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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 19:24

Après de fantastiques aventures science-fictionnesques, nous finissons finalement par arriver sur l'île de Pâques. Mais siiii vous savez bien, c'est là qu'on devait aller au départ, faut suivre, hein.

Je m'apprêtais à sortir du vaisseau, et c'est ce que nous faisons, dans les premières lignes.

Le lendemain, vers 7h00 (heure locale), nous sortîmes. L’on aurait cru assister à l’un des premiers matins du monde, lorsque l’aurore, de ses petits doigts roses et boudinés, tirait de dessus d’elle la barboteuse soyeuse de la nuit. La rosée de la nuit perlait sur les feuilles des acacias de la brousse pascuane, attirant les chauves souris et les hippopotames qui venaient s’y abreuver, après une longue et dure nuit de chasse (nous étions dans la partie orientale de l’île, peu explorée jusqu’ici).

Pendant que Pierre allait nous chercher un logement et se dirigeait vers un groupe de gens qui discutaient, je décidai de me balader.

Je partis donc, confiant mon destin aux mains farceuses du hasard qui, je l’espérais, allait me faire faire de fabuleuses rencontres.

Ben en fait, non.

L’île de Pâques, dans la partie que j’ai  visitée, est incommensurablement sans intérêt. Une chatte y retrouverait ses petits sans la moindre difficulté. A croire que Dieu, après avoir fait plein de coins intéressants comme la jungle de Palombie avec ses marsupilamis, s’est dit « Ah ben tiens, jusqu’ici, j’ai fait que des trucs bien, les hommes vont me prendre pour un type qui pense qu’à leur bien, y vont me soûler à longueur de journée, faut pas que ça arrive, montrons leur que je suis comme tout le monde, et que quand je manque d’inspiration, j’essaye pas de faire mon intéressant comme d’autres qui cherchent malgré tout à écrire un truc alors qu’ils sèchent complètement et qu’ils brodent là-dessus pour faire passer leur indigence pour en fait juste un passage pour faire retomber un peu le rythme haletant maintenu jusqu’ici, mais je fais juste un lieu qui ressemble à juste de l’herbe avec quelques collines en dessous, et pis quelques statues à la con pour faire quand même croire que j’ai de l’imagination même en manque d’inspiration ».

Quand on y pense bien, Dieu a une manière de penser assez bordélique. Ou alors, c’est moi qui retranscrit mal ses pensées étant donné que je suis schizotypal (en version anglaise, je sais toujours pas ce que ça veut dire) de niveau High.

Par ailleurs, si quelqu’un peut m’expliquer, les résultats complets de mes tests psychologiques (que nous avons réalisés pour être autorisés à faire ce stage) sont les suivants :

 

Paranoid: Low
Schizoid: Low
Schizotypal: High
Antisocial: Low
Borderline: Low
Histrionic: Low
Narcissistic: Moderate
Avoidant: High
Dependent: Moderate
Obsessive-Compulsive: Moderate

 

Même si je suis pas trop mauvais dans la langue de Saki, j’ai pas tout  capté.

 

Bref, je vais faire comme mon prédécesseur, Balzac, et vous pomper l’air avec une description sans intérêt. Je me trouvais donc au milieu de végétaux non ligneux atteignant par endroits la hauteur de 13,5 cm. Ayant suivi assidûment les cours de reconnaissance des plantes cultivées de M. Poulain, je m’attelais à la tâche d’identifier ces végétaux. C’était bien de l’herbe.

Elle poussait bien dru, pour de l’herbe, et je comptais par endroits jusqu’à 91 pousses par pied carré. Je cessai de compter quand une musaraigne me mordit cruellement l’appendice nasal, qui se mit à exsuder une substance rouge (R : 238, G : 28, B : 36 sous photoshop), me faisant pousser un cri de douleur (1438 KHz, 87 dB).

Je décidai donc d’ajourner mon étude plus poussée de la flore de l’île pour me consacrer à l’écrabouillage consciencieux de sa faune la plus riquiqui. Malheureusement, cette sale bestiole m’a échappé. Mais elle ne perd rien pour attendre, je lui ai tendu un piège, réalisé avec deux cailloux, un bâton, une ficelle et une cellule photoéléctrique.

Je décidai de descendre sur la plage. Elle présentait une laisse de mer constituée de Fucus (vesiculosus, spiralis et serratus), des cailloux sur lesquels étaient fixés des entéromorphes, et un tapis d’ulves (Ulva sp.), qui exhalait au soleil la même douce odeur que celle que vous pouvez renifler au niveau de Saint-Michel-en-Grève. Maintenant que tout le monde a constaté que je déchirais sa race au niveau connaissances en algues, passons à la suite.

Je repris le chemin de l’intérieur, traversais deux ou trois champs de carottes,  puis décidai de rentrer. Au bout de 12 heures, exténué, après avoir tourné en rond sans pouvoir retrouver Pierre et m’être perdu au milieu d’un banc de poulpes, je réussis à convaincre une charmante cavalière (voir photo) de me prendre en croupe et de me ramener au campement.

valgas3.gif

Une fois rentré, j’appris avec joie qu’il nous avait trouvé un logement.

 

Le lendemain (ouais, j'ai perdu les dates)

Salut tout le monde, ce message arrive avec un peu de retard car nous avons commencé notre stage, qui est épuisant. Il y a quelques jours, nous avons rencontré l’homme qui semblait devoir nous superviser, un colosse samoan à l’air revêche, qui était d’après ce que nous avions compris une sommité dans le domaine du cassoulet de poisson clown,  mais il est possible que nos lacunes en étranger expliquent cette spécialité. Pourquoi tout le monde ne parle-t-il pas français ? Ça simplifierait les choses, merde !

Mais bon, il nous mit au travail, en nous indiquant par gestes de grimper sur un moai (une de ces grosses statues, vous voyez sans doute à quoi ça ressemble), pour en gratter les fientes qui la recouvrent. Je suis monté tant bien que mal, et Pierre restait en dessous avec une toile pour ramasser tout ce que je grattais (à l’aide d’une petite cuillère en étain), afin d’estimer la masse de guano.

D’après les résultats des archives que j’ai consultées, il semblerait que la taille de ces statues soit due à l’engrais naturel qui leur est fournie par les mouettes. Il est en effet ridicule de penser que de telles masses aient pu être soulevées par des barbares sauvages même s’ils avaient tous la carrure de notre maître de stage. En fait, selon ces études récentes, les pascuans ont semé des statues de quelques cm. Au fil des années, avec les apports phosphorés du guano, ainsi que beaucoup d’attention de la part des cultivateurs, on obtient des belles grosses statues qui tapent.

Ceci dit, pour confirmer ces premiers résultats et étudier les besoins en apports des statues, on doit bien récolter ce qui tombe.

On fait aussi des tests en laboratoire pour voir les éléments nécessaires à une bonne croissance. Apparemment, un arrosage quotidien au vin de Bourgogne, additionné de clous de girofle n’a aucun effet, ceci dit, Pierre et moi n’avons pour le moment que des notions assez floues en culture de caillasse, donc on essaye un peu tout, avec la bénédiction de nos maîtres de stage.

Les meilleurs résultats ont été obtenus avec du déodorant Rexona peau sèche, dont une pulvérisation quotidienne dans les narine d’un moai permet une croissance nasale de 2mm /semaine.

 

Mais bon, j’imagine que le suivi de notre stage ne vous passionne pas, vous voulez seulement un compte-rendu  de nos journées à la Paris-Match, hein, bande de voyeurs…

Pour ça, il faudra attendre le prochain message, là on a pas beaucoup de temps, d’ailleurs je dois aller vider la fosse septique du camping, pour aller mettre quelques brouettes au pied des moais, je vous laisse.

Francis

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