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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 20:42

Un bon écriveur de notes de blog se doit d'écrire sur ce qu'il connaît le mieux : c'est pourquoi le sujet dont nous discuterons aujourd'hui est la poésie du tableau excel.

 

Le tableau excel, fût-il utilisé sous open office comme il se doit, et donc inapte à l'appellation de tableau excel, n'en reste pas moins en effet à la base de données ce que l'alexandrin est au sonnet.

Et c'est bien là tout ce que je pourrais vous dire sur le sujet, ce qui est bien dommage parce que je trouvais le titre plutôt accrocheur et potentiellement intéressant si j'avais été le moins du monde capable d'en tirer quelque chose.

 

Malheureusement, je suis assez hermétique à la poésie que peut dégager quoi que ce soit qui ait à voir avec le travail d'une part, et le contenu des entrailles d'un tas de poiscailles d'autre part. Mélangez-les, et paf ! Ça fait une bouillasse indigeste (quoique digérée) qui ne peut que rebuter l'amateur de belles choses que je suis, car amateur de belles choses je suis, quoiqu'en disent ceux qui me reprochent de préférer les brochettes-frites au riz au mafé (qui change quand même un peu du riz au poisson ou à la viande, même si essentiellement, c'est du riz à la viande).

 

Ceci dit, travailler sur un bon gros tableau excel, si ça n'exalte pas de tendances lyriques chez votre dévoué (c'est moi le dévoué, il faut l'être pour écrire sur les tableaux excel), ça a un autre aspect plus agréable : c'est hypnotique.

 

On commence en essayant de réfléchir, on passe une heure ou deux à se gratter les pellicules en essayant de comprendre comment trier sur plus de trois colonnes avec open office (pour ceux que ça intéresse, on concatène des colonnes sur lesquelles on trie, puis on trie dessus), puis on essaye de comprendre un peu ce qu'il faut faire, puis on regarde comment est fichu le tableau, on fait rhoooo purée mais qu'est-ce qu'ils m'ont fait ces cochons, on va faire pipi pour oublier, puis au bout de deux heures on se retrouve sans trop savoir comment les yeux dans le vide de l'écran, on fait ronronner la molette de la souris comme un vibromasseur pour copier une formule, puis dans l'autre sens pour vérifier, on grave son empreinte auriculaire gauche sur la touche Ctrl et celles de l'index sur c et v, on bave un peu par et on met du rouge partout sur le tableau pour bien montrer qu'on a travaillé dur pour dire que la saisie des données était parfois un peu pourrie, puis on crie fort haaaaaaaaaaaaaaaaa et on jette l'ordinateur par la fenêtre, puis on se rend compte qu'on n'a fait que penser les deux dernières étapes, et que pendant ce temps on est descendus de 2000 lignes, du coup on se dit youpi, c'est l'heure de rentrer à la maison !

 

Et de bonheur on ferme les yeux, et des cellules apparaissent sous les paupières, et commencent à défiler en ne voulant rien dire, et on rouvre les yeux en jurant dans sa barbe, et on rentre à la maison en parlant de Linux au chauffeur, et on va finir le tableau qu'on s'était envoyé avant de partir sur une vague gougueulienne, et jouir de l'exaltation d'avoir un ordinateur qui va vite, et ne demande pas cinq minutes pour sauvegarder un tableau comme celui du bureau, ce qui a malgré tout l'avantage de permettre de traîner cinq minutes sur internet pour se vider la tête et avoir l'impression d'être plus efficace en s'y remettant alors que c'est totalement illusoire, car la vie est illusoire et le sentiment de n'avoir rien laissé passer lors de la revue d'un tableau excel est encore pire que la vie du point de vue de l'illusoirité, et on s'en rend bien compte en reprenant ses 15000 lignes pour vérifier et constater qu'on s'est planté là, et là, et encore là et là, et qu'en fait tout ça, là, c'était pas faux, c'est juste qu'on avait oublié d'afficher les décimales, du coup il faut recommencer avec le coeur lourd comme les longues années d'études qu'on a endurées pour être capable de vérifier des tableaux excel, et non cher patron si vous passez ce n'est pas de l'aigritude, j'aime bien le vide de l'esprit que ça permet d'atteindre, en fin de journée, le nirvana n'est pas loin.

 

En fait, il n'est qu'à 1000mg de paracétamol et un bon lit.

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commentaires

Cécile 14/01/2010 13:41


le tableau exell et une note chez toi.
aussi hypnotique
aussi generateur de mal de crane...


Donio 14/01/2010 11:46


L'hémorragie de tes désirs
S'est éclipsée sous la joue bleue dérisoire
Du temps qui se passe
Contre duquel on ne peut rien

Être ou ne pas être
Telle est la question
Sinusoïdale
De l'anachorète
Hypochondriaque

{Refrain:}
Mais tu dis Mais tu dis
Que le bonheur est irréductible
Et je dis Et il dit
Que ton espoir n'est pas si désespéré
A condition d'analyser
Que l'absolu ne doit pas être
Annihiler
Par l'illusoire précarité
De nos amours
Destitué(e)s
Et vice et versa

Et il faudra que tu arriveras
A laminer tes rancoeurs dialectiques
Même si je suis con ...
... vaincu que c'est très difficile

Mais comme moi, dis toi
Qu'il est tellement plus mieux
D'éradiquer
Les tentacules de la déréliction
Et tout deviendra clair

{Refrain:}
Mais tu dis Mais tu dis
Que le bonheur est irréductible
Et je dis Et il dit
Que ton espoir n'est pas si désespéré
A condition d'analyse
Que l'absolu ne doit pas être
Annihiler
Par l'illusoire précarité
De nos amours
Destitué(e)s
Et vice et versa

Où allons nous?
D'où venons nous?
J'ignore de le savoir
Mais ce que je n'ignore pas de le savoir
C'est que le bonheur
Est à deux doigts de tes pieds
Et que la simplicité réside dans la courbe
Bleue, jaune, mauve et insoupçonnée
De nos rêveries
Mauves et bleues et jaunes et pourpres
Et paraboliques
Et vice et versa

{Refrain:}
Mais tu dis
Mais tu dis
Que le bonheur est irréductible
Et je dis
Et il dit
Que ton espoir n'est pas si désespéré
A condition d'analyser
Que l'absolu ne doit pas être
Annihiler
Par l'illusoire précarité
De nos amours
Et qu'il ne faut pas cautionner
L'irréalité
Sous des aspérités absentes
Et désenchantées
De nos pensées iconoclastes
Et désoxydé
Par nos désirs excommuniés
De la fatalité
Destitué(e) Et vice et versa


Arlequin 13/01/2010 23:00


Avec les tableaux excel, c'est magique : on peut descendre de 2000 lignes, ce qui est une profondeur abyssale à remonter, et pourtant, on ne peut jamais toucher le fond !