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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 18:43

Comme réclamé à corps (ho oui) et à cris par Jess, voici la recette du poulet boucané tel que mes souvenirs me la restituent.

C’est donc pas forcément toujours juste, mais dans les grandes lignes c’est ça. Par contre, j’ai aucune idée des proportions, je regardais faire mon vieux tonton poilu, amicalement surnommé « l’Homme qui Sait », et qui accessoirement est amateur de crêpes champignons-crème de marron ou de croissant-gelée de cassis-magret de canard au petit-déjeûner. Mais que cela ne vous effraie pas, il est portugais.

 

Réminisçons donc.

 

Le poulet boucané, ça commence par se décider la veille, quand on est sûr que le lendemain apportera :

1)      du beau temps

2)      une flopée de gens sympas prêts à se bourrer la yeule. Ca aide pas à cuisiner, mais si le poulet est raté, ça les gênera moins. (en tous cas, à chaque fois que j’en ai mangé, tout le monde sauf les plus jeunes étaient pleins. C’est un plat de fête, aussi. Parce que c’est bon, et parce que ça demande la journée.)

 

Donc, la veille, voire l’avant-veille, si vous êtes l’instigateur de la préparation, embauchez deux jeunes de bonne volonté et de bonne constitution pour la confection du four, qui nécessite (par exemple, dans le cas que j’ai récemment expérimenté, récemment étant y’a quelques années) des plaques de plâtre de bonne épaisseur qu’il faut chercher chez les cousins, à trois kilomètres, avec deux carrioles tirées à bras d’homme, chacune contenant ses 60 kilos de plâtre, qu’il faut grimper des côtes de première catégorie en les tirant que vous aimeriez avoir les moyens de Vinokourov.
Une fois les pauvres enfants exténués arrivés à bon port et abreuvés de sirop de grenadine, mettez-vous au boulot et fabriquez le four, constitué de quatre cloisons, qui doit être suffisamment étanche et un peu haut (genre 50-60 centimètres, hein. Mais si vous avez déjà un four extérieur, vous pouvez l’utiliser aussi, je pense). Il peut être ouvert d’un côté histoire de pouvoir l’alimenter,mais faut ptet quelque chose pour fermer ce côté et pas perdre de fumée, faut pas être idiot et jouer avec le sens du vent aussi.

 four.jpg

(sur cette photo mal cadrée, mais elle était prise par mon cousin de 12 ans, vous pouvez admirer notre four en plaques de plâtre, avec en premier plan des agaves et un rosier.)

Coupez des cannes à sucre en petit tronçons (10-15 centimètres), suffisamment pour en avoir un bon gros tas. Si par malchance, vous n’habitez pas dans les DOM-TOM et ne disposez pas de canne à sucre, ça marche aussi avec des tiges de maïs vertes achetées à un agriculteur complaisant (un auquel vous n’aurez pas reproché son emploi excessif de pesticides ou ses employés payés au noir, quoi). Ca se fait bien à la hachette, ça détend, tchac-tchac sur le billot, très agréable, attention aux enfants.

Prévoyez des feuilles de bananier ou de papier sulfurisé, aussi.

 

Bon, passons aux choses sérieuses. Prenez vos poulets (ça sert à rien de faire ce plat que pour une personne, hein, je vous le rappelle), et coupez les à la diable, c'est-à-dire, pour les béotiens, en deux dans le sens de la longueur. Là aussi, c’est rigolo, faut faire craquer les os, cric-crac.

 

Préparez ensuite la marinade.

Très important, la marinade, c’est pour ça que c’est un peu dommage que je m’en souvienne pas bien.

 

Il doit falloir mettre dans un récipient de l’eau, du jus de citron (beaucoup), du sucre (beaucoup aussi), de l’ail, une bonne quantité de gingembre broyé (pour la fin de soirée), de l'oignon, du piment, un tout petit peu de sel, jusqu’à avoir une bonne quantité d’une mixture collante, dont vous imprégnez vos poulets. Goûtez, ça doit être gluant, sucré et bon, un poil acide mais pas trop. Attention, il doit vous en rester plein plein pour le lendemain.

 

Laissez mariner toute la nuit.

 

Le lendemain, préparez la cuisson : lancez l’allumage des tiges de maïs vertes, faut pas de flammes, mais que ça fume bien bien.

Posez vos poulets sur la grille, au-dessus de la fumée, et couvrez les de feuilles de bananier ou de papier sulfurisé afin d’empêcher la fumée de trop s’échapper.

 

Ensuite, c’est pas bien compliqué : il faut surveiller qu’il n’y ait pas de flammes, que la fumée ne s’arrête pas en rajoutant régulièrement des tiges de maïs, retourner toutes les demi-heures les poulets et les badigeonner de marinade à chaque retournement, avec un gros pinceau.

poulet.jpg
(sur cette photo, vous pouvez admirer les cuisiniers en pleine action, avec sur la guche le seau plein de marinade avec un pinceau dedans, et au premier plan, le four avec les poulets couverts par du papier sulfurisé)

Et continuez pendant huit heures.

 

A la fin, le poulet sera couvert d’une couche caramélisée sucrée et craquante, et la chair sera plus fondante que jamais vous aurez goûté. Rien de meilleur, même si vous avez déjà plusieurs caïpirinhas dans le nez.

 

A accompagner de ce que vous voulez, du riz ou des zharicots rouges bien cuits.

 

C’est malin, j’ai faim maintenant.

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commentaires

tonton poilu 22/12/2007 14:49

Il y a de ça... Mais il faut penser le matin à rajouter à la marinade de la sauce soja (celle avec des mushroms halucinogènes, pas la light soya sauce). Ça sale et ça donne une belle couleur foncée...

Cécile 24/08/2007 09:45

petite précision: l'operation boucanage fait double emploi: aucun moustique , aucun insecte, volatil, etre vivant ne s'approche du boucaneur au cours de l'operation ! ( apres non plus, l'odeur etant persistante....)

Francis 23/08/2007 14:26

Frenchmat >> Wé. Un ti'punch ?Fiso >> Merci :o) En plus, si c'est bien fait c'est bon.Mélina >> Ha mais c'est pas ma faute, c'est overblog qui me laisse pas mettre des photos plein écran. Et tu insultes pas le chapeau de mon tonton ! (et désolé, j'ai pas de four chez moi, peux pas en faire du poulet)jess >> Mais de rien, de rien... serrons nous amicalement nos virtuelles paluches. De rien, vraiment. Sinon, tu peux réclamer, je verras si je le fas.Gima >> Une bonne machette, ou un katana si tu as, et hop !

Gima 23/08/2007 13:39

Tssssssssssssss.... il a meme pas penser a preciser que les poulets devaient etre morts.... sinon c'est pas facile d'arriver a couper droit au milieu.

jess' 23/08/2007 09:01

je te voue une reconnaissance éternelle et inaltérable...je suis d'ailleurs à la limite de la demande en mariage... ? en pacsage ?  heuuu finalement une poignée de main virtuelle ??merci merci en tout cas.(si je réclame d'autres choses à corps et à cris, je les aurais aussi ??? )