Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

FIGB recrute




Recherche

21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 10:48

S’il est une tare qui m’afflige, je le reconnais, c’est que j’ai une nette tendance à penser du bien des gens. Ca m’a particulièrement handicapé dans mon enfance, quand j’aimais bien jusqu’aux profs les plus honnis de mes camarades. Afin de conserver des amis (si, si, j’en avais quelques uns), j’ai dû apprendre à dire du mal des gens que j’aimais bien.

Ca me poursuit encore aujourd’hui. J’ai détesté un seul de mes profs d’école d’ingé, celui qui avait le mieux su me discerner (il avait mis sur ma copie « c’est pas avec une désinvolture pareille que vous trouverez un job » et il avait raison).

 

Ca m’énerve, j’ai l’impression d’être neuneu par rapport aux gens qui traînent des haines tenaces, j’ai l’impression de n’avoir aucun discernement envers les gens, et j’aime pas me sentir inférieur comme ça.

Pour compenser, j’ai décidé d’avoir des préjugés. Ca facilite les choses pour en dire du mal (particulièrement de ces sales anglais et de ces jeunes exécrés), et donc pour continuer de me trouver des amis, ce qui peut toujours être utile (même avec une famille nombreuse, on y trouve pas forcément un avocat, un plombier, un mécano, un architecte, toutes relations utiles par les prix qu’ils peuvent pratiquer pour leurs amis).

 

Mais hier, dans le parc de Langogne où on promenait mon petit cousin de deux ans avec un autre cousin, on est tombés sur un bonhomme qui s’est très rapidement avéré antipathique. De prime abord, c’était juste un vieux bonhomme comme Langogne en regorge, avec des cheveux blancs et une vilaine peau pleine de vaisseaux éclatés.

On allait regarder la rivière avec le petiot, et il nous a adressé la parole pour nous demander si on était du coin, et si on avait vu le niveau du Langouyrou récemment. Poliment, on répond qu’on est pas vraiment du coin, on discute inondation une minute, puis on remonte, le bonhomme sur nos talons.

On passe alors devant des chiottes publiques, décorées de peintures de mômes de l’école primaire, et de trois graffitis, et le gars commence à râler sur l’état des chiottes, qui sont dégueulasses et pleines de mouches.

 

Jusque là, ça va encore. Puis il crache : « Pourtant, la municipalité a toujours été à droite. On a pas de gauchistes, y’a pas d’étrangers ici. C’est pas comme dans le 93, y’a pas d’arabes ! »

 

Ca fait un drôle d’effet d’entendre ça d’un vrai quelqu’un, pas à la télé. Et pendant qu’il déblatérait que lui, il était du 77, mais qu’il avait des enfants enseignants dans le 93, enfin le 9-3, qu’il connaissait le problème, notre putain de traîtresse de bonne éducation ne nous a pas permis de faire autre chose que de continuer à marcher en lui tournant le dos. Je me suis même surpris (dégoûté, en fait) à émettre une espèce de réponse sous forme de grognement et à marmonner un froid au revoir, alors qu’il continuait à nous adresser ses saletés, tout content d’avoir un public.

 

C’est vraiment bizarre de tomber sur quelqu’un de complètement pourri de dedans la tête. Ca donne une sensation de s’être sali rien que de lui avoir adressé la parole, ça donne envie de se boucher les oreilles à tout ce qu’il ajoute et de boucher celles du môme avec qui tu es pour pas qu’il soit contaminé, et ça coupe complètement le sifflet. On était assez interloqués, avec mon cousin.

 

Ce n’est qu’après coup que je me suis dit que j’aurais dû lui rétorquer que s’il y avait des arabes à Langogne, c’était nous, avec notre grand-père libanais et toute ma primaire au Maghreb… C’est toujours comme ça les répliques sarcastiques, ça vient après. Mais sur le moment j’avais juste envie de m’éloigner de ce monsieur, de sa belle chemise et de ses veinules explosées sur le visage.

 

Ceci dit, grâce à ce vieux (puisse-t-il claquer d’une crise cardiaque le plus tôt possible), j’ai découvert que mon subconscient était du même avis que mon conscient. J’ai rêvé que ce vieux se faisait casser la gueule par un nain bossu (par contre, pourquoi un nain bossu, mystère), et que j’en étais content.

Par contre, ça me déprime un peu que mon subconscient ne me pense pas à la hauteur de lui casser la gueule moi-même.


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Francis 22/08/2007 16:21

Gima >> heureusement que tu es là :DDonio >> Bah, c'est pas si mal cro-magnon. Ton subconscient pourrait être anglais. (je cherchais juste une occasion de dire du mal des anglais)cub >> Berk, surtout pas, je suis pas encore frustré à ce point ! (puis je sortais pour envoyer un cadeau à ma grande soeur, c'est pas beau ça ?)Mogore >> Non, j'aurais sans doute dû. Je suis un mauvais cousin :((

Mogore 22/08/2007 12:23

Tu n'as pas bouché les oreilles du petit ?

cubik 21/08/2007 16:48

franchement, quelle idée de sortir de chez soi...Mais bon, en attendant, t'auras qu'a lui proposer de baiser sa mèr... sa fill.. sa ptite-fille!!t'achetes juste un sac en papier avec des trous pour les nasaux et c'est bon

Donio 21/08/2007 16:28

Moi ce qui m'inquiète le plus quand je croise des gens qui me dégoutent comme ça (même si j'en ai jamais croisé d'aussi affreux) c'est toute la violence que je peux sentir en moi : on a beau savoir que frapper c'est mal, et en être profondément convaincu, on se sent quand même des envies de tabassage dans ce genre de cas. Et j'aime pas du tout l'idée que mon subconscient soit un homme de cro-magnon :/

gima 21/08/2007 15:12

*Gima reconnue brosseuse d'ego depuis quelques temps*