Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /2007 12:01
Aujourd'hui, je me suis remis au tricot.

J'avais commencé pendant mon stage à Bordeaux, par défi et pour passer le temps dans l'appartement glauque du quartier aux putes et aux dealers grouillant de cafards où je logeais.
Je m'étais donc acheté une pelote de laine vert lagon 3 1/2 et des aiguilles 3 1/2 aux galeries Lafayette, et j'avais profité de la connexion internet dont je disposais pendant mon stage au C******* pour trouver un site pour tricoteurs débutants, dont j'avais enregistré les premières leçons sur ma clé USB.

Après une nuit passée à essayer de comprendre comment mettre le premier rang de mailles sur les aiguilles, assis sur mon lit à entortiller des longueurs de fil autour de mes  doigts, faire des boucles, les refaire à l'envers, les serrer sur les aiguilles, puis croiser les aiguilles (ce qu'il ne faut pas faire), nouer, dénouer, mordre dans la laine, tout jeter par terre, piétiner rageusement et hystériquement (comme pour les bébés cafards dans les toilettes) et recommencer, finalement, j'ai réussi.
Je suis donc venu fièrement au C******* avec mes aiguilles et ma pelote dans mon sac, où une gentille thésarde m'a montré le point de base et m'a aidé à faire mes premiers rangs de mailles. Je me suis donné pendant quelques semaines, quelques laborieuses heures par soir, quand je n'écrivais pas des lettres interminables et illisibles (toujours par désoeuvrement). J'avais 30 bons centimètres d'écharpe verte.
Puis j'ai arrêté (j'avais trouvé des librairies BD et obtenu une connexion internet chez moi).

Cet hiver, en Lozère, chez ma grand-mère, je m'y suis remis.
J'ai racheté des aiguilles, plus courtes et plus épaisses (chez les aiguilles non plus, ce n'est pas la taille qui compte), des pelotes de laine plus jolie, et roulez jeunesse ! En une soirée, j'ai fini toute une pelote, même ! (je sens vos sourcils grimper le long de fronts plissés par une stupeur de bon aloi, mais c'est vrai, sur la tombe de la marsouine que j'ai découpé mercredi dernier !)

On a passé la nuit du Nouvel An à tricoter devant la télé, moi, ma petite soeur (grâce à moi) qui se faisait une écharpe rose et pelucheuse, et ma nounou marocaine (un bonnet noir). Y'avait que ma mamie qui tricotait pas, elle supervisait. Exaltant Nouvel An. Puis j'avais re-arrêté.

Donc, aujourd'hui, je m'y suis re-remis. Un bon bouquin en parallèle, plus un forum, MSN, la télé et  Radio Pandora en fond, et une petite soupe assortie à mon tricot (tant qu'à faire). Pas facile à gérer, mais j'avance, un peu.

Bon, quelques problèmes persistent : de manière inexplicable, je n'arrive pas à garder le même nombre de mailles d'une rang à l'autre, ce qui fait que mon écharpe s'élargit depuis son extrémité, je m'en rends compte, je saute des mailles ou j'en double (je sais pas trop) pour essayer de rétrécir un peu, des fois c'est trop serré, j'arrive plus à planter mon aiguille, des fois ça l'est moins, et ça fait pas propre, des fois, y'a des trous...

Mais j'ai bon espoir. Si je trouve de la laine de la même couleur, je pense pouvoir finir ma première écharpe d'ici Noël prochain.
 Et après ça, j'apprendrais la maille à l'envers !
Confiance.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 22:38
En rentrant du Code, ce soir, dans la nuit noire, j'ai réalisé quelque chose : j'adore me faire des films.
Jusque là, pas de problème, c'est même plutôt bien (je trouve. Vous êtes pas obligés de penser pareil, mais je vais faire comme si), ça fait passer le temps. Le problème, c'est que c'est pas du [insérez ici un nom de réalisateur que vous admirez, je fais confiance à votre bon goût ], ça se rapproche plus du téléflime de 22h30 sur TF1, le jour du film de merde de 22h30 sécuritaire (Et tant pis pour les effets stylistiques subtils).


Exemple bateau de ce soir : je croise, dans une rue obscure, une voiture garée, avec un pépé au volant et un gamin gras et à l'air bovin à côté. Que m'imagine-je ? Un brave pépé ramenant chez lui son petit-fils, et lui expliquant la manière de mener une vie droite et honnête ?

Nan. 
Je vois le pépé sortir, me braquer avec un flingue pendant que le petit gros sort une batte de base-ball de la bagnole, en tapote l'extrémité contre sa paume, puis la soulève pour me donner un grand coup dans la gueule. Je bloque la batte quand elle fuse vers ma tête, je lui arrache des mains, je désarme le vieux (à la batte ou d'un coup de pied retourné) et je donne un coup de batte derrière les genoux du petit pour le foutre par terre pendant que le vieux a mal aux doigts. Sale petit vieux, perfide et lâche.
Je tiens les deux en joue avec la batte, et j'appelle le 112 avec mon portable. (oui, le 112, comme ça je serai redirigé par un opérateur vers le service compétent, je le sais pasque je sors du code et je me suis planté à cette question débile).
Je donne mon nom, en plus, comme ça si ils arrivent à me désarmer et à me braquer, ils pourront pas prétendre que c'est moi qui les ai attaqués, haha je pense à tout, ils m'auront pas...

Je crois que mon subconscient essaye de me pousser à voter Sarkozy...

En même temps, le test du Monde me l'a dit : je suis plus proche de Mijo. Même que pour elle je fais du militantisme actif : je distribue des tracts bolcheviques à mes colocs, ceux que le copain de ma ptite soeur m'a filés.

Alors, je fais quoi le 22 avril ? Je suis mon subconscient, ou je fais ce que ma conscience sociale (inculquée par des années de tradition familiale) me dicte ?

...

En même temps, j'ai deux votes pour la présidentielle, ma soeur doit me faire une procuration.

Ma schizophrénie pourra être satisfaite.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 00:12

Les talons de nos bottes claquent sur le sol dallé. Devant nous, les deux corps gisent, par terre, un peu de sang à la commissure de la bouche.

Willy et Gérard nous attribuent le nôtre.

 
On enfile nos lunettes de protection, « pour éviter les projections. En même temps, après une semaine, y’a peu de chances », et on se penche sur le corps.


Individu de sexe féminin, taille 1m26, prépubère, âge indéterminé. Morte depuis une bonne semaine, donc. Accident.

La peau lisse se fripe comme un vieux sac plastique dès qu’on tente de déplacer le corps.

 Nous commençons par extraire les dents. Je suis le premier. Je fais glisser le couteau le long des dents, l’insère dans la gencive, un petit mouvement de va-et-vient pour briser l’os et désolidariser les racines sans les abîmer. Je travaille la lame vers l’extérieur. Puis je refais la même chose du côté intérieur de la mâchoire. Bizarrement, j’ai des scrupules à appuyer la lame sur la mâchoire supérieure au risque d’abîmer la joue. Willy me le rappelle : elle s’en fiche, elle est morte.

Je sectionne ensuite entre deux dents, à l’avant et à l’arrière de la mâchoire. Je fais levier avec la pointe de la lame, puis je saisis le bout de mâchoire, et en tirant un peu, les dents viennent, attachés à un bout d’os rosé. Mes deux collègues refont la manip.

Willy nous fait une démonstration d’une technique plus rapide : il ôte au couteau la partie inférieure de la joue, et dénude l’os en incisant la peau de la gencive. Puis il y va au sécateur. Il faut faire attention aux éclats d’os, qui peuvent trancher dans le gant en latex. Pas besoin de s’exposer aux risques d’infection.

Une fois nos petites dents rangées soigneusement dans un sachet soigneusement annoté, nous abandonnons la tête, un peu ravagée. 

Le protocole exige ensuite un prélèvement de tissu adipeux.

J’insère le couteau dans le côté du dos. La pointe rencontre une petite résistance, la peau est élastique. Puis la lame s’enfonce comme dans du beurre mou sur deux bons centimètres. Je trace un carré, je soulève, et j’incise sous la couche de graisse, jusqu’à ce que le carré se détache. Ca vient facilement.
Je répète l’opération en dessous pour extraire un morceau de muscle, rouge sombre et juteux.
Mes deux collègues font la même opération de l’autre côté du dos.

Nous procédons de l’extérieur vers l’intérieur. Maintenant, il faut ouvrir.

C’est Willy qui pratique l’incision, faisant le tour de l’omoplate et le long du dos jusqu’à l’anus. En perçant la peau, on peut tirer dessus pour accéder au tissu conjonctif, que l’on sectionne, créant un rabat de chair. Les côtes apparaissent, on les tranche au sécateur. En les rabattant vers le bas, on fait saillir les articulations, et il suffit de faire glisser la lame affûtée pour faire céder le cartilage.

On ôte le côté de la cage thoracique. Les poumons, et le diaphragme, presque violets, s’offrent à nous.

La section de la bronche dérange quelque chose : je crois voir des espèces de tentacules se rétracter dans le poumon. Je regarde de plus près : un amas de vers blanc-rosés. Des parasites. Par dizaines, qui ont éclos dans les alvéoles. Saloperies.

On pose le poumon sur le sol. Il sera analysé plus tard. 

Ma collègue se charge du prélèvement de l’estomac. Elle ligature l’œsophage, déchiquette le diaphragme à la main pour isoler l’estomac. Le temps commence à presser.

On ligature aussi le duodénum (la partie antérieure de l’intestin), à deux endroits, et on sectionne entre les deux nœuds. Le contenu de l’intestin nous dérangera pas.

En libérant l’estomac, on découvre un ganglion mésentérique. Une masse blanche et hypertrophiée. Au lieu d’un centimètre cube environ sur un individu normale, il fait près d’une dizaine de centimètres de long et trois de large. La pauvre était dans un sale état, méchamment infectée, comme les vers qui grouillaient dans les poumons le laissaient supposer.

Reste plus que les reins et les ovaires. On les expédie vite fait. On doit partir. 

On laisse les cadavres par terre. Les nettoyeurs s’en chargeront.
Un coup de jet, on se déshabille, jetons nos gants. Mes mains sentent le latex et la sueur.


C’est cool, la dissection de marsouin.


Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /2007 13:15

Aloha, amigos.

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, j’ai choisi un titre avant d’avoir la moindre idée de ce que j’allais pouvoir mettre dans mon article.

Evidemment, il fallait que ça tombe là-dessus. J’aurais pu penser à « Dix recettes minceur pour rentrer dans votre bikini cet été » ou « l’invasion des kangourous par les eaux de ballast : canular médiatique ou scandale de la mondialisation ? », mais non. Sale temps pour les ravioles. C’est d’autant plus perturbant que je ne sais même pas d’où ça peut sortir. D’une part il fait beau, (ndlr : à l'instant où cet article a été écrit, en fait. Ceci est une rediffusion. Arte le fait, moi aussi j'peux.) d’autre part je ne sais même pas à quoi ressemble une raviole, ni même si c’est féminin ou pas. J’ai le malheur d’avoir un cerveau qui m’envoie des messages incompréhensibles, non seulement au commun des mortels (toi, qui lis, là), mais à moi-même également. C’est quoi une raviole ? Ca ressemble à un ravioli ? Va falloir que je cherche sur Google.

 

 

Ah. Ben en fait c’est laid. Blanc sale, carré, sans imagination. Je commence mieux à comprendre. Effectivement, on peut dire que c’est un sale temps pour les ravioles. En même temps, je ne sais pas quel temps pourrait leur être favorable. Comment est-ce qu’on en est arrivé là ? Comment une société civilisée (si tant est qu'on puisse traiter les italiens de civilisés) a-t-elle pu commettre la raviole ?  Il paraît évident que cette pauvre bête ne va pas pouvoir survivre longtemps. Regardez un de ses concurrents, la harira (miam).

 

 

Ou celui-ci.

 

 

C’est autre chose, non ?

 

Ces haricots luisants, ces saucisses charnues et sensuelles, cette sauce épaisse et nutritive même par écran interposé… c’est irrésistible, non ?

Après cette comparaison, qui pourrait encore hésiter ?

 

A présent, je comprends (et je me répète, je sais). La raviole a vécu sa vie, elle a nourri des pauvres et tout, mais bon là, ça commence sérieusement à plus être possible.

Tous ensemble, sifflons, huons, et disons adieu à la raviole.


Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Samedi 17 mars 2007 6 17 /03 /2007 09:55

Moi, j'ai un pote (ça paraît extraordinaire, dit comme ça, mais c'est vrai).
Un bon pote, même. J'en ai d'autres, mais avec lui, c'est spécial, on est frères de carte téléphonique. Il y a trois ans, on a cassé une carte téléphonique en deux (une finie, hein), on a chacun pris une moitié et on la porte toujours sur nous, pour au cas où on se croiserait, comme ça on peut la sortir en poussant des petits cris. Bon, en fait, on pousse pas des petits cris parce qu'on est pas des gonzesses, hein, mais on la sort, et on se regarde dans les yeux, comme ça, et tout plein de choses passent dans notre regard. Par exemple "tu croyais m'avoir, mais je l'ai, ton bout de carte à la con".
Ha, c'est quelque chose, l'amitié virile, hein.

Puis hier, il m'avait proposé, parce que sa copine pouvait pas venir, d'aller à la remise des trophées de l'APAJH, l'Association Pour les Adultes et les Jeunes Handicapés (je sais pas pourquoi le H est en plus petit, peut-être qu'ils veulent qu'on remarque moins qu'ils sont zhandicapés, mais ça me paraît bizarre). Oui, parce qu'il avait des places gratuites, hein.
Alors on y est z'allés. Puis il avait compris qu'il y aurait Jacques Chirac, ça se refuse pas de voir un président de la République, hein. Bon, en fait Chirac il était là juste par la pensée avec nous, très fort. A la place, on a eu Julien Lepers.

Quand même. Il était tout excité, il faisait des petites blagues, "ha mais non je me suis trompé je suis pas à Questions pour un Champion", et tout, mais il se faisait pas de pub, hein, juste il nous a signalé gentiment que dans un mois, un mois et demi, y'a le Spécial Grandes Ecoles, qu'il faut pas le louper. Je crois qu'il prend de la cocaïne.

Donc cette remise de trophées, sous le haut patronage de Monsieur le Président de la République Jacques Chirac, au Palais des Congrès de Paris, a eu lieu hier.
C'était très bien, en plus, on a applaudi tous en choeur quand Son Excellence l'Ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique est venu déchiffrer, la sueur coulant sur son front, son discours d'honorage d'être ici (je suis pas sûr qu'il comprenait ce qu'il lisait), on a applaudi plus fort quand madame Giannini est venue nous raconter comment elle avait commencé à s'intéresser aux handicapés et que finalement elle leur a consacré 50 ans, et elle a fait plein de trucs bien, puis on a applaudi à chaque remise de trophées, pour les entreprises qui sont bien pour les handicapés, (Accor cette année), les villes qui s'aménagent le mieux pour les handicapés (cette année, Sélestat, Bas-Rhin), le truc de service public le mieux foutu (cette année, Forez Aquatique Feurs), les machins culturels (cette année, l'assoc L'enfant @ l'Hôpital), le machin européen (cette année, des grecs)

On a beaucoup applaudi, cette soirée, les trophisés et les trophiseurs. Même que dedans y'avait des gens que je connaissais, Claire Borotra, Thierry Frémont, Titouan Lamazou, Laurent Boyer (si, si)

Puis on a aussi applaudi les spectacles, que dedans y'avait des trucs bien, y'avait le danseur étoile Desmond Richardson, Mayra Andrade, une chanteuse capverdienne (très mignonne) que mon pote sentait la saudade dans le dedans de lui, un groupe de gospel, Mario Biondi, un crooner italien avec un groupe de jazz pas dégueu qui l'accompagnait, des danseurs de hip-hop, y'avait des "rockeuses" (aussi rockeuses que Corneille, quoi, comme disait mon pote) bien foutues dont j'ai oublié le nom, Martin Rappeneau, pis Passi avec un autre gars, le comique (hum) marocain Booder, Lord Issa, le didji (dixit Juju) meilleur DJ hip-hop 2007...

Puis y'a eu un défilé sympatoche avec des pom-pom girls pas très synchros, des mannequins en fauteuil ou sur béquilles, et même Marylin Monroe en play-back sur Diamonds are a girl's best friends. Ca, c'était la bonne idée du truc, parce que elle commençait à danser en ombres chinoises, et quand elle déchirait la toile, c'était une noire (magnifique, en plus). Ca fait son petit effet.

Le tout traduit en direct sur écran géant en langues des signes, avec un traducteur avec des faux airs de Lambert Wilson, et une traductrice aux faux airs de Clotilde Courau (miam).

Bon, en fin de compte, ça s'est très bien passé, hein. Pas de regrets, on a eu notre content d'huiles, y'avait même Christiane Taubira qui ne s'est pas du tout faite remarquer qu'on l'a vue par hasard en sortant.

Le seul point noir, c'est que ça s'est fini à pas d'heure, qu'on a décidé de rentrer à pied parce qu'il devait plus y avoir de métro, et que c'était porte Maillot (tout tout au nord de Paris, quoi) et qu'on habite au sud de la porte d'Orléans (tout tout au sud de Paris). Donc on a essayé de s'orienter, on a réussi au bout d'un moment, on a fait tout les Champs-Elysées, le boulevard Saint-Germain, Saint-Michel...
Au bout de deux heures de marche, on a décidé de prendre le bus, parce que mon pote était un peu maladou.

Puis finalement, on est arrivés. Pas de chute pour aujourd'hui.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /2007 10:36
J'aime pas téléphoner.
Une espèce de phobie. J'aime pas parler de loin aux gens que je connais pas, de loin, et c'est bien pire s'il y a quelqu'un dans la même pièce que moi. Là, je sens toute la désapprobation qui pèse sur chacun de mes mots maladroits, mon bafouillis tremblotant doit paraître inaudible à mon malheureux correspondant qui n'a rien à foutre de ce que je lui demande, une suée froide se met à couler le long de mes cuisses, le micro du combiné claque contre mes dents serrées.

C'est handicapant.
Pendant mon stage au [biiiiip], où j'étais censé rechercher des données, entre autres en appelant ce qui se fait de pire comme correspondants, des fonctionnaires qui ont du travail, j'ai rusé. J'ai envoyé des mails, j'ai cherché tout ce qui était possible sur internet, j'ai déclaré "ouais mais ces données on s'en fout", je reculais le moment fatidique en travaillant au lieu de surfer ou en me rendant compte que c'était l'heure de la troisième pause café de la journée (vive la recherche publique).

C'est d'autant plus ballot que chaque fois que j'ai réussi, contre mon gré, à passer un coup de fil, je suis tombé sur quelqu'un de sympa (qui me disait en général : "ha non, ces données j'ai pas" ou "c'est sur internet". Pas si dur, donc.

Mais même.
Là, j'ai beau rien foutre de mes journées, ça ne m'empêche pas de ne pas appeler France Télécom ou EDF, ou des gens que j'aurais dû (ou le pire, des amis qui auraient pu trouver un travail).

Je préfère encore marcher et aller voir les gens que leur téléphoner. Là, je viens (après 4 ou 5 mois d'insistance de mon papa) d'aller à la mairie (20 minutes de marche) pour demander des sacs poubelles pour le jardin. Parce que j'ai des feuilles mortes qui traînent dans le (petit) jardin depuis novembre, que j'ai commencé à désherber, et qu'un sapin de Noel traîne encore sur la terrasse (débité en petits morceaux par une de mes colocs la semaine dernière), et que la voisine est en train de faire tomber des branches dans la cour (ouais, j'ai une cour, un jardin et une terrasse. Et 5 colocs et un chat). Je rentre donc gaiement dans la mairie, je me dirige guillerettement vers la charmante secrétaire...

Et elle me donne un numéro de téléphone.
Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Jeudi 15 mars 2007 4 15 /03 /2007 11:11

J’aime pas faire la cuisine.

Par contre, j’aime bien tout ce qui vient en amont de la cuisson.
J’aime bien éplucher, les patates, les carottes, les courgettes, les navets, mais pas trop les aubergines. Trop artificielles, les aubergines.

Je suis devenu un vrai pro de l’épluchage de patates, de carottes, de courgettes et de navets.

D’aubergines aussi, à mon corps défendant. On aime la ratatouille chez moi.

Puis j’aime encore mieux l’écossage. De petits pois et de fèves et de haricots blancs. Mais j’aime moins l’éfilage des haricots verts.

Ca date de ma prime enfance, quand j’aidais ma nounou marocaine à écosser les petits pois et les fèves, pour le plaisir de trouver des petits asticots dans les cosses. Je les gardais précieusement, dans des boîtes vides de Maxilase ™, le meilleur des sirops pour la toux, il est sucré et tout.

 

Plus récemment, j’ai découvert le pouvoir hypnotique du fouettage d’omelette. Je peux rester vingt minutes à battre une omelette, avec de la crème fraîche pour faire plaisir à mon coloc,et pas trop de sel, parce qu’il doit faire attention à osn hypertension. La crème fraîche, ça fait changer l’omelette de couleur, elle devient plus rose-orangée.

Puis on peut varier le mouvement de poignet, ça garde en forme pour le babyfoot. Je fais des exercices, je bats de gauche à droite, je change de prise sur ma fourchette, je bats de haut en bas au lieu de le faire en oblique. Si on le fait assez vite, ça fait se soulever la surface de la mixture dans des figures super jolies, mieux qu'un kaleidoscope. Je pourrais regarder ça pendant des heures.

 

Tout ces trucs, j’aime bien, ça vide la tête. Quand j’épluche, que j’écosse ou que je bats de l’omelette, je crois que je me rapproche du Nirvana.

Bouddha n'avait rien compris.


PS : oui, le titre est con, mais je trouvais que ça sonnait bien.


Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /2007 10:40

Ode

 

Quand tu m’es apparue pour la première fois, tu m’as d’abord irrité. Je te trouvais pénible, je me suis débarrassé de toi le plus vite possible.

Je ne le savais pas encore, mais tu es une coriace. Tu es revenue à l’assaut, un nombre incalculable de fois. D’abord, tu te faisais douce, tu apparaissais sous mon nez sans même que je m’en rende compte, et tu ne t’imposais pas. Je t’ai repoussée, un peu malgré moi, tu es revenue, plus régulièrement, tu te faisais plus dure. Tu savais ce qu’il me fallait, en ta présence, je me sentais un homme.

Finalement, je t’ai accepté, accueillie. C’est ce que tu attendais, apparemment, car tu a retrouvé ta douceur. Tu grandissais, toi aussi.

Grâce à toi, j’ai fait des rencontres, des gens qui ne m’auraient peut-être pas adressé la parole venaient vers moi. Tu attires certaines filles, hein !

Tu as tes mauvais côtés, c’est vrai. Tu n’es pas toujours propre, tu fais peur aux enfants et tu aimes te faire tirer, par les filles, et pas seulement par moi. Mais bon, je peux l’accepter, en fait, ça ne me déplaît pas, à vrai dire. Et puis tu restes avec moi, malgré tout, jour et nuit.

Certains te trouvent laide, et me disent que tu dois être étouffante, et que je serais mieux sans toi.

Ils ne me feront pas te quitter, ma barbe.


 


Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /2007 19:25
Hier.
Encore une journée morne, dont le point d'orgue promettait d'être la découverte d'un ver de terre de première catégorie durant mon arrachage compulsif des machins verts qui poussent dans le fond de ma cour.
Une sacrée belle bestiasse, hein, un vrai appât à grand requin blanc, un ver issu des rêves les plus fous de l'Oiseau-Roc, limite que je l'ai pris pour un serpent python bicolore de rocher, que j'ai eu du mal à le tenir dans les mains.

Un gros ver, quoi.

Puis, vers sept heures du soir, sonne le téléphone :
"Tututututut !
Je décroche.
-Allô ? profère-je avec la fermeté désagréable dictée par la possibilité que ce soit un employeur potentiel qui m'appelle.

Et là, qu'ouïs-je ? Je vous le donne en mille, une voix féminine et sensuelle, qui susurre à mon oreille instantanément moite de désir :
-Bonjour, puis-je vous déranger deux minutes ?
Ben et que comment que vous pouvez, mademoiselle ! que je pense dans le for de mon intérieur, pour mon premier contact humain de la journée, tomber sur une demoiselle à la voix aussi émoustillante, c'est inespéré.

-C'est pour un sondage, capte mon tympan tremblotant d'émotion, vous avez deux minutes ?

Encore mieux ! Je vais faire partie de l'élite française, celle qui tire les ficelles de la campagne présidentielle, celle dont on suit avidement la moindre parole, qui fait éliminer des candidats promis au secod tour et tout et tout !
Les portes de la gloire s'ouvrent toutes grandes à moi !

L'enthousiasme me submerge.
-Ouais...Pourquoi pas...

-Je peux vous demander votre année de naissance ?
-19** (vous m'excuserez, on a tous nos petites coquetteries)
-Ha, désolé, nous avons déjà rempli notre quota pour les personnes de cette tranche d'âge. Merci, au revoir !

Merde.
Zut, flûte, crotte.

C'était si près...
Je me vengerai.



Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /2007 12:05

J’aime pas les chats.

J’en ai un à la maison à cause d’une de mes colocs (ouais, la même qu’en général).

C’est insupportable comme bestiole. Ca se fout de tout, ça donne rien sinon des coups de griffe, et ça veut toujours plus : qu’on lui ouvre sa porte pour la laisser sortir, qu’on lui mette à bouffer dix fois par jour, qu’on lui touche les poils qui nous restent sur les doigts, qu’on lui ouvre la porte pour rentrer… Pis elle est trouillarde, elle fuit les escargots, on sait jamais, des fois que ça morde...

En plus c’est un chat mutant que elle est femelle et orange alors que normalement y’a que les mâles qui peuvent être de cette couleur.
 

Si encore ça s’arrêtait là… Mais en plus, cette chatte pète, ses crottes infectent le rez-de-chaussée quand elle les fait dans sa litière, et je parle même pas de quand elle les fait dans la baignoire.

Puis elle nous ramasse des puces qui infectent les humains innocents, comme moi, ou comme ma grande sœur qu’elle est partie au Cameroun pour les fuir, maintenant je dois faire de la cuisine moi-même.

 

Puis en plus, sa maîtresse ne lui trouve jamais de faute, puis c’est pas toujours elle qui ramasse les crottes quand la litière déborde, puis elle lui a filé MON bol, celui que ma maman m’a offert avec mon nom dessus. Jamais elle a tort sa chatte, même qu’elle demande à tout bout de champ qu’on la caresse, malgré notre insistance à lui seriner d’arrêter de dire ça, que c’est sujet à confusion, et que c’est obscène, elle s’obstine, elle est blonde faut dire (si tu lis ça chère coloc, c’est juste pour faire rire les lecteurs, je le pense pas hein. Ou si peu).

 

Remarquez, une des voisines de ma tata bretonne aussi elle est blonde, je crois, et elle sait comment traiter ces sales bêtes : ma tata l’a vue une fois accroupie devant un petit chaton qui se tortillait par terre, en chantonnant « Crève, petit chat, crève ».

C’est-y pas mignon, les ptites gamines qui empoisonnent les chats. Une recrue de plus pour le CCC.

Mais bon, moi, si je tente de mettre de la mort aux rats dans la gamelle (enfin, dans mon bol, quoi), je risque d’être grillé par ma coloc. En ville, ils feraient une autopsie.

Va falloir que je bosse mon permis plus sérieusement, moi.


Ces petites bêtes, ça aime se fourrer sous les roues des voitures en stationnement, et un accident est si vite arrivé…

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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