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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 11:42

Bon, les aminches, me revoilà en France. Oué, la mère patrie, la douce France aux seins laiteux qui nous abreuve de son amour passionné et de son picrate labellisé, tout ça tout ça.

Ce que ça fait d'être en France après un an couasiment jour pour jour passés dans la touffeur tropicale de l'Afrique millénaires aux charmes bigarrés et croupelus, à transpirer sous l'ardeur agressive d'un soleil zélé ?

Pour être tout à fait franc, la première sensation qu'il m'ait été donné d'éprouver lors de mon retour est cette espèce d'anxiété, approchant la panique, que l'on lit dans les yeux des demoiselles fouillant fiévreusement leur sac à main en marmonnant « bon sang, où est-ce que je l'ai mise ? Je l'ai laissée là ce matin, j'en suis sûr ».

Oui, c'était tout à fait ça, sauf que c'était en explorant à tâtons, de mes deux mains tremblantes, les profondeurs insondables de mon caleçon sans y retrouver ce que j'avais l'habitude de dégainer sans même avoir à y réfléchir, à savoir, vous l'aurez deviné, ma bite. (j'ai essayé d'y mettre les formes, mais bon, à trop vouloir prendre des gants avec la sensibilité du public, je risque de ne pas me faire comprendre, et ce serait regrettable. Je ne voudrais pas qu'on croie que je prends mon calbute pour un sac à main, où je rangerais mon stick à lèvres goût cerise, un stylo à plume ébréchée, le dernier Marc Levy et mon téléphone portable griffé Hello Kitty. Non, je n'y mets que ma bite. Et un petit sapin vert désodorisant, pour garder une fraîcheur alpine.)

 

Ce n'est bien sûr pas que le froid qui m'a marqué à mon retour en France. D'ailleurs, personnellement, je me suis rendu compte à mon plus vif contentement que je ne trouvais pas qu'il faisait si froid que ça, et que je pouvais sans problème quitter l'aéroport en T-shirt sous la neige. Bon, depuis, j'ai chopé la crève, j'ai le nez qui coule et un mucus gras m'obstrue la gorge en permanence, mais au moins, j'ai pu me la péter quelques instants, et c'est bien là le plus important.

Ca me ferait quand même chier que cette saleté de rhume, couplé avec les vingt centimètres de neige qu'il est en train de tomber à l'heure où je tape ces lignes sans savoir si je pourrais les mettre en ligne, m'empêchaient d'aller demain à la soirée qu'on m'a présenté comme étant « sur le thé russe. Mais normalement, y'aura de la vodka russe, et des mannequins russes, aussi. Et on pourra ramener du thé russe ». Et j'a-dore le thé russe.

 

Mais bon, disais-je, il n'y a pas que le froid qui m'ait marqué, il y a d'autres choses, et je ne parlerai ici que de celles qui m'ont marqué en bien, parce que quand même, jusqu'ici, cette note fait sauvagement citoyen irresponsable qui n'aime pas son pays (et qui d'ailleurs l'a quitté), et je ne voudrais pas que l'on croit que c'est le cas.

 

Voilà donc pêle-mêle quelques-uns des trucs géniaux que j'ai retrouvé en France : en premier lieu, la possibilité de boire au robinet, sans craindre pour la stabilité de son transit intestinal. C'est un peu magique. En plus, l'eau est bonne. Dans le même ordre d'idée, j'allais mettre aussi la possibilité de faire la vaisselle à l'eau chaude. C'est vrai que c'est bien agréable d'avoir deux robinets dans la cuisine, mais en fait, je m'en fiche, je suis devenu bourgeois et j'ai une femme de ménage qui fait ma vaisselle (à l'eau tiédasse imbuvable).

 

On peut citer aussi le fait de pouvoir aller sur la route et respirer à plein poumons. En fait, j'ai presque envie d'aller téter les pots d'échappement, tellement ils me paraissent doux et gentillets comparés à l'épaisse soupe de goudron qui s'écoule des pots d'échappements des voitures sénagalaises et s'étalent en flaques sur les pistes (je crois que c'est comme ça qu'ils ont fait leurs autoroutes).

 

Il y a aussi l'absence de moustiques, qui est un atout non négligeable de notre beau pays. Pouvoir laisser la porte de sa chambre ouverte la lumière allumée, c'est un privilège que vous ne vous imaginez pas. Je peux passer des heures dans le couloir, à regarder la porte ouverte donnant sur le foutoir de ma chambre glorieusement éclairé par une ampoule de 100 watts au moins, sans qu'un seul moustique ne rentre (ça a aussi l'avantage de me permettre d'accéder à mon lit sans avoir à me battre avec la moustiquaire, puis vérifier qu'elle est bien hermétique, et braquer une lampe de poche dans tous les coins pour m'assurer qu'il n'y a AUCUN moustique qui ait réussi à s'introduire, puis ressortir chercher du Baygon vert et bien arroser l'intérieur, puis recommencer l'opération de vérification, parce que pour sortir de ma moustiquaire, j'ai dû la soulever, et il peut y avoir de ces saloperies de moustiques qui en ont profité pour se glisser à l'intérieur pendant que je regardais ailleurs).

 

Mais passons aux choses les plus importantes : de un, pouvoir prendre une douche avec de la PRESSION. Vous n'imaginez pas (tous) le supplice de devoir livrer son corps à une douche qui tousse. Un filet d'eau crapoteux vous coule sur le corps, laissant des traînées dans la poussière, et il faut se tourner et se retourner pendant des heures (en tuant les moustiques qui vous tournent autour) avant d'être sûr d'avoir fait le tour et d'être à peu près propre partout (j'ai résolu ce problème en ne me lavant qu'une fois par semaine, le dimanche, si y'avait rien à la télé. Au moins, j'étais uniformément sale, sauf dans le dos, avec la sueur qui coule).

 

Puis il y a le bain chaud. Ca faisait une éternité que je n'avais pas pris de bain chaud. (Mes logeurs avaient bien deux baignoires dans la masure où ils m'ont hébergé neuf ou dix mois durant, mais ils m'avaient menacé des pires sévices si je m'en approchais à moins de dix mètres. Ils avaient mis un bracelet électronique à ma cheville, et un GPS dans la baignoire, qui se mettait à siffler si j'entrais dans le périmètre interdit). Là, j'ai pu. Avec un bon bouquin. J'ai pu laisser la baignoire se remplir peu à peu, regardant au loin monter l'eau entre mes orteils, tandis que l'îlot graisseux formé par ma bedaine proéminente voyait ses rives diminuer dangereusement, forçant les puces et les poux à se frayer un chemin entre les poils pour se réfugier autour du cratère de mon nombril, avant d'être emportés par les flots tumultueux et fumants, dans une vague de bien-être criminel. L'extase.

 

Ben voyez, j'y retourne, tiens.

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commentaires

Francis 15/12/2010 13:41



Pat >> merci du conseil, je continuerai donc de porter des chaussures et de ne pas danser à mon retour !


Ben >> Profite bien, ta conscience te rattrapera. (sinon, profite mieux)



Benjamin 14/12/2010 07:49



Je ne souhaite pas commenter ton article, je préfère, avec un certain plaisir, je l'avoue, te dire à quel point je "fuck le prix nobel de la paix" en sirotant un jus de pomme pétillant, assis
dans le salon "first class" de l'aéroport de Dalian, à environ 100 ou 200km de la Corée du Nord.


Bisous


Benjamin



Pat 13/12/2010 17:35



J'ai essayé 2 fois de répondre mais ça n'a pas marché, alors si ça se trouve les 3 messages arriveront en même temps et j'aurai l'air d'une conne qui redit des trucs (vachement intéressants
pourtant) qu'elle a déjà dit!


Donc je disais:


Comment avoir son ver de Cayor à soi ? (et là j'ajoutais: et non pas "verre de Cahors à soi", parce que ça, c'est une expérience d'une banalité...).


C'est simple, il faut laisser ses tongs dans un coin et aller danser par une nuit de pleine lune sur la place du village! C'est quand même pas compliqué. Non seulement on est ridicule (les momes
se marrent) mais aussi on est un peu embarassé avec cette larve qui chatouille au début puis finit par franchement gratter! Et c'est pas drôle. Ca n'a pas fait rire mon médecin généraliste de la
banlieue parisienne!


Enfin tout ça pour dire, que je ne savais pas que ça s'appelai comme ça; Vers de Cayor!



Francis 13/12/2010 13:59



Donio >> Ne t'en fais pas, ma senteur naturelle de musc est garantie par Chanel comme n'étant pas le moins du monde désagréable.


cubik>> Pas encore eu l'occasion de me faire une raclette, mon petit frère et ma petite soeur s'étant tirés avec la machine (et ils ne m'ont pas appelé, une semaine après que je sois rentré
! Tu te rends compte ? Ils peuvent faire une croix sur leurs cadeaux), par contre, j'ai eu droit à un excellent couscous (mais je crois que c'était pour ma cousine, qui passait à la maison, en
fait), et je suis allé manger de l'aligot à Paris, aussi.


Pat >> Ha, maintenant, il y a de l'électricité, quand même. Moins qu'il y a quelques années, mais ça va encore, entre les délestages (je crois qu'il y a un ministre par chez moi, on souffre
pas trop des délestages dans le quartier). Le lait aussi, il y a pas mal de vendeurs pas loin de chez moi, du genre "la laiterie du Saloum" (puis bon, y'a du lait Candia au Casino du coin.
L'exotisme se meurt).


Les vers de Cayor, j'ai eu la chance de ne pas encore tester, je me suis vraiment cantonné aux bestioles intestinales.


Pour la douane, heureusement, j'avais laissé mes fétiches à la maison, mon sac est trop petit (et je prévois de le remplir de bouquins au retour).


Merci de ta préoccupation pour mon caleçon, ça me fait chaud au coeur.



Pat 13/12/2010 11:58



Bonjour Francis,


J'étais au Sénégal il y a 21 ans (aussi pour une recherche). A mon retour, c'est l'interrupteur qui avait retenu toute mon attention (allumé, éteint...) et aussi le fait de pouvoir disposer de
lait (non caillé) à volonté. J'avais rapporté du mil grillé au sucre et j'avais dit à ma mère "si on trouve du lait, tu vas voir c'est vachement bon".


J'avais ramené aussi, en souvenir, une larve migrante sous cutanée. Sympa, mais je l'ai pas gardée. Et aussi une blessure sur-infectée. Quand j'y suis retournée l'année suivante, mon organisme
était au top, pas la moindre diarhée, aucune infection... C'est quand même formidable les capacités d'adaptation et la mémoire du corps!


Même si je ne te connais pas, je suis contente de voir que tout va bien pour toi au retour, même dans ton calbut! Devais surement y avoir des gens inquiets pour toi!


Et autrement, comment ça s'est passé à la douane avec tes fétiches bureliers! Y sont tous passés?