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7 juillet 2007 6 07 /07 /juillet /2007 17:56

Le chat, c'est un fait indéniable, occupe dans le monde de la BD une place presque aussi prépondérante que le canard.

 


Mais là ou la symbolique du canard, qui est une projection de l’alcoolisme de l’auteur de BD (c’est évident dans le personnage de Canardo, plus caché dans Herbert, le canard de Vaucanson, dont les auteurs sont les pièces maîtresses du site pastaga.net, et on peut facilement voir dans les crises de fureur de Donald la transcription de la violence qui saisit l’esprit de son créateur quand il est embrumé par l’alcool) est assez facile à saisir, il est plus délicat d’appréhender l’origine subconsciente de l’apparition du chat dans la bande dessinée.

 


Je mène en ce moment une thèse sur ce sujet, et j’ai pu mettre à jour l’origine enfouie, le pourquoi métaphysique, du chat dans la Bande dessinée.

 


Il a été précédemment prouvé (cf l’interview de Jean Giraud par Numa Sadoul) l’importance de l’utilisation de substances psychotropes par les auteurs de BD. Or le propre de ces substances est de briser les barrières psychologiques crées par notre inconscient, de laisser s’exprimer les terreurs enfantines, de permettre aux traumatismes enfouis de faire surface. Ainsi, et c’est aisément compréhensible, l’utilisation de personnages barbus trahit une expérience douloureuse avec la religion (car le parallèle barbe=Dieu a déjà été démontré). La puissance dégagée par les personnages de barbus (Mortimer et sa puissance intellectuelle, le capitaine Haddock et sa puissance anathématique, MacClure et sa puissance hépatique) renvoie l’auteur à ses propres faiblesses morales, acquises le plus souvent sur les bancs du cours de catéchisme, tandis que ses petits camarades se musclaient le corps et le mental en jouant au ballon de foot.

 


Pourquoi les chats, donc ? J’y viens.

 

Les chats, eux, représentent dans l’inconscient de l’auteur de BD l’image de la mère castratrice.

 


Pourquoi les chats ? L’inconscient collectif a, depuis des lustres, assimilé le minou au sexe féminin, dont nous venons tous. Les attributs distinctifs des chats que sont les moustaches et les griffes renvoient nettement à l’image de la mère d’auteurs traumatisés, aux ongles longs, souvent vernis, et à la lèvre supérieure souvent velue.

 


Les griffes sont en outre des métaphores imagées des outils castratoires maternels, qui sont généralement plus abstraits, et se cantonnent à la brimade morale des auteurs. Mais cet aspect n’est pas négligé non plus, et les chats d’innombrables bandes dessinées sont des personnages qui renvoient aux héros une image négative d’eux-mêmes, les faisant douter, cherchant par tous les moyens à les rabaisser. Ceci est facilement visible dans nombre d’œuvres du neuvième art : Hercule est toujours en train de critiquer Pif, Sénéchal fait de même vis-à-vis de Cubitus, Garfield humilie perpétuellement Jon, j’en passe et des meilleures.

 


Certains m’objecteront que l’on trouve pourtant des cas de chats en personnages positifs, tels que Blacksad. Ceci confirme ma théorie : ces personnages sont une sublimation du trauma, l’auteur, en donnant toutes ces qualités au chat, projette dans ce personnage les caractère que sa mère aurait voulu pouvoir voir en lui, c’est en quelque sorte un exorcisme du démon maternel castrateur par l’attribution de qualités extrinsèques présentes in potentia dans la personnalité homothétique de l’auteur, qui s’incarne en quelque sorte dans le chat.

 


Dans tous les cas, c’est en quelque sorte une tentative de règlement du conflit intérieur inhérent à l’état d’artiste, à l’état d’homme, une tentative de réveiller le chat qui dort en nous, en lui plantant un bâton dans l’œil, comme il se doit.

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commentaires

Francis 08/07/2007 14:45

Ellie >> En fait, c'était un article pour un webzine à thème imposé :o)Frenchmat >> T'as bien raison de préférer les chiens. Quant à leur chercher une symbolique, ça me paraît tiré par les cheveux, faut pas exagérer, hein.Nathalie >> profonde ? Ha ben si tu le dis... Pour ce qui est du Chat du Rabbin, je ne me risquerai pas à l'analyser. Sfar est trop... euh... trop pour moi. Mais je doute que ce soit le dernier chat de la bédé :o)

Nathalie 08/07/2007 14:21

Une réflexion qui sous ses dehors provocs est plus profonde qu'il n'y paraît hein ?J'attends  avec impatience de te lire sur le chat du rabbin (et là la castration....). Je crois que tu vas pouvoir t'en donner à coeur joie, de plus je pense que c'est le dernier chat de papier ;oA plusNath.

Frenchmat 08/07/2007 10:53

Bonjour Dieu,Oh noooon !! Et Caliméro, il buvait quoi ??Je comprends pourquoi j'ai jamais toujours préféré les chiens aux chats...Et les chiens, c'est quoi ? L'autorité paternelle ?     :-)

Ellie 07/07/2007 23:51

Et Pif ! Ah ben non, c't'un chien...Mais qu'est-ce qui peut bien donner l'idée d'une telle note ? Je cherche... chat, tach, ach... ?