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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 21:42

Le top du top au Salon de la Littérature Jeunesse, cette année, pour moi, outre les dédicaces, ç'aura été aujourd'hui, les distributions de catalogues aux passants innocents. Parce qu'on en avait trois mille, répartis en cartons de 19 kilos et 819 grammes. Et que la patronne nous a dit qu'il fallait s'en débarrasser, et que l'an dernier ils en avaient pris autant et avaient donné que la moitié.


Du coup, ça a bien occupé quelques heures aujourd'hui, parce que trois mille, mine de rien, ça fait un paquet à distribuer, même si on en file à chaque acheteur.

En fait, c'est un peu comme un sport de combat, la distribution de catalogues. Il faut à la fois une bonne constitution physique, parce qu'on porte des kilos de papier et qu'on est debout pendant des heures, et une tactique irréprochable adaptée à chaque adversaire, enfin client, enfin client potentiel, enfin n'importe qui qui passe devant le stand.


Au bout d'un moment, on apprend. Capter le regard de la personne qui caresse du sien le stand de l'éditeur. Rester à côté d'elle au besoin. Décocher un grand sourire, et proposer d'une voix suave « Je peux vous offrir notre catalogue ? », c'est la base.


Ensuite viennent les techniques secrètes, acquises au fil des expériences malheureuses et des attitudes de rejets des adversaires qui se sentent menacés : préciser « c'est gratuit » est un bon début. Enchaîner par « ça me fait plaisir », « de rien », est apprécié en général. Et ça marche pour à peu près toutes les personnes qui se baladent sur le stand, mis à part les mégères du type « j'en ai pas besoin, j'ai déjà 69 ans, j'en sais beaucoup plus que vous » avec qui y'a rien à faire.


Mais le distributeur de talent se reconnaît à son aptitude à faire feu de tout bois pour filer sa came à n'importe qui qui n'en a rien à foutre, sous les arguments les plus spécieux « c'est le plus beau catalogue du salon, sa couverture est toute douce, touchez, il est vert et rouge, c'est les couleurs de Noël, vous pourrez même en faire des guirlandes festives et joyeuses ! » ou bien « N'hésitez pas, ce catalogue est une source inépuisable de bonheur, regardez-moi, je respire la joie de vivre depuis que j'ai un de ces catalogues chez moi ! Regardez mon collègue, son oeil éteint, sa mine maussade, il n'en a pas encore ! Merci de votre confiance n'hésitez pas à revenir et à nous conseiller à vos amis ! ». La fatigue aide généralement à trouver les arguments et à capter l'attention du public : pointer quelqu'un du doigt et annoncer « Monsieur ! Je vois dans votre regard la flamme d'un amour pur et sincère pour les tracteurs rouges ! C'est votre jour de chance, regardez plutôt ! », ça marche. Si, si. Le chantage affectif du type « en prenant ce catalogue; vous aidez à lutter pour la paix dans le monde » aussi, étrangement mieux que « Accepter ce modeste don est un acte citoyen pour lutter contre l'effet de serre, en l'emmenant chez vous, et en le conservant précieusement, vous stockez du carbone dans toute cette bonne cellulose qui sera autrement renvoyé dans l'atmosphère où il contribuera au réchauffement de la planète » est peut-être trop compliqué, je ne sais pas. On peut aussi faire dans la poésie :


De la joie dans votre coeur,

Des couleurs dans votre demeure


Vient ensuite le niveau distributeur-saïen : celui qui file des catalogues aux gens qui en ont déjà. Grâce à la simple phrase « en prenant ce sac, vous sauverez un chaton », on a pu en filer quatre (plus un agenda Bragelonne) à un malheureux enfant. La lutte fratricide entre distributeurs marche aussi pas mal : les gens ne veulent pas vous voir vous déchirer avec vos collègues et vous prendront un catalogue de plus. Des fois, expliquer « Prenez-en plusieurs, au cas où des amis viendraient chez vous et vous les emprunteraient et oublieraient de vous les rendre, ça pourrait servir » fonctionne aussi.


Ce distributeur-là parviendra même à fourguer un catalogue à des stars, par la technique du « Pardonnez-moi de vous interrompre, monsieur Boulet, je n'ai pu m'empêcher de remarquer que vous ne possédiez pas encore notre catalogue ? C'est une erreur monumentale que nous ne pouvons pas laisser passer, tenez donc », qui marche aussi sur le passant lambda, par ailleurs (quoi de mieux que l'auto-flagellation, montrer qu'on s'en veut d'être aussi négligent et tout, pour donner aux gens l'envie irrépréssible de partir avec un catalogue vert avec un tracteur rouge ?)


Mais bon, faut aussi reconnaître, des fois on tombe sur des gens pas joueurs qui viennent vous demander un catalogue et vous remercient en plus chaleureusement après. On peut pas toujours s'amuser.

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commentaires

Donio 29/11/2008 23:25

Petite difficulté vite surmontée quand une dame visiblement d'humeur taquine ou bien peu amoureuse des chats nous a demandé en quoi prendre ce catalogue sauvait un chaton d'une mort certaine. Heureusement que nous avons pu prestement lui expliquer que ledit chaton, enfermé dans une cage au dessus d'une rivière remplie de crocodiles, voyait sa cage glisser un peu plus chaque minute sous l 'effet d'un habile jeu de poids mû par la pile de journaux restants, et que seule la disparition de la pile arrêterait sa progression vers le précipice et sa chute éventuelle.

Ouf, le petit chat n'est pas mort.

Francis 29/11/2008 23:24

Woh, c'est bon, j'ai torché ça en une demi-heure, hein. J'en ai fait, du chinois, tiens, j'ai révisé tout mon Yi-Jing, j'ai autant rien compris qu'en cours.
Et puis t'en fais ce que tu veux, hein, sur çui-là, je mets pas de copyright, on était deux avec Donio pour tester les techniques

Mlle Gima 29/11/2008 23:20

Françis... tu devais pas bosser ton chinois?


Bon a part ça, je peux citer ton article dans mon article de demain?