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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 10:42

1972

Noir et blanc

Réalisateur : Donald Sweeney

Acteurs :

Patrick O’Malley

Susie Evans

Sean Fitzpatrick

Roberto Sologna

 

1972. Preston McCullough, 39 ans, 4 enfants, vit et travaille à Glasgow dans une entreprise de fumage de poisson. Il est également membre actif du SWS (je crois), le syndicat le plus ancré à gauche de Grande Bretagne. Suite à des remaniements de personnel relativement suspects (apparemment sur dénonciation d’un camarade espérant une promotion de contremaître), il se voit contraint de déménager avec sa famille pour vivre sur Guernesey, où il a des parents qui peuvent les héberger.

Mais si la journée le voit trimer aux champs de patates, le soir, il continue sa lutte syndicale, en contact étroit avec l’extrême-gauche italienne, dont le slogan « Odio la censura, amo la liberta » deviendra un des leitmotiv les plus connus des manifestations ouvrières écossaises du milieu des années soixante-dix. Les coulisses d’un combat sans frontières pour la reconnaissance de la classe ouvrière comme rouage essentiel d’une industrie en plein essor.

 

Ce film, comme vous vous en doutez, n’a pas connu une grande distribution. Personnellement, je ne l’ai découvert qu’à la cinémathèque de l’Université laval de Québec.

En effet, les moyens de la production étaient très limités, l’équipe ne disposait que d’une caméra, et les acteurs étaient en majorité des amateurs, qui travaillaient à l’usine toute la semaine, la promotion était nulle et la diffusion essentiellement dans les locaux des partis de gauche, ou dans quelques salles de ce qui deviendra « l’Art et essai ».

 

La Double Vie…a les défauts inhérents à ceux de son budget, associés à ceux du film de propagande : des lourdeurs, quelques longueurs de plans grandiloquents démonstratifs : 5 minutes de plan fixe sur la pesanteur du travail à la chaîne, surveillé par un contremaître caricatural, le coucher de soleil symbolisant l’aube d’une ère nouvelle à la fin du film, par exemple, le tout accompagné d’une musique pompier dans toute sa splendeur (par les chœurs de la section de l’Internationale italienne)

Cependant, il reste très intéressant à visionner, en particulier pour la vision qu’il donne de ce qu’a pu être l’Internationale ouvrière dans les années soixante et soixante-dix, et de la solidarité qui animait ce milieu. Il est très intéressant également de voir l’organisation de ce contre-pouvoir, et combien il était important de tenir au secret toute cette organisation : les « jaunes », les ouvriers vendus au patronat, risquaient de renseigner la hiérarchie (c’est ce qui se passe au début du film, quand Preston se fait repérer par un autre ouvrier qui espionnait leur réunion par une fenêtre).

La peinture sociologique du milieu ouvrier écossais des 70’s et du milieu rural de Guernesey valent à eux seuls de mentionner ce film, et la puissance d’évocation du noir et blanc, les plans d’usine tournés à l’insu de la direction et qui sentent la sueur et la douleur des hommes, sont les autres points forts de cette œuvre.

 

En fin de compte et malgré les travers propres à tout film de propagande, cela reste une œuvre engagée puissante, qui permet en plus de mettre un visage sur Roberto Sologna, figure de proue de la gauche révolutionnaire italienne, qui a accepté de participer à ce film dans son propre rôle.

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commentaires

Francis 07/11/2007 15:00

Raaah on  se donne du mal à faire des fausses critiques et tout le monde s'en fout. Pfff.

Donio 06/11/2007 13:25

ça devait être gai dis donc, déjà vu comme c'est joyeux l'Ecosse...