Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 21:42

J'ai un peu peur. Je crois qu'on essaye de faire de moi un geek. Pire, un nerd.

 

Dans ma famille, j'étais déjà un peu considéré comme tel, parce que j'ai installé avast antivirus sur un nombre incalculable d'ordinateurs (une bonne demi-douzaine), ce qui me donnait une aura particulière, j'étais aux yeux des femmes de plus de cinquante ans de ma famille « celui-qui-sait ».

 

Mais moi, ce que je savais, c'est que je ne savais rien. Puis j'étais trop sociable pour être un nerd, j'allais presque tous les week-ends retrouver des potes autour d'une bière (bon, des potes d'internet, OK, mais des potes quand même, quoi). Puis j'étais propre et je sentais bon le kebab-frites et le désodorisant pour cabinets.

 

Maintenant, je ressemble de plus en plus à un nerd : j'ai pris du gras, limite je peux reposer mon clavier sur mon ventre pour l'avoir à la distance idéale pour taper des notes de blog, je ne vois plus mes amis que sur internet, je transpire donc je sens et j'attire la poussière qui colle à ma peau luisante (et foutredieu, il y en a avec l'harmattan, de la poussière), et surtout, surtout, je commence à savoir faire des vrais trucs avec un ordinateur. Pas des trucs compliqués, mais même, ça va pas arranger mon affaire.

 

Par exemple, depuis que je suis là, j'ai dû apprendre à me démerder suffisamment avec le html pour faire une page avec des machins cliquables et des machins flottants pour les légendes. C'était pour le début.

Puis j'ai dû comprendre un peu de python pour aider un stagiaire qui veut pas s'aider tout seul, le sagouin. Pas si simple, en démarrant de zéro. Mais au final, trouver pleinpleinplein d'erreurs dans un programme fait par un informaticien, faut reconnaître que ça a quelque chose de gratifiant (rien que se dire « ho putain, il a trouvé un boulot, quand même ! » est encourageant, même si je veux bien croire qu'il a cochonné le boulot parce que c'était pour une stagiaire, aussi mignonne fut-elle)(oui, j'ai tendance à penser du bien des gens, en général, ça change pas).

Je tente tous les jours d'utiliser des logiciels et des sites dont mon patron pense que ho didonc on pourrait essayer ça tavu ça a l'air marrant, du coup, je bouffe du VUE, du Zotero, du citeulike, du netvibes et plein de cochonneries comme ça.

En parlant de cochonneries, je passe aussi des journées à regarder des tableaux excel (enfin, je les fais sur le tableur open office, hein) en écoutant du Brassens, je compte des trucs et des machins, et je surligne en rouge quand je me dis holala, c'est trop pas possible ça, qui m'a fait un travail de cochon pareil ?

 

Puis surtout, dans la catégorie ultimate geek (au sens compris par le populo, pas par toi lecteur avisé), je me suis vu forcé de passer à Linux. D'abord sur Mandriva au boulot, puis sur Ubuntu à la maison, puis sur Ubuntu au boulot.

Et en plus, là, j'ai dû installer moi-même Ubuntu sur ma bécane de boulot. Tout seul.

Donc j'ai dû booter sur un CD. Sauf que sur mon con d'ordinateur, le lecteur CD marchait pas, rien à faire. Enfin si, une seule chose : jouer au charognard sur l'ordi d'à côté.

 

Je pensais jusqu'ici que toucher aux entrailles d'un ordi, c'était réservé aux oufs malades. Aux trve nerdz. Qu'il fallait porter des gants de soie désinfectés et travailler avec des outils de haute précision dans une salle sans le moindre grain de poussière, aux murs immaculés et à la lumière aveuglante.

 

En fait, changer un lecteur CD, c'est pas compliqué. Tu débranches tout, tu prends un vieux tournevis cruciforme rouillé, tu ouvres la bête en faisant un peu attention où tu mets les vis, tu jettes un oeil, tu vires les vis qui tiennent le lecteur en place, et te voilà face à un lecteur branché à une alim et un bordel. Tu fais la même chose sur l'ordinateur dont tu vas piller le lecteur. Tu trifouilles un peu avec douceur et précaution, en cherchant où se trouve le clapet à pousser pour décapsuler la bestiole, tu trouves pas, tu hésites à chercher ton patron, puis tu te dis qu'il va te prendre pour un couillon et tu n'as pas envie de passer pour un couillon, alors tu décides si il vaut mieux esquinter la prise qui servira à rien du lecteur en bon état, ou bien sacrifier le lecteur pété et une fois ton choix fait, tu y vas comme une brutasse, tu grognes en tirant sur le machin, et ça marche. Tu recommence sur l'autre, tu rebranches le nouveau lecteur qui marchait sur ton ordi et paf, rien à faire de plus, ça marche.

Enfin, rien à faire de plus, si, il faut aller se promener dans le BIOS pendant que le loup n'y est pas, et modifier le bouzin pour que ça boote en premier sur le CD. Puis paf, ça fait des chocapic, et te voilà avec Ubuntu et l'impression d'être un dieu alors que c'était franchement moins compliqué que le point de croix.

 

Et tant pis si sous mon Ubuntu tout neuf, j'ai pas d'accès internet. Au moins, ça me donne du temps pour écrire une note de blog au bureau.

Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /Juin /2010 13:41

Cher papa, cher maman,

 

Est-ce que vous allez bien j'espère que oui. Ici je vais très bien même si je grossis et que mes cheveux poussent trop et qu'il fait des fois un peu trop chaud et que ma patronne quand elle a trop bu de rosé arrête pas de me dire et de me répéter comment j'étais super super chiant quand j'étais petit mais que bon maintenant ça va et que mon patron essaye de m'entraîner dans la spirale infernale de la débauche et de la décadence.

Je ne lui en veux pas, parce qu'il ne se rend pas compte que lui-même vit une vie de spirale de débauche et de décadence et comme c'est lui qui paye la spirale bon bé du coup je tourne avec à petits pas qui déjà m'ont fait presque perdre mon ordinateur enfin ce qu'il y a dedans et je ne parle pas du tas de poussière qui s'incruste dedans vu qu'il est tourné vers une fenêtre et que quand l'harmattan souffle je dois gratter l'écran avec une truelle pour voir ce qu'il y a derrière la couche de sable rouge. Mais c'est pas la poussière qui m'a fait presque tout perdre, c'est Linux qu'il m'a dit si tu l'installes pas sur ton ordinateur j'arrête de t'inviter manger des crevettes pimentées et boire de la sangria et manger du confit de canard et des sandwiches au pâté en regardant le rugby au bistrot et comme c'est la partie de la débauche et de la décadence que je préfère j'ai dit d'accord on met Linux et on est partis pendant que ça s'installait prendre l'apéro au bord de la mer en espérant qu'il n'y ait pas de coupure de courant parce que sinon mon ordi allait être tout bousillé mais finalement ça s'est bien passé et j'écris cette carte depuis Ubuntu, comme les hippies et tout ça.

J'ai un peu de remords d'avoir rendu mon ordinateur schizophrène mais comme c'est qu'un peu, ça va, puis c'est plus rigolo que Windows pour le moment aussi (par exemple, l'horloge est en haut à droite au lieu d'en bas à droite, ça fait bizaaaaaaarre) et surtout ça démarre vachement super plus vite, et le fond d'écran est violet au lieu d'être une colline à hobbits sous un ciel bleu.

Je pensais en faire tout un article pour dire que j'étais bien content d'être enfin à la mode, mais finalement comme la débauche et la décadence ça rend fainéant, je le fais pas puisque spirale et tout ça.

 

Dans la spirale toujours, la patronne elle dit qu'il faut pas que je le dise à papa, mais on est allés se friter avec des chauffeurs de taxis pour se garer à côté du casino et rentrer dans le casino où le patron et la patronne ont été accueillis comme la famille mais celle qu'on aime bien, et on est restés des heures à mettre des pièces dans des trous et à appuyer sur des boutons, même que j'ai fait une quinte flush et que j'ai gagné 160 pièces d'un coup alors que j'en avais misé 4, du coup je les ai toutes remises dans le même trou et la patronne a fauché plein de mes pièces mais je les lui ai laissées parce que j'avais pas de fourchette à lui planter dans la main, que de base c'était pas mes sous puis pour qu'elle dise pas qu'avant j'étais un petit merdeux mais que maintenant c'est tout pareil quand elle aura bu trop de gin tonic au casino (parce que le rosé c'est après les matchs de l'équipe de France, au casino c'est le gin tonic offert par le patron parce qu'elle est un peu comme la famille, mais celle qu'on aime bien).

J'espère que je ne suis pas devenu addict au casino, parce qu'en fait on s'amuse un moment mais au bout de quelques heures c'est un peu chiant, alors comme j'avais pas réussi à dépenser le tiers des sous qu'étaient pas à moi dans les machines à faux poker, je suis allé regarder les machines à sous mais c'était un peu nul y'a pas de bandit manchot mécaniques où tu peux voir tourner les rouleaux comme dans Lucky Luke, c'est juste des ordinateurs avec moins de boutons et des monstres et des filles un peu à poil sur le boîtier et puis finalement on est partis avec moins de sous qu'au début et on a empêché le patron de se battre avec les taxis et on est allés se coucher.

 

Et aujourd'hui, c'était la juste punition de la spirale de décadence et de débauche, je me suis réveillé à 10 heures moins le quart et j'ai raté les dessins animés sur Disney Channel.

 

Je vous fais plein de bisous,

 

Cordialement,

Francis.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 21:42

J'étais en train de me dire, il y a un moment, que mon blog n'était vraiment pas assez putassier pour attirer du monde. Et qui dit pas attirer du monde, dit ne pas attirer de gonzesses, et qui dit pas attirer de gonzesses, dit aucun intérêt d'avoir un blog, quoiqu'en dise mon papa qui me dit que les seuls trucs intéressants c'est quand j'y raconte ma vie, il a rien compris aux blogs lui.

Du coup, comme j'avais un article un peu putassier en stock (parce qu'on y parle de couilles. C'est putassier, les couilles) je me suis dit, bon ben je vais le passer. D'ailleurs, en fait, je l'ai fait pour ce blog, même si je l'ai passé ailleurs d'abord. Allons-y donc, et parlons de peau de couilles.

 

Le corps humain est quelque chose de fondamentalement dégueulasse, comme quiconque ayant jamais exploré du bout d'un bâton le corps d'un clochard en début de putréfaction pourra vous le dire.
Au naturel, le corps humain pue, suinte, excrète des gaz par tous ses orifices, est constamment plein de merde en formation, se décompose en bribes sur les épaules du costard, et en plus son nombril accumule la poussière. Immonde.
Et en plus d'être répugnant, le corps humain est plein d'organes nuisibles à son propriétaire. Des poils sous les bras pour concentrer les remugles, des petits orteils pour se cogner dans les pieds des meubles, des appendices pour choper des appendicites, et, pour nous les hommes, our own private nemesis, la peau des couilles.

Ha ça, elle nous en fait voir de belles, la peau des couilles. Pire erreur de l'évolution, je vois pas. On aurait pu être comme les gonzesses, et se trimballer notre matériel bien à l'abri de toute agression, planqué pépère sous une couche de gras, mais non. On se coltine des machins fragiles comme une fontanelle de bébé, avec pour seule protection un ridicule petit sac en peau de couilles. Et ça ballotte à la portée de la première griffe de prédateur venu, telle que la terrifiante, abominable et redoutée braguette (si on a oublié de mettre un calcif le matin, tout le monde peut avoir un instant d'égarement), la plus farouche ennemie de la peau de couilles, celle dont jamais on n'oubliera la morsure, dusse-t-on vivre cent ans.

Si on avait besoin d'une preuve que Dame Nature était une gonzesse, la voilà. Faut vraiment en avoir contre les mâles pour nous infliger ce fléau.

Mais bon. On doit faire avec. Pas trop le choix. Puisqu'on a tous, nous les mâââles, notre part de peau de couilles, autant apprendre à l'utiliser au mieux.

Voyons déjà ce qu'il est déconseillé de faire avec la peau des couilles. En tout premier lieu, il est déconseillé d'en faire un porte-monnaie à offrir à sa chérie (ou son chéri). La peau des couilles a pour première et seule caractéristique d'être élastique, comme n'importe qui l'ayant observée, sur soi ou sur quelqu'un d'autre pourra le confirmer. Un changement de température, et hop, la besace qui pouvait contenir une tête de bébé ne pourra plus en contenir qu'un oeil. Et votre copine trouvera moyen de vous en vouloir (« et gnagnagni et gnagnagna, à cause de toi et de ta [biip] de peau de couilles, ma tête de bébé est tombée par terre dans la rue et a roulé dans le caniveau, tu sais le mal que j'ai eu à en trouver une en si bon état et à ce prix ? », enfin, vous connaissez les filles)

Pour les mêmes raisons, n'en faites pas une blague à tabac à offrir à votre père. Sauf si vous ne l'aimez pas, ou voulez le guérir de sa manie de priser le tabac pendant les réunion de famille, au moment du dessert.

Voilà l'essentiel des trucs à éviter de faire avec nos peaux de couilles, bien qu'on en ait tous eu l'envie un jour. Il y en a peut-être d'autres, je n'ai pas testé.

Heureusement, pour compenser, il y a des circonstances dans lesquelles la peau des couilles pourra vous être utile, voire vous sauver la vie. Mettons que vous faites une croisière, et que votre bateau a fait naufrage, ou s'est vu attaquer par Barbe-Rouge et son équipage, et que vous vous retrouvez dans un canot. Un misérable canot en bois, avec une ration d'eau et de vivres suffisante pour tenir le temps d'arriver quelque part. Sauf que voilà : il n'y a qu'un aviron, vous ne savez pas godiller, et de toute façon un môme a fauché la dame de nage pour faire un lance-pierre (consolez-vous : il est parti nourrir les crabes, ce petit sagouin). Qu'est-ce que vous faites ? Vous vous lamentez sur votre sort, pleurez en grignotant un des biscuits que vous devriez rationner et attendez la mort ?
Ca, c'est ce que vous ferez si vous êtes une fille. Si vous êtes un mec, vous êtes sauvé, parce que vous avez votre peau de couilles (à condition de ne pas l'avoir offert comme porte-monnaie à votre fiancée ou comme blague à tabac à votre popa). Allongez-vous sur le flanc, levez une jambe (selon le flanc sur lequel vous êtes allongé, lui-même fonction du sens du vent), bougez un peu les fesses, jusqu'à sentir se tendre vos bourses sous la pression du vent. Et hop, voilà que la brise gonfle votre peau de couilles comme un parachute rose et poilu ! Accrochez-vous bien au bastingage, et vous voilà en route grâce à votre voilure improvisée. S'il n'y a pas de vent et que vous n'êtes pas seul dans votre canot, vous pouvez demandez à votre équipage de souffler. Ca marche moins bien, mais ça marche.
Et voilà. Sauvé par votre peau de couilles.

Il y a bien d'autres choses en quoi elle peut vous être utile, nous les détaillerons plus tard, si vous êtes sages, et si je trouve le temps. En attendant, vous pouvez aller vous entraîner à vous sauver la vie dans la fontaine du Jardin du Luxembourg.

 

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 13:42

La Suède est un grand pays, rempli d'élans du grand Nord (incomparables à l'élan du coeur, comme le disait un Francis à la blancheur de sein de suédoise), de forêts pleines de pins majestueux, et de chaussures bleues sur lesquelles il est hors de question de marcher, quoiqu'on puisse faire d'autre, et en Suède, on peut faire beaucoup de choses.

Dans les autres choses que l'on peut faire en Suède, il y a tout d'abord bien sûr la construction de meubles aux noms remplis de ° et de / rendant la lecture difficile, mais pas que. Oh que non pas. (c'est une expression que j'affectionne, bien qu'elle soit assez peu suédoise).

On peut aussi, en Suède, confectionner du surströmming, qui est un peu comme le guedj sénégalais, c'est à dire une préparation de poisson subissant un traitement interdit par la convention de Genève, le transformant en mixture tout juste bonne à être reniflée puis jetée à la poubelle. Le surströmming est cependant plus suédois que le guedj, et en boîte, ce qui permet de le garder beaucoup plus longtemps dans un placard au nom plein de ° et de / avant de le jeter à la poubelle, au nom éventuellement plein de ° et de /, mais c'est moins obligatoire que pour les placards.

Mais ce n'est pas tout, oh que non pas (en fait, j'ai redécouvert cette expression ce soir, et je ne m'en lasse pas, oh que non pas). L'on peut également en Suède, si l'on est belge et mâlement modérément pourvu (à ce qu'on m'en a dit), pratiquer de manière intensive la stimulation sexuelle d'étoiles de mer. Il se peut cependant que ce ne soit pas une activité largement répandue, en tous cas, elle est répandue dans la majorité de la population belge mâlement modérément pourvue habitant en Suède que je connais. On pourrait même dire, sans crainte d'erreur statistique, que cette activité est pratiquée par la totalité des habitants de la Suède mâlement modérément pourvus de nationalité belge et actuellement en mission à Roscoff que je connais, ce qui doit représenter une large fraction des belges mâles modérément pourvus habitant en Suède et actuellement en mission à Roscoff. Ou du moins qu'elle l'a été (pratiquée, l'activité, rappelez-vous). Quand vous découvrez que vos connaissances belges mâles modérément pourvues s'adonnent à la masturbation d'étoiles de mer, vous avez tendance à mettre un frein discret à vos relations. Qui sont d'ailleurs (dieu merci) déjà limitées par la distance géographique, car la Suède est loin de tout, à l'exception des usines de surströmming.

On peut aussi, en Suède, se baigner dans des Fjords© au son d'une musique disco et au milieu d'étoiles de mer non souillées par des mains belges. La raison qui pousse des gens sains de corps et d'esprit à se vautrer dans du yaourt, aussi velouté soit-il, m'échappe encore, mais il reste qu'en Suède, on peut le faire. C'est légal. Sans doute qu'on vous dira que c'est bon pour la peau. N'empêche que derrière, on vous poussera à utiliser du baume pour les lèvres suédoises (il marche également pour les lèvres étrangères, et par étrangères, je veux dire étrangères par rapport aux Suédois), alors ça doit pas être si bon pour la peau que ça, surtout s'il sort du frigo, qui, en Suède est constitué par l'extérieur des habitations, rendant l'action de sortir quelque chose du frigo particulièrement ardue, surtout du point de vue métaphysique.

Une étude plus approfondie permet de constater qu'on peut également, en Suède, griller du pain, et le vendre sous des noms de préférence remplis de ° et de / à de riches étrangers pour des sommes indécentes. Ce qui m'amène tout naturellement à parler de l'origine du nom de la Suède, que j'avais laissée de côté pour plus tard, comme mes tartines de KṝḭŠp®øĺļ$ (enfin, quelque chose d'approchant, l'orthographe suédoise est compliquée) au surströmming, qui attendent sur un coin de mon bureau (au nom rempli de ° et de / ) d'être jetées à la poubelle.

La Suède tire son nom de la pratique courante consistant à s'isoler dans une petite cabane remplie de suédoises aux longs cheveux blonds et raides, aux cuisses fuselées et aux seins blancs, jusqu'à ce que la température soit suffisante pour que l'on sue abondamment, et que les suédoises dégoûtées vous jettent dehors, vous forçant  à vous rouler ensuite dans la neige en poussant des cris sauvages pour éloigner les élans du grand Nord, qui ont tendance à venir lécher le sel de votre sueur ou à vous mordre, surtout si vous êtes une soeur de génériste pour film anglais impliquant des fetchage de vaches et des canards jeteurs de sorts et toute cette sorte de choses. Cependant, si vous êtes une soeur de génériste de film anglais adéquat, a priori, les suédoises ne vous jettent pas dehors, elles vous invitent à tourner des films avec elles, afin de faire tourner le deuxième grand pan de l'économie suédoise, à savoir le film élan (l'élan – du grand Nord et non du coeur, il est toujours bon de le rappeler – étant à l'agriculture suédoise ce que le cochon est à l'agriculture civilisée). Ces films devraient normalement impliquer des lits aux noms pleins de ° et de /, des cabanes à la température excessive, et éventuellement des suédois aux cheveux blonds mi-longs n'ayant pas encore été livrés aux élans ni aux assauts d'un biologiste marin belge qui les aurait confondus on ne sait comment avec des étoiles de mer (on ne s'étonne plus de rien, avec les belges, de nos jours).

C'est à peu près tout ce qu'il y a à savoir sur la Suède. On pourrait parler des exportations, constituées pour l'essentiel d'auteurs de polars morts, mais ce serait encombrer inutilement vos esprits. Oubliez donc.

Et si vous vous rendez en Suède, ne pensez pas que c'est parce que les Suédoises sont chaudes qu'il faut vous abstenir de sortir couvert.

Sur ce, bonsoir.

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 09:42


Aujourd'hui, tous ensemble, fêtons Cannes, fêtons le cinéma, et parlons du plus italien de ses représentants, à savoir le cinéma italien.

De tout temps, le cinéma italien a terrorisé l'homme moderne (Homo sallobscurensis). Pourquoi ? Je vais vous le dire, si vous voulez bien m'en laisser le temps.

Le cinéma italien pourrait, de prime abord, paraître simplement rébarbatif, une fois mis de côté les seins de Gina Lollobrigida la bien nommée.
Réalisés par des cinéastes italiens qu'on mélange tous à cause de leurs noms en i (comme dans « Hiiiii que tu m'as fait peur, grand fou de cinéaste italien ! », expression usitée en Italie quand un grand fou de cinéaste vient vous faire « coucou qui c'est ? » alors que vous sirotez tranquillement un café Lavazza sur la place San Marco avec votre grand-mère qui tricote à vos côtés tout en méditant sa prochaine vendetta), les films italiens sont en effet bourrés d'acteurs italiens en costume italien, circulant dans des villes italiennes pleines de chauffards italiens et d'accortes italiennes à la voix crispante et au geste chantant. Et que leur arrive-t-il, à tous ces italiens ?
Des italienneries. Et que je parle en italien en agitant les bras, et que je bois un café Lavazza sur la place San Marco avec ma grand-mère qui tricote, et que je fais des orgies décadentes dans des chateaux bizarres avec des jeunes italiens qui montrent leurs fesses imberbes sur des rythmes italiens.
Qui cela peut-il intéresser ? J'ai une tête d'italien ? Une moustache d'italien ? Une passion inavouée pour les fessiers imberbes de jeunes italiens ? Non.
Personne n'en a, sauf les italiens. Ce sont donc les seuls spectateurs potentiellement potentiels du cinéma italien.

Et pourtant. Pourtant, ce cinéma a longtemps fait parler de lui ailleurs qu'en Italie, et en particulier en France, pays qui nourrit un étrange attrait pour les films qui ne marchent nulle part ailleurs, ainsi que le prouve Jerry Lewis, idole improbable des cinéphiles français à moustache et pull en mohair (ceux qui fument la pipe en lisant le Monde dans leur salon).

Cela m'a longtemps étonné, puis, au bout d'une longue réflexion (pour tout vous dire, je viens d'arriver à cette conclusion en fermant cette parenthèse), j'ai fini par comprendre qu'il m'était impossible d'arriver à trouver une raison valable. Ce que c'est que la vie, quand même. On se crève à faire des phrases introductives qui titillent le chaland, et on est pas fichus de l'exploiter.

Revenons en au cinéma italien. Outre les défauts inhérents à leur ritalitude, l'on peut constater chez ce cinéma-là une certaine tendance à la magnification des penchants les plus dégoûtants des humains, qui sont déjà dégoûtants, amplifiés par le fait qu'ils sont italiens et trichent au foot.
Prenez Affreux, Sales et Méchants. Vous savez qui en sont les personnages principaux ? Des gens affreux, sales et méchants. Alors que quand on va au cinéma, je suis désolé, mais c'est pour voir des bombasses en bikini tuer des nazis avec un flingue dans chaque main et un obus dans chaque petit carré de tissu, là, au-dessus du nombril.

Prenez les Monstres. Alors ceux-là, ils vous prennent par surprise (that's what she said). On vous dit « hey, viens au cinoche, on va voir les Monstres », vous vous dites, chouette, on va pouvoir regarder un insecte géant qui déshabille une gonzesse un peu attrayante avec ses mandibules, ou bien au moins des bestioles géantes avec des tentacules qui déshabillent des gonzesse un peu attrayantes, en étant un peu effrayantes (les bestioles, pas les attrayantes).

Mais non. Vous voyez des italiens sans bikini. Qui font des trucs d'italiens, dans tous les sens.
Et là, paf, comme l'indique le titre, vous vous rendez compte. Compte que les italiens ne sont pas seulement affreux, sales et méchants (et voleurs, et tricheurs au foot). Ce sont de vrais monstres. La lie de la société. Qui n'hésitent pas à faire des films à sketchs sans monstres à tentacules et gonzesse en bikini et à l'appeler « les Monstres ».

Bon, à côté de ça, hein, le film, mis à part le fait que ce soit des enfoirés de voleurs qui nous font croire qu'on va voir des monstres, il est... italien. Encore plus qu'Affreux, sales et méchants. Les mendiants y exploitent des aveugles, les saint François se pomponnent pour faire des sermons sur la modestie, les réalisateurs kidnappent des grand-mères. Ceci explique sans doute les aiguilles à tricoter sur la place San Marco. C'est pour éloigner les réalisateurs.

Enfin. Tout ça, je ne m'en souvenais plus, mais toujours est-il que c'est un film à voir, ne serait-ce que pour se rappeler pourquoi il faut se méfier des italiens.

 

 

 

 

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 16:11

Le Sénégal a plein de bons côtés. Par exemple, il y a de merveilleux oiseaux, comme les pélicans, les hérons goliath et les baobabs.

Il y a les brochettes haoussa, aussi, et le tieboudjen quand il est bon, la vie politique animée, les monuments de dimensions bibliques (enfin, coraniennes, mettons), la lutte sénégalaise à la télé, les crevettes pimentées, tout ça tout ça. Enfin, je veux dire, c'est plein de trucs qui font que ça vaut le coup d'y être.

 

Et puis, il y a les mauvais côtés, parce que bon, on n'apprécie bien un pays que quand on a réussi à apprivoiser un peu ce qu'il a d'emmerdant (comme les grèves qui donnent à la France son charme indicible, ou la pluie qui rend l'Angleterre supportable en forçant à la fréquentation des pubs et à l'ingurgitation massive d'antidépresseurs houblonnés, tout ça).

 

Au Sénégal, et en particulier à Dakar vu que pour le reste du pays je n'en sais foutre rien, les côtés emmerdants concernent l'eau, l'électricité et le téléphone. Faisons un petit tour, si vous le voulez bien.

 

Pour l'eau, on est emmerdés (au sens propre) quand il n'y a pas de pression et qu'on s'en rend compte qu'une fois qu'on doit tirer la chasse et se laver les mains avant d'aller à la rencontre de personnalités importantes, parce que ça ne donne pas forcément une bonne image de soi de laisser une cuvette tapissée des résidus de digestion des crevettes pimentées précitées (elles peuvent être violentes, des fois), ni de serrer des pognes des huiles internationales et parfois même moustachues de votre patronat quand vos doigts ont le même fumet que la rivière du côté de la baie de Hann (joliment et justement nommée le Rio Merdo).

 

L'électricité a au moins l'avantage de pouvoir se moquer de la France : quand on voit à la télé que le département le plus mal loti a 35 heures de coupures par an (et que c'est la Lozère, ouéé vive la Lozère), et qu'on en a autant dans la semaine, on glousse un peu.

Puis on peut toujours essayer d'y faire quelque chose, au Sénégal, alors qu'en France, même pas la peine d'y penser. C'est l'avantage du délestage : ce n'est pas un accident, quand on est coupé (bien que ça arrive, hein, surtout quand on a des travaux comme maintenant).

Donc, ici, on appelle la Sénélec, et on leur explique que non mais, c'est pas normal, on a été coupés trois heures ce matin, puis c'est revenu, puis reparti aussi sec. Et là, avec un peu de chance, on vous répondra « ha oui mais zut, on a fait une erreur, c'est pas vous qui deviez être coupé », et hop, vous entendez soudain votre réfrigérateur reprendre son ronronnement, et vos yaourts sont sauvés.

Il y a aussi la possibilité d'influencer les malheureux employés, des fois, voire de les manipuler honteusement.

Imaginez que vous êtes en pleine fiesta avec vos amis et vos chevaux, du côté de la baie de Hann (un côté qui sent plus le fumier de cheval que l'humain), et que soudain, paf, les enceintes cessent de vous abreuver les oreilles des rythmes douillets de Francky Vincent.

Que faites-vous ?

Vous saisissez votre portable, appelez la Sénélec et aboyez « mais enfin, qu'est-ce qu'il se passe ? L'évêque de Dakar est venu bénir la baie de Hann, et il n'y a plus de courant ? »

Là, votre interlocuteur devra balbutier quelque chose de pas trop intelligible avec des Son Éminence qui dépassent par-ci par-là entre les « personne ne m'a dit », puis hop, Fiat lux pour l'évêque, et fiat Francky Vincent par la même occasion. Testé et approuvé (paraît-il, mais je n'ai aucune raison de mettre cela en doute).

 

Bon, c'est rigolo, mais reste que y'a quand même plein de coupures de courant et que c'est super chiant quand vous êtes en plein visionnage de Chuck ou de the Wire sur le vidéoprojecteur qui ne tient pas quand vous êtes sur le générateur.

 

Mais le pire, je crois que c'est ce qui nous est arrivé ce week-end : coupure de téléphone, et donc d'internet. Vous appelez la Sonatel, on vous répond que c'est un accident, et que le problème sera bientôt réglé. Vous rappelez le lendemain, on travaille sur le problème, ce sera bientôt réglé. Un peu plus tard, vous décrochez votre téléphone, et joie ! Tonalité !

Vous faites votre numéro de portable, pour tester. Et il sonne ! Youpi ! Vous branchez votre routeur, tout pressé que vous êtes de pouvoir aller voir des blogs fascinants, attendez quelques minutes, les poings serrés et les yeux fixés sur la petite icône en bas à droite de l'écran, celle avec les deux petits ordinateurs et la vilaine petite croix rouge. Qui ne disparaît pas. Toujours pas. Et continue de ne pas disparaître.

Vous réessayez de vous appeler du fixe. Et ça marche. Mais vous vous rendez compte que le numéro qui vous appelle n'est pas du tout celui de votre téléphone fixe.

On vous a changé votre numéro de téléphone.

 

Vous appelez la Sonatel, et effectivement, ce n'est pas votre numéro. C'est celui de la famille Touré. Et la vôtre, elle est devenue quoi ?

 

On y travaille. Le problème sera bientôt réglé.

 

En attendant, puisqu'il n'y a toujours pas le net à la maison, je dois prendre sur mes heures de travail pour poster ça. J'espère que mon vilain patron ne le lira pas.

 

 

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 20:42

Certains le savent déjà parmi vous, je suis actuellement en train de mener ce qu'on pourrait appeler communément « une vie de jean-foutre ».


Plus précisément, je bosse avec des chercheurs, dans un pays infesté de pélicans et de baobabs. Encore plus précisément, je bosse avec des chercheurs qui s'intéressent aux poissons (oui, alors qu'il y a autour plein de pélicans et de baobabs). Il faut de tout pour faire un monde. Plus précisément encore, là, on est sur les poissons des estuaires. Des estuaires d'Afrique de l'Ouest.
Ça nous fait bien une demi-douzaine d'estuaires, tous infestés de poissons plus ou moins goûtus (généralement moins, mais la carpe rouge et le barracuda valent le coup).

Mais là n'est pas la question. Je bosse avec des chercheurs, donc je fais ce qu'ils me demandent de faire, avec entrain, riant à la face des difficultés qui se soulèvent devant moi comme [ha non, quand même, on va pas faire de jeu de mots pourri avec une érection, c'est sale]. Plus précisément, en ce moment, je suis en train de faire de la sous-traitance pour aider un stagiaire. Si. Moi qui ai fait de longues années d'études, qui régente l'accès à la culture de milliards de personnes sur un site privé, je bosse pour un stagiaire. De ma propre école. La honte. Bon, je suis mieux payé que lui, toujours. On se raccroche à ce qu'on a. (et puis je me suis bien moqué de lui quand il s'est fait avoir comme un vrai toubab en allant au marché, ça compense aussi.)

Et donc, cinq jours sur sept, je fais des trucs. Je bosse sur un programme qui devrait servir à dire « hahaha mais non, tu vas quand même pas croire que Pseudotolithus brachygnathus peut bouffer de l'Ephippion guttifer » à un programme qui dit que « allez, on va pas se faire chier, Pseudotolithus brachygnathus bouffe de tout, même de l'Ephippion guttifer, et tant pis pour la rigueur scientifique », lequel programme, ayant été conçu par un type qui est à la pêche ce que Bali-Balo est au du patrimoine paillard français, n'est pas considéré comme du pipi de chat. Ou de poisson-chat, pour rester dans le thème. Arius latiscutatus, A. parkii ou A. heudelotii, je vous laisse choisir votre préféré, ils ont tous un goût de vieille vase molle.

J'œuvre donc sur un programme. Un programme un peu mal fichu, mais je vais pas dire du mal des gens qui l'ont fait, puisqu'ils ont eu leur diplôme (plôme) grâce à ça, même si ce que sortait le programme n'avait aucune signification exploitable et qu'on aurait pu faire un script du genre note_prey=random(), ça aurait économisé quelques centaines de lignes de code et ç'aurait été tout aussi utile. Mais bon, au moins, il tournait, ce programme, me direz-vous. Je suis d'accord, c'est déjà très bien.

Puis il m'a permis de travailler, aussi.

Mais l'ai-je vraiment fait ? Je ne sais plus. Je suis déboussolé, je perds mes repères, je ne sais plus quoi faire, et j'erre dans mon repaire tel un hère plein de misère.
Car voilà. J'ai dû, pour tenter d'améliorer ce programme mal ficelé, me lancer dans l'apprentissage du python (ainsi nommé, ai-je appris, en l'honneur d'une troupe d'anglais majoritairement prénommés Terry), lequel python est un langage de programmation pas trop compliqué.

Mais voilà. Me lançant dans la correction frénétique de bouts de code, je tapais :


>>>a=5/7
>>>print a


Et le résultat que je reçus dans ma face fut sans appel :

>>>0

5/7 = 0. Vous rendez-vous compte des implications ? J'ai eu un moment de doute. Je me suis dit que peut-être que 5 était égal à 0, dans ce cas. Après vérification, il s'est avéré que non, 5=5, sans doute possible.
La face des mathématiques en est changée. Hélas, n'étant qu'un misérable ingénieur, je n'ai aucune connaissance en mathématiques. Je me contente d'appliquer les mathématiques au monde réel.

Et là, que dois-je déduire du fait que 5/7 = 0 ?
Hein ? Moi qui travaille cinq jours sur sept sur python ?
Ça y est ? Vous voyez ?

Je dois me rendre à l'évidence. Je bosse cinq jours sur sept, ce qui correspond exactement à zéro jour. Et je suis payé (grassement) pour ça.

Les mathématiques m'ont démasqué. Je ne peux plus fuir la réalité en me cachant derrière des faux-semblants, on ne peut pas se cacher des mathématiques.

Je m'en vais démissionner. C'est la seule voie possible pour conserver un peu d'estime de moi.
A bientôt.

 

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 17:42

 

 

Bon. Suite à une discussion avec ma grande soeur outrée, je me dois de faire mon mea culpa : ce n'est sans doute pas une tortionnaire nazie comme j'ai pu le faire croire.

En fait, je tenais au titre précédent, qui m'était venu après quelques bières et liqueurs au bistrot toulousain d'à côté de la maison, du coup, j'ai écrit l'article dans les brumes de l'alcool, et c'est mal (étrangement, ce n'est que quand je suis cuit que j'écris sur ma soeur. Et quand j'écris quand je suis cuit, c'est généralement sur ma soeur aussi. Si ce n'est pas une tortionnaire nazie, elle a quand même gravé une empreinte indélébile sur mon cerveau, et pas seulement à coups de boules de pétanque. C'est très bien, ça me donnera à discuter avec mon psy, pour quand j'irai voir un psy pour dépenser mon argent, quand j'aurai de l'argent, et me permettra de continuer à alimenter un blog moribond).

 

Bref. Pour être tout à fait honnête, je ne connais pas à ma soeur un goût prononcé pour les tenues kaki, je ne l'ai jamais je n'ai vue brailler « Heil Hitler » en tendant le bras, pas plus que je ne l'ai surprise à écraser une cigarette sur le front d'un petit enfant juif. Certes, elle ne connait pas (que je sache) de petit enfant juif, mais en connaîtrait-elle que je suis convaincu que même si elle fumait, elle ne lui écraserait jamais sa cigarette sur le front, aussi insupportable puisse-t-il se montrer (en tant qu'enfant, entendons-nous, pas en tant qu'enfant juif. Les enfants sont tous insupportables, quelle que soit leur confession).

 

Je retire donc ce que j'ai pu dire précédemment : rien ne laisse à penser que ma grande soeur soit une tortionnaire nazie. Oui, j'assène, c'est pour être sûr d'être bien compris.

 

D'ailleurs, elle a bon fond, en fait.

Tenez, dans sa folle jeunesse, elle a passé deux mois à regarder des vidéos de copulation de pucerons. Deux mois. A regarder des trucs qui sont à peine plus que des points avec des pattes grimper sur d'autres points avec des pattes. Enfin, j'imagine, si ça se trouve, c'est encore moins excitant que ça. La seule chose intéressante, chez ces bestioles, qui les distingue un peu du reste du règne des bestioles inintéressantes à six pattes, c'est qu'elles sont vertes. Ca ne fait pas beaucoup. Et elle a passé deux mois dessus. Même le côté vert ne devait plus avoir beaucoup d'attraits.

 

Je sais pas vous, mais moi, ça m'aurait donné des idées de meurtre. De meurtre de pucerons, au moins. Ha ça, j'aurais pas hésité, fin du stage, hop, au four les pucerons.

 

Pas elle. Elle, elle a eu pitié. Et ces bestioles, qui lui ont fait passer des mois d'ennui profond, elle leur a cherché un toit à la fin de l'étude. Elle les a gardés, dans leur petite boîte de Petri, en espérant leur trouver une famille adoptive, qui aurait un rosier compatissant.

 

Bon, ça n'a pas marché. Mais elle a essayé. Est-ce qu'une tortionnaire nazie ferait ça ? Sans doute pas.

 

Ce n'est pas tout. Est-ce qu'une tortionnaire nazie aimerait se salir pour faire la cuisine ? Sans doute pas non plus. Une tortionnaire nazie mangerait des patates soigneusement épluchées avec des gants Mapa. Chez nous, pas de gants Mapa. Même pour faire la vaisselle.

 

Est-ce qu'une tortionnnaire nazie serait persuadée de l'inutilité du prépuce ? Bien sûr que non, puisque nos petits capuchons sont ce qui nous distingue des petits enfants juifs (en plus de leurs doigts crochus et de leur petit sac d'or autour du cou, ça va de soi).

 

Est-ce qu'une tortionnaire nazie ferait du mal à un charmant petit enfant blond aux yeux bleus, baptisé et fréquentant régulièrement la messe de Noël pour faire plaisir à sa mamie ? Jamais de la vie, ces gens-là ont une éthique. Et pourtant, je l'ai assez dit, ma soeur ne s'en privait pas.

 

Voilà. J'espère que malgré ce que j'ai pu en dire plus tôt, sous l'emprise maléfique de l'alcool sénégalais, vous êtes maintenant convaincus que ma soeur n'a rien d'une tortionnaire nazie. Et elle mérite bien qu'on lui reconnaisse au moins cette qualité-là.

 

 

 

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 13:42

Jusqu'à ce jour, je n'avais jamais sérieusement considéré l'hypothèse que ma soeur puisse être une espèce de tortionnaire nazie. Ho, je ne dis pas que je ne l'ai jamais imaginée comme une opulente Walkyrie, avec casque à cornes, chevauchant une monture ailée, bien que ce soit le cas avant ce soir.

 

Je ne dis pas non plus qu'elle n'a jamais tenté d'attenter à la vie de quiconque, à grands renforts de fourchette ou de boule de pétanque, ce serait mentir. Elle l'a fait, en l'occurrence à moi, et d'autres choses encore (lapider mon matelas avec son tout nouveau laguiole d'anniversaire, me convaincre de tenter un saut périlleux depuis les sommets alpestres de notre lit superposé, j'en passe et des meilleures).

 

En bref, les circonstances de toute une enfance partagée auraient dû me mettre sur la voie, mais ce ne fut pas le cas, et jamais je n'ai pensé que ma soeur était plus qu'une dangereuse psychopathe aux tendances légèrement aiguillonnées par un petit frère plutôt merdeux. Une grande soeur tout ce qu'il y avait de plus banale, quoi. Peut-être un peu plus inventive dans ses tortures que d'autres, mais je n'avais pas de point de comparaison, n'ayant qu'une seule grande soeur.

 

Mais ce soir, avec le recul que seule permet une imbibation d'alcool en milieu tropical, je me suis dit « ho putain, et si ? ».

 

Et si quoi ? J'ai du mal à le dire. C'est trop affreux.

Mais je ne vois pas d'autre explication. J'ai bien lu et relu mes relevés bancaires, et ils sont formels : en l'espace de deux mois, mon compte a été débité de pas loin de mille euros, prélevés par Gaz de France.

Alors je veux bien qu'on ait une maison chauffée au gaz, et que mon beau-frère camerounais soit un tantinet frileux (coucou Christian), mais quand même, quand j'en discute avec les gens, la réaction générale est « ho putain, tout ça ? Mais attend, normalement on paye même pas ça en deux ans ! »

 

En frère au coeur d'or, je me suis précipité sur mon téléphone pour appeler ma douce soeur et lui dire « non mais t'es sûre qu'il y a pas de problème, pas de fuite ni rien la maison est pas sur une poche de gaz qui va exploser et ne laisser de vous que des petits bribes d'organes carbonisés non-identifiables ? ». Elle en était sûre. Et depuis, la maison n'a toujours pas explosé, à ce que je sache (les nouvelles que j'ai sont plutôt dispersées).

 

Alors que devient tout ce gaz ? A quoi sert-il ?

J'ai épluché les précédents historiques, et je n'ai trouvé qu'un seul événement qui corresponde. Un seul qui puisse expliquer cette consommation plus qu'inhabituelle : la solution finale.

 

Ma soeur est une criminelle nazie qui gaze des gens dans notre maison, mon ancien chez-moi.

J'aurais dû m'en rendre compte plus tôt. Déjà, elle travaille dans une boîte qui est un peu l'équivalent d'IG Farben. Elle est spécialisée dans les pesticides. Elle tue de la vermine contre de l'argent.

 

J'aurais dû le voir venir, bordel. J'aurais dû décrypter les signes. Je ne l'ai pas fait.

Il doit y avoir un charnier dans la cave, maintenant. Sous les sacs poubelles remplis de nounours et les cartons de fringues des années 80.

 

Je ne sais pas de qui il s'agit. Je ne suis pas sûr de vouloir le savoir.

Je ne vois qu'une personne qu'elle ait jamais tenté de tuer, ou prétendu vouloir tuer, et je suis loin d'ici.

Mon dieu, c'est ma faute. C'est moi qui ai fait naître chez elle ces penchants homicides. Et maintenant que je suis loin, elle s'en prend à d'autres. A des innocents. Sans doute des binoclards à coupe au bol.

Je le sais.

 

Les faits sont là, la facture est là, c'est suffisant pour que ma certitude ait l'inébranlabilité d'un pape nonagénaire.

Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 20:42

Il arrive que, des fois, on m'interroge : "non, mais ce site où tu passes trop de temps, t'y fais quoi exactement ?"

Ca n'arrive pas souvent, pour être honnête, mais ça arrive. Généralement, ce sont des gens de ma famille qui me pose la question, quand ils ne sont pas en cuisine.

 

Et bien, j'aide mon prochain. Je fais du bénévolat pour le bien de parfaits inconnus, qui viennent me voir, et je fais part de leur doléances à d'autres inconnus, dans des articles lyriques à vocation vocative.

Parfois, donc, j'écris des articles pour eux. Si vous ne comprenez pas tout, c'est normal, c'est pas fait pour les étrangers, mais si vous allez à la fin, vous pourrez faire votre BA et avoir du chaud dans le ventre. Voilà donc.

 

 

En DMZ, on est des gentils. On aime bien aider les gens, c'est notre dada à nous.

Alors, quand un brave citoyen s'approche de nous, de l'espoir plein les yeux comme autant de petites paillettes brillantes d'amour, et nous demande s'il nous plait est-ce qu'on pourrait peut-être éventuellement lui rendre un petit service si ça dérange pas trop parce que ça l'aiderait trop et que ça lui ferait super trop plaisir et que ça l'aiderait à réaliser un rêve d'enfant fou, quand il courait dans les champs en riant à gorge déployée, pour faire s'envoler les alouettes et les regarder voler, voler dans les cieux comme un cheval fougueux, vers les étoiles, vers l'inconnu, vers ce grand brun ténébreux que les lignes de sa main lui prédisent prochainement, et que et que et que ce serait franchement super trop bien et il nous aimerait toute sa vie et par-delà les monts et les bambouseraies et les médinas, et que nous sommes les plus à même de réaliser ce rêve, que dit-il, les plus à même, nous sommes les seuls qui puissent donner un sens à sa vie, à pouvoir le faire sortir du carcan de la société métroboulododienne et lui faire danser le mandingue au milieu des dauphins, que voulez-vous, quelque part, on est attendris. On a même envie de lui tapoter un peu la tête, pour tout dire.

On réfléchit un peu, puis on se dit, ho, allez, pourquoi pas ? On est un peu là pour ça, hein. Puis il promet de nous envoyer des cartes postales, en plus. On va pas cracher dessus, non plus.

Alors, qu'on se dit, hop, on va lui faire ce petit plaisir et publier sa touchante demande. Et peut-être que les citoyens l'aideront, après les récriminations de nos habituels rabat-joies qui cautionnent pas parce que ci et ça et c'est encore un coup des capitalistes et t'es qu'une marionnette de Babylone et tout.

Bon, alleï, qu'on se dit donc. Ca roule.

Puis voilà-t-y pas qu'on reçoit une seconde propa d'un autre citoyen, qui, croyez-le ou non, a le même rêve, les mêmes alouettes, les mêmes bruns ténébreux dans la paume, et tout et tout.

Fichtre. Que faire ? On va quand même pas favoriser quelqu'un, ce serait mal. Même si la fiche de l'un est conforme et l'autre non. Pas notre genre. On n'agite pas une tétine au dessus des gorges de nos deux bébés en pleurs, nous. Nous voilà bien embêtés. On fait quoi ?

On réfléchit. Dur, en plissant le front, comme ça.
Puis pouf ! Que se passe-t-il ?

Hé oui ! Un troisième rêveur qui vient nous attraper la manche, avec les alouettes dans les mirettes, les dauphins dans les paillettes et le mandingue ténébreux dans les étoiles déployées.

Nous n'avons plus qu'une option : ne passer l'article d'aucun, et vous inviter à aider chacun.

Comment donc ?

C'est simple : nos quatre zigotos, là, que veulent-ils ? Le meilleur CDD du monde. Être ReporTour du Monde en 80 jours pour un journal dont nous ne citerons pas le nom. En gros, si j'ai bien compris, voyager pour des prunes, voir du pays, et être heureux. Et ramener de belles propas en DMZ, si j'ai bien compris. Bon, en fait, on s'en fiche, on veut juste leur bonheur, qu'ils obtiendront en quelques clics.

Tout ce que vous avez à faire, c'est voter pour eux. Ou l'un d'entre eux, ou deux, si vous n'en aimez pas un, ou deux.
Au point où on en est, vous pouvez aussi vous inscrire, hein. On va pas vous empêcher. On pourra même voter pour vous, et vous mettre en edit de cette propa.

Voilà donc nos amis rêveurs et veuses parfaitement anonymes :

XXXXXX : http://reportour.francesoir.fr/CyrilPerez
YYYYYY : http://reportour.francesoir.fr/AntoineDAudigier2
ZZZZZZ : http://reportour.francesoir.fr/AmelieDodinet
AAAAAA : http://reportour.francesoir.fr/AgnieszkaTarlowska

Vous pouvez maintenant demander à chacun pourquoi on voterait pour lui et pas pour l'autre dont la fiche est plus conforme / qui est plus gradé / qui a des nichons / qui est prêt à vous donner plus de crédits / qui est prêt à écrire plus de propas pour la DMZ.

Que le meilleur(e) ait ses chances !

 

Voilà. Même vous pouvez cliquer, et moi, j'ai un article de plus à pas cher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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