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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 23:13

M'étant forcé, un jour d'égarement, à tenter d'écouter les sottes élucubrations de mes semblables, je me suis rendu compte d'une chose : la plupart ne supportent pas le métro.

Je ne comprends pas pourquoi.

Enfin si, je comprends, hein, je suis pas si bête (quoi que certaines mauvaises langues tentent de faire croire, mais ils n'ont pas de preuves). Mais leurs justifications bécasses me paraissent totalement pas du tout dans mes préoccupations.

Moi, j'aime bien le métro.

Ca me rappelle mon stage d'embarquement sur un bateau de pêche, en fait. Et j'avais bien aimé mon stage d'embarquement, que j'avais fait sur un caseyeur de Loguivy, qui pêchait le tourteau au large de Guernesey. Alors, pour me rappeler ces doux moments, j'aime bien m'exercer, dans le métro, à rester debout sans me tenir à quoi que ce soit (avec un gros sac à dos, c'est encore mieux). Je me campe solidement sur mes jambes écartées, je compense les mouvements du métro en fléchissant les genoux, je regarde au loin les gens assis (c'est encore plus rigolo si on est tout seul debout dans un wagon où plein de places assises sont disponibles, essayez),et je reste droit, quoiqu'il arrive, même si des arrêts brutaux m'ont déjà précipité sur de jolies demoiselles, qui manquent cruellement sur un bateau de pêche, en même temps, elles portent malheur, hein, c'est connu.

Les dangers sont un peu les mêmes, aussi : le petit lapinou rose en jogging jaune poussin qui se coince les doigts dans les portes et se fait pincer très fort n'a pas dû souffrir plus que moi quand, essayant de démêler un noeud dans un filet, j'ai malencontreusement mis le pouce dans la pince d'un tourteau gros comme ça. Pour ceux que ça intéresse, dans cette situation, il faut ouvrir grand la bouche dans un cri de désespoir muet et pas bouger d'un poil. Ca fait rigoler les autres matelots, surtout ce poivrot de Jean-François, mais ça marche (si on bouge, il pince plus fort, le conneau). Ensuite, vengez-vous en écrasant la bête d'un coup de maillet, de toute façon, il a rien à faire dans un filet de pêche, c'est pour les raies, les lottes et les langoustes de deux kilos. Puis souffrez pendant deux jours.
(Mais pensez qu'avec d'autres bestiasses, c'est pire)

homards2.jpg


Dans le même registre, on retrouve le risque d'électrocution dans les deux domaines : il ne faut pas toucher les fils tombés à terre ni obéir au type qui te demande de "virer la raie du filet, là", sans préciser que la raie en question est une torpille.

Puis la faune qui braille, c'est tout pareil dans les deux cas aussi : soit c'est Jean-François, qui se vante de ses "365 cuites par an", soit c'est son équivalent avec l'accent breton moins prononcé.

On peut avoir le même genre de surprises aussi.
Au début de mon stage, qui me plaisait mais devait être court (9 jours), le patron m'appelle pour me dire qu'un de mes profs a appelé, un avec un accent, qui devait pas être très doué parce qu'il savait pas qu'avec le téléphone par satellite, y'a un décalage donc il a pas entendu le nom, ce salaud de prof, donc, a appelé pour prolonger mon stage. J'en ai été malade et pénible pendant toute la journée, jusqu'à ce qu'ils avouent que c'était pas vrai. N'empêche qu'ils m'avaient vachement bien mené en bateau les enflures, et de main de maître (très crédibles, hein !).
Pareil, dans le métro, on peut voir une nana soudain s'exclamer que son voisin d'en face regarde sous sa jupe, qu'elle a bien vu son manège, que c'est une honte. Le monsieur dément poliment, elle s'énerve, le ton monte, on en vient aux insultes bien salées, jusqu'à ce que le monsieur s'en aille furieux à un arrêt et remonte avec un grand sourire pour faire la quête, parce que oui, c'était un coup monté.

'Culés, on a marché là aussi (faut-il une majuscule quand la phrase commence par une apostrophe ?)

On a le même genre de kékés : dans le métro, y'a le type qui téléphone très fort à un copain que "faut y aller, baise-là, par tous les trous, on s'en fout que c'est une bourgeoise, elles aiment ça, c'est les plus salopes" (tiens, ça va faire remonter mon nombre de visiteurs échoués ici grâce à Google) sans se rendre compte que là, le téléphone passe pas, gars (ça marche aussi pour le super junior biznessman qui spike englich with hiz associète, tiens), dans le bateau, y'a toi qui pose en faisant staïle tu sais découper un poisson sans t'ouvrir la mimine.

gimaco2.jpg

Dormir aussi, ça se ressemble : bruit des machines et fort fumet (transpiration dans un cas, fuel lourd dans l'autre). Mais c'est plus agréable sur le bateau quand même. Pis pareil, les fous de Bassan qui plongent derrière le bateau ont plus de gueule que les pigeons aux nombre d'orteils aléatoire.

Dans le métro, on écrase les chewing-gums par terre, sur le bateau, les ophiures (les étoiles de mer en plus moche), par centaines, miam.

L'éxécution du pissou se fait identiquement dans un coin de l'appareil, mais l'odeur reste plus dans le métro quand même (et pour ceux qui pensent que fairesa miction dans les toilettes d'un TGV est une opération délicate, qu'ils essayent dans les toilettes d'un petit bateau par gros temps).

Puis on est pas plus serré dans le métro à l'heure de pointe que dans la cambuse à l'heure du Ricard.

En fait, c'est que des bons souvenirs, le métro. Un peu grâce à eux.


gimaco3.jpg

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commentaires

Whitetown 22/09/2008 10:40

t'as trop la classe en pêcheur, je suis jaloux!!!

Claudine 30/05/2007 17:27

Bienvenue dans ma communauté d'inclassables....  ;-)

Frenchmat 29/05/2007 00:13

Oh la la, ça me donnerais presque envie de faire Montparnasse-Gare du Nord en métro  ;-)

Mélina LOUPIA 28/05/2007 21:31

Ptain encore cette salopette jaune qui me fait tripper...Pff je m'en vais d'ici fantasmer ailleurs.Des bizettes, l'iode, c'est la vie.