Résumé des épisodes précédents : en route vers notre stage sur l’île de Pâques, Pierre et moi, après moult aventures terrifiantes, sanglantes et sexuelles, nous retrouvâmes dans un
dirigeable. Suite à une erreur de manipulation entraînant une distorsion de l’espace-temps, nous nous retrouvons crashés sur une planète d’une galaxie lointaine.
Avertissement : une certaine connaissance des grands classiques de la science-fiction accompagnée d’une tolérance infinie aux calembours vaseux de Pierre est nécessaire à la bonne
compréhension de ce texte.
Pierre fut le premier à reprendre connaissance, pour se retrouver en face d’un personnage étrange. Laissons-lui la parole (à Pierre, pas l’être étrange).
Un homme, apparemment issu du croisement d’un elfe et d’un radio réveil apparut devant moi par magie. Je fus rassuré de voir qu’on parlait anglais même au fin fond de la galaxie :
-Hello I speak inglish.
-You Spoke what?
Par précaution, je réglais les sous titres sur français on ne sait jamais.
- Je suis vendeur, qu’est ce que vous voulez
-Un oignon d’ici, une gousse de Leyla, et un moyen de rentrer chez moi.
Je crus comprendre que pour retrouver le chemin de l’île de Pâques, il me fallait la trouver sur une carte. Que la carte est dans un cristal, et que le cristal est dans un endroit que je
trouverais
que si je suis assez fort. Je me suis donc inscrit au club de musculation du jeudi, il y en avait un pour chaque jour de la semaine mais celui là me donnait un air
familier. Je fus accueilli au guichet par un homme juvénile au regard perdu, il devait penser à marcher dans les étoiles au lieu de servir des clients, et je dus le héler plusieurs fois pour le
faire bouger d’un yoda. Il me présenta au maître des lieux, un croisement étrange entre le nain, l’elfe, le gnome et le verre de menthe à l’eau. Visiblement il portait une lourde tare génétique
parce qu’il n’arrivait pas a faire une phrase à l’endroit. Il m’appris que ce que je cherchais se trouvait en moi. Alors qu’un druide médical enfonçait ses mains
padmées entre ma glotte irritée et mon amygdale lancinante afin de voir si le fameux cristal ne se trouvait pas a l’intérieur d’un de mes organites, je compris que le machin vert ne parlait que
par métaphores. Je me mis à l’entraînement.
Tout fier de moi, car j’était devenu fort en mon intérieur sans prendre de stéroïdes, je partis sur les chemins stellaires de l’univers après avoir gagné un vaisseau à pierre papier ciseau. Après
avoir acheté volé et brisé plus de chandelier en cristal qu’un ouragan au château de Versaillais, je compris que ce n’était pas la bonne méthode. Il me fallait des informations.
Suite à une série de loopings astronomiques dans un champ d’astéroïdes j’atterris enfin sur la planète K-bès.
Les rues étaient peuplés de créatures étranges et bariolés qui parlaient sans sous titres, mon seul compagnon fut un antique robot moustachu chargé de transporter des bébés. Ce Landeau
Kabèssiant, m’appris qu’un jour, alors qu’il transportait un bébé paratonnerre, il avait cru entendre sa mère parler d’une étoile éteinte qui contient toutes sortes de cartes, mais que c’était
dangereux, que fallait s’armer avant d’y pénétrer, que passer par les conduits d’aération n’était pas une bonne solution, et plein d’autres trucs effrayants. Puis il me parla du hochet terrible
du gamin, qui projetait de sombres monstre sur ses parois, on appelle ça une lampe horreur. Puis les batteries du landau, qui abaissent sans prévenir leur tension, tombèrent à plat, et le silence
de la rue ne fut alors plus troublé que par le chuintement d’un vieux disque tournant sur une pâle platine usée par le temps.
Apres quelques heures de pilotage, j’arrivais enfin à rejoindre la fameuse étoile éteinte, et je pris la sage décision d’entrer comme tout le monde par le sas, celui ou y’a écrit entrée public.
A l’intérieur on ne peut se déplacer qu’en costume une pièce de plastique moulé car sinon on risque de mourir irradié ou d’abîmer les cristaux ou je ne sais quoi. Apres des négociation en langage
des signes car c’est dur de parler à travers un casque, je me retrouve devant une salle gardée par un espèce de truc en capuchon. Bon visiblement si je veux atteindre mon cristal, il faut que je
lui mette la pâtée à ce machin. En plus c’est interdit de se balader sans masque, je me demande ce qu’il fait là. Il tente de m’attaquer avec une trique de lumière gélifiée sans doute piquée au
système d’éclairage. Il la manie avec grâce, moi je sors mon six coup et Jabbat l’homme qui tombe.
Un horrible krys coincé dans Leto serré d’une gorge Seitch atteint mon oreille et attira mon attention, Je venais de tuer le frère d’un japonais, son anikin, qui se fit immédiatement Arakis
Dune lame acérée dans le ventre.
J’ai du rapidement me barrer après avoir volé le cristal car y’avait un système d’alarme mais ça évidement on ne me l’avait Paddish, Alia là je vous jure j’ai dû me tirer a toutes jambes vers
l’épice de décollage et partir.
Au commande d’Anne (c’est mon vaisseau) j’était poursuivis par une horde alphabétique de machines de guerres, et je ne parvins a échapper à leur radars qu’en entrant dans l’océan d’un planète
aqueuse. Une fois Anne sous l’eau, les capteurs thermiques ne pouvaient plus rien contre moi.
J’attendis là avec mon vaisseau, un moment puis je rejoins Francis qui m’attendait au dirigeable, tout content d’avoir enfin trouvé un moyen de rejoindre notre île.
Pierre
Ahlala… Y’a vraiment que Pierrot pour nous mettre dans des situations pareilles… on est peinards sur un dirigeable au-dessus de
l’Atlantique, en direction de l’île de Pâques, et paf, je me retourne, et on est dans une galaxie que j’imagine très lointaine, sans compter qu’il doit y avoir un décalage temporel de folie… Et
où il est passé, maintenant…Bon, j’imagine que ça va encore être à moi de nous sortir de cette merde... *soupir*
Bon allez, c’est pas tout ça, je me mets au boulot, moi… Bon, réfléchissons… qui en sait le plus sur tout ce qui se passe, où
que ce soit… Mais bien sûr ! Les taxis ! Je sors de sous notre carcasse de dirigeable et j’examine les environs : apparemment, on s’est crashés en pleine ville, les flics devraient pas tarder à
arriver, alors je vais pas les attendre… Je hèle le premier taxi volant qui passe, et j’embarque en disant au pilote de démarrer le plus vite possible, ce qu’il fait sans rien dire, il doit avoir
l’habitude.
- Dites moi, Strak’s, je lui demande comme ça (j’avais lu son nom sur sa plaque), est-ce que par hasard vous sauriez où je peux
trouver une planète qui s’appelle la Terre ?
- La Terre ? il me regarde avec des yeux ronds. Vous débarquez ou quoi ? Elle a été détruite il y a 6 mois, elle était sur le
tracé de la spatioroute 66 ! Les proprios étaient bien contents de s’en débarasser, sur Hypsis…
- Vous plaisantez ? J’y étais encore hier, sur la Terre !
- Ah, ben c’est typique, dit-il, fataliste. Y’a eu une couille dans le référentiel spatio-temporel pendant votre trajet
(Qu’est-ce que je disais ? J’en étais sûr… Merci Pierrot !) Mais si vous voulez, je peux vous emmener au lieu de rencontre des terriens, c’est de l’autre côté de la ville… C’est un bar, chez Jimi
et Diana, ça s’appelle.
- Bon, ben emmenez moi, alors…
Après un court trajet et un petit passage à tabac (j’avais pas d’argent pour payer Strak’s), je
pénètre dans ce petit boui-boui mal éclairé. Une dizaine de personnes sont accoudées au bar, et discutent avec animation, tandis que quelques autres occupent les rares tables présentes. Je
m’installe à une table en face d’un couple qui roucoule en se tenant les mains et en se dévorant des yeux. Drôle de couple d’ailleurs, un immense bonhomme avec un gros accent et des dents qui
m’ont tout l’air d’être en métal, et une jeunette avec des couettes et un appareil dentaire. J’ai l’impression de les avoir déjà vu quelque part… Tout comme ce jeune homme plutôt beau Gos en pleine discussion avec un espèce de singe en combinaison bleue et avec un casque rouge sur la tête… Je suis interrompu dans ma réflexion par une voix
claire.
- Et pour vous, beau barbu, qu’est-ce que ce sera ? Je me retourne précipitamment : c’est la
serveuse, une jolie brune avec une longue tresse, une mini-robe moulante et une barre blanche en travers du visage.
- Hum…je regarde précipitamment le menu.
- Je vais prendre…euh…un Ewok flambé, et un verre de glingue, s’il vous plaît mademoiselle… (je bafouille un peu)
- Très bien, je vais vous chercher ça tout de suite.
- Nävis, un client pas servi table 2, dépêche-toi ! crie une voix derrière le comptoir.
- J’arrive, j’arrive, dit la serveuse, et elle repart vers le fond de la salle en ondulant des hanches, laissant dans son
sillage un doux parfum… Je me secoue, je ne suis pas là pour des histoires de fesses.
Après avoir englouti mon repas, je me dirige vers le patron du bar, qui essuie des verres derrière son comptoir.
- Excusez-moi, je cherche à rejoindre la… Mais, vous êtes Jimi Hendrix ! Je croyais que vous étiez mort !
- Ben non…
- Mais alors, Diana… C’est la princesse ? Vous êtes ensemble ?
- Oh non, pas du tout mon genre, les mijaurées comme elle… Mais faut reconnaître qu’elle sait gérer la boîte. Non, en fait,
j’étais déjà marié avant qu’elle arrive… D’ailleurs, quand on parle du loup… Salut, Sig ! Il salue une femme à l’air un peu austère, les cheveux rasés, qui porte un
couffin. Elle lui répond d’un hochement de tête.
- Pas le temps, mon chéri, la petite a faim, je l’emmène téter là-haut.
Je jette un coup d’œil au couffin alors qu’elle passe devant moi.
- Je sais, la petite ne me ressemble pas, me lance Jimi, mais Sigourney l’avait avant que je sois arrivé, moi je l’ai
reconnue.
- C’est…gentil de votre part. Vous connaissez le vrai papa ?
- Non…je sais pas si j’ai très envie de le connaître… Ceci dit, notre petite Aline est adorable ! Il ne faut pas se fier aux
app…
Un gros bruit de succion, genre SCHHLUIIIIIIIRP, en provenance de l’étage, l’interrompt. J’imagine que la petite Aline prenait
sa tétée.
- Euh…Pour en revenir au sujet qui m’intéresse, vous savez comment je pourrais retrouver la Terre du XXI ème siècle
?
- Oulah, vous me posez une colle ! A votre place, je m’adresserais aux Shingouz, les meilleurs espions de l’Univers, si
quelqu’un sait ça, c’est bien eux. Mais vous ne préférez pas rester vivre ici ? C’est quand même plus sympa, j’ai pu comparer.
- Sans doute, mais j’ai envoyé mes conventions de stage… Madame Rahn ne serait pas contente… Et où je peux trouver ces Shingouz
?
- Regardez dans l’annuaire, près du visiophone, là-bas.
Je me dirige donc vers la machine en question, à côté de laquelle se trouve un épais volume jaune. Je l’ouvre à la première page
: A.A.A Ace, société de décontamination planétaire. Normal. Mais le nom suivant : Farnsworth Hubert, livraison, puis Binks Jar-Jar, animations d’anniversaires : ce n’est pas normal… Cet annuaire
n’est pas dans l’ordre ! Paniqué, je tourne les pages dans tous les sens :Atreides Restaurant : the best Spicy food in Galaxy XR-455b… s… Focus Gildas & Martina, cosmonautes du futur… Je n’y
arriverais jamais ! Skywalker High School of Jedis, toujours pas ça ! Et merde, c’est foutu, je trouverai jamais ! Je suis prêt à abandonner, quand une voix grave se fait entendre dans mon esprit
: « Francis…Fie-toi à ton instinct… », me dit-elle… Je prends une grande inspiration, ferme les yeux, et en me concentrant super fort, j’ouvre l’annuaire puis les yeux : et voilà : Shingouz &
Co, espionnage en tous genres, toutes informations à prix intéressants. Yessss.
Je les appelle sur le visio, et leur pose ma question. A côté de moi, un type bizarre en combi spatiale a l’air de prêter une
oreille attentive à mes propos.Je raccroche après avoir obtenu un rendez-vous.
- Bon, qu’est-ce que vous me voulez ? que je demande à l’autre péquenot.
- Euh, rien, excusez-moi, je me présente, Cosmik Roger, j’ai été envoyé par la terre pour trouver une planète habitable, mais là
j’arrive pas à rentrer… Vous pourriez pas m’aider ?
Je lui met un coup de boule, un direct à l’estomac, le chope par les cheveux et lui explose la face sur le comptoir. Vous me
direz peut-être qu’une telle attitude n’était pas nécessaire, mais il fallait que je me lâche un coup.
Les Shingouz m’ont filé un rencard sur un astéroïde de banlieue dans 20 minutes. Je fauche la bécane d’un livreur de pouzzoufs
et fonce, en me fiant au pilote automatique et au GPS intégré. Les voilà ! Ils s’avancent vers moi, l’air méfiant :
- Nous avons votre information. Avez-vous quelque chose à nous proposer en échange ?
Aha… Le moment de vérité.
- Oui… Je ne sais pas si ça vous intéresse, mais il se trouve que j’ai sur moi un exemplaire non censuré d’ « Otages de
l’Ultralum ».
Je vois leurs yeux qui s’agrandissent. Je ne m’étais donc pas trompé.
- La VRAIE version ? Celle où on voit Laureline toute nue ? (ahaha…les mâles sont bien tous les mêmes, quelle que soit la
galaxie dont ils proviennent…)
- Ouaip. Et ça vaut le coup, croyez-moi. 100% sans OGM ni silicone. Alors, marché conclu ?
- Pour ça oui ! Tenez, voici les coordonnées à entrer dans l’ordinateur de bord de votre vaisseau. Il vous emmènera directement
en orbite de la Terre de 2006 après Jésus-Christ.
- Mais… J’ai pas de vaisseau spatial !
- Vous en faites pas pour ça, nos sources nous indiquent que votre collègue en a déjà un. (Pierre ?
mais comment il a fait ?*)
- Bon, ben…Merci, et à la prochaine, hein !
Je rentre donc vers le dirigeable avec mon scooter de l’espace déglingué. Il ne me reste plus qu’à attendre Pierre… Ah, je vois
un vaisseau spatial tout pourri qui s’approche… C’est bien lui ! Je vais pouvoir lui apprendre la bonne nouvelle !
*voir au dessus.
Francis
PS : ceux qui trouveront toutes les références et comprendront tous les calembours auront droit à notre plus profond
respect. Et plus si affinités.