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FIGB recrute




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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 00:07

Résumé des épisodes précédents : Deux héros, Pierre et Francis, en route vers l’île de Pâques, se retrouvent accidentellement dans une galaxie lointaine. Quelques péripéties leur permettent de trouver un vaisseau spatial qui devrait les ramener vers leur belle planète bleute. Avec en prime une des plus longues phrases de l'histoire des blogs, si c'est pas beau.

 

 

 

Quelques heures après le décollage, je m’étais mis dans le siège du copilote, et nous nous apprêtions à passer en vitesse lumière, ayant atteint les spatioroutes sans limitations de vitesse. Pierre tendit donc la main vers la manette de changement de vitesse, l’enclencha, et tout s’éteignit dans le cockpit, excepté les lumières de sécurité alimentées par la roue des hamsters. Plus un bruit, le doux ronronnement du moteur s’était tu lui aussi.

 

 

 

-Putain, qu’est-ce qui se passe ? hurla Pierre, les yeux ronds. Ce n’est pas possible, on a fait le plein d’ultralum avant de partir !

 

 

 

-Est-ce que tu as vérifié que le déflecteur positronique était enclenché avant de décoller ? S’il ne l’était pas, le flux entrant dans le champ magnéto-cinétique de l’anti-grav arrière a pu déconnecter la turbosoupape des tuyères, et faire un court circuit…

 

 

 

-Non, je suis sûr de l’avoir  enclenché pendant que je vérifiais les courroies bimotrices du générateur à pulsions inversées, ce ne peut pas être ça… Par contre, si les coordonnées que nous avons entrées dans l’ordinateur du système de navigation spatiotemporel sont erronées, il est tout à fait possible que ça ait enrayé la transmission du comburant au niveau des vannes à iris, et que par un simple phénomène de résonance sheckleyenne, les composants multipolaires des chambres à stase se soient bloqués en position ouverte.

 

 

 

- Tu dis vraiment n’importe quoi… Les coordonnées étaient justes, les Shingouz ne se trompent jamais… Mais j’y pense ! Et si c’était tout simplement que la réaction de Mikkelton dans le mélange isoprotonique de refroidissement n’avait pas eu lieu à cause d’une fissure dans le revêtement de kevlo-mithril du combustateur imparipenné ? Ca aurait pu arriver, tous ces relargages pirates de résidus de flogums par les nefs harko-impériales… Leurs molécules tensio-décapantes peuvent bousiller la plus solide des siliciocéramiques !

 

 

 

-Oui, peut-être…

 

 

 

Notre conversation technique fut interrompue par un craquement caractéristique de métal hurlant sa douleur minérale.

 

 

 

- Et merde, des fauves mange-matière ! Ils étaient censés avoir disparu des spatioroutes ! Il faut qu’on se grouille de se tirer !

 

 

 

- Et comment on va faire si on ne sait pas ce qui cloche ? Si au moins le détecteur de pannes fonctionnait…

 

 

 

- Mais bien sûr ! Comment n’y avais-je pas pensé ! s’écria Pierre. On peut le remettre en marche, il suffit de mettre ce chewing-gum ici (il joignit l’acte à la parole), ensuite, avec cette éponge Spontex, un peu de Coca-Cola, et une goutte de liquide séminal… Tu peux actionner ce briquet et l’approcher de la mèche, s’il te plaît ?

 

Je m’exécutai, et bien sûr, le résultat fut immédiat : une voix métallique se fit entendre : « présence-d’élement-étranger-dans-le-mécanisme-d’activation-des-réacteurs-ultraluminiques…présence-d’élement-étranger… »

 

 

 

Pierre et moi nous précipitâmes sur la manette d’accélération, et en trifouillant quelques secondes avec une fourchette à fondue, nous extrayâmes (extrûmes ? extractâmes ?) une bande de matière blanchâtre et visqueuse. Pierre me regarda avec un air à la fois excédé et navré.

 

 

 

- Francis… Tu ne pourrais pas faire un peu attention, quand tu manges un sandwich au jambon, et regarder où tu jettes ton gras ?

 

 

 

- Oups…Désolé, dis-je en regardant par terre.

 

 

 

- Bon, ça ira pour cette fois, mais tâches de faire plus attention dorénavant.

 

 

 

- Euh… Oui, m’sieur…

 

 

 

Nous pûmes donc relancer les moteurs, nous éloigner de ces vils fauves mange-matière et nous diriger à plus de 400 000 km.s-1 vers notre bien-aimée Terre-Mère du XXIème siècle et vers de nouvelles aventures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ca fait plusieurs jours que Pierre ne donne pas de nouvelles… Je vais finir par m’inquiéter, moi ! Il était parti dans la coquerie pour préparer le dîner de jeudi (des sardines de l’espace de Capt’n Manu et des lembas alflololiens), et depuis, je ne l’ai pas revu… Je commence à avoir faim… C’est décidé, je pars le chercher. Je passe d’abord dans la cambuse, il y a peut-être été terrassé par les poulpes qui ont pris le contrôle du bac à légumes du frigo depuis le départ, nous empêchant de prendre la moindre petite tomate ou litchee qui composaient nos seuls apports de vitamines, ce qui explique d’ailleurs les premiers symptômes de scorbut que nous ressentons depuis un moment (déchaussement des dents, disparition de la pilosité sous-brassière et dépigmentation de l’iris, chute des orteils mais de toute façon on en a pas besoin).

 

 

 

Il n’est pas là… Par contre, il semble que les sardines aient été victimes de moisissures : une épaisse couverture de mousse verdâtre recouvre maintenant les murs de toute la pièce, et essaye visiblement de m’attraper, des pseudopodes barbapapesques m’entourent les chevilles. Je me dégage d’un coup de machette laser (je ne m’en sépare plus depuis que je l’ai ramassée dans le spatioport à côté d’un corps proprement tranché en deux dans le sens de la longueur) et je quitte la pièce par la porte du fond, vers les salles des machines. La vision obscurcie par la fumée des chaudières qui saturait l’air ambiant, je vérifie si le corps de Pierre n’encombre pas le chemin des droïdes chargés d’apporter les bûches de matière noire.

 

 

 

Apparemment non. Bon… Peut-être est-il resté aux toilettes ? On ne sait jamais, il  pu choper une tourista, avec les trucs bizarres que les gens nous ont filé à manger là-bas… Et pis en plus, il y a toute une collection des Fluides Glacials d’avant la parution sur Terre à côté des cabinets… De quoi lire pendant un bon moment, peut-être qu’il n’a pas vu le temps passer.

 

Ou alors il a tiré la chasse sans s’être levé d’abord et il a été aspiré dans les profondeurs insondables de l’espace intersidéral, ses yeux se sont exorbités avant d’être éjectés de leurs orbites, suivis peu après de ses  autres organes, et ses restes sont maintenant en orbite autour d’un astéroïde quelconque de la ceinture d’Oort de la galaxie d’Andromède, attendant une possible récupération par des extra-terrestres malfaisants qui le cloneraient et l’élèveraient dans la haine de la race humaine, pour le renvoyer complètement embrigadé sur Terre, où il gravirait  rapidement les échelons du pouvoir grâce à son charisme incroyable boosté par des années d’entraînement sur sa planète d’adoption dont les habitants ont capté et visionné des films hollywoodiens qui ont permis aux aliens de connaître toutes nos faiblesses, puis une fois président du monde il céderait la planète à ses maîtres secrets qui réduiraient rapidement le peuple humain en esclavage et nous forceraient à manger des choses dégoûtantes pour nous humilier nous poussant à fomenter une révolution qu’ils réprimeraient dans le sang en parfait accord avec la constitution spatiale rédigée par des gens qui fument des gros cigares dans leurs salons high-techs avec des décors futuristes en fond qui ne pensent qu’au profit et puis des siècles plus tard quand l’humanité aura perdu sa fierté un homme, un homme seul brandirait le poing face aux tyrans et mènerait une résistance souterraine, formant un réseau qui réunirait les esprits les plus forts et ils mettraient en œuvre une stratégie consistant à déguiser notre héros en femelle désirable de l’espèce de nos envahisseurs, puis à séduire le dirigeant de ces derniers qui au moment de passer à l’acte verrait sa dulcinée rejeter fièrement son déguisement, secouer sa crinière blonde et crépue en arrière, lui jeter une dernière phrase de défi au nom des humains qui sont pas si faibles et couillons que tu le croyais, hein, ordure de fumier d’estrateress de ses couilles (et c’est pas peu dire parce qu’il faut en avoir pour accepter et réussir une telle mission quand même) et puis il exploserait dans un gargouillis et comme c’est une race pareille que dans la trilogie d’Ender d’Orson Scott Card (lecture que je recommande à tous petits et grands jeunes et vieux garçons et filles parce que c’est bien) et ben tous les autres ET mourraient parce qu’ils sont connectés parapsychiquement à leur maître qui est un peu comme une reine des fourmis et ainsi la race humaine serait libérée de ses chaînes et reprendrait sa place dans la galaxie et les hommes changeraient et mèneraient une vie plus respectueuse de la nature et des autres sans chercher leur intérêt à tout prix et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes et ils seraient infiniment respectés pour leur sagesse dans les conseils de l’Organisation de Nations Galactiques Unies même si certains se moqueraient d’eux dans leur dos mais seulement parce qu’ils seraient pas tant évolués que nous  et que de toute façon ils seront un jour convertis à notre vision de la vie qui serait tellement mieux sans vouloir se la péter mais vraiment objectivement.

 

 

 

Et bien non, les chiottes ne sont pas occupées, tant pis pour l’humanité. (Bon, j’avoue, j’ai dû remonter voir où j’en étais parce que j’avais un trou (de mémoire)).

 

 

 

Peut-être a-t-il décidé d’observer les dégâts faits par les fauves mange-matière ? Je descends dans les vestiaires, et tente d’enfiler une combinaison spatiale. Manque de bol, elle n’est pas à ma taille. Je perds un temps fou à faire des ourlets aux manches et aux manches des jambes. Une fois équipé, je sors par le sas, et examine l’état de la navette. Pas brillant, mais les droïdes d’entretien ont bien réparé les dégâts. Mais toujours pas de Pierre… Je rentre.

 

 

 

Comme j’ai un peu sué dans ma combinaison, je décide de la laver avec Ariel, la lessive qui lave plus blanc que blanc et élimine 99 taches (99 !), même des taches super incrustées que les dames elles font « oh ! » quand une autre dame ou parfois un monsieur frotte la chemise sur une poêle où ils ont fait cuire du chocolat au ketchup avant de mettre un peu d’Ariel dessus et les dames elles se murmurent les unes aux autres « une tache pareille, mais c’est irrattrapable », il faut bien dire que souvent les dames de pub Ariel elles sont un peu connes.

 

 

 

Et devinez qui je vois dans la laverie ? Et ben ouais ! Dans le mille ! Un Ewok ! Ou plutôt une Ewoke, étant donné qu’à côté je vois un Pierrot tout nu qui essaye de protéger son intimité avec une serpillière.

 

 

 

- Euh… je peux tout t’expliquer…

 

 

 

- Eh bien, n’hésite pas !

 

 

 

- Alors euh, en fait, tu vois, j’étais en train de préparer à manger dans la cambuse, quand j’ai été attaqué par les poulpes du frigo. Ils m’ont attiré dans leur antre et m’y ont laissé pendant plusieurs heures, je devenais tout bleu, quand soudain, alors que je pensais être perdu, j’entends la porte du frigo qui s’ouvre, et là, j’ai une vision de rêve : cette adorable créature, qui s’appelle Berthartchaly (je hoche la tête pour la saluer, elle y répond d’un charmant rougissement pudique), qui me sort de cet enfer glacé… Mais j’étais encore frigorifié, alors elle s’est serrée contre moi pour me réchauffer, et une chose en entraînant une autre…

 

 

 

- Mmmhm, je vois… Tu permets que je te parle en privé ?

 

 

 

Pierre adresse un petit sourire  d’excuse à sa compagne et me suit hors de la laverie que je referme soigneusement avant d’exploser.

 

 

 

- Mais enfin Pierre, à quoi tu penses ? Cette femelle n’est même pas de ton espèce ! Tu n’as donc aucune moralité ?

 

 

 

- Mais je l’aime, et elle m’aime ! N’est-ce pas le plus important ?

 

 

 

- Mais Pierre, si tu l’aimes, pense donc un peu à elle ! Tu l’as gâchée pour le mariage dans son peuple !

 

 

 

- Mais c’est moi qu’elle veut épouser ! Elle m’a dit que je suis bien plus intéressant que les mâles de son peuple de toute façon, et c’est pour ça qu’elle m’a suivie dans le vaisseau et qu’elle s’est cachée en se faisant passer pour une peluche de la chambre d’enfant.

 

 

 

- Pierre, réfléchis un peu. Tu n’avais pour elle que l’attrait de la nouveauté, elle risque de te laisser tomber pour le premier koala qu’elle croisera !

 

 

 

- Sûrement pas ! De toute façon, ça ne te regarde pas, c’est ma vie, je fais ce que je veux, et elle m’épousera et m’accompagnera sur Terre !

 

 

 

- Là, je ne serais pas aussi sûr de moi si j’étais toi. Tu sais bien que les services de douane et d’hygiène de l’île de Pâques sont super tatillons, et ils ne la laisseront sûrement pas pénétrer sur leur territoire, on sait pas quels parasites elle peut trimballer… Et tu as signé ta convention de stage, tu ne peux plus te défiler !

 

 

 

Après des heures d’argumentation, Pierre finit par écouter la voix de la raison (la mienne), et je le laisse aller expliquer la situation à Berthartchaly (quel nom stupide). Des pleurs se font entendre, mais apparemment Pierre ne se laisse pas fléchir. On l’abandonne sur un astéroïde avec un saucisson. Pierre pleure en regardant s’éloigner son amour impossible. Ca me fend le cœur, mais c’était la seule solution. J’espère que Pierre ne m’en voudra pas trop…

 


Francis

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commentaires

Mélina LOUPIA 26/06/2007 09:27

Tain, une question cependant me taraude.Où sont Doc, Marty et les lybiens?Des bizettes, z'êtes barrés les mecs.