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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 15:04

Aujourd’hui, pour votre minute de culture quotidienne, j’inaugure une nouvelle catégorie d’article, que je classerai dans fourre-tout, parce que j’ai la flemme d’en créer une nouvelle : la fiche de lecture.

 

Voilà un truc qui sera facile à faire en cas de panne d’inspiration, les bouquins, j’en ai toujours sous la main, depuis Jojo et Paco jusqu’à Alexandre Vialatte, sans passer par Kant ou Nietzsche.

 
 

J’entamerai cette catégorie avec

 
 

Au bord de l’eau (Shui-hu-zhuan)

 
 

De Shi Nai-An. Comme vous l’aurez sans doute deviné, c’est chinois. Et ça date approximativement de y’a longtemps, j’ai plus le tome 1 sous les yeux, en gros ça doit être XIIème-XIIIème siècle, par là. En deux tomes, donc, pas loin de deux mille pages y compris les indispensables annexes, notes et lexiques, parce qu’on bitte rien à plein de trucs, vu qu’on est pas chinois (en tous cas pas moi) et que c’est pas notre culture.

 
 

Basiquement, comme l’avait présenté avec enthousiasme une connaissance paranoïaque, c’est 108 brigands épris de justice qui s’unissent pour fuir et lutter contre l’oppression de hauts fonctionnaires méchants, injustes et corrompus. Si ça rappelle à certains d’entre vous l’histoire des jeux vidéos Suikoden, c’est normal, ils ont été inspirés par cette histoire. Si ça vous les rappelle pas, quelle chance ! Vous allez pouvoir les découvrir, ils déchirent grave leur mère, comme disent les représentants de cette race exécrée que sont les jeunes.

 
 

Basiquement, donc, c’est ça. Sur le fond.

 

Concrètement, vous prenez 108 personnages avec des noms chinois et des surnoms qui le sont tout autant, genre Song-Jiang, la Pluie Opportune du Shai-Dong, Liu-Tang, le Diable-à-Poils-Roux, Li-Ying, l’Aigle Fouette-Ciel (attention, certains changent de nom au milieu de l’histoire, genre Lu Da, qui devient Lu Shi-Zhen, surnommé le Bonze-Tatoué puis Sagesse-Profonde, y’a intérêt à suivre), vous les faites se rencontrer par groupes de deux ou trois, dans des auberges où ils commencent à se castagner pour se rendre compte qu’ils sont de forces égales et devenir frères jurés, ou sont sur le point de se castagner avant qu’un autre reconnaisse un des autres pour être un type qu’il rêve de rencontrer depuis super longtemps à cause de sa réputation, ensuite certains les rencontreront par hasard et se joignent à eux parce que ça fait super longtemps qu’ils rêvaient d’en rencontrer un d’eux, ou alors vous en prenez un, vous lui faites avoir des démêlés avec une épouse volage qui le forcera à la tuer, ou un fonctionnaire fourbe qui voudra s’emparer de sa femme et le forcera à le tuer parce que le gentil est droit et honnête lui, hop en prison il se fait marquer au visage et emmener vers le bagne dans une cangue mais finalement il se fera libérer par un geôlier qui aura reconnu sa vertu et lui et le geôlier rejoindront la bande de brigands dont ils ont entendu parler depuis longtemps, ils se vengeront des méchants, généralement en le massacrant lui et sa femme et ses enfants et ses servantes et sa maisonnée et hop au repaire et on fait ripaille et on boit, ou alors une autre solution pour les faire se rencontrer est de les faire combattre (avec des armées, hein), et le méchant qui est bon au fond de son cœur prendra une déculottée humiliante, se fera capturer et dira « ha ouais trop bien votre combat pour la justice, j’adhère » et hop il deviendra un des commandants des brigands, et au final y’aura 108 commandants avec des noms chinois, dont trois femmes.

 
 

Emaillez le tout de ripailles, de beuveries mémorables, de trucidages et de décapitations en règle de tout ce qui passe, de scènes de cannibalisme (par les gentils en général), le tout dans un langage au vocabulaire moyen-âgeux essentiellement imbittable (« on m’a volé mon halecret de rémiges d’oie sauvage serties sur lamines de métal ! »), et, comme par magie, vous obtenez un roman haletant, plein de vie, attachant et tout.

 

Ca vaut le coup.

 
 

Sont forts, ces bridés.


PS : woula, trop dur de se connecter, en Lozère. Je crois que je rentre dimanche soir, ça augmentera mon nombre de connexions

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commentaires

Grnx 17/08/2007 23:25

Deux milles pages, et avec tout ça t'es pas fichu de finir Pride and Prejudice qui doit en friser les 200.Feignasse :DTu me le prêtes quand même ?

Francis 17/08/2007 20:45

Donio >> huhuhu ^^ ... et merciFrenchmat >> en fait, c'est les deux, mais je garantis pas que le traducteur ait pas fait de faute d'orthographe?Mélina >> oué, un peu, ils se séduisent d'abord au dixième, puis aux deux dixièmes puis à la fin ils arrivent aux dix dixièmes, ils font des choses puis le mari arrive et trucide les deux amants. maazz >> Y'a plus de ponctuation que dans mon texte, mais des fois on pige pas tout quand même. Et les JO ça va être triste sans les français en chwall, Rochefort va se sentir tout seul (ouais, je lis l'Equipe en vacances)

maazz 17/08/2007 19:33

j'espère que l'auteur a juste pensé à mettre des virgules et des points, parce que là, après ce long paragraphe, j'étais limite syncôpe, mais c'est bien résumé, ça donne envie de s'intéresser aux prochains jeux olympiques.

la touriste cafein�e 17/08/2007 19:08

Y a du cul?Des bizettes

Frenchmat 17/08/2007 16:48

B'jour Francis,Juste pour dire que t'as fait une faute d'orthographe."108 brigands épris de justice", c'est pas possible, t'as dû oublier le "r".C'est 108 brigands Repris de justice   :-)