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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 20:42

Hop, voici la suite des aventures concoctées par Pierre, le reste est dans les aventures à quatre mains, là c'st encore que du 100 % Pierre.

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Avec le décalage horaire et tout et tout, Halloween ça tombe aujourd’hui… et comme y’a personne pour faire une bataille de bonbons, pour manifester contre les vilaines fêtes païennes et mercantiles dans le doux et bordélique havre de tranquillité qu’est chez moi, voila une petite histoire dans la catégorie n'importe quoi et testostérone.

 

 

Francis et moi on s’est dit que plutôt que de se foutre des autres, on allait se foutre les boules, loin de moi les idées qui traversent en ce moment votre esprit baladeur, on pensait bien sûr à se faire peur.

 

On est donc parti en direction de la maison hantée de l’île. La légende raconte qu’un fantôme y est mort dans d’affreuses souffrances. Préférant les fantômes morts aux vivants, j’ai trouvé cet endroit plus sécuritaire que le laboratoire, toujours pleins de dangers potentiels et d’enzymes gloutons mangeurs de phalanges qui se transforment inévitablement en heures supplémentaires.

 

Revenons sur la légende du fantôme mort, elle est inutile pour comprendre la suite, et je suis persuadé que c’est des bêtises mais j’aime bien raconter les histoires, surtout celles des autres parce que les miennes personne ne les croit. D’après notre maître de stage (c’est pas moi) et la traduction du marabout du village voisin, jadis vivait un homme une femme et leurs deux filles. Un jour le chien de l’homme déterra un os d’indien du cimetière sous le manoir.(Oui les manoirs sont toujours construits sur des cimetières indiens, fait peur aux rats et ça fournir des fondation solides, car les indiens ne s’enterrent pas sur des terrains glissants).

Grand chef Vison Buté appela ses copains du cimetière indien et maudirent le chien : Plus jamais il ne pourrait enlever ses puces. Le chien n’était pas qu’un bon chasseur d’os de mort, il était aussi un chien sorcier, il passa sa vie à lire les grimoires de la bibliothèque pour chercher une solution à sa malédiction, mais il échoua. Sa dernière action avant de mourir d’une crise de démangeaisons a été de maudire le maître. C’est vrai quoi, il avait qu’à lui donner du Canigou comme ça il n’aurait pas eu à chercher dans les catacombes de quoi survivre.

Le maître devrait noyer sa femme et ses filles dans ses larmes. Il les jeta donc dans le puits (sec) et le remplit de toute sa tristesse parce que tuer sa famille pour des indiens et du Canigou, c’est vachement pas drôle. (Comme ça ne se remplissait pas très vite, il tricha avec de l’urine et termina à la lance à incendie). Puis comme il était tous tristes et que le destin punit toujours les tricheurs, sauf au strip-poker, il se jeta dans le puits. Son corps fut un lugubre plouf qui se distingue du plouf standard d’une pierre lancée dans une marre par 75 kg de cellulite, de tripes et d’autres machins biologiques. Ainsi naquit la famille fantôme.

Ils se pardonnèrent mutuellement, décidèrent d’adopter un chat noir car c’est moins dangereux qu’un chien sorcier, et vécurent des journées heureuses dans le manoir, bien que les rapports charnels étaient un plus éthérés qu’avant.

Puis un petit garçon est venu, les filles jouaient avec lui à cache-cache, et au fantôme et à la souris, puis un jour ses parent vinrent le chercher, et découvrirent un pot de rose et le secret de la famille de spectres, qui était justement leur nature spectrale.

Affolée que son gamin « voit des gens qui sont morts » elle fit venir l’exorciste qui fit passer les fantômes vivants au stade de fantômes morts à grands renforts d’eau bénite et de torticolis car les fantômes se logent souvent dans les coins.

 

Fabuleuse histoire, dis je à Francis sur le chemin de la maison… alors que le ciel commentait a se couvrir, phénomène météorologique connu sous le nom d’effet hanteciel, qui terrorise bien plus d’un météorologue lorsque des inconnus s’approchant d’un manoirs déclenchent une tempête, détruisant ainsi toutes ses prévisions.

La température ambiante était de 4.3 °C en dessous de la moyenne saisonnière et il faisait jour comme en pleine nuit, bien qu’il n’était que 16h30. Lentement nous sinuâmes sur le chemin en lacets. La maison était noire et grinçait doucement au rythme du souffle du vent.

La pente du chemin caillouteux était rude et nous dûmes faire plusieurs haltes contre la paroi rocheuse pour reprendre notre souffle.

De près, le manoir paraissait gigantesque bien qu’il ne mesurait que deux étages et les lignes de son architecture avaient plié sous le poids du temps. Etrangement, alors que nous pensions trouver des ronces, de la mousses et de la vie dans chaque recoin creux laissé entre deux pierres, nous fûmes très surpris de trouver l’endroit vierge et desséché, même les cafards et les rats ne s’aventuraient pas dans ces lieux si étranges. Seul poussait un rosier, à la coupe parfaite, aux extrémités du quel pointaient de soyeux boutons de roses noires, à peines ouverts. Afin de détendre l’atmosphère j’envisageait de plaisanter sur un quelconque symbolisme érotique de la plante, mais ma gorge resta serrée. Je ne sais si c’est la honte d’avouer notre propre frayeur ou une quelconque impulsion magique qui nous força à ouvrir la porte, mais nous nous retrouvâmes à l’intérieur. Nous fûmes très surpris de ne pas entendre le traditionnel grincement rassurant tout aventurier d’être le premier à entrer. Au contraire la porte avait comme volé sur ses gonds malgré ses 150kg de chêne brut.

Devant nous un hall de marbre gris, grand, froid, glacé, où le moindre chuchotement résonnait comme un fracas assourdissant (j’en aurais bien lâché une, juste pour voir, mais mon rectum était aussi tendu que l’atmosphère, puis l’auteur m’en aurait fouetté, et moi, j’aime bien que quand c’est ma présidente). Un large escalier gothique, formé de larges dalles de pierre brute montait vers le premier étage de ma masure, mais nous décidâmes de laisser les mystères des hauteurs de la maison pour nous contenter du rez-de-chaussée. Nous bifurquâmes dans un corridor sur notre gauche.

Il donnait sur une série de portes, toutes identiques. Un vent glacial soufflait dans le couloir, il persista même après avoir refermé consciencieusement la porte d’entrée. Notre première mission était de trouver un âtre et d’y allumer un bon feu.

Nous ouvrîmes donc méthodiquement toutes les portes pour trouver une salle d’eau envahie par la poussière, deux chambres de bonne, une cuisinière et un poêle crasseux. Nous étions visiblement dans l’aile des domestiques. Au moins nous avions de quoi passer la nuit au chaud.

Dans un tiroir de la cuisine nous mîmes la main sur une boite de bougies.

Francis partit chercher un tas de bois et moi je commençais à enlever la poussière sur un coin de chambre afin que nous puissions nous y étendre sans risquer la pneumonie. La maison ne me rassurait pas, mais j’étais sur que s’il m’arrivait un problème Francis viendrait me sauver.

L’attente fut interminable et je n’osai quitter les quelques m² de propreté, sorte de havre de paix au milieu d’un bâtiment hostile jusqu’au retour de Francis. Sa force de marin pêcheur lui avait permis de ramener bien plus de bois que nécessaire. Dans la chaude lumière du poêle nous entamâmes notre soirée dans la bonne humeur, mais au bout d’un trop court moment bien qu’il paraissait affreusement long le démon de l’ennui acheva nos maigres restes de patience et nous entreprîmes d’explorer la maison.

 

Francis monta au premier et moi aussi, et nous décidâmes de ne pas nous quitter d’une semelle jusqu’à ce que je me retrouve tout seul, en sortant la tête d’une malle, après l’avoir fouillée (3 robes en soie pliés et un pendentif terne). Bon ce gros malin allait sûrement me faire une vilaine farce, et il était parti dans la chambre pour chercher un drap et jouer au fantôme. J’hésitais à m’enfermer dans la malle pour le surprendre à son retour mais je n’étais pas sur de pouvoir en ressortir. C’est alors qu’une idée (saugrenue) me traversa l’esprit : enfiler une robe de soie, pour faire peur à Francis. Je m’escrimait un moment à entrer ma jambe dans une manche avant de comprendre le fonctionnement du vêtement puis une ombre passa.

« Hé Fran… »

Plus qu’une ombre c’était une silhouette, grande, fine, élancée, découpée à contre-jour sur le seuil d’une porte par la lumière floue de son aura brumeuse.

C’est Francis, tentais-je de me dire, un geste trop délicat pour être lui. Il a gobé une ampoule et il fait le malin. Une odeur, douce florale. C’est F… et ce regard vert, luisant dans la pénombre, un souffle, frais, froid, féminin, un frisson, attirance attraction, on me porte, je me porte, on m’emporte.

Un pli de sa longue robe de soie noire effleure ma peau, immatériel tel un frottement d’ailes de papillon sur une toile de vide. Un chuchotement glisse à mon oreille, sa peau fine, quasi transparente me touche, courte caresse à la sensualité glacée. Ses bras frêles passent autour de mes épaules, Charmante, il n’y a plus rien autour, charmé il n’y a plus d’autour. Une caresse sur mon cou, rien, je m’abandonne, détendu. Un dernier regard impassible aux éclats cristallins, dans lequel mon reflet se noie avec plaisir.

Un souffle glisse en un long frisson le long de mon dos à partir de ma nuque avant d’aller mourir dans le creux du dos. Ma main glisse sur sa douce chevelure dont la noirceur absorbe toute la lumière environnante.

Ses dents pointues se posent sur mon cou, depuis quand ai-je réalisé ce qui allait se passer, enfin, je n’attends plus que ça. La douleur irradie sur toutes les fibres de mon corps les faisant vibrer au son de mes hurlements silencieux. Moment unique de plaisir destructeur, le sang coule au rythme effréné de mes palpitations cardiaques, drainé irrésistiblement en un flot délectable. Tout est si calme si irréel, je m’abandonne, à ce rêve gelé, calme intemporel.

Puis son étreinte se relâche. Une dernière goutte pourpre tombe sur sa robe de soie noire, un cheveux d’ébène s’emmêle dans mes phalanges, ce n’est plus qu’une silhouette qui s’éloigne, une odeur de roses, flottant dans mes rêveries hallucinées.

 

A mon réveil, je découvris que ce que j’avais pris la veille pour une robe était en fait une cape à manches (ouf) totalement virile (re ouf) et masculine (re re ouf). Visiblement beaucoup plus tôt que ce qu’avait prévu Francis qui était fort occupé, attaché sur un chevalet de l’atelier, à contempler un fantôme qui faisait voler des objets au formes étrangement étranges à ses cotés. Je préférais le laisser découvrir tout seul les joies de la télékinésie pour aller devant la porte histoire de voir qui taille les rosiers.

 

Pierre

 


 

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commentaires

Mélina LOUPIA 19/11/2007 02:30

Oué, t'as raison, prends-le mon design, j'en voulais plus t'façon.Des bizettes