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27 juin 2007 3 27 /06 /juin /2007 23:53

Click

 

…dénouement dans l’affaire des faux camions de don du sang : les responsables de la société Justin Bridou ont été incarcérés, après leur mise en cause dans la commercialisation en grande surface de boudin à base de sang de donneurs bénévoles. Ceux-ci réclament, à juste titre, un pourcentage sur les bénéfices de la société. Du sport cérébral maintenant, avec le championnat annuel de belote basque…

 

Toujours rien de nouveau à la radio. J’éteins.

Click.

 

Un bruit de course dans le couloir. Ce doivent être les enfants qui rentrent de l’école.

Gagné.

-Père Francis, père Francis, raconte nous une histoire !

-Oh oui, père Francis, je t’en prie, une belle histoire comme toi seul sais les tisser ! Conte-nous les hauts faits de nos ancêtres, narre-nous les grands moments de l’aventure humaine !

-Ha ha, du calme, les enfants. Avez-vous été sages aujourd’hui ? Avez-vous nourri les crocodiles de la fosse septique et les Bonsaï Kitten ™ ?

-Oui, père Francis ! Nous avons tout fait !

-Bon, dans ce cas, je vais vous conter…

 

la Naissance du Métro

 

 

-Mais-euh, tu la racontes tout le temps celle-là! Y’en a mrffff…gglll

-L’écoute pas, père Francis, nous on l’aime cette histoire !

-Oui puis en plus, c’est un con !

-Bon, enlève-lui ce bâillon et écoutez.

 

 

L’origine de ce que je vais vous raconter se perd dans la nuit des temps. Cette histoire m’a été racontée par mon grand-père, qui la tenait de son grand-père, qui la tenait de son grand-père, qui la tenait du dernier vendeur de kebab du quartier Saint-Michel.

 

Au commencement, comme vous le savez, la Ville n’était pas appelée la Ville, mais c’était l’Olympe Pârizyenne, et c’est là que vivaient les dieux. Parmi eux, le Dieu-Taupe était un des plus aimés. Il vivait au grand air, était beau comme le sont les dieux, et tous l’aimaient, car il était bon et doux. Mais il était aussi un coureur de jupons effréné, qui ne se lassait pas de la bagatelle, et ceci était mal vu du Conseil théomunicipal, qui était tenu par des dieux issus d’une droite des plus conservatrices, hostiles à la copulation en dehors des liens sacrés du mariage civil ou du PACS. Puis en plus ils étaient jaloux. Ils décidèrent de prendre des mesures, et firent voter un Décret Préfectoral interdisant les pratiques dont était friand le Dieu-Taupe, sous prétexte d’endiguer les maladies honteuses.

Le Dieu-Taupe crut pouvoir continuer à n’en faire qu’à sa tête, mais mal lui en prit, car le décret avait été approuvé par toutes les Instances. Lorsqu’il fut surpris en flagrant délit de libertinage avec une humaine,

-Quoi ? Y’avait déjà des humains dans l’Olympe ?

-Bien sûr, les dieux n’allaient pas s’abaisser aux tâches secrétariales. Les humains étaient là pour vider les poubelles, changer les ampoules, envoyer les mails de publicité pour le Viagra, et tout le toutim. Mais ne m’interromps plus !

 

Lorsqu’il fut surpris avec une humaine, donc, les Dieux Municipaux le punirent : il fut condamné à ne pas revoir la lumière du jour, et à ne pouvoir se déplacer que sous terre. Ses bras puissants, qui avaient embrassé tant de conquêtes, ne lui serviraient plus désormais qu’à fouiller les fondations de la terre, la fange, la crasse, le putride, le sale. Le Dieu-Taupe pleura, pleura, et dut s’adonner à une pratique frénétique de l’onanisme pour calmer ses ardeurs, jusqu’à en perdre et l’ouïe et la vue.

Mais il était d’une rare persévérance, et habité par la passion de la luxure. Il lui fallait toujours des femelles à besogner, car son vit était vigoureux et en perpétuel émoi.

Il ne s’avoua donc pas vaincu, et un soir, il quitta le sous-sol de l’Olympe et alla au Bois de Bhou-Laugne. Ce lieu mythique, aujourd’hui disparu, était alors la demeure d’un peuple de dieux sauvages, venus de la lointaine terre du Brésil. Parmi eux, on trouvait la belle Anna Konda, une déesse serpent.

            Ce qu’il faut que vous sachiez, enfants, c’est que les dieux du Bois de Bhou-Laugne étaient des exclus, méprisés par ceux de l’Olympe Pârizyenne ; mais ils étaient aussi enviés, car ils étaient bien plus beaux. Par exemple, le Dieu Pârizyen Vouî-thon, entre autres, le plus prétentieux des dieux, celui qui ne supporte pas qu’on le copie, lui-même a essayé d’imiter les parures de la belle Anna. Mais je m’éloigne du sujet.

Le Dieu-Taupe, donc, rencontra Anna la Déesse-Serpent. Comme tous les mâles, il succomba bien sûr à ses appas, et comme elle avait le feu au c… comme il avait su embraser son esprit et ses sens, elle accepta de s’unir à lui. Cette nuit fut, de mémoire d’homme comme de Dieu, la plus passionnée qu’on eût connue ! Les soupirs et les râles se succédaient, et le Dieu-Taupe jouit 14 fois de suite ! C’est en hommage à cette nuit, celle entre le treizième et le quatorzième jour du huitième mois de l’année, que l’on tire des feux d’artifice à cette date, pour célébrer la passion qui unit le Dieu-Taupe et la Déesse-Serpent, l’union qui nous donna le métro, comme vous allez voir !

Mais ce fut la dernière nuit du Dieu-Taupe, car, épuisé par les efforts fournis pour satisfaire la belle, et asséché par la perte de liquide séminal, il mourut au petit matin.

Neuf mois plus tard, Anna s’enfouit sous terre pour pondre ses œufs, ceux qui contenaient la progéniture du Dieu-Taupe, et c’est ainsi que naquirent les 14 Serpents-Taupes, fils et filles du Dieu-Taupe et de la Déesse-Serpent.

Des années durant, ils grandirent, aux côtés de leur mère, qui les éleva dans la haine des Dieux Pârizyens, qui avaient indirectement causé la mort de leur père. Anna ligua si bien ses enfants contre les Pârizyens qu’ils décidèrent de venger leur père. Ils mirent au point un plan pour détruire la Ville, pour la faire s’effondrer sur elle-même et enterrer les dieux avec elle : six jours et six nuits, ils creusèrent, chacun de son côté, des tunnels sous l’Olympe. Mais un humain, du nom de Fulgence Bienvenüe entendit le grattement que faisaient les Serpents-Taupes. Intrigué, il alla jeter un œil dans une bouche d’égout, et vit un des Serpents-Taupes creuser. Il s’empressa d’aller au Conseil Municipal le dire aux dieux. Ceux-ci eurent grand-peur, car ils ne voyaient pas comment empêcher les Serpents-Taupes d’accomplir leur vengeance.

Il faut savoir que si les dieux sont très beaux, ils sont aussi très lâches, ceux-ci l’étaient aussi, et ils quittèrent précipitamment l’Olympe, abandonnant les humains à leur sort.

Heureusement pour nous, Fulgence était un homme de ressources. Il habitait le Quartier de la Gare, qui était celui où on parquait les humains, et il partageait sa chambre avec des cafards, qui étaient déjà les principaux concurrents des humains pour la place disponible. Il rentra chez lui, et s’agenouilla sous l’évier, et parla aux cafards. Il leur parla de nourriture, leur dit qu’il savait où il y en avait beaucoup, de quoi nourrir tout le peuple cafard pour longtemps, de la nourriture plus succulente que les boîtes de raviolis vides avec encore un peu de sauce tomate séchée sur les bords et les peaux de saucisson, il parla longtemps, usant de toute son éloquence, et les cafards furent alléchés, et ils vinrent nombreux pour l’écouter.

Le soir venu, tous les cafards de l’Olympe Pârizyenne, des millions et des millions de cafards, descendirent dans les profondeurs du sous-sol, et trouvèrent les Serpents-Taupes qui ronflaient sereinement au fond de leurs tunnels, certains que rien ne pourrait leur arriver. Par millions, les cafards pénétrèrent dans les gueules ouvertes, un tapis grouillant de carapaces noires et luisantes qui se mit aussitôt à ronger les chairs, à découper de leurs mandibules cliquetantes les viscères molles des Serpents-Taupes, qui ne purent qu’agiter vainement leurs queues dans les affres de l’agonie.

Toute la nuit, les cafards affamés rongèrent et dévorèrent, jusqu’à ce que des Serpents-Taupes, il ne reste que quatorze carcasses vides et récurées, sans la moindre trace de viande, et les quatorze tunnels qu’ils avaient creusés et qui s’entrecroisaient sous l’Olympe.

            Alors seulement, rassasiés, les cafards quittèrent les tunnels et rejoignirent les habitations des humains.

            Le lendemain, les humains se réveillèrent et trouvèrent l’Olympe vide de dieux, et découvrirent les tunnels, et les ossements des Serpents-Taupes. Or, à cette époque, si les hommes avaient bien besoin de quelque chose (en plus d’un déodorant efficace) c’était d’un moyen de circuler facilement d’un point à un autre de l’Olympe, car ils avaient été parqués loin des endroits intéressants, comme les quartiers des cinémas, des musées, ou des filles avec des étoiles au bout des nichons. Ils décidèrent donc d’utiliser les tunnels à des fins déambulatoires. Comme ils étaient ingénieux, ils recyclèrent les squelettes géants des serpents taupes pour en faire de longs véhicules, qu’ils montèrent sur des roues.

Et c’est ainsi que naquit le métro.

 

-Waaaaaaah trop fort…

-C’est parce que c’est des serpents-taupes morts que ça sent bizarre dans le métro alors ?

-Et comment qu’y zont fait le RER, père Francis ?

-Et la tour Eiffel, elle vient d’où ?

-Ouais, et la tour Eiffel ?

-Ca, mes petits, c’est une histoire que je vous raconterai le premier samedi du mois…

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commentaires

Mélina LOUPIA 28/06/2007 16:53

Ayé, re.Ca te réussit la bretagne.j'aurais jamais cru dire ça un jour mais je l'admets.Des bizettes.

Sév 28/06/2007 15:15

Ah oué.                                

Mélina LOUPIA 28/06/2007 11:57

Bon, là, je vais manger je mets un marquetapage à "Père Francis, Père Francis", je sens que la suite va être truculente.Des bizettes, bonapéto.

Francis 28/06/2007 10:55

C'est un truc que j'avais fait en deux-trois heures pour un concours de nouvelles sur les légendes urbaines. Croyez le ou non, ben j'ai perdu ! Alors qu'une copine qui y avait passé deux semaines, elle a gagné. Natch, je te hais.(Meuh non, tu resteras toujours mon frère GeooOOoorges, t'en fais pas)

Donio 28/06/2007 10:20

quand même... s'appeller Fulgence... c'est pas de bol