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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 12:26

Je n’aime pas les lacs.

 

Cette réflexion m’est venue alors que je fuyais le manque déplorable de répartie de mon cher popa, au lac de Naussac, justement, et que je rejoignais donc la maison à pieds chaussés de mes robustes babouches à semelle de pneu et mon bob vissé sur le crâne, longeant sur plusieurs centaines de mètres ce réservoir. Que je n’aime pas.

 

J’aime bien l’eau, pourtant. J’aime la mer et les fleuves et les rivières, j’aime la vue toujours changeante du littoral breton, au gré des marées qui couvrent et découvrent les rochers et les algues noires, les vasières et les plages de galets blancs, j’aime la puissance implacable et tranquille des courants des fleuves, rendus marrons par les sédiments, j’aime le chuchotement des ruisseaux de deux centimètres de profondeurs, dont les tronçons rapides sont interrompus de flaques calmes envahies de têtards, j’aime les rivières torrentielles aux fonds rocheux, dans lesquelles on peut pêcher la truite à la main ou se laisser porter à grande vitesse sur des chambres à air de tracteurs couvertes de vieilles rustines ou lutter contre une cascade en risquant de perdre son maillot, j’aime même la sensation de terreur respectueuse que m’inspire la pensée des grands fonds marins quand je les surplombe en bateau.

 

Mais les lacs, non.

 

Un lac, c’est immuablement plat. Morne. Mort.

lac1.jpg

 

Si les colères de la mer sont terribles, majestueuses, impressionnantes, quand les vagues explosent en gerbes d’embruns contre les rochers, la plus grosse tempête ne provoquera dans un lac qu’une vague accentuation du clapotis contre les berges. C’est pathétique. Méprisable, même. Pas de remous, queud. C’est nul. Un lac, c’est juste un contenant où les blooms phytoplanctoniques vont rapidement crever et tomber au fond pour y pourrir et se décomposer en faisant des bulles putrides.

 

Même en cherchant bien des avantages aux lacs, j’y arrive pas. Et j’ai essayé, par souci d’honnêteté intellectuelle.

 

Là où on trouve des bords de mer en rochers découpés, en vastes étendues de sable ou de vase, les bords de lacs sont plus souvent des pâtures pleines de bouses de vaches. A Naussac, on a même des arbres et des buissons morts depuis trente ans et toujours pas décomposés, qui arrachent la peau des pieds.

 

Je ne parle même pas de la faune : entre les trois perches et deux moules d’eau douce qui peuplent les lacs, et les bulots, patelles, araignées, tourteaux, poulpes, ormeaux, loches, gobies, étoiles de mer qu’on trouve dans la moindre flaque bretonne, le choix est vite fait.

Puis quand on va mater dans les lacs, ben on est souvent déçu en plus.

 

 lac2.jpg

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commentaires

Gima 30/08/2007 00:15

Bon et au milieu d'une terre plate, sans cotes, avec uniquement des ruisseaux souterrains... les lacs ils gardent un certains charme non?(comment ça je suis tetue?!)   

Francis 29/08/2007 22:00

cubik >> Désolé. J'ai hésité à mettre en regard une photo de pourquoi je préfère les rivières, mais bon, elle aurait ptet pas été d'accord (pas la rivière).

cubik 29/08/2007 18:57

jusqu'ici j'aimais bien les lacsmaintenant...my eyes! my eyes!!!

Comité antidopage du CIO 29/08/2007 18:34

Cécile >> désolé de te faire gâcher du bon café, et je rougis d'avoir pu écrire quelque chose de juste et beau (ouéééé). Pardon à ton écran, aussi.Frenchmat >> je transmettrai :-D Gima >> Non, j'ai rien contre les phrases à rallonge, t'en fais pas. Mais les lacs de montagne ne valent que par les montagnes qui les entourent, hein. Et Proust méritait sans doute d'être torturé. Et ta propagande ne me touche pas.Donio >> Faudrait organiser une baston, ptet. Et non, pas les lacs du Connemara ! Noooooooon !Ezrine >>  C'est un slip kangourou, en fait

Ezrine 29/08/2007 17:49

Ou alors, c'est un tanga. Ou peut-être un simple slip.