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FIGB recrute




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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 20:42

Décidément, je relis mes dernières notes, et je me dis que je suis un gros fayot, et qu’en plus ça me plaît.

 

Si en plus, ça réussit à ramener des stars sur mon blog (et pas du formaté M6 ou TF1 qui chante des chansons de Gregory Lemarchal), ça ne va pas jusqu’à laisser des traces dans les draps, mais ça me laisse un grand sourire béat sous la barbe (sans les dents, mais même).

 

Puis je réfléchis, sous ma douche, en lavant mes cheveux au Fructis de Garnier, qu’est quand même un shampooing qui fait de la belle mousse, même si les nanas des pubs Dop ont des cheveux mieux, et je me dis « putain, comment t’es trop misérable, à te prosterner comme un chien devant les puissants, grosse lopette », et je me réponds « ouais, tu as raison, comme toujours, mais bon, je vais quand même pas chier sur la tête des gens, et si je les rencontrais et qu’ils faisaient une tête et quarante kilos de plus que moi, hein », à quoi j’ai pas grand-chose à ajouter (ouais, j’ai souvent le dernier mot, avec moi) alors je me rince les cheveux de cette mousse fraîche et douce.

 

Mais bon, même, quoi. Moi qui conchie les émissions de Stéphane Bern (je suis pas le seul, c’est pas pareil que dire du mal des puissants, puis en plus il a l’air tout freluquet, et il a des grandes dents), je fayote presque plus que lui.

 

La grosse loose.

 

Alors, revenu devant mon écran, j’analyse. Je fouille mon âme, j’explore mon inconscient, je tente de refaire émerger mes souvenirs enfouis les plus sombres, je m’auto-hypnotise au cocktail Cointreau-Valium (ça c’est pas vrai), je plisse le front en tapant ma note de blog en direct, et je plisse les paupières parce qu’il fait sombre, et je vais chercher au loin l’idée que j’ai eue sous la douche d’il y a vingt minutes, et eureka ! J’ai trouvé ce qui est peut-être l’origine de mon amour du fayotage.

 

Monsieur D.

 

Monsieur D. était mon maître de CE2. Monsieur D., c’était un gros changement par rapport à ma maîtresse de CM1, madame Rosgovas (Madame Grosse Godasse, hu hu hu).

Parce que là où elle était une femme normale (malgré son nom) et gentille, lui était grand, maigre, chauve, à lunettes, cravaté et pétainiste.

Enfin, néo-pétainiste branché, comme disait mon papa, même si on a découvert le côté branché que bien plus tard, quand il s’est ramené en bermuda, chemise à fleurs et boucle d’oreille (ça nous a fait à peu près le même effet que je sais pas, voir le pape en train de faire du break-dance sur le parvis de la basilique Saint-Pierre).

Le côté pétainiste, j’ai compris assez vite (enfin, même si je savais pas ce que veut dire pétainiste), quand une fois j’ai été nommé pour surveiller la classe pendant qu’il sortait je sais pas faire quoi (ou alors, la découverte s’est faite avec la lecture de Samba le petit Noir, un livre très bien, j’aimais beaucoup quand Samba était poursuivi par un tigre autour d’un arbre). Un amoureux de la délation, c’était. J’en ai d’ailleurs profité pour faire punir Yann, parce que c’était un gros con (enfin, je le pensais à l’époque, je sais plus s’il méritait ça, si non, ben excuses, n’empêche que tu disais des gros mots, je m’en souviens bien, quand monsieur D. t’a fait lire à haute voix le petit mot que tu passais). Je sais pas ce que j’aurais donné sous Vichy, mais aujourd’hui ça m’inquiète un peu. Enfin, il le méritait, ce con de Yann, on va dire (puis si ça se trouve, il était juif, hein).

Bref. Je m’écarte du sujet (mais bon, c’était quand même passionnant, non, ces petites révélations scandaleuses, ça faisait un peu Entrevue, non ?).

 

Et donc, ce monsieur D. distribuait des bons points aux bons élèves !

Voui.

Des récompenses de quelques centimètres carrés, encore plus attirantes que les images Panini des Crados ou de Salut !

Ptain, je les voulais.

Et j’en avais. Plein. Plein plein, même.

En plus, pour 10, t’avais une moyenne image, et pour 10 moyennes images, une grande image.

 

Et un jour, le drame. Mes tas de petites images, que je conservais dans une enveloppe (bien rebondie) dans mon cartable ont inexplicablement disparu.

 

Drame.

 

Presque autant que pour la disparition de mon doudou, rendu par une femme de ménage (qu’elle soit maudite sur sept générations) à sa condition initiale de serpillière (snif).

 

Bref.

 

Une année de fayotage, à être dans les premiers de la classe, tout ça réduit à néant.

J’aurais pu devenir serial-killer, après un pareil traumatisme.

Mais j’étais fort. Mon esprit était solide comme le roc, et face à l’adversité perverse, s’est encore durci. J’ai donc, inconsciemment, dû décider de persévérer, contre vents et marées, et jurer qu’aucune adversité ne saurait me faire plier, et que la spoliation de mes bons points justement gagnés ne devrait pas m’empêcher de continuer dans la voie qui me les avait fait gagner.

Le fayotage avait forgé ma vie pendant cette année, et je ne devais pas me laisser impressionner par ce vol immonde. Il allait devenir mon mode de vie.

 

Il le reste.

 

Grâce à ça, Libon est passé.

 

Tout ça, je le dois à un instituteur pétainiste.

Merci, Monsieur D.

J’espère que votre alcoolisme ne vous a pas encore emporté. 

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commentaires

Zof 15/03/2008 19:01

oh non, les plus futés prenaient justement un qui foutait la merde pour l'obliger à dénoncer ses potes (ce qu'il faisait volontiers, investi du pouvoir fonctionnaire). moi j'y suis passée et j'avais pas de lunettes.

Francis 15/03/2008 18:54

Donio >> lien fascinant, merci :o)Gima >> ouais, mais non. Connard de Yann !tenrec >> merci, du fond du coeurfreakylady >> Ch'fais c'que ch'veux. Et comme tu as raison pour les pigeons :-Dchry >> N'hésite pas, j'aime ça.Zof >> Je ne te le fais pas dire. En plus, il en choisit toujours un à lunettes, histoire de propager les préjugés..

Zof 15/03/2008 18:49

tout a coup je me rappelle que nous aussi, quand le prof était sorti, il y en avait un au tableau sensé écrire les noms de ceux qui faisaient du bruit. Et forcément ça se terminait en bagarre. Purée, c'est dégueulasse un prof.

chry 14/03/2008 23:35

puisqu'il faut fayoter , je fayote ...hé hé

freakylady 14/03/2008 20:12

Arrête de fayoter sur mon blog fantôme, steuplaît. Et je ne shoote que dans les pigeons. Là, c'était un bébé mouette, il me suivait paaaartout j'te jure comment il était trop mimi.