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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 13:39

Résumé de l'épisode précédent : Pierre et moi décidons d'aller faire un stage sur l'île de Pâques. On commence les formalités et nos bagages.

Taïaut !

 

03/07/05

 

Quoi qu’on dise dans mon dos, je suis organisé, j’ai fait une liste de matériel. Apres une rapide évaluation du volume je me suis rendu compte que tout ne pouvait pas rentrer dans mon sac à dos.

De plus il faudrait le comprimer et en vertu de l’équation PV=NTR, j’en ai conclu qu’il y aurait plus de 120 bars de pression dans le sac, de quoi le faire exploser au moindre changement de température. Ma première idée était de transporter le sac dans un frigo mais premièrement il ne rentre pas et deuxièmement je ne suis pas sur que le local à Mr Freeze soit bien un congélateur.

Suivant un raisonnement logique j’ai donc décidé d’augmenter le volume de contenant. Je suis donc parti ce matin à la recherche d’un magasin de contenant ouvert… et le dimanche il n’y a que les brocantes et les conserveries. N’ayant pas envie de me retrouver avec un portable à l’huile d’olive ou un caleçon sauce moutarde, j’ai opté pour la première solution.

Un vieux monsieur au regard illuminé par l’étincelle lubrique de l’homme face à un pigeon m’accueillit chaleureusement, alors qu’un réflexe instinctif me fit déplacer ma main en direction du numéro de téléphone de la SPA. En pénétrant dans la boutique au relents de moisis, j’espérait me faire juste plumer, rien de plus.

Je m’en suis sorti avec une pendule de style louis XVI et un sérieux mal au derrière, cette machine m’en a coûté la peau. Elle a tout comme le roi perdu sa tête et il n’en reste que le coffre, visiblement en bois de chêne. Les charançons et autre vermines se sont chargés d’alléger le matériaux en créant des galeries de micro-aération. Quand je pense que maintenant on remplace ces délicates œuvres d’arts par des trucs miniatures ça me fait mal au cœur. Comment rentrer tout ce bordel dans une montre ?

Dans sa grande gentillesse le brocanteur m’a offert une authentique statue tibétaine de bouddha made in Taiwan ainsi qu’un truc noir et moche qui au vu de la couche de poussière n’a jamais intéressé personne. Paraît il que c’est un machin vodoo.

Pour pallier à l’absence de tête de l’horloge, j’ai dégoté dans mon grenier un énorme réveil mécanique, qui s’ajust parfaitement avec le haut de la pendule. Le poulet a élu domicile dans la machinerie et il est quasi impossible de l’en déloger.

Après avoir bourré patiemment l’horloge, je me suis rendu compte que le couvercle ne fermait pas et que mes 60 kg tout mouillés (à cause de la sueur) n’ont pas permis de claquer et cliqueter le couvercle. Tac ! Une idée me tique juste a temps, plutôt que de faire contre poids, de mon corps, je vais utiliser les rouages de mon crâne pour engrener les éléments dans le coffre.

J’ai tout ressorti et j’ai agencé les éléments avec une précision d’horloger maniaque. J’ai pu vérifier la loi de la physique du bordélique : le volume final ne dépend pas de l’agencement.

J’ai tout ressorti j’ai dégonflé le matelas pneumatique, j’ai tout balancier dedans a coup de pelle et c’est rentré a temps.

Départ demain matin très très tôt.

La morale de cette histoire : si être gonflé permet de gagner du temps, savoir dégonfler permet de gagner de la place. 

 

Pierre

 

 

 

04/07/05

 

Ayé ! départ réussi !

 

Comme les saoudiens n'avaient pas l'air d'être au courant qu'ils devaient  nous prendre, nous avons réussi à nous infiltrer en grimpant à la chaîne de  l'ancre et en nous cachant dans un canot (pas très original, espérons qu'on  se fera pas prendre), maintenant on est un peu serrés, Pierre sent des pieds  et notre poulet sent le cactus. Ceci dit, même serrés contre une horloge on arrive à jouer à papier caillou ciseaux, on se fait tôler par ce salaud de poulet...

 

J'ai mangé un sandwich à la spiruline ce matin pendant que Pierre en était à la tartine de rillettes trempées dans son Nesquik. A part ça, on s'ennuie un peu, mais bon on va pitet se faire gauler par  les barbus...heureusement qu'on l'est aussi...Argh, j'entends quelqu'un...je vous laisse

 
 

Francis

 

 

 

04/07/05 (23h59)

 

« Miaou…. Miaou…. » S’époumonent Francis et moi.

« Ca fait bien miaou en arabe les chats ? »

« Je ne sais pas » répondis-je à mis voix. Puis nous nous torturâmes les cordes vocales à faire le félin avec l’accent arabe.

«  Miou miou miou »

«  Miou miou mmiou, Yé soui oun chatt »

« Miou miou miou »

« COCORICO !!!!!!!!!!! » Hurla onze fois le poulet cactus… Il n’a pas pu terminer sa douzième, car un bras chétivement musclé l’a arraché de sa pendule pour l’envoyer faire l’interprète avec les patrons du navire.

 

Les bruits se sont calmés, pour reprendre ailleurs sur le navire. J’ai entendu des rires puis des pleurs. Un marin s’est probablement coupé un doigt en voulant cuisiner la pauvre bête et maintenant c’est à notre tour de passer à la casserole.

Le pas lourd d’un homme portant des pianos matin midi et soir, descendant d’un père catcheur et d’une mère déménageuse se rapprochait lentement de la chaloupe et semblait faire trembler le navire encore plus que la houle. J’ai tenté de me cacher là ou j’ai pu, c’est à dire derrière Francis, qui a voulu faire de même derrière moi.

 

Tourner en rond n’a pas réussi à solutionner notre problème et on s’est fait éjecter de la chaloupe. Francis était convaincu que nous serions jetés aux requins au bout d’une planche, quand à moi je pensais plutôt qu’ils nous laisseraient mourir de soif attachés au mât du navire. On a même parié un carambar.

La peur nous rend bête, des fois, il n’y a ni requins ni mât. Ils allaient juste nous réduire en esclavage dans la salle des machines avant de nous faire brûler à petit feu dans la chaudière à pétrole.

J’ai tenté de me défendre, j’ai mordu un pied, j’ai failli m’étouffer à cause de l’orteil qui est très mal passé et depuis j’ai mal au ventre. On nous a enfermé dans une cellule de première classe. J’ai tenté de m’évader par un hublot. Je n’aurais pas du manger tant de saucisson ; je suis resté coincé la jusqu’à ce qu’un petit bonhomme vienne débloquer la situation et le hublot.

« bijour li nivo capitaine i ravis di vous accuiillir sur son piqiebot  »

Quelle ne fus pas ma surprise de voir le poulet, portant une coiffe de marin, en compagnie d’une bande de barbus arabes et d’un homme tout nu grelottant dans un coin.

Le poulet avait joué à pierre feuille ciseau et avait gagné, les enchères sont montées et maintenant on a un poulet capitaine à la place du capitaine. Celui là un jour je sens qu’il va vouloir devenir calife…

 

Si les saoudiens semblent comprendre parfaitement les caquètements de notre bête j’ai du m’assurer auprès du petit bonhomme de notre destination. Nous arriverons à Bon Halouf.
 

Pierre

 

 

 

Bon ben effectivement Pierre vous a tout raconté. Dans sa grande bonté il a omis de mentionner le douloureux épisode vécu avec l'eunuque qui était (soi-disant) le second.

 

A part ça, notre nouvelle cabine est un peu exiguë, et il n'y a qu'une couchette pour deux, on va devoir dormir tête bêche, et en plus Pierre sent des pieds.

Ceci dit, nous risquons effectivement d'arriver à Bon Halouf, capitale du chiche-kebab de lama dès après-demain, on a du se tromper de bateau c'est pas dieu possib ces emmerdes.
 

Notre poulet semble avoir des capacités de navigation assez poussées, je crois que l'Inra doit regretter de l'avoir perdu. D'après ce que j'ai pu comprendre de ses caquètements, il compte se lancer dans la piraterie dans les Caraïbes après notre escale. Il va falloir que je prévienne Pierre, il est en train de jouer à la pétanque dans la cale avec le bosco, et il n'est pas au courant de cette dernière nouvelle, ça va encore nous éloigner de notre stage.

 
 

Je crois qu'on va devoir emprunter un radeau et se guider avec les étoiles... Ou alors prendre le navire en otage... Ca sent l'aventure à plein nez...

 

Francis

 

 
 

05/07/07

 

Bon, ça y est : on est sur notre radeau de survie en belle toile rouge,  quelque  part au beau milieu de l'Atlantique. On a des réserves, je suis plutôt optimiste, par contre je ne sais pas si on va arriver à arriver (mais j'ai confiance)

 

Fatigué après notre longue lutte à mains nues contre une horde de saoudiens déchaînés aux torses luisants armés de cimeterres étincelants, Pierrot s'est endormi, il prononçait des mots dans une langue bizarre dans son sommeil...

 

 

 

Après l'avoir réveillé j'ai réussi à le convaincre de m'expliquer ce que ça voulait dire. Il a un peu résisté mais il m'a avoué (seuls l'arrachage de trois ongles de pieds a été nécessaire) que sa mère est princesse au Bhoutan, et qu'il en est le seul héritier (par contre il n'avait aucune  idée de ce que ça voulait dire ses paroles) et puis ensuite on a été escortés par des dauphins qui nous ont suivis pendant des heures, mais quand on en a eu chopé trois d'entre eux ils se sont décidés à se barrer, nous on a à bouffer pour deux semaines et en plus on va se faire des manteaux en peau de dauph, c'est la classe ! Mais on fera ça demain, là il  est tard

 
 

Francis

 

 

 

07/07/05

 
 

Buenos dias, amigos ! Ici Francesco, y'ai oune soudaine réminisencia  de'oune vie anterieure, mon ancien moi (un galant caballero espagnol prénommé Inigo, maitre à l'épée) reprend lé dessous, mon accent mé révient.

 

Cé n'est pas douloureux mais y'ai un peu de mal à être en phase avec cé qué mé dit mon voisin Pedro, yé né cesse dé lé voir comme mon ancienne et brûlante maitresse, Conchita (un tempérament de feu, Conchita ! Et des fesses, mamma mia comme dirait mon ami don Juanito), bref, yé né peux plous souivre cé qui se passe yé crois qué yé vais mé récoucher porque la yournée a été fatigante: éviscérage dé bambino dofino, pelure d'yceux poue récoupérer lé couir, yé mé souis fabriqué oune coulotte qué yé immédiatemente essayée, malheureusement ça se tend en séchant, mucho doloroso, ayayaye.

 

Là, on fait tout sécher la chair au soleil, l'odeur attire des mouettes, yé crois qu'oune terre est proche, et y'espère qu'à mon réveil, yé serais redevenou moi même.

 
 

Buenas tardes

 
 

Francis

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commentaires

Mélina LOUPIA 14/05/2007 18:14

Les filles, mais à quoi vous tournez sérieux?Des bizettes

Pierre 14/05/2007 18:05

Que de souvenirs que jene me souvenais même pas...  heureusement que y'en a un pur tennir els archives. Hé j'ai même des dessins de ca!

Frenchmat 14/05/2007 16:25

Les tartines de rillettes ??On reconnait les recettes (g)astronomiques de Francis  :-)Le terrible dans tout ça, c'est que personne n'a remporté le carambar (et la blague qui va avec)Bravo à vous deux !