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FIGB recrute




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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 17:20

C’est bientôt, peut-être, sans doute même, déjà pour certains, la rentrée (oui, ce texte date un peu).

Ma mémoire étant très sélective, j’avoue n’avoir aucun souvenir de mes rentrées (sauf en cinquième, parce que j’étais inscrit dans aucune classe et que j’ai fini tout seul dans la cour, après que tous les autres aient rejoint leur classe, et finalement c’est moi qu’ai choisi dans quelle classe je voulais être, donc avec les copains).

Comme vous voyez, ça ferait un article très court, et je préfère faire des trucs longs, pour compenser*.

 

Je vais donc aujourd’hui aborder un sujet qui nous fera revenir quelques semaines en arrière, dans ce beau pays qu’est la Lozère.

Parce que oui, c’est beau. Les rivières courent au milieu des champs remplis de bouses de vaches, les truites se cachent sous les cailloux comme des sottes imprudentes, les sauterelles sautent dans les herbes jaunes des causses, et les forêts sont touffues.

 foret1.jpg

Et ça, c’est bien.

Parce que les forêts touffues abritent souvent, en Lozère, des hôtes que je me plais à chasser : les champignons.

Entendons-nous bien : je n’aime pas manger les champignons. C’est caoutchouteux sous la dent, on dirait du pneu mou. Par contre, marcher courbé dans les sous-bois obscurs à 7 heures du matin, j’aime. Même si ces derniers temps, ce serait plutôt onze heures, on se fait vieux.

Le mieux, c’est avec mon tonton. On se lève tôt, et on va dans un de ses coins. Ils sont faciles à reconnaître, normalement c’est le long d’un chemin où quand tu regardes par la fenêtre de la voiture, tu te dis « hé, mais y’a pas d’entrée dans cette forêt ! »

C’est généralement le cas, avec lui. On se fraie son trou pour rentrer entre deux buissons pleins d’épines et couverts de rosée ou de pluie.

Une fois que tu es parvenu à l’intérieur de la forêt, c’est pas plus facile, parce que c’est le genre de forêt pleine de branches, de mousse molle et de toiles d’araignées.

Et de cèpes. En général, avec mon tonton, c’est les cèpes. Qu’il te montre du doigt : « tu vois, là-bas ? (je traduis, il a un accent invraisemblable) » Tu fais non du chef, te couvrant la figure de toile d’araignées par la même occasion.

« Mais si, là, près du tronc d’arbre à 10 mètres caché par un buisson et couvert de feuilles mortes derrière un rocher caché derrière deux chênes ?** »

Tu vois vaguement le tronc dont il parle. Et quand tu te rapproches, magie, deux cèpes gros comme ça apparaissent, là où tu fixais ton regard depuis dix minutes.

Il est fort mon tonton.

On peut trouver pas mal d'autres choses, plus ou moins reconnaissables : Des pieds-de-mouton

pieddemouton.jpg
Des machins en forme de trucs non identifiables :

champizarb1.jpg

champizarb2.jpg

Ou parfaitement reconnaissables

 satyre-puant.jpg

Mais moi, je préfère chasser la girolle.

La girolle, elle se cache bien, elle aussi. Dans les bois pleins de myrtilles, cherchant à te déconcentrer, à te faire changer de proie. On risque toujours de perdre des chasseurs de girolles, dans les myrtilles.

clem.jpg

Elle est perfide, la girolle. Mais j’ai l’œil du faucon, pour elle. Tenez, ça par exemple, j'étais assez fier de la voir :

champi1.jpg
Zoomons un peu
champi2.jpg

Et quand on se rapproche, on voit que c'était bien ça :

champi3.jpg


C’est quelque chose qui s’exerce avec soin, l’œil de la girolle. Elle possède à fond l’art du camouflage. Le plus souvent, tu vois une tache orange dans le sous-bois, tu vas voir, et non, c’est qu’une connasse de feuille.

 

Mais quand tu as la technique, tu y arrives quand même. Il faut la prendre par surprise. Premier truc : il faut ratisser la zone en montant. On la voit toujours mieux en montant. Mais attention ! Quand on en a repéré une, il faut être prudent : en la gardant au coin de l’œil, on tourne autour, en souplesse, le dos courbé, la démarche féline. Parce que si il y a une girolle, sa famille n’est jamais loin, par contre, elle peut être mieux planquée, sous des touffes de mousse, invisible, silencieuse. (c’était le deuxième truc).

Saisissez-la fermement par le pied, et extrayez-la. Puis balancez-la dans votre plastique / panier / chapeau.


girolles.jpg

Ramenez les à la maison et faites les nettoyer, cuisiner et manger par d’autres (dans l'ordre que vous préférez).

girolles2.jpg

Puis allez vous coucher, marcher dans la forêt, ça fatigue.

 

*rigoureusement faux

** le nom des arbres a été modifié pour ne pas dévoiler de coin à champis.

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commentaires

Gima 12/09/2007 13:51

Tu me donnes ton bob ? :D *candide*

Francis 11/09/2007 23:44

Donio >> Vi, c'est mal mais là j'avais pas mon Opinel de chasseur de champignons, alors j'ai fait sans.nathalie >> Ha ça, on ne peut pas ne pas adorer la Lozère hein. Et y'a pas besoin de comprendre les champignons, l'essentiel c'est d'avoir quelqu'un qui sache les reconnaître à portée de main.Gima >> haha t'es jalouse hein hein ?cubik >> des girofles ? C'est des champignons ça ?

cubik 11/09/2007 22:01

en sarthe, on a des bolets et des champs de girofles, pour qui connait les coins :p

Gima 11/09/2007 18:46

Oh! un bob de giroles! Euh j voulais dire un bol de Giroles

nathalie 11/09/2007 16:08

Je vais en Lozère chaque année, j'adore ce coin !!! Excellent article, sauf que je n'y comprendrai toujours rien de rien en champignons, moi. ^^