendre), maintenant on est un peu serrés, Pierre sent des pieds  et notre poulet sent le cactus. Ceci dit, même serrés contre une horloge on arrive à jouer à papier caillou ciseaux, on se fait tôler par ce salaud de poulet...

 

J'ai mangé un sandwich à la spiruline ce matin pendant que Pierre en était à la tartine de rillettes trempées dans son Nesquik. A part ça, on s'ennuie un peu, mais bon on va pitet se faire gauler par  les barbus...heureusement qu'on l'est aussi...Argh, j'entends quelqu'un...je vous laisse

 
 

Francis

 

 

 

04/07/05 (23h59)

 

« Miaou…. Miaou…. » S’époumonent Francis et moi.

« Ca fait bien miaou en arabe les chats ? »

« Je ne sais pas » répondis-je à mis voix. Puis nous nous torturâmes les cordes vocales à faire le félin avec l’accent arabe.

«  Miou miou miou »

«  Miou miou mmiou, Yé soui oun chatt »

« Miou miou miou »

« COCORICO !!!!!!!!!!! » Hurla onze fois le poulet cactus… Il n’a pas pu terminer sa douzième, car un bras chétivement musclé l’a arraché de sa pendule pour l’envoyer faire l’interprète avec les patrons du navire.

 

Les bruits se sont calmés, pour reprendre ailleurs sur le navire. J’ai entendu des rires puis des pleurs. Un marin s’est probablement coupé un doigt en voulant cuisiner la pauvre bête et maintenant c’est à notre tour de passer à la casserole.

Le pas lourd d’un homme portant des pianos matin midi et soir, descendant d’un père catcheur et d’une mère déménageuse se rapprochait lentement de la chaloupe et semblait faire trembler le navire encore plus que la houle. J’ai tenté de me cacher là ou j’ai pu, c’est à dire derrière Francis, qui a voulu faire de même derrière moi.

 

Tourner en rond n’a pas réussi à solutionner notre problème et on s’est fait éjecter de la chaloupe. Francis était convaincu que nous serions jetés aux requins au bout d’une planche, quand à moi je pensais plutôt qu’ils nous laisseraient mourir de soif attachés au mât du navire. On a même parié un carambar.

La peur nous rend bête, des fois, il n’y a ni requins ni mât. Ils allaient juste nous réduire en esclavage dans la salle des machines avant de nous faire brûler à petit feu dans la chaudière à pétrole.

J’ai tenté de me défendre, j’ai mordu un pied, j’ai failli m’étouffer à cause de l’orteil qui est très mal passé et depuis j’ai mal au ventre. On nous a enfermé dans une cellule de première classe. J’ai tenté de m’évader par un hublot. Je n’aurais pas du manger tant de saucisson ; je suis resté coincé la jusqu’à ce qu’un petit bonhomme vienne débloquer la situation et le hublot.

« bijour li nivo capitaine i ravis di vous accuiillir sur son piqiebot  »

Quelle ne fus pas ma surprise de voir le poulet, portant une coiffe de marin, en compagnie d’une bande de barbus arabes et d’un homme tout nu grelottant dans un coin.

Le poulet avait joué à pierre feuille ciseau et avait gagné, les enchères sont montées et maintenant on a un poulet capitaine à la place du capitaine. Celui là un jour je sens qu’il va vouloir devenir calife…

 

Si les saoudiens semblent comprendre parfaitement les caquètements de notre bête j’ai du m’assurer auprès du petit bonhomme de notre destination. Nous arriverons à Bon Halouf.
 

Pierre

 

 

 

Bon ben effectivement Pierre vous a tout raconté. Dans sa grande bonté il a omis de mentionner le douloureux épisode vécu avec l'eunuque qui était (soi-disant) le second.

 

A part ça, notre nouvelle cabine est un peu exiguë, et il n'y a qu'une couchette pour deux, on va devoir dormir tête bêche, et en plus Pierre sent des pieds.

Ceci dit, nous risquons effectivement d'arriver à Bon Halouf, capitale du chiche-kebab de lama dès après-demain, on a du se tromper de bateau c'est pas dieu possib ces emmerdes.
 

Notre poulet semble avoir des capacités de navigation assez poussées, je crois que l'Inra doit regretter de l'avoir perdu. D'après ce que j'ai pu comprendre de ses caquètements, il compte se lancer dans la piraterie dans les Caraïbes après notre escale. Il va falloir que je prévienne Pierre, il est en train de jouer à la pétanque dans la cale avec le bosco, et il n'est pas au courant de cette dernière nouvelle, ça va encore nous éloigner de notre stage.

 
 

Je crois qu'on va devoir emprunter un radeau et se guider avec les étoiles... Ou alors prendre le navire en otage... Ca sent l'aventure à plein nez...

 

Francis

 

 
 

05/07/07

 

Bon, ça y est : on est sur notre radeau de survie en belle toile rouge,  quelque  part au beau milieu de l'Atlantique. On a des réserves, je suis plutôt optimiste, par contre je ne sais pas si on va arriver à arriver (mais j'ai confiance)

 

Fatigué après notre longue lutte à mains nues contre une horde de saoudiens déchaînés aux torses luisants armés de cimeterres étincelants, Pierrot s'est endormi, il prononçait des mots dans une langue bizarre dans son sommeil...

 

 

 

Après l'avoir réveillé j'ai réussi à le convaincre de m'expliquer ce que ça voulait dire. Il a un peu résisté mais il m'a avoué (seuls l'arrachage de trois ongles de pieds a été nécessaire) que sa mère est princesse au Bhoutan, et qu'il en est le seul héritier (par contre il n'avait aucune  idée de ce que ça voulait dire ses paroles) et puis ensuite on a été escortés par des dauphins qui nous ont suivis pendant des heures, mais quand on en a eu chopé trois d'entre eux ils se sont décidés à se barrer, nous on a à bouffer pour deux semaines et en plus on va se faire des manteaux en peau de dauph, c'est la classe ! Mais on fera ça demain, là il  est tard

 
 

Francis

 

 

 

07/07/05

 
 

Buenos dias, amigos ! Ici Francesco, y'ai oune soudaine réminisencia  de'oune vie anterieure, mon ancien moi (un galant caballero espagnol prénommé Inigo, maitre à l'épée) reprend lé dessous, mon accent mé révient.

 

Cé n'est pas douloureux mais y'ai un peu de mal à être en phase avec cé qué mé dit mon voisin Pedro, yé né cesse dé lé voir comme mon ancienne et brûlante maitresse, Conchita (un tempérament de feu, Conchita ! Et des fesses, mamma mia comme dirait mon ami don Juanito), bref, yé né peux plous souivre cé qui se passe yé crois qué yé vais mé récoucher porque la yournée a été fatigante: éviscérage dé bambino dofino, pelure d'yceux poue récoupérer lé couir, yé mé souis fabriqué oune coulotte qué yé immédiatemente essayée, malheureusement ça se tend en séchant, mucho doloroso, ayayaye.

 

Là, on fait tout sécher la chair au soleil, l'odeur attire des mouettes, yé crois qu'oune terre est proche, et y'espère qu'à mon réveil, yé serais redevenou moi même.

 
 

Buenas tardes

 
 

Francis

Par Francis
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Lundi 21 mai 2007

Résumé des épisodes précédents : Bon. Après être partis en passagers clandestins sur un bateau saoudien pour rejoindre notre stage sur l’île de Pâques, nous nous sommes retrouvés sur un radeau de survie à manger des dauphins avec l’accent espagnol, avons échoué sur une île apparemment déserte mais avec des tortues quand même, et là, ben on y est encore.

Attention : malgré les apparences, Pierre n'a pas usé de substances interdites. Il est juste bizarre.

08/07/06

 

JUNGLE PARTY

Francis, qui a toujours des idées de génie pour ne pas avoir à supporter l’odeur de mes pieds a proposé qu’on se sépare pour explorer l’île, il est parti à gauche et moi à droite (rien à voir avec la politique). On a prévu de longer la côte et de se retrouver en face. Becdepus le poulet de l’Inra a décidé de partir tout droit.

Pendant mon aventure je compte trouver des plantes médicinales afin de soigner cette infection plantaire qui ferait vomir les tripes d’une mouche a merde (Scathophaga stercoraria pour les intimes) si elle ne mourrait pas d’asphyxie avant.

Afin de soulager Francis et de mettre de mon coté tout le matériel de survie, j’ai pris sur mon dos la pendule et j’ai laissé le soin à Francis de porter les peaux de dauphins.

 

*** A partir d'ici vous devez être majeur pour lire la suite***

 

Marchand du pas lourd de l’homme portant une pendule sur son dos, je me dirigeais lentement vers l’inconnu…

Pas après pas je m’enfonçais dans cet enfer de verdure. Les mollets déchirés par les ronces je me frayais un chemin en dégageant les lianes à l’aide d’une branche. Lentement mais sûrement j’avançais.

Une sueur moite coulait sur mon front détrempé, mes pieds en compote pourrissaient dans les chaussures usées et les fréquents regards que je lançais aux alentours pour assurer ma protection ne faisaient qu’amplifier ma terreur.

Je suivais maintenant la côte depuis plus de deux heures et j’étais exténué. Seul le clapotis des vagues contre la falaise me persuadait que je ne tournais pas en rond. Je m’assis sur une des rares souches exempte de fourmis et bus quelques gorgées d’eau tiède et acre de ma gourde en peau de dauphin. J’appréciait ces quelques secondes de détente dangereuse, puis je quittait ma tranquillité pour reprendre la route, car j’espérais toujours rejoindre Francis, si il n’avait pas été tué par une mygale. Le regard hypnotique d’un serpent me tira de mes pensées. Surtout ne pas paniquer… ne pas paniquer… surtout pas de panique….PANIQUE !!!!!!!!!!!

Je lâche la pendule et je cours à toute allure sans me retourner pour voir de quoi il en retourne.

Les branches me fouettent le visage, les lianes m’entravent, les troncs me barrent la route, je cours je saute je rampe je cours a nouveau. Soudain une racine plus perverse que ses congénères me fait trébucher. Mes deux mains s’égratignent sur une pierre en tentant d’amortir ma chute, je saigne, j’entend siffler derrière moi, ça y est il est là il va m’étrangler de son corps puissant avant de ma paralyser avec son venin, déjà je peux presque sentir son souffle glacé caresser ma peau moite. Un ange passe… puis deux puis trois… rien. Ce n’était que le sifflement d’une myriades de moustiques attirés par l’odeur du sang qui s’affairent a piquer la pierre sur laquelle je m’étais écorché. Visiblement mes senteurs plantaires les avaient repoussés. J’attendis plus de 35 minutes pour pouvoir reprendre ma route car j’attendais que la sonnerie du réveil mécanique m’indique la position de la pendule. Dans sa chute elle avait écrasé le reptile qui agonisait dans une flaque de sang. Par pitié je l’achevai après lui avoir crevé les yeux pour qu’il ne puisse pas contempler son sort. J’avais enfin de quoi dîner.

 

*** A partir d'ici vous devez être vaccinés contre les maladies de la jungle et la frousse pour

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Le sol devenait de plus en plus boueux, l’air de plus en plus lourd et l’odeur de mes pieds n’était qu’un parfum haut de gamme comparée à la puanteur qui montait de la terre. Mes jambes s’enfonçaient à mi mollet dans un sol grouillant de créatures lombricoïdes et je dus m’arrêter fréquemment pour retirer les sangsues qui s’abreuvaient tranquillement de mon hémoglobine. Un filet de brume blanchâtre flottait à quelques centimètres du sol et je n’entendais presque plus la mer, en me guidant à l’oreille je risquais de faire demi-tour involontairement. Je décidais donc de faire un bivouac jusqu'à ce que la brume se dissipe. Malheureusement je ne pus me coucher sur ce sol instable de peur d’y être rapidement englouti, à moins d’y être dévoré par la faune rampante.

J’entrepris de grimper sur le tronc humide d’un arbre pour guetter l’horizon. A quelques mètres de là, un îlot plat de terre noire, faisait surface sur cet immense marais qui s’étendait à perte de vu, je décidai de le rejoindre.

Plus je m’avançais et plus la puanteur m’insupportait, elle en vint même à me faire pleurer les yeux. Curieusement même la vermine semblait éviter ce lieu et lorsque je mis pied à terre, les sangsues, confortablement fixés à mes jambes, se décollèrent pour aller s’enfouir dans la vase.

J’allais enfin pouvoir passer ma nuit en paix. Avant de m’installer, je jetai un dernier regard aux alentours pour m’assurer de ma tranquillité, la brume avait totalement recouvert le marais et j’eu l’impression d’être au sommet d’une montagne. La fatigue mit tout de même plusieurs heures à vaincre mon inquiétude et à me plonger dans la torpeur.

Ile perdue au milieu de l’espace et du temps, tourne, tourne ; souvenirs éparpillés de rituels ancestraux, monstres oubliés revenant des profondeurs, voyage. Des hommes qui n’ont d’humain que le corps chantent, appellent, les pierres se dressent, l’arche karstique infernale est en route. Blanc blanc, lumière blanche aveuglante stérile, néon de laboratoire irradiant, fumée toxique, néant blanc, vide.

La vie fuit le vide noir. Une tête trop pleine explose, des rivières rouges coulent et ondulent au rythme brisé d’une mélopée psychédélique. Tournent, invoquent et dansent. Brûlent et sacrifient. Lumière aveuglante, des flammes verdoyantes vibrent, chantent, dansent…

Un horrible mal de crâne me réveilla, la lune était déjà haute sur l’horizon et éclairait paisiblement le marais de sa lumière fantomatique. Cinq aiguilles de pierre noire se dressaient autour de l’îlot, la fatigue m’avait sans doute empêché de les remarquer la veille.

A leur surface des fresques répugnantes étaient gravées. Des silhouettes changeantes se livraient à des rituels immondes et bestiaux. Leur observation ne fit qu’empirer ma migraine, les dessins, sous la lumière changeante de la lune semblaient s’animer d’eux même. On pouvaient presque entendre les ombres floues, changeantes et tournoyantes hurler .

 

Si la nuit et la brume ne m’avaient pas empêché de quitter l’îlot je l’aurais fait sur le champ, je regrette toujours de ne pas avoir fui, quitte à m’être fait sucer jusqu’à l’os par une troupe de sangsues sanguinaires. Prisonnier de l’île je ne pus me résoudre à une activité autre que la contemplation des cinq aiguilles de roches, qui m’attiraient irrésistiblement vers leurs immondices.

 

Mes mains frottent frétillement la gangue noirâtre qui recouvre aiguilles cyclopéens puis percent maintenant la voûte céleste. La brume se dissipe, les bruits des créatures du marais laissent progressivement place à une lente mélodie, je déchiffre toujours, le ciel est devenu entièrement noir, mais je vois de mieux en mieux, la musique monte, comme un cœur malade qui se rapproche, la boue noire du marais disparaît et laisse place au vide. Quatre hommes se tiennent devant les autres piliers, je les regarde sans avoir la moindre action sur mon propre corps, la mélopée se saccade et son écho rebondit éternellement sur les barrières de l’infini. Le sol gronde, au centre, à l’endroit ou j’étais allongé se tiens un fille complètement nue qui bouge son corps désarticulé au son fou de la musique. L’atmosphère glaciale me brûle les poumons, une vibration étrange sort de mon corps incontrôlable, je chante sur cette musique de fous des paroles incompréhensibles qui appèlent l’au delà.

La danse laisse place à la transe, toujours en mouvement, le corps de la fille se tord selon des angles impossibles. Tressautements fous, puissante vibration, rotations insensés, Dans la lumière noire elle exécute les dernières passes de sa danse avec la mort.

La première giclée de sang brille d’un éclat vermeil alors que le coude vient de céder sous un mouvement trop brusque. Un collier de perles rougeoyantes tombe sur le sol et coule en palpitant au rythme de la musique.

Le néant autour de nous s’enflamme, des flammèches rouges bleu et vertes flottent et dansent sur le rythme effréné de la mélopée. Elles se reflètent sur les chairs et dans les regards, leurs éclats changeant se tatouent sur le corps de la danseuse. Un rugissement de plaisir sort de sa gorge tordue alors qu’elle fracasse lourdement sa tête contre le sol. Le crissement osseux rentre en harmonie avec les chants rituels. Le flot écarlate coulant sur son visage à l’expression béate baigne son corps écartelé. La lune, perce le ciel noir, elle luit sur les blessures de son corps meurtri. Sous la lumière blafarde, le rouge de son corps se mélange au noir de la terre. Sa tête se décroche du reste de son corps en un dernier mouvement empli de violence. La musique se calme alors que les dernières gouttelettes pourpres tombent sur le sol.

 

Mes derniers souvenirs avant de quitter l’île sont ceux d’un visage sanguinolent gravé dans la pierre à mon effigie. Je ne sais si c’est la course parmi les feu follets du marais, ou bien mes mains frottants les pierres ou encore les conséquence de ma chute mais mon corps est tout couvert de sang qu’une frénésie m’empresse de laver plusieurs fois dans l’eau putride du marécage.

 

Pierre qui va passer une bonne nuit en pensant à vos cauchemars.

 

13h00 (d’après le soleil)

J’ai convaincu Pierre qu’il valait mieux nous séparer pour explorer l’île. Je crois que je n’aurais pas pu supporter plus longtemps les émanations fétides de ses pieds. Je pars donc sur ma gauche, en direction de la jungle.

18h00 (approximativement)

Cette jungle n’est pas aussi accueillante qu’on pouvait le croire. Depuis trois heures, je me traîne jusqu’à mi-mollet dans un sol boueux, putride, qui donne l’impression de ne pas vouloir relâcher mes pieds. Chaque pas est devenu un supplice, mon genou blessé me lance atrocement, mais je dois avancer. Je suis entouré de part et d’autre par une végétation dense, qui me cache depuis le départ le soleil. La lumière qui parvient à percer est diffuse et jaunâtre. Les arbres ont tous l’air à moitié crevés, étouffés par des lianes bouffies qui éclatent au moindre contact, libérant un suc vert qui me brûle les mains. Pourtant, sans elles, je ne pourrais pas m’extraire de cette boue immonde qui veut m’absorber. Mes paumes sont couvertes d’ulcères qui exsudent un liquide blanchâtre et forme une croûte qui de déchire à chaque fois que j’empoigne une nouvelle liane.

Mais le pire, ce doit être l’absence totale de bruit : pas un chant d’oiseau, pas un grognement de RTI (pourtant, ce devrait être leur lieu de chasse favori), seulement la succion gargouillante de chacun de mes pas, ma respiration de plus en plus malaisée, le battement de mon cœur dans mes oreilles. Je commence à avoir faim, mais je n’ai aucune provision.

? la nuit

Je me réveille en proie à une douleur fulgurante qui me traverse l’estomac, des crampes me prennent tout le bas-ventre, je vomis dans un spasme le fruit pourri que j’ai eu l’imprudence d’avaler, accompagné de litres de bile qui me brûle la gorge. Je n’ai pas une goutte d’eau pour me rincer la bouche. Je crois que je vais me traîner ce goût jusqu’à ce que je sorte de cette jungle…Si jamais j’en sors.

Plus tard

J’entends des bruits derrière moi. Je ne sais pas ce que c’est, mais je doute d’avoir envie de le savoir. Quelle que soit cette créature, elle semble m’avoir repéré. Je me lève d’un seul mouvement, et je cours de toutes mes forces dans la direction opposée. La morve qui m’obstrue les narines m’empêche de respirer, elle m’aveugle même quand je tente de l’évacuer, mais je cours, droit devant, rien ne m’arrête, rien ne peut me rattraper, c’est la course d’un homme fou de terreur, je survole les racines traîtresses, la vase n’a pas le temps de me saisir, je suis plus rapide qu’elle, quand soudain, j’entends un sifflement, quelque chose me heurte la nuque, et je perds connaissance dans un éclair de lumière blanche.

Le matin

Je suis réveillé par une douleur lancinante dans mes épaules, mes poignets, mes genoux. Je suis attaché par les poignets et les chevilles à un bâton supporté à ses deux extrémités par deux créatures à la peau sombre. Le balancement de leurs hanches me fait supposer que ce sont deux femmes…Et merde, je me suis fait choper par des gonzesses, des amazones qui, avec la chance que j’ai, sacrifient tous les mâles qu’elles trouvent à une déesse phallophobe en leur arrachant les parties génitales avec un couteau de silex. Mais nous nous approchons de leur village…

Par Francis
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Mardi 29 mai 2007

Coucou les aminches !

Résumons la situation : lors du dernier épisode, Pierre et moi nous étions échoués sur une île déserte. Nous nous séparâmes (car Pierre sentait des pieds) pour explorer. A cette séparation succédait une terrifiante épopée à travers les remugles puants de marécages jungliformes hantés de mouches, de trucs purulents et de primitifs adorateurs de Cthulhu. On en était au moment où nous nous trouvions tous les deux sur le point d’être capturés par une tribu de farouches amazones. Enfin, moi je l’étais déjà.

Attention, carré rose (interdit aux moins de douze ans) : des sous-entendus graveleux, des double-sens, puis du cul aussi. Niveau Angélique marquise des anges, au moins.

Pour l’info, j’étais en pleine lecture d’un bouquin de fantasy de Terry Goodkind qui m’a influencé dans la description de demoiselles. Vive la boue.
Pour l'info aussi, après ça, on a arrêté les exercices de style, trop pénib'.

 

De profil, non l’autre.

 

 

Ereinté par une dure marche sous un soleil de plomb dans une jungle sans ombre, je parvins enfin à une charmante fontaine dans un village inconnu. Je me rinçai le front puis l’oeil, lorsque je découvris que j’étais entouré d’une cohorte de guerrières amazones, alliage parfait de force et de féminité.

Une myriade d’yeux d’ébènes scrutaient mon regard hébété, et je mis quelques longues secondes à réaliser la situation… Seul dans un village de déesses meurtrières, chacune d’entre elle capable de me tordre soudainement le coup, d’un gracieux mouvement de poignet.

Lorsque que la plus grande d’entre elle banda son arc, j’étais paralysé de fascination, les ombres des arbres caressaient sa jolie peau ambrée, l’arc émit un petit gémissement, la lueur glacée de la pointe de la flèche brillait joliment dans son regard profond.

Un frisson statique parcouru mon échine, elle allait délier ses doigts fins et tirer. Son trait accrocherait mon cœur, je succomberais, raide mort.

Un soupçon de sourire frôla son visage alors que le projectile pénétra violemment entre les deux lèvres du fauve qui allait se jeter sauvagement sur moi.

Les langues et les carquois se délièrent, laissant place au repas et à la boisson. Dans un calice râpeux, je me suis délecté de nectar sirupeux. Puis j’ai goûté la chair tiède et ferme, en réprimant l’envie de croquer dedans à pleines dents.

Mon regard enivré contempla les danses tournoyantes autour du feu. Sur des volutes de fumée orange virevoltaient les ombres furtives et éphémères des danseuses endiablés. Une frise floue et fluctuante flottait, je regardais l’esprit absent, ses danseuses qui ne touchaient jamais terre.

J’abandonnai mon corps dans les bras chaleureux et attentionnés.

 

 

 

12/07/06

 

Je n’en peux plus. Ces femmes m’ont enfermé, après m’avoir dépouillé de tous mes vêtements, dans une hutte étouffante, où je ne peux qu’entendre ce qui se passe à l’extérieur, sans pouvoir savoir ce qui se passe. Des gémissements rauques me parviennent. Il me semble reconnaître la voix de Pierre, aussi bizarre que ça puisse paraître…

Soudain, deux amazones pénètrent dans ma prison. Elles ne sont vêtues que d’une couche de boue sombre qui leur couvre tout le corps, leurs poitrines rondes et fermes tressautent à chacun de leurs pas, se soulèvent à chacune de leurs inspirations, faisant monter en moi un désir que je ne puis comparer qu’à celui qui me prend à l’ENSAR, quand je contemple (BIIP) discrètement.

Je tente de cacher mon émotion, mais l’une d’elles se penche vers moi et émet ce qui me semble être un commentaire approbateur. Elles fait signe à sa compagne de se retirer, puis s’agenouille près de moi et me renverse à plat dos sur le sol. Alors que mon esprit essaye de démêler ce qui se passe, elle se relève, passe une cuisse au dessus de mon ventre, puis se repose, dans ce qui semble être un mouvement acquis par une longue pratique… Je ne suis sans doute pas le premier naufragé à échouer ici.

Pendant un certain temps, je me félicite de ma situation, je ne pense à rien d’autre qu’à l’instant présent. Au bout d’un moment, ma nouvelle maîtresse m’abandonne, et cède sa place à sa compagne, qui attendait à l’extérieur de la hutte. Celle-ci rentre, me tend une gourde remplie d’un liquide à l’odeur étrange. J’en avale une gorgée, qui semble me descendre immédiatement dans le bas-ventre. Puis la séance recommence. La nuit m’apporta encore quatre jeunes femmes, toujours aussi attrayantes, avec leurs chevelures lissées en arrière par une boue épaisse, leur chair souple recouverte de la même substance étrangement excitante, la même chaleur quand je prenais leurs seins lourds dans mes mains tremblantes, et la même liqueur avant chaque passage à l’acte, pour laquelle bien des laboratoires pharmaceutiques donneraient sans doute une fortune, étant donnée son efficacité.

Le lendemain matin, dès l’aube, à l’heure où l’aurore aux doigts de rose blanchit de ses doux rayons la riante forêt, je me réveille fourbu (ce qui est compréhensible, vous me l’accorderez).

Je me rappelle soudain de mes lectures de jeunesse (les magazines de papa cachés dans le grenier, au fond d’un vieux coffre) : d’après ces ouvrages de référence, les amazones des caraïbes éviscèrent leurs amants après qu’ils aient servi ! Je ne sais pas si les auteurs ont vérifié leurs sources, mais je ne tiens pas à le savoir.

Après quelques efforts, je parviens à me libérer de mes liens, et, silencieusement, je m’empare d’un bâton qui traînait sur le sol. Je jette un coup d’œil rapide à l’extérieur, constate qu’il n’y a qu’une seule garde à moitié assoupie (compréhensible, après la nuit qu’elle a passée), je sors donc, lui assène un bon coup de trique sur le crâne pour m’assurer qu’elle ne sonnera pas l’alarme, puis je me dirige vers le premier chemin que je vois. Miraculeusement, il m’amène à une plage où je retrouve un Pierrot à l’aspect éreinté. Sa nuit n’a pas dû être plus reposante que la mienne… Il va falloir que nous trouvions un moyen de quitter cette île…


Francis

 

12/07/06 On n’est pas samedi… et alors !

 

*** Scène interdite aux moins de 18 ans, aux bonnes sœurs, aux prudes et aux cafards parce que les cafards c’est dégoûtant. ***

 

Derrière moi, se tenait l’amazone qui m’avait sauvé la vie, c’était leur reine. Son corps était décoré de peintures. Elle l’avait enduit d’une substance brillante qui faisait ressortir les courbes gracieuses de ses muscles saillants. Tandis que ses doigts glissaient sur mes pectoraux, je remarquais autour de ses poignets, de fins bracelets d’or et d’opale merveilleusement ouvragés.

Mon dos, tomba entre deux bras fermes et délicats qui commencèrent à masser mes épaules. Lentement mais sûrement, de petites pressions délassèrent mes muscles crispés, trop souvent bandés à tort et à travers. Avec dextérité, ses deux mains descendirent le long de ma colonne vertébrale, une douce caresse sur un sentier frissonnant.

Une autre de ses camarades, plus fine et plus brune, entrepris de me masser les pieds, tandis qu’une troisième faisait rouler mes mollets et mes cuisses entre ses paumes expertes.

Les autres amazones dansaient et tournoyaient à coté de moi, leurs yeux emplis de fougue. Je compris bien plus tard, que seul le charisme et l’autorité naturelle de leur reine, les dissuadait de se ruer sur moi.

Alors que mon corps finissait de se détendre, deux mots à la sonorité sulfureuse furent chuchotés dans mon oreille, et je compris instinctivement qu’il était temps pour moi de passer à l’action.

Les deux amazones s’écartèrent de quelque mètres et seule la reine restait, langoureusement étendue sur le sol.

Son sein gonflé de désir pointait vers le firmament étoilé tandis que ses lèvres sensationnelles susurraient de subtils souffles sensuels. De petits tressaillements parcouraient sa peau qui vibrait au rythme des danseuses. Une voluptueuse odeur de musc se dégageait de chaque pore de sa peau luisante.

L’attraction naturelle exercée par ce corps rebondi captura mes mains qui le parcourent avec une lente frénésie. Regard hypnotique sur fond de caresses, mes lèvres frôlent sa bouche et goûtent son arôme épicé. Mon corps enflammé collé contre sa chair en ébullition s’abreuve de plaisir lors d’un baiser torride.

 

Le temps s’arrête en un instant éphémère, nos âmes semblent fusionner, nos corps le font. Sa peau est tiède, je suis brûlant. Un souffle boisé folle ma nuque tiède, Ma main caresse ses cheveux ambrés. Va et viens endiablé au rythme de cœurs déchaînés battants à l’unisson. Tout d’émoi gonflé, sans jamais se lasser, enlacés sans penser, elle et moi somme restés, toute l’éternité.

Assouvis, avachis, nous nous sommes séparés, bref instant de repos avant de recommencer. Transpirante de satisfaction, elle s’est levée. Je suis resté un instant le corps couvert de sable rugueux allongé sur le sol à écouter le doux sifflement du vent dans les feuilles et les petits craquements du feu. Une poussière de suie incandescente déposa sa traînée pourpre sur au travers du ciel sombre.

 

Une autre amazone s’est approchée d’un pas léger. Son visage angélique avait tous les trais frais de la jeunesse. Une charmante mèche de cheveux cuivrés masquait partiellement le vert profond de son iris émeraude aux reflets faussement innocents.

En plongée, mon regard a plongé dans ses yeux échaudés. Contemplatif, sans être hâtif, je la regardais. Ses inspirations, au rythme de ses poumons, me procuraient un merveilleuse sensation.

Je dus quitter des yeux cette divine succion, pour contempler le spectacle qui s’offrait à moi. Au travers de la paroi d’une hutte, je pouvais voir deux silhouettes féminines vacillantes s’enlacer et se frotter calmement. J’étais captivé par cette tapisserie ocre et brune. La plus petite des silhouettes tenait dans sa main ferme une baguette souple. De brefs coups de poignet elle réalisa une série de courbes rythmées. Des hurlements de plaisir douloureux traversèrent la tenture, alors que les corps s’arquaient celons la cadence des claquements à l’Harmonie* parfaitement Sado-Masochiste.

Mon regard et mon attention se concentraient à nouveau sur les succulentes succions successives qui se terminèrent par le dépôt d’un collier de perles nacrés sur une peau brune et satisfaite. Le reste de la nuit orgasmique, ne fut qu’explosion jouissive de corps partagé dans une nature naturiste, mélange flou et mouvant, pulsations physiques effrénés, rythmes sensuels et endiablés, danse charnelle sans fin, dextérité amoureuse, et hurlements animaux.

 

Ce n’est qu’après une trop courte éternité que le village fut repu. Trop éreintées pour me découper en rondelles comme l’exigeait la tradition, les amazones préférèrent me laisser partir, ce que je fis le pas traînant car après avoir goûté à leur boisson et à leurs charmes, il est difficile de rejoindre la jungle moite dont la chaleur suffocante n’a rien à voir avec leur corps chauds.

 

*Pour toi présidente, j’ai pas pu résister :-) **

** c’est une private joke, hein.

 

 

Pierre

 

Par Francis
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Lundi 4 juin 2007

Coucou amis amateurs de palpitantes aventures !

Résumons la situation : lors de l'avant-dernier épisode, Pierre et moi nous étions échoués sur une île déserte. Nous nous séparâmes (car Pierre sentait des pieds) pour explorer. A cette séparation succédait une terrifiante épopée à travers les remugles puants des marécages jungliformes hantés de mouches, de trucs purulents et de primitifs adorateurs de Cthulu.
Par la suite, nous nous retrouvâmes, chacun de notre côté, fait prisonniers par une tribu d’amazones libidineuses. C’était plus intéressant, déjà.

Nous arrivons donc à la suite, Pierre et moi nous retrouvons sur la plage après nous êtres évadés.

12/07/06

Enfin arrivés sur la plage, nous constatâmes que notre situation était désastreuse. Si ces femelles libidineuses nous infligeaient encore la même séance, je pense que nous ne pourrions y survivre. En effet, suite à notre torride nuit de sexe sans limites, Pierre mesurait environ 34 cm, et moi seulement 2 de plus. Ceci peut facilement être expliqué par la théorie de Gilbert von der Louff, physiologiste allemand de la fin du 19eme siècle. Selon lui, la perte d'une importante quantité de liquide (ici séminal) peut aboutir à la rétractation des cellules du sujet (par simple dessèchement).

Après quelques minutes de réflexion, nous nous sommes décidés à construire une montgolfière. Nous avons donc cousu nos chaussettes ensemble pour faire la toile. Voyant que cela était insuffisant, nous cherchâmes aux alentours et trouvâmes un cadavre de tortue de mer. Nous la dépeçâmes et primes son estomac pour compléter le ballon. Les coutures furent réalisées par Pierre, à l'aide de fils que nous tressâmes à partir des poils pubiens que nous transportions bien malgré nous (nous dûmes nous confectionner un peigne à l'aide d'arêtes de poissons).
Cela n'était pas suffisant: il fallait du gaz pour gonfler notre aérostat. par chance, un varan qui traînait par là nous fourni ses gaz intestinaux (en effet, les varans, qui sont aux Caraïbes ce que les vaches sont à la Normandie, exhalent par les extrémités de leur tube digestifs de grande quantités de méthane. Il n'a a rien de plus simple que de récupérer ce gaz à l'aide d'un roseau creux introduit à une extrémité du varan).

Il nous fallait également un moyen de nous diriger. Par bonheur, notre fidèle poulet avait sans doute des gènes d'aigle pêcheur : attelé à notre ballon, il lui fut facile de nous transporter.

C'est ainsi que nous quittâmes par les airs cette île maudite.

Francis

12/07/05

Apres avoir suivi la côte j’arrivais à une petite crique de sable blanc et d’eau verte, mais pas verte comme en Bretagne à cause des algues, verte jolie comme les yeux de euh… non rien.

Je comptai me terminer ma nuit en plein jour, quand Francis est arrivé.

- Salut Francis, ça va ?

- Je suis crevé, souffla-il, j’ai passé la nuit avec des amazones.

J’ai probablement changé de couleur, aurait il atterri dans le même village que moi, était-ce lui l’ombre fouettée sur la tenture ? M’avait il vu ?

- Est ce que par hasard, la chef du village avait un bracelet tout doré et bleu et les autres étaient toutes nues, et est ce que y’en avait une avec un joli regard vert comme la mer ?

- Oui, dis donc, tu m’as l’air bien renseigné m’a-t-il dit, n’y aurait tu pas fait un tour ?

- Moi !!! dis-je avec le plus de surprise possible, jamais de la vie pendant que tu t’amusais avec de jolies filles j’ai marché dans la jungle, j’ai tué un serpent courageusement a coup d’horloge et j’ai fait de drôles de cauchemars dans un marais qui pue.

- Et ces traces rouges sur ton corps… on dirait des suçons.

- Euh ben… en fait… j’ai dormi sur une fourmilière.

- C’est rigolo les fourmis t’on piqué en forme de corps de femme. Vu ton état physique t’as pas vraiment dormi, et t’as l’air tout vide.

- Ben justement c’est dur de dormir sur une fourmilière. Et puis… c’est moi qui ai porté la pendule, et c’est pas de ma faute si les fourmis dessinent bien. Tu sais c’est pas facile la vie de fourmis y’a qu’une reine et elles ne captent pas Canal alors elles font des dessins sur ce qu’elles trouvent, et la en l’occurrence, c’était moi… et puis tu sais la femme dessinée sur mon corps qui ressemble à la chef des amazones que je n’ai jamais vue, ben c’est comme les dessins dans les nuages, tu vois ce que tu veux, et moi je vois un dragon na ! un joli dragon, bien formé certes, mais un dragon quand même.

- Et pourquoi ton corps est huilé ?

- Ca c’est de l’huile de bronzage monsieur, c’est pour ne pas attraper de coups de soleil.

- Et je suppose que comme tu avais chaud tu as mis les vêtements dans la pendule.

- Ben oui répondis-je bêtement. Ben zut, pensais-je, mes vêtements, je les avais oubliés.

Ceci explique pourquoi Francis a réussi à saisir mon air vide, moi qui croyait qu’il voulait dire que j’avais la tête creuse me voilà rassuré.

Francis m’a expliqué que c’était indécent, puis comme j’ai pas pu lui expliquer où avaient fini mes vêtements, j’ai dû le convaincre qu’ils étaient dans la pendule, et que non je ne voulais pas les mettre parce que c’est plus facile de voyager tout nu, que non je n’attraperais pas de coup de soleil, et que en plus je ne mettrai plus jamais de vêtements avant mon arrivée…

Pourvu qu’il oublie avant et que je retrouve de quoi me vêtir c’est vrai, je suis sûr que comme ça je vais attirer les moustiques et s’ils me piquent je ne pourrais plus voir le joli dessin en suçons que m’a fait la reine des amazones.

Lorsqu’il a voulu construire son dirigeable j’ai été obligé de fouiller dans la pendule et de lui ressortir ma seule paire de chaussettes propres que je gardais pour les grandes occasions. Pour qu’il ne remarque pas le subterfuge, je la parfumai grâce à un morceau de camembert. Il trouva tout de même curieux le fait que mes chaussettes sales étaient en boule et il a réprimé un hoquet au moment ou la croûte blanchâtre du camembert est tombée de la boule.

Nous avons accroché la pendule qui flotte (sur le matelas pneumatique) à notre dirigeable et nous sommes partis vers de nouvelles aventures. J’ai attrapé un coup de soleil et on ne voit plus le dessin des amazones. En plus Francis il me dit que c’est parce que je me suis baladé tout nu sous la lune. Je pèle j’ai mal j’en ai marre. Si seulement Hercule avait laissé à ces guerrières leurs ceintures (et leurs corsages, mais ça l’histoire l’a oublié) hé ben j’aurais été moins aguiché, et j’aurais pas de coup de soleil !

Francis et le poulet se moquent de moi il font cui cui tout le temps et moi j’aime pas parce qu’à cause du soleil je ressemble à un œuf au plat trop cuit.

Pierre

13/07/05

Du vent, des vagues, de l'écume, et une horloge détraquée qui sonne à tort et à travers... On s'fait chier dans cette aventure ! Heureusement que notre ballon a résisté à notre taille normale, comme quoi le pet de varan est beaucoup plus léger que l'air et l'estomac de tortue vraiment résistant. Bon, allez, c'est mon tour de faire de faire la vigie pendant que Pierre s'arrache ses pelades en poussant des petits cris dégoûtés. Alors, à l'est, que dalle... des vagues, au nord : rien, à l'ouest, rien de nouveau, au sud... Mein Gott ! Un Zeppelin ! Il est rouge vif... une étrange écriture cursive court sur ses parois... Ce sont ces vipères lubriques capitalistes de Coca-Cola ! (il faut vous dire que pendant la nuit, Pierre et moi nous sommes adonnées à la lecture de l'oeuvre complète de Marx, qui se trouvait par hasard dans la pendule, et que nous en avons conclu que la révolution prolétarienne était la seule voie possible pour un monde meilleur, Pierre vous expliquera cela sans doute mieux que moi).

Je secoue Pierre un grand coup, et lui hurle dans les tympans de se lever. Pierre sursaute, voit le zeppelin et devient comme fou, il empoigne son sabre et hurle des imprécations vers l'ennemi, qui fait semblant de ne pas nous remarquer. Aha, attendez un peu, vous allez voir si on peut se moquer longtemps du peuple affamé...

Je pointe notre canon sur le pont avant de l'ennemi. Il est chargé de 18 livres de mitraille. Pierre allume la mèche, et la grenaille fait un carnage dans les rangs ennemis, qui finissent par nous regarder. Tremblez, racailles, car nous allons passer à l'abordage !

Je lance un grappin, qui s'accroche dans les armatures métalliques de leur machine. Pierre attrape la corde, et, agile comme un singe, entreprend le périlleux passage vers l'ennemi, qui tente de mettre en place une stratégie de défense. D'ici, nous pouvons entendre les ordres lancés par les officiers ennemis (What's happening ? Why doesn't the captain do anything ? Is it a special attraction ? I thought we were supposed to have a pleasant holidays, that's what they said in the brochure ! My God, they killed Kenny ! Hey, these guys are not joking ! They're attacking us for real ! AAAaaaargggh ! J'en déduis, dans un éclair de lucidité, que nous avons affaire à de riches bourgeois qui pensaient se prélasser tranquillement dans une croisière en zeppelin au dessus de l'Atlantique. Sales exploiteurs du peuple, vous allez voir ce que vous allez voir...

Francis

Par Francis
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Lundi 11 juin 2007

Résumé des épisodes précédents :

 

Partis rejoindre le lieu de leur stage (l’île de Pâques), nos deux héros (nous) ont embarqué sur un cargo saoudien, accompagnés d’un poulet transgéniques et de quelques menues affaires. Un échouage sur une île peuplée d’amazones lubriques plus tard, nous dûmes fuir sur un aérostat de notre fabrication. Un peu plus tard, nous tombons sur un dirigeable peuplé d’infâmes capitalistes (sachant que Karl Marx nous avait ouvert les yeux récemment). Et tant pis pour la concordance des temps, ce sera bien pire dans l’épisode suivant.

 

Pierre n’ayant pas pu se débarrasser de son trop plein de testostérone auprès des Amazones, le carnage va commencer.

 

 

 
 

15/07/05

 

Avant de comprendre la scène d’acrobatique carnage sanguinolent qui va suivre, il est nécessaire de faire une pause philo, pour que tout le monde puisse comprendre aussi bien que moi, sans jamais l’avoir lu.

 

Dans la pendule, je suis tombé sur un livre de copain Carlos, un pseudonyme de cet illustre camarade Karl, qui dans un de ses textes radiophonique a déclaré « Big bisou en anglais ça veut dire gros baiser* », ce qui démontre bien la faculté des capitalistes d’Outre-Manche pour saborder notre économie avec leurs intentions aussi diaboliques que perverses.

 

Fin de la pause philosophique. 

 

Mort-bleu ! hurlait-je en m’approchant de l’engin rouge, un sabre entre les dents, ce qui ne rend pas l’élocution facile. Mes deux mains étaient solidement accrochées à une corde raide de grappin tendue entre nos deux appareils, le frottement de ma peau calleuse sur les fibres faisait naître de petite étincelles.

 

D’un bond, je franchis la rambarde pour tomber sur le pont, non sans assommer deux marins ennemis d’un saut de la grenouille 5 étoiles, une roulade, un bond, me voilà sur le troisième. Ses mains manucurées de bourgeois surengraissé de capitalisme adipeux tenaient une arme écrasante de bois et d’ivoire, probablement une ancienne jambe de bois, trophée meurtrier arraché avec haine du corps démembré d’un ancien capitaine ennemi.

 

Les armes s’entrechoquaient, quinte, fente.

 

- Je vais t’occire bourgeois capitalise, lançais-je avec arrogance

 

- Hel-pe-hel-pe-hel-pe, bégaya-il,

 

Parade, moulinet, nos yeux lançaient les étincelles à la place de nos armes.

 

- El-le pèl-le  elle pèle, lançais-je dans une imitation absurde de ses balbutiements qui eurent pour seul effet de le terroriser. Mon charisme légendaire avait vaincu l’esprit, mon épée de pacotille allait vaincre le corps. Le poulet perché sur mon épaule coassait, El-pe – El-pe, il est visiblement plus doué que moi pour l’imitation.

 
 

Mes deux pieds exécutèrent une volte parfaite et mon adversaire aussi. Sa tête aux yeux encore ronds de surprise et de terreur roula sur le pont désert au rythme de la houle, laissant à chaque bourrasque, une trace glissante sur le parquet impeccablement verni.

 

Par la sainte barbe d’un pouilleux névropathe ! hurlais-je en contemplant le spectacle vide et désert, ils n’avaient tout de même pas pris la fuite. Morose, presque déprimé de ne pas avoir pu me battre plus, je restait là quand tout a coup un cri brisa le silence.

 
 

De chaque porte, de chaque fenêtre, de chaque petit trou, de chaque fissure, déboulait un capitaliste furieux et armé jusqu’aux dents en or. Les deux armées se regardèrent dans le blanc rouge des yeux. Becdepus (le poulet, Nda) agitait une sombre broderie sur une brindille, le pavillon noir était hissé, on n’allait pas faire dans la dentelle. Instant électrique de contemplation des forces, leur nombre d’un pour dix ne pouvait être compensé que par une extrême cruauté. Puis le premier coup de feu retentit, c’était le signal, les deux armées se jetèrent dans un corps à corps meurtrier. 

 

Le brouhaha des insultes  perçait avec difficulté le nuage de poudre calcinée et d’embruns sanguinolents qui volaient sur le pont. Deux capitalistes sanguinaires assoiffés de sang rouge de rouges couraient dans ma direction alors que je croisais le fer avec trois d’entre eux. J’allais être pris entre deux fronts. Improviser, frapper. Ma lame trancha avec habileté un cordage. D’une main je m’y accrochai, le contrepoids qui me tractait se fracassa sur mes assaillants dans un craquement de bois et de vertèbres. 

 

Chaque angle de l’impressionnante araignée de cordages qui soutenait le pont était peuplé d’un vil capitaliste, brandissant avec hargne un mousquet. Un nuage de plombs voleta dans ma direction. D’un bond vif je l’esquivais pour me retrouver en équilibre sur une poutrelle instable. En face de moi, un homme, large comme un paquebot, aux bras titanesques, et aux jambes gigantesques, m’attendait, souriant de ma fin, une sabre d’abordage neuf et luisant. Seule la poignée était toute crénelée d’entailles régulières, une pour chaque homme tué. La terrible bataille qui faisait rage plus de 30 mètres en dessous de nous n’était rien face au regard de feu et d’acier de mon adversaire. La fumée de la poudre ne montait que par intermittence à la poutrelle. Un oiseau de malheur se posa en plein milieu. Regarda à gauche, à droite, les deux opposants totalement statiques, attendant enfin l’instant fatidique de son départ pour commencer les hostilités. D’un ample battement d’ailes la paix éphémère plongea dans le vide pour aller se gaver d’asticots grouillants.

 

- Burne I-ne-elle, hurla t’il dans un flot immonde de postillons nauséabonds.

 

- Mieux vaut des burnes de prunelles que des roupettes de mollusque !

 

L’attaque du loup en rut fit suite à l’esquive de la panthère frigide, deux moulinets dont un dans le vent, trois couronnés, et une bonne centaine d’insultes. D’un rapide enlevé sa lame tomba dans le vide. Je m’apprêtais à lui trancher les bras d’une banderole quand un bras poilu venant de mon dos arracha mon arme pour la laisser tomber elle aussi dans le vide. Une prise força le bras et tout ce qui y était attaché à suivre la lame qui n’était plus qu’un point étincelant au milieu de la brume.

 

Mes esquives faisaient suite au rythme effréné des droites de mon adversaire, ne pas attaquer, rester calme, le laisser espérer jusqu’à ce qu’il baisse sa garde. Attendre encore, esquiver, encaisser. Son visage brut luisait sous la sueur nauséabonde qui s’échappait de chacun des pores écrasés de sa peau. Ne jamais prendre l’eau pour un marin était une question d’honneur.

 

Les poings sifflaient près de mes oreilles, ça y était, il avait perdu patience, ses coups devenaient plus agressifs, bientôt le bon moment… Il voulu me surprendre d’un crochet prévisible, c’est alors que je lui ai décoché un coup de pied retourné en pleine mâchoire. J’ai cru apercevoir deux dents tomber dans le vide. Il retourna sa tête dans ma direction, et cracha sur mon visage un glaviot ensanglanté. Coriace le bougre.

 

En bas sur le pont Becdepus se battait avec le singe du capitaine ennemi, coup de becs acéré contre griffes aiguisées. Il faudra que je pense à parier sur Becdepus au prochain combat de coqs.

 

Les deux bras musclés et poilus de mon adversaire me maintenaient collé sur le bois tiède de la poutre. La masse immonde de son horrible corps m’empêchait de respirer. De petits points noirs tourbillonnaient déjà sur le rouge vif de sa tête brûlée. Mes articulations habilement tordues d’un geste sadique ne pouvaient rien pour me dégager. Mes poumons compressés allaient exploser en même temps que mon crâne. J’entendais mon cœur affolé battre de plus en plus fort au niveau de mes tempes. Il fit l’erreur d’approcher de trop près son immonde tête pour souffler un peu plus son haleine de porc pestiféré dans mes bronches obstruées. D’un rapide mouvement de coup je saisis son nez entre mes dents. Je du lui arracher l’organe au point de m’étouffer avec pour qu’il consente à lâcher prise. Il tremblait, son regard obstrué par le flot d’hémoglobine giclant par saccade de la blessure. Dans une dernière humiliation, je crachais vers son visage les morceaux mâchouillés d’infect cartilage. Alors qu’il tenta de rattraper au vol son organe, je le poussais dans le vide.

 

Je dus compter trois secondes avant d’entendre le bruit mouillé d’une pierre tombant dans une mare de boue, marquant son arrivée sur le pont.

 

Bon c’est pas tout mais moi j’ai le vertige, puis j’ai pas pris mon écharpe et en haut il fait froid.  Il faut que je redescende.

 

En arrivant en bas j’étais plutôt calme, je comptait finir tranquillement la batille en sirotant un sirop de camomille mais un capitaliste a prononcé un mot de trop : en voyant mon tatouage il a hurlé : itse  amazoning. Il savait, et je ne pouvais me permettre de laisser des témoins. Mon regard se crispa, ma main droite arracha d’instinct un sabre d’une cage thoracique tandis que la gauche se planta dans les yeux d’un capitaliste. Le vaisseau allait être repeint de rouge, et rouge sang cette fois si pas communiste. La colère circulait dans mes muscles tendus, et la destruction fit place à la bataille, les membres volaient suivant le rythme mécanique du tchac tchac du sabre. L’odeur du sang frais avait remplacé celle de la poudre. Ce n’est qu’après avoir éliminé toute forme de vie vivante autre que Francis et le poulet que je parvins à me calmer, après avoir terminer mes nerf en frappant à main nu sur un pilier d’acier qui tremblait dangereusement, enfin c’est ce que m’ont raconté Francis et le poulet car moi je me souviens de rien.

 

Enfin j’étais détendu, et je trouvais que ce nouveau bâtiment était un peu sale alors j’ai entrepris de le nettoyer. La radio crachotait qu’une pluie de cadavres était tombée au dessus de Montréal.

 

Je suis ensuite passé dans la réserve et quand Francis m’a vu revenir habillé en Nike et Adidas il a poussé un cri, puis finalement il préfère encore comme ça que tout nu.

 

 

 

* Source http://www.paroles.net/artis/1177, Big Bisou, Carlos

 

 

 

Pierre

 

 

 

De mon côté, voilà une liste de ce que je fis pendant que Pierre s'amusait  là-haut

 

1) étripe

 

2) éventre

 

3) égorge

 

4) tranche (jambes, membres divers, têtes)

 

5) taille (nez, oreilles)

 

6) éviscère

 

7) écrabouille (essentiellement des visages, un ou deux lots d'organes intimes) à coups de pieds de table et de pieds de moi

 

8) arrache (yeux surtout)

 

9) crache (glaviots, mollards, insultes)

 

10) bousille (réputations sexuelles)

 

11) etc

 
 

Voilà, je ne vous ennuierais pas avec trop de détails. Qu'il me suffise de dire que l'attitude de Pierre à la fin des combats a été déplorable, il s'est vautré dans l'idéologie ennemie, mais bon je lui pardonne car ce n'était qu'à des fins de pudeur bien compréhensible.

 

Francis

 


Un coup de speed :

 

Apres la boucherie héroïque sur le zeppelin rouge coca et hémoglobine, nous décidâmes  de mettre les voiles vers l’île de Pâques, or afin d’arriver a temps, j’ai pris l’initiative de modifier un peu le zeppelin. J’ai habilement relié le tuyau de poêle de la cuisinière a mazout capitaliste à la poche de gaz afin d’augmenter la pression dans celle ci. Pour des raisons évidentes de chimie, j’entrepris de cuisiner du cassoulet toulousain en conserve.

 

Après plusieurs heures de cuisine, la membrane du ballon était tendue comme une peau de star ayant subit un lifting intégral. La pression de méthane était telle dans le ballon que des perles de liquide se formaient le long de l’armature. Il s’approchait dangereusement du sol. C’est alors que je soulageais la masse volante de flatulences contenue dans une enveloppe de plastique par un petit trou d’épingle à l’arrière du vaisseau. 

 

J’ai probablement dû sous-estimer les talents de mon cassoulet en boite, puisque l’accélération terrible de l’engin nous cloua sur place. Le temps semblait s’étirer sous la force gigantesque de la propulsion, au point de se déchirer. Les photons flottaient dans le ciel comme une neige statique, puis aussi brusquement qu’il s’était mis en mouvement, l’appareil s’arrêta et étala sur Francis et moi son enveloppe de plastique vide et usagée, qui avait perdue sa raideur passée.

 

 

 

Oups…

Par Francis
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Mardi 19 juin 2007

Résumé des épisodes précédents : en route vers notre stage sur l’île de Pâques, Pierre et moi, après moult aventures terrifiantes, sanglantes et sexuelles, nous retrouvâmes dans un dirigeable. Suite à une erreur de manipulation entraînant une distorsion de l’espace-temps, nous nous retrouvons crashés sur une planète d’une galaxie lointaine.

 

Avertissement : une certaine connaissance des grands classiques de la science-fiction accompagnée d’une tolérance infinie aux calembours vaseux de Pierre est nécessaire à la bonne compréhension de ce texte.

 

Pierre fut le premier à reprendre connaissance, pour se retrouver en face d’un personnage étrange. Laissons-lui la parole (à Pierre, pas l’être étrange).

 

 

Un homme, apparemment issu du croisement  d’un elfe et d’un radio réveil apparut devant moi par magie. Je fus rassuré de voir qu’on parlait anglais même  au fin fond de la galaxie :

-Hello I speak inglish.

-You Spoke what?

Par précaution, je réglais les sous titres sur français on ne sait jamais.

- Je suis vendeur, qu’est ce que vous voulez

-Un oignon d’ici, une gousse de Leyla, et un moyen de rentrer chez moi.

Je crus comprendre que pour retrouver le chemin de l’île de Pâques, il me fallait la trouver sur une carte. Que la carte est dans un cristal, et que le cristal est dans un endroit que je trouverais

que si je suis assez fort.  Je me suis donc inscrit au club de musculation du jeudi, il y en avait un pour chaque jour de la semaine mais celui là me donnait un air familier. Je fus accueilli au guichet par un homme juvénile au regard perdu, il devait penser à marcher dans les étoiles au lieu de servir des clients, et je dus le héler plusieurs fois pour le faire bouger d’un yoda. Il me présenta au maître des lieux, un croisement étrange entre le nain, l’elfe, le gnome et le verre de menthe à l’eau. Visiblement il portait une lourde tare génétique parce qu’il n’arrivait pas a faire une phrase à l’endroit.  Il m’appris que ce que je cherchais se trouvait en moi. Alors qu’un druide médical enfonçait ses mains padmées entre ma glotte irritée et mon amygdale lancinante afin de voir si le fameux cristal ne se trouvait pas a l’intérieur d’un de mes organites, je compris que le machin vert ne parlait que par métaphores. Je me mis à l’entraînement.

Tout fier de moi, car j’était devenu fort en mon intérieur sans prendre de stéroïdes, je partis sur les chemins stellaires de l’univers après avoir gagné un vaisseau à pierre papier ciseau. Après avoir acheté volé et brisé plus de chandelier en cristal qu’un ouragan au château de Versaillais, je compris que ce n’était pas la bonne méthode. Il me fallait des informations.

Suite à une série de loopings astronomiques dans un champ d’astéroïdes j’atterris enfin sur la planète K-bès.

Les rues étaient peuplés de créatures étranges et bariolés qui parlaient sans sous titres, mon seul compagnon fut un antique robot moustachu chargé de transporter des bébés. Ce Landeau Kabèssiant, m’appris qu’un jour, alors qu’il transportait un bébé paratonnerre, il avait cru entendre sa mère parler d’une étoile éteinte qui contient toutes sortes de cartes, mais que c’était dangereux, que fallait s’armer avant d’y pénétrer, que passer par les conduits d’aération n’était pas une bonne solution, et plein d’autres trucs effrayants. Puis il me parla du hochet terrible du gamin, qui projetait de sombres monstre sur ses parois, on appelle ça une lampe horreur. Puis les batteries du landau, qui abaissent sans prévenir leur tension, tombèrent à plat, et le silence de la rue ne fut alors plus troublé que par le chuintement d’un vieux disque tournant sur une pâle platine usée par le temps.

 

Apres quelques heures de pilotage, j’arrivais enfin à rejoindre la fameuse étoile éteinte, et je pris la sage décision d’entrer comme tout le monde par le sas, celui ou y’a écrit entrée public.

A l’intérieur on ne peut se déplacer qu’en costume une pièce de plastique moulé car sinon on risque de mourir irradié ou d’abîmer les cristaux ou je ne sais quoi. Apres des négociation en langage des signes car c’est dur de parler à travers un casque, je me retrouve devant une salle gardée par un espèce de truc en capuchon. Bon visiblement si je veux atteindre mon cristal, il faut que je lui mette la pâtée à ce machin. En plus c’est interdit de se balader sans masque, je me demande ce qu’il fait là. Il tente de m’attaquer avec une trique de lumière gélifiée sans doute piquée au système d’éclairage. Il la manie avec grâce, moi je sors mon six coup et Jabbat l’homme qui tombe.

Un horrible krys coincé dans Leto serré d’une gorge Seitch atteint mon oreille et attira mon attention, Je venais de tuer le frère d’un japonais, son anikin, qui se fit immédiatement Arakis Dune  lame acérée dans le ventre.

J’ai du rapidement me barrer après avoir volé le cristal car y’avait un système d’alarme mais ça évidement on ne me l’avait Paddish, Alia là je vous jure j’ai dû me tirer a toutes jambes vers l’épice de décollage et partir.

Au commande d’Anne (c’est mon vaisseau) j’était poursuivis par une horde alphabétique de machines de guerres, et je ne parvins a échapper à leur radars qu’en entrant dans l’océan d’un planète aqueuse. Une fois Anne sous l’eau, les capteurs thermiques ne pouvaient plus rien contre moi.

 

J’attendis là avec mon vaisseau, un moment puis je rejoins Francis qui m’attendait au dirigeable, tout content d’avoir enfin trouvé un moyen de rejoindre notre île.

 

 

Pierre

 

 

Ahlala… Y’a vraiment que Pierrot pour nous mettre dans des situations pareilles… on est peinards sur un dirigeable au-dessus de l’Atlantique, en direction de l’île de Pâques, et paf, je me retourne, et on est dans une galaxie que j’imagine très lointaine, sans compter qu’il doit y avoir un décalage temporel de folie… Et où il est passé, maintenant…Bon, j’imagine que ça va encore être à moi de nous sortir de cette merde... *soupir*

Bon allez, c’est pas tout ça, je me mets au boulot, moi… Bon, réfléchissons… qui en sait le plus sur tout ce qui se passe, où que ce soit… Mais bien sûr ! Les taxis ! Je sors de sous notre carcasse de dirigeable et j’examine les environs : apparemment, on s’est crashés en pleine ville, les flics devraient pas tarder à arriver, alors je vais pas les attendre… Je hèle le premier taxi volant qui passe, et j’embarque en disant au pilote de démarrer le plus vite possible, ce qu’il fait sans rien dire, il doit avoir l’habitude.

- Dites moi, Strak’s, je lui demande comme ça (j’avais lu son nom sur sa plaque), est-ce que par hasard vous sauriez où je peux trouver une planète qui s’appelle la Terre ?

- La Terre ? il me regarde avec des yeux ronds. Vous débarquez ou quoi ? Elle a été détruite il y a 6 mois, elle était sur le tracé de la spatioroute 66 ! Les proprios étaient bien contents de s’en débarasser, sur Hypsis…

- Vous plaisantez ? J’y étais encore hier, sur la Terre !

- Ah, ben c’est typique, dit-il, fataliste. Y’a eu une couille dans le référentiel spatio-temporel pendant votre trajet (Qu’est-ce que je disais ? J’en étais sûr… Merci Pierrot !) Mais si vous voulez, je peux vous emmener au lieu de rencontre des terriens, c’est de l’autre côté de la ville… C’est un bar, chez Jimi et Diana, ça s’appelle.

- Bon, ben emmenez moi, alors…

 

Après un court trajet et  un petit passage à tabac (j’avais pas d’argent pour payer Strak’s), je pénètre dans ce petit boui-boui mal éclairé. Une dizaine de personnes sont accoudées au bar, et discutent avec animation, tandis que quelques autres occupent les rares tables présentes. Je m’installe à une table en face d’un couple qui roucoule en se tenant les mains et en se dévorant des yeux. Drôle de couple d’ailleurs, un immense bonhomme avec un gros accent et des dents qui m’ont tout l’air d’être en métal, et une jeunette avec des couettes et un appareil dentaire. J’ai l’impression de les avoir déjà vu quelque part… Tout comme ce jeune homme plutôt  beau Gos en pleine discussion avec un espèce de singe en combinaison bleue et avec un casque rouge sur la tête… Je suis interrompu dans ma réflexion par une voix claire.

- Et pour vous, beau barbu, qu’est-ce que ce sera ? Je me retourne  précipitamment : c’est la serveuse, une jolie brune avec une longue tresse, une mini-robe moulante et une barre blanche en travers du visage.

- Hum…je regarde précipitamment le menu.

- Je vais prendre…euh…un Ewok flambé, et un verre de glingue, s’il vous plaît mademoiselle… (je bafouille un peu)

- Très bien, je vais vous chercher ça tout de suite.

- Nävis, un client pas servi table 2, dépêche-toi ! crie une voix derrière le comptoir.

- J’arrive, j’arrive, dit la serveuse, et elle repart vers le fond de la salle en ondulant des hanches, laissant dans son sillage un doux parfum… Je me secoue, je ne suis pas là pour des histoires de fesses.

Après avoir englouti mon repas, je me dirige vers le patron du bar, qui essuie des verres derrière son comptoir.

- Excusez-moi, je cherche à rejoindre la… Mais, vous êtes Jimi Hendrix ! Je croyais que vous étiez mort !

- Ben non…

- Mais alors, Diana… C’est la princesse ? Vous êtes ensemble ?

- Oh non, pas du tout mon genre, les mijaurées comme elle… Mais faut reconnaître qu’elle sait gérer la boîte. Non, en fait, j’étais déjà marié avant qu’elle arrive… D’ailleurs, quand on parle du loup… Salut, Sig ! Il  salue une femme à l’air un peu austère, les cheveux rasés, qui porte un couffin. Elle lui répond d’un hochement de tête.

- Pas le temps, mon chéri, la petite a faim, je l’emmène téter là-haut.

Je jette un coup d’œil au couffin alors qu’elle passe devant moi.

- Je sais, la petite ne me ressemble pas, me lance Jimi, mais Sigourney l’avait avant que je sois arrivé, moi je l’ai reconnue.

- C’est…gentil de votre part. Vous connaissez le vrai papa ?

- Non…je sais pas si j’ai très envie de le connaître… Ceci dit, notre petite Aline est adorable ! Il ne faut pas se fier aux app…

Un gros bruit de succion, genre SCHHLUIIIIIIIRP, en provenance de l’étage, l’interrompt. J’imagine que la petite Aline prenait sa tétée.

- Euh…Pour en revenir au sujet qui m’intéresse, vous savez comment je pourrais retrouver la Terre du XXI ème siècle ?

- Oulah, vous me posez une colle ! A votre place, je m’adresserais aux Shingouz, les meilleurs espions de l’Univers, si quelqu’un sait ça, c’est bien eux. Mais vous ne préférez pas rester vivre ici ? C’est quand même plus sympa, j’ai pu comparer.

- Sans doute, mais j’ai envoyé mes conventions de stage… Madame Rahn ne serait pas contente… Et où je peux trouver ces Shingouz ?

- Regardez dans l’annuaire, près du visiophone, là-bas.

Je me dirige donc vers la machine en question, à côté de laquelle se trouve un épais volume jaune. Je l’ouvre à la première page : A.A.A Ace, société de décontamination planétaire. Normal. Mais le nom suivant : Farnsworth Hubert, livraison, puis Binks Jar-Jar, animations d’anniversaires : ce n’est pas normal… Cet annuaire n’est pas dans l’ordre ! Paniqué, je tourne les pages dans tous les sens :Atreides Restaurant : the best Spicy food in Galaxy XR-455b… s… Focus Gildas & Martina, cosmonautes du futur… Je n’y arriverais jamais ! Skywalker High School of Jedis, toujours pas ça ! Et merde, c’est foutu, je trouverai jamais ! Je suis prêt à abandonner, quand une voix grave se fait entendre dans mon esprit : « Francis…Fie-toi à ton instinct… », me dit-elle… Je prends une grande inspiration, ferme les yeux, et en me concentrant super fort, j’ouvre l’annuaire puis les yeux : et voilà : Shingouz & Co, espionnage en tous genres, toutes informations à prix intéressants. Yessss.

Je les appelle sur le visio, et leur pose ma question. A côté de moi, un type bizarre en combi spatiale a l’air de prêter une oreille attentive à mes propos.Je raccroche après avoir obtenu un rendez-vous.

- Bon, qu’est-ce que vous me voulez ? que je demande à l’autre péquenot.

- Euh, rien, excusez-moi, je me présente, Cosmik Roger, j’ai été envoyé par la terre pour trouver une planète habitable, mais là j’arrive pas à rentrer… Vous pourriez pas m’aider ?

Je lui met un coup de boule, un direct à l’estomac, le chope par les cheveux et lui explose la face sur le comptoir. Vous me direz peut-être qu’une telle attitude n’était pas nécessaire, mais il fallait que je me lâche un coup.

Les Shingouz m’ont filé un rencard sur un astéroïde de banlieue dans 20 minutes. Je fauche la bécane d’un livreur de pouzzoufs et fonce, en me fiant au pilote automatique et au GPS intégré. Les voilà ! Ils s’avancent vers moi, l’air méfiant :

- Nous avons votre information. Avez-vous quelque chose à nous proposer en échange ?

Aha… Le moment de vérité.

- Oui… Je ne sais pas si ça vous intéresse, mais il se trouve que j’ai sur moi un exemplaire non censuré d’ « Otages de l’Ultralum ».

Je vois leurs yeux qui s’agrandissent. Je ne m’étais donc pas trompé.

- La VRAIE version ? Celle où on voit Laureline toute nue ? (ahaha…les mâles sont bien tous les mêmes, quelle que soit la galaxie dont ils proviennent…)

- Ouaip. Et ça vaut le coup, croyez-moi. 100% sans OGM ni silicone. Alors, marché conclu ?

- Pour ça oui ! Tenez, voici les coordonnées à entrer dans l’ordinateur de bord de votre vaisseau. Il vous emmènera directement en orbite de la Terre  de 2006 après Jésus-Christ.

- Mais… J’ai pas de vaisseau spatial !

- Vous en faites pas pour ça, nos sources  nous indiquent que votre collègue en a déjà un. (Pierre ? mais comment il a fait ?*)

- Bon, ben…Merci, et à la prochaine, hein !

Je rentre donc vers le dirigeable avec mon scooter de l’espace déglingué. Il ne me reste plus qu’à attendre Pierre… Ah, je vois un vaisseau spatial tout pourri qui s’approche… C’est bien lui ! Je vais pouvoir lui apprendre la bonne nouvelle !

 

*voir au dessus.

 Francis

PS : ceux qui trouveront toutes les références et comprendront tous les calembours auront droit à notre plus profond respect. Et plus si affinités.

Par Francis
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Mardi 26 juin 2007

Résumé des épisodes précédents : Deux héros, Pierre et Francis, en route vers l’île de Pâques, se retrouvent accidentellement dans une galaxie lointaine. Quelques péripéties leur permettent de trouver un vaisseau spatial qui devrait les ramener vers leur belle planète bleute. Avec en prime une des plus longues phrases de l'histoire des blogs, si c'est pas beau.

 

 

 

Quelques heures après le décollage, je m’étais mis dans le siège du copilote, et nous nous apprêtions à passer en vitesse lumière, ayant atteint les spatioroutes sans limitations de vitesse. Pierre tendit donc la main vers la manette de changement de vitesse, l’enclencha, et tout s’éteignit dans le cockpit, excepté les lumières de sécurité alimentées par la roue des hamsters. Plus un bruit, le doux ronronnement du moteur s’était tu lui aussi.

 

 

 

-Putain, qu’est-ce qui se passe ? hurla Pierre, les yeux ronds. Ce n’est pas possible, on a fait le plein d’ultralum avant de partir !

 

 

 

-Est-ce que tu as vérifié que le déflecteur positronique était enclenché avant de décoller ? S’il ne l’était pas, le flux entrant dans le champ magnéto-cinétique de l’anti-grav arrière a pu déconnecter la turbosoupape des tuyères, et faire un court circuit…

 

 

 

-Non, je suis sûr de l’avoir  enclenché pendant que je vérifiais les courroies bimotrices du générateur à pulsions inversées, ce ne peut pas être ça… Par contre, si les coordonnées que nous avons entrées dans l’ordinateur du système de navigation spatiotemporel sont erronées, il est tout à fait possible que ça ait enrayé la transmission du comburant au niveau des vannes à iris, et que par un simple phénomène de résonance sheckleyenne, les composants multipolaires des chambres à stase se soient bloqués en position ouverte.

 

 

 

- Tu dis vraiment n’importe quoi… Les coordonnées étaient justes, les Shingouz ne se trompent jamais… Mais j’y pense ! Et si c’était tout simplement que la réaction de Mikkelton dans le mélange isoprotonique de refroidissement n’avait pas eu lieu à cause d’une fissure dans le revêtement de kevlo-mithril du combustateur imparipenné ? Ca aurait pu arriver, tous ces relargages pirates de résidus de flogums par les nefs harko-impériales… Leurs molécules tensio-décapantes peuvent bousiller la plus solide des siliciocéramiques !

 

 

 

-Oui, peut-être…

 

 

 

Notre conversation technique fut interrompue par un craquement caractéristique de métal hurlant sa douleur minérale.

 

 

 

- Et merde, des fauves mange-matière ! Ils étaient censés avoir disparu des spatioroutes ! Il faut qu’on se grouille de se tirer !

 

 

 

- Et comment on va faire si on ne sait pas ce qui cloche ? Si au moins le détecteur de pannes fonctionnait…

 

 

 

- Mais bien sûr ! Comment n’y avais-je pas pensé ! s’écria Pierre. On peut le remettre en marche, il suffit de mettre ce chewing-gum ici (il joignit l’acte à la parole), ensuite, avec cette éponge Spontex, un peu de Coca-Cola, et une goutte de liquide séminal… Tu peux actionner ce briquet et l’approcher de la mèche, s’il te plaît ?

 

Je m’exécutai, et bien sûr, le résultat fut immédiat : une voix métallique se fit entendre : « présence-d’élement-étranger-dans-le-mécanisme-d’activation-des-réacteurs-ultraluminiques…présence-d’élement-étranger… »

 

 

 

Pierre et moi nous précipitâmes sur la manette d’accélération, et en trifouillant quelques secondes avec une fourchette à fondue, nous extrayâmes (extrûmes ? extractâmes ?) une bande de matière blanchâtre et visqueuse. Pierre me regarda avec un air à la fois excédé et navré.

 

 

 

- Francis… Tu ne pourrais pas faire un peu attention, quand tu manges un sandwich au jambon, et regarder où tu jettes ton gras ?

 

 

 

- Oups…Désolé, dis-je en regardant par terre.

 

 

 

- Bon, ça ira pour cette fois, mais tâches de faire plus attention dorénavant.

 

 

 

- Euh… Oui, m’sieur…

 

 

 

Nous pûmes donc relancer les moteurs, nous éloigner de ces vils fauves mange-matière et nous diriger à plus de 400 000 km.s-1 vers notre bien-aimée Terre-Mère du XXIème siècle et vers de nouvelles aventures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ca fait plusieurs jours que Pierre ne donne pas de nouvelles… Je vais finir par m’inquiéter, moi ! Il était parti dans la coquerie pour préparer le dîner de jeudi (des sardines de l’espace de Capt’n Manu et des lembas alflololiens), et depuis, je ne l’ai pas revu… Je commence à avoir faim… C’est décidé, je pars le chercher. Je passe d’abord dans la cambuse, il y a peut-être été terrassé par les poulpes qui ont pris le contrôle du bac à légumes du frigo depuis le départ, nous empêchant de prendre la moindre petite tomate ou litchee qui composaient nos seuls apports de vitamines, ce qui explique d’ailleurs les premiers symptômes de scorbut que nous ressentons depuis un moment (déchaussement des dents, disparition de la pilosité sous-brassière et dépigmentation de l’iris, chute des orteils mais de toute façon on en a pas besoin).

 

 

 

Il n’est pas là… Par contre, il semble que les sardines aient été victimes de moisissures : une épaisse couverture de mousse verdâtre recouvre maintenant les murs de toute la pièce, et essaye visiblement de m’attraper, des pseudopodes barbapapesques m’entourent les chevilles. Je me dégage d’un coup de machette laser (je ne m’en sépare plus depuis que je l’ai ramassée dans le spatioport à côté d’un corps proprement tranché en deux dans le sens de la longueur) et je quitte la pièce par la porte du fond, vers les salles des machines. La vision obscurcie par la fumée des chaudières qui saturait l’air ambiant, je vérifie si le corps de Pierre n’encombre pas le chemin des droïdes chargés d’apporter les bûches de matière noire.

 

 

 

Apparemment non. Bon… Peut-être est-il resté aux toilettes ? On ne sait jamais, il  pu choper une tourista, avec les trucs bizarres que les gens nous ont filé à manger là-bas… Et pis en plus, il y a toute une collection des Fluides Glacials d’avant la parution sur Terre à côté des cabinets… De quoi lire pendant un bon moment, peut-être qu’il n’a pas vu le temps passer.

 

Ou alors il a tiré la chasse sans s’être levé d’abord et il a été aspiré dans les profondeurs insondables de l’espace intersidéral, ses yeux se sont exorbités avant d’être éjectés de leurs orbites, suivis peu après de ses  autres organes, et ses restes sont maintenant en orbite autour d’un astéroïde quelconque de la ceinture d’Oort de la galaxie d’Andromède, attendant une possible récupération par des extra-terrestres malfaisants qui le cloneraient et l’élèveraient dans la haine de la race humaine, pour le renvoyer complètement embrigadé sur Terre, où il gravirait  rapidement les échelons du pouvoir grâce à son charisme incroyable boosté par des années d’entraînement sur sa planète d’adoption dont les habitants ont capté et visionné des films hollywoodiens qui ont permis aux aliens de connaître toutes nos faiblesses, puis une fois président du monde il céderait la planète à ses maîtres secrets qui réduiraient rapidement le peuple humain en esclavage et nous forceraient à manger des choses dégoûtantes pour nous humilier nous poussant à fomenter une révolution qu’ils réprimeraient dans le sang en parfait accord avec la constitution spatiale rédigée par des gens qui fument des gros cigares dans leurs salons high-techs avec des décors futuristes en fond qui ne pensent qu’au profit et puis des siècles plus tard quand l’humanité aura perdu sa fierté un homme, un homme seul brandirait le poing face aux tyrans et mènerait une résistance souterraine, formant un réseau qui réunirait les esprits les plus forts et ils mettraient en œuvre une stratégie consistant à déguiser notre héros en femelle désirable de l’espèce de nos envahisseurs, puis à séduire le dirigeant de ces derniers qui au moment de passer à l’acte verrait sa dulcinée rejeter fièrement son déguisement, secouer sa crinière blonde et crépue en arrière, lui jeter une dernière phrase de défi au nom des humains qui sont pas si faibles et couillons que tu le croyais, hein, ordure de fumier d’estrateress de ses couilles (et c’est pas peu dire parce qu’il faut en avoir pour accepter et réussir une telle mission quand même) et puis il exploserait dans un gargouillis et comme c’est une race pareille que dans la trilogie d’Ender d’Orson Scott Card (lecture que je recommande à tous petits et grands jeunes et vieux garçons et filles parce que c’est bien) et ben tous les autres ET mourraient parce qu’ils sont connectés parapsychiquement à leur maître qui est un peu comme une reine des fourmis et ainsi la race humaine serait libérée de ses chaînes et reprendrait sa place dans la galaxie et les hommes changeraient et mèneraient une vie plus respectueuse de la nature et des autres sans chercher leur intérêt à tout prix et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes et ils seraient infiniment respectés pour leur sagesse dans les conseils de l’Organisation de Nations Galactiques Unies même si certains se moqueraient d’eux dans leur dos mais seulement parce qu’ils seraient pas tant évolués que nous  et que de toute façon ils seront un jour convertis à notre vision de la vie qui serait tellement mieux sans vouloir se la péter mais vraiment objectivement.

 

 

 

Et bien non, les chiottes ne sont pas occupées, tant pis pour l’humanité. (Bon, j’avoue, j’ai dû remonter voir où j’en étais parce que j’avais un trou (de mémoire)).

 

 

 

Peut-être a-t-il décidé d’observer les dégâts faits par les fauves mange-matière ? Je descends dans les vestiaires, et tente d’enfiler une combinaison spatiale. Manque de bol, elle n’est pas à ma taille. Je perds un temps fou à faire des ourlets aux manches et aux manches des jambes. Une fois équipé, je sors par le sas, et examine l’état de la navette. Pas brillant, mais les droïdes d’entretien ont bien réparé les dégâts. Mais toujours pas de Pierre… Je rentre.

 

 

 

Comme j’ai un peu sué dans ma combinaison, je décide de la laver avec Ariel, la lessive qui lave plus blanc que blanc et élimine 99 taches (99 !), même des taches super incrustées que les dames elles font « oh ! » quand une autre dame ou parfois un monsieur frotte la chemise sur une poêle où ils ont fait cuire du chocolat au ketchup avant de mettre un peu d’Ariel dessus et les dames elles se murmurent les unes aux autres « une tache pareille, mais c’est irrattrapable », il faut bien dire que souvent les dames de pub Ariel elles sont un peu connes.

 

 

 

Et devinez qui je vois dans la laverie ? Et ben ouais ! Dans le mille ! Un Ewok ! Ou plutôt une Ewoke, étant donné qu’à côté je vois un Pierrot tout nu qui essaye de protéger son intimité avec une serpillière.

 

 

 

- Euh… je peux tout t’expliquer…

 

 

 

- Eh bien, n’hésite pas !

 

 

 

- Alors euh, en fait, tu vois, j’étais en train de préparer à manger dans la cambuse, quand j’ai été attaqué par les poulpes du frigo. Ils m’ont attiré dans leur antre et m’y ont laissé pendant plusieurs heures, je devenais tout bleu, quand soudain, alors que je pensais être perdu, j’entends la porte du frigo qui s’ouvre, et là, j’ai une vision de rêve : cette adorable créature, qui s’appelle Berthartchaly (je hoche la tête pour la saluer, elle y répond d’un charmant rougissement pudique), qui me sort de cet enfer glacé… Mais j’étais encore frigorifié, alors elle s’est serrée contre moi pour me réchauffer, et une chose en entraînant une autre…

 

 

 

- Mmmhm, je vois… Tu permets que je te parle en privé ?

 

 

 

Pierre adresse un petit sourire  d’excuse à sa compagne et me suit hors de la laverie que je referme soigneusement avant d’exploser.

 

 

 

- Mais enfin Pierre, à quoi tu penses ? Cette femelle n’est même pas de ton espèce ! Tu n’as donc aucune moralité ?

 

 

 

- Mais je l’aime, et elle m’aime ! N’est-ce pas le plus important ?

 

 

 

- Mais Pierre, si tu l’aimes, pense donc un peu à elle ! Tu l’as gâchée pour le mariage dans son peuple !

 

 

 

- Mais c’est moi qu’elle veut épouser ! Elle m’a dit que je suis bien plus intéressant que les mâles de son peuple de toute façon, et c’est pour ça qu’elle m’a suivie dans le vaisseau et qu’elle s’est cachée en se faisant passer pour une peluche de la chambre d’enfant.

 

 

 

- Pierre, réfléchis un peu. Tu n’avais pour elle que l’attrait de la nouveauté, elle risque de te laisser tomber pour le premier koala qu’elle croisera !

 

 

 

- Sûrement pas ! De toute façon, ça ne te regarde pas, c’est ma vie, je fais ce que je veux, et elle m’épousera et m’accompagnera sur Terre !

 

 

 

- Là, je ne serais pas aussi sûr de moi si j’étais toi. Tu sais bien que les services de douane et d’hygiène de l’île de Pâques sont super tatillons, et ils ne la laisseront sûrement pas pénétrer sur leur territoire, on sait pas quels parasites elle peut trimballer… Et tu as signé ta convention de stage, tu ne peux plus te défiler !

 

 

 

Après des heures d’argumentation, Pierre finit par écouter la voix de la raison (la mienne), et je le laisse aller expliquer la situation à Berthartchaly (quel nom stupide). Des pleurs se font entendre, mais apparemment Pierre ne se laisse pas fléchir. On l’abandonne sur un astéroïde avec un saucisson. Pierre pleure en regardant s’éloigner son amour impossible. Ca me fend le cœur, mais c’était la seule solution. J’espère que Pierre ne m’en voudra pas trop…

 


Francis

Par Francis
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Lundi 2 juillet 2007

Après de fantastiques aventures science-fictionnesques, nous finissons finalement par arriver sur l'île de Pâques. Mais siiii vous savez bien, c'est là qu'on devait aller au départ, faut suivre, hein.

Je m'apprêtais à sortir du vaisseau, et c'est ce que nous faisons, dans les premières lignes.

Le lendemain, vers 7h00 (heure locale), nous sortîmes. L’on aurait cru assister à l’un des premiers matins du monde, lorsque l’aurore, de ses petits doigts roses et boudinés, tirait de dessus d’elle la barboteuse soyeuse de la nuit. La rosée de la nuit perlait sur les feuilles des acacias de la brousse pascuane, attirant les chauves souris et les hippopotames qui venaient s’y abreuver, après une longue et dure nuit de chasse (nous étions dans la partie orientale de l’île, peu explorée jusqu’ici).

Pendant que Pierre allait nous chercher un logement et se dirigeait vers un groupe de gens qui discutaient, je décidai de me balader.

Je partis donc, confiant mon destin aux mains farceuses du hasard qui, je l’espérais, allait me faire faire de fabuleuses rencontres.

Ben en fait, non.

L’île de Pâques, dans la partie que j’ai  visitée, est incommensurablement sans intérêt. Une chatte y retrouverait ses petits sans la moindre difficulté. A croire que Dieu, après avoir fait plein de coins intéressants comme la jungle de Palombie avec ses marsupilamis, s’est dit « Ah ben tiens, jusqu’ici, j’ai fait que des trucs bien, les hommes vont me prendre pour un type qui pense qu’à leur bien, y vont me soûler à longueur de journée, faut pas que ça arrive, montrons leur que je suis comme tout le monde, et que quand je manque d’inspiration, j’essaye pas de faire mon intéressant comme d’autres qui cherchent malgré tout à écrire un truc alors qu’ils sèchent complètement et qu’ils brodent là-dessus pour faire passer leur indigence pour en fait juste un passage pour faire retomber un peu le rythme haletant maintenu jusqu’ici, mais je fais juste un lieu qui ressemble à juste de l’herbe avec quelques collines en dessous, et pis quelques statues à la con pour faire quand même croire que j’ai de l’imagination même en manque d’inspiration ».

Quand on y pense bien, Dieu a une manière de penser assez bordélique. Ou alors, c’est moi qui retranscrit mal ses pensées étant donné que je suis schizotypal (en version anglaise, je sais toujours pas ce que ça veut dire) de niveau High.

Par ailleurs, si quelqu’un peut m’expliquer, les résultats complets de mes tests psychologiques (que nous avons réalisés pour être autorisés à faire ce stage) sont les suivants :

 

Paranoid: Low
Schizoid: Low
Schizotypal: High
Antisocial: Low
Borderline: Low
Histrionic: Low
Narcissistic: Moderate
Avoidant: High
Dependent: Moderate
Obsessive-Compulsive: Moderate

 

Même si je suis pas trop mauvais dans la langue de Saki, j’ai pas tout  capté.

 

Bref, je vais faire comme mon prédécesseur, Balzac, et vous pomper l’air avec une description sans intérêt. Je me trouvais donc au milieu de végétaux non ligneux atteignant par endroits la hauteur de 13,5 cm. Ayant suivi assidûment les cours de reconnaissance des plantes cultivées de M. Poulain, je m’attelais à la tâche d’identifier ces végétaux. C’était bien de l’herbe.

Elle poussait bien dru, pour de l’herbe, et je comptais par endroits jusqu’à 91 pousses par pied carré. Je cessai de compter quand une musaraigne me mordit cruellement l’appendice nasal, qui se mit à exsuder une substance rouge (R : 238, G : 28, B : 36 sous photoshop), me faisant pousser un cri de douleur (1438 KHz, 87 dB).

Je décidai donc d’ajourner mon étude plus poussée de la flore de l’île pour me consacrer à l’écrabouillage consciencieux de sa faune la plus riquiqui. Malheureusement, cette sale bestiole m’a échappé. Mais elle ne perd rien pour attendre, je lui ai tendu un piège, réalisé avec deux cailloux, un bâton, une ficelle et une cellule photoéléctrique.

Je décidai de descendre sur la plage. Elle présentait une laisse de mer constituée de Fucus (vesiculosus, spiralis et serratus), des cailloux sur lesquels étaient fixés des entéromorphes, et un tapis d’ulves (Ulva sp.), qui exhalait au soleil la même douce odeur que celle que vous pouvez renifler au niveau de Saint-Michel-en-Grève. Maintenant que tout le monde a constaté que je déchirais sa race au niveau connaissances en algues, passons à la suite.

Je repris le chemin de l’intérieur, traversais deux ou trois champs de carottes,  puis décidai de rentrer. Au bout de 12 heures, exténué, après avoir tourné en rond sans pouvoir retrouver Pierre et m’être perdu au milieu d’un banc de poulpes, je réussis à convaincre une charmante cavalière (voir photo) de me prendre en croupe et de me ramener au campement.

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Une fois rentré, j’appris avec joie qu’il nous avait trouvé un logement.

 

Le lendemain (ouais, j'ai perdu les dates)

Salut tout le monde, ce message arrive avec un peu de retard car nous avons commencé notre stage, qui est épuisant. Il y a quelques jours, nous avons rencontré l’homme qui semblait devoir nous superviser, un colosse samoan à l’air revêche, qui était d’après ce que nous avions compris une sommité dans le domaine du cassoulet de poisson clown,  mais il est possible que nos lacunes en étranger expliquent cette spécialité. Pourquoi tout le monde ne parle-t-il pas français ? Ça simplifierait les choses, merde !

Mais bon, il nous mit au travail, en nous indiquant par gestes de grimper sur un moai (une de ces grosses statues, vous voyez sans doute à quoi ça ressemble), pour en gratter les fientes qui la recouvrent. Je suis monté tant bien que mal, et Pierre restait en dessous avec une toile pour ramasser tout ce que je grattais (à l’aide d’une petite cuillère en étain), afin d’estimer la masse de guano.

D’après les résultats des archives que j’ai consultées, il semblerait que la taille de ces statues soit due à l’engrais naturel qui leur est fournie par les mouettes. Il est en effet ridicule de penser que de telles masses aient pu être soulevées par des barbares sauvages même s’ils avaient tous la carrure de notre maître de stage. En fait, selon ces études récentes, les pascuans ont semé des statues de quelques cm. Au fil des années, avec les apports phosphorés du guano, ainsi que beaucoup d’attention de la part des cultivateurs, on obtient des belles grosses statues qui tapent.

Ceci dit, pour confirmer ces premiers résultats et étudier les besoins en apports des statues, on doit bien récolter ce qui tombe.

On fait aussi des tests en laboratoire pour voir les éléments nécessaires à une bonne croissance. Apparemment, un arrosage quotidien au vin de Bourgogne, additionné de clous de girofle n’a aucun effet, ceci dit, Pierre et moi n’avons pour le moment que des notions assez floues en culture de caillasse, donc on essaye un peu tout, avec la bénédiction de nos maîtres de stage.

Les meilleurs résultats ont été obtenus avec du déodorant Rexona peau sèche, dont une pulvérisation quotidienne dans les narine d’un moai permet une croissance nasale de 2mm /semaine.

 

Mais bon, j’imagine que le suivi de notre stage ne vous passionne pas, vous voulez seulement un compte-rendu  de nos journées à la Paris-Match, hein, bande de voyeurs…

Pour ça, il faudra attendre le prochain message, là on a pas beaucoup de temps, d’ailleurs je dois aller vider la fosse septique du camping, pour aller mettre quelques brouettes au pied des moais, je vous laisse.

Francis

Par Francis
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Mercredi 11 juillet 2007

Résumé des épisodes précédents : après de nombreuses, scabreuses, terrifiantes et palpitantes aventures, nos deux héros (moi et Pierre), sommes arrivés sur le lieu de notre stage, l'île de Pâques, et avons découvert son sujet : il s'agit d'étudier la croissance des moais.
Par ailleurs, je me perds un peu dans mes archives, y'aura peut-être des flash-backs, mais on verra plus tard.

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Salut tout le monde !

J’étais en train de gratter mon moai, lorsque soudain une muse (je ne sais plus laquelle) s’est penchée sur mon épaule. Voici le résultat.  Pardon.

 

Ô toi blanche matière que l’on nomme guano,

Qui seule justifies l’existence des oiseaux,

Etres fades et bruyants, et des plus méprisables ;

Toi par qui peuvent croître toutes les plantes du monde,

Toi qui (chez l’Oréal) rend nos femmes plus blondes,

Et qui même en Bretagne rend les terres plus arables,

Je te salue !

 

Tes apports phosphorés nous font la vie facile

A nous pauvres mortels, créatures des plus viles,

Dont la vie, brève et dure, dépend de tes services,

Pour pouvoir, dans nos champs, cultiver le maïs.

Ta blancheur éclatante sur les rochers pascuans

M’étourdit et m’aveugle, tu es plus blanc que blanc !

Mais il y a plus !

 

Tes fragrances acides, ravissement des sens,

Font de toute autre odeur une odieuse pestilence,

Ta consistance tendre, au sortir d’un anus

Est plus jouissive encore qu’un bon Château Pétrus,

Et tes reflets lilas, posés sur mon épaule

Me mettent plus en joie qu’un Papon mis en taule.

Ca devient ardu !

 

N’ayant plus rien à dire, je vais me la fermer,

Et laisser à Pierrot le soin de continuer.

Espérant vous avoir distrait de vos labeurs,

Je vous dis au revoir, ô fidèles lecteurs

 

Francis de Lamartine 

Par Francis
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