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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 21:42

Ce blog a ses défauts, mais il en est un que jamais on ne pourra lui reprocher, c’est de négliger d’apporter à ses lecteurs une saine éducation concernant le monde qui nous entoure, et en particulier les oryctéropes , mais pas seulement : tous ses petits camarades animaliers sont hautement considérés, et la pédagogie zoologique est un sacerdoce auquel l’auteur de ces lignes ne saurait se soustraire, car les animaux sont à ses yeux les êtres vivants les plus intéressants qui soient, juste derrière les plantes et les bactéries.

Aujourd’hui, nous allons parler des mouches, parce que demain, il risque d’être trop tard. La vie de la mouche est brève. Elle a beaucoup de prédateurs, au premier rang desquels le féroce cycliste qui, tel une baleine à roulettes, arpente les routes la bouche ouverte, gobant les mouches innocentes adeptes des promenades au grand air. Il gagne ainsi des protéines essentielles, tout en ne consommant que peu de calories. Mais revenons-en aux traits principaux de la mouche.

La mouche se présente habituellement sous deux formes. La première forme est décrite ainsi par Charles Darwin : « à un bout, une trompinette surmontée de deux gros yeux comme Bob l’Eponge, à l’autre bout rien de bien notable, entre les deux un machin noir avec des ailes dessus et des pattes qui font des guili dessous ». La deuxième forme est décrite ainsi :  « *splatch*Je l’ai eue la salope ha putain c’est dégueulasse y'en a partout ». La mouche peut passer de la première forme à la deuxième, mais pas inversement. En cela, elle est assez semblable à l’œuf au plat, mais c’est là leur seul point commun.

La mouche vit essentiellement sur les plafonds, où ses pattes à guili s’accrochent parfaitement, et dans la soupe, où elle tente vainement d’apprendre à nager. Elle passe des plafonds à la soupe en faisant bzzzz et en n’utilisant que rarement le chemin le plus court, contrairement aux trois nains qui vont à la mine.

La mouche n’est généralement pas dangereuse. Elle est en revanche d’une conversation extrêmement pauvre et pénible, et a tendance à mettre les pattes partout, mais c’est souvent son plus gros défaut. Cependant, les mouches ont parfois une adolescence difficile, comme nous tous. Si vous croisez une bande de jeunes lucilies bouchères, par exemple, vous feriez mieux de changer de trottoir (malgré leur charmant petit nom)(j’ai connu une Lucile charmante, au collège, une petite blonde qui… mais je m’égare). Ces asticots qui n’ont l’air de rien sont capables de dévorer une vache vivante en moins de douze minutes. Ce n’est pas pour rien qu’on les surnomme les piranhas des pâtures. Ces deux dernières phrases sont rigoureusement fausses, mais nécessaires si je veux pouvoir soumettre cet article au magazine Détective. Reste que les asticots de Lucilie dévorent les bêtes vivantes, et les bébés aussi, quand les mamans Lucilie pondent dans le nombril. Ca ne m’empêchera pas d’appeler ma fille Lucilie. C’est mignon, entre Lucile et Lucie. Mais je me régare.

Pour faire des petits, la mouche se reproduit. On ne lui connait comme pratique sexuelle que la sodomie, mais certaines doivent bien se livrer au missionnaire réglementaire prôné par le Vatican pour garantir une portée, sinon, ma poubelle serait moins peuplée.

Tout cela est très beau. Les artistes ne s'y trompent pas, pour qui la mouche est une muse inépuisable. J'en veux pour preuve deux exemples, qui sont d'ailleurs l'unique raison pour laquelle j'ai entamé cet article à la base : les Négresses Vertes, tout d'abord, qui rendirent hommage à l'enthousiasme de la mouche à fréquenter ses amis humains, et Dick Annegarn, chanteur belge à cheveux, qui vit derrière cet enthousiasme la touchante tentative de se faire un ami de l'humain.

Voyons ensemble l'une puis l'autre.

 

 


 

 

Vous voilà donc plus cultivés qu'il y a cinq minutes. J'espère que vous en êtes reconnaissants, et vous donne rendez-vous à la prochaine note culturelle.

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commentaires

Francis 01/11/2010 10:18



cécile >> Darwin a découvert plein de trucs sur les vers de terre et les berniques, alors je pense que sur les mouches aussi.


Symbol >> Je ne connais pas celle d'Higelin, tiens. Et pour la lucilie bouchère, je pense que c'est plutôt un parasite, elle ne tue pas systématiquement (et il en faut beaucoup, je pense,
pour tuer une vache ou un bébé, un parasitoïde tue à coup sûr et tout seul, je crois)



Symbol 01/11/2010 10:00



Parasitosoïde ?


(il y a Jacques Higelin, aussi, qui a rendu un bel hommage à la mouche)



cécile 01/11/2010 00:54



Darwin a découvert la mouche sans trou du cul?