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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 13:36

Dieu est-il fan de Hugh Grant ?

 Je me suis récemment posé la question, au vu d'une aventure cocasse qu'il m'échût de vivre il y a quelques semaines, et que je voulais vous narrer, sur le ton pédant de la confidence mondaine (celle que l’on fait en soirée habillée, un verre de champagne à la main et le petit doigt en l’air, tandis qu’un pianiste en queue de pie installé au fond de la salle dallée de marbre interprète une valse autrichienne dans le désintérêt général).

Or donc, par une belle journée hivernale, je batifolai le nez au vent sur la colline de Fourvière, accompagné de ma sœur, d’un cousin et du colocataire bulgare de mon petit frère et de ma petite sœur, lorsqu’il advint que notre promenade nous fît rencontrer, par le plus grand des hasards, une jeune fille. (« Hooooo ! » pensez vous d’un ton unanime et équivoque, bande de petits coquinous).

Cette demoiselle à l’air perdu, avec des cache-oreilles sur les oreilles, de gros gants sur les mains, et un plan de Lyon entre les mêmes mains, s’adresse à nous avec un charmant petit accent pour nous demander de lui indiquer le chemin vers je sais plus où. Etant d’une grandeur d’âme peu commune, nous lui indiquons, et comme c’est sur notre chemin, nous l’accompagnons un petit bout. La courte discussion que nous échangeons nous apprend qu’elle est brésilienne (je sens derechef monter l’intérêt dans la partie mâle de l’assistance), seule à Lyon, et qu’elle est en stage à la Roche-sur-Foron (pauvre âme, j’entends déjà les soupirs de compassion dans le public ému aux larmes). A un croisement,  nous nous séparons, et partons chacun de nôtre côté. Fin du premier acte.

 

 Mon cousin, qui se complaît dans le rôle de guide, tient à nous faire visiter une auberge de jeunesse lyonnaise, classée patrimoine historique ou quelque chose comme ça. Nous y allons, bravons la mauvaise humeur de la réceptionniste, et sortons admirer la vue sur la terrasse (très jolie vue). Puis nous ressortons, en passant par la salle commune. Là, alors que nous passons, la même demoiselle brésilienne est là ! (Quelle coïncidence !) Elle nous demande où nous allons, et décide de nous accompagner (avec notre accord, parce qu’elle est très polie et qu’on est pas rats). Nous ressortons donc, à cinq, explorer les traboules lyonnaises (ceux qui ne connaissent pas n’ont qu’à s’informer, zut). La discussion révèle qu’elle a une formation de vétérinaire (ho ben dis-donc ! Je suis agronome, c’est quand même pas mal proche, quelle coïncidence encore !), qu’elle s’ennuie, et bla bla bla. On va boire un verre (toujours à cinq), on décide d’aller manger au resto (plus qu’à quatre, ma sœur nous a quittés), on discute gentiment, un petit cours sur le vin de mon cousin, fermentation alcoolique, fermentation malo-lactique, races de vaches brésiliennes (fascinant, les discussions entre agronomes, hein ?), elle veut rentrer, on insiste un peu pour aller boire un autre verre, elle accepte, on le boit, échange d’adresse, on se quitte, fin du deuxième acte.

 

On en est là. Hé oui, désolé, rien de graveleux, nous autres sommes des gentlemen casés dans la famille, ou alors coincés du cul (c’est mon cas). Reste, et c’est déjà pas mal,  la satisfaction d’avoir permis à une charmante demoiselle (ha quand même, hein, elle était charmante, je sais pas si on aurait fait tout ça sinon) de passer une soirée sympa, avec de (ô combien) parfaits inconnus, sans tension sexuelle (perceptible)(non sans blague, franchement sans), juste pour nous le plaisir d’avoir fait plaisir sans arrière-pensée à une personne qu’on ne reverra sans doute jamais.

 

Quoique.

Vu le manque d’imagination du Grand Scénariste dans son script d’hier soir, je pense pouvoir légitimement m’attendre à la retrouver. Probablement à Paris, dans un café, où, me retournant d’un mouvement un peu brusque avec ma tasse de café à la main, je renverserai cette dernière sur une jeune femme qui pousserait un petit cri. Je me confondrai en excuses, puis elle lèverai les yeux, et un éclair de reconnaissance traverserait son regard.

« Francis ! » s’exclamerait-elle avec un grand sourire ravi, « quelle surprise ! »

Puis on rediscuterait de choses et d’autres, je l’inviterais chez moi, ferais à manger (oui, j’aurai appris, j’en vois déjà qui rigolent là-bas au fond), elle n’aurait pas la moindre feuille de persil coincée entre les dents, nous ouvririons une bouteille de Châteauneuf-du-Pape 1983, puis, légèrement grisés, monterions dans ma chambre…

 

Où je l’abattrais à coups de club de golf. J’ai horreur des scénarios clichés.

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commentaires

Francis 29/03/2007 01:22

@ Mélina : Mais-euh ! Elle s'appelait Bianca, comme la Castafiore mais en mieux roulée, hein. Jalouse. @ Frenchmat : Haaa j'y ai pas posé la question. Cependant les vaches que j'ai connues étaient peu portées à la bronzette sur la plage, elles préféraient se reposer sous les branches. Puis la sélection des vaches laitières se fait en partie sur la conformation de la mamelle, donc en général elles sont bien foutues de ce côté. Tout cela m'inciterait à dire que sans doute que non, mais il y a toujours des coquettes partout, hein.

Frenchmat 28/03/2007 14:25

J'adore le "non sans blague, franchement sans"    :-)Tiens, tant que j'ai un spécialiste "sous la main", une question me taraude : est-ce que les vaches brésiliennes ont des mamelles siliconées ?

Mélina LOUPIA 28/03/2007 13:50

Et elle s'appelle Roberto bien-sûr.
Bizettes, on comprend tous évidemment le " et on en est là."

cubik 28/03/2007 09:44

en même temps, t'es pas trop Hugh Grant, et en France, l'archetype du seducteur, c'est plutot Francois Dus >)

Francis 27/03/2007 23:01

Maman, si un jour tu passes par hasard, tout ce qui a été écrit ci-dessus n'est qu'une basse tentative de la mafia mosellande de jeter le discrédit sur ton fils. Tout est faux.