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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 00:00

Chers lecteurs, je ne puis vous mentir plus longtemps. Les remords, depuis quelques temps, me rongent le coeur, emplissent ma bouche d'une bile âcre et me font trembler les doigts chaque fois que je me surprends à vous mentir encore. Voici donc ma confession.

 

Je ne m'appelle pas plus Francis que vous.

Et rien de ce que vous avez pu croire apprendre de moi dans ce blog n'est vrai.

Depuis le début, je vous mens. Pourquoi, je ne sais. Pour échapper quelques instants à la morosité étouffante de ma morne vie de notaire.

 

Car oui, je suis notaire. Je possède plusieurs complets-vestons, l'intégrale de l'oeuvre de Balzac à la Pléiade et une montre-gousset sur laquelle les initiales de mon épouse Jeanine sont gravées. Mon dos est voûté par l'examen routinier de dossiers plus ennuyeux les uns que les autres, quoiqu'en puissent penser les intéressés. Je n'habite pas Dakar, mais Vierzon, qui est bien moins exotique. Il n'y a pas de vautours, mais bien de banals pigeons. Tout cela me pèse, à un point que je ne saurais décrire. Francis fut le seul moyen que j'ai trouvé pour y échapper.

 

Car oui, je m'ennuie. Presque autant que Francis a voulu vous le faire croire. Il n'y a plus que les soirées libertines que nous nous offrons un samedi par mois qui donnent un peu de piment à mon existence.

 

Mais ce blog et ces mensonges n'étaient pas là que comme exutoire à la morosité. J'ai, hélas, un travers fatal chez ceux de ma profession : je veux être aimé. Désespérément. Mon mariage de raison avec Jeanine, fille de conseiller régional, ne m'a malheureusement pas vraiment comblé sur ce plan, et mon office n'incite pas les gens à me regarder avec complaisance. Je suis notaire, de ceux que l'on ne voit essentiellement qu'aux instants tragiques, lors du décès d'un proche, ou d'une séparation. De plus, je gagne bien ma vie : autant de traits qui suffisent à être haïs du commun des mortels.

 

Francis, quant à lui, était jeune, charismatique (ne le niez pas, voyons), avait une vie trépidante et aventureuse, et j'ai dû me retenir pour ne pas lui créer la compagne qu'il méritait, afin de laisser un peu d'espoir aux lectrices et les inciter, une fois de plus, à m'aimer à travers lui.

 

En le disant, j'ai conscience que tout cela est navrant. Je m'en excuse, encore, bien que je ne puisse le regretter. Il était tout ce que je ne suis pas. Je vous ai trompés. Pardon.

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commentaires

Marie 12/02/2011 19:57



Je n'ai jamais été voir un notaire pour un héritage. J'y suis allée pour une vente, pour un contrat de mariage, mais pas pour un héritage.


 


J'en conclue que vous vous appelez Francis et que vous avez contracté le palu.



Eric Num 12/02/2011 03:21



Enfin la vérité éclate ! Il était grand temps de tirer les choses au clerc.



Antoine-Louis 11/02/2011 23:49



(ce bouillon était parfait comme toujours, ma chérie)



Jeanine 11/02/2011 20:37



Je ne sais pas si je peux te pardonner, il faut d'abord que j'en parle à ma mère. Chéri, mes parents et moi nous t'attendons pour passer à table, c'est l'heure de ton bouillon de poule.



Symbol 11/02/2011 20:37



On le savait de toute façon, mais on ne voulait pas te le dire.