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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 13:42

**Note sponsorisée par moi-même et les gants Mapa**

 

Ami touriste randonneur, tu es, j'en suis sûr, un ami de la nature. Pourquoi sinon viendrais-tu te promener à Bréhat, perle de la Bretagne ?

 

Je sais que tu admires autant que moi l'aspect sauvage de l'île, ses rochers de granite battus par les vents et les vagues, ses landes de fougères et d'ajoncs, ses champs de mûres qui noircissent au rude soleil breton, ses prairies où gambadent lapins et faisans le crépuscule venu. Je sais que tu es comme moi sensible à la beauté des jardins, aux hortensias mégalithiques, aux allées d'agapanthes, aux murs de pierre envahis d'ombilics de Vénus et de lichens barbus. J'entends souvent tes exclamations admiratives devant notre maison, tandis que je m'escrime à arracher des tiges d'agave ou à tailler les rosiers à la machette, et ça me fait toujours rougir de plaisir.

 

Pour toutes ces raisons, tu m'es sympathique, ami randonneur bréhatin, mais NOM DE DIEU POURRAIS-TU S'IL TE PLAIT T'ABSTENIR DE VENIR CHIER DANS MON CHEMIN DE DEVANT CHEZ MOI ? Bon sang, c'est quand même pas compliqué de se trouver au pire un coin isolé (MAIS NON, PAS DANS LES AJONCS NON PLUS, TON PAPIER CUL S'ACCROCHE AUX ÉPINES ET TU ES SUR LA ROUTE AUSSI NOM D'UN CHIEN), au mieux de suivre les panneaux qui indiquent les chiottes publiques. Et si tu trouves les chiottes publiques trop sales, fais comme tous les gens civilisés, et chie autour, là où on s'y attend, mais foutrecul, PAS CHEZ LES GENS.

 

Oui, je suis énervé, parce que je reviens de m'en coller plein les doigts en allant ramasser un gros étron qu'une saloperie de petit foutriquet (ou de gros foutriquet, plutôt, vu les dimensions de la bête) avait déposé quasiment devant mon portail. Et en fourbe, le temps qu'on monte dire au revoir à tonton et tata, à l'aller, rien, deux minutes plus tard, une merde fumante à trente mètres de là où on agitait nos mouchoirs en pleurant nos adieux. Ça m'énerve. Tu m'énerves, randonneur. Alors que de base je t'aime bien, tu sais, malgré ta propension à empiler des galets sans raison valable (je doute un peu que tu sois tibétain ou népalais, ou que tu aies à cœur de montrer le chemin à des amis égarés, il n'y a qu'une route à Bréhat), mais là, ça me hérisse le poil, que j'ai par nature lisse et doux.

Personne ne devrait avoir à ramasser ta merde, touriste. C'est humiliant, c'est sale, ça souille ce paysage que nous aimons tant tous les deux.

 

S'il te plaît, ne fais plus jamais ça. Je ne sais pas ce que je pourrais faire si je m'énervais pour de vrai avec toi. Mais les probabilités sont fortes pour qu'après, j'ai honte de moi. Alors, je t'en prie, va chier ailleurs. Je t'en serai reconnaissant.

 

 

(merci Julie pour le titre)

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