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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 09:42

Il y a de cela bien des lunes, les fidèles d'entre mes fidèles le savent, je suis parti, la fleur au fusil, étudier un semestre au Québec, terre de contrastes où la chaleur des coeurs le disputent à l'ardeur des frimas. Enfin, il paraît, les Québécois restant manger dans leurs chambrettes, j'ai rencontré plus de Mexicains ou de Belges, fort sympathiques au demeurant.


Or donc, étudiant j'étais, je devais donc étudier, et pour cela braver la rigueur de l'hiver pour franchir les quelques centaines de mètres qui séparaient la résidence des bâtiments de cours. Bon, je pouvais le faire par les souterrains, mais j'aimais bien de temps en temps passer par dehors et patauger dans la neige avant d'aller prendre un café fadasse et apprendre mille choses fascinantes sur la culture de la canneberge et ses effets sur la fixation des bactéries sur la paroi interne de la vessie, ou l'usage d'un galipeur.

Et lors de mon cheminage de dormitoire en salle de cours, j'avais pris l'habitude d'égayer mon trajet des rythmes caribéens de Marcel et son Orchestre, qui beuglaient dans les écouteurs de mon baladeur CD tout neuf.


Et à mon retour dans notre mère Patrie, je ne sus me défaire de mon walkman, qui depuis des lustres m'accompagne donc dans mes périples, mes voyages en train, en bus, en métro, dans mes courses et mes promenades, compagnon fidèle de mes bonheurs et de mes tristesses, m'isolant du monde extérieur et de ses sollicitations incessantes.


C'était bien.


Puis, un jour, hier pour être précis (par rapport au jour où j'écris, pas par rapport au jour où je publie), les piles m'ont lâché. Soudainement, comme ça.


Je marchais tranquillement dans les couloirs du métro, les écouteurs dans les oreilles, réfléchissant à une note de blog, quand soudain, une illumination me frappa, m'immobilisant au milieu du couloir (et provoquant une bousculade en chaîne derrière moi et de copieuses insultes) : QU'EST-CE QUE JE FOUTAIS A REFLECHIR DANS LE METRO ?


La réponse était simple : la musique s'était éteinte, laissant le champ libre à mon cerveau pour s'activer. Cette douleur inhabituelle aux tempes, cette chaleur derrière les oreilles, c'était des neurones en action. Je ne savais plus quoi faire. Devais-je les utiliser, regarder les gens, tenter d'amorcer une conversation ? D'un coup, l'environnement m'envahit, les pas, qui claquaient sur les dalles, les bips des cartes de transports, le claquement métallique des portillons, les annonces de grève résonnant contre les murs carrelés, les odeurs, les musiciens rastas...


C'était trop. Je me recroquevillai en position foetale et commençai à chanter à tue-tête « Tirelipimpon sur le chihuahua ».

...

C'est pas vrai.

Enfin, presque.


En tous cas, les piles de mon walkman sont vides, et comme à chaque fois, j'ai redécouvert la sensation étrange de regarder autour de moi et de réfléchir en prenant le métro ou en faisant mes courses. C'est pas si mal, j'ai pu penser à une note de blog, et ramener autre chose que des Prince de Lu et du jambon de mes courses (le saucisson est devenu trop cher, après l'orgie dépensière des deux dernières semaines). Pour une fois, je me suis pas dit en rentrant « Ha, merde, j'ai oublié ça, ça et ça ». Dire que je m'étais volontairement privé de ce plaisir.


Pour la peine, j'ai racheté des piles pourries pour mon walkman, elles dureront moins longtemps que les anciennes.


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commentaires

Donio 10/11/2008 12:24

Everyone is going fetal It's the one thats really real You're gonna love it if you give it a try You just lay down like you're gonna die Alright