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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 11:05

Cher ami blogueur, je te connais. Forcément, je suis comme toi. Toi aussi, si tu es là, c’est parce qu'au fil des blogs, tu as trouvé quelque chose qui te manque dans la vraie vie : ce sont des amis. Forcément, pour la plupart, ce ne sont pas des vraies gens, tu ne les connais pas pour de bon, et surtout, c’est réciproque, ils ne savent pas non plus que malgré ce que tu tentes de laisser entendre, tu es petit(e), laid(e) et boutonneux, et ton sens de l’humour est aussi plat que la poitrine de Jane Birkin (et sexiste en plus).

 
 

Mais dans la vraie vie, se faire des amis est plus difficile : le gens te voient et t’entendent. Et tu n’as rien à dire d’intéressant, aucun sujet de conversation. Donc, forcément, ils t’évitent. Tu ne peux même pas leur en vouloir, regarde les choses en face, tu ferais la même chose à leur place !

 

Mais rassure-toi, j’ai la solution. Pour toi, j’ai élaboré un guide de conversation qui te permettra à coup sûr de briller en société, d’avoir l’air intelligent, d’avoir l’air d’avoir de l’esprit !

 
 

Voici donc un petit guide de la médisance à l’usage des asociaux chroniques qui aimeraient bien avoir des amis. Hé oui, dire du mal de quelqu’un, ça a tous les avantages : c’est une mine de conversation inépuisable, ça ne fait de mal à personne sauf aux gens qui le méritent, et ça te rapproche tout de suite de ton interlocuteur, pour peu que vous ayez les mêmes sources de mépris (ça s’apprend aussi, tu vas voir). Avec un peu de chances, tu pourras même aller jusqu’à faire du sexe avec cette personne en face, ce qui est encore plus agréable qu’avec un écran d’ordinateur.

 

Mais pour ça, il faut d’abord savoir médire, donc.

 
 

La première étape est bien sûr le choix de la personne dont tu vas dire du mal. Généralement, commence en faisant consensuel, prends une personne publique, blanche sinon tu risques de te faire traiter de raciste, hétérosexuelle sinon on va te traiter d’homophobe, enfin bref évite les minorités. Georges B***, par exemple, convient très bien à une première séance de médisance ou alors n’importe quel présentateur de TF1 (tu n’es pas obligé d’en penser du mal, hein, juste d’en dire. De toute façon, il n’en saura rien) sauf Harry Roselmack parce qu’il est chauve.

 

Comme ton interlocuteur ne dépasse pas non plus les 75 de QI, commence doucement. Brocarde Georges sur son physique, le tien n’est pas moins ingrat, mais c’est si facile que ce serait péché que de s’en priver.

 

Un conseil tout de suite : la mauvaise foi est de rigueur. Exagère les travers de Georges, son louchage (louchement ?), son nez pincé, son absence de menton…

 

Une fois que tu t’es bien échauffé(e), passe à plus sérieux : sa bêtise, par exemple. Il n’est même pas capable de prononcer une phrase qui veuille dire quelque chose qui veuille dire quelque chose, sans faute de grammaire, moque-toi-z’en !

 
 

Jusque là, rien de bien compliqué, hein !

 

Pour pimenter le truc, il faut ensuite découvrir les haines profondes et cachées de ton interlocuteur, histoire d’appuyer un peu avec lui là où ça fait du bien. Lance la conversation vers un sujet général, la politique, l’écologie, tout ça. La plupart des gens ont une opinion tranchée, dont ils n’hésitent pas à faire part. Généralement, tout de suite, on aura donc droit à des réflexions du type « ha oui, c’est inadmissible / ce qu’ils font aux gentilles vaches dans les abattoirs / ce qui se passe dans la forêt amazonienne / la manière dont est traité Nicolas Sarkozy dans les banlieues, lui qui se donne tant de mal ! ».

 
 

Une fois découvert ce qui tient à cœur à la personne en face, rajoute-en une couche. Il est très peu probable que tu arrives à nouer une amitié, encore moins à avoir des relations sexuelles en disant « moi, ce que je trouve innommable, c’est / qu’il y ait des gosses qui crèvent de faim en Afrique / que la Juve ait été rétrogradée en série B alors que les autres faisaient pareil / qu’un fils d’immigré hongrois puisse prôner l’immigration choisie ». C’est très mauvais de relativiser ou d’ignorer les combats des gens, même les plus pitoyables.

 
 

Tu diras plutôt « Ho oui, on devrait / faire bouffer leurs couilles à toutes ces ordures carnivores / couper les aides d’état à tous ces pays d’exploiteurs de nos ressources planétaire / affréter quelques charters pour l’Arabie pour ces racailles, hein,moi j’dis,  la France, Love it or Leave it, comme pour les USA pendant la guerre du Viet Nam (ha oui, un peu de culture générale ne saura t’être que favorable, dans la mesure où ça ne te place pas en position TROP supérieure vis-à-vis de ton vis-à-vis, même si on sait tous que tu l’es).

 
 

Avec tout ça, normalement, la conversation devrait se nourrir d’elle-même. Evite toutefois d’aller trop loin, ça peut te desservir.

 
 

Voilà, tu es maintenant prêt à te faire des amis dans la vraie vie, et à cocufier ta main droite !

 

 

 

Bonne chance, ami !

 

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commentaires

Mélina LOUPIA 13/07/2007 09:15

Les deux dernières lignes, ça fait aussi partie du guide des trucs à dire pour que ça finisse en pugilat?Des bizettes, m'entraîne à prononcer "breaknewline".

Francis 12/07/2007 20:18

Ellie >> n'es tu pas un peu dure dans tes propos ? Attention aux bornes des limites ! (sinon euh... on règle ça par mail :-p ?)Donio >> C'est pas comme ça que tu vas pécho de la caille, hein.cubik >> Haaa ben voilà, hein, t'as plus à te poser de questions, j'espère que ça va t'aider dans ta vie future.Frenchmat >> Hé oui, après, ça parait évident, hein, mais ça m'a demandé des années d'études pour comprendre ça. Encore quelques décennies et je saurai le mettre en pratique.

Frenchmat 12/07/2007 20:09

Oh la la , mais c'est bien sûr !Tu viens de mettre le doigt sur (j'ai bien dit SUR) les raisons profondes de mon asocialitude !!

cubik 12/07/2007 18:56

damn! je relativise! c'est ça qui faisait tout capoter, donc? quel soulagement de l'apprendre, merci  

Donio 12/07/2007 18:08

moi j'aime pas nourrir les conversations, elles ont qu'à se trouver leur bouffe toute seules ces paresseuses