Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

FIGB recrute




Recherche

31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 20:05



ADAM À SAN FRANCISCO

 

 

Par un chaud soir d'avril, dans un bar scottish d’Ajaccio :
- J'ai soif ! brailla un zigoto plutôt gris du nom d'Adam.
- Ça va, ça va, cool, man, susurra un barman, immigrant mongol. Trinquons plutôt à la vodka, d'accord ?
- D'accord, roucoula Adam, soûlard assidu autant qu'abruti fini. Adam avala sa ration, puis glapit : "It's strong !" (il passait à l'anglais car il trouvait ça smart). Il tomba puis ronfla, car la vodka, par son taux d'alcool ultra haut, l'assommait. Au matin il dit, ahuri :"Quoi ?! Moi, Adam McIntosh, j'ai dormi dans un bar si malsain ? Si j'avais su, j'aurais pas pris du kif avant la vodka !"

 

Il sortit, fit l'acquisition à un stand forain d'un hot dog rassis qu'il goba d'un coup, puis partit pour son loft, qu'il louait au patron du tabac voisin, un aficionado obtus du PSG.
Il ouît soudain un bruit dans sa maison. Il y courut, car ça l'alarmait. Il trouva là son voisin qui l'alpagua, l'attaquant "Adam ! Toi ! J'avais raison ! Toujours, j'ai su ! Tu fais l'achat d'arcs africains pour d'obscurs militants provinciaux ourdissant d'ingrats complots pour punir mon pays qui soi-disant vous colonisa, vous natifs du coin ! Mais tu n'iras pas plus loin ! Scotland Yard, manu militari, bannira ton occiput du cou qui fut à toi !
- Moi ? rompit Adam, tu m'as vu ? Il sortit son kriss, poignarda son trop agaçant voisin, qui clamsa dans un gargouillis.
- Zut ! murmura Adam, il faut pas moisir ici, sinon Scotland Yard m'aura dans son blair. Avant qu'il n'y ait du jour, il partit par avion pour San Francisco où il avait un bon ami.

 

Quand il fut à bon port, au San Francisco Airport son ami vint à lui, lui dit sans transition : "Alors, Adam, ça va pas à la maison ? Qu'arriva t-il qui forçat Adam McIntosh à partir d'un pays dont il raffolât tant ?
- Brisons là, dit Adam, bourru par tracas, nous philosophaillons trop.
- OK, Adam. Allons à mon ranch, j'y faisais du yoga.

 

Un instant plus tard, Adam accompagnant son copain dans un taxi, trouvait San Francisco plutôt pas mal : tours sans fin, dancings, casinos, Irish pubs, bars gays à gogo... Il saliva (gros glouton !) sur un rayon affriolant qui montrait : kakis mûrs à point, coings, cocos, ananas rubiconds, avocats du Paraguay, cartons d'abricots, citrons d'or rutilants, brugnons (miam miam), raisin muscat fort attirant, il n'avait jamais vu magasin plus inouï ! Gargantua aurait applaudi s'il avait pu voir tant d'aussi gros salamis, jambons, saucissons aux noix, au dindon, au romarin, cornichons ou basilic, au porc ou hallal. Plus loin, il trouva moult bonbons : à l'anis, au cacao, au houblon (bonbons pour alcoolos), au pavot (il aima), au coca, tant d'attirants produits qu'Adam crut mourir d'inanition alors qu'il avait assouvi sa faim par un bon lunch pris au Mac Do du coin à midi o'clock.
Adam huma l'air, profitant du parfum d'odorants pains au chocolat faits par un artisan français.
Dans Lincoln Court, un mollah l'harangua, car il avait omis d'agrandir, par un don (vingt dollars au moins, sinon plus) fait au mollah, son Karma plutôt affaibli. Il lui donna tout son pognon, dix-huit dollars un quart, pour avoir la paix.

 

Au San Marco's Ranch (son ami avait pour nom Aloysius San Marco), Adam trouva, saisi au plus haut point, un zoo aussi grand qu'à Paris : bulldogs raplaplas, tamarins-lions riquiquis, calmars dans un grand aquarium, un panda poilu figurant un gros domino noir-blanc dans sa prison, bonobos homos, pinsons itou (pinsons-gays. Rigolo, non ? Hahaha !), grands bisons, pingouins (trop au chaud), cochons gras à souhait, toucans bruyants, aras criards, tapirs imposants, goupils malins, alligators dans un faux marigot clapotant, orangs-outans quasi humains, colibris minis minis, gambadant dans un charivari plaisant, car Aloysius adorait tout animal vivant. Tout ça dans un parc luxuriant : opoponax, magnolias, gingkos bilobas, pins parasols, sapins, hibiscus, champignons sortant d'un sol moussu, tout ça abondait au San Marco's Ranch (tout, sauf du chardon) !
La nuit, il vit un film : Blackmail, by Hitchcock, starring : Anny Ondra, Sara Allgood, Donald Calthrop plus d'aussi grands inconnus. Il adora.
Il dormit dans un grand lit tout mou. Au matin, son lunch pris, il parfuma son corps d'Apollon au patchouli, mit un boubou aux tons carmins, puis sortit. Il alla à Castro, qu'il aimait pour son animation. Il voulait aussi avoir un copain à lui (jaloux d'Aloysius , l'Adam ? car Aloysius avait tant d'amants !). Sportif, Adam courut jusqu'à un bistrot où il alluma sa Marlboro.
- No smoking ! cracha un patron furibard, qui vira Adam du comptoir.
- My poor boy ! compatit un garçon fort mignon, qui avait fait son coming-out l'an d'avant.
Adam fut aussitôt tout doux. Il offrit un Coca à son (croyait-il) futur promis. Abdul ( son promis) raconta pourquoi il avait dû partir d'Arizona : son papa lui arracha, à dix-huit ans, qu'il aimait John, Jack ou Simon plus qu'Irma, Cathy ou Tabatha. Ainsi, il quitta son toit familial, honni d'un papa WASP trop bigot, qui trouvait son fils immoral. Abdul alla à San Francisco, où il y aurait plus d'approbation pour sa "disposition", surtout à Castro, croyait-il savoir (il avait lu Maupin à l'abri du papa).
Ainsi, Abdul arriva à Frisco, pays du dating, du rock, du cha-cha-cha ! (du moins dans maints coins "in") Ca faisait huit mois qu'il habitait là. Adam accompagna Abdul dans un night-club portoricain, la Carioca. Il but trop, du gin, du whisky puis du rhum martiniquais. Il dansa jusqu'au matin. Là, rond jusqu'au trognon, il alla au ranch, Abdul dans son giron. Au ranch, Aloysius congratula Adam pour son goût si sûr. Il avait l'air baba mais pas jaloux, car il aimait trop son ami Adam pour ça.
Un bon dodo plus tard, Adam quitta son ami. Il voulait un hangar à lui ainsi qu'à Abdul. Il loua un studio à Mrs Anna Madrigal, qui lui colla un joint fait maison sur son huis (il trouva ça fort plaisant). Il n'avait jamais fait choix aussi malin ! Sa maison avait tout pour sa satisfaction. Sa coloc, Mary-Ann, ravit Adam. Aloysius lui trouva un boulot : il taillait tout son infini jardin, pour vingt dollars par jour (pas mal, non ?). Adam tailla tout : buissons d'ifs, ficus, acacias, acajous, bambous.

 

Abdul, lui aussi, avait un job : il travaillait pour un avocat, pourri mais bon vivant, qui payait pas si mal, ma foi. Il avait pour mission, tout quasi-ado qu'il fût, d'abasourdir par son bagout tout gogo nanti qui avait un mauvais cas mais dont son patron lorgnait la Visa Card.

 

Un jour, Adam alla à Hollywood, pour voir. Là, il visita d'imposants studios, où David Lynch tournait son prochain film. Adam avait un corps d'Apollon, on l'a vu plus haut. Il tapa dans l'iris du patron du casting, un Irlandais accro à la Duff, qui l'attrapa par la main, lui proposa :
- Coco, nous voulons un figurant dans "Sailor and Lula". Tu irais tout à fait.
Alors, Adam, surpris mais pas con, dit oui.

 

Dix ans plus tard, il avait un oscar, car il jouait plutôt pas mal : on compara Adam à Jack Nicholson, à Harrison Ford, ainsi qu'à Al Pacino. Il tourna maints nanards où il sauva, à la fois : USA, Nicaragua, Maroc, Congo, Uruguay, Paraguay, Liban, Angola, Rwanda, Botswana, puis Mars. Il joua Batman, Bart Simpson, Karl Marx, Groucho Marx, Chico Marx, Harpo Marx, 007, un bisounours (mignon à souhait), Charlot, jusqu'à un bouc charolais (il triompha, car il jouait ça à ravir). Il joua aussi Mata Hari, Hillary Clinton. Il chanta la zoubida dans un film franco-chinois. Il amassa un joli magot à Zurich. Puis il disparut. Abdul aussi. On dit qu'ils sont à Hawaï, ou à Haïti, ou à Paris, ou au Cap.
Qui sait ?

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Mélina LOUPIA 01/06/2007 11:31

Un lipogramme?Tain c'est reparti, les mots nouveaux...Des bizettes conchylicoles.(carné)(marcel)

cubik 01/06/2007 06:55

ah ben bravo, le plagiat de Perec >)

Francis 31/05/2007 20:10

Pour l'anecdote, j'ai commencé ce petit lipogramme pendant mon bac de bio...